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vendredi 8 janvier 2021

Du yoga et de l'harmonie universelle

MAJ de la page : Colette Poggi / hindouisme



Colette Poggi : du yoga et de l'harmonie universelle (France Culture, La Grande Table, 21 décembre 2020)
Elle nous ouvre l’accès à la "Bhagavad Gîtâ", un texte fondateur de la pensée indienne et du yoga visant à accorder pensées et actes au « dharma », l'harmonie universelle. La philosophe, indianiste et sanskritiste Colette Poggi est notre invitée.

Femme pratiquant le paddle board au lac Kirchsee (Haute-Bavière, Allemagne)

Colette Poggi est philosophe, indianiste et sanskritiste. Elle enseigne la pensée indienne dans de nombreux centres universitaires et écoles de formation en yoga et est spécialiste du Shivaïsme du Cachemire. Parmi ses œuvres, Les Oeuvres de vie selon Maître Eckhart et Abhinavagupta, Le Sanskrit, souffle et lumière, et L’aventure de la calligraphie. Geste, trait, résonance, chez Bayard.

Elle publie aujourd'hui La Bhagavad Gîtâ ou l’art d’agir (Equateurs, décembre 2020), une ouvrage illustré par Emilie Poggi et dans l’esprit de la collection "Un été avec" coéditée par Les Equateurs et France Inter. Centré sur la Bhagavad Gîtâ, texte phare dans la pensée indienne, il répond notamment au souci de Colette de rendre ce texte accessible au grand public. Pour elle, le sens doit passer avant la lettre.
Surtout, cette œuvre fait l'apologie de l'action désintéressée. Ainsi, dans les moments où l’action s’impose, la question n'est pas « faut-il agir ?» mais « comment agir ? ».  En outre, le yoga permet d’aller dans le sens du dharma, de l’harmonie universelle. Il permet de trouver son “centre de gravité”, de refaire l'union entre le « je suis » et le « Soi » qui permet l'osmose avec la trame cosmique.

Il faut toujours avoir présent à l'esprit que les textes sacrés (…) nous parlent de nous, parce que Arjuna, c'est nous : nous pouvons douter, nous pouvons baisser les bras, renoncer, alors que c'est le moment d'agir. (Colette Poggi)

Ce texte d'une grande actualité nous ramène à la de crise que nous connaissons aujourd'hui : en temps de pandémie, des soignants, pompiers, et nombre d'autres héros du quotidien accomplissent leur dharma, la loi fondamentale de l'ordre du monde que chacun suit à sa manière.   

Le dharma, c'est la loi de la bonne orchestration de l'univers, ce qui permet aux saisons de prendre place, aux constellations de se tenir dans l'univers, aux êtres humains d'assimiler, de voir, d'entendre, avec une cohérence, comme s'il y avait une sorte de symphonie des énergies. En même temps, il y a un principe de désordre dans cela. (Colette Poggi)
Source du texte : France Culture

Rencontre Zoom (cliquez sur l'image) : 


 

vendredi 1 novembre 2019

Spiritualité, es-tu là ?






Les chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth
Spiritualité, es-tu là ? (28-31 octobre 2019)

(1/4) Bergson, quand l'esprit rencontre la matière
avec Paul-Antoine Miquel, professeur de philosophie contemporaine à l’Université de Toulouse 2- Le Mirail
(2/4) Philosophie de l'Inde, une pensée venue du ciel ?
avec Marc Ballanfat, professeur de philosophie en classes préparatoires aux grandes écoles, traducteur depuis le sanskrit et spécialiste des philosophes de l’Inde ancienne
(3/4) Le chamanisme, une expérience de l'invisible
Charles Stépanoff, ethnologue, spécialiste de la Sibérie, maître de conférences à l’Ecole pratique des hautes études (chaire « Religions de l’Asie septentrionale et de l’Arctique ») et membre du Laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France
(4/4) Le soufisme, la danse de l’âme
avec Leili Anvar, maître de conférences à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, et chroniqueuse au Monde des Religions



Paul-Antoine Miquel, Vie et relation, pour son dernier livre Vénus et Prométhée. Essai sur la relation entre l’humain et la biosphère, Ed. Kimé, 2019



Mark Ballanfant, Liliane Silburn (Fondation Ostad Elahi, 2017)
Voir aussi les pages : Liliane Silburn



Charles Stépanoff, L'animal est-il l'avenir de l'homme ? (mai 2018)



Leili Anvar et Joanna Goodale, L'envol : femme mystiques d'Orient et d'Occident (juin 2018)
 

samedi 11 juillet 2015

Violence au pays de Gandhi

4 documentaires Arte :


VIOLENCE AU PAYS DE GANDHI (Allemange, 2014)
Maintenu au mépris de la loi, le système de castes en Inde prospère sur le dos des minorités et des femmes, ses premières victimes. Une enquête glaçante sur les violentes inégalités qui rongent la société indienne.
"La caste est le centre de la démocratie indienne : sa cohésion est assurée par la violence", analyse la militante et écrivaine Arundhati Roy. Si l'Inde, quatrième économie mondiale, se targue d'embrasser la modernité, elle demeure l'un des pays les plus inégalitaires au monde, en dépit des principes proclamés dans sa Constitution. Hiérarchies et discriminations se maintiennent avec une violence inouïe. La survivance du système de castes à l'échelle du pays et l'omniprésence des abus masculins à l'encontre des femmes, à tous les niveaux de la société, restent des réalités insupportables.

Démonstration implacable
D'un bout à l'autre du pays, la réalisatrice Lourdes Picareta mène une enquête intransigeante sur les violences qui rongent la société indienne. Elle suit le calvaire de Shabnam, adolescente issue des "intouchables", menacée de mort pour avoir fait condamner ses violeurs membres de la caste dirigeante. Son village d'origine est toujours régi selon l'ancien ordre patriarcal qui légitime le viol et en impute la responsabilité à ses victimes. Les grandes villes n'échappent pas à ces hiérarchies brutales, que ce soit à Lucknow, où les femmes Dalit ont pour tâche héréditaire de vider les latrines, ou dans le Gujarat, l'un des États les plus riches du pays. Là-bas, la minorité musulmane a subi de terribles pogroms avec la complicité des nationalistes hindous au pouvoir. Comment s'extraire de cet ordre immuable, alors que le système de castes lui-même a été bâti par la religion hindouiste et ne fait que prospérer avec le boom du capitalisme ? Cette enquête glaçante expose le fonctionnement d'un système immobiliste, nourri de la violence des oppresseurs et du fatalisme des opprimés.
Source : Arte

dimanche 8 mars 2015

Les intouchables en Inde



LES INTOUCHABLES EN INDE (Inde, 2011)
L'oppression des intouchables, membres de la caste inférieure selon la religion hindoue, a officiellement été abolie lors de l'indépendance du pays en 1947. Pourtant, les persécutions continuent. Ce documentaire met en lumière les difficultés de la société indienne à éradiquer cette ségrégation millénaire.
Source : Arte

jeudi 18 septembre 2014

Le syndrome indien



Les Nouvelles vagues par Marie Richeux
L'inde (2/5) : L’imaginaire persistant du voyage initiatique. L’Inde qui rend fou. 16.09.2014
avec Régis Airault, psychiatre, a été en poste plusieurs années à Bombay en Inde, et a publié Fous de l’Inde à la Petite bibliothèque Payot.
Commande sur Amazon : Fous de l'Inde : Délires d'Occidentaux et sentiment océanique









Le Syndrome de l'Inde

Le syndrome du voyageur est un trouble psychique généralement passager que rencontrent certaines personnes confrontées à certains aspects de la réalité du pays visité, par exemple l'abondance d'œuvres d'art (syndrome de Stendhal), de symboles religieux (syndrome de Jérusalem), etc. Il est différent du voyage pathologique au cours duquel un sujet entreprend un voyage motivé par un contexte psychiatrique.
(...)
« J'étais dans une sorte d'extase, par l'idée d'être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »
Stendhal, Carnet de voyage, 1817
Source (et suite) du texte : wikipedia
Ecouter aussi : Les syndromes du voyages (RTL, Si loin si proche, 2012)

samedi 26 juillet 2014

Mon docteur indien


Mon docteur indien (France, 2012)
Un cancérologue français part en Inde avec une ancienne patiente qui a fini par vaincre la maladie grâce à la médecine traditionnelle. Ou comment peuvent se rapprocher deux thérapies aux méthodes divergentes.
Ce film nous emmène dans le sud de l'Inde, sur les pas d’un duo surprenant et improbable : le professeur Thomas Tursz, célèbre cancérologue français et directeur de l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif, mû par le désir de confronter ses connaissances, y est entraîné par Nella Banfi, son ancienne patiente qui a soigné son cancer grâce à la médecine indienne. Cette histoire est celle d’une femme qui a vécu le parcours éprouvant de la médecine moderne, de la chirurgie, des traitements et du doute. Et qui a finalement choisi une voie différente, mais complémentaire de celle qu'on lui proposait. Et a vaincu la maladie. C’est une démarche étonnante et inattendue : celle d’un éminent docteur au sommet de ses connaissances, qui part à la découverte d’une médecine qui, apparemment diffère radicalement de la sienne.
Ni donneur de leçons, ni prescripteur, Mon docteur indien est aussi l’histoire d’un métissage de cultures, d’une mondialisation positive, où des approches différentes se rencontrent pour mieux s’enrichir. Le film explore les ponts qui existent entre la médecine traditionnelle, la science et la médecine moderne, qui s’accordent à repositionner le patient au cœur du processus de guérison pour soigner la personne et non la maladie.
Source : Arte

jeudi 17 juillet 2014

L'Inde du sud, paradis des éléphants



L'INDE DU SUD, PARADIS DES ÉLÉPHANTS Les cornacs du Kerala (Allemagne, 2014)
Rencontre en Inde avec deux cornacs, dont la tâche est de domestiquer et de soigner les éléphants. Un métier qui est en passe de disparaître.
Le Kerala, État côtier du sud de l’Inde, compte plus de 1500 éléphants domestiqués. Ils appartiennent à des temples ou à des hommes d’affaire aisés, pour qui les pachydermes sont un important marqueur de statut social. Les mahouts, ou cornacs, sont ceux qui éduquent, soignent et chevauchent les éléphants. Portrait de deux d’entre eux, Kuttan et Unni, qui sont unanimes : ils appartiennent probablement à la dernière génération de cornacs, dont la tradition ancestrale détonne dans une Inde de plus en plus modernisée.
Source : Arte

mardi 15 avril 2014

Paul Grant

Musicien, interprète et professeur, Paul Grant (1951-) est Américain de naissance, Oriental de cœur et Genevois d’adoption. Il est l’un des rares Occidentaux à s’être, depuis plus de 35 ans, totalement consacré à l’étude des musiques orientales. Il est reconnu pour sa maîtrise de l’art du santur dans une variété de répertoires classiques : Inde, Perse, Afghanistan et Cachemire. Il a d’ailleurs largement étudié les liens qui existent entre ces cultures et est également spécialisé dans le tabla et le sitar. Manifestant une passion pour les instruments rares et anciens et pour les styles d’interprétations traditionnels, il a restauré et construits plusieurs instruments  qui sont le fruit de sa quête existentielle pour une sonorité parfaite !
Source (et suite) du texte : Paul Grant / Flyer


Discographie :
- Musique à la Croisée des Cultures, Echos de la Genève internationale, collectif, (2 CD AIMP XXXIX-XL/VDE 828-829)
- Nastaran, avec l'Ensemble Kaboul Afghanistan (CD ETHNOMAD ARN 6454)
- Voyage en Orient, avec Nayan Gosh, Ross Daly et Bijan Chemirani (Arion ARN 64633)
- Dialogues, Musique classique de l'Inde du Nord, avec Nayan Gosh (Arion ARN 64633)- Ragas for Serenity, Musique classique de l'Inde du Nord, avec Nayan Gosh (Arion ARN 64633)
- Santur Saga, avec Nayan Gosh, Irshad Hussein Khan et Rafael Riqueni (Production Nagma).
Site officiel : Paul Grant / youtube


Ma rencontre avec l'Inde et le Cachemire
En 1972,  ma rencontre avec l’ Inde a changé ma vie et m’a conduit sur un chemin musical plus introspectif que la voie du rock, du rythm & blues et du jazz que je suivais jusqu’alors : celui de la musique indienne.
L’année suivante, lors de mon deuxième voyage dans ce pays, plus précisément au Cachemire, j’ai découvert le santur, qui deviendra mon principale instrument de concert. J’ai eu un coup de foudre immédiat pour cet instrument qui me permettait d’associer parfaitement rythme et mélodie.
J’ai fait plusieurs séjours au Cachemire pour apprendre l’art et la technique du santur et la musique traditionnelle de cette région. Le santur est rapidement devenu la pierre angulaire de ma recherche musicale : j’ai étudié les traditions de tous les pays dans lesquels il joue un rôle important : Inde, Perse et Cachemire. Plus tard, l’apprentissage de la musique afghane me permettra de compléter ma connaissance de l’histoire et des possibilités rythmiques et mélodiques du santur. Cette démarche multiculturelle est un aspect essentiel de la vision musicale qui m’a inspiré  tout au long de ma vie.
Source (et suite) du texte : Paul Grant

La musique est-elle pour vous une forme de méditation ? 
Oui, certainement, les musiques classiques orientales et particulièrement le raga, peuvent devenir des portes d’entrée dans une autre dimension d’être. Souvent, ces musiques me font sortir du mental pour accéder à un monde située au delà de l’espace et du temps. Le son doit être parfaitement ajusté, pur et plein ce qui implique pratique, maturité et abandon.
En suivant les notes, il est possible d’accéder au silence qui les contient toutes et leur donne naissance. L’un de mes grands bonheurs est de partager cette immersion dans le son, et en même temps dans le silence, avec un public réceptif.
La musique peut ouvrir les cœurs et rendre possibles des moments de rencontre et de reconnaissance, voir de communion, qui peuvent être magiques.
Source : Méditation ? Journée découverte (5 juillet 2014, à Genève)




Traditional Afghan Music on Rubab and Santur - "Pareshe Jal" (The Flight of the Lark) (03.02.2014)
John Baily : Afghan Rubab / Veronica Doubleday : Doira / Paul Grant : Santur / Santosh Kurbet : Tabla



Raga Darbari Kanada on Surbahar - Alap
Festival "Les Nuits Du Monde" - 14th October 2011
"Les Maîtres de la Vina" - Hommage to Ustad Asad Ali Khan
Organized by Ateliers d'Ethnomusicologie, Geneva, Switzerland

mercredi 12 février 2014

Les Princesses du Rajasthan



Les Princesses du Rajasthan (Inde, 2012)
Le Rajasthan abrite l’une des régions les plus arides de la planète : le désert du Thar. Les Bishnoï, un peuple particulièrement soucieux de son environnement, y vivent dans des conditions sommaires, sans eau courante et avec, au mieux, quelques heures d’électricité par jour. L’élégance naturelle des femmes et leur costume traditionnel coloré leur ont valu le surnom de "princesses du Rajasthan". Elles gèrent tout, ou presque : travaux quotidiens, éducation des enfants, construction des maisons, repas… Les hommes ne s’occupent que des animaux. Ce sont elles les dépositaires des valeurs à transmettre.
Source : Arte

jeudi 19 décembre 2013

Philosophies indiennes

MAJ de la page : Michel Hulin









Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Philosophies indiennes
(1/4) : Upanishads, les textes fondateurs ? avec Michel Hulin
(2/4) : La Bhagavad-Gita, le chant du bienheureux avec Marc Ballanfat
(3/4) : et l’Inde créa Bouddha avec Pierre-Sylvain Filliozat.
(4/4) : Le yoga, une discipline de l’esprit ? avec François Chenet


Les Chemins de la beauté : Inde, au-delà de Bollywood


Les Chemins de la beauté :
Dans un pays ou la religion façonne le quotidien, la beauté résonne d'un écho divin et la représentation de la femme traduit toujours un idéal de fertilité. Pourtant, de plus en plus de femmes aspirent à une autre vie, dégagée des modèles traditionnels. Pierre Combroux rencontre une des plus grandes danseuses traditionnelles, une réalisatrice, une designer, une jeune héritière d’une influente famille bengali, une reine de beauté : chacune d’elles livre sa vision de la beauté indienne et commente l'évolution d'une société dont les femmes veulent être les actrices du changement.
Source : Arte
Voir aussi la page : Bharata Natyam

samedi 30 novembre 2013

Une vie, une oeuvre : Ravi Shankar

MAJ de la page : Ravi Shankar



Une vie, une oeuvre par Matthieu Garrigou-Lagrange (30.11.2013)
Né à Bénarès en 1920, mort à San Diego en 2012.   Ces deux lieux résument presque à eux seuls «  les vies » du joueur de sitar : un pied dans la tradition indienne, un pied en occident.  Bénarès : ville sainte pour les hindous  qui viennent finir leurs jours près du Gange, San Diego : le nirvana  des geeks en informatique…
D’abord danseur dans la troupe de son frère Uday, Ravi Shankar découvre jusqu’à 18 ans, la vie de bohème en Europe et notamment à Paris. Puis en 1938, lui le fils de Brahmane  tourne le dos à cette existence frivole pour se retirer dans le village de son gourou  musulman Allauddin Khan et mener une vie d’ascèse entièrement consacrée à la musique.  De son maître dont il épousera la fille convertie à l’hindouisme, il gardera l’enseignement rigoureux des ragas, ces morceaux de musique « colorés » par les émotions et les moments de la journée.
Concertiste en Inde,  compositeur des musiques de film de Satyajit Ray , Ravi Shankar devient progressivement  l’ambassadeur de son pays en Occident et quitte les salles au public respectueux pour des festivals en plein air comme à Monterey en 1967 ou Woodstock en 1969. Il faut dire qu’il a été initié par celui qu’il considère comme « son ami, son fils, son disciple », George Harrison.  Un pied dans la World Music, un autre dans le jazz ou la musique minimaliste, Ravi Shankar côtoiera le saxophoniste John Coltrane, le flûtiste Jean-Pierre Rampal, le compositeur Philipp Glass et aussi bien sûr le violoniste Yehudi Menuhin. Ce dernier impressionné par sa virtuosité, le qualifiera de « Mozart du sitar ».  Ils enregistreront ensemble la trilogie « East Meets East ».
Un pied en Inde , un pied aux Etats-Unis, Ravi Shankar a aujourd’hui deux héritières : Anoushka Shankar, joueuse de sitar et sa demi-sœur, la chanteuse Nora Jones.
Source : FC

jeudi 13 décembre 2012

Ravi Shankar


Le musicien indien Ravi Shankar (1920- 12 décembre 2012), figure du XXème siècle et de ses idées, vient de disparaître à l'âge de 92 ans.
On résume souvent Ravi Shankar à ses paternités (ses filles Norah Jones et la virtuose Anoushka Shankar) ou encore à toute l’influence qu’il a eu sur les Beatles. Mais c'est en fait beaucoup plus que ça : il incarne le profond impact de la musique indienne sur la musique occidentale dans seconde partie du XXème siècle. Il a initié Georges Harrison des Beatles au sitar, mais aussi John Coltrane, et avant cela il avait beaucoup joué dès la fin années 1950 avec le violoniste Yehudi Menuhin, plus tard avec la troupe du Bolchoï ou encore Philip Glass...

Nés dans une famille de brahmanes bengalis, d'abord danseur, il travaille le sitar et donne ses premiers concerts en 1939. S'ensuivront des tournées en Inde puis dans le reste du monde jusqu'à devenir en 1968 une sorte d’icône hippie, qui vend des disques partout, recoit les Beach Boys et Donovan chez lui en Inde, et joue aux festivals de Monterey et Woodstock (tout en montrant de sérieuses réserves sur l'usage des drogues).

Dès lors, on va le considérer bien malgré lui comme l'un des pères de la World Music, alors qu'il n’aimait pas les fusions et préférait justement les rencontres où chacun reste dans son rôle, sans travestir sa musique. Au fil des années, il a fait évoluer sa pratique de l'instrument , puisqu'il a commencé à jouer sur un Grand Sitar (le Surbarar) avant de se faire fabriquer un sitar plus petit auquel il rajoutera une corde, un chevalet (démonstration des styles Alap, Drupa, Tumri)

Il fut un compositeur très important, pour la télévision comme pour la radio nationale (dont il a été directeur de la musique). Il a composé des ballets et des musiques de films, notamment pour Satyajit Ray.

On retiendra enfin son action politique, car il fut député en Inde dans les années 1980 pour le BJP, Parti du peuple Indien. Et parce que c'est grâce à lui et à Georges Harrison qu’a eu lieu le premier concert humanitaire de l’histoire du rock, le Concert For Bangla Desh de 1971.
Source du texte : Arte
Autre biographie (et discographie) : wikipedia
Site officiel : Ravi Shankar

Interview (2005) :
















Playlist (94 vidéos) : tiad

mercredi 31 octobre 2012

Gnânânanda

On sait pourtant, ou du moins on croit savoir le lieu de sa naissance, Mangalagiri, au pays Kannanda. Son père était Venkatapati Rao, sa mère, Chandasikla Bai. Il se serait enfui de la maison paternelle à l'âge de onze ou douze ans après une querelle avec son frère aîné qui l'avait battu. Il aurait alors rencontré un sadhou et avec lui serait monté aux Himalayas. Selon d'autres, il serait venu d'abord à Vellanatham, et de là serait allé au Kasmir. (...) Il parcouru ensuite l'Inde entière, et aussi l'île de Ceylan et la Birmanie, (...)
Il n'aurait pris officiellement le sannyasa qu'après une quarantaine d’années de vie ascétique, itinérante ou solitaire. (...)
Son âge ? Beaucoup disent cent vingt ans. D'autres, par calcul astrologique, lui en ont découvert cent cinquante trois. Mais comment lui donner cet âge, alors qu'il demeure si alerte, marche comme pas un, tire lui-même l'eau du puits pour son bain matinal. Il a bon pied, bon oeil, dirige toutes les installations nouvelles. Son visage ne porte aucune ride. A le voir, à coup sûr, on aurait déjà du mal à lui donner soixante-dix ans. (p.59)
Gnânânanda meurt en 1974 à Tiroukoyilour (près d'Arunachala).


Biographie :
Swami Abhisiktananda (Henri Lesaux), Gnânânanda, Un maître spirituel au pays tamoul, Ed. Présence, 1970. (Ouvrage épuisé).


Rentre en toi
au lieu où il n'y a rien
et prends garde que rien n'y vienne
Pénètre au dedans de toi
jusqu'au lieu où nul penser n'est plus, 
et prends garde que nul penser ne s'y lève !
Là où rien n'est, 
le Plein !
Là où rien n'est vu, Vision de l'Etre !
Là où rien n’apparaît plus, 
Apparition du Soi ! 
Dyâna, c'est cela !

Si tu veux vraiment parvenir à dyâna, bien loin de chercher à apprendre quoi que ce soit de nouveau, il faut tout au contraire que s'en aille et disparaisse sans retour tout ce que tu peux avoir appris auparavant. (p.110)

(...) c'est du lieu d’où s'élève le souffle que s'élève également les pensées. L'important c'est de se tenir en ce lieu original de l'être et de veiller avec soin que le silence et la pureté n'en soient jamais ternis, et que soi-même on ne se laisse pas distraire et entraîner au dehors. Alors quand des pensées cherchent à jaillir - et elles le font sans interruption - pour éviter d'être emporté par elles, il suffit de remonter à la source de chacune d'elles - et de foncer au sein même de la vague qui vous ramène au rivage - de chercher qui pense cette pensée, la pensée fondamentale qui est à l'origine de toute pensée : ainsi vous revenez en votre lieu originel, le lieu en qui tout lieu a disparu, le Soi en qui tout soi s'est évanoui. La concentration sur le souffle aide à l'intériorisation. En suivant votre souffle retournant à ses origines, c'est à votre source même que vous aussi vous revenez.

Là où jaillit le Je, jaillit le souffle, 
Là où jaillit le Soi, jaillit la pensée de soi, 
Là d'où s'élance le souffle, 
c'est là-même qu'éclot le Je. 
Là même où le soi se pense, 
brille le Soi. 
(pp.112/3)

Tout cela c'est l'effort, auquel nul ne peut se soustraire, et sans lequel la grâce est incapable d'agir en vous.
Ferez-vous du feu avec du bois vert ? Il faut couper la branche, la faire sécher. Après cela seulement le feu prendra. Le feu c'est la grâce, la préparation du bois, la sadhana, l'effort de celui qui veut vraiment réussir.
Il faut n'avoir qu'un but. On se renseigne sur le but, mais une fois celui-ci connu, on ne perd pas son temps à quémander à nouveau à droite et à gauche. On va droit devant soi là où on a décidé d'aller.
A quoi bon courir de maître en maître ? A quoi bon passer son temps à lire à et se renseigner sur les différentes méthodes ? Lire et se renseigner, c'est consulter la carte et l'horaire. Si on veut aboutir au lieu indiqué par la carte et l'horaire, il faut bien un jour se décider à prendre le train. (p.115)

Il y a trois sortes de samadhi, explique-t-il.
Le premier est le vaikalpa samadhi, celui où il demeure encore quelque conscience de soi à part, quelque "souvenir".
Le second est le nirvikalpa samadhi. Ici il n'y a plus ni dehors ni dedans, ni soi, ni autre. Rien ne frappe plus les sens, ni ceux du corps, ni ceux de l'esprit. Il n'y a plus ni pensée, ni sentiment. On peut vous toucher, vous
mouvoir, vous soulever, vous êtes totalement inconscient. C'est plénitude et c'est béatitude, plénitude de joie, plénitude et joie indivises, (...)
Plus haut encore cependant il y a le sahaja samadhi, quand enfin on a atteint l'état, plutôt le point originel de soi : originel, parce que né-avec-soi mais mieux encore "non-né", car en effet, quelle est l'origine de l'être ? Ici enstase comme extase sont dépassés. Aucune différence nulle part n'est plus perçue. Le jnâni vit au milieu du monde comme tout le monde. Cependant, alors que les autres voient d'abord la diversité des choses, lui, il les voit dans leur unité. En découvrant le Soi, il découvert soi et le Soi en tout. Le moi a disparu qui s'interposait entre "lui", "soi", et les autres, et déjà entre sa conscience de soi et la réalité de son être. Rien ne s’oppose plus désormais à la perception de la réalité de soi.

Le jnâni marche à travers les eaux
la tête au-dessus des eaux toujours, 
le regard dépassant l'horizon, 
plongeant dans l'illimité...
Il passe à travers tout ce qui passe, 
le regard fixé sur ce qui ne passe point, 
voyant en tout
ce qui est au-delà de tout, 
fin de tout, origine de tout, 
au fond de tout, 
unique en tout, 
sans fin ni commencement nulle part, 
l'éternel...
Il s'est découvert et a découvert tout, 
au-delà de la mort, 
et du temps où, chaque instant, l'on meurt...
(pp.118/9)

Quand j'atteignis le fond de Toi, 
Oh ! qu'advint-il de moi ?
Oh ! qu'advint-il de Toi ?

Quand j'atteignis le fond de moi, 
il n'y eut plus ni Toi, ni moi !
(p.128)

Extraits de : Gnanananda (chap. L'unique nécessaire)


Dieu, dit-il une autre fois, a quatre espèces de clients.
Les premiers sont ceux qui de temps en temps se réveillent de leur sommeil, pensent un instant à lui, murmurent "Seigneur, Seigneur", et ont tôt fait d'oublier et de se rendormir.
Les seconds ont une réelle piété. Ils vont aux temples  offrent des poudjas, se rendent de pèlerinages en pèlerinages, chantent des hymnes, pratiquent le japas, servent les sadhous - mais tout cela en vue d'obtenir des biens matériels : santé, fortune, position sociale.
Les troisièmes sont les vrais bhaktas. Ils font tout ce que font les seconds, mais ils le font uniquement dans l'espoir d'obtenir des biens spirituels. Rien ne les intéresse plus ici-bas. Ils ne veulent que Dieu et Dieu seul.
Il y a enfin ceux qui ne prient plus et ne demandent plus rien à Dieu, pas même Dieu. De Dieu lui-même, ils n'ont que faire. Ce sont les jnânis.
- Dans ces conditions, Swâmi, demanda Vanya, quelle différence y a-t-il entre le jnâni et le nastika, athée ou matérialiste ? Lui non plus n'a nul désir ni nul besoin de Dieu.
- Il y a une différence quand même, et d'importance, répondit-il. C'est que le jnâni ne veut plus rien ni Dieu ni quoi que ce soit d'autre, tandis que le nastika, lui, veut tout, sauf Dieu !
Il y a les gens qui veulent tout, sauf Dieu, ceux qui veulent tout, et aussi Dieu, ceux qui ne veulent que Dieu, et ceux qui, s'étant reconnus en Dieu, ne peuvent plus avoir aucun désir, même de Dieu.

Extraits de : Gnananda (chap. Le gourou, pp.133/4)


Qui donc peut courir 
avec un sac dessus la tête ?

Ce qu'attend de toi le gourou
c'est toi, 
et pas ce que tu as acheté
en passant par le marché !

Nu tu naquis, 
nu seulement tu peux renaître, 
dans la gloire de l'âtman !

Qui se perd se trouve, 
qui tout perd tout trouve !
Qui se garde perd tout, 
et soi-même avec tout !

Là où n'est rien 
là même est tout. 
Pénètre en ce secret
et toi-même à toi-même disparais : 
alors seulement en vérité TU ES !

Extrait de : Gnanananda (chap. Fêtes à l'Ashram, pp.152/3)
 

mercredi 2 mai 2012

Yogi Ramsuratkumar ou Ram Surat Kunwar


Comment parler de quelqu'un comme Yogi Ramsuratkumar (Uttar Pradesh, 1918- Tiruvanamalai, 2001) ? Je pourrais dire ce que l'on dit habituellement d'un tel homme : qu'il est du petit nombre des grands maîtres présents de tous temps à la surface de la planète; que sa bénédiction se répand à profusion sur tous ceux à qui il est donné de croiser son chemin ; que son style est universel, ouvert à toutes les cultures, toutes les classes sociales, toutes les races et religions; qu'il s'adresse à tous sans discrimination ni compromis.
Je pourrais me lancer dans le genre de descriptions plus ou moins passe-partout par lesquelles on tente en général de rendre compte d'une si profonde énigme : dire qu'il se qualifie lui-même de «mendiant fou» ou de «pécheur répugnant»; qu'il porte ses haillons avec autant de noblesse que jamais roi ne porta les plus somptueux vêtements ; qu'il est disponible à toute heure du jour et de la nuit, prêt à servir et à répondre aux besoins des chercheurs et disciples sincères ; qu'il ne s'attribue jamais son propre rayonnement ou l'atmosphère miraculeuse qui règne autour de lui mais dit invariablement : «tout cela vient de mon Père qui est aux Cieux, de Lui seul.»
Je pourrais dire bien d'autres choses, couvrir Yogi Ramsuratkumar de louanges, dresser la longues liste de ses hauts faits rapportés par ceux qui l'aiment, mais il me semble que tout cela serait encore à côté de la vérité. En fait, le langage ne permet pas de cerner la nature d'un tel être. Disons simplement que ce yogi fou est un inexplicable serviteur de Dieu, une vivante manifestation de la grâce. (...)
Extrait de : Lee Lozowick, L'Alchimie du réel, A propos de mon maitre
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Bibliographie :
Michel Coquet, Yogi Ramsuratkumar, Le Divin mendiant, Ed. Altess, 1996.
En ligne :
Ram Surat, Yogi Ramsuratkumar, Le Divin mendiant : PDF
Olga Amman, Yogi Ramsuratkumar, Le msytère : devenir Dieu : PDF
Will Zulkowsky, Rencontres avec Yogi Ramsuratkumar : PDF
V. Rangarajan, Aperçus d'un grand yogi : PDF
Journal de M Devaki : PDF
Journal de Sri Sukhavanam, 1979 : PDF
Samarpanam (extraits) : PDF
Amarakaryam, L'Enfant Dieu de Tiruvannamalai : PDF
Onde d'Amour, biographie : PDF
Site internet dédié : ramsurat / yogiramsuratkumar (source des PDF)


Mon Père seul existe, rien d'autre, personne d'autre, dans le passé, le présent et l'avenir, ici, là, partout.
Seul Père, tout en Père, Père en tout. Rien n'est séparé, rien n'est isolé.
Un sans second, indivisible, total, entier, absolu, Père seul.

La force seule est religion. Tout ce qui affaiblit ne peut pas être religion. Vous êtes tout puissant, vous êtes tout sachant, vous êtes toute béatitude. Ne soyez pas pessimiste. Si vous êtes pessimiste, tout est perdu. Ayez de l'espoir, vous êtes l'Atman. Dites le à vous-même. Dites-le pendant des années. Et voyez ce qui arrive. (...)
Oui, la chair est faible. Le corps est périssable. C'est pourquoi je vous demande de vous identifier à l'Atman. Dites que vous êtes l'Atman, puis voyez ce qui arrive.

Bhagavan Ramana Maharshi faisait souvent le tour de la colline. La colline est considérée comme le Seigneur Shiva Lui-même. Vous pouvez dire que c'est de l'adoration d'idoles si vous voulez. C'est murti puja. Les gens ont besoin de quelque chose, d'une forme à adorer. Si vous voulez adorer Dieu sous une forme masculine, faites-le. Mon ami, c'est la liberté… 

Si vous voulez adorer Dieu sous la forme de la colline Arunachala, ou sous la forme d'un arbre ou de l'eau, faites-le. C'est la liberté, Dieu est partout. Il n'y a pas d'endroit où Il n'est pas. Père est omniprésent. Il est partout et en tout. Il n'y a pas d'endroit où Il n'est pas. Ainsi, si vous voulez L'adorer en tant que masculin ou en tant que féminin, faites-le, c'est la liberté, ou si vous voulez L'adorer comme étant sans forme, faites-le. C'est la liberté.
Extrait de Samarpanam
Source du texte : PDF










dimanche 4 décembre 2011

Giri Bala


(...)
La sainte s'assit, jambes croisées, sur la véranda. Tout en portant les marques de la vieillese, elle n'était pas maigre, sa peau au teint olivatre était claire et suggérait la santé.
- Mère, lui dis-je en bengali, vingt-cinq ans durant j'ai aspiré à me rendre en pèlerinage à votre demeure. Sthiti Lal Nundy Babu m'a parlé de votre vie de renoncement.
Elle fit un signe de tête indiquant qu'elle connaissant ce nom.
- Oui, c'était mon voisin de Nawabganj.
- Au cours de ces années, j'ai traversé les océans, mais jamais je n'ai perdu l'espoir de vous voir un jour. Le drame sublime que vous jouez à l'insu du monde doit être révélé à l'humanité, qui a oublié depuis longtemps ce qu'est la nourriture spirituelle.
La sainte leva les yeux pendant un instant et souris avec intérêt.
- Baba (honorable père) sait mieux, répondit-elle humblement.
J'étais heureux qu’elle ne fut pas offensée, on n'ignore pas à quel point les grands yogis ou yoginis se rebiffent à l'idée de la publicité, anxieux de préserver dans le silence leurs conquêtes spirituelles. Une voix intérieure les avertit lorsqu'il est temps de dévoiler leur vie pour le bénéfice des chercheurs.
- Mère, poursuivis-je, veuillez alors m'excuser de devoir vous accabler de questions et ne répondez que si cela vous plait. Je comprendrai votre silence.
- Je serai heureuse de pouvoir vous donner satisfaction, si insignifiante que je sois.
- Mais pas du tout insignifiante, protestai-je. Vous êtres une grande âme.
- Je suis une humble servante.
Elle ajouta :
- J'aime faire la cuisine et servir le repas aux gens.
Étrange occupation, me dis-je, pour une sainte qui ne mange rien !
- Dites-moi, Mère, est-il vrai que vous viviez sans manger ? Je veux entendre la réponse de votre propre bouche.
- On ne peut plus vrai.
Elle garda un moment le silence. Lorsqu'elle le rompit, sa phrase montra qu'elle s'était livrée à un petit calcul mental :
- Depuis l'âge de douze ans et quatre mois jusqu'à ce jour, ou j'ai soixante-huit ans, c'est-à-dire depuis près de cinquante-six ans, je n'ai rien bu ni absorbé aucun aliment.
- N'en avez-vous jamais envie ?
- Si cela était, j'aurais tout simplement mangé !
Humblement, mais fermement, elle avait énoncé cet axiome familier au monde qui ne peut se passer de trois repas par jour !
- Et pourtant, vous prenez bien quelque chose !
Il y avait dans ma voix un léger reproche.
- Vous tirez votre nourriture de l'énergie subtile de l'air et de la lumière, de la force cosmique rechargeant votre corps par le bulbe rachidien.
- Baba le sait.
Elle acquiesça de nouveau, sans aucune prétention.
- Mère, racontez-moi votre vie, s'il vous plait. Ce sera d'un intérêt considérable pour l'Inde, et même pour vos frères et soeurs d'au-delà des mers.
Giri Bala se départit de sa réserve habituelle, déclarant :
- Qu'il en soit ainsi.
Sa voix était basse et ferme.


Je suis née dans cette province couverte de forêts.
Mon enfance n'eut rien de remarquable, excepté le fait que je possédais un appétit insatiable. Je fus fiancée très jeune,
- Mon enfant, m'avertit ma mère, tu dois maîtriser ta gourmandise. Lorsqu'il te faudra vivre au milieu d'étrangers, dans la famille de ton mari, que penseront-ils si tu passes ton temps à dévorer tout ce qui te tombe sous la main !
La calamité prédite se réalisa. Je n'avais que douze ans lorsque j'entrai dans la famille de mon époux, à  Nawabgani. Ma belle-mère se moquait nuit et jour de ma gloutonnerie. C'était si pénible à endurer que mes facultés spirituelles se réveillèrent. Un matin, ses reproches furent particulièrement cruels.
- Je vous prouverai, fis-je, blessée au vif, que jamais plus je ne toucherai à la nourriture aussi longtemps que je vivrai !
Ma belle-mère eut un sourire de dérision.
- Comment pourras-tu vivre sans rien manger, puisqu'il t'est impossible de vivre sans manger à l'excès ?
Il n'y avais rien à répondre ! Néanmoins, ma décision était inébranlable. Je gagnai un coin solitaire pour supplier le Père céleste.
- Seigneur, répétais-je, daigne m'envoyer un guru qui m'enseigne à vivre de ta Lumière, et non de nourriture !
je tombai dans une divine extase. Conduite par une main invisible, je me rendis au ghat de Nawabgani, sur le Gange. Chemin faisant, je croisai le prêtre de la famille de mon époux.
- Honorable prêtre, fis-je, confiante, enseignez-moi à vivre sans manger.
Il me jeta un regard surpris et ne souffla mot. Finalement, il m'adressa ces paroles :
- Enfant, viens ce soir au temple, j'y célébrerai un service védique spécialement pour toi.
Cette vague réponse n'était pas celle que j'attendais. Je repris le chemin du ghat. Le soleil matinal dorait le fleuve, je me purifiai dans les eaux sacrées, comme pour une initiation. Les vêtements mouillés, je quittai la berge lorsque soudain mon Maître apparut devant moi dans une lumière éblouissante.
- Mon petit, me fit-il, d'une voix chargée de compassion, je suis le guru que Dieu t'a envoyé, en réponse à tes ferventes prières, touché de leur caractère inhabituel ! Dès aujourd'hui, tu vivras de la clarté astrale, tous les atomes de ton corps se nourrissant dans le courant infini. (...)
Le ghat était désert et, néanmoins, mon guru nous environna d'une auréole protectrice, pour qu'aucun baigneur ne nous surprenne. Il m'initia à une technique de kria libérant le corps de la nécessité d'absorber des nourriture terrestres. La technique comprend un certain mantra et des exercices de respiration plus pénibles que ceux qu'on fait d'ordinaire. Ni médecine ni magie : rien d'autre que le kria.

A la manière des reporters américains, j'interrogeai Giri Bala sur tout ce qui me semblait susceptible d’intéresser le monde. Peu à peu, elle me fournit les renseignements suivant :
- Je n'ai jamais eu d'enfants, voici bien des années que je suis veuve. Je ne dors que très peu, car pour moi il n'y a pas de différence entre le sommeil et l'état de veille. je médite pendant la nuit et, dans la journée, je vaque à des travaux domestiques. je suis très peu sensible aux changement de température, aux saisons. Jamais je n'ai été malade. Lorsqu'il m'arrive de me blesser, je ne sens presque pas la douleur. Je n'ai pas d'excrétions et peux contrôler ma respiration et les battements de mon coeur. Mon guru et d'autres grands êtres m'apparaissent souvent dans les visions.
- Mère, demandai-je, pourquoi n'enseignez-vous à personne l'art de vivre sans manger ?
Je pensais toujours aux millions d'affamés du monde entier.
- Je ne le peux pas. Mon guru m'a expressément recommandé de ne pas divulguer mon secret. Il ne veut pas contrecarrer les plans divins de la Création. les fermiers m'en voudraient à mort si j'enseignais aux hommes à vivre sans aliments ! Les beaux fruits de la terre pourriraient inutilement. Il semble que la misère, la famine et les maladies sont les fouets du karma qui finalement nous poussent à rechercher le sens véritable de la vie.
- Mère, fis-je en appuyant sur les mots, à quoi bon alors être seule à vous passer de nourriture ?
- Prouver que l'homme est Esprit. Démontrer que l'accession divine apprend progressivement à vivre de lumière éternelle, et non pas d'aliments grossier ! (...)
Extrait de : Paramahansa Yogananda, Autobiographie d'un yogi, Ed. J'ai Lu.
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samedi 10 septembre 2011

Les Routes de l'Inde

Fin de semaine avec l'annonce du Festival des Ateliers d'Ethnomusicologie de Genève, Les Nuits du Monde, du 5 au 15 octobre à l'Alhambra. Cette année : "Les Routes de l'Inde", avec des concerts, danse, conférence et exposition.
Site officiel (infos et billeterie)  : Adem



Les Ateliers d’ethnomusicologie organisent du 5 au 15 octobre à Genève un festival intitulé « Les routes de l’Inde », qui s’inscrit en complément de l’exposition  « La saveur des arts. De l’Inde moghole à Bollywood », actuellement au Musée d’ethnographie de Genève à Conches. Le festival  reprend et développe les principales thématiques de l’exposition en proposant d’apprécier in vivo la plupart des genres musicaux qui y sont évoqués. Rien, en effet, ne  peut  remplacer la présence d’artistes pour approcher au plus près de l’essence de cette culture raffinée, véhicule d’une esthétique et d’émotions à nul autre pareils…

Quand l’Occident découvrait la musique indienne …
C’est à partir des années 1960 que l’Occident a commencé à s’ouvrir à la musique classique indienne. Elle s’y est fait connaître grâce au talent de quelques interprètes remarquables, dont le plus célèbre  est sans doute le sitariste Ravi Shankar : ses collaborations avec Yehudi Menuhin ou les Beatles ont marqué leur temps. D’autres ont suivi, notamment Ali Akbar Khan, Vilayat Khan ou Zakir Hussain, nous permettant de découvrir toutes les subtilités d’un art au potentiel expressif inépuisable.  Cet engouement et la mode qu’il a suscitée n’ont jamais vraiment cessé, et l’essor du cinéma de Bollywood est par la suite venu élargir le tableau avec ses chansons et ses chorégraphies résolument contemporaines.

Un voyage musical sur les routes de l’Inde …
 
« Les routes de l’Inde » offriront au public genevois une programmation riche et diversifiée, centrée sur le chant et la musique instrumentale, avec quelques incursions dans les domaines de la danse et du cinéma. La sélection des artistes et des ensembles invités repose sur deux axes : d’une part les grandes formes dites classiques (ou savantes) de l’Inde du Nord, et d’autre part les expressions musicales de trois importantes régions de l’Inde : le Rajasthan, le Cachemire et le Bengale.
Source du texte : Adem









jeudi 28 juillet 2011

Prajnanpad ou Yogeshvar Chatterjee



Yogeshvar Chatterjee est né le 8 février 1891 à Chinsura, à une cinquantaine de kilomètres de Calcutta, dans une famille brahmane très pauvre. Il fait des études brillantes avec un intérêt pour les sciences physiques. Il découvre les écrits de Freud  dans les années 1920 à la bibliothèque de l’Université de Bénarès où il enseigne. Il trouve un maitre Niralamba Svami en 1922. Il accepte de se marier sur l’insistance de son frère mais trois mois avant la naissance de sa fille, il démissionne de l’Université et part dans les Himalaya pour devenir moine.
 
Son frère vient le chercher et il reprend sa place à l’Université. En septembre 1930,à la mort de son maître, il s’installe à l’ashram Channa. Dans l’intervalle il a trouvé un sentiment d’accomplissement qui ne peut être troublé. Il est connu d’un petit nombre de disciples indiens. Daniel Roumanoff  le  rencontre en 1959. Svamiji  fait deux séjours en France, un en 1966 à Bourg La Reine auprès d’Arnaud et Denise Desjardins, un autre en 1973 en Normandie invité par Daniel et Colette Roumanoff. Il s’éteint le 24 septembre 1974.
Source du texte : swami Prajnanpad
Autre biographie : wikipedia / supervielle 


Bibliographie : 

- ABC d'une sagesse. Paroles choisies de Svâmi Prajnânpad, La Table Ronde.
- Ceci, ici, à présent : Seule et unique réalité, Accarias-L'Originel.
- L'éternel présent : Questions et réponses, Accarias-L’Originel.
- Le but de la vie : Un été plein de sagesse, Accarias-L'Originel.
- La connaissance de soi, Accarias-L'Originel.
- Les aphorismes, Accarias-L'Originel.
- Les formules de Swâmi Prajnânpad commentées par Arnaud Desjardins, La Table Ronde.
- Lettres à ses disciples, Tome 1 : L'art de voir, Accarias-L'Originel.
- Lettres à ses disciples, Tome 2 : Les yeux ouverts, Accarias-L'Originel.
- Lettres à ses disciples, Tome 3 : La vérité du bonheur, Accarias-L'Originel.
Biographie : 
Olivier Cambessédès, Le quotidien avec un maître Svami Prajnanpad, Accarias-L'Originel.
André Comte-Sponville, De l'autre côté du désespoir : Introduction à la pensée de Svâmi Prajnânpad, Accarias-L'Originel.
Alain Delaye, Sagesses concordantes (Volumes I et II), Accarias-L’Originel.
Eric Edelmann, Olivier Humbert et Dr Christophe Massin, Swâmi Prajnânpad et les lyings, La Table Ronde.
Frédérick Leboyer, Portrait d'un homme remarquable, Svami Prajnanpad, Critérion.
Sumangal Prakash, L'expérience de l'unité : Dialogues avec Svâmi Prajnânpad, Accarias-L'Originel.
Colette Roumanoff, Les yeux de l'orpheline, Au fil de l'inconscient avec Svâmi Prajnânpad, Critérion.
Daniel Roumanoff, Psychanalyse et sagesse orientale, Une lecture indienne de l'inconscient, Accarias-L'Originel.
Daniel Roumanoff, Svâmi Prajnânpad, Biographie, La Table Ronde.
Daniel Roumanoff, Svâmi Prajnânpad, Tome 1 : Un maître contemporain, Manque et plénitude, La Table Ronde.
Daniel Roumanoff, Svâmi Prajnânpad, Tome 2 : Le quotidien illuminé, La Table Ronde.
Daniel Roumanoff, Svâmi Prajnânpad, Tome 3 : Une synthèse Orient-Occident, La Table Ronde.
R. Srinivasan, Entretiens avec Svami Prajnanpad, Accarias-L'Originel.


- A l'heure actuelle vous êtes asservi. Il vous appartient d'être libre.
(...)
- La connaissance seule libère
(...)
- Vous devez savoir ce qu'est l'émotion et alors vous pouvez en être libre. Vous ne pouvez pas vous libérez de ce que vous ne connaissez pas.
- Être libre, c'est connaître. Quand vous connaissez une chose, vous en devenez libre. Il n'y a pas d'autres moyen.
- Quelle que soit l'activité, le point essentiel est d'être libre. Commencez par là.
(...)
- Intellectuellement, on ne peut pas comprendre la non-dualité (advaita). Il faut la vivre. Encore une fois, on ne connaît que ce que l'on est. Savez-vous qu'advaita est un mot négatif ?
Advaita = a-dvaita = non + dvaita = non-dualité. Ici vous remarquez que l'advaita annule la dvaita ou la dualité. Ainsi elle pose d'abord la dualité et l'annule ensuite.
En apparence c'est la dualité qui existe. La vie est dualité. Chaque chose a deux aspects et la réalité, telle qu'elle apparaît est dualité.
Quand cette dvaita est annulée, l'advaita apparaît.
(...)
- Vous dite : "Je vois la rose, je me sens séparé, je souffre". Non, vous ne voyez pas la rose, c'est votre rose que vous voyez. "Je" (ou l'égo) ne peut pas connaître un objet parce que "je" et l'objet sont des choses différentes. Tant que vous ne devenez pas l'objet, il ne peut y avoir de connaissance de l'objet...
Vous ne pouvez pas tolérer la séparation. L'advaita est partout. Il ne peut y avoir de séparation. La séparation ne peut jamais être tolérée. Et votre ego non plus ne peut tolérer la séparation maintenant. Vous ne pouvez tolérer la séparation, aussi vous projetez immédiatement votre rose à cet endroit, et ainsi vous ressentez de la peine et du plaisir. Vous essayer d'annihiler le sens de la séparation physique dans le temps. Mais vous êtes dans le temps et l'espace.
Aussi vous ne pouvez pas le faire. Et vous vous sentez malheureux. Cette conscience de séparation est à la racine de toutes les difficultés. L'égo est une conscience conditionnée, limitée. Et pourtant, il a le sentiment qu'il y a "un sans-second". C'est en lui. Alors que fait-il ? Il ne peut que chercher à s'établir partout. Aussitôt que vous sentez que toute forme n'est autre qu'elle-même, vous devenez sans forme. Dès que vous sentez cette séparation, vous atteignez l'au-delà de la séparation. L'égo étant limité, conditionné, essaye de sentir l'inconditionné.. Comment ? Il essaye de rendre son état inconditionné.
Aussi il essaye de se projeter partout.
(...)
- L'unité n'est pas à créer. L'unité est là. C'est votre sentiment de la dualité qui tend à la recouvrir. Vous ne créez pas l'unité. Si c'est vous qui la faites venir, alors elle partira également. Tout ce qui vient s'en va.
(...)
- A présent vous n'êtes rien, vous semblez seulement être.
Vous avez toujours changé et continuez constamment à changer. A partir du moment où vous vous considérez comme étant quelque chose, vous vous séparez de l'Un, vous le tuez. Vous le découpez et créez un "deux" à sa place.
(...)
Ce qui est c'est quand on ne voit rien d'autre, quand on n'entend rien d'autre, quand on ne pense à rien d'autre. Quand on voit autre chose, qu'on entend autre chose, qu'on pense à autre chose, c'est ce qui est limité, l'individu.
L'infini (ce qui est) seul est immortel. Ce qui est fini est périssable. La souffrance et la mort se trouvent dans ce qui est étroit et limité. Amrita (le nectar d'immortalité) est dans ce qui est, ce qui est complet. En tant qu'être humain, cet amrita est votre droit de naissance.
(...)
- Connaître, c'est ne pas être affecté.
(...)
- Être libre, 'cest voir les choses comme elles sont.
(...)
- Ce n'est pas du monde que je dois me libérer mais de mon monde à moi.
(...)
- Pour être libre du désir, il faut voir et réalisez la nature du désir.
- Vous parlez de conscient, subconscient, inconscient, tout cela est isha, le désir, et l'apaisement du ce désir, c'est moksha, la délivrance. Si vous voulez savoir ce qu'est le mental, ce n'est rien d'autre que le désir.
(...)
- La question : "Comment vivre sans plaisir ?" est absurde.
Car elle implique que le plaisir est désirable et que je me prive du plaisir. Pas du tout. La vie spirituelle est une recherche intense de plaisir. C'est même l'expérience la plus compète du plaisir, car cette expérience aboutit immanquablement à la découverte de la souffrance. Le chercheur aboutit à la conclusion vécue et non pas seulement pensée que "tout plaisir est source de souffrance" alors la recherche de plaisir tombe d'elle-même. Il n'y a pas à éviter le plaisir. Le plaisir est à la base même de la vie, de toute action.
(...)
- L'égo doit être rendu libre. Et la manière de le rendre libre, c'est de lui permettre de s'épanouir, de s'accomplir complètement et entièrement.
- L'égo peut être libre de l'égo, l'égo peut être libre de lui-même de manière à trouver son accomplissement en lui-même.
(...)
Il vous faut vous libérez de vous-même avec l'aide de vous-même. Vous êtes pour vous-même votre meilleur ami et votre pire ennemi.
(...)
- Agir à chaque stade, absorber, dévorer, rendre sien : c'est se rendre libre.
- Être libre, c'est être libre de la conscience ou de la prétention qui faire dire "Je suis quelqu'un,je suis quelque chose".
Extrait de :  Daniel Roumanoff, Swami Prajnanpad, un maitre contemporain (Chapitre III, La Non-dualité).
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Autres extraits sur le net :
non-dualité.fr / supervielle / psy-spi



Par Arnaud Desjardin (sur le rapport entre psychothérapie et spiritualité) :




Par Alexandre Jolien (Sur la phrase "L'émotion est un luxe inutile") :









mercredi 15 juin 2011

Michel Hulin






Michel Hulin , professeur émérite de philosophie indienne et comparée à l’université Paris-IV la Sorbonne est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de cette question. 



Bibliographie : 
- Le principe de l'égo dans la pensée indienne classique. La notion d'ahamkhara, Institut de Civilisation Indienne, (Fasc. 44),  Ed. de Boccard, 1978. (Thèse de doctorat). 
- Samkhya literature, Ed. A history of Indian literature, vol 6, fasc. 3, 1978.
- Hegel et l'Orient : suivie de la traduction annotée d'un essai de Hegel sur la Bhagavad-gita, 1979.
- La Face cachée du temps, L'imaginaire de l'au-delà, Ed. Fayard, 1985

- La Mystique sauvage, Ed. PUF, 1993.
- Qu'est-ce que l'ignorance métaphysique (dans la pensée hindoue) ? Ed. Vrin, 1994
- L'Inde inspiratrice - réception de l'inde en France et en Allemagne, XIX-XXe siècles, Ed. PU Strasbourd, 1997.

- Shankara et la non-dualité, Ed. Bayard, 2001.
- Etre, conscience, félicité - la pancadasi, Ed. Accarias/L'Originel, 2006.
- Comment la philosophie indienne s'est-elle développée : la querelle brahmanes-bouddhistes, Ed. du Panama, 2008

Articles voir : paris-sorbonne
Traductions :
- Tripurarahasya, La Doctrine secrète de la déesse Tripura, Ed. Fayard, 1979
- Mrgendragama, sections de la doctrine et du yoga, 1980.
- Mystique de l'ineffable dans l'hindouisme et le christianisme, Cankara et Eckhart de Bernard Barzel
- Sept récits initiatiques tirés du yoga-vasistha : l'imaginaire de l'au-delà, Ed. Berg International, 1987.
- L'inde des sages : les plus beaux textes de l’hindouisme et du bouddhisme, Ed. Oxus, 2008
- La Bhagavad-Gita : Suivi du commentaire de Sankara, 2010.
Préfaces :
- Candide au pays des gourous journal d'un exporateur de l'Inde spirituelle de Daniel Roumanoff, Ed. Dervy, 1990.
- Catégories de langue et catégories de pensée en Inde et en Occident de Francois Chenet, Ed. l'Ouverture philosophique, 2005
- Sermons du Bouddha, trad. Mohan Wijayaratna, Ed. Points Sagesse, 2006.
- Etre, Conscience, Félicité - La Pancadasi, trad. de 
Sri Vidyaranya SwamiEd. Accarias/L'Originel, 2006.
En ligne : 
La méditation, le meilleur apport de l’Inde pour la sagesse aujourd’hui : Viméo / Canal Académie (mp3) (23 octobre 2011)
Voir aussi les pages : Autre un regard sur la douleur / Chut(e) en montagne



La notion de Purnahamta dans le Sivaisme du Cachemire.
Chapitre premier : Les fondements métaphysiques.
A. La générosité de l'Absolu : Le Spanda. 
   Le Sivaisme du Kasmir - que nous désignerons ici par son nom usuel de Trika - ressemble à l'Advaita sankarien en ce qu'il est, lui aussi, un non-dualisme de la conscience pure. Il serait aisé d'y retrouver la même démarche fondamentale qui consiste à remonter des phénomènes particuliers à l'auto-luminosité comme au principe ultime de la manifestation. Ce point sera supposé acquis ici et notre enquête ne portera que sur les différences significatives qui séparent les deux écoles. Mais, plutôt que de confronter immédiatement deux dogmatismes constituées, mieux vaut essayer de déceler, au niveau même de l'expérience, l'écart subtil par lequel se signale l'originalité du projet philosophique et mystique propre au Trika. 
   L'intuition fondatrice de la doctrine pourrait être formulée en ces termes : l'instabilité de la conscience empirique, sous ses divers aspects de distraction, d'imagination déréglées, de curiosité extravertie, de crainte et d'espoir, etc. n'est pas quelque chose de purement négatif, ne fait pas que traduire l'emprise sur nous de l'avidya, mais atteste, au contraire, la présence en nous d'une inquiétude constitutive de la conscience absolue elle-même, d'une sorte d'expansivité et d'effervescence spontanée à travers laquelle, échappant à l'inertie et à la mort, elle se réaliste justement comme conscience. D'où il suit 1) que la conscience est, dans ses profondeurs, dénuement créateur, attente et appel de la manifestation cosmique; 2) que son rapport à la multiplicité, avant d'être souillure et aliénation, est jouissance, parce qu'il représente sa possibilité la plus intime; 3) que le malheur de l'existence finie tient moins à l'appropriation par la conscience de contenus étrangers fictifs (le corps et autres upadhi) qu'à un certain engourdissement de son dynamisme intrinsèque qui la fait s'obnubiler sur ces contenus, ses propres créations, et l'empêche de revenir à elle-même en les dépassant; 4) que la reconquête de soi - l'abolition de la distance entre conscience empirique individuelle et conscience absolue - passe moins par une conversion du regard vers l'intérieur (comme dans l'Advaita, le Yoga classsique,etc.) que par une sorte de sursaut héroïque de la conscience secouant sa propre léthargie. Il apparaîtra vite que les grands thèmes du Trika : la substitution du couple Siva-sakti au couple brahman-maya, de la purahamta ("l'égoité en sa plénitude") à l'atman, la procession des hypostases, la valorisation "yoguique" de l'expérience perceptive et affective, etc. ne font eux-mêmes qu'exploiter cette intuition originelle et ses conséquences directes. Nous commencerons donc par examiner quelques textes consacrés à dévoiler cet affleurement d'un dynamisme positif dans la conscience empirique elle-même. (...). 
Extrait de : Le principe de l'égo dans la pensée indienne classique, 1978. (Ouvrage épuisé).



Au terme de ces analyses nous espérons avoir suffisamment mis en valeur aussi bien l'incontestable réalité de l'expérience mystique sauvage que son unité profonde sous la variété plutôt déconcertante de ses modes de réalisation. Cette unité est à la fois phénoménologique, thématique et intentionnelle. Elle est phénoménologique en ce sens que toutes ses occurrences concrètes paraissent se conformer à un même scénario de base : rupture soudaine du cours ordinaire des pensées, perte de tout contact "efficace" avec l'environnement immédiat, angoisse, sentiment d'avoir été catapulté dans un temps, un espace, un univers qualitativement différents, émerveillement, puis retour impromptu vers ce monde et difficile réadaptation aux conditions qui y règnent. Elle est thématique dans la mesure où s'y donnent sans cesse rendez-vous trois motifs, trois idées-forces interdépendantes : 1 / la révélation écrasante d'une Réalité face à laquelle le monde sensible et l'existence sociale ne sont que théâtre d'ombres, 2 / l'intégration des hasards et contingences de nos vies dispersées dans une Nécessité qui est en même temps ordre et perfection, 3 / la conscience qu'un seul et même élan vital, une seule et même émotion éternelle nous anime tous pareillement, depuis toujours et à jamais. Elle est intentionnelle, enfin, par le fait que, partout et toujours, la clôture sur soi de l'existence individuelle, telle qu'elle s'exprime à travers la scission originaire du vécu en "bon" et "mauvais", a été soit pressentie, soit ressentie, soit reconnue et dénoncée comme l'erreur ou le péché par excellence, cela même qui doit être surmonté pour que la plénitude qui gît en nous apparaissent enfin au grand jour. (...)
Extrait de : La mystique sauvage (Conclusion), 1993
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Les Nouveaux chemins de la connaissance par Raphael Enthoven
Les voies de l'Inde (2/5): l'hindouisme (1 juillet 2008)



UBF, Sagesse bouddhiste, La querelle brahmanes-bouddhistes à propos du Soi (26 juillet 2009), avec Michel Hulin à l'occasion de la publication de son ouvrage : Comment la philosophie indienne s'est-elle développée ? : La querelle brahmanes-bouddhistes.
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KTO, L’hindouisme et le salut (25 mai 2010), avec la participation de Michel Hulin



Les mardis des Bernardins (29 mars 2011), l'homme et la femme dans les religions, de la sexualité, avec la participation de Michel Hulin
 
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