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samedi 27 septembre 2014

"Non dualisme"

Blog en vacance pour deux semaines...





De quoi vous mettre à jour si vous n'avez pas encore pris connaissance de tous les articles du blog. ;)
Ci-dessous quelques auteurs/textes "non dualistes", et plus bas (post précédent) quelques problèmes "dualistes", à éviter ou à résoudre. Ces deux pages devraient répertorier près des 3/4 des publications (on peut aussi ajouter la page : NDE, OBE, Rêves lucides).
Bonne lecture.


MAJ de la page : Non dualisme (au 27.09.2014)

LES DOUZE UPANISHADS MAJEURS (Inde) - Hindouisme :
Isha
Kena
Katha
Prashna
Mundaka
Mandukya
Taittiriya
Aitareya
Chandogya
Brihadaranyaka
Shvetashvatara
Kaushitaki

jeudi 13 septembre 2012

Alain Seguy-Duclot


Dans la continuité de ma thèse (1993), centrée sur la Critique de la faculté de juger, j’ai engagé une réflexion sur l’art (Définir l’art, 1998) et sur la vie (Penser la vie, 2004), en prenant en compte la révolution conceptuelle opérée dans ces deux domaines au XXe siècle. 
Elle se prolonge actuellement dans un travail sur la rhétorique, d’une part, et sur la culture, d’autre part. L’analyse du concept de culture engage à la fois une réflexion sur le vivant, et notamment la distinction entre l’animal et l’humain, puisque l’éthologie contemporaine n’hésite plus à parler de « culture animale », et sur la théorie de l’art, puisque l’art est traditionnellement compris, avec la mythologie et la religion, parmi les fondements de la culture. Dans cette réflexion, la confrontation avec une figure de l’histoire de la philosophie domine : Platon. C’est en effet dans la critique du platonisme que s’origine, pour une grande part me semble-t-il, la pensée contemporaine.

Source du texte : université Paris 1

Alain Seguy-Duclot (1961) est maitre de conférences à l’université François Rabelais de Tours. Il est aussi, ou surtout, l'auteur d'un commentaire rare sur le Parménide de Platon (1998), en particulier de la seconde partie, si peu estimée de nos jours, en raison de son apparence sophistique, et cependant à l'origine du courant néoplatonicien - qui peut se résumer dans un développement de son exégèse. Nous aurons l'occasion d'y revenir en détail.
Mentionnons aussi un dialogue truculent sur le dialogue du Théétète (2005).


Bibliographie : 
Le Parménide de Platon ou le jeu des hypothèses, Paris, Belin, 1998.
Définir l’art, Paris, Paris, Odile Jacob, 1998.
Mesure et démesure dans le Gorgias de Platon, in Mesure et démesure, Paris, Belin, 2003.
Penser la vie, enquête philosophique, Paris, Ellipses, 2004.
Le Théétète de Platon, dialogue sur un dialogue, Paris, Belin, 2007
- Culture et civilisation, Ed. du Cerf, 2010. 
- Recherche sur le langage, Ed. Vrin, 2011.
- La réalité physique, Ed. Hermann, 2013
Travaux universitaires :
- La notion d’infini dans la philosophie de Plotin (Maitrise) 
- Le problème de la déclinaison chez Épicure et Lucrèce (DEA)
- La liberté de l’imagination transcendantale dans le criticisme kantien (Doctorat)
Articles voir : 
CV et bibliographie détaillée : Université Paris 1
En ligne : 
Conférence filmée à l'Université de Strasbourg : 
Les usages du vivant : enjeux des biotechnologies 




Continent sciences par Stéphane Deligeorges
La réalité physique 08.09.2014
Extraits du livre voir la page : La réalité physique 


La philosophie part traditionnellement du sens, compris comme sens conceptuel, dans le cadre du langage humain. Mais partir du sens conceptuel conduit à un paradoxe : on ne peut définir ni la notion de concept, ni même celle de sens. L’ensemble du processus définitionnel, constitutif historiquement de la démarche philosophique, se trouve alors remis en cause. Pour échapper aux principales apories de la sémantique conceptuelle, l’ordre de l’analyse doit être inversé. Partir non du langage humain et du sens conceptuel, mais d’une théorie générale de la communication, qui travaille, comme dans la communication intercellulaire, sur les échanges de signaux dotés non de sens, mais d’information et d’efficace pragmatique. Puis considérer l’émergence du sens dans le cadre des langages animaux, en dehors de toute visée conceptuelle. Enfin, dans un troisième temps seulement, passer à l’étude du langage humain, compris comme le produit émergent le plus complexe de l’évolution communicationnelle et linguistique.

Quatrième de couverture de : Recherche sur le langage
Source du texte : Ed. Vrin
Commande sur Amazon : Recherches sur le langage


La simplicité en art.
L’objection est toutefois évidente : que faire de la simplicité en art ? Une simplicité tellement radicale que l’on peut trouver dans certaines œuvres contemporaines, notamment dans les arts plastiques, des productions qui semblent remettre en cause les critères de richesse matérielle et de complexité architecturale. 
Ces œuvres sont l’équivalent d’un geste simple. Mais comment évalue-t-on un geste simple ? De façon purement subjective ? Ne peut-on distinguer objectivement le geste d’un maître et celui d’un débutant ? Le simple renferme souvent une très grande complexité, et ses critères d’évaluation peuvent être nombreux. Prenons l’exemple des arts martiaux : un coup du tranchant de la main. Évidemment, un profane assistant à une démonstration peut très bien se tromper : le vieux maître est sévère et bedonnant, alors que le débutant est svelte et sympathique. Il peut préférer regarder la démonstration du débutant. Mais l’expert, lui, voit la plus ou moins grande souplesse du geste, sa plus ou moins grande rapidité d’exécution, il voit si aucune de ses étapes n’a été oubliée, il reconnaît ou non un style original, il observe si ce geste s’est accompli dans la continuité totale du corps ou s’il en a été coupé mécaniquement, il en estime la force, il remarque en quel point le coup est appliqué, selon quel angle, et pour finir, même si le coup n’est pas porté, il en évalue la plus ou moins grande efficacité. On objectera : les arts martiaux ne sont pas de l’art ! Est-ce si sûr ? Lorsque les coups ne sont pas portés, les kata deviennent des danses guerrières, et l’on peut parler à juste titre de « kata artistique ». 
L’art est par nature aristocratique : les œuvres géniales sont l’exception et non la règle. On ne le démocratise pas en niant les différences de valeur dans un nihilisme subjectif, mais en donnant accès aux plus grandes œuvres à tous, sans distinction d’aucune sorte.
Source (et suite) du texte : Les jugements esthétiques sont-ils irréductiblement subjectifs ? art critic
Extrait de : Définir l'art (voir l'encarté en bas de page)
Commande sur Amazon : Definir l'art










lundi 6 juin 2011

Ksemarâja

Disciple et cousin d'Abhinavagupta, Ksemaraja vivait au début du XIe siècle à Vijayesvara, non loin de Srinagar. (...)
D'après les traités ou poèmes qu'il a commentés, Ksemaraja s'interesssait plus à l'expérience mystique qu'à la philosophie; tous traitent en effet directement des plus hautes expériences qu'Abhinavagupta préfère envisager sous l'angle de la métaphysique. (...)
Les Sivasustra, tels qu'ils nous sont parvenus et qui constituent  des aphorismes d'une extrême concision, se présentent comme une oeuvre en trois parties. Chacune de ces parties réfère sans la nommer à une voie de retour de Siva. Par voie il ne faut pas entendre ici un chemin linéaire à parcourir mais une aptitude mystique spécifique qui détermine les modalités de progression du yogin. Si au plus haut se trouvent deux degrés de la non-voie (anupaya), indescriptibles, Vasugupta envisage les trois voies qui se dessinent en deçà : la voie de Siva ou voie suprême, la voie intermédiaire, de l'énergie et la voie inférieur, de l'individu.
Liliane Silburn dans Sivasutra et Vimarsini de Ksemaraja (voir ci-dessous).
Commande : Ed. De Boccard


Bibliographie (en français) :
- Sivasutra et Vimarsini de Ksemaraja, introduction et traduction de Lilian Silburn, Ed. De Boccard, Institut de civilisation indienne du Collège de France, Paris.
- Le Secret de la reconnaissance du cœur, établi annoté et préfacé par Jaideva Singh, Guy Tredaniel éditeur, Éditions de la Maisnie, 1987.
- Au Coeur des Tantras. Introduction, traduction et commentaires de David Dubois. Ed. Les Deux Océans, 2008.
Extrait en ligne : Google Books (voir plus bas)
En ligne :
- Extrait de l'Introduction de Liliane Silburn à sa traduction des Sivasutra et Vimarsini de Ksemaraja : Le monde est dans l'âme
- Extrait des Sivasustra et Virmasini de Ksemaraja : Le monde est dans l'âme
- Le coeur de la reconnaissance (Pratyabhijñâhrdayam), trad. Daniel Odier : Daniel Odier

- L'exorde au tantra de la Suprême souveraine des trois Puissance (Parâpraveshika), trad. David Dubois (PDF) : Pratyabhijna






Sivasustra. Première partie.
1 - LA CONSCIENCE EST LE soi. Comment alors y a-t-il servitude ?
2 - LE LIEN EST UNE CONNAISSANCE limitée, une impureté de finitude. Il est aussi :
3 - LE GROUPE DE L'ILLUSION et LE CORPS DE L'ACTIVITÉ FRAGMENTATRICE.
A savoir les impuretés d'illusion et d'action.
4 - LA MÈRE —— ENSEMBLE DES PHONÈMES —— EST L'ÉNERGIE QUI CONCERNE LA CONNAISSANCE.
C'est le langage qui engendre les trois impuretés ainsi que la connaissance limitée, cause de lien. Comment s'en délivrer ?
5 - L'ÉLAN EST BHAÏRAVA, L'ABSOLU, l'émergence de la suprême illumination libératrice du lien, dont le yogin émerveillé découvre peu à peu l'épanouissement : sans quitter le niveau supérieur immédiatement atteint, il s'oriente vers les niveaux inférieurs pour les rendre à leur nature divine, étendant la conscience bhairavienne du centre de la Roue jusqu'à la périphérie :
6 - EN SE RECUEILLANT INTENSÉMENT SUR LA ROUE DES ÉNERGIES
on obtient LA RÉSORPTION DE TOUT CE QUI EST. A savoir de l'univers différencié. Il en résulte, relativement à Siva et à l'énergie, le Quatrième état, conscience intériorisée qui va se répandre sur les états ordinaires :
7 - JUSQUE DANS LES ÉTATS DIFFÉRENCIÉS DE VEILLE, DE RÊVE ET DE PROFOND SOMMEIL SE PRODUIT L'EXPANSION DU QUATRIÈME.
8-10 - LA VEILLE CONSISTE EN CONNAISSANCE, LE RÊVE EN PENSÉE DUALISANTE ET LE SOMMEIL PROFOND EN ABSENCE DE DISCRIMINATION OU EN ILLUSION.
Définition du grand yogin qui a réussi à faire pénétrer la saveur du Quatrième état dans les trois autres et possède libre pouvoir sur ses organes :
11 - CELUI QUI JOUIT DES TROIS états EST LE SOUVERAIN DES HÉROS,
ses énergies sensorielles.
C'est là son épanouissement intérieur.
Y a-t-il un indice qui permette de reconnaître le sommet atteint par ce yogin ?
12 - L'ÉMERVEILLEMENT caractérise LES ÉTAPES DU YOGA qu'il traverse. Vismaya, l'émerveillement accompagné de paix et de félicité inébranlables, est essentiel dans la voie de Siva. Désormais c'est l'énergie divine qui joue en lui :
13 - Sa VOLONTÉ EST L'ÉNERGIE UMÂ, C'EST KUMÂRÏ, LA VIERGE.
Énergie suprême, ardente, sans attachement, elle n'est jamais objet mais toujours sujet. Le yogin à l'ardente volonté possède un corps universel :
14 - Son CORPS EST le monde PERCEPTIBLE.
Tout ce qu'il voit est son corps. Ou son corps lui apparaît de façon objective. Comment obtenir cette Conscience universelle ? Voici deux moyens : le premier dans la voie divine, le second dans la voie de l'énergie lorsqu'elle est très proche de la voie de Siva :
15 - EN FAISANT FONDRE PAR FRICTION LA CONSCIENCE EMPIRIQUE DANS LE CŒUR, IL A LA VISION DU MONDE PERCEPTIBLE ET DE SVÂPA, L'ABSENCE DE SENSATION dans la voie divine.
16 - OU BIEN EN SE RECUEILLANT INTENSÉMENT SUR LA PURE RÉALITÉ IL OBTIENT L'ÉNERGIE ILLIMITÉE.
17 - Son DISCERNEMENT EST CONNAISSANCE DU SOI.
Connaissance étendue, car le Soi y est l'univers. Maintenant son fruit :
18 - LE BONHEUR DU SAMÂDHI EST LA FÉLICITÉ DU MONDE.
Ces deux se confondent pour lui. Gloire de ce yogin dans la voie de l'énergie :
19 - EN SE RECUEILLANT INTENSÉMENT SUR L'ÉNERGIE, IL PRODUIT LE CORPS souhaité.
Autres pouvoirs obtenus :
20 - UNIFICATION DES ÉLÉMENTS, SÉPARATION DES ÉLÉMENTS ET FUSION À TOUT.
Mieux vaut renoncer à ces pouvoirs et poursuivre la félicité de l'essence et de la Science. Dans la voie de Siva  :
21 - LORSQUE APPARAÎT LA PURE SCIENCE, C'EST LÀ RÉALISER LA SOUVERAINETÉ SUR LA ROUE des énergies.
De façon analogue dans la voie de l'énergie :
22 - LORSQU'IL SE RECUEILLE SUR LE GRAND LAC, IL A L'EXPÉRIENCE DE L'EFFICIENCE DES MANTRA, paroles sacrées.

Extrait de : Sivasutra et Vimarsini de Ksemaraja, trad. Liliane Silburn.
Source du texte : Le monde est dans l'âme
Commande : Ed. De Boccard


Le Coeur de la Reconnaissance (Pratyabhijñâhrdayam).
La conscience absolue, par son propre mouvement libre et spontané, manifeste maintient et résorbe l'univers.
La conscience a le pouvoir de déployer la réalité face à son propre miroir.
La multiplicité illusoire de l'univers apparaît à travers la relation du sujet et de l'objet.
L'expérimentateur dont la conscience est contractée perçoit l'univers sous sa forme contractée.
La conscience absolue devient conscience individuelle par cette contraction même, provoquée par les objets de conscience.
La conscience individuelle est la conscience absolue.
Mais lorsque la conscience apparaît duelle et que cette dualité est recouverte du voile de l'illusion, la conscience se fragmente encore et prend la forme des trente-cinq tattva.
Ainsi, toutes les positions philosophiques apparaissent comme des rôles joués par la conscience absolue
Lorsque la connaissance, le désir, l'espace, le temps et le pouvoir de réalisation sont limités par la conscience individuelle, la shakti est limitée.
Mais, même dans sa condition obscurcie, le soi limité est d'une nature absolue.
Le soi manifeste, savoure, spatialise, féconde et dissout tous les obstacles. C'est la vision des yoginî et des yogin.
Transmigrer, c'est être dans l'illusion de la séparation et ne pas reconnaître la vision des Siddha.
En s'ouvrant à cette connaissance, le soi limité devient le soi absolu.
Le feu de la connaissance suprême brûle. Il consume toute connaissance fragmentée et tout objet.
Ce pouvoir de la reconnaissance de la nature réelle de l'univers englobe toute chose.
Atteindre la félicité, c'est réaliser que la connaissance absolue est notre vraie nature.
Ouvrir le centre du coeur est la félicité de l'esprit.
Le yoga se pratique par la concentration sur le coeur, le retour des formations mentales et des perceptions à l'espace, la perception continue de la spatialité sous-jacente aux formations et aux perceptions, le frémissement constant de la kundalinî, le samâdhi dans la réalité, le retour permanent à l'informulé par le souffle et les mantra, la circulation du souffle entre les coeurs.
Enfin, le samâdhi s'établit d'une manière permanente par la fusion de l'expérience intérieure et de la réalité.
C'est alors l'établissement dans le soi suprême, essence de la conscience, autonomie et félicité. La réalité toute entière émane et se résorbe dans le soi absolu. La nature de Shiva est réalisée.
Trad. Daniel Odier.
Source du texte : Daniel Odier




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jeudi 2 juin 2011

Abhinavagupta

Abhinavagupta vivait au Cachemire à la fin du Xe siècle et au début du XIe. Sur sa vie nous savons peu de choses à l'exception de brefs renseignements qu'il nous fournit lui-même en épilogue au Tantraloka et au Paratrisikavivarana où il mentionne le nom du plus célèbre de ses ancêtres, Atrigupta qui, invité au Cachemire par le roi Lalityaditya au milieu du VIIIe siècle, s'y établit définitivement. Abhinavagupta eut de nombreux maîtres et instructeurs parmi les meilleurs de son temps d'où l'extraordinaire culture dans tous les domaines : grammaire, poétique, rhétorique du dhvani, Tantra et Amaga dualistes et non dualistes, la brahmavidya (avec pour maitre Bhutiraja), les doctrines des écoles Krama, Trika et Pratyabhijna qu'il étudia principalement avec Laksmanagupta, disciple de Utpaladeva. Il dut sortir du Cachemire et aller à Jalandhara pour y approfondir le système Kaulika auquel il accorde, semble-t-il, ses préférences. Il y fut initié par Sambhunatha, le plus vénéré de ses guru, dont il obtient, outre la connaissance et la pratique des initiations supérieurs, la paix et la "réalisation" ultime. Notons encore qu'il étudia auprès de maîtres Jaina et surtout Bouddhistes Vijnanavadin qui eurent sur lui une influence réelle dont il ne se défend pas. Il reprend à sa manière les problèmes posées par eux et baigne donc dans la même atmosphère philosophique. Il partage avec eux plus de points communs qu'avec Sankara, en dépit de la similitude du vocabulaire employé (atman, brahman, maya).  
De tous les métaphysiciens et mystiques de l'Inde il est sans contredit l'un des plus puissants génies; par son audace et l'originalité de sa personnalité il rappelle un Yajnavalkya; par la profondeur et la subtilité de son esprit, il s'apparente à Maitre Eckhart, Ruysbroekc, saint Jean de la Croix. Simple et direct comme eux, il jouit en plus d'une totale liberté (...).

Liliane Silburn, Introduction aux Hymnes de Abhinavagupta (voir ci-dessous).
Commande : Ed. De Boccard


Bibliographie (en français) : 

Institut de Civilisation Indienne, Ed. De Boccard :

Traductions de Lilian Silburn :
- Le Paramarthasara de Abhinavagupta, (fascicule 5) 1957-1979

- Hymne de Abhivanagupta (fascicule 31), 1970-1986
- Kramastotra dans : Hymnes aux Kali (fascicule 40), 1975-1995. 
- Tantraloka, chap. 1 à 5, trad. dans : Abhinavagupta, La lumière sur les tantras, (fascicule 66), 1998-2000.
Autres éditions :
- Tantrasara, chap. 1 à 5, trad. dans : Les Voies de la Mystique, ou l'accès au sans accès, Ed. Les Deux Océans, Série Hermès 3, 1981.

- Tantraloka, chap. 29, dans : La Kundalini, l'énergie des profondeurs, Ed. Les Deux Océans, 1983.
Traduction de André Padoux :
- La Paratrisikalaghuvrtti de Abhinavagupta, Institut de Civilisations Indienne, 1975.
Traduction de Bernard Pallier :
- La Ghatakarparvivrti, Institut de Civilisation Indienne, 1975. 
Traductions de David Dubois : 
- Cinquante stances pour expliquer la réalité ultime dans : Abhivanagupta, La liberté de la conscience, Ed. Almora, 2010.
En ligne sur Le Sivaisme du Cachemire :
- Tantraloka, (Lumière des tantras), chap. 6 : PDF
- Tantrasara (L'essence des tantras), chap. 6 et 7 : PDF
- Vimarshini, commentaire à l'Ishvarapratyabhijnakarika d'Utpaladeva (Méditation sur la reconnaissance du Seigneur en soi), chap. 2 : PDF
Etudes :
David Dubois, Abhinavagupta, La liberté de la conscience. Ed. Almora, 2010.
Colette Pogi, Les Oeuvres de vie selon Maître Eckhart et Abhinavagupta. Ed. Les Deux Océans.
Extraits en ligne : Google Books

Linga de glace dans la grotte d'Amarnath.
Grotte d'Amarnath, Cachemire

"D'après une légende encore vivante au Cachemire, c'est en récitant ce poème (Hymne à la gloire de l'absolu)  que Abhinavagupta suivi d'un grand nombre de disciples pénétra dans la grotte Bhairava pour y mourir."

BHAIRAVASTAVA / HYMNE A LA GLOIRE DE L'ABSOLU
1. D'une pensée identique à Toi, en mon coeur je rends hommage au Seigneur Bhairava, refuge de qui n'a pas de Seigneur. Fait de Conscience, unique, infini, sans origine, il imprègne la diversité des êtres mobiles et immobiles.

2. O grand Souverain ! Par l'énergie de Ta grâce, cet univers entier m'apparaît désormais comme identique à Toi. Tu es éternellement mon propre Soi; ainsi la totalité des choses est pour moi identique au Soi.

3. En Toi, Seigneur, mon propre Soi, qui pénètre tout, la peur de la transmigration n'a plus de raison d'être quand même subsiste réellement une multitude d'activités forgeant terreurs, égarements et intolérables douleurs !

4. O Exterminateur, ne pose pas sur moi ce regard chargé d'un épouvantable courroux, sur moi auquel adoration et contemplation du Seigneur confèrent une immuable fermeté, sur moi qui suis identique à l'énergie de Bhairava-l'effroyable !

5. Ainsi les épaisses ténèbres sont dispersées par les rayons de Ta Conscience quand Tu t'approches, Seigneur ! Plus jamais je ne craindrai les agissements démoniaques de l'exterminateur, de Yama, ni de la mort, hommage à Toi !

6. (Moi) Réalité même de l'ensemble des objets contemplés en tant que rayons de la vraie Conscience apparue, c'est en Toi que j'accède à l'apaisement, en Toi, le Soi comblé à profusion par le suprême nectar de (toutes) les choses.

7. O Seigneur, quand l'état d'impureté dispensateur d'excessifs tourments entre dans le champs de (ma) pensée, à l'instant même surgit en moi la pluie du suprême nectar qui célèbre la louange de Ton unicité.

8. Si, O Shiva, ascèse, bains, voeux, dons, brisent le tourment de l'existence, l'heureux souci de Ta révélation répand dans le coeur un flot de félicité.

9. O Seigneur Bhairava, cette Conscience mienne danse, chante, se réjouit grandement, car dès qu'elle a pris possession de Toi, le Bien-aimé, l'accomplissement du sacrifice unique, celui de l'égalité, si ardu pour d'autres, lui est aisé.

Durant la quinzaine lunaire sombre, le dixième jour du mois pausa, en l'année 68, Abhinavagupta composa cette louange selon laquelle l'omniprésent par compassion apaise instantanément chez l'être humain la douloureuse brûlure (inhérente) au désert du devenir. 
Extrait de : Hymnes de Abhinavagupta (trad. et commentaire de Lilian Silburn).
Commande : Ed. De Boccard



Interprétation contemporaine de l'Hymne à Bhairava.
"Tu imprègnes le vivant comme l'inerte (et pourtant) tu es différent de tous ces phénomènes,
(Car) tu es conscience, tu es un, sans commencement ni fin,
Toi le terrible protecteur, refuge de ceux qui n'ont pas de protecteur.
Je te loue en mon cœur d'un esprit identique à toi."
Vu sur : La Vache Cosmique (blog de David Dubois)


ANUTTARASTIKA / HUIT STANCES SUR L'INCOMPARABLE
1. Ici, nul besoin de progrès spirituel ni de contemplation, ni d'habileté de discours, ni d'enquêtes, nul besoin de méditer, ni de se concentrer, ni de s'exercer aux prières marmonnées. Quelle est, dis-moi, la Réalité ultime absolument certaine ? Écoute ceci : ne prends ni ne laisse et, tel que tu es, jouis heureusement de tout.

2. Du point de vue de la Réalité absolue, il n'y a pas de transmigration. Comment alors est-il question d'entrave pour les êtres vivants ? Puisque l'être libre n'a jamais eu d'entraves, entreprendre de le libérer est vain. Il n'y a là que l'illusion de l'ombre imaginaire d'un démon, corde prise pour un serpent qui produit une confusion sans fondement. Ne laisse rien, ne prends rien, bien établi en toi-même, tel que tu es, passe le temps agréablement.

3. Dans l'Inexprimable, quel discours peut-il y avoir et quelle voie différencierait adoré, adorant et adoration ? En vérité, pour qui et comment un progrès spirituel se produirait-il, ou encore qui pénétrerait par étapes dans le Soi ? Oh Merveille ! cette illusion, bien que différenciée, n'est autre que la Conscience-sans-second. Ah ! tout est essence très pure éprouvée par soi-même. Ainsi, ne te fais pas de soucis inutiles.

4. Cette félicité n'est pas comme l'ivresse du vin ou celles des richesses, ni même semblable à l'union avec la bien-aimée. L'apparition de la Lumière consciente n'est pas comme un faisceau de lumière que répand une lampe, le soleil ou la lune. Quand on se libère des différentiations accumulées, l'état de bonheur est une allégresse comparable à la mise à terre d'un fardeau, l'apparition de la Lumière est l'acquisition d'un trésor oublié : le domaine de l'universelle non-dualité.

5. Attirance et répulsion, plaisir et douleur, lever et coucher, infatuation et abattement, etc., tous ces états participant aux formes de l'univers se manifestent comme diversifiés, mais en leur nature ils ne sont pas distincts. Chaque fois que tu saisis la particularité d'un de ces états, attentif aussitôt à la nature de la Conscience comme identique à lui, pourquoi, plein de cette contemplation, ne te réjouis-tu pas ?

6. L'efficacité de ce qui existe actuellement n'existait pas auparavant ; de façon soudaine, en effet, surgissent toujours les choses en ce monde. À quelle réalité peuvent-elles prétendre, ainsi troublées par la confusion déformante de l'état intermédiaire ? Quelle réalité y a-t-il dans l'irréel, l'instable, le falsifié, dans un amoncellement d'apparences, dans l'erreur d'un rêve ? Reste par-delà l'imperfection propre aux angoisses du doute et éveille-toi.

7. L'inné ne peut être sujet au flot des existences objectives ; celles-ci ne se manifestent qu'éprouvées par toi. Bien que privées par nature de réalité, en un instant, par la faute d'une erreur de perception, elles prennent part au réel. Ainsi jaillit de ton imagination la grandeur de cet univers puisqu'il n'existe pas d'autre cause à son apparition. C'est pourquoi, par ta propre gloire, tu resplendis dans tous les mondes et, bien qu'unique, tu es l'essence du multiple.

8. Lorsque surgit la Conscience en tant que contact immédiat avec soi-même alors le réel et l'irréel, le peu et l'abondant, l'éternel et le transitoire, ce qui est pollué par l'illusion et ce qui est la pureté du Soi apparaissent radieux dans le miroir de la Conscience. Ayant reconnu tout cela à la lumière de l'essence, toi dont la grandeur est fondée sur ton expérience intime, jouis de ton pouvoir universel
Extrait de : Hymnes de Abhinavagupta (trad. et commentaire de Lilian Silburn).

Commande : Ed. De Boccard
Source du texte : Omalpha


TANTRASARA (Chapitre 1, extrait).
Ce qu'il faut essentiellement découvrir en tout ce qui existe, c'est la nature propre elle-même sous forme de lumière consciente, principe de toutes les choses, car on ne peut admettre que la nature propre des choses ne soit pas lumière. Cette lumière n'est pas multiple. Ni le temps ni l'espace ne peuvent briser son unicité, eux qui ne possèdent d'autre nature que cette lumière même. Celle-ci est donc unique, c'est la Conscience universelle.

De l'accord unanime, la conscience est la lumière des choses. Il n'existe aucune autre lumière qu'elle. Libre et unique lumière, exempte de par sa libéralité même des limites que sont l'espace, le temps et l'aspect, elle est omnipénétrante et éternelle; elle-même dénuée d'aspects, elle assume tous les aspects.

L'essence de sa lumière est l'énergie de conscience. Sa liberté est l'énergie de félicité, son ravissement énergie de volonté, sa prise de conscience globale énergie de connaissance, enfin sa faculté de revêtir tous les aspects, énergie d'activité.
Même unie à ces principales énergies et associée aux énergies de volonté, de connaissance et d'activité, la lumière demeure ininterrompue, reposant en sa propre félicité avec, pour essence, Siva. C'est elle aussi qui en vertu de sa liberté se montre restreinte et que l'on nomme alors exiguë ou individu.
Mais voici que par cette liberté elle s'illumine à nouveau elle-même, se révélant comme Siva, lumière ininterrompue. Et, toujours, par la puissance de sa liberté, voici qu'elle se révèle alors sans l'aide d'une voie d'accès (anupaya) ou bien à l'aide de voies, et dans ce dernier cas les moyens employés sont la volonté, la connaissance ou l’activité; d'où une triple absorption propre respectivement à Siva, à l'énergie et à l'individu.
Nous enseignerons ici successivement ces quatre modalités.

Stance finale

Le Soi, merveilleuse beauté de lumière, Siva, autonome, par l'impétuosité des jeux de sa liberté, cache sa propre essence.
Puis à nouveau il la manifeste en sa plénitude ou de facon soudaine ou graduellement, et dans ce cas, selon une triple différenciation.
Extrait de Le Tantrasara, trad. Liliane Silburn dans : Les Voies de la Mystique ou l'accès au sans-accès, Hermès, Ed. Les Deux Océans. 
Commande :  Les Deux Océans.













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