Affichage des articles dont le libellé est shivaisme du cachemire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est shivaisme du cachemire. Afficher tous les articles

mercredi 7 octobre 2015

Embrasser la dualité dans la non-dualité

MAJ de la page : David Dubois

Avec plusieurs livres :
Aux Editions Lulu :
- Le miroir de la liberté, de Balajinnath Pandit, Ed. Lulu, 2015
- La Voie de la conscience non duelle, Ed, Lulu, 2015
- L'Essence de la vérité ultime - Paramarthasara, Ed. Lulu, 2015
- Les Arcanes de la plénitude - Siddhamaharahasya, Ed. Lulu, 2015
- Poème pour reconnaître le Maître en soi, par Utpaladeva, Ed. Lulu, 2015
- Le Secret de la Kundalini, Ed. Lulu, 2015
- Pour la pureté de l'âme Cittavishiddhiprakarana, Ed. Lulu, 2015
- Poème pour l'éveil Bodhapanchadashika, Ed. Lulu, 2014
- L'Hymne à la forme du Sans-forme, Ed. Lulu, 2014

Aux Editions Almora :
- Le Tantra de la reconnaissance de soi, le Vijnana Bhaurava et autres manuels de méditation, Ed. Almora, 2015
- L'Essence du yoga Vasishta, Ed. Almora, 2015
- Introduction au tantra : Pratique de l'éveil au coeur du quotidien, Ed. Almora, 2014

Ce livre expose le secret du tantrisme shivaïte non-duel du Cachemire. Comment aller de la dualité vers la non-dualité ? Faut-il pour cela supprimer toute dualité, fuir le monde, faire le vide, renoncer à ses désirs ? C'est la voie de l'advaita vedânta qui sacrifie la dualité pour atteindre la non-dualité. Mais David Dubois nous montre que le non-dualisme du Cachemire embrasse la dualité dans la non-dualité et ne sacrifie jamais le multiple au nom de l'Un. Scrutateurs des détails du quotidien avec ses petits miracles et ses grandes misères, les maîtres du shivaïsme ont suggéré que la liberté se logeait au coeur même de l'émotion, dans la terreur, dans le choc de l'effroi, mais aussi dans le désir, la jalousie et même l'égoïsme. Ils développent une alchimie concrète qui plonge dans la tourmente pour la dépasser. L'auteur présente l'essentiel des conseils pratiques et des expériences des grands maîtres indiens. Ni réincarnation, ni karma, ni lendemains qui chantent - juste un regard lucide sur ce qui arrive pour le meilleur et pour le pire. Yoga de l'instant, de la surprise, du désarroi, du contre-pied et de l'excès aussi bien que de la sieste, ce témoignage forme comme un écho étonnant à nos interrogations.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : Introduction au tantra : Pratique de l'éveil au coeur du quotidien

Et la poursuite d'un cycle de conférence organisé par le Collège international de philosophie (CIPh).
Prochaines conférences en 2015 (sur le Poème pour l'éveil d'Abhinavagupta) :
Lundi 12 octobre, 15 octobre, de 18h30 à 20h30
CEPC 37 bis rue du Sentier 75002 Paris
Site officiel : La vache cosmique



David Dubois, Des pensées sans penseurs ? (CIPh, 7 octobre 2013)



David Dubois, Des pensées sans penseur ? (CIPh, 10 octobre 2013)
 
    

vendredi 17 octobre 2014

Colette Poggi

Colette Poggi mène des recherches sur le Shivaïsme du Cachemire et les philosophies de l’Inde depuis le début de ses études universitaires à Aix-en-Provence en 1977; elle aborde alors deux cursus : Littérature et Civilisation germanique d’une part, Etudes indiennes et Sanscrit d’autre part. Dans le cadre de son Doctorat, en 1986 , elle met en évidence les correspondances entre le plus grand philosophe du Cachemire médiéval, Abhinavagupta, et l’un des plus éminents mystiques et théologiens d’Occident, Maître Eckhart. Afin d’approfondir sa connaissance et de rencontrer d’autres chercheurs, Colette Poggi poursuit alors des recherches à Paris dans le cadre d’une équipe CNRS, à Oxford, et à la Sorbonne en Philosophie comparée avec Michel Hulin. Elle présente en 1994 pour un doctorat de Philosophie en Sorbonne la traduction intégrale de l’ÎshvaraPratyabhijñâVimarshinî, texte fondamental d’Abhinavagupta qui porte sur l’expérience de la Reconnanissance intérieure comme voie immédiate de Délivrance. Actuellement, Colette Poggi enseigne le sanscrit et la pensée indienne dans divers centres universitaires, tout en poursuivant ses recherches et ses traductions sur le Shivaïsme du Cachemire.
Source du texte : Collège Yoga


Bibliographie :
- Isvarapratyabhijnavimarsini, Paris IV, 1993.
- Les oeuvres de vie selon Maitre Eckhart et Abhinavagupta, Ed. Les Deux Océans, 2000
- Yoga, sources et variations, avec Eva Ruchpaul, Ed. Ellebore, 2005
- Le Sanskrit, souffle et lumière : Voyage au coeur de la langue sacrée de l'Inde, Ed. Almora, 2012
 - La Voie de la Reconnaissance intérieure dans le Shivaïsme du Cachemire, Ed. du Cerf, coll patrimoine,
Participation à des ouvrages collectifs :
- Le dictionnaire mondial des littératures, E, Larousse, 2002.
- Le dialogue des écritures, Ed. Lessius, 2007.
- Rites, fêtes et célébrations, Ed. Bayard, 2012.
- Le Dictionnaire des Femmes mystiques, Ed. Laffont,2013.
- Le Dictionnaire des Sanctuaires, Laffont, à paraître.
En ligne :
Conférence, 2008 : Almora (PDF)
L'inde vu par... : Balises (radio, 2011)
"Des Vivants et des Dieux" animée par Michel Cazenave qui reçoit Colette Poggi et Thierry Gosset autour du thème Les femmes mystiques : Etoile du coeur (vidéo, 2013)


Quelle direction commune trouve-t-on au sein de ces multiples aspirations ?
Cette recherche intérieure peut s’exprimer, selon son cadre religieux ou culturel, sous l’aspect de quête de Dieu, ou de Principe universel, ou encore de climat de l’Originel, ce quelque chose d’où tout émane et en quoi tout se résorbe.
…S’interroger, chercher au-delà du sens conventionnel, aspirer à coïncider avec l’Essence des choses…est une démarche intrinsèquement liée à la nature humaine,  à la structure même de notre conscience : cette Conscience par laquelle les choses semblent connues, mais qui ne se connaît pas elle-même car elle est infinie.

Pourriez-vous en dire plus sur cette étymologie commune à Dieu et à la Lumière ?
Les termes Dieu, divin, diurne, dies en latin dérivent de la racine sanskrite DIV qui signifie resplendir, rayonner.
Ainsi, nommer Dieu, le divin (deva en sanskrit) équivaut à évoquer la luminosité de l’Energie divine, un point source inconnaissable (Brahman), tel le soleil d’où émane une infinité de manifestations divines, les rayons solaires.

Aujourd’hui la science aurait tendance à confirmer ces intuitions mystiques. Quels sont les liens qui se révèlent à nous ?
"La Nuit des Origines", qui s’est déroulée à l’UNESCO en septembre 2013, réunissait des scientifiques de l’infiniment grand (le cosmos), de l’infiniment petit (les atomes) et de cet autre infini mystérieux (la conscience).
Lorsque sont apparus sur les écrans, les plus récents clichés de l’univers, d’un côté et les images évoquant l’espace cérébral tissé de neurones et de synapses de l’autre, toute l’assemblée a été frappée de stupeur.
Les deux clichés juxtaposés laissaient voir les analogies existant entre ces deux univers au sein desquels tous les éléments coexistent et échangent des informations dans une interaction permanente.
 On trouve dans les Tantra shivaïstes une intuition analogue évoquant la matrice vibratoire de l’univers. La réaction de ces scientifiques fut une exclamation commune : « Quelle œuvre d’art ! ». Derrière cela on pouvait entendre : « D’où cela vient-il ? Qui est l’artiste ? ». Ce questionnement originel du Qui ? ou du Quoi ? affleure chez quelques chercheurs.
Aujourd’hui, certains émettent l’hypothèse de l’univers comme déploiement d’une Conscience-Energie primordiale, dont on ne peut affirmer aucune chose, mais seulement percevoir ses expressions dans les phénomènes cosmiques.

Comment comprendre cette interrelation entre l’infiniment grand et l’infiniment petit ?
La nature nous donne maints exemples de l’infiniment petit contenant en germe l’infiniment grand. L’ADN, comme une semence infime, invisible à l’œil nu, peut contenir une infinie potentialité de différenciation et de croissance, tout comme la petite graine d’un grand arbre. Les Upanishads évoquent les correspondances entre macrocosme et microcosme, entre l’individu et l’univers, inscrites dans la réalité du Brahman.

Dans quel contexte cette connexion à l’Originel peut-elle survenir ?
Si l’on est prêt, cela peut surgir spontanément. Mais plus communément, cette connexion à l’Originel survient lors d’une pratique spirituelle ou dans la proximité d’un maître réalisé. Cependant, il y a bien d’autres voies qui peuvent conduire à des expériences de l’Absolu, comme par exemple l’Art.

Quels fondements communs, quelle unité de l’expérience trouve-t-on chez les mystiques des différentes époques et des différentes traditions ?
… Un autre fondement commun de l’expérience mystique pourrait être le silence. Imaginons un instant des mystiques de différentes traditions et époques - Angelus Silésius, Ibn Arabi, Maître Eckhart, Saint François, … - se retrouvant dans une même salle. Ne pouvant se parler, que pourraient-ils goûter ensemble ?
Le silence, pris non pas comme une dimension autre, mais comme la dimension centrale et l’intériorité profonde de chaque individu. Au cœur de cette expérience du silence, chacun débarrassé des parasites extérieurs, pourrait vivre en quelque sorte une Pentecôte lui permettant de comprendre et de parler les langues de tous les autres.

Quels sont les obstacles à cette expérience d’unité ?
Nombre de mystiques, que ce soit dans l’hindouisme, le christianisme, l’islam…témoignent de ce que l’on pourrait appeler la nostalgie de l’expérience unitive.
Ils évoquent une souffrance induite par ce sentiment de séparation – certes illusoire puisque nous ne sommes jamais séparés. Mais derrière la souffrance se pose la question : pourquoi l’absence, pourquoi la distance ?

Comment faire fructifier l’expérience mystique dans notre vie quotidienne ?
Nous pourrions nous demander si finalement la spiritualité, ou la vie mystique, n’est pas simplement un degré plus élevé de l’acte de vivre. (...)
L’une des dernières paroles de Bouddha fut une exhortation à plus d’intensité, mais sans tension : « Soyez ardents », dit-il à ses disciples.
Qui que nous soyons – jardinier, moine ou violoncelliste -, seule cette ardeur, cette conscience vraie et agissante, peut nous permettre d’accéder à l’homme nouveau et de vivre la vie quotidienne en sa plénitude, entre action et contemplation. Fondamentalement nous ne sommes pas différents de ces grands vivants que sont les mystiques, mais la mise en pratique dans les tumultes du quotidien est difficile.
Extrait d'un interview paru dans la Revue Source 2014
Source du texte : Yoga Franche Comté




L'art au service de l'émergence de l'être (2013)

mercredi 6 novembre 2013

Des pensées sans penseur ?

MAJ de la page : David Dubois

Avec l'enregistrement des séances du 7 et 10 octobre 2013 sur les Stances pour la Reconnaissance (I,5) au CIPh (Collège International de la Philosophie).

Qui suis-je ?
- La conscience, absolument souveraine, répond la philosophie de la Reconnaissance (Pratyabhijnâ, Cachemire, An Mille).

Précédemment, nous avons vu que la Reconnaissance avait établi, contre les Bouddhistes, que la mémoire est inexplicable sans un sujet permanent. Les souvenirs n'existent donc que "dans" la conscience, en dépendance d'elle. C'est elle qui, librement, se souvient, parce qu'elle est permanente sans être statique.
Mais la perception, source de toute connaissance, ne prouve-t-elle pas qu'il existe bien une réalité à l'extérieur de la conscience, et que donc la conscience n'est pas souveraine ?

Source : La Vache cosmique / CIPH
Commande sur Amazon : Les Stances sur la Reconnaissance du Seigneur avec leur glose





Source : La Vache cosmique
Autres conférences : Le Shivaisme du Cachemire

vendredi 15 février 2013

Eric Baret à Genève

MAJ de la page : Eric Baret

Avec quelques vidéos.
Rappel : Eric Baret donnera une conférence ce soir à Genève et un séminaire à Crêt-Bérard, du 16 au 19 février 2013.
Infos : Bhairava













lundi 2 juillet 2012

Daniel Odier ou Chan Ming Qing



Daniel Robert Odier (nom de plume: Delacorta), né le 17 mai 1945 à Genève en Suisse, est un écrivain suisse et promoteur du shivaïsme cachemirien.
Source (et suite) du texte : wikipedia

Daniel Odier est devenu le disciple de Kalou Rinpoché en 1968. Il a suivi ses enseignements et a reçu la transmission de Mahamûdra. Très tôt fasciné par le Chan (le zen chinois des origines) il a étudié la proximité du Chan et du Tantra, inspiré par les travaux de l'ermite chinois Chien Ming Chen rencontré à Kalimpong en 1968.
Quelques années plus tard, Daniel suit dans un ermitage Himalayen l'enseignement de son maître cachemirien, la yoginî Lalita Devî de laquelle il recevra également la transmission du Mahamûdra et celle des enseignements mystiques les plus profonds des écoles Pratyabhijnâ et Spanda de la tradition Kaula.
Daniel a enseigné le tantrisme et le bouddhisme dans plusieurs universités américaines avant de fonder le centre Tantra/Chan, à Paris, en 1995. En 2000, il dissout ce centre afin d'encourager la pratique indépendante et donne aujourd'hui des séminaires dans le monde entier.
Ses livres sur le tantrisme, traduits en dix langues, traitent des aspects les plus profonds de la voie du tantrisme shivaïte et du Chan.
En 2002, Daniel a reçu en Catalogne, de Kosen Sensei l'Ordination de la tradition Zen Sôto.
En 2004, en Chine, il reçoit la transmission de la lignée de Zhao Zhou (778-897) du Grand Maître Chan (Zen)  Jing Hui, héritier du dharma de Xu Yun (1839-1959) considéré comme le plus grand maître chinois du XXème siècle et détenteur des cinq lignées du Chan. Reconnu comme Sifu (maître Chan)  Daniel réunit ainsi dans son enseignement les deux voies qui le touchent le plus profondément.  Il propose un bouddhisme laïc en prise directe avec la réalité quotidienne touchant l'essence du Chan hors des formes classiques de la prise de refuge, des voeux et des autres engagements formels. La pratique est centrée sur la méditation dans le style de Zhao Zhou, périodes de méditation alternées avec une marche vive et libre, dans la seule présence.
Daniel est également l'auteur de nombreux romans, le dernier : "Les 7 secondes de l’arc-en-ciel" paru chez Albin Michel en 2006.
Il a traduit l'oeuvre de Lalla, une poétesse et maître cachemirienne du XIVème siècle (Seuil) ainsi qu'une anthologie de textes de Maîtres Chan et Zen de Thomas Cleary publiée sous le titre. « Les secrets de la méditation  (Pocket).
Source du texte : Daniel Odier


Bibliographie  :
- Tantra, l'initiation d'un occidental à l'amour absolu, Ed. Lattès, 1996, Pocket, 1998.
- Tantra Yoga, Le tantra de la "connaissance suprême", Ed. Albin Michel, Poche, 2004
- Désirs, passions et spiritualité, Ed. Lattès, 1999.
- Ferveur hindoue, Ed. Payot, 1998
- Tantra, spontanéité de l'extase, Ed. Acte Sud, 2000
- Le Grand sommeil des éveillés, Ed. du Relié, 2000
Traduction :
Lalla, Chants mystiques du tantrisme cachemirien, Ed. du Seuil, 2000
L'incendie du coeur, Le chant tantrique du frémissement (Spandakarika), Ed. du Relié, 2000
Vijnanabhairava tantra, Ed. Albin Michel, 1998
Roman :
- Les 7 secondes de l'arc-en-ciel, Ed. Albin Michel, 2006
Adaptation cinématographique :
Alain Tanner, Les années lumières, 1981, d'après le roman La voie sauvage
Jean-Jacques Beinex, Diva, 1981
Bibliographie complète : wikipedia


Site officiel : Daniel Odier / Zhaozhou-chan
En ligne :
- Interview "Espace et vibration"
- Une sexualité au parfum d'infini
- Interview "La passion d'être"
- Interview "Émerveillement ordinaire": Clés


L'enfermement du Samadhi.
Quand j’entrais en Samâdhi en présence de Kalou Rimpoché ou de Devî, c’était comme si leur présence me tirait vers l’état manifesté par leur coeur-espace. Puis je fus capable de me mettre moi-même dans cet état. Je commençais à jouer avec ça, me mettant en samâdhi à tout bout de champ. Devî me dit de ne pas faire ça, que ce n’était pas un jeu, que ma pratique devenait vulgaire, qu’il fallait attendre que cela se fasse tout seul.
Le samâdhi est une grâce, ce n’est pas un objet de consommation. C’est très difficile car, dès que notre corps a enregistré comment cela fonctionne, l’immobilité, la quasi-absence de respiration, comme si la peau respirait, nous essayons de reproduire le samâdhi. Alors cela devient artificiel et, très vite, c’est l’enfermement. Chaque fois que Devî me voyait fabriquer du samâdhi, elle faisait exprès de m’interrompre jusqu’à ce qu’enfin je fasse l’expérience de ne plus le rechercher et d’avoir la surprise de la grâce.
Source du texte : Eveil impersonnel

Devi : Tout le monde veut lâcher prise mais comment lâcher prise si l'on ne tient pas les choses, si l'on ne touche pas les choses en pleine conscience, dans l'ouverture totale du Coeur ? Dans le tantrisme, la première chose est de faire l'expérience du toucher, du contact profond et sans perturbation mentale avec les choses, avec l'univers. Tout commence par là. Toucher profondément l'univers. Si tu lâches prise avant de toucher profondément, cela peut provoquer une grave perturbation mentale. Beaucoup de yogin débutants font cette erreur. Ils lâchent avant de prendre. Ils perdent contact avec la réalité. Le Coeur ne s'ouvre jamais. Ils entrent dans un vide stérile et y demeurent emprisonnés. Lorsque tu touches en profondeur, tu n'as plus besoin de lâcher prise, cela s'opère naturellement. Le monde est à traverser en pleine Conscience, il n'y a aucune détour, aucune autre voie, aucun raccourci. Lorsque tu tiens quelque chose de toute ta Conscience, comme un nouveau-né qui te saisit un doigt, il suffit d'ouvrir la main. Pourquoi un nouveau-né a-t-il une si grande force ? Parce qu'il est tout entier dans le mouvement qui le porte à saisir ton doigt. Il est si fort en cet instant que tu est subjugué par sa puissance. Le tantra, c'est accepter de vivre cette puissance. La femme la possède naturellement. Il lui est facile d'en faire l'expérience. L'homme est seulement dans un rêve de puissance. C'est pour cela que la manifestation de sa force n'est pas spontanée et qu'elle prend souvent une forme violente. La violence est de l'impuissance pure. Avoir conscience de sa puissance, c'est pour un homme, passer par la reconnaissance de sa féminité. De la même façon, une femme qui refoule sa puissance naturelle ne trouve pas en elle l'équilibre et l'acceptation de sa faculté d'émerveillement. C'est ainsi que nous définissons l'homme viril dans le tantrisme: "celui qui a conservé la faculté de s'émerveiller."
(...)
L'extase, l'expérience continue du divin dans la connaissance de notre propre nature, c'est notre état naturel. L'enfant connaît cet état, il en jouit dès l'instant de sa conception. Ce n'est que sous la pression extérieure, l'éducation, l'amour souffrant des siens, qu'il perd peu à peu ses facultés, sa force, sa capacité de s'émerveiller, sa confiance absolue en lui même, son ouverture au monde, la libre éclosion de son coeur qu'il apprend à resserrer puis à fermer. Revenir à cet état enfantin est la porte qui rouvre le coeur.
(...) Extrait de : Tantra
Source du texte : Claire Lumière
Commande sur Amazon : Tantra













jeudi 27 octobre 2011

Un autre regard sur la douleur

... dans le Sivaisme du Cachemire.

Un passage extrait du chapitre 2 de la troisième partie de la thèse de doctorat de Michel Hulin (Le principe de l'égo dans la pensée indienne classique, La notion d'ahamkara, Institut de Civilisation Indienne. fasc. 44, Ed. De Boccard, 1978), partie consacré au Sivaisme du Cachemire (La notion de purnahamta dans le Sivaisme du Cachemire). L'ouvrage est malheureusement épuisé.




Chapitre II. Expérience affective et expérience mystique.

B. Jouissance, douleur, émerveillement. 
(...)
   Il nous reste à examiner un dernier cas, le plus paradoxal de tous, celui de la douleur. La douleur n'est, si l'on veut, que l'imperfection du plaisir et, en ce sens, elle imprègne toute l'expérience, ne cessant complètement qu'au seuil de la joie mystique la plus haute. Mais, au sens restreint, elle désigne certains types d'expérience affective où la conscience parait tout à fait incapable de se ressouder à elle-même et subit passivement son déchirement. Passivité apparente, cependant, puisque chacun reconnaît que la douleur comporte des degrés. Or l'intensité d'un affect, quel qu'il soit, signale l'activité même de la conscience. Dans la douleur intense, donc, la conscience doit être considérée comme se révoltant contre ce qu'elle subit, et cette révolte peut constituer le point de départ d'une pratique mystique de désindividualisation.

"Et cet émerveillement est présent dans la douleur elle-même. Une certaine joie intérieure, faite d'énergie, que nous donnait (jadis) une épouse ou un fils, vient refleurir dans l'ébranlement suscité par une imagination, la vue de (personnes) semblables à eux, un gémissement entendu, etc. Nous pensons : 'Ils ne reviendront plus', et telle est la réalité de la douleur, celle d'un certain émerveillement où l'on est sous l'empire de la désespérance. On a dit : 'Dans la douleur même', parce qu'il y a épanouissement (de la conscience)...".
La douleur - moins la tristesse banale que le chagrin cruel - est émerveillement en ce sens qu'elle tient tout entière dans un élan fou de la conscience qui méprise et défie le "verdict de la réalité". C'est parce qu'il se dit "jamais plus..." - et non bien qu'il se le dise - que l'homme frappé par la mort des siens sent s'épanouir sa conscience. Les cris entendus, etc. ne sont pour lui que l'occasion de ressusciter mentalement ceux qu'il a perdus, de leur procurer une présence hallucinatoire. Son expérience ne deviendra souvenir, évocation mélancolique, qu'avec son fléchissement  quand elle recommencera à accepter le verdict de la réalité. Mais son tout premier élan aura été comme une flambée de protestation véhémente, consumant le soi-disant irréparable. Ce sont les petites joies et les petites douleurs qui paraissent s'opposer, parce qu'elles voisinent, alternent et font contraste. Mais, comme deux mobiles s'éloignant l'un de l'autre sur une circonférence finissent par se rejoindre au point diamétralement opposé à celui de leur séparation initiale, l'extrême joie et l'extrême douleur se rejoignent et se confondent dans la vibration originelle qui fait que le monde est monde. L'attitude tantrique face à la douleur ne consistera donc pas à s'opposer à elle par des moyens empiriques ou à la réduire par l'exercice du jugement, encore moins à la fuir en quête d'un apaisement ou d'une consolation, mais à l'épouser dans on premier surgissement, à communier avec son élan sauvage, comme on se laisse soulever par une vague.

"Après avoir perforé une partie quelconque de (son) corps avec un instrument pointu ou autre, si l'on tien alors son esprit appliqué à cet endroit précis, la progression éclatante vers Bhairava (se produira)."
Cette strophe - à coup sur l'une des plus énigmatique du Vijnabhairava Tantra - demeurera pour nous incompréhensible aussi longtemps qu'avec une assurance somnambulique nous passerons à côté de la douleur "physique" en nous imaginant savoir ce qu'elle est. D'ordinaire, nous nous contentons de la définir pas ses causes supposées, ou ses effets, ou simplement de renvoyer à l'expérience vécue. Mais l'expérience vécue est ici aveugle qui nous la présente simplement comme la chose à fuir, celle dont on ne veut à aucun prix. Il nous faut donc apprendre à écarquiller les yeux sur les ténèbres opaques de la sensation douloureuse.

   Il s'agit ici d'une expérience délibérément provoqué et qui présente l'avantage de pouvoir être reproduite à volonté, en raison de son caractère anodin. Ce qu'elle nous révèle, c'est que la douleur est avant tout sa propre anticipation : nous souffrons parce que nous nous attendons à souffrir, incapables d'imaginer qu'il ne tient qu'à nous d'échapper à cette souffrance. Je me pique et j'ai mal. J'en déduis que la piqûre "cause" la douleur, au sens où un phénomène physique quelconque en détermine un autre. Ce faisant, je ne soupçonne même pas ma propre collaboration à la fabrication de cette douleur. Si, au contraire, j'abandonne cette espèce de résignation de principe et me tourne vers la douleur dans l'intention délibérée d'apprendre enfin ce qu'elle est, je ne suis pas peu surpris de la voir se dissoudre sous mon regard. Précisons bien qu'il ne s'agit pas d'en détourner notre attention, à la manière d'un homme qui, occupé à penser intensément à autre chose, peut ne pas remarquer telle ou telle petite "douleur" survenant alors dans son corps. C'est, tout au contraire, l'extrême attention concentrée sur une douleur déterminée, dans son siège précis, qui la fait disparaître en tant que telle. Non qu'elle s'évanouisse comme un fantôme, mais ce qui subsiste, l'élément positif en elle, se dévoile alors comme une surrection de la conscience, un pur tressaillement qui est joie dans son fond.

   Nous commençons alors à entrevoir que la douleur physique ordinaire se ramène à une certaine sclérose de la conscience qui, pour s'être retranchée dans le corps comme dans une forteresse, se sent atteinte dans ses oeuvres vives partout où l'unité fonctionnelle de celui-ci est compromise. Au lieu de percevoir ce qui advient au corps comme un simple moment de sa propre activité universelle, en tant qu'elle est Siva, elle fait du corps un "empire dans un empire" et se raidit contre tout ce qui menace son autarcie. Et cette contraction mentale permanente, cette peur universelle de souffrir, est la souffrance même. L'attention à la douleur physique jette ainsi quelque lumière sur ce phénomène fondamental que le Trika appelle samkoca, contraction ou recroquevillement de la conscience absolue. Si la conscience est amenée à se contracter douloureusement à chaque instant de son existence empirique, c'est parce qu'elle s'est déjà pré-empiriquement contractée - ou, comme on dit, coagulée ou solidifiée - sous la forme du corps. A vrai dire, elle n'est pas enfermée en lui comme un animal en cage, mais le corps est comme la matérialisation de sa propre démission. Elle est en prisonnière, mais seulement au sens où l'on dit qu'un homme est prisonnier de ses habitudes, etc.

   Il est par ailleurs incontestable que l'attention portée à la douleur ne la dissipe que pour un bref instant. Pour peu que la source d'excitation demeure, la douleur, aussitôt, reprend massivement ses droits et, dans son déferlement, submerge la première expérience, (et telle est sans doute la raison pour laquelle l’Exercice" proposé ici utilise la piqûre, douleur ponctuelle dans l'espace et le temps). Mais ce fait n'infirme en rien l'expérience de dissolution de la douleur. Il témoigne seulement de l'extrême difficulté d'une entreprise "contre-nature", s'il en est. Il n'est peut-être pas interdit de penser qu'un entrainement méthodique et continu permettrait de prolonger ces instants où la douleur se résout en joie, de les étendre à des douleurs plus vives, plus complexes, moins bien localisées, etc. Mais l'entreprise prendrait aisément une allure fakirique et contribuerait à détourner l'adepte de son véritable but. Car il s'agit moins de lutter pied à pied avec la douleur "sur le terrain" que de dénouer la Grande Crispation, la Grande angoisse qui nous voue à rencontrer sans cesse la douleur, sous des formes infiniment variées. Et, pour cela, la seule chose qui importe est d'avoir réalisé, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, que la douleur est faite de la même étoffe que la joie et ne nous écrase que du poids de notre propre résignation. (...)

mardi 25 octobre 2011

Isabelle Ratié


Isabelle Ratié, docteur en philosophie (2009, EPHE, Sorbonne, Paris), est chercheuse à l’Institut für Indologie und Zentralasienwissenschaften (université de Leipzig). Elle a publié plusieurs articles sur la Pratyabhijñā et prépare actuellement l’édition critique et la traduction du chapitre II, 4 de l’Īśvarapratyabhijñāvimarśinī d’Abhinavagupta.
Source du texte : Brill


Si les récents travaux de recherche consacrés au śivaïsme ont permis de mieux comprendre les dimensions religieuses des mouvements śivaïtes médiévaux, les aspects proprements philosophiques de certains des textes produits dans ces milieux demeurent largement méconnus. La présenté étude [Le Soi et l'Autre] se propose de contribuer à combler cette lacune en explorant le système philosophique complexe et original élaboré par les śivaïtes non dualistes cachemiriens Utpaladeva (925-975) et Abhinavagupta (975-1025). Montrant que ce système ne se réduit pas à une exégèse scripturaire, l’ouvrage examine la genèse des concepts de la philosophie de la Pratyabhijñā ou “Reconnaissance” en prenant en compte la complexité du champ philosophique (déjà investi par divers courants aussi bien bouddhiques que brahmaniques) dans lequel la pensée d’Utpaladeva s’est développée.
Source du texte : Brill


Bibliographie (en français) :
- Le Soi et l’Autre. Identité, différence et altérité dans la philosophie de la Pratyabhijñā, Jerusalem Studies in Religion and Culture 13, Brill, Leiden, 2011, 785 pp.
Commande sur Amazon : Le Soi et l'Autre : Identite, Difference et Alterite dans la Philosophie de la Pratyabhijna.
 - Le non-être, une preuve de l’existence du Soi ? La notion d’abhāva dans la philosophie de la Pratyabhijñā, Journal Asiatique 298 (2), 2010, pp. 421-493
- La Mémoire et le Soi dans l’Īśvarapratyabhijñāvimarsinī d’Abhinavagupta, Indo-Iranian Journal 49 (1-2), 2006, pp. 39-103.
En ligne : Introduction aux problèmes de la philosophie indienne classique et médiéval (compte rendu d'un cycle de conférences)

Bibliographie exhaustive : Université de Leipzig


Introduction - Le non-être et la stratégie de la Pratyabhijna.
Rien n'est plus ordinaire que l'expérience du non-être : il n'est pas d'existence pratique sans la compréhension familière que tel objet manque, que telle personne est absente, que telle chose n'est pas telle autre. Cette compréhension a pourtant quelque chose de mystérieux : comment pouvons-nous prendre conscience de ce qui semble devoir échapper à toute perception parce que cela n'est rien ?  (...)
Extrait de : Le non-être, une preuve de l’existence du Soi ? La notion d’abhāva dans la philosophie de la Pratyabhijñā, Journal Asiatique 298 (2), 2010, pp. 421-493


(...)
Il est vrai que cette reconnaissance émerveillée de soi n'est en rien garantie par la raison. Comme Utpaladeva l'admet lui-même, les plus belles démonstrations de cette absence de contradiction ne produisent pas nécessairement, chez un sujet empirique pourtant saturé de bonne volonté, la réalisation de son identité avec la conscience absolue. Car dans un système qui fait une place aussi immense à la liberté, la nécessité de la raison n'est contraignante qu'à condition que la conscience veuille bien se laisser contraindre, et même si la démarche rationnelle du traité parvient au but que la Pratyabhijna lui assigne, il demeure un gouffre entre l'admission théorique de la possibilité de dire du Soi qu'il est le Seigneur décrit par Utpaladeva et Abhinavagupta, et la pleine réalisation de cette identité. Ce gouffre, paradoxalement, n'est qu'un écart infinitésimal, la "pointe" évanouissante d'un acte cognitif : le sujet qui fait nécessairement l'expérience de sa pure subjectivité lorsqu'il comprend l'inférence constituée par le traité est toujours libre d'ignorer cette expérience au-delà du temps et cependant nichée au coeur de la temporalité, de laisser passer cet instant fugitif dans lequel il n'est plus que la conscience absolue d'être conscience absolue - il lui suffit de ne porter attention qu'à l'état intermédiaire de l'acte cognitif dans lequel il s'appréhende lui-même comme un sujet saisissant un objet conceptuel distinct de lui, et de se laisser emporter, instant après instant, dans le flot des concepts, sans jamais prendre pleine conscience de la subjectivité dont sourd et dans laquelle se résorbe constamment ce flot. En dernière instance, c'est donc de la grâce (anugraha) seule que dépend la Reconnaissance : la raison ne peut que mettre en évidence une évidence à laquelle la conscience peut toujours refuser de se rendre. De ce point de vue, le système de la Pratyabhijna a quelque chose de profondément tragique - ou de profondément comique, comme on voudra : ce ne sont là sans doute que deux aspects partiels que recouvre la notion de jeu (drita) de la conscience -, car la grâce des sivaites non dualistes n'est certes pas le bon vouloir d'un dieu lointain, mais celui de la conscience elle-même choisissant de s’apparaître aliénée, elle n'en demeure pas moins appréhendée par le sujet aliéné comme le bon vouloir d'un Autre auquel il demeure désespérément suspendu, précisément parce que le sujet empirique est la conscience s'apparaissant comme aliénée. (...)
Extrait (sans les notes) de : Le Soi et l’Autre. Identité, différence et altérité dans la philosophie de la Pratyabhijñā, Jerusalem Studies in Religion and Culture 13, Brill, Leiden, 2011, 785 pp.
Commande sur Amazon : Le Soi et l'Autre : Identite, Difference et Alterite dans la Philosophie de la Pratyabhijna.
   

mercredi 22 juin 2011

David Dubois

David Dubois est professeur de philosophie en Seine Saint-Denis (93). Il étudie le sanskrit et le Sivaïsme du Cachemire depuis 1990 et a séjourné plusieurs années en Inde au cours de nombreux voyages. Il apprend également un instrument indien, la rudravīṇā. Il vit dans la banlieue de Paris avec sa compagne, son fils et son chien.
Source du texte : Le Sivaisme du Cachemire

L'auteur d'excellents ouvrages sur le Sivaisme du Cachemire et de nombreuses traductions, d'un site et d'un blogue très riches, a aussi entamé un cycle de conférences sur 6 ans (2011-2016) au Collège international de philosophie intitulé : Des pensées sans penseurs - Polémiques sur le statut du sujet dans le Cachemire du Xe siècle. (Voir plus bas dans la page).

Bibliographie :
- Introduction aux tantra : pratique de l'éveil au quotidien, Ed. Almora, 2014
- Guide Almora de la spiritualité, avec Serge Durand, Ed. Almora, 2012.
- Abhinavagupta et la liberté de conscience, Ed. Almora, 2010.
- Le profane comme accès au sacré dans la théologie d'Abhinavagupta dans : "Musique, sacré et profane". Ed. de la Cité de la musique, pp. 99-125, 2007.
Traductions :
- Le Tantra de la reconnaissance de soi, le Vijnana Bharava et autres manuels de méditation, Ed. Almora, 2015
- L'Essence du yoga Vasishta, Ed. Almora, 2015
- Le miroir de la liberté, de Balajinnath Pandit, Ed. Lulu, 2015
- La Voie de la conscience non duelle, de Kuddâla, Ed, Lulu, 2015
- L'Essence de la vérité ultime, Paramarthasara, Ed. Lulu, 2015
- Les Arcanes de la plénitude, Siddhamaharahasya, Ed. Lulu, 2015
- Poème pour reconnaître le Maître en soi, par Utpaladeva, Ed. Lulu, 2015
- Le Secret de la Kundalini, Ed. Lulu, 2015
- Pour la pureté de l'âme, Cittavishiddhiprakarana, Ed. Lulu, 2015
- Poème pour l'éveil, Bodhapanchadashika par Abhinavagupta, Ed. Lulu, 2014
- L'Hymne à la forme du Sans-forme, Ed. Lulu, 2014
- L'essence de la vérité ultime, Paramarthasara d'Adhara, Ed. Kindle, 2014
- Ksemaraja, Au Coeur des Tantras, Ed. Les Deux Océans, 2008.
- Les Stances de la Reconnaissance du Seigneur avec leurs gloses, Ed. L'Harmattan, 2006.

En ligne, sur Le Shivaisme du Cachemire :
- Ksemaraja, Parapraveschika (l'Exorde au tantra de la Suprême, souveraine des trois Puissances)
- Anonyme, Bodhollasavilasa (Le Jeu de la Manifestation Consciente), version scandée du Pratyabhijnâhrdayam de Ksemarâja.
- Sahib Kaul, Shivajivadashakam (Dix Stances sur l'âme identique à Siva).
- Amrtavogbhava, Shrisiddhamharahasyam (Le Grand Arcane des Parfaits).
- Balajninnatha Pandita, Svatantryadarpanam (Le Miroir de la Liberté Absolue), chap. 1 et 2.
- Rameshvar Jha, Samvitsvaranryam (La Liberté de la Conscience).
(...)

Sites de David Dubois : Le Sivaisme du Cachemire  / Publications et traductions / Conférences.
Son blog : La Vache Cosmique

Site : Le Sivaisme du Cachemire

Blogue : La Vache Cosmique

Conférences sur la Reconnaissance (Pratyabhijñā).
Des pensées sans penseur ?
Polémiques sur le statut du sujet dans l'Inde du Xe siècle. 
Au-delà de l'enthousiasme qu'il suscite aujourd'hui dans le monde, le tantrisme a aussi engendré des pensées fécondes et originales.
La Reconnaissance, formulée au Xe siècle par des penseurs comme Utpaladeva et Abhinavagupta, en est l'une des formes les plus abouties. Véritable voie de questionnement rationnel, elle interroge les détails de la vie quotidienne pour suggérer des émerveillements possibles. La mémoire, l'identité, le langage, le rapport à autrui, la nature de la pensée sont autant de notions abordées dans le cadre d'une controverse vivante avec les meilleurs penseurs bouddhistes.
Ces conférences intéresseront à la fois ceux qui sont préoccupés de philosophie occidentale, mais aussi ceux qui se passionnent pour l'Inde, pour le tantrisme et le yoga. Enfin, les bouddhistes, quelle que soit leur tradition, pourraient tirer profit de cette réflexion puisque le bouddhisme est à la fois un adversaire et un allié de la Reconnaissance.
Ce cycle de conférences organisé par le Collège international de philosophie se déroulera sur six années (2011-2016). Il est gratuit et accessible à tous. La prochaine saison du programme débutera à l'automne 2011 vers le début du mois d'octobre. Ce programme pourra aussi être consulté sur le site du Collège (à partir de septembre).
Enfin, vous pouvez entendre les conférences en lisant les textes traduits du sanskrit qui leur ont servi de support.
Source (et suite) du texte : Le Sivaisme du Cachemire

La querelle du Soi (atman) est la problématique centrale des philosophies de l'Inde. D'un côté, les tenants du brahmanisme pensent qu'il y a un Soi qui organise les pensées, ainsi qu'un Soi «  suprême  » (un Dieu) qui agence le monde. De l'autre, les Bouddhistes soutiennent qu'il n'y a nulle part un tel Soi en dehors de l'imagination des ignorants, pas plus qu'il n'existe une quelconque intelligence créatrice. Parmi les formes qu'a revêtues cette controverse, celle mise en scène dans les textes de la Reconnaissance (pratyabhijña) est sans doute l'une des plus abouties, notamment à cause de sa capacité à inventer des concepts ou à donner un sens inédit à de vieilles notions. Ce programme est une recherche qui s'appuie sur le texte fondateur de cette philosophie (Les Stances pour la reconnaissance). Il a deux objectifs. Premièrement, comprendre cette pensée en éclairant les auteurs auxquels elle s'oppose tout en récupérant leurs concepts, d'une part, et d'autre part en proposant des comparaisons avec des problématiques, des thèses et des arguments de la tradition occidentale. Deuxièmement, il va s'agir de critiquer les thèses et les arguments de la Reconnaissance en évaluant les réponses aux objections formulées dans le texte, mais aussi en formulant des objections nous-mêmes, nous inspirant pour cela des pensées contemporaines. En bref, notre questionnement est le suivant : D'où viennent les organisations que nous observons en nous et hors de nous ? Y a-t-il un organisateur de tout cela, ou bien l'ordre émerge-t-il spontanément ? Cette première année sera consacrée à une lecture de l'exposé de la thèse centrale de la Reconnaissance laquelle, en cinq stances, nous permettra notamment de nous interroger sur les questions suivantes : la Reconnaissance est-elle une philosophie ou une théologie ? Faut-il choisir entre recherche de la vérité et aspiration à une certaine forme de salut ? Peut-on dire que la conscience existe ? Est-elle une chose ? Peut-on connaître notre conscience ? Et comment connaît-on celle d'autrui ?
Source du texte et première conférence : France culture
Autres conférences (textes et wma) : Le Sivaisme du Cachemire
 

mardi 21 juin 2011

Narahari

Un indien du XVIIIe siècle qui laisse un écrit plein d'invention et de fraîcheur, d'après les extraits que l'on peut lire sur le blog de David Dubois.

Bibliographie :
- L'essence de l'éveil (Bodhasara), Bénares Sanskrit Series, Vidyalas Press, 1904.
Pour l'instant pas de traduction française mais des extraits sur La Vache cosmique :
- La Vache... de pierre
La Conscience comme sommeil
Vision aveugle
Une décapitation prodigieuse
Ecouter c'est oublier
La peur est adoration
Son blog : La Vache Cosmique

Edvard Munch - le cri

12. Yoga de l'absorption

L'esprit inquiet ne connaît pas
Le bien être de la quiétude.
Pour s'en apercevoir,
Ceux qui sont silencieux montrent l'absorption (laya).

Śiva a expliqué à la Déesse
D'innombrables méthodes d'absorption.
Comment les connaître ? Comment les décrire ?
Cependant, je vais en décrire quelques unes.

Au début du sommeil et à la fin de la veille,
A la fin du sommeil et au début de la veille
Une absorption de l'esprit se produit (naturellement).
C'est à ce moment que l'on doit méditer sur le Soi.

Quand un porteur laisse tomber son fardeau,
Il se détend.
C'est à ce moment qu'il faut rendre hommage à Śiva
En regardant le Soi.

A chaque fois que l'esprit
Se détend
Il faut méditer le Grand Seigneur.
C'est cela, rendre hommage à Śiva.

Quand on cultive l'amour
Pour toutes choses, qu'elles soient désirées ou non,
L'esprit est sans désir ni haine.
C'est cela, rendre hommage à Śiva.

La souffrance est le plus grand hommage,
Par exemple la souffrance d'une conduite droite[1].
Le mal être est l'hommage suprême,
Par exemple le mal être suscité par la méchanceté.

La dépression elle-même est le plus grand hommage.
Déprimé, l'esprit se résorbe.
La peur est l'adoration ultime
Car la Révélation dit que "Le (Soi a crée tout cela) parce qu'il avait peur (d'être seul).

Donner est un hommage sublime
Quand on donne au Soi suprême.
Ne pas donner est l'hommage ultime,
Si cela apaise l'esprit.

La maladie est l'hommage suprême,
Car les maladies détruisent les péchés.
La santé est hommage suprême
Pour autant qu'elle est un moyen de réaliser la délivrance.

L'action est un hommage sublime
Si l'on agit seulement pour Śiva.
L'inaction est la dévotion suprême
Quand elle est contemplation immobile.

[1] caraṇam. Désigne aussi la pratique de l'ascèse.
Extrait de : L'essence de l'éveil
Source du texte : la Vache cosmique (la peur est adoration)


lundi 20 juin 2011

Rameshvar Jha


Rameshvar Jha naquit en 1895 dans un village du Mithila, région du Bihar située non loin de la frontière népalaise. Ses parents étaient de pieux brahmanes śivaïtes. Il fut instruit dans les sciences traditionnelles (grammaire du sanscrit, logique) auprès de nombreux maîtres de sa communauté. Elève exceptionnellement brillant, il fut très tôt encouragé par ses professeurs à enseigner et a composer ses propres œuvres. En 1933, il obtint des postes dans plusieurs collèges de sanscrit. Sévère avec ses élèves, il était particulièrement indisposé par le mensonge. Il s’exerça au yoga et au chant durant 14 ans auprès de son père, puis d’Akṣaya Jha. Vers cette époque lui advint son premier disciple, Rameshvar Joshi, grâce à qui les œuvres du maître sont aujourd’hui publiées. Joshi invita son maître à venir s’installer chez lui à Varanasi.
C’est alors que Rameshvar Jha rencontra, au Cachemire, le swâmi Lakshman Joo. Par son seul regard, il reçut la Grâce et attint la parfaite reconnaissance de son identité au Seigneur (pūrṇatāpratyabhijñā, titre de l’une de ses œuvres) à laquelle il aspirait depuis toujours. Dès lors, il se plongea dans les Ecritures śivaïtes. Après 35 années de pratique et d’étude il fonda en 1940  - incité par le grand savant Gopinâth Kavirâj - une maison d’édition qui publia son œuvre majeur La reconnaissance de la plénitude (Pūrṇatāpratyabhijñā), tout en continuant sa pratique et son étude des textes.

Puis il se mit à voyager au Cachemire et au Bihar pour y enseigner la logique (nyāya), le Vedānta, la grammaire et le śivaïsme du Cachemire. Il permit ainsi à de nombreux élèves, savants ou débutants, de parvenir à la plénitude de la Reconnaissance. Par sa générosité sans bornes, son extraordinaire créativité et sa familiarité innée avec les arcanes des textes, il permit au plus grand nombre d’accéder aux points vitaux de la connaissance et à leur identité avec Śiva.

Un disciple l’incita à écrire un manuel des philosophies traditionnelles, ainsi qu’une élucidation (ṭīkā) du Vākyapadīya de Bhatṛhari, l’un des plus grands penseurs de l’Inde. Mais il avait surtout un talent inné pour composer chaque jour, sans le moindre effort,  des vers capables de faire reconnaître le Soi plein de félicité. Nous possédons aujourd’hui environs 10 000 stances composées par le maître, ainsi qu’un Hymne au maître (Gurustuti). En 1980 et 81, il reçut les titres les plus prestigieux de l’Université Hindoue de Bénares et du gouvernement indien. Il eut de nombreux disciples qu’il mena à l’état de  Śiva et qui le considéraient comme un « nouvel Abhinavagupta ». Mais comme il avait coutume de le dire : « Je ne fais pas de disciples ; personne n’est (mon) disciple. Ceux qui veulent être disciples, en un instant je leur confère le statut de maître ! ». « Je demeure dans l’Essence (svarūpa) » furent ses dernières paroles, au milieu de la nuit du 12 décembre 1981.
Source du texte : Le Shivaisme du Cachemire


Bibliographie (en français) :
 
- Saṃvitsvātantryam, La liberté de la conscience, extraits traduit par David Dubois sur son site : Le Shivaisme du Cachemire. Téléchargement : PDF

Site de David Dubois : Le Sivaisme du Cachemire  / Publications et traductions

Son blog : La Vache Cosmique




L’unique conscience, la Bienheureuse, éternelle,
Brille les yeux grands ouverts.
Elle fait don de toutes les béatitudes.
Limpide, elle dissout et crée.

Apparence spontanée,
L’unique conscience brille.
A la fois distinctes et identiques,
Les choses apparaissent en elle.

Car elle est la condition ultime,
L’Apparence qui fait apparaître le reste.
Génitrice de Śiva, de Brahmā et des autres (êtres),
Elle a pour forme propre une éternelle béatitude.

Ô Seigneur, mon amour pour Toi -
Surabondance de l’ultime béatitude - puisse t-il exister toujours !
Amour du non-manifesté pour le Non-manifesté,
De l’éternel pour l’Eternel,
De celui qui possède une forme propre délimitée
Pour Celui qui possède une forme propre délimitée.
Puisse aussi l’amour de celui qui a un corps exister de façon limitée
Pour celui qui prend appui sur le corps.

En se remémorant ses pieds, il ne reste plus rien à accomplir :
Hommage à lui ! Hommage à mon maître orné d’amour (pour Śiva) !

Je célèbre le Seigneur, l’Un, le Soi, l’Indivis,
le Non-manifesté, manifesté à travers de nombreuses formes
telles que Rāma, Śiva, Brahmā, Gaṇeśa, Sītā, Satī
la Parole, la Puissance infinie.

Sans second, dépourvu de corps, Śiva
m’accompagne éternellement grâce à la Puissance de souveraine liberté.
Bien qu’il soit apparent parce qu’il est Apparence évidente,
il s’incarne par compassion dans une forme de béatitude.

Je suis la racine de l’univers, spontanément accompli,
Apparence ininterrompue, sans connaissance.
Doué d’une Puissance de souveraine liberté, je suis manifestation multiple.
Dans le monde des hommes, je brille ici-bas (tel) un soleil incarné.
Avant l’expérience du bonheur, après celle du malheur, et aussi lorsque que ces expériences
ont cessé, j’apparais. Je suis toujours présent sous forme d’Apparence
Extrait de : 
Saṃvitsvātantryam, La liberté de la conscience, trad. David Dubois
Source du texte :  Le Shivaisme du Cachemire












dimanche 19 juin 2011

Rudra Vina ou Rudra Veena ou Bin

Fin de semaine avec un peu de musique indienne, de la Rudra Vina à l'occasion de la mort récente d'un de ses maître, Ustad Asad Ali Kan (1937-2011).
Vu sur le blog : La vache cosmique



Playlist de vidéos : Asad Ali Kan

D'une autre famille de musiciens, Ust Bahauddin Dagar (le son est différent ainsi que la tenue de l'instrument).


Playlist de vidéos : Bahouddin Daggar


La rudra vinâ est le plus ancien des instruments à cordes frettées indiens. On la nomme aussi bîn. Elle est constituée d'une pièce de bambou de 8 cm de diamètre et 125 cm de long, sous laquelle sont fixés deux gros résonateurs (thumba) sphériques (50 à 70 cm de diamètre) faits de courges séchées. Elle a 24 frettes (parda) en bois, très hautes, permettant d'appuyer (et non de tirer comme au sitar) sur les cordes afin d'obtenir des déclinaisons microtonales. Elle dispose de 7 à 9 cordes, dont 3 ou 4 pour le jeu mélodique, 2 ou 3 pour le jeu rythmique (chikari) et le bourdon (laraj), les autres n'étant que des compléments sympathiques pour augmenter la résonance. Il y a deux chevalets. Les cordes, très épaisses, sont en acier ou en bronze. Elle peut être rustique ou richement ornée de sculptures (paon, cygne, poisson, dragon, etc.) aux deux extrémités en plus d'application d'or, d'argent ou d'ivoire...


Instrument du 17e

 La rudra vînâ se joue soit posée horizontalement sur le genou gauche, soit posée verticalement sur l'épaule gauche, du musicien (bînkar) assis par terre. Les doigts de la main droite sont équipés de 2 ou 3 onglets (mezrab) en métal.
Le répertoire est essentiellement la musique indienne, le dhrupad, dont c'est l'instrument roi. Elle s'exécute en suivant des étapes codifiées : alaap, jhor et jhala (long solo introductif) puis dhrupad ou dhamâr, pièces rythmiques (à 12 ou 14 temps) accompagnées par le tambour pakhawaj.
Actuellement, il n'y a plus que deux grandes familles (ou écoles : gharânâs) de musiciens représentants des deux types de tenues de l'instrument : Bahauddin Dagar (fils de Zia Mohiuddin Dagar) et Asad Ali Khan, tous deux héritiers de traditions ancestrales de musiciens de cour remontant à plusieurs siècles.
Source du texte : wikipedia
Pour tout savoir sur cet instrument un site (en français) lui est dédié : rudravina.com / extraits mp3 


Ustad Zia Mohiuddin Dagar (1929-1990), le père de Bahauddin  :



Playlist de vidéos : Ustad Zia

Et pour finir Hindraj Divekar (1954-) :



vendredi 17 juin 2011

Laksham Ji (ou Joo) ou Swami Lakshman Brahmacarin



Certains évènements du passé ont fait que la tradition et les enseignements du Shivaisme du Cachemire demeurent occultés depuis huit siècles. Semblable à une magnifique pierre rare, Swami Lakshman Ji (1907-1991) est le dernier et le plus grand des saints et des Maîtres de cette tradition. Il a consacré sa vie entière, dès sa plus tendre enfance, à l'étude et à la pratique des enseignements de cette tradition. Ce faisant, grâce à l'intensité de sa réflexion intellectuelle et de sa prise de conscience, il a réalisé à la fois spirituellement et intellectuellement la Réalité de cette pensée.
Source du texte : Sivaisme du Cachemire, le secret suprême, Ed. Les Deux Océans.

Bibliographie :
- Shivaisme du Cachemire, le secret suprême. Ed. Les Deux Océans, 1990.





Le Sivaisme du Cachemire.
Par Sivaisme du Cachemire on entend le système du pur Trika. le mot "trika" signifie "la triplicité de l'homme et de son univers". Le Trika parle de trois énergies : para (suprême), apara (non-suprême, inférieur) et parapara (suprême-non-suprême, une combinaison des deux précédentes). Ces trois énergies primordiales représentent la triple activité du monde. Selon la pensée du Trika, tout cet univers et les actions qui s'y déroulent, qu'elles soient d'ordre spirituel, physique, ou mondain, est contenu en ces trois énergies. La philosophie du Trika s'adresse à tout être humain, indépendamment de sa caste, croyance ou race. Elle vise à l'élever de l'individuel à l'universel. Le système du Trika se compose de quatre systèmes : les systèmes Pratyabhijna, Kaula, Krama et Spanda. Ces quatre systèmes, dont l'ensemble constitue la pensée du système Trika, se fondent tous sur les mêmes textes. Ces textes, que le Sivaisme nomment agama, sont au nombre de quatre-vingt douze : 64 Bhairava Sastra non dualistes, qui sont suprêmes (para); six-huit Rudra Sastra dualiste-non-dualistes, qui sont suprêmes-non-suprêmes (parapara); dix Siva Sastra dualistes, non-suprêmes (apara).

Le système Pratyabhijna.

Le mot pratyabhijna signifie "reconnaitre, réaliser, retrouver le Soi spontanément". Ici il n'y a rien à pratiquer, il s'agit simplement de prendre conscience. Il n'y a pas d'upaya (de voies) dans le système Pratyabhijna. On a simplement à reconnaître qui l'on est (...).
Dans la philosophie Pratyabhijna, c'est votre Maître qui vous dit que vous êtes celui-là même que vous désirez découvrir, et il vous montre comment atteindre le but instantanément, sans avoir à adopter une voie quelconque. C'est donc un enseignement qui se situe principalement en anupaya, cette voie qui n'en est pas une. C'est la reconnaissance qu'il n'y a rien à faire de particulier et nulle part ou aller. Il n'y a ici ni pratique, ni concentration, ni médiation. Vous réalisez cela par la grâce du Maître et vous y accédez immédiatement. (...).
Il a fallu attendre la fin du huitième siècle pour voir le grand Maitre Somananda réintroduire le système Pratyabhijna au Cachemire. Le disciple de Somananda fut Utpaladeva; le disciple de ce dernier fut Laksmanagupta, dont le disciple fut le grand Abhinavagupta.

Le système Kaula.
Le système Kaula enseigne comment vivre en caitanya (la Conscience Universelle), votre véritable nature, à la fois pendant la montée et pendant la descente. Vous réalisez votre véritable nature tandis que vous passez du plan inférieur au plan supérieur et inversement. Dans le système Kaula, cette réalisation se fait sans qu'il y ait d'interruption, au plan le plus élevé comme le plus inférieur.  Ce système enseigne donc à vivre dans la totalité. En fait, le mot kula signifie "totalité".
Dans la pratique du système Kaula, il faut réaliser la totalité de l'univers en une seule particule. Prenez une particule d'un objet quelconque de l'univers. Il faut découvrir en cette particule la totalité du cosmos. Une particule renferme l'énergie totale. Toute chose contient une certaine chose particulière, et une chose contient toute chose. (...)
Le système Kaula fut introduit au Cachemire au début du Ve siècle après J.C. par Sri Macchandranath. Ses enseignements furent ensuite déformés et le système fut remis en vigueur au IXe siècle par Sumathinatha. Celui-ci eut pour disciple, dans la lignée qui suivit, Somanatha, lequel eut pour disciple Sambhunatha. Le grand Abhinavagupta fut le disciple de Sambhunatha.

Le système Krama

Le système Krama adopte une voie différente des deux précédents. Dans ce système, il faut s'élever pas à pas, ce qui, selon lui, permet d'obtenir une réalisation stable. avec son système de réalisation par raplier successifs, l'école Krama tient compte de l'espace et du temps, car la successivité implique l'existence du temps et de l'espace. Les écoles Pratyabhijna et Kaula se situent ohrs du temps et de l'espace. Dans le système Krama on ne transcende temps et espace qu'au terme du processus, mais lui aussi vous amène dans cet état qui transcende temps et espace.
Le système Krama relève principalement du saktopaya et des douze Kali. Les douze Kali correspondent auy douze mouvement mis en jeu dans le processus cognitifs. (...)
Le système Krama parle également de la montée de la prana kundalini, parce que dans ce processus on s'élève d'un cakra à un autre, d'un état de conscience à un autre. (...)
Le système Krama fut introduit au début du Kali-yuga, par le sage Durvasa, puis réintroduit au Cachemire au VIIe siècle après J.C. par le sage Erakanatha également connu sous le nom de Sivanandanatha. Sivanandanatha n'eut que trois disciples principaux, trois femmes, qu'il initia au système Krama, car ce dernier donne la prééminence à la sakti. Ces disciples avaient pour nom Keyuravati, Madanika et Kalyanika. (...)

Le système Spanda

le quatrième système dont se compose la philosophie Trika est appelé Spanda. le mot spanda signifie "vibration, pulsation, mouvement"; l'école Spanda affirme que rien ne peut exister sans le mouvement. Mouvement est synonyme de vie, l'absence de mouvement c'est l'absence de vie. Pour cette école, le mouvement est présent dans la veille, le rêve, le sommeil profond et turya. Certains penseurs disent qu'il n'y a pas de mouvement dans l'état du sommeil profond, mais les philosophes du Spanda montrent que le mouvement est présent dans tout ce qui existe. (...)
Le système Spanda fut introduit au Cachemire par le grand sage Vasugupta au début du VIIIe siècle après J.C. Vasugupta est à la fois l'auteur des Siva Sutra et des Spanda Karika. Il eut pour disciple Kallata.
Extrait de : Sivaisme du Cachemire, le secret suprême.
Commande sur : Amazon







D'autres vidéos en anglais :
4universalshiva / ka108pil






Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...