Anoushka Shankar et Patricia Kopatchinskaja - Raga Piloo Une soirée indienne avec Anoushka Shankar et Patricia Kopatchinskaja
Allemagne, 2016
Digne héritière de son père, Anoushka Shankar relie à la perfection les sonorités indiennes à la musique pop d’aujourd’hui, et parvient à réconcilier les jeunes générations de son pays avec les racines spirituelles de leur musique. Accompagnée de la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaja, qui brille dans le registre classique, la célèbre joueuse de sitar offre au public du Berliner Konzerthaus une soirée exceptionnelle, mélangeant ragas indiens et rythmes occidentaux.
Source : Arte
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Yehudi Menuhin et Ravi Shankar (le père d'Anoushka)
Anoushka Shankar, Norah Jones - Traces Of You (2013)
Ravi Shankar, Anoushka Shankar - Live: Raag Khamaj (1997)
Anoushka Shankar (née le 9 juin 1981 à Londres) est une joueuse de sitar et une compositrice indienne.
Elle est la fille et élève du célèbre Ravi Shankar, dont elle a écrit une biographie, Bapi, l'amour de ma vie (publiée en français en 2004). Elle l'accompagnait lors de toutes ses tournées, et a publié elle-même plusieurs albums. Sa demi-sœur est Norah Jones, autre fille de Ravi Shankar.
En octobre 2010, elle épouse le réalisateur Joe Wright et a un fils en 2011, nommé Zubin.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Site officiel : Anoushka Shankar
Discographie :
Anoushka (1998)
Anourag (2000)
Live at Carnegie Hall (2001)
Rise (2005)
Breathing under Water (2008), avec Karsh Kale
Traveller (2011)
Traces of you (2013)
«C’est simplement mon amour de la musique qui m’a incitée à faire cet album de flamenco et à réunir ces deux traditions, dit Anoushka Shankar. J’ai toujours été passionnée et fascinée par le flamenco. J’ai toujours été attirée vers quelque chose qui, dans le flamenco, me semble très proche de ce que j’aime dans la musique indienne classique: une espèce de musicalité sans inhibitions dans l’expression, que ce soit une voix seule, un sitar ou une guitare. Bien sûr, il y avait les racines communes et les similitudes techniques à explorer, et quand on commence à jouer avec elles, on peut vraiment faire de délicieux voyages. Toutefois, le désir venait simplement de ce que j’admirais la musique et voulais apprendre à la connaître par la pratique.» (...)
À la question concernant ce qui l’a attiré plus particulièrement vers la musique indienne classique et le style de jeu d’Anoushka Shankar, Javier Limón répond: «Quand Anoushka joue une musique indienne pure, pour nous elle joue du pur flamenco. Pour tous les Gitans, pour Paco [de Lucía] et pour moi – pour nous tous –, quand elle joue la musique indienne, l’impression est la même. Nous disons parfois à Anoushka: “Eh, tu joues très bien le flamenco, c’est du flamenco.” Et elle répond: “Non, non, non, c’est indien, purement indien.” La frontière n’est pas claire, car, il y a de nombreux siècles, peut-être huit, les Gitans sont venus du Rajasthan en apportant beaucoup au style flamenco, à la musique flamenco. Ils ont créé ce qu’on appelle aujourd’hui le flamenco avec les chrétiens et les juifs en Espagne, et avec les Arabes. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de choses en commun qui font que nos formes musicales appartiennent à la même famille. Le flamenco est très jeune, environ deux cents ans. Pour moi, le flamenco est comme le petit frère de la musique indienne.»
Pourtant, on sait encore peu de chose sur l’histoire véritable de cette parenté. On suppose généralement que le flamenco prend ses racines dans l’exode des «intouchables» du Panjab vers 800–900. Ces migrants sont devenus les Tsiganes ou Roms, après avoir traversé l’Asie et le Moyen-Orient pour s’établir en Europe. Aujourd’hui, les Tsiganes venus du Rajasthan utilisent d’anciennes castagnettes pour orner leurs chants sur l’existence nomade et la vie spirituelle. C’est à travers ces chants qu’on peut clairement identifier l’origine du flamenco. Un élément déterminant de la musique flamenco est incontestablement le chant, ou cante. En fait, le flamenco consistait au départ uniquement en cante, avec des claquements de mains – palmas sordas – ou des tapements de doigts formant les percussions d’accompagnement. La guitare, variante de l’oud arabe, y fut progressivement intégrée au XIXe siècle. (...)
«Avec cet album, je voulais explorer les formes de la musique indienne classique et du flamenco, bien sûr, mais aussi chercher des thèmes et des émotions, remarque Anoushka Shankar. Bien entendu, toutes les pièces ont des inspirations et des origines différentes. Certaines d’entre elles, comme Inside Me, sont des mélodies écrites par Javier qu’il m’a apportées après notre première rencontre. J’avais fait une liste de certains des ragas les plus simples pour lesquels je pouvais donner une notation solfégique, et il en a choisi certains et a fait l’effort d’écrire dans une échelle unique. Certains airs, comme Casi uno, sont nés spontanément, et dans d’autres, comme Si no puedo verla, j’ai délibérément cherché des textes du grand poète soufi Amir Khusrau pour les relier à l’Inde. Mais mes moments préférés sont ceux où nous découvrions des choses ensemble. Boy Meets Girl, composé avec Pepe Habichuela, est un exemple de ce qui peut se passer avec un projet comme celui-ci. Pendant que Javier m’apprenait la succession d’accords de la granaína [un cante flamenco classique], j’ai commencé à jouer en raga Manj Khamāj. Nous avons compris que, dans cette échelle particulière, je pouvais prévoir de finir sur les notes appropriées nécessaires pour la granaína, tout en jouant le pur raga indien. De sorte que la chanson existe dans deux formes anciennes simultanément.»
«C’était beau, s’enthousiasme Javier Limón évoquant la genèse de cet album. Anoushka a changé ma vie: j’ai désormais une conception différente de la musique. Quand elle a joué la granaína, c’était comme du chant flamenco, et non de la guitare flamenco. C’est ce qui est étonnant: elle joue du sitar comme on chante le flamenco. Ses mélodies sont comme celles des chanteurs gitans. Je crois que les guitaristes vont beaucoup apprendre d’elle. Sa manière d’exprimer les mélodies me met les larmes aux yeux.»
Source (et texte complet) : Deutsche Grammophon
Une vie, une oeuvre par Matthieu Garrigou-Lagrange (30.11.2013)
Né à Bénarès en 1920, mort à San Diego en 2012. Ces deux lieux résument presque à eux seuls « les vies » du joueur de sitar : un pied dans la tradition indienne, un pied en occident. Bénarès : ville sainte pour les hindous qui viennent finir leurs jours près du Gange, San Diego : le nirvana des geeks en informatique…
D’abord danseur dans la troupe de son frère Uday, Ravi Shankar découvre jusqu’à 18 ans, la vie de bohème en Europe et notamment à Paris. Puis en 1938, lui le fils de Brahmane tourne le dos à cette existence frivole pour se retirer dans le village de son gourou musulman Allauddin Khan et mener une vie d’ascèse entièrement consacrée à la musique. De son maître dont il épousera la fille convertie à l’hindouisme, il gardera l’enseignement rigoureux des ragas, ces morceaux de musique « colorés » par les émotions et les moments de la journée.
Concertiste en Inde, compositeur des musiques de film de Satyajit Ray , Ravi Shankar devient progressivement l’ambassadeur de son pays en Occident et quitte les salles au public respectueux pour des festivals en plein air comme à Monterey en 1967 ou Woodstock en 1969. Il faut dire qu’il a été initié par celui qu’il considère comme « son ami, son fils, son disciple », George Harrison. Un pied dans la World Music, un autre dans le jazz ou la musique minimaliste, Ravi Shankar côtoiera le saxophoniste John Coltrane, le flûtiste Jean-Pierre Rampal, le compositeur Philipp Glass et aussi bien sûr le violoniste Yehudi Menuhin. Ce dernier impressionné par sa virtuosité, le qualifiera de « Mozart du sitar ». Ils enregistreront ensemble la trilogie « East Meets East ».
Un pied en Inde , un pied aux Etats-Unis, Ravi Shankar a aujourd’hui deux héritières : Anoushka Shankar, joueuse de sitar et sa demi-sœur, la chanteuse Nora Jones.
Source : FC
Le musicien indien Ravi Shankar (1920- 12 décembre 2012), figure du XXème siècle et de ses idées, vient de disparaître à l'âge de 92 ans.
On résume souvent Ravi Shankar à ses paternités (ses filles Norah Jones et la virtuose Anoushka Shankar) ou encore à toute l’influence qu’il a eu sur les Beatles. Mais c'est en fait beaucoup plus que ça : il incarne le profond impact de la musique indienne sur la musique occidentale dans seconde partie du XXème siècle. Il a initié
Georges Harrison des Beatles au sitar, mais aussi John Coltrane, et avant cela il avait beaucoup joué dès la fin années 1950 avec le violoniste Yehudi Menuhin, plus tard avec la troupe du Bolchoï ou encore Philip Glass...
Nés dans une famille de brahmanes bengalis, d'abord danseur, il travaille le sitar et donne ses premiers concerts en 1939. S'ensuivront des tournées en Inde puis dans le reste du monde jusqu'à devenir en 1968 une sorte d’icône hippie, qui vend des disques partout, recoit les Beach Boys et Donovan chez lui en Inde, et joue aux festivals de Monterey et Woodstock (tout en montrant de sérieuses réserves sur l'usage des drogues).
Dès lors, on va le considérer bien malgré lui comme l'un des pères de la World Music, alors qu'il n’aimait pas les fusions et préférait justement les rencontres où chacun reste dans son rôle, sans travestir sa musique. Au fil des années, il a fait évoluer sa pratique de l'instrument , puisqu'il a commencé à jouer sur un Grand Sitar (le Surbarar) avant de se faire fabriquer un sitar plus petit auquel il rajoutera une corde, un chevalet (démonstration des styles Alap, Drupa, Tumri)
Il fut un compositeur très important, pour la télévision comme pour la radio nationale (dont il a été directeur de la musique). Il a composé des ballets et des musiques de films, notamment pour Satyajit Ray.
On retiendra enfin son action politique, car il fut député en Inde dans les années 1980 pour le BJP, Parti du peuple Indien. Et parce que c'est grâce à lui et à Georges Harrison qu’a eu lieu le premier concert humanitaire de l’histoire du rock, le Concert For Bangla Desh de 1971.
Source du texte : Arte
Autre biographie (et discographie) : wikipedia
Site officiel : Ravi Shankar