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mardi 31 décembre 2013

Les formes en sont les vagues / Bonne Année 2014 !

Photo Lace Andersen (Concours Photo National Geographic 2013)


Ashtâvakra samhitâ, VI

JANAKA : À l’égal de l’espace, sans limites est mon être, à l’égal d’une jarre, le monde est limité, telle est la connaissance, aussi pour elle s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir.
Mon être est océan, les formes en sont les vagues, telle est la connaissance, aussi pour elle s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir.
Mon être est une perle, l’univers en est le reflet d’argent, telle est la connaissance, aussi, pour elle, s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir.
Dans tout ce qui existe est mon être, et dans mon être est tout ce qui existe, telle est la connaissance, aussi pour elle s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir.
Extrait de : Ashtâvakra samhitâ, Les paroles du huit-fois-difforme (entre le IVe et le VIIe siècle de notre ère), traduit du sanskrit par Alain Porte
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Source (et texte entier) : Lyber-eclat 

Autres "vagues" dans le texte :
Vagues, écume ou tourbillons, tout est lié à l’eau. Ainsi de l’univers: émané de soi-même, il est lié à soi. (II, 4)
Cet univers surgi de moi, en moi se résorbera comme la jarre dans l’argile, la vague dans la mer et le bracelet dans l’or.  (II, 10)
En moi qui suis insondable océan, quand le vent de la pensée souffle, il se produit aussitôt des vagues d’univers. (II, 23)
En moi qui suis insondable océan, les vagues de la vie naissent et se heurtent, s’ébattent et se résorbent, par leur nature propre.  (II, 25)
Ce en quoi l’univers tout entier resplendit, comme des vagues sur la mer, c’est l’être. Sachant cela, pourquoi courir, l’âme en peine ? (III, 3)
Mon être est océan, les formes en sont les vagues, telle est la connaissance, aussi pour elle s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir. (VI, 2)
Mon être est océan sans fin, en lui les vagues de la vie, par leur nature propre, déferlent ou se résorbent, mais pour mon être il n’est ni marée ni reflux. (VII, 2)
Ce en quoi surgit l’univers comme sur l’océan, des vagues, c’est toi, en vérité, là-dessus, aucun doute. Ta forme est la conscience, tu peux vivre sans fièvre. (VII, 7)
Ton être est océan sans fin. En lui, les vagues de la vie déferlent ou se résorbent par leur nature propre. Aussi pour ton être, il n’est ni marée ni reflux. (VII, 11)

Voir aussi les pages : Ashtâvakra / Fuji-san (avec la Vague de Hokusai)


dimanche 14 avril 2013

Un même bonheur

MAJ de la page : Ramana Maharshi



Les racines du ciel par Frédéric Lenoir (14.04.2013.)
Ramana Maharshi avec Ysé Tardan-Masquelier.
Ysé Tardan-Masquelier, Historienne et anthropologue des religions, elle enseigne à l’Institut Catholique de Paris l’introduction au monde hindou et histoire de la laïcité et dirige l’Ecole Française de Yoga, qui forme des enseignants de yoga. Elle a publié entre autres  chez Albin Michel, Jung et la question du sacré, Les hindous : un milliard de croyants et écrit Ramana Maharshi, le libéré-vivant au Seuil.
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vendredi 8 mars 2013

Vous voulez comprendre quoi ?

MAJ de la page : U.G. Krishnamurti




Vous voulez comprendre quoi ?

Vous voulez comprendre quoi ? Je ne dis rien  de profond. Je répète la même chose tout le temps, jour après jour. Pour vous c'est rempli de contradictions. Je dis quelque chose - que vous ne comprenez pas - et puis je dis le contraire. Vous y voyez une contradiction. En fait, il n'y en a pas. Ce que j'ai dit en premier lieu n'a pas exprimé ce que je voulais dire, alors la deuxième affirmation est une négation de la première, et la troisième est une négation des deux premières, et la quatrième une négation des trois premières. Non que j'ai quelque chose à dire. Non que j'aie dans l'idée de vous communiquer quoi que ce soit. Il n'y a rien à transmettre. Seulement une suite de négations. Non qu'il y ait quelque chose à dénier. Vous voulez comprendre. Voyez-vous, vous voulez comprendre. Il n'y a rien à comprendre. Chaque fois que vous croyez y voir un sens quelconque, j'attire votre attention sur le fait que ça n'est pas ça. Ce n'est pas non plus la doctrine du neti-neti. 

Vous savez en Inde, ils ont mis au point cette approche négative. Mais cette soi-disant approche négative est en fait une approche positive, parce qu'ils ont quand même un but en tête. Ça n'a pas marché avec l'approche positive, alors ils ont inventé ce qu'on appelle l'approche négative. "Pas ceci, pas cela". On ne peut pas atteindre l'inconnaissable, voyez-vous, et on ne peut pas non plus en faire l'expérience par l'approche positive. Cette approche soi-disant négative ne l'est pas vraiment, parce qu'il y a toujours un but tangible - connaitre l'inconnaissable, ou le désir de faire l'expérience de quelque chose - et ce quelque chose est au-delà de l'expérience. C'est une pure supercherie - on s'amuse. Tant qu'il y a un but tangible, quel qu'il soit - et on peut appeler ça approche positive ou négative - c'est une approche positive.

D'accord, on s'amuse, c'est intéressant  mais soyons sérieux, l'au-delà", "l'inconnaissable", il n'y a rien de tel. Si vous acceptez l'idée d'un au-delà, vous allez chercher à le connaitre - à connaitre l'inconnaissable. Votre intérêt est de chercher à connaitre. Ce mouvement va persister tant qu'il y aura le désir de faire l'expérience de quelque chose qui n'est pas du domaine de l'expérience. Il n'y a pas d'au-delà, point final. Qu'est-ce qui me permet d'affirmer qu'il n'y a rien de tel ? Comment puis-je me permettre d'être aussi catégorique ? Vous comprendrez plus tard. Tant que vous êtes en quête de l'au-delà, ce mouvement persiste. C'est quelque chose qui est à votre portée, qui vous donne l'espoir que peut-être un jour par un heureux hasard vous allez avoir l’expérience de l'au-delà. Comment l'inconnaissable pourrait-il être du domaine du connu ? Vous pouvez toujours courir. Même si ce mouvement (pour connaitre l'inconnaissable) n'est pas là, vous ne saurez jamais ce qui est - vous ne pouvez pas savoir ce qui est, vous n'avez aucun moyen de le saisir, d'en faire l'expérience, aucun moyen de l'exprimer.

C'est pourquoi toutes ces histoires de félicité éternelle, d'amour éternel, c'est du pipi de chat.  Il est strictement impossible de saisir cette réalité, de la contenir, de l'exprimer. Un jour peut-être vous vous éveillerez au fait que cet instrument (la pensée) ne peut pas vous aider à comprendre quoi que ce soit, et qu'il n'y en pas d'autre. Il n'y a donc rien à comprendre. (...)

Extrait de :
U.G. Le dos au mur, Le mythe de la perfection (chap. Rien à faire), trad. et commentaire J.-M. Terdjam, Ed. Les Deux Océans, 1998.
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mercredi 31 octobre 2012

Gnânânanda

On sait pourtant, ou du moins on croit savoir le lieu de sa naissance, Mangalagiri, au pays Kannanda. Son père était Venkatapati Rao, sa mère, Chandasikla Bai. Il se serait enfui de la maison paternelle à l'âge de onze ou douze ans après une querelle avec son frère aîné qui l'avait battu. Il aurait alors rencontré un sadhou et avec lui serait monté aux Himalayas. Selon d'autres, il serait venu d'abord à Vellanatham, et de là serait allé au Kasmir. (...) Il parcouru ensuite l'Inde entière, et aussi l'île de Ceylan et la Birmanie, (...)
Il n'aurait pris officiellement le sannyasa qu'après une quarantaine d’années de vie ascétique, itinérante ou solitaire. (...)
Son âge ? Beaucoup disent cent vingt ans. D'autres, par calcul astrologique, lui en ont découvert cent cinquante trois. Mais comment lui donner cet âge, alors qu'il demeure si alerte, marche comme pas un, tire lui-même l'eau du puits pour son bain matinal. Il a bon pied, bon oeil, dirige toutes les installations nouvelles. Son visage ne porte aucune ride. A le voir, à coup sûr, on aurait déjà du mal à lui donner soixante-dix ans. (p.59)
Gnânânanda meurt en 1974 à Tiroukoyilour (près d'Arunachala).


Biographie :
Swami Abhisiktananda (Henri Lesaux), Gnânânanda, Un maître spirituel au pays tamoul, Ed. Présence, 1970. (Ouvrage épuisé).


Rentre en toi
au lieu où il n'y a rien
et prends garde que rien n'y vienne
Pénètre au dedans de toi
jusqu'au lieu où nul penser n'est plus, 
et prends garde que nul penser ne s'y lève !
Là où rien n'est, 
le Plein !
Là où rien n'est vu, Vision de l'Etre !
Là où rien n’apparaît plus, 
Apparition du Soi ! 
Dyâna, c'est cela !

Si tu veux vraiment parvenir à dyâna, bien loin de chercher à apprendre quoi que ce soit de nouveau, il faut tout au contraire que s'en aille et disparaisse sans retour tout ce que tu peux avoir appris auparavant. (p.110)

(...) c'est du lieu d’où s'élève le souffle que s'élève également les pensées. L'important c'est de se tenir en ce lieu original de l'être et de veiller avec soin que le silence et la pureté n'en soient jamais ternis, et que soi-même on ne se laisse pas distraire et entraîner au dehors. Alors quand des pensées cherchent à jaillir - et elles le font sans interruption - pour éviter d'être emporté par elles, il suffit de remonter à la source de chacune d'elles - et de foncer au sein même de la vague qui vous ramène au rivage - de chercher qui pense cette pensée, la pensée fondamentale qui est à l'origine de toute pensée : ainsi vous revenez en votre lieu originel, le lieu en qui tout lieu a disparu, le Soi en qui tout soi s'est évanoui. La concentration sur le souffle aide à l'intériorisation. En suivant votre souffle retournant à ses origines, c'est à votre source même que vous aussi vous revenez.

Là où jaillit le Je, jaillit le souffle, 
Là où jaillit le Soi, jaillit la pensée de soi, 
Là d'où s'élance le souffle, 
c'est là-même qu'éclot le Je. 
Là même où le soi se pense, 
brille le Soi. 
(pp.112/3)

Tout cela c'est l'effort, auquel nul ne peut se soustraire, et sans lequel la grâce est incapable d'agir en vous.
Ferez-vous du feu avec du bois vert ? Il faut couper la branche, la faire sécher. Après cela seulement le feu prendra. Le feu c'est la grâce, la préparation du bois, la sadhana, l'effort de celui qui veut vraiment réussir.
Il faut n'avoir qu'un but. On se renseigne sur le but, mais une fois celui-ci connu, on ne perd pas son temps à quémander à nouveau à droite et à gauche. On va droit devant soi là où on a décidé d'aller.
A quoi bon courir de maître en maître ? A quoi bon passer son temps à lire à et se renseigner sur les différentes méthodes ? Lire et se renseigner, c'est consulter la carte et l'horaire. Si on veut aboutir au lieu indiqué par la carte et l'horaire, il faut bien un jour se décider à prendre le train. (p.115)

Il y a trois sortes de samadhi, explique-t-il.
Le premier est le vaikalpa samadhi, celui où il demeure encore quelque conscience de soi à part, quelque "souvenir".
Le second est le nirvikalpa samadhi. Ici il n'y a plus ni dehors ni dedans, ni soi, ni autre. Rien ne frappe plus les sens, ni ceux du corps, ni ceux de l'esprit. Il n'y a plus ni pensée, ni sentiment. On peut vous toucher, vous
mouvoir, vous soulever, vous êtes totalement inconscient. C'est plénitude et c'est béatitude, plénitude de joie, plénitude et joie indivises, (...)
Plus haut encore cependant il y a le sahaja samadhi, quand enfin on a atteint l'état, plutôt le point originel de soi : originel, parce que né-avec-soi mais mieux encore "non-né", car en effet, quelle est l'origine de l'être ? Ici enstase comme extase sont dépassés. Aucune différence nulle part n'est plus perçue. Le jnâni vit au milieu du monde comme tout le monde. Cependant, alors que les autres voient d'abord la diversité des choses, lui, il les voit dans leur unité. En découvrant le Soi, il découvert soi et le Soi en tout. Le moi a disparu qui s'interposait entre "lui", "soi", et les autres, et déjà entre sa conscience de soi et la réalité de son être. Rien ne s’oppose plus désormais à la perception de la réalité de soi.

Le jnâni marche à travers les eaux
la tête au-dessus des eaux toujours, 
le regard dépassant l'horizon, 
plongeant dans l'illimité...
Il passe à travers tout ce qui passe, 
le regard fixé sur ce qui ne passe point, 
voyant en tout
ce qui est au-delà de tout, 
fin de tout, origine de tout, 
au fond de tout, 
unique en tout, 
sans fin ni commencement nulle part, 
l'éternel...
Il s'est découvert et a découvert tout, 
au-delà de la mort, 
et du temps où, chaque instant, l'on meurt...
(pp.118/9)

Quand j'atteignis le fond de Toi, 
Oh ! qu'advint-il de moi ?
Oh ! qu'advint-il de Toi ?

Quand j'atteignis le fond de moi, 
il n'y eut plus ni Toi, ni moi !
(p.128)

Extraits de : Gnanananda (chap. L'unique nécessaire)


Dieu, dit-il une autre fois, a quatre espèces de clients.
Les premiers sont ceux qui de temps en temps se réveillent de leur sommeil, pensent un instant à lui, murmurent "Seigneur, Seigneur", et ont tôt fait d'oublier et de se rendormir.
Les seconds ont une réelle piété. Ils vont aux temples  offrent des poudjas, se rendent de pèlerinages en pèlerinages, chantent des hymnes, pratiquent le japas, servent les sadhous - mais tout cela en vue d'obtenir des biens matériels : santé, fortune, position sociale.
Les troisièmes sont les vrais bhaktas. Ils font tout ce que font les seconds, mais ils le font uniquement dans l'espoir d'obtenir des biens spirituels. Rien ne les intéresse plus ici-bas. Ils ne veulent que Dieu et Dieu seul.
Il y a enfin ceux qui ne prient plus et ne demandent plus rien à Dieu, pas même Dieu. De Dieu lui-même, ils n'ont que faire. Ce sont les jnânis.
- Dans ces conditions, Swâmi, demanda Vanya, quelle différence y a-t-il entre le jnâni et le nastika, athée ou matérialiste ? Lui non plus n'a nul désir ni nul besoin de Dieu.
- Il y a une différence quand même, et d'importance, répondit-il. C'est que le jnâni ne veut plus rien ni Dieu ni quoi que ce soit d'autre, tandis que le nastika, lui, veut tout, sauf Dieu !
Il y a les gens qui veulent tout, sauf Dieu, ceux qui veulent tout, et aussi Dieu, ceux qui ne veulent que Dieu, et ceux qui, s'étant reconnus en Dieu, ne peuvent plus avoir aucun désir, même de Dieu.

Extraits de : Gnananda (chap. Le gourou, pp.133/4)


Qui donc peut courir 
avec un sac dessus la tête ?

Ce qu'attend de toi le gourou
c'est toi, 
et pas ce que tu as acheté
en passant par le marché !

Nu tu naquis, 
nu seulement tu peux renaître, 
dans la gloire de l'âtman !

Qui se perd se trouve, 
qui tout perd tout trouve !
Qui se garde perd tout, 
et soi-même avec tout !

Là où n'est rien 
là même est tout. 
Pénètre en ce secret
et toi-même à toi-même disparais : 
alors seulement en vérité TU ES !

Extrait de : Gnanananda (chap. Fêtes à l'Ashram, pp.152/3)
 

jeudi 25 octobre 2012

Aum Amma


Aum Amma a vécu longtemps à Varanasi (Bénares), en 2001 elle arrive à Tiruvannamalai et s'installe dans une grotte face sud sur les pentes d'Anunachala (la colline de Shiva ou de Ramana Maharishi).
En 2003 elle se rend à Rishikesh, avec son fidèle swamiji, au pied de l’Himalaya, d'abord dans la montagne sous une simple tente puis en ville chez un de ses dévots. Elle redescendra ensuite en Inde du Sud, en passant quelques jours à Auroville, pour retourner à Tiruvannamalai.
Finalement elle s'installera, avec swamiji, dans un cottage au pied d'Arunachala, où se déroulent des darshans pour ceux qui viennent la voir. On l'appelle Aum Amma, car lorsque elle est en samadhi, un Aum blanc apparaît parfois sur son front. 
Source du texte : sonagiri
Site dédiés : AumAmma ParamatmaAumAmma



Rare is the One who… Is the moment of Truth.
No words, no practices and no teaching,
just a Pure Presence of Silent hood.




  







 

mardi 9 octobre 2012

Swami Ritajananda


Swami Ritajananda naquit le 9 décembre 1906 à Mylapore, Madras. Il venait d'une famille de brahmanes orthodoxes du sud de l'Inde. En 1931, à l'age de 25 ans, il arriva au Belur Math pour rejoindre l'ordre de Sri Ramakrishna. Il obtint l'initiation du Président de l'époque, Swami Shivananda, un disciple direct de Sri Ramakrishna. En 1954, Swami Nikhilananda réclama la présence du Swami à New York, comme ministre adjoint au culte au centre Ramakrishna-Vivekananda. En 1959, Swami fut transféré à la société Védantique de la Californie du Sud, à Hollywood, à titre temporaire, comme deuxième ministre adjoint au culte. En 1961, il fut nommé Président du Centre védantique Ramakrishna à Gretz qu'il dirigea jusqu'à sa mort le 22 janvier 1994.
Source du texte : gandharvagana


Bibliographie :
- La pensée hindoue, Ed. CVR, 1969
- La vie de swami Turiyananda, Ed. CVR, 1979
- La pratique de la méditation, Ed. CVR, 1986
Traductions :
- La Bhagavad Gita, Ed. CVR, 2011
- Katha Oupanishad (traduite et commentée), Ed. CVR, 1988
Site internet : 


Ô Mère, Vous écartez les souffrances de Vos adorateurs !
Accordez‑nous Votre grâce !
Ô Mère du monde entier !
Accordez Votre grâce à l'univers entier.
Protégez l'univers !
Ô Dévi !  Vous êtes la Reine
De tout ce qui se meut et ne se meut pas.
Vous êtes le seul substratum de l'univers !
Prenant la forme de la Terre, Vous la supportez.
Vous existez sous forme d'eau
Et tout cet univers est satisfait.
Vous êtes la source de l'univers !
Vous tenez tout ce qui existe en état d'illusion.
Nous Vous prions de nous accorder Votre grâce !
Par Vous, nous pouvons être libérés
De la vie matérielle !

À cette période de l'année, en automne, quelques qualités très particulières de la Nature prennent la forme frappante de la beauté.  En Inde, depuis des siècles et des siècles, la tradition est d'adorer la Mère Divine. (...)

Cette Dévi – Mère Divine – qui est Existence, Conscience et Béatitude, doit être considérée comme féminine et masculine ou comme le pur Brahman !
En vérité, la Mère Divine n'est ni masculine, ni féminine, ni neutre; Elle n'a aucune forme.  Cela n'est pas difficile à comprendre car Brahman est en dehors de toute description. Ce que nous disons avec des mots n'est qu'un effort pour tâcher d'exprimer ce qui est très élevé et indescriptible. C'est parce que nous voulons adorer l'Indescriptible, l'Infini, l'Éternel Brahman, avec sentiments, que nous établissons avec Lui pour L'adorer une relation humaine. (...)
Extrait de : La Mère divine (conférence)
Source (et suite) du texte : ramakrishna.eu


La spiritualité hindoue demande une explication approfondie montrant que est son domaine et quoi elle diffère de la religion. Tout ce qui concerne les formes extérieures appartient à la religion, tandis que l'ampleur de la spiritualité est dans la vie intérieure. La religion peut être pratiquée en groupe avec des rites et des cérémonies fortement reliées à la vie sociale, elle peut avoir une doctrine et des dogmes. Mais la spiritualité est toute personnelle et individuelle, elle ne dépend ni des formes extérieurs, ni même d'une religion, elle arrive à les dépasser toutes en atteignant un état de compréhension dans lequel sont effacées les différences qui caractérisent les diverses religions. L'être humain pratiquant une religion est un homme religieux, il n'est pas forcément un être spirituel tant qu'il n'a pas découvert en lui-même une autre qualité manifestée, celle d'une vision universelle beaucoup plus vaste que le monde observé autour de nous.
De nos jours, nombreux sont ceux qui veulent connaitre les religions de l'Inde, On trouve difficile de comprendre l'Hindouisme comme une religion, parce qu'il n'a pas de dogmes, mais seulement des rites et des cérémonies. Les Hindous appellent dharma ce qui est pour eux leur religion. Sanatama dharma est la voie ancienne établie par les grands sages, les rishis. Elle est enseignée aux hommes. Elle a pour but la Libération, Moksha. Les hommes doivent l'atteindre. Différents chemins conduisent à la Libération. Parmi ces chemins se trouve aussi la religion. Toutes ces voies ne paraissent pas religieuses, mais essentiellement spirituelles. Le chemin choisi et suivi par chacun doit correspondre à sa nature individuelle.
Le Véda a déjà enseigné ce qui, en Inde, aujourd'hui encore, est la base de la spiritualité et de la religion. La Vérité est Une. Les sages lui donnent plusieurs noms. (...)
Extrait de : Introduction au Vedanta
Source (et suite) du texte : Sililia
Autres textes : ramakrishna eu




mardi 27 septembre 2011

Neelam ou Nîlam


Nîlam est née en Pologne en 1963. Sa passion pour le t'ai chi l'a conduite en Allemagne puis en Amérique. En 1994, elle est allée en Inde, auprès de Papaji, pour réaliser sa véritable identité. En 1996 Papaji confirma qu'elle pouvait proposer des satsangs. En 2003, elle est venue habiter au Colorado. Elle vit à Hotchkiss et est en train d'y créer une communauté. Elle voyage beaucoup et donne des satsangs à de petits groupes en Europe, en Inde et aux Etats-Unis.
Source du texte : Rita Marie Robinson, Femme ordinaires, Sagesse extra ordinaire.
Commande sur Amazon : Femmes Ordinaires - Sagesse Extraordinaire


Bibliographie (en français) :
Nîlam dans : Rita Marie Robinson, Femmes ordinaires, Sagesse extra ordinaire, le visage féminin de l'éveil, Ed,. Le Lotus d'Or, 2010
Site officiel : neelam



Qu'est-ce qui vous semble important de nous dire au sujet de votre expérience de ce qu'on appelle l'éveil ?
Tout d'abord, il y a ce niveau de confiance qui se manifeste. Avec le temps on commence à faire confiance à l'enseignement tel qu'il est. Ensuite, il y a eu une reconnaissance. A l'un des satsangs j'ai demandé à Papaji si je pouvais venir m'asseoir près de lui; et quand je me suis retrouvée là, j'ai réalisé que tout ce qu'il disait était vrai. En cet instant quelque chose à lâché prise. Quelque chose a cessé de chercher.
   Je me souviens être allé dîner ce soir-là avec mon mari de l'époque, et avant de partir, j’ai senti monter une peur terrible, une peur de mourir. Néanmoins, nous avons décidé de sortir et d'aller dîner. Sur le chemin du retour, trois jeunes Indiennes se sont approchées de moi et sans rien dire, chacune m'a remis une petite fleur. Cela m'a brisé le coeur, quelque chose s'est ouvert. Je suis rentrée à la maison, je me suis assise et j'ai décidé de laisser venir cette peur.
   Ce qui est arrivé s'est produit en un éclair, mais prend beaucoup de temps à décrire. Il y avait cette peur de mourir et il y avait ce désir de se précipiter chez Papaji et de rester assise à ses pieds. Je me sentais prête à m'abandonner. La pièce a disparu; en cet instant tout ce que je pouvais voir avec mes yeux a disparu. Et il y eut cet immense repos totalement impossible à décrire. Je n'ai pas de mots pour cela.
   J'ignore combien de temps cela a duré. Il n'a a pas de souvenir du temps. Je me souviens seulement de l'après expérience, la reprise de conscience de ce corps, de cet endroit où j'étais assise. Il y avait une incroyable félicité, une incroyable joie, qui est seulement un effet secondaire; cela n'a rien à voir avec la vraie réalité; il y avait aussi cette profonde reconnaissance que tout est bien comme c'est. On s'occupe de tout. tout est parfaitement bien comme c'est.
   Cette expérience a changé ma vie. Je ne peux pas dire que quoi que ce soit avait changé à la surface, mais à l'intérieur tout était différent. Il n'y avait plus ce point de référence auquel j'avais l'habitude de m'identifier, qui est ce corps. Ce point de référence était devenu conscience pure. Il n'y avais plus rien, plus personne. (...)

D'autres on décrit des expériences similaires qui ne durent pas. 
Cela n'a jamais changé. Ce qui change c'est l'expérience extérieur. L'état béatifique finit par disparaître. C'est une expérience parmi d'autres qui se produit dans la conscience. Mais la simplicité et la clarté du repos dans la conscience, cela ne change pas.

(...)
Alors il n'y a rien à 'obtenir'.
Tout ce qui est 'obtenu' finira par s'en aller. Si vous avez de la chance, vous obtiendrez ce que vous désirez, et puis un jour cela s'en ira, n'est-ce pas ? Mais il y ace désir très pur de libération qui est en fait le mouvement même de la conscience. Parce que tout ce que veut la conscience, c'est retourner à son état naturel, voyez-vous. C'est ce qui se produit. Rien d'autre ne se produit.
Extrait de : Rita Marie Robinson, Femme ordinaires, Sagesse extra ordinaire.
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lundi 26 septembre 2011

Pamela Wilson


Pamela est née à San Francisco en 1954. Elle a enseigné la méthode Sedona pendant six ans, puis elle a découvert l'advaita avec Robert Adams. Pamela eut sa reconnaissance avec Nilam en 1997, et peu après elle a commencé à proposer des satsangs. Elle vit actuellement à Santa Fe avec son chien Honey, lorsqu'elle n'est pas en voyage pour donner des satsangs en Europe, en Amérique Centrale, au Canada et aux USA.
Source du texte : Rita Marie Robinson, Femme ordinaires, Sagesse extra ordinaire.
Commande sur Amazon : Femmes Ordinaires - Sagesse Extraordinaire


Bibliographie (en français) :
Pamela Wilson dans : Rita Marie Robinson, Femmes ordinaires, Sagesse extra ordinaire, le visage féminin de l'éveil, Ed,. Le Lotus d'Or, 2010
Site officiel : pamelatsang

Satsang avec Pamela Wilson 13-15 mai 2011 :

Source des mp3 : L'Eveil


En quoi êtes-vous différente de ceux qui n'ont pas encore eu cet "éveil"?
Je n'ai aucun doute sur mon identité. Mais si vous regardez en vous, vous n'avez pas de doute non plus. La pensée doute. Votre vraie nature est ouverture, pas le mental pensant. Le mental est essentiellement une fonction de doute, de défense, n'est-ce pas ? Il a une fonction pratique : faire des distinctions, opposer, défendre, douter. Mais par delà ce rôle, c'est la même conscience.

Il semble que vous soyez moins identifiée au moi séparé. 
Non, ne dites pas ça, parce que c'est extrapoler sérieusement "je n'ai pas de doute." Tout le monde peut dire que son corps-mental s'identifie et ne s'identifie pas. La seule vraie différence entre quelqu'un qui a encore un doute et quelqu'un qui n'en a plus c'est que nous ne croyons plus que sensations, pensées et émotions se rapportent à nous, à qui nous sommes vraiment. Pensées et émotions se rapportent au corps-mental.

Comment avez-vous découvert que le doute n'était autre que le mental pensant ? 
C'est la grâce, vraiment, en assistant au satsang. Avant ça j'avais d'incroyables expériences spirituelles, mais personne pour m'éclairer, pour me dire : "Vois-tu que cette soi-disant expérience spirituelle pointait vers ceci... que tu es intelligence sans forme, que tu n'es pas limitées par le corps ?"
Il y avait une forte, une très forte intention (de s'éveiller) parce que tout le reste était beaucoup trop désagréable. Etre humai peut être insupportable parce que l'on est "l'être sans fond" revêtu d'un instrument sensible. En tant "qu'être sans fond" on peut sentir indéfiniment, on peut sentir avec une telle profondeur. Etre humain par-dessus le marché, savoir que l'on peut mourir, cela fait monter les enchères. La vie ordinaire à ce parfum de survie. J'aurai voulu que cette capacité disparaisse, être comme mon chien, vraiment ! Je voulais simplement me sentir en sécurité avec tout le monde.

Quelle image pourriez-vous donner pour décrire votre reconnaissance ? 
Cela s'est fait en douceur. Ce fut comme des cours d'eau qui se rejoignent et se mêlent. Ce fût très doux. Simplement j'assistais au satsang de Nilam. Il y avait cet amour, cette attraction de soi en soi.
   Après la reconnaissance, Nilam est allée en Europe, laissant derrière elle cet innocent néant qui venant d'éclore. C'était excellent parce que cela m'a obligée à m'intérioriser pour chercher conseil. Il y avait cette interrogation, cette curiosité, et la réponse surgissait du silence. Si bien qu'à présent j'invite les autres à demander intérieurement au lieu d'obtenir toues les réponses de l'extérieur. Cela renforce la reconnaissance que l'intelligence naturelle est toujours là, Source de toutes choses en chacun.


(...)
Alors y a-t-il quelque chose d'unique dans l'expression féminine de l'essence existentielle ? 
Dans le domaine des apparences, il peut sembler que les incarnations masculines pointent davantage vers l'Absolu. Là encore, c'est simplement le jeu des apparences. Vous allez voir les hommes et ils disent : "Absolu, Absolu, Absolu" et les femme disent : "Tendresse, bonté, infusez l'amour en tout." L'être est cette vive clarté qui exisge uniquement l'Absolu, et l'être est aussi cette douce invitation à accueillir toutes choses et à les attirer dans le coeur.
Extrait de :  Rita Marie Robinson, Femmes ordinaires, Sagesse extra ordinaire, le visage féminin de l'éveil, Ed,. Le Lotus d'Or, 2010
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jeudi 28 juillet 2011

Prajnanpad ou Yogeshvar Chatterjee



Yogeshvar Chatterjee est né le 8 février 1891 à Chinsura, à une cinquantaine de kilomètres de Calcutta, dans une famille brahmane très pauvre. Il fait des études brillantes avec un intérêt pour les sciences physiques. Il découvre les écrits de Freud  dans les années 1920 à la bibliothèque de l’Université de Bénarès où il enseigne. Il trouve un maitre Niralamba Svami en 1922. Il accepte de se marier sur l’insistance de son frère mais trois mois avant la naissance de sa fille, il démissionne de l’Université et part dans les Himalaya pour devenir moine.
 
Son frère vient le chercher et il reprend sa place à l’Université. En septembre 1930,à la mort de son maître, il s’installe à l’ashram Channa. Dans l’intervalle il a trouvé un sentiment d’accomplissement qui ne peut être troublé. Il est connu d’un petit nombre de disciples indiens. Daniel Roumanoff  le  rencontre en 1959. Svamiji  fait deux séjours en France, un en 1966 à Bourg La Reine auprès d’Arnaud et Denise Desjardins, un autre en 1973 en Normandie invité par Daniel et Colette Roumanoff. Il s’éteint le 24 septembre 1974.
Source du texte : swami Prajnanpad
Autre biographie : wikipedia / supervielle 


Bibliographie : 

- ABC d'une sagesse. Paroles choisies de Svâmi Prajnânpad, La Table Ronde.
- Ceci, ici, à présent : Seule et unique réalité, Accarias-L'Originel.
- L'éternel présent : Questions et réponses, Accarias-L’Originel.
- Le but de la vie : Un été plein de sagesse, Accarias-L'Originel.
- La connaissance de soi, Accarias-L'Originel.
- Les aphorismes, Accarias-L'Originel.
- Les formules de Swâmi Prajnânpad commentées par Arnaud Desjardins, La Table Ronde.
- Lettres à ses disciples, Tome 1 : L'art de voir, Accarias-L'Originel.
- Lettres à ses disciples, Tome 2 : Les yeux ouverts, Accarias-L'Originel.
- Lettres à ses disciples, Tome 3 : La vérité du bonheur, Accarias-L'Originel.
Biographie : 
Olivier Cambessédès, Le quotidien avec un maître Svami Prajnanpad, Accarias-L'Originel.
André Comte-Sponville, De l'autre côté du désespoir : Introduction à la pensée de Svâmi Prajnânpad, Accarias-L'Originel.
Alain Delaye, Sagesses concordantes (Volumes I et II), Accarias-L’Originel.
Eric Edelmann, Olivier Humbert et Dr Christophe Massin, Swâmi Prajnânpad et les lyings, La Table Ronde.
Frédérick Leboyer, Portrait d'un homme remarquable, Svami Prajnanpad, Critérion.
Sumangal Prakash, L'expérience de l'unité : Dialogues avec Svâmi Prajnânpad, Accarias-L'Originel.
Colette Roumanoff, Les yeux de l'orpheline, Au fil de l'inconscient avec Svâmi Prajnânpad, Critérion.
Daniel Roumanoff, Psychanalyse et sagesse orientale, Une lecture indienne de l'inconscient, Accarias-L'Originel.
Daniel Roumanoff, Svâmi Prajnânpad, Biographie, La Table Ronde.
Daniel Roumanoff, Svâmi Prajnânpad, Tome 1 : Un maître contemporain, Manque et plénitude, La Table Ronde.
Daniel Roumanoff, Svâmi Prajnânpad, Tome 2 : Le quotidien illuminé, La Table Ronde.
Daniel Roumanoff, Svâmi Prajnânpad, Tome 3 : Une synthèse Orient-Occident, La Table Ronde.
R. Srinivasan, Entretiens avec Svami Prajnanpad, Accarias-L'Originel.


- A l'heure actuelle vous êtes asservi. Il vous appartient d'être libre.
(...)
- La connaissance seule libère
(...)
- Vous devez savoir ce qu'est l'émotion et alors vous pouvez en être libre. Vous ne pouvez pas vous libérez de ce que vous ne connaissez pas.
- Être libre, c'est connaître. Quand vous connaissez une chose, vous en devenez libre. Il n'y a pas d'autres moyen.
- Quelle que soit l'activité, le point essentiel est d'être libre. Commencez par là.
(...)
- Intellectuellement, on ne peut pas comprendre la non-dualité (advaita). Il faut la vivre. Encore une fois, on ne connaît que ce que l'on est. Savez-vous qu'advaita est un mot négatif ?
Advaita = a-dvaita = non + dvaita = non-dualité. Ici vous remarquez que l'advaita annule la dvaita ou la dualité. Ainsi elle pose d'abord la dualité et l'annule ensuite.
En apparence c'est la dualité qui existe. La vie est dualité. Chaque chose a deux aspects et la réalité, telle qu'elle apparaît est dualité.
Quand cette dvaita est annulée, l'advaita apparaît.
(...)
- Vous dite : "Je vois la rose, je me sens séparé, je souffre". Non, vous ne voyez pas la rose, c'est votre rose que vous voyez. "Je" (ou l'égo) ne peut pas connaître un objet parce que "je" et l'objet sont des choses différentes. Tant que vous ne devenez pas l'objet, il ne peut y avoir de connaissance de l'objet...
Vous ne pouvez pas tolérer la séparation. L'advaita est partout. Il ne peut y avoir de séparation. La séparation ne peut jamais être tolérée. Et votre ego non plus ne peut tolérer la séparation maintenant. Vous ne pouvez tolérer la séparation, aussi vous projetez immédiatement votre rose à cet endroit, et ainsi vous ressentez de la peine et du plaisir. Vous essayer d'annihiler le sens de la séparation physique dans le temps. Mais vous êtes dans le temps et l'espace.
Aussi vous ne pouvez pas le faire. Et vous vous sentez malheureux. Cette conscience de séparation est à la racine de toutes les difficultés. L'égo est une conscience conditionnée, limitée. Et pourtant, il a le sentiment qu'il y a "un sans-second". C'est en lui. Alors que fait-il ? Il ne peut que chercher à s'établir partout. Aussitôt que vous sentez que toute forme n'est autre qu'elle-même, vous devenez sans forme. Dès que vous sentez cette séparation, vous atteignez l'au-delà de la séparation. L'égo étant limité, conditionné, essaye de sentir l'inconditionné.. Comment ? Il essaye de rendre son état inconditionné.
Aussi il essaye de se projeter partout.
(...)
- L'unité n'est pas à créer. L'unité est là. C'est votre sentiment de la dualité qui tend à la recouvrir. Vous ne créez pas l'unité. Si c'est vous qui la faites venir, alors elle partira également. Tout ce qui vient s'en va.
(...)
- A présent vous n'êtes rien, vous semblez seulement être.
Vous avez toujours changé et continuez constamment à changer. A partir du moment où vous vous considérez comme étant quelque chose, vous vous séparez de l'Un, vous le tuez. Vous le découpez et créez un "deux" à sa place.
(...)
Ce qui est c'est quand on ne voit rien d'autre, quand on n'entend rien d'autre, quand on ne pense à rien d'autre. Quand on voit autre chose, qu'on entend autre chose, qu'on pense à autre chose, c'est ce qui est limité, l'individu.
L'infini (ce qui est) seul est immortel. Ce qui est fini est périssable. La souffrance et la mort se trouvent dans ce qui est étroit et limité. Amrita (le nectar d'immortalité) est dans ce qui est, ce qui est complet. En tant qu'être humain, cet amrita est votre droit de naissance.
(...)
- Connaître, c'est ne pas être affecté.
(...)
- Être libre, 'cest voir les choses comme elles sont.
(...)
- Ce n'est pas du monde que je dois me libérer mais de mon monde à moi.
(...)
- Pour être libre du désir, il faut voir et réalisez la nature du désir.
- Vous parlez de conscient, subconscient, inconscient, tout cela est isha, le désir, et l'apaisement du ce désir, c'est moksha, la délivrance. Si vous voulez savoir ce qu'est le mental, ce n'est rien d'autre que le désir.
(...)
- La question : "Comment vivre sans plaisir ?" est absurde.
Car elle implique que le plaisir est désirable et que je me prive du plaisir. Pas du tout. La vie spirituelle est une recherche intense de plaisir. C'est même l'expérience la plus compète du plaisir, car cette expérience aboutit immanquablement à la découverte de la souffrance. Le chercheur aboutit à la conclusion vécue et non pas seulement pensée que "tout plaisir est source de souffrance" alors la recherche de plaisir tombe d'elle-même. Il n'y a pas à éviter le plaisir. Le plaisir est à la base même de la vie, de toute action.
(...)
- L'égo doit être rendu libre. Et la manière de le rendre libre, c'est de lui permettre de s'épanouir, de s'accomplir complètement et entièrement.
- L'égo peut être libre de l'égo, l'égo peut être libre de lui-même de manière à trouver son accomplissement en lui-même.
(...)
Il vous faut vous libérez de vous-même avec l'aide de vous-même. Vous êtes pour vous-même votre meilleur ami et votre pire ennemi.
(...)
- Agir à chaque stade, absorber, dévorer, rendre sien : c'est se rendre libre.
- Être libre, c'est être libre de la conscience ou de la prétention qui faire dire "Je suis quelqu'un,je suis quelque chose".
Extrait de :  Daniel Roumanoff, Swami Prajnanpad, un maitre contemporain (Chapitre III, La Non-dualité).
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Autres extraits sur le net :
non-dualité.fr / supervielle / psy-spi



Par Arnaud Desjardin (sur le rapport entre psychothérapie et spiritualité) :




Par Alexandre Jolien (Sur la phrase "L'émotion est un luxe inutile") :









mercredi 15 juin 2011

Michel Hulin






Michel Hulin , professeur émérite de philosophie indienne et comparée à l’université Paris-IV la Sorbonne est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de cette question. 



Bibliographie : 
- Le principe de l'égo dans la pensée indienne classique. La notion d'ahamkhara, Institut de Civilisation Indienne, (Fasc. 44),  Ed. de Boccard, 1978. (Thèse de doctorat). 
- Samkhya literature, Ed. A history of Indian literature, vol 6, fasc. 3, 1978.
- Hegel et l'Orient : suivie de la traduction annotée d'un essai de Hegel sur la Bhagavad-gita, 1979.
- La Face cachée du temps, L'imaginaire de l'au-delà, Ed. Fayard, 1985

- La Mystique sauvage, Ed. PUF, 1993.
- Qu'est-ce que l'ignorance métaphysique (dans la pensée hindoue) ? Ed. Vrin, 1994
- L'Inde inspiratrice - réception de l'inde en France et en Allemagne, XIX-XXe siècles, Ed. PU Strasbourd, 1997.

- Shankara et la non-dualité, Ed. Bayard, 2001.
- Etre, conscience, félicité - la pancadasi, Ed. Accarias/L'Originel, 2006.
- Comment la philosophie indienne s'est-elle développée : la querelle brahmanes-bouddhistes, Ed. du Panama, 2008

Articles voir : paris-sorbonne
Traductions :
- Tripurarahasya, La Doctrine secrète de la déesse Tripura, Ed. Fayard, 1979
- Mrgendragama, sections de la doctrine et du yoga, 1980.
- Mystique de l'ineffable dans l'hindouisme et le christianisme, Cankara et Eckhart de Bernard Barzel
- Sept récits initiatiques tirés du yoga-vasistha : l'imaginaire de l'au-delà, Ed. Berg International, 1987.
- L'inde des sages : les plus beaux textes de l’hindouisme et du bouddhisme, Ed. Oxus, 2008
- La Bhagavad-Gita : Suivi du commentaire de Sankara, 2010.
Préfaces :
- Candide au pays des gourous journal d'un exporateur de l'Inde spirituelle de Daniel Roumanoff, Ed. Dervy, 1990.
- Catégories de langue et catégories de pensée en Inde et en Occident de Francois Chenet, Ed. l'Ouverture philosophique, 2005
- Sermons du Bouddha, trad. Mohan Wijayaratna, Ed. Points Sagesse, 2006.
- Etre, Conscience, Félicité - La Pancadasi, trad. de 
Sri Vidyaranya SwamiEd. Accarias/L'Originel, 2006.
En ligne : 
La méditation, le meilleur apport de l’Inde pour la sagesse aujourd’hui : Viméo / Canal Académie (mp3) (23 octobre 2011)
Voir aussi les pages : Autre un regard sur la douleur / Chut(e) en montagne



La notion de Purnahamta dans le Sivaisme du Cachemire.
Chapitre premier : Les fondements métaphysiques.
A. La générosité de l'Absolu : Le Spanda. 
   Le Sivaisme du Kasmir - que nous désignerons ici par son nom usuel de Trika - ressemble à l'Advaita sankarien en ce qu'il est, lui aussi, un non-dualisme de la conscience pure. Il serait aisé d'y retrouver la même démarche fondamentale qui consiste à remonter des phénomènes particuliers à l'auto-luminosité comme au principe ultime de la manifestation. Ce point sera supposé acquis ici et notre enquête ne portera que sur les différences significatives qui séparent les deux écoles. Mais, plutôt que de confronter immédiatement deux dogmatismes constituées, mieux vaut essayer de déceler, au niveau même de l'expérience, l'écart subtil par lequel se signale l'originalité du projet philosophique et mystique propre au Trika. 
   L'intuition fondatrice de la doctrine pourrait être formulée en ces termes : l'instabilité de la conscience empirique, sous ses divers aspects de distraction, d'imagination déréglées, de curiosité extravertie, de crainte et d'espoir, etc. n'est pas quelque chose de purement négatif, ne fait pas que traduire l'emprise sur nous de l'avidya, mais atteste, au contraire, la présence en nous d'une inquiétude constitutive de la conscience absolue elle-même, d'une sorte d'expansivité et d'effervescence spontanée à travers laquelle, échappant à l'inertie et à la mort, elle se réaliste justement comme conscience. D'où il suit 1) que la conscience est, dans ses profondeurs, dénuement créateur, attente et appel de la manifestation cosmique; 2) que son rapport à la multiplicité, avant d'être souillure et aliénation, est jouissance, parce qu'il représente sa possibilité la plus intime; 3) que le malheur de l'existence finie tient moins à l'appropriation par la conscience de contenus étrangers fictifs (le corps et autres upadhi) qu'à un certain engourdissement de son dynamisme intrinsèque qui la fait s'obnubiler sur ces contenus, ses propres créations, et l'empêche de revenir à elle-même en les dépassant; 4) que la reconquête de soi - l'abolition de la distance entre conscience empirique individuelle et conscience absolue - passe moins par une conversion du regard vers l'intérieur (comme dans l'Advaita, le Yoga classsique,etc.) que par une sorte de sursaut héroïque de la conscience secouant sa propre léthargie. Il apparaîtra vite que les grands thèmes du Trika : la substitution du couple Siva-sakti au couple brahman-maya, de la purahamta ("l'égoité en sa plénitude") à l'atman, la procession des hypostases, la valorisation "yoguique" de l'expérience perceptive et affective, etc. ne font eux-mêmes qu'exploiter cette intuition originelle et ses conséquences directes. Nous commencerons donc par examiner quelques textes consacrés à dévoiler cet affleurement d'un dynamisme positif dans la conscience empirique elle-même. (...). 
Extrait de : Le principe de l'égo dans la pensée indienne classique, 1978. (Ouvrage épuisé).



Au terme de ces analyses nous espérons avoir suffisamment mis en valeur aussi bien l'incontestable réalité de l'expérience mystique sauvage que son unité profonde sous la variété plutôt déconcertante de ses modes de réalisation. Cette unité est à la fois phénoménologique, thématique et intentionnelle. Elle est phénoménologique en ce sens que toutes ses occurrences concrètes paraissent se conformer à un même scénario de base : rupture soudaine du cours ordinaire des pensées, perte de tout contact "efficace" avec l'environnement immédiat, angoisse, sentiment d'avoir été catapulté dans un temps, un espace, un univers qualitativement différents, émerveillement, puis retour impromptu vers ce monde et difficile réadaptation aux conditions qui y règnent. Elle est thématique dans la mesure où s'y donnent sans cesse rendez-vous trois motifs, trois idées-forces interdépendantes : 1 / la révélation écrasante d'une Réalité face à laquelle le monde sensible et l'existence sociale ne sont que théâtre d'ombres, 2 / l'intégration des hasards et contingences de nos vies dispersées dans une Nécessité qui est en même temps ordre et perfection, 3 / la conscience qu'un seul et même élan vital, une seule et même émotion éternelle nous anime tous pareillement, depuis toujours et à jamais. Elle est intentionnelle, enfin, par le fait que, partout et toujours, la clôture sur soi de l'existence individuelle, telle qu'elle s'exprime à travers la scission originaire du vécu en "bon" et "mauvais", a été soit pressentie, soit ressentie, soit reconnue et dénoncée comme l'erreur ou le péché par excellence, cela même qui doit être surmonté pour que la plénitude qui gît en nous apparaissent enfin au grand jour. (...)
Extrait de : La mystique sauvage (Conclusion), 1993
Commande sur Amazon : La mystique sauvage





Les Nouveaux chemins de la connaissance par Raphael Enthoven
Les voies de l'Inde (2/5): l'hindouisme (1 juillet 2008)



UBF, Sagesse bouddhiste, La querelle brahmanes-bouddhistes à propos du Soi (26 juillet 2009), avec Michel Hulin à l'occasion de la publication de son ouvrage : Comment la philosophie indienne s'est-elle développée ? : La querelle brahmanes-bouddhistes.
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KTO, L’hindouisme et le salut (25 mai 2010), avec la participation de Michel Hulin



Les mardis des Bernardins (29 mars 2011), l'homme et la femme dans les religions, de la sexualité, avec la participation de Michel Hulin
 

jeudi 28 avril 2011

Shirdi Sai Baba ou Sai Baba de Shirdi



Shirdi Saï Baba est un sage indien né à Shirdi (Maharashtra) en 1838 et mort le 15 octobre 1918.
Il apparut comme fakir et fut ensuite reconnu comme un saint. Il s'installa dans une mosquée où il recevait des offrandes qu'il partageait avec les animaux. Il ne demandait jamais rien. La population eut tôt fait de voir en lui un baba (père) particulier, car il réalisa nombre de miracles, de son vivant et après sa mort.
Comme Kabir, il refusa de voir les castes et les sectes, et considéra les hommes tels qu'ils se présentaient devant lui. Il mena une vie ascétique et simple, sans jamais quitter son village. Il était un refuge pour les déshérités. Son énergie radieuse apportait tout le réconfort nécessaire. Son mysticisme trouvait racine dans un humanisme modèle. Hindous et musulmans le prenaient pour un des leurs. Des parsis, des chrétiens et des bouddhistes vécurent le même phénomène. Il fut enterré à sa demande dans un temple hindou qui lui est désormais consacré à Shirdi. Il est de nos jours encore très vénéré par des millions de fidèles en Inde, et dans chaque maison, on trouve son image.
Source du texte : wikipedia

Ne pas confondre avec le très controversé Sathya Sai Baba (accusé notamment de charlatanerie et d'abus sexuels) qui se prétendait être la réincarnation de Shirdi Sai Baba. Sa mort récente (dimanche 24 avril), à l'âge de 85 ans, semble avoir surpris ses fidèles qui l'attendaient un peu plus tard. (En effet le guru avait prophétisé sa disparition dans l'année de ses 96 ans).


Bibliographie :
Eric Sablé, Vie et paroles de Sai Baba de Shirdi : un saint indien. Ed- Dervy livres, 2006.
En ligne :
La vie et les enseignements remarquables de Sri Sai Baba  (PDF), adaptation du livre en langue Marathe, Shri Sai Satcharita.



Il ne manquait d'égard envers personne, et respectait tout le monde, car il voyait Narayana (Dieu) dans tous les êtres. Il ne disait jamais "Je suis Dieu" mais bien qu'il était son humble serviteur; il se souvenait toujours de Lui et répétait constamment "Allah Mallik" (Dieu est le seul Maître). 

(...)
"Rama (le Dieu des Hindous) et Rahim (le Dieu des Musulmans) ne font qu'un et sont identiques, il n'y a pas la moindre différence entre eux, alors pourquoi leurs fidèles devraient-ils insister sur les différences et se disputer ? Quels enfants ignorants vous êtes ! Donnez-vous la main et réunissez les deux communautés; agissez raisonnablement et ainsi vous réaliserez l'unité nationale. Il n'est pas bon de se chamailler et d'argumenter. Alors, ne cherchez plus querelle, n'imitez pas ceux qui le font. Pensez toujours à votre intérêt et à votre bien être. Le Seigneur vous protégera. Les moyens pour réaliser Dieu sont le yoga, le sacrifice, l'ascèse et la connaissance. Si aucun de ces moyens ne vous conduit au but, votre vie est inutile. Si quelqu'un vous fait du mal, ne ripostez pas. Si vous pouvez faire quelque chose pour les autres, que ce soit du bien. "Voilà en bref les conseils que Sai Baba donnait à tout le monde, et ils étaient bien utiles à la fois sur le plan matériel et sur le plan spirituel.
(...)

"Allez partout où il vous plaira, faites ce que vous aimez faire, mais souvenez-vous bien de ceci : Je sais tout ce que vous faites. Je suis le Guide intérieur de tous les êtres et Je demeure dans vos coeur. J'enveloppe toutes les créatures, le monde mobile et immobile. Je suis le Contrôleur, celui qui tire les ficelles du spectacles de cet univers. Je suis la Mère, l'origine de tous les êtres, l'Harmonie des trois gunas (tendances ou qualités qui gouvernent le monde), le Propulseur des sens, le Créateur, le Conservateur et le Destructeur. Rien ne fera de mal à celui qui porte son attention sur Moi, mais maya (l'illusion) fouettera celui qui M'oublie. Les insectes, les fourmis, le monde visible, mobile et immobile, tout cela est Mon corps, Ma forme."

(...)
"Celui qui M'aime par-dessus tout, Me voit toujours. Pour lui, le monde entier sans Moi n'est que désolation. Il ne parle que de Moi, il médite sans cesse sur Moi et chante toujours Mon nom. Je me sens redevable envers celui qui s'abandonne totalement à Moi et se souvient toujours de Moi. Je rembourserai sa dette en lui donnant la réalisation du Soi. Je suis dépendant de celui qui pense à Moi, qui a soif de Moi et qui ne mange rien sans Me l'offrir d'abord. Celui qui vient ainsi à Moi devient un avec Moi, tout comme le fleuve qui parvient à la mer et s'immerge en elle, devient un avec elle. Ainsi, éliminant jusqu'à la plus infime trace d'orgueil et d'égoïsme, vous devriez vous abandonner à Moi qui suis installé dans votre coeur."

(...)
"Vous n'avez pas besoin d'aller loin pour chercher le Je (ou le Soi). Hormis votre nom et votre forme, il y a en vous, comme dans tous les êtres, une conscience de l'Etre ou Conscience de l'Existence. Il s'agit de Moi-même. Sachant cela, voyez-Moi en vous aussi bien que dans tous les êtres. Si vous suivez cette pratique, vous réaliserez l'omniprésence et atteindrez l'union avec Moi."
Extrait de : La vie et les enseignements remarquable de Shri Sai Baba







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