Laurent Alexandre (Hier, Aujourd'hui, Demain, 2016)
En débat avec Jean-Michel Besnier, Les robots font-ils l'amour ? Le transhumanisme en 12 questions, Ed. Dunod , 2016
La technique peut-elle et doit-elle améliorer l'espèce humaine ? Est-il désirable de vivre des siècles ? L'intelligence artificielle va-t-elle tuer l'homme ? Aujourd'hui vous pouvez déjà faire séquencer votre ADN en une journée pour, peut-être un jour, le réparer, tandis qu'Internet bouleverse nos modes d'apprentissage et nos relations sociales. Demain, l'intelligence artificielle aura-t-elle encore besoin de l'intelligence humaine et ferons-nous l'amour avec des robots ? Laurent Alexandre, médecin et entrepreneur, et Jean-Michel Besnier, philosophe spécialiste des nouvelles technologies, confrontent leurs arguments et vous donnent les clés pour comprendre ce qui se joue à coups de milliards dans les labos des sociétés high-tech californiennes.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : Les robots font-ils l'amour ? Le transhumanisme en 12 questions
Son dernier livre : La guerre des intelligences, Ed. JC Lattès, 2017
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Laurent Alexandre: «L’Europe perd la guerre technologique»
Ce n’est qu’en incarnant pleinement notre nouveau statut d’homme-Dieu que nous éviterons d’être déclassés par l’intelligence artificielle, prévient l’essayiste Laurent Alexandre
Enarque, chirurgien et provocateur (assumé), Laurent Alexandre (57 ans) est l’un des conférenciers les plus demandés de France. Brillant orateur, il brosse un portrait vertigineux de la société de demain. Une dystopie faite réalité où les camionneurs n’auront plus qu’à manger du beurre de cacao sous perfusion financière alors que, depuis leurs Venises numériques et autonomes, une nouvelle aristocratie d’Homo deus, boostée aux manipulations chromosomiques, rivalisera de prouesses intellectuelles.
A moins bien sûr que les cerveaux de silicium ne prennent le pouvoir entre-temps ou que les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) ne nous condamnent définitivement, tout Européens que nous sommes, dans notre statut de «colonisés numériques». Le cofondateur du site web Doctissimo était de passage à Genève pour une conférence organisée par la Banque Cantonale de Genève dans le cadre de son cycle «L’essentiel de la finance».
Le Temps: Vous soulignez fréquemment que l’Europe devient une colonie numérique…
Laurent Alexandre: Qu’elle «est» une colonie numérique! C’est acté. Des GAFA, il y en a beaucoup en Europe? Ça [en montrant l’iPhone de votre serviteur, ndlr] et Android, ça vient tout droit de Californie. L’Europe est inexistante en matière d’intelligence artificielle (IA). Nous sommes des crapauds numériques. Et il n’est pas sûr que l’Europe puisse se réveiller. L’Europe est une grande Suisse, qui a abdiqué toute volonté de puissance.
Les GAFA ne sont pas assimilables à des Etats ou à des communautés supranationales.
Deux choses: les GAFA sont-ils des puissances géopolitiques? La réponse est «pas encore». Il y aura une bataille entre les Etats et les GAFA, qui jouent déjà un rôle prépondérant dans la formation de l’opinion. Les GAFA peuvent-ils faire s’effondrer l’industrie automobile européenne? La réponse est oui.