vendredi 6 mai 2011

Kena Upanishad ou Kenopanisad


Kena Upaniṣad ou Kenopaniṣad est l'une des plus anciennes Upaniṣad majeures et fait partie du groupe des douze Upaniṣad principales (Mukhya Upaniṣad) et est associée au Sāmaveda. Il s'agit d'un texte court comprenant quatre chapitres et trente quatre versets. Cette Upaniṣad a été commentée par Ādi Śaṅkara (788 - 820).
Source du texte : wikipedia

Bibliographie :

Voir sous Isha Upanishad


Indra
I-1. Sous la direction et la volonté de qui l'esprit se dirige-t-il vers les objets ? Sous la direction et la volonté de qui le prana, cette énergie primordiale, se meut-il ? Sous la direction et la volonté de qui les paroles sortent-elles de la bouche des humains ? Qui est-Il, cet être rayonnant qui unit l'œil et l'oreille aux objets qu'ils captent ?

I-2. Il est l'oreille derrière l'oreille, l'esprit derrière l'esprit, le discours derrière le discours, la vitalité derrière la vitalité, et le regard derrière le regard. En vertu de cela, les sages, qui se sont affranchis de l'identité aux sens et qui ont renoncé au monde, parviennent à l'immortalité.

I-3. L'œil ne peut L'atteindre, ni la parole, ni le mental, et nous ne connaissons pas Sa nature. De ce fait, nous ne savons pas comment délivrer un enseignement à Son sujet. Car Cela est différent du connu, mais aussi de l'inconnu. Voici, en leurs propres termes, ce que les anciens nous ont enseigné à Son sujet.

I-4. Cela qui n'est pas exprimé par la parole, mais dont le monde est l'expression, sache que Cela seul est Brahman, et que n'est pas Brahman ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

I-5. Cela qui n'est pas pensable pour le mental, mais dont le mental est la réflexion, sache que Cela seul est Brahman, et que n'est pas Brahman ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

I-6. Cela qui n'est pas visible pour l'œil, mais par quoi l'homme se rend compte de l'activité de sa vue, sache que Cela seul est Brahman, et que n'est pas Brahman ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

I-7. Cela qui n'est pas audible pour l'oreille, mais par quoi l'homme se rend compte de l'activité de son ouïe, sache que Cela seul est Brahman, et que n'est pas Brahman ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

I-8. Cela qui n'est pas inhalé avec le souffle, mais par quoi le souffle est inhalé, sache que Cela seul est Brahman, et que n'est pas Brahman ce à quoi les humains rendent un culte, ordinairement.

II-1. Si tu penses : “Je connais bien Brahman, maintenant”, c'est que tu n'as compris que bien peu de la vraie nature de Brahman. Ce que tu connais de Sa forme, de même que cette forme que tu te figures à propos des divinités, est également bien peu. Tu dois donc poursuivre ton enquête sur la nature de Brahman.

II-2. Je ne pense pas que je connais Brahman, je ne pense pas non plus qu'Il m'est inconnu. Je le connais et ne le connais pas, tout à la fois. Celui parmi nous qui connaît cette vérité paradoxale, connaît Brahman; mais pas celui qui pense bien Le connaître, ou ne pas du tout Le connaître.

II-3. Celui qui pense ne pas Le connaître, celui-ci Le connaît. Et celui qui pense Le connaître, celui-là ne Le connaît pas. Les vrais connaisseurs pensent qu'on ne peut jamais Le connaître parfaitement (en raison de son Infinitude), tandis que l'ignorant pense qu'il Le connaît bien.

II-4. Dès lors que Brahman est perçu comme le Soi intérieur, reconnaissable à travers tous les états de conscience, Il est connu réellement, et cette connaissance mène à l'immortalité. A travers son propre Soi, on acquiert la force intérieure; et à travers la connaissance, on atteint à l'immortalité.

II-5. En cette vie-ci, si on Le réalise, il y a alors accomplissement parfait. Si on ne Le réalise pas, la perte (karmique) est importante. Ayant réalisé la présence de Brahman en tout être vivant, et s'étant libéré des chaînes qui le retenaient au monde, le sage devient immortel.
(...)
Extrait de Kena Upanishad, trad. Martine Buttex.

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