La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert
"Société liquide" : retour sur la pensée de Zygmunt Bauman (13 janvier 2017)
avec Brice Couturier : chroniqueur à France Culture, "le Tour du monde des idées", du lundi au vendredi à 11h53,
François de Singly : Sociologue, professeur à l'université de Paris Descartes, Directeur du Centre de recherches sur les liens sociaux CNRS-Paris Descartes
Enzo Traverso : Historien Professeur de science politique à l’université de Picardie
Zygmunt Bauman, "La vie est devenue liquide" (France Inter, Là-bas si j'y suis, en deux parties, 15 janvier 2013) - à partir de 10'30''
A propos de la Modernité et Holocauste, Ed. La Fabrique, 1986 (épuisé)
et La Vie liquide, Ed. Fayard poche, 2013
La vie liquide est la vie prise dans le flux incessant de la mobilité et de la vitesse. Elle est le triomphe du consumérisme. Tout, y compris l’homme, devient objet de consommation, avec une date de péremption au-delà de laquelle il devient jetable.
Analysant les changements qui affectent l’individu, les nouveaux modes de la célébrité, les transformations de la culture ou encore la promotion de la sécurité comme valeur, l’auteur décrit ainsi la société en voie de liquéfaction avancée et avance des pistes pour imaginer un avenir plus vivable.
Ouvrage fondateur de la pensée de Zygmunt Bauman, La Vie liquide annonce les concepts qu’il déploie dans toute son œuvre et est considéré comme un livre majeur de la sociologie politique.
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Source (et suite) du texte, bibliographie : wikipedia
Zygmunt Bauman, Conférence sur l'Identité (UTLS, 7 Mai 2000)
Zygmunt Bauman, il avait vu la «société liquide»
Par Robert Maggiori, le 11 janvier 2017 - Libération
Zygmunt Bauman, à à Varsovie, 2010. Photo Jankowski.Sipa
Né en Pologne, il émigre en Angleterre, où il obtient une chaire de sociologie. Il est décédé lundi, à 91 ans, en laissant les outils théoriques et politiques aptes à saisir la spécificité de nos sociétés, passées de la minéralité à une liquidité insaisissable.
Le théoricien anglo-polonais Zygmunt Bauman est mort lundi à Leeds. Il était l’un des plus grands sociologues du XXe siècle, et le grand témoin de ses horreurs, dont le nom restera toujours attaché à la notion de «société liquide», qui a suscité dans le monde des milliers de commentaires.
Né à Poznan le 19 novembre 1925, d’une famille juive, il se réfugie en 1939, après l’invasion de la Pologne par les nazis (sa femme Janina réchappera des camps de la mort), en URSS, et, alors marxiste convaincu, combat dans une unité militaire soviétique, puis occupe la fonction de commissaire politique. Revenu à Varsovie, il y enseigne la philosophie et la sociologie.
Société noix de coco
En mars 1968, à la suite de la campagne antisémite lancée par le régime communiste, il est forcé de quitter son pays et émigre en Israël, puis en Angleterre, où il devient citoyen britannique. L’université de Leeds l’accueille jusqu’en 1973 et lui confie la chaire de sociologie. Ses premiers travaux, sur le socialisme britannique, la stratification sociale ou les mouvements des travailleurs, ont un succès relatif, comme ceux qu’il consacre à la Shoah, au rapport entre modernité et totalitarisme, à la mondialisation. Ce n’est qu’au moment où il fait paraître ses études sur la disparition des «structures stables» et parvient, après avoir «dialogué» avec Marx, Gramsci, Simmel, puis Manuel Castells, Anthony Giddens, Robert Castel ou Pierre Bourdieu, à forger le concept de liquidité, qu’il devient un penseur de renommée internationale.
La notion de «société liquide» est aujourd’hui tombée dans le langage courant, en tout cas le langage médiatique, sans doute parce qu’elle est vraiment pertinente et permet d’indiquer en un seul mot les caractéristiques des sociétés contemporaines. Zygmunt Bauman l’emploie dans un sens précis. Une société est dite moderne-liquide si les situations dans lesquelles les hommes se trouvent et agissent se modifient avant même que leurs façons d’agir ne réussissent à se consolider en procédures et habitudes. Elle est apparue lorsque, à l’ère solide des producteurs, s’est substituée l’ère liquide des consommateurs, qui a fluidifié la vie elle-même, une vie frénétique, incertaine, précaire, rendant l’individu incapable de tirer un enseignement durable de ses propres expériences parce que le cadre et les conditions dans lesquelles elles se sont déroulées changent sans cesse.

