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vendredi 8 juin 2018

Qu’est-ce qui se cache dans le néant ?



LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE  par Etienne Klein
Qu’est-ce qui se cache dans le néant ? 02/06/2018
avec Françoise Dastur, professeur honoraire de philosophie et présidente honoraire de l’Ecole Française de Daseinsanalyse dont elle fut l’un des membres fondateurs, auteur de Figures du néant et de la négation entre Orient et Occident, Ed. Encre Marine, 2018

Ce qui a fait naître l’émerveillement des premiers penseurs grecs, c’est qu’il y a quelque chose plutôt que rien, et c’est là ce qui a donné le coup d’envoi à cette pensée de l’être qui s’est développée de Parménide à Aristote et qui constitue le fondement de la philosophie occidentale. On trouve cependant, déjà dans la pensée grecque, une dénégation de la possibilité d’un discours sur l’être, d’abord chez Gorgias, contemporain de Socrate, puis chez le fondateur de l’école sceptique, Pyrrhon. Et à l’époque même où Parménide écrivait son poème, une pensée de la vacuité et du néant commençait à se développer en Orient dans le cadre du bouddhisme, laquelle met profondément en question la notion même d’ontologie. Or c’est précisément cette pensée du rien qui resurgit en Occident à la fin de l’âge classique, avec ce premier philosophe véritablement moderne qu’est Kant, dans son Essai sur les grandeurs négatives et cette « Table du Rien » qui, dans La Critique de la raison pure, clôt l’Analytique transcendantale. Et c’est le concept de négativité qui va former chez Hegel la matrice même de la pensée dialectique, alors que celui du néant constituera le coeur de la critique du nihilisme qu’entreprendra Nietzsche, avant de redevenir, avec le Heidegger de Qu’est-ce que la métaphysique ?, avec le Sartre de L’Être et le néant, et avec le dernier Merleau-Ponty, auteur de ce livre inachevé qu’est Le Visible et l’Invisible, un thème fondamental de la pensée de l’apparaître.
Une telle pensée du néant et de la négation traversant la frontière qui sépare l’Orient de l'Occident, il s’agira donc, en prenant comme référence majeure la pensée heideggérienne, d’en interroger les diverses figures, d’abord chez Gorgias et Pyrrhon, puis chez Nagarjuna, le plus grand penseur du bouddhisme indien (ii-iiie siècle) et chez Nishida (1870-1945), représentant fameux de l’école de Kyoto et du bouddhisme zen, avant d’en venir à l’idéalisme allemand avec Kant et Hegel, à la question du nihilisme européen avec Schopenhauer, Nietzsche et Heidegger, puis à la phénoménologie avec Husserl, Sartre, Merleau-Ponty et Maldiney.
Quatrième de couverture

jeudi 6 février 2014

Rien









Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Rien (26-29.11.2012)
(1/4) : Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? avec Francis Wolff
(2/4) : Beckett, faire du rien un théâtre avec Bruno Clément
(3/4) : Les deux nihilismes de Friedrich Nietzsche avec Céline Denat
(4/4) : La nature a-t-elle horreur du vide ? avec Simone Mazauric

A quoi tu penses ? A rien. C’est donc que tu penses à quelque chose, sinon tu me répondrais, simplement : je ne suis pas en train de penser, ce qui est impossible. Le rien, ce sont les vagues de l’esprit qui, certes, pense, mais sans savoir à quoi il pense.  Tout comme l’absence est le signe d’une présence qui manque, le rien est un mot qui désigne une chose qui s’ignore : un rien me fait chanter, un rien me fait danser, et quand je ris pour rien, je ris sans raison, et c’est déjà beaucoup.
Si le rien n’est rien, et si la pensée est toujours pensée de quelque chose, alors le rien est impensable, inimaginable même.
Source (et suite) du texte : FC
Voir aussi les pages : Le rien et l'illusion / Friedrich Nietzsche / Blaise Pascal




Stacey Kent, Ces petits rien
Autre version : ZAZ



Serge Gainsbourg, Ces petits rien



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