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samedi 25 avril 2020

En moi demeurent cachées toutes choses

MAJ de la page : Soufisme

Bon Ramadan !



Tayeb Saddiki, acteur marocain, parle du soufisme (1997)

* * * 
MAJ de la page : Ibn Mashish



Prière sur le Prophète de Ibn Mashich (2013)


MAJ de la page : Ahmad al-Alawi



Ces Hommes qui se sont éclipsés dans la présence de Dieu. Poème de Cheikh Al-Alawi (2016)



Toi qui n'as pas compris mes paroles. Poème du Cheikh Al-Alawi (2016)



Soufis de Mostaganem, dhikr (2018)
 

mardi 14 avril 2020

Un Océan sans rivage

MAJ de la page : Soufisme



L’herméneutique divinement inspirée qui, en un perpétuel renouvellement, fait découvrir à chaque récitation des significations sans précédent adhère de la manière la plus stricte, nous l'avons dit, au "corps" des mots. Ibn Arabi en définit les règles à maintes reprises.

En ce qui concerne la Parole de Dieu, lorsqu'elle est révélée dans le langage d'un peuple déterminé et que ceux qui parlent ce langage divergent quant à ce que Dieu à voulu dire par tel mot ou groupe de mots en raison de la pluralité des sens possibles de ces mots, chacun d'eux - si différentes que soient leurs interprétations - comprend effectivement ce que Dieu a voulu dire à condition que son interprétation ne s'éloigne pas des acceptions admises dans le langage considéré : car Dieu connait toutes ces acceptions et il n'en est aucune qui ne soit l'expression de ce qu'Il a voulu dire à cette personne précise. Mais si l'individu en question s'écarte des acceptions admises dans le langage, alors il n'a reçu ni compréhension, ni science (...) Quant à celui à qui a été donnée la compréhension de toutes les faces de la Parole divine, il a reçu 'la sagesse et le jugement décisif' (Cor. 38:20), c'est-à-dire la faculté de distinguer entre toutes ces faces, (Ibn Arabi, Fut., IV, p.25)

autrement dit de déterminer, selon les circonstances, laquelle des significations possibles est pertinente.
Compte tenu de la très riche polysémie du vocabulaire arabe, la rigoureuse fidélité à la lettre de la Révélation n'exclut donc pas mais implique nécessairement, au contraire, la multiplicité des interprétations Ibn Arabi insiste sur ce point en bien des occasions en soulignant qu'il y a là une règle générale applicable à tous les Livres révélés (...)

Extrait de : Michel Chodkiewicz, Un Océan sans rivage, Ibn Arabi, Le Livre et la Loi, éd. du Seuil, 1992, p. 51

Immense, difficile, controversée, l’œuvre d’Ibn Arabî (1165-1240) n’en a pas moins marqué de son empreinte huit siècles de vie spirituelle en Islam, du Maghreb à l’Extrême-Orient. Son auteur l’affirme tout entière puisée dans le Coran, l’ « océan sans rivage ». C’est ce que Michel Chodkiewicz a entrepris de vérifier dans cette étude qui analyse de nombreux textes, parmi lesquels cette somme prodigieuse que constituent les Futûhât Makkiyya, les « Illuminations de La Mecque ».
Cet ouvrage met en évidence les principes herméneutiques qui gouvernent Ibn Arabî dans l’interprétation du livre : loin d’être allégorique, l’exégèse la plus profonde et la plus neuve naît toujours chez lui de la plus scrupuleuse attention à la lettre. Il montre aussi qu’en tous ses écrits le Coran est visiblement ou invisiblement présent à la fois dans la texture de l’enseignement qu’ils enferment et dans la structure qui en ordonne l’exposé, révélant ainsi la cohérence d’une subtile architecture dont la logique échoue à rendre compte.
Ce livre fait apparaître enfin que, pour Ibn Arabî, le voyage initiatique est un voyage dans la Parole divine elle-même. Mais la Révélation n’est pas seulement message, anamnèse de vérités perdues : elle est Loi, rappel aux créatures du statut de leurs « exemplaires éternels ». Et c’est sous la conduite de la Loi, dans la plus rigoureuse observance de ses prescriptions, que doit s’accomplir, à travers les « demeures du Coran », cette ascension au terme de laquelle la sainteté atteint sa plénitude.
Quatrième de couverture
Michel Chodkiewicz, Un Océan sans rivage, Ibn Arabi, Le Livre et la Loi, éd. du Seuil, 1992,


Michel Chodkiewicz, né le 13 mai 1929 en France, et mort le 31 mars 2020, est un éditeur et philosophe français, spécialiste du soufisme.
Michel Chodkiewicz fut directeur général, puis président directeur général des éditions du Seuil de 1977 à 1989 et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales1, où il anima des séminaires sur la pensée d'Ibn Arabî.
Il est issu d'une ancienne famille de l'aristocratie polonaise installée en France depuis 1832. Il explique lui-même sa conversion à l'islam à l'âge de dix-sept ans comme l'aboutissement d'une recherche personnelle commencée dès l'adolescence […] parce que le catholicisme ne [lui] apportait pas de réponses satisfaisantes. Sa fille, Claude Addas, diplômée en langues orientales, auteur d'une thèse de doctorat sur le poète soufi andalou Ibn Arabî, poursuit les recherches de son père.
Michel Chodkiewicz meurt le 31 mars 2020 à l’âge de 90 ans.

Bibliographie :
- Émir Abd el-Kader, Écrits spirituels, Seuil, 1982 ; réédition 1994.
- Awhad al-Din Balyani, Épître sur l'Unicité absolue, Les Deux Océans, 1982.
- Le Sceau des Saints, Prophétie et Sainteté dans la doctrine d'Ibn 'Arabî, Gallimard, 1986,  rééd. 2012
- Ibn 'Arabî, Les Illuminations de La Mecque, textes choisis des al-Futûhât al-Makkîya, Sindbad, 1988 ; réédition Albin Michel/Spiritualités vivantes, 2008.
- Un Océan sans rivage. Ibn 'Arabî, le Livre et la Loi, Seuil, 1992.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Lire aussi : Michel Chodkiewicz, Entretien pour la Tribune d'Octobre (mars 1990) / Michel Chodkiewicz, ancien patron des éditions du Seuil et spécialiste du soufisme est mort, 2 avril 2020, FranceTVInfo 

* * *



Rosa Mystica et Derviche Omar (SoufiTV, 2017)



La Sagesse dans la cité, défi du XXIe siècle (SoufiTV, nov. 2019)



Le confinement est d'être présent avec la fin (SoufiTV, 3 avril 2020)



Eric Geoffroy, le Soufi, fils de l'instant (2017)



Sufi Zikr (Turquie, 2016)



Ensemble Aznash, Zikr (Georgie, 2013)

lundi 23 décembre 2019

La théologie d'Aristote

MAJ de la page : Henry Corbin



Henry Corbin - Le Monde Imaginal (1979)



Henry Corbin - La Théologie d'Aristote (1976)

La Théologie d'Aristote est un texte de philosophie, peut-être postérieur au vie siècle1. Il est rédigé en arabe et en substance sans grand rapport avec Aristote, étant composé de traductions (depuis le grec) et interprétations, plus ou moins fidèles, d'une partie des Ennéades de Plotin (205-270) et de commentaires de Porphyre (243-v.305). Ce texte reprend ainsi la pensée néoplatonicienne grecque, mêlée sous forme de synthèse à quelques idées aristotéliciennes ou islamiques. La Théologie d'Aristote est associée à d'autres textes du même style, qui forment ensemble les fragments de la pensée du « Plotin arabe ».
Ce texte eut une forte influence sur le début de la philosophie islamique, particulièrement intéressée par la pensée d'Aristote, puis ultérieurement sur la philosophie médiévale européenne. On retrouve notamment cette influence chez les philosophes islamiques Al-Kindi, Al-Farabi ou Avicenne.
Source (et suite) du texte : wikipedia



Henry Corbin - Schiisme et Ismaélisme (1957)

vendredi 1 novembre 2019

Spiritualité, es-tu là ?






Les chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth
Spiritualité, es-tu là ? (28-31 octobre 2019)

(1/4) Bergson, quand l'esprit rencontre la matière
avec Paul-Antoine Miquel, professeur de philosophie contemporaine à l’Université de Toulouse 2- Le Mirail
(2/4) Philosophie de l'Inde, une pensée venue du ciel ?
avec Marc Ballanfat, professeur de philosophie en classes préparatoires aux grandes écoles, traducteur depuis le sanskrit et spécialiste des philosophes de l’Inde ancienne
(3/4) Le chamanisme, une expérience de l'invisible
Charles Stépanoff, ethnologue, spécialiste de la Sibérie, maître de conférences à l’Ecole pratique des hautes études (chaire « Religions de l’Asie septentrionale et de l’Arctique ») et membre du Laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France
(4/4) Le soufisme, la danse de l’âme
avec Leili Anvar, maître de conférences à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, et chroniqueuse au Monde des Religions



Paul-Antoine Miquel, Vie et relation, pour son dernier livre Vénus et Prométhée. Essai sur la relation entre l’humain et la biosphère, Ed. Kimé, 2019



Mark Ballanfant, Liliane Silburn (Fondation Ostad Elahi, 2017)
Voir aussi les pages : Liliane Silburn



Charles Stépanoff, L'animal est-il l'avenir de l'homme ? (mai 2018)



Leili Anvar et Joanna Goodale, L'envol : femme mystiques d'Orient et d'Occident (juin 2018)
 

mardi 15 janvier 2019

Le retour des Derviches - une tradition oubliée des Balkans


L’ordre mystique des derviches – un courant soufi né en Perse, prônant l’ascétisme et la tolérance – fait encore des adeptes. Ce documentaire part à la rencontre de jeunes membres de la confrérie mystique musulmane des derviches, encore vivace dans les Balkans.

L’ordre mystique des derviches fait encore des adeptes. Parmi eux, Alixhan Basha, 19 ans. Ce jeune Albanais du Kosovo, étudiant en informatique, parvient à concilier modernité et croyances traditionnelles entretenues par des rituels impressionnants, comme le transpercement des joues avec des piques. De son côté, à Tirana, Hisen Sulejmani, 29 ans, vit dans une communauté religieuse où il se consacre à la prière et à l’étude des Écritures.
Source : Arte


mardi 20 juin 2017

Il faut rechercher le véritable Islam dans le passé, et non dans le wahhabisme de Daech

MAJ de la page : Abd el-Kader

Il faut rechercher le véritable Islam dans le passé, et non dans le wahhabisme de Daech
Par Robert Fisk – Le 25 mai 2017 – Independent / Le Saker (trad.)


« L’Émir Abdelkader était un musulman, un soufi, un Cheikh, un humaniste, protecteur de son peuple contre la barbarie occidentale, protecteur des chrétiens contre la barbarie musulmane, si noble qu’Abe Lincoln lui avait envoyé une paire de pistolets Colt. »

Après le massacre de Manchester… oui, et après Nice et Paris, Mossoul et Abou Ghraib, le 7 juillet [2005 à Londres], et le massacre de Haditha – vous rappelez-vous de ces 28 civils, y compris des enfants, tués par les Marines américains, quatre de plus qu’à Manchester, mais pas une minute de silence pour eux ? Et bien sûr, le 11 septembre…

Rééquilibrer la réalité de la cruauté n’est pas une réponse, bien sûr. Juste un rappel. Tant que nous bombarderons le Moyen-Orient au lieu d’y rechercher la justice, nous serons nous aussi attaqués. Mais ce sur quoi nous devons nous concentrer, selon le monstrueux Trump, est le terrorisme, le terrorisme, le terrorisme, le terrorisme, le terrorisme. Et la peur. Et la sécurité. Ce que nous n’aurons pas tant que nous promouvons la mort dans le monde musulman et vendons des armes à ses dictateurs. Croyez au « terrorisme » et Daech gagne. Croyez en la justice et Daech est vaincu.

Je pense donc qu’il est temps de convoquer les mânes d’un homme connu sous le nom de l’Émir Abdelkader – musulman, soufi, Cheikh, guerrier redoutable, humaniste, mystique, protecteur de son peuple contre la barbarie occidentale, protecteur des chrétiens contre la barbarie musulmane, tellement courageux que l’État algérien a insisté pour que ses restes soient rapatriés au pays depuis sa bien-aimée Damas, si noble qu’Abe Lincoln lui a envoyé une paire de pistolets Colt et que les Français lui ont accordé la Grande Croix de la Légion d’honneur. Il aimait l’éducation, il admirait les philosophes grecs, il interdisait à ses combattants de détruire les livres, il adorait une religion qui croyait – considérait-il – aux droits de l’homme. Mais que tous les [rares] lecteurs qui connaissent le nom d’Abdelkader lèvent la main.

Nous devrions penser à lui maintenant plus que jamais. Il n’était pas un « modéré » parce qu’il a résisté sauvagement contre l’occupation française de sa terre. Il n’était pas un extrémiste car, durant son emprisonnement au château d’Amboise, il a décrit les chrétiens et les musulmans comme des frères. Il a été soutenu par Victor Hugo et Lord Londonderry et a gagné le respect de Louis-Napoléon Bonaparte (plus tard Napoléon III), et l’État français lui a versé une pension de 100 000 francs. Il la méritait.

vendredi 30 décembre 2016

Michel Valsan ou Mustafâ 'Abd al-Azîz

Michel Vâlsan ou Cheikh Mustafâ 'Abd al-Azîz (né Mihal Vâlsan le 1 février 1907 à Brăila, Roumanie, mort le 25/26 nov. 1974, à Antony, France) est le fondateur des études akbariennes en Occident. Ses traductions et commentaires des écrits du "plus grand des Maîtres" de l'ésotérisme islamique, le Cheikh al-Akbar Muhiy-d-Dîn Ibn Arabî, s'inscrivent dans la perspective du redressement traditionnel du monde occidental entrepris à partir de l'œuvre et de l'enseignement de René Guénon.

Employé dans le corps diplomatique roumain, il s'établit à Paris à la fin des années 30. Sa correspondance avec René Guénon le conduit à Frithjof Schuon (Cheikh 'Isâ Nûr ad-Dîn) auprès duquel il est rattaché au taçawwuf (sous le nom de Mustafâ 'Abd al-'Azîz) et dont il devient muqaddam.
En 1950, il se sépare de Cheikh 'Isâ suite aux graves déviations intervenues dans la tarîqa. Il assume la fonction de Maître spirituel (Cheikh) d'une tariqa héritière des plus grands noms du Soufisme : d'Abu-l-Hassan ach-Châdhilî, d''Abdul-Qâdir al-Jilânî, d'Ibn 'Arabî, et d'Abdu-l-Wahîd Yahyâ (René Guénon).
En sa qualité de traducteur du Cheikh al-Akbar (Muhiy-d-Dîn Ibn Arabî), il est un contributeur éminent des Études Traditionnelles, revue fondée sur l'œuvre de René Guénon (Cheikh 'Abd al-Wâhid Yahyâ), dont il fut le continuateur et " le représentant le plus direct ".
Source (et suite) du texte : wikipedia
Bibliographie des publications : Le turban noir
Extraits, commande d'ouvrages de Michel Valsan : Science sacrée


 AL-FUTUHAT AL MAKKIYYAH 
 (Les Révélations de la Mecque de Ibn Arabî)
Chap. 172
Sur la connaissance du Maqam du Tawhid (1)

Une image (dumyah)(2) s'est dressée dans le coeur
   Elle n'a ni esprit ni corps (jasad).
La profession de foi qu'elle exige y fut inscrite
   avec une encre entièrement de safran (jasad) (3)
"Un" auquel aucun "Un" ne ressemble, 
   Esseulé dans la plus belle nature !
Sa dignité est l'origine des être, 
   et Il n'est ni "pair", ni (autre) "nombre" (4).
Sur Lui repose (toute) l'Existence, 
   et notre condition est liée à Lui !
Moi, je suis le serviteur, le pauvre par Lui, 
   Lui, Il est le Bienfaiteur, le Subsistant par Soi.
Étonnez-vous de cette Sagesse existenciée !
   Par le Miséricordieux, quelles merveilles les êtres en découvrirent !
Une Sagesse qui renferme des sagesses
   dont s'emparent les jaloux quand ils sont animés de zèle.
Un Sans-Fin indique un Sans-Commencement, 
   Un Sans-Commencement que prolonge un Sans-Fin (5).
Tout ce qui court vers un terme, 
   est un voyageur sur une route sans terme.
Telle est la doctrine de l'Unicité, regardez : 
   1x1=1, un Unique multiplié par un Unique reste Un. 

jeudi 15 décembre 2016

L'épée de lumière



Les Discussions du soir par Leili Anvar
L’expérience de la mort imminente comme voyage initiatique (le 14 décembre 2016)
avec Rajâa Benamour : écrivain marocaine

Première femme de tradition musulmane à avoir raconté dans un livre en français une expérience de mort imminente et les douleurs, les visions, l’exaltation mystique que cela peut induire, Rajâa Benamour a la conviction d’être revenue des frontières de la mort avec une mémoire de ce qui s’est passé en elle. Elle est devenue une autre personne, ou plus exactement, selon ses propres mots, elle est enfin devenue elle-même. De tout cela, elle témoigne dans Sayf al-Nûr, l’épée de lumière paru aux éditions Albouraq.
Source : FC

Sayf al-Nûr : L'épée de la Lumière, Ed. Albouraq, 2016
Voici un récit saisissant dont la lecture ne laisse pas indifférent. D'une écriture poignante et délicate, l'auteure nous livre un témoignage inédit dont « l'expérience de mort imminente » a été le prélude. Lors d'un choc anesthésique en bloc opératoire, Rajâa reçoit une initiation fulgurante par la science ésotérique des lettres, au cours de laquelle ses repères et ses certitudes sont pulvérisés. Effroi, quiétude. Eclatement, ravissement. Solitude, miséricorde. Brûlure, contemplation. Avec une pudeur touchante, l'auteure nous fait vivre ces allers-retours qui la mènent vers le Beau (al-Jamîl). Succombant à la Splendeur, elle devient une amoureuse éperdue et tend ainsi à découvrir son être essentiel. À l'image d'Ibn Arabî, qui, il y a quelques siècles, écrivait : « L'Amour est ma religion et ma foi », l'auteure peut aujourd'hui humblement déclarer : « L'Amour est mon Maître. »
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : Sayf al-Nûr : L'épée de la Lumière




Rajâa Benamour, retour sur son expérience de mort imminente (Bloomingyou TV, le 6 décembre 2016)
Autre vidéo : OummaTV

 "Dieu reçoit les âmes au moment de leur mort, ainsi que celles qui ne meurent pas au cours de leur sommeil. Il retient celles dont Il a décrété la mort, tandis qu'Il renvoie les autres jusqu'à un terme déterminé. Il y a en cela des signes pour qui réfléchit". Coran 39:42


« Mon expérience de mort imminente m’a libérée de la cécité et du mensonge »
Propos recueillis par Audrey Fella, le 7 décembre 2016 - Le Monde des Religions

Le 20 novembre 2009, victime d’une erreur médicale, Rajâa Benamour fait une expérience de mort imminente qui débouche sur un vécu mystique intense. Elle est la première musulmane à en témoigner dans Sayf al-Nûr. L’épée de la Lumière*.

Cette expérience de mort imminente (EMI) a été le catalyseur d’une expérience spirituelle que vous nommez « L’épée de la Lumière ». Pourriez-vous préciser ce dont il s’agit ?

Cette EMI a fait tomber toutes mes barrières psychologiques et libéré mon être. Elle m’a transformée. Elle est à l’origine d’une expérience spirituelle, qui fut incontestablement une expérience de Ta’wil, d’herméneutique [interprétation des textes, ndlr]. Le Ta’wil est l’aboutissement d’effusions spéculatives par lequel le sens caché des textes religieux ou philosophiques se révèle à la connaissance, en dévoilant son contenu essentiel. Rapporté à l’âme, il est son cheminement qui remonte à son sens originel pour faire surgir l’essence la plus insondable de l’être. L’épée de la Lumière n’est pas un titre pour faire joli. J’ai vraiment été transpercée au centre de mon crâne par une épée faite de Sa Lumière, en référence à l’un des 99 Noms Divins, al-Nûr. Elle est arrivée des confins des cieux pour pulvériser mes repères et mes certitudes vainement acquises pendant des années. J’ai alors fait l’expérience de la « gustation », car ce n’est pas tant mon palais qui a été modifié, mais le nectar. J’ai goûté et j’ai cessé d’être une étrangère à moi-même.

lundi 7 novembre 2016

Le héraut du qawwali



Documentaires Une vie, une oeuvre par Irène Omélianenko
Nusrat Fateh Ali Khan (1948-1997) : le héraut du qawwali (5 novembre 2016)
Avec
Pierre-Alain Baud : chercheur et conseiller artistique
Saïda Haider : spécialiste pakistanaise du qawwali.
Soudabeh Kia : conseillère artistique au théâtre de la ville.
Martina Catella : musicienne, musicologue, directrice du centre de recherche et de formation vocale "Les Glotte-Trotters".
Bibliographie :
Pierre-Alain Baud, Nusrat Fateh Ali Khan : Le messager du qawwali, Ed. Baud, 2008
Commande sur Amazon : Nusrat Fateh Ali Khan : Le messager du qawwali


Nusrat Fateh Ali Khan (13 octobre 1948 à Lyallpur (aujourd’hui Faisalabad), Pendjab pakistanais - 16 août 1997 à Londres en Angleterre), est un musicien pakistanais, maître de qawwalî, un style musical soufi.
Sa famille de musiciens – vieille d’une tradition de près de 700 ans – d’origine indienne s’est installée, un an avant sa naissance, dans l’État récemment créé du Pakistan (en 1947, à l’issue de la partition du Cachemire avec l’Inde). Le père de Nusrat, musicologue, musicien et chanteur renommé, mais patriarche distant, se consacrant exclusivement à la musique, ne croit pas aux capacités de vocaliste de son fils et le destine à une carrière de médecin ou d’ingénieur. Il considère surtout que devenir musicien ne garantira à l’enfant ni statut social ni aisance financière. Mais l’enfant, nimbé d’une intense atmosphère musicale dès ses premières années, ne peut échapper à son destin. Il se glisse ainsi subrepticement dans les couloirs de la maison pour assister en élève clandestin aux cours dispensés par son père.
Source (et suite) du texte : wikipedia



Compilation de ses plus grands succès



Jérôme de Missolz, Nusrat Fateh Ali Khan, Le Dernier Prophete (The Last Prophet)



Nusrat Fateh Ali Khan (Paris, 21 mars 1988) + Playlist
 

mercredi 20 avril 2016

La tradition du shath dans la mystique musulmane



Les Vivants et les Dieux par  Michel Cazenave
La tradition du shath dans la mystique musulmane (4 novembre 2006)

Le shath est l'expression paradoxale, provocante, et parfois quasi blasphématoire par laquelle les mystiques musulmans des premiers siècles ont souvent essayé de rendre compte de leur expérience - jusqu'à ce que cette forme de locution s'affadisse dans une poésie contenue, ou soit tout simplement condamnée par les docteurs de la loi.
Avec Leili Anvar-Chanderoff. Maître de conférence aux Langues'O et Pierre Lory, Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes.



Culture d'Islam par Abdennour Bidar (France culture, 2015)
Le rêve et son interprétation en Islam
avec Pierre Lory, Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes.
Pour son livre, Le rêve et son interprétation en Islam (2003), Ed. Albin Michel, 2015
Commande sur Amazon : Le rêve et ses interprétations en islam


Pierre Lory est directeur d'études à l'École pratique des hautes études détenteur de la chaire de Mystique musulmane de la Ve section Sciences religieuses.
Source (et suite) du texte, bibliographie : wikipedia

dimanche 17 janvier 2016

La confrérie des Alawiya

MAJ de la page : al-Alawi



Les Racines du ciel par Leili Anvar
La confrérie des Alawiya 17.01.2016
Avec Eric Geoffroy, islamologue et spécialiste du soufisme,  à propos de la tarîqa Alawiya, confrérie soufie fondée en 1909 par le cheikh Ahmed al-Alawi (1869-1934) à Mostaganem.
 

cheikh Ahmed al-Alawi (centre), 1927

jeudi 10 décembre 2015

Henry Corbin raconté par Tom Cheetham

MAJ de la page : Henri Corbin



Cultures d'Islam par Abdennour Bidar
Henry Corbin raconté par Tom Cheetham 06.12.2015
Il était une fois Henry Corbin, d'abord élève des plus grands  - Etienne Gilson, Louis Massignon - premier traducteur en français de l'œuvre de Martin Heidegger (Qu'est-ce que la métaphysique ?) et finalement amoureux fou des mystiques persans héritiers aussi bien du mazdéisme que du platonisme ; et qui vont constituer autour de la figure majeure de Sohravardi (1154-1191), le shaykh al Ishraq (maître de l'Illumination) le creuset d'une gnose de première puissance où va se trouver anticipé et approfondi selon Corbin le sens véritable du fameux Dasein de Heidegger.

Nous recevons Hélène Senglard-Foreman qui a traduit dans un français très fluide L’envers du monde, le livre de Tom Cheetham (Ed. Entrelacs, 2014) dont nous parlons aujourd'hui, un livre extrêmement pédagogue et profond qui nous conduit pas à pas dans l'œuvre de Corbin et vers le mystère lumineux qu'il a constamment poursuivi.
Source : FC
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samedi 7 novembre 2015

Interview entière du maître soufi Dr. Javad Nurbakhsh

MAJ de la page : Javad Nurbakhsh





Entretien réalisé en Mars 2008. Dr. Javad Nurbakhsh, maître de la confrérie soufie Nématollahi, en compagnie de son fils et succèsseur Dr. Alireza Nurbakhsh, réponds à des questions sur le soufisme. Entretien réalisé par Llew Smith de Vital Pictures et gracieusement mis à la disposition du site web Nématollahi

En francais :
Dr. Javad Nurbakhsh, Dans la taverne de la ruine, Ed. du Relié, 2008
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dimanche 4 octobre 2015

Ecoute le ney



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
Ecoute le ney 04.10.2015
Série Grands témoins : KUDSI ERGÜNER

Joueur de ney de renommée mondiale, Kudsi Ergüner est aussi maître du Mevlevi traditionnel, cet ordre musulman soufi fondé à Konya au XIIIe siècle par Jalal al-Din Rumi, dont les membres sont souvent appelés « derviches tourneurs".
Source : FC
Discographie : wikipedia
 


Kudsi Erguner - Ney Taksim



Kudsi Erguner - Yol

samedi 6 juin 2015

Rajab Borsi



Radî al-dîn Rajab Muhammad ibn Rajab al-Hâfiz al-Borsî al Hillî, originaire de Bors, village situé sur une hauteur surplombant l'Euphrate à mi chemin entre Coufa et Hilla, est un philosophe chiite né vers 743/1342 et mort vers 813/1411, auteur notamment des Orients des Lumières 768/1367.


Bibliographie (en fr) :
- Les Orients des Lumières, trad. Henri Corbin, Ed. Verdier, 1996


Chap. 1 : Sur l'Etre (extrait).
L'être comprend deux sections : particulière et générale, et le genre de l'être est attribué à l'un et à l'autre. La différence entre nécessaire par un autre et nécessaire par soi-même fait la séparation entre les deux et est ce qui les distingue. L'Etre absolu est l'être de l'Etre divin dont l'exister est identique à son Essence et à sa réalité même. Il n'a jamais cessé et ne cessera jamais d'être ce qu'il est, à Lui seul, à jamais. Tandis que l'être de ce qui est autre que Lui fait partie de Lui, existe par Lui, existe à partir de Lui, c'est l'être déterminé. Mais l'essence de l'Etre divin n'est pas un objet de connaissance possible pour l'être humain. Sinon, le nécessaire par un autre engloberait le nécessaire par soi-même ce qui est absurde. Où donc est la terre par rapport au Seigneur des Seigneurs ? Il ne reste donc que la connaissance de l'être déterminé.

Chap. VIII : Les Prophètes (extrait).
Comme il est dit dans un poème :
Combien les pensées sont impuissantes à qualifier le fond de son être, 
Combien le commentaire est pauvre pour exprimer la totalité du sens !

Chap. XVIII : Sur l'Un, l'Unique, et l'Unicité de l'Un (extrait).
L'un absolu (al-Ahad), c'est le nom de l'Essence impliquant la négation de la pluralité des Attributs ou qualifications. L'Unique (al-Wâhid), c'est le nom de l'Essence, avec l'affirmation de la pluralité des Attributs. L'Unicité (al-wahdâniyya), c'est l'attribut ou la qualification du Wâhid (l'Unique, le premier à être). Le Wâhid, c'est l'attribut du Ahad  - que le Ahad prie sur le Wahid - c'est son secret, son attribut, sa lumière. Al-Wâhid est le premier des nombres. Al-Ahad est l'ésotérique de l'Unique (al-Wahid), il est son sens caché. L'Unique qui émane de la réalité de l'Un Absolu est la Réalité foncière des existants, l'Un Absolu nimbé de Majesté. Al-Wâhid est l'Intelligence Agente. Gloire à Al-Ahad dans son Unitude, laquelle est illimitable. Exaltée soit l'Unité (Wâhid). Absolue en son unicité qui n'est pas nombrable. Sacro-saint est l’Éternel en son éternité, laquelle n'a ni avant ni après. Gloire au vraiment adoré en sa divinité à laquelle tout appartient : acte de posséder, chose possédée, adorateur.

Chap.  XIX : Prophétie et Walâya (extrait).
L'Un-qui-est-dans-l'être (al-Wahid) est manifesté à partir de l'Un absolu (al-Ahad). A partir de l'Un-qui-est, émanent les autres nombres, et cela de la même manière que la ligne est manifestée à partir du point, la surface à partir de la ligne, le volume à partir de l'un et de l'autre - et de la même manière que les lettres à partir du point, le Discours à partir des lettres, les significations à partir du Discours, et le Tout à partir d'un Unique (wâhid) par lequel ce Tout commence et auquel ce Tout revient : "Leur commencement est en Toi, leur retour est en Toi".
Extraits de : Les Orient des Lumières
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mercredi 3 juin 2015

Les Mille et une Turquie


LES MILLE ET UNE TURQUIE
La Cappadoce et l’Anatolie du Sud-Est (Allemagne, 2015)
Mille et une Turquie, mais une beauté unique : à la découverte des sites et paysages de la porte de l'Orient. Partant d'Antalya, on s'enfonce à l'intérieur des terres en direction d'Isparta. La région alentour s’est spécialisée dans la production des roses de Damas. Plus loin à Konya, découverte du monastère de Mevlana, poète et père des derviches tourneurs.

Partant d'Antalya, on s'enfonce à l'intérieur des terres en direction d'Isparta. La région alentour s’est spécialisée dans la production des roses de Damas, dont la fragrance est prisée depuis l'Antiquité. Plus loin à Konya, découverte du deuxième site le plus visité  de Turquie : le monastère de Mevlana, poète et père des derviches tourneurs. L'occasion d'assister à une prestation de derviches d'aujourd'hui.  Puis cap sur le cœur de la Cappadoce et le parc national de Göreme. Classé au patrimoine mondial naturel de l'Unesco, il est célèbre pour ses cheminées de fée et ses sanctuaires rupestres. Le sud-est de l'Anatolie est connu pour ses olives et ses pistaches. Ces dernières entrent dans la composition du délicieux baklava. Dernière étape à Samandag, tout près de la frontière syrienne. Ici chrétiens, juifs, alévis et sunnites vivent en parfaite harmonie.
Source : Arte

dimanche 8 mars 2015

Les dimensions spirituelles du chi'isme



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
Les dimensions spirituelles du chi'isme avec Mohammad Ali Amir-Moezzi 08.03.2015
Avec Mohammad Ali Amir-Moezzi, professeur des universités, agrégé d’arabe, diplôme de l’Institut des Langues Orientales, Docteur ès-Lettres, est Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes à la Sorbonne, spécialiste de la pensée islamique classique.
Bibliographie : wikipedia

samedi 7 février 2015

Qu'est-ce qu'une confrérie soufie ?



Cultures d'Islam par Abdelwahab Meddeb, Abdennour Bidar
Qu'est-ce qu'une confrérie soufie ? 06.02.2015
avec Cheikh Khaled Bentounès, écrivain, conférencier

Le Cheikh Khaled Bentounès, né en 1949 à Mostaganem, est depuis 1975 le guide spirituel de la confrérie soufie Alawiyya, une chaîne spirituelle ininterrompue remontant à travers le temps, de maître à maître, jusqu'au prophète Mahomet[réf. nécessaire] et qui compte plusieurs milliers d'affiliés dans le monde.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Bibliographie ; wikipedia
Site officiel : AISA / AISA Suisse

lundi 27 octobre 2014

Mawlây aI- 'Arabi ad-Darqawî

L'auteur des lettres dont nous présentons ici la traduction française, le sheikh al-'Arabt' ad-Darqâwî al- Hassani, vécut au Maroc et y mourut en 1239 de l'hégire (1823) à l'âge d'environ quatre-vingts ans. Son souvenir est toujours vivant; chaque année encore son tombeau a Bou Berîb, chez les Beni Zarwâl, attire une foule de pèlerins. Quant aux historiens modernes du Maghreb et aux islamologues, ils n'ignorent pasle rôle du célèbre sheikh comme rénovateur de l'ordre shâdhilite, dont le premier essor, au septième siècle de l'hégire, était également parti du Maroc pour gagner presque tout le monde musulman. (...)
Mawlây aI- 'Arabi ad-Darqdwî se réfère souvent à son propre maître, le sherîf  Abul-Hassan 'Ah ben 'Abd- Alldh al-'Imrdnî al-Hassani, surnommé al-Jamal (le chameau). Ce maître, qu'il rencontra à Fès en 1182(1767/68), vivait dans l'obscurité, connu par quelques disciples seulement. On le considère cependant comme un des grands "pôles" de l'ordre shâdhilite dans le Maghreb. Mais c'est à son disciple al-'Arabi ad- Darqdwî qu'il échut de répandre l'héritage spirituel de la tarîqah shâdhiliyyah dans tout le Maghreb et au delà.
Extrait de la préface de Titus Burckhardt : Lettres d'un maître soufi, le Sheikh Al'Arabi Ad-Darqâwi, Ed. Arche Milano, 1978
Source : scribd
Autre biographie : wikipedia 


Bibliographie :
- Lettres d'un maître soufi, le Sheikh Al'Arabi Ad-Darqâwi (trad. Titus Burckhardt), Ed. Arche Milano, 1978 (Epuisé)
- Lettres sur la Voie spirituelle : Al-Rasâ'il, Ed. La Caravane, 2004
- Lettres sur le Prophète et autres lettres sur la Voie spirituelle (trad.Tayeb Chouiref), Ed. Tasnîm, 2010
Biographie :
Zerki Mostafa, Un saint marocain du XIXe siècle, Ed. L'Harmattan, 2013


25
An-nafs (l'âme, la psyché) et ar-rûh (l'esprit) sont deux noms désignant une seule et même chose; faite de l'essence même de la lumière, mais Dieu est plus savant. Elle se dédouble, cette chose, en vertu de deux qualités opposées, qui sont la pureté et le trouble, car la nafs, tant qu'elle subsiste, est troublée, et c'est sous ce rapport qu'elle porte son nom; mais si son trouble disparaît et qu'elle devient pure substance, elle est vraiment appelée rûh. Nous voyons d'ailleurs que les deux s'attirent mutuellement, car ils sont proches l'un de l'autre, et tous les deux sont en principe doués de beauté, de vertu et d'équilibre. Or, si Dieu veut sanctifier un de Ses serviteurs, Il marie en lui esprit et âme, c'est-à-dire, Il fait que l'un prenne possession de l'autre, ce qui se produit quand l'âme revient de ses passions qui l'avaient éloignée de sa vraie parenté et de sa patrie, qui l'avaient arrachée de sa vertu, sa bonté, sa beauté, sa noblesse, sa supériorité et son élévation et de tout ce dont son Seigneur l'avait comblée, jusqu'à ce qu'elle niât sa propre origine et ne pût plus la sonder; or, si elle ne reste plus dans cet état mais le quitte et en revient entièrement, l'esprit la transporte et lui transmet ses vérités et secrets que Dieu lui inspire, et qui n'ont pas de fin. Dans la mesure même où elle quitte ses passions, se renforce l'effusion de l'esprit de la part de son Seigneur, de sorte que les noces de l'esprit et de l'âme se multiplient, ainsi que leurs fruits, à savoir les sciences infuses et les actions qui en naissent. La jouissance de cela ne peut que porter l'homme à contrarier l'âme (passionnelle) et à entraîner celle-ci malgré ses répulsions, ses rebuffades et ses exécrations, car un tel comportement est rendu facile à l'homme par tout ce qu'il y voit de"lumières", "secrets" et "profits' spirituels.
26
L'Esprit (rûh) est de nature lumineuse, issu de l'essence même de la lumière (mais Dieu est plus savant). Or l'on sait sans aucun doute que Dieu "saisit une portion de Sa lumière et lui dit : sois Muhammad" (1). C'est ainsi qu'Il (l'Esprit) devint, et de sa lumière furent créées toutes choses; comprends cela. Or, l'Esprit n'est rien d'autre que l'âme (nafs),qui ne se troubla que parce qu'elle s'appuie sur le monde de la corruption; si elle quittait ce monde et s'en séparait, elle rejoindrait la patrie dont elle est venue, à savoir la Présence seigneuriale. Le vénérable maître, le saint Abu Zayîd'Abd ar-Rahmân, le fou de Dieu (2) dit au sujet d'elle :
"D'oû viens-tu, ô toi douée d'esprit, Embrasée d'amour, spirituellement, Immobile dans le déploiement de ta gloire, Seigneuriale dans tous tes états ?"
(1) Parole du Prophète (hadith).
(2) Al-majdhub) surnom du célèbre soufi et poète marocain 'Abdur-Rahmân al-Majdhûb, un des pôles de la chaîne shâdilite. Il vécut au 16e siècle.

27
L'imagination (wahm) est chose vaine, mais Dieu la disposa en vue d'une grande sagesse. Chaque chose, d'ailleurs, comporte un grand secret et un aspect évident, puisqu'il est dit (dans le Coran): "Notre Seigneur, Tu n'as pas créé cela en vain, exalté sois-Tu" (III, 191); "pensiez-vous donc que Nous vous avons créés par vain jeu ?" (XXIII, 117). Loin soit de notre Seigneur une telle chose; Dieu est au-dessus de cela. Telle est la nature de l'imagination que si tu ne la subjugues pas, c'est-à-dire, si tu ne lui imposes pas ton avis, elle te subjuguera inévitablement et t'imposera le sien; si tu ne nies pas son opinion, elle niera la tienne. Or, elle n'est rien; cependant, si tu écoutes son discours, il affaiblira ta certitude (spirituelle) et t'en détournera vers d'autres chemins. Mais si tu n'écoutes pas son discours, ta lumière intérieure croîtra; par sa croissance, ta certitude s'affermira; par son affermissement, ta volonté spirituelle s'élèvera, et par son élévation tu atteindras ton Seigneur, et L'atteindre c'est Le connaître. Pour les voyageurs vers Dieu qui n'écoutent pas le discours de l'imagination et n'en suivent pas les opinions, elle est comme un vent puissant qui vient à l'aide des marins, de sorte qu'ils arrivent en une heure là où d'autres n'arrivent qu'après un voyage d'un mois ou d'une année. Par contre, celui qui s'arrête au discours et aux opinions (de l'imagination) demeure empêché en route, comme il arrive également aux marins. Tel est son effet (1).
Nous constatons que celui qui abandonne ce qui ne le concerne pas, se suffit de la moindre chose pour sa subsistance, tandis que celui qui ne l'abandonne pas n'aura jamais tout ce qu'il lui faut, quoi qu'il fasse.
(1) Comme faculté plastique de l'âme, l'imagination peut être réceptive à l'égard des vérités spirituelles comme elle peut être réceptive à l'égard du "monde". Ce n'est pas que l'homme mondain possède une imagination trop puissante; tout au contraire, ce qui le caractérise, c'est une imagination entraînée et entravée par les objets de ses désirs.
Extrait de la préface de : Lettres d'un maître soufi, le Sheikh Al'Arabi Ad-Darqâwi (trad. Titus Burckhardt), Ed. Arché Milano, 1978 (Epuisé)
Source : scribd

dimanche 26 octobre 2014

La voie de l'amour soufi avec Idrîs de Vos



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
La voie de l'amour soufi avec Idrîs de Vos (26.10.2014)


Idrîs de Vos est un auteur, traducteur et conférencier spécialisé, dans le soufisme, né dans la région parisienne en 1975. Il est connu dans son domaine pour ses nombreuses études et traductions, notamment de Abû Hamid Al-Ghazalî, et plus particulièrement pour une recherche sur l'amour dans la mystique musulmane intitulé L'Amour universel, un cheminement soufi.
Issu d'une famille convertie à l'islam par le biais du soufisme, Idrîs de Vos est le petit-fils de Maurice Gloton, lui-même très connu dans le milieu de la mystique musulmane française pour ses ouvrages, notamment pour ses traductions d'Ibn Arabi. Il est le fils de Philippe de Vos, conférencier et écrivain, auteur d'ouvrages sur le soufisme, et représentant français de la voie naqshabandiya. Il est également le beau-fils du Cheikh Mustapha Bassir, de la voie darqawiya au Maroc.
Après le baccalauréat, il suit des études en langue et civilisation arabe à Paris IV Sorbonne. Il obtient sa Maîtrise en l'an 20004. C'est à Fès, puis dans la Zawiya de Sidi Ibrahim Bassir au Maroc qu'il complète ses études tout en se plongeant dans le milieu soufi Marocain.
Source (et suite) du texte : wikipedia

Bibliographie :
- L’amour universel, un cheminement soufi, Ed. Al-Bouraq, 2013
- Éloges du Prophète, Ed. Actes-sud/ collection Sindbad, 2011
- La poésie arabo-andalouse, Ed. Al-Bouraq, 2013
- Les franges du jour, Ed. Les Murailles 2003.
Bibliographie complète (traductions, ...) : Idris Devos
Site officiel : Idris Devos


Les Cahiers de l'Islam : Quelle est la nature de cet amour ? Comment le définir ? Comment peut-on comprendre l’amour mystique par rapport à l’amour tout court ?

Idrîs de Vos : Selon un avis partagé par les plus grands maîtres soufis, l’ipséité de l’amour demeure indéfinissable, car elle n’est autre qu’un Attribut impénétrable de l’Être divin, dont l’un des noms est précisément l’Aimant (al-Wadûd). Roumi dit en ce sens :

De l’arcane divin, 
L’astrolabe est l’amour : 
Son essence il est vain 
De vouloir mettre à jour ! [10]

C’est aussi l’avis d’Ibn ‘Arabî qui développe ce point dans le chapitre de l’amour de son ouvrage Al-Futûhât al-Makkiya :
« Quiconque tenterait de définir l’amour ne le ferait qu’à l’aide des fruits qu’il produit, des traces qu’il laisse et des conséquences qui lui sont inhérentes. Parce qu’il demeure un attribut de la parfaite et inaccessible puissance relevant de Dieu Lui-même. »

L’amour est donc d’essence divine et unique en son principe. Néanmoins, il se décline en une infinitude de formes en la création.
L’amour mystique ne se distingue donc pas de l’amour « ordinaire » en son principe. Mais il s’en distingue en son objet. Rapportant tout objet d’amour à Dieu, il voit en la multiplicité de ces objets autant de manifestation de l’Aimé Eternel. C’est donc par la conscience de la réalité de son amour que l’amant mystique se distingue de l’amant profane. Il s’en distingue aussi par la plus grande universalité de son amour, car il apprend à reconnaître Dieu dans une plus grande variété de formes.
Source (et entretien entier) : Les cahiers de l'Islam




Entretien avec Idris de Vos sur l'amour universel comme un cheminement spirituel (Espace européen des cultures arabo-musulmanes, 2014)



Zawiya Bassiriya-Darqawiya (Bani Ayat - Marocco. 2013)
Suites : Umar F
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