Iran : pourquoi une haine si tenace ?
Par Richard Labevière, le 14 octobre 2019 - Proche et Moyen Orient
Il est très curieux de voir l’ensemble des dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, reprendre sans la moindre distance la rhétorique américaine – « l’Iran ne doit pas acquérir la bombe atomique » -, comme si l’accord signé le 14 juillet 2015 à Vienne, après plus de quinze années d’âpres négociations, n’avait jamais – oui, jamais – existé ! Et pourtant, cette négociation a été menée, qui plus est, en format « Cinq-plus-un », c’est-à-dire avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (dont les Etats-Unis) et l’Allemagne… Donc, on ne parle pas d’un accord mineur mais bien du résultat de l’une des plus grandes négociations de l’après-Guerre froide.
Cette diplomatie de perroquet – l’Iran ne doit pas, etc. – pose d’autant plus de problème qu’elle ne comporte aucune dimension multilatérale régionale. Ainsi, Israël peut, quant à lui, disposer de quelques trois cents têtes nucléaires sans être l’objet de la moindre critique ni menace, sans être soumis à la moindre inspection de l’Agence internationale atomique (AIEA), puisque qu’il n’a jamais été question que Tel-Aviv signe le Traité de non-prolifération (TNP).
Sans compter qu’en pleine Guerre froide, les Etats-Unis ont effectué des transferts de technologie pour que le Pakistan fabrique sa propre bombe atomique face à une Inde devenue une puissance nucléaire, à l’époque soutenue par l’URSS. Aujourd’hui, et en flagrante violation du TNP – le fait est confirmé par plusieurs agences européennes et arabes de renseignement -, Washington transfert aussi les technologies nécessaires pour que l’Arabie saoudite lance son propre programme nucléaire.
Dans ces conditions, pourquoi l’Iran représenterait-il une menace exceptionnelle, sinon planétaire ? Pourquoi la bombe iranienne serait-elle plus menaçante que les bombes israélienne ou pakistanaise ? La réponse à la question sent – à l’évidence -, plus le pétrole et le gaz que l’uranium enrichi. Et, plus que des considérations directement militaires, ce sont bien davantage des enjeux énergétiques qui dictent l’agenda diplomatique, la rhétorique occidentale, sinon une haine viscérale et incompréhensible envers un Iran diabolisé comme la pire des menaces au monde.
Ainsi, Washington cherche à empêcher, par tous les moyens, l’exportation des hydrocarbures iraniens et russes, comme à ralentir, sinon à saboter les gazoducs qui échappent à son contrôle.
Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
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mercredi 16 octobre 2019
vendredi 8 juin 2018
BHL faux philosophe, vrai va-t-en guerre
La dernière fake-news de BHL pour diaboliser l'Iran (dans l'optique d'une guerre ?) démontée minutieusement par Olivier Berruyer sur le site Les Crises.
Partie I.
07/04/18 : BHL chez Ruquier
Extrait du livre de BHL Les cinq rois
Un premier Factchecking par CheckNews de Libération
Éléments d’explication
Partie II.
La Réponse de BHL à CheckNews
Factchecking de la réponse de BHL par O. Berruyer
Partie III.
L’avis des iranologues sur BHL
BHL : Bon Aryen ou Mauvais à tout ?
À vous de jouer !
Épilogue
BHL interviewé par Laurent Ruquier (France 2, On est pas couché, 7 avril 2018) - à partir de 8'20''
"Le 21 mars 1935, la Perse décide de changer de nom et de s’appeler l’Iran sur ordre de l’Allemagne. Pourquoi ? Parce que Iran, en persan, en farsi, ça veut dire “le pays des Aryens”. Et, comme elle est à l’époque en pleine ascension, l’Allemagne nazie propose aux Persans “le deal du siècle”. L’Allemagne nazie dit aux Persans : « On va faire, vous les Aryens de l’Est, nous on fera les Aryens de l’Ouest, on va faire une chouette aventure commune, on va dominer le monde ! » Et les Iraniens acceptent le deal, et on a cette espèce de “coup d‘État sémantique” incroyable !
Parce que la Perse ce n’est pas rien. La Perse c’est une poésie, c’est des porcelaines, c’est un art extraordinaire, c’est tellement de choses, c’est une civilisation immense, c’est la civilisation achéménide, c’est un passé glorieux, La Perse décide ce jour-là de tirer un trait sur ce passé-là pour s’aligner sur l’Allemagne nazie. (...)
En 58 il y a un débat national qui se déroule en Iran avec des tas de gens qui disent : « Attendez, ça va on s'est appelé pendant 2000 ans la Perse, ça fait 20 ans qu'on porte ce nom terrible [Iran], on va revenir au nom ancien », ça n'a pas marché (...)
Le seul endroit où la dénazification ne s’est pas opérée, c’est le monde chiite, la Perse,"
Assertions complètement fausses.
Le mot Iran est antérieur de plusieurs siècles au mot Perse (qui est une désignation occidentale). Ce n'est pas sur ordre que l'on est revenu à l'ancienne dénomination (Iran) et le pays n'a jamais eu de pacte avec l'Allemagne nazie pour une domination du monde.
Cette volonté de nazification de l'Iran ressemble à une tentative de manipulation, mais ne sous-estimons pas l'incompétence de BHL. Pour rappel, l'affaire Botul :
Frédéric Pagès, président de l'Association des amis de Jean-Baptise Botul (Médiapart, 2010)
C'est aussi [autre point commun entre Botul et BHL] une question philosophique que l'on peut se poser : est-ce que BHL existe (en tant que philosophe) ?
Jean-Baptiste Botul est un philosophe fictif créé en 1995 par Frédéric Pagès et ses amis de l'Association des amis de Jean-Baptiste Botul. Originellement, l’œuvre de Botul constitue un canular littéraire. Botul et sa théorie philosophique (le botulisme) étant une plaisanterie renvoyant au botulisme, une grave intoxication à la toxine botulique. (...)
Le caractère fictif de Jean-Baptiste Botul n'a pas été décelé par des auteurs tels que Bernard-Henri Lévy, qui cite abondamment La Vie sexuelle d'Emmanuel Kant dans l'argumentaire qu'il développe dans De la guerre en philosophie, paru en février 2010.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Lire aussi les dossiers de Le Monde diplomatique : L'imposture BHL
de Acrimed : Les aventures de BHL
Norman Finkelstein : Que dire d'un pays qui pense que BHL est un philosophe ?
L'article de Pascal Boniface : BHL n’est pas seulement ridicule, il est surtout dangereux
Arielle Domsballe sur BHL (Complément d'enquête, 2014) - à partir de 5'
- Quand je vois son regard extraordinairement fixe, comme ça, et une espèce de chose..., avec un horizon très lointain, et dur, je me dis : ah, là, il y a de la chimie qui est passé par là.
- BHL se drogue ?
- Il a recours, je vous dis, à des armes. Ce qui est important pour lui c'est son oeuvre et ce sont ses combats, et par conséquent tout est permis pour arriver à ses fins. C'est un grand stratège (sic).
Partie I.
07/04/18 : BHL chez Ruquier
Extrait du livre de BHL Les cinq rois
Un premier Factchecking par CheckNews de Libération
Éléments d’explication
Partie II.
La Réponse de BHL à CheckNews
Factchecking de la réponse de BHL par O. Berruyer
Partie III.
L’avis des iranologues sur BHL
BHL : Bon Aryen ou Mauvais à tout ?
À vous de jouer !
Épilogue
BHL interviewé par Laurent Ruquier (France 2, On est pas couché, 7 avril 2018) - à partir de 8'20''
"Le 21 mars 1935, la Perse décide de changer de nom et de s’appeler l’Iran sur ordre de l’Allemagne. Pourquoi ? Parce que Iran, en persan, en farsi, ça veut dire “le pays des Aryens”. Et, comme elle est à l’époque en pleine ascension, l’Allemagne nazie propose aux Persans “le deal du siècle”. L’Allemagne nazie dit aux Persans : « On va faire, vous les Aryens de l’Est, nous on fera les Aryens de l’Ouest, on va faire une chouette aventure commune, on va dominer le monde ! » Et les Iraniens acceptent le deal, et on a cette espèce de “coup d‘État sémantique” incroyable !
Parce que la Perse ce n’est pas rien. La Perse c’est une poésie, c’est des porcelaines, c’est un art extraordinaire, c’est tellement de choses, c’est une civilisation immense, c’est la civilisation achéménide, c’est un passé glorieux, La Perse décide ce jour-là de tirer un trait sur ce passé-là pour s’aligner sur l’Allemagne nazie. (...)
En 58 il y a un débat national qui se déroule en Iran avec des tas de gens qui disent : « Attendez, ça va on s'est appelé pendant 2000 ans la Perse, ça fait 20 ans qu'on porte ce nom terrible [Iran], on va revenir au nom ancien », ça n'a pas marché (...)
Le seul endroit où la dénazification ne s’est pas opérée, c’est le monde chiite, la Perse,"
Assertions complètement fausses.
Le mot Iran est antérieur de plusieurs siècles au mot Perse (qui est une désignation occidentale). Ce n'est pas sur ordre que l'on est revenu à l'ancienne dénomination (Iran) et le pays n'a jamais eu de pacte avec l'Allemagne nazie pour une domination du monde.
Cette volonté de nazification de l'Iran ressemble à une tentative de manipulation, mais ne sous-estimons pas l'incompétence de BHL. Pour rappel, l'affaire Botul :
Frédéric Pagès, président de l'Association des amis de Jean-Baptise Botul (Médiapart, 2010)
C'est aussi [autre point commun entre Botul et BHL] une question philosophique que l'on peut se poser : est-ce que BHL existe (en tant que philosophe) ?
Jean-Baptiste Botul est un philosophe fictif créé en 1995 par Frédéric Pagès et ses amis de l'Association des amis de Jean-Baptiste Botul. Originellement, l’œuvre de Botul constitue un canular littéraire. Botul et sa théorie philosophique (le botulisme) étant une plaisanterie renvoyant au botulisme, une grave intoxication à la toxine botulique. (...)
Le caractère fictif de Jean-Baptiste Botul n'a pas été décelé par des auteurs tels que Bernard-Henri Lévy, qui cite abondamment La Vie sexuelle d'Emmanuel Kant dans l'argumentaire qu'il développe dans De la guerre en philosophie, paru en février 2010.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Lire aussi les dossiers de Le Monde diplomatique : L'imposture BHL
de Acrimed : Les aventures de BHL
Norman Finkelstein : Que dire d'un pays qui pense que BHL est un philosophe ?
L'article de Pascal Boniface : BHL n’est pas seulement ridicule, il est surtout dangereux
* * *
Sans oublier son addiction aux amphétamines.
Arielle Domsballe sur BHL (Complément d'enquête, 2014) - à partir de 5'
- Quand je vois son regard extraordinairement fixe, comme ça, et une espèce de chose..., avec un horizon très lointain, et dur, je me dis : ah, là, il y a de la chimie qui est passé par là.
- BHL se drogue ?
- Il a recours, je vous dis, à des armes. Ce qui est important pour lui c'est son oeuvre et ce sont ses combats, et par conséquent tout est permis pour arriver à ses fins. C'est un grand stratège (sic).
BHL en plein combat, en Lybie.
Vêtements et chaussures des soldats immaculés (plis sur le pantalon),
coiffures impeccables.
mercredi 18 octobre 2017
Le Président Trump fait battre les tambours de guerre contre l’Iran
Le Président Trump fait battre les tambours de guerre contre l’Iran
Par Ron Paul, le 17 octobre 2017 - Ron Paul Institut / Arrêt sur info (trad.)
Le Président Trump a fait preuve d’une incohérence notoire en politique étrangère. Il a fait campagne et gagné la présidence à grand renfort de promesses : restaurer les relations avec la Russie, se retirer de guerres impossibles à gagner, comme en Afghanistan, et mettre fin à la politique américaine d’édification de nations outre-mer, qui ont démontré leur inefficacité. Une fois en fonction, il a mené des politiques diamétralement opposées à celles promises pendant sa campagne. Malheureusement, l’Iran compte au nombre des rares régions où le président s’est montré d’une parfaite cohérence. En se trompant sur toute la ligne.
Dans son discours présidentiel la semaine dernière, il a exprimé son opinion : l’Iran n’est pas « fidèle à l’esprit » de l’accord nucléaire de 2015 ; il va donc se tourner vers le Congrès pour faire appliquer de nouvelles sanctions contre l’Iran en vue, espère-t-il, de carrément retirer les États-Unis de cet accord.
Presque chacune des assertions de ce discours se sont avérées incorrectes – on en était gênés pour lui. L’Iran n’est pas allié à Al-Qaïda, comme l’a prétendu le président. L’argent que le président Obama a envoyé aux Iraniens, c’était le leur : en grande partie un acompte versé aux États-Unis pour des avions de chasse jamais livrés, à l’époque où, en 1979, l’Iran est passé du statut d’ami à ennemi. Le président prétend tout aussi faussement que l’Iran a l’intention de faire des États-Unis la cible du terrorisme. Il prétend que l’Iran a « alimenté la violence sectaire en Irak » ; or, ce sont les milices iraniennes qui, en 2014, ont empêché l’EI de prendre Bagdad. Je ne relèverai pas toutes les autres fausses déclarations relevées dans le discours du président : elles sont trop nombreuses.
Comment a-t-il pu se tromper aussi grossièrement sur l’Iran, et sur des points aussi fondamentaux ?
Voici un indice : on dit dans les médias que son conseiller numéro un sur l’Iran serait son Ambassadeur à l’ONU, Nikki Haley. L’ambassadeur Haley est une « diplomate » convaincue que la guerre est la meilleure option, la première à envisager, et non la dernière et la pire. Elle n’a aucune expérience préalable en politique étrangère, mais son plus proche mentor c’est John Bolton – le néoconservateur dont les mensonges nous ont valu de nous lancer dans la guerre en Irak.plutôt que la pire, à envisager seulement quand toutes les autres ont échoué. Elle n’a aucune expérience préalable en politique étrangère, mais son plus proche mentor c’est John Bolton – le néoconservateur dont les mensonges nous ont valu de nous lancer dans la guerre en Irak. Comment ces gens peuvent-ils se regarder dans la glace quand ils contemplent toutes les victimes et destructions engendrées par leurs politiques ?
Par Ron Paul, le 17 octobre 2017 - Ron Paul Institut / Arrêt sur info (trad.)
Le Président Trump a fait preuve d’une incohérence notoire en politique étrangère. Il a fait campagne et gagné la présidence à grand renfort de promesses : restaurer les relations avec la Russie, se retirer de guerres impossibles à gagner, comme en Afghanistan, et mettre fin à la politique américaine d’édification de nations outre-mer, qui ont démontré leur inefficacité. Une fois en fonction, il a mené des politiques diamétralement opposées à celles promises pendant sa campagne. Malheureusement, l’Iran compte au nombre des rares régions où le président s’est montré d’une parfaite cohérence. En se trompant sur toute la ligne.
Dans son discours présidentiel la semaine dernière, il a exprimé son opinion : l’Iran n’est pas « fidèle à l’esprit » de l’accord nucléaire de 2015 ; il va donc se tourner vers le Congrès pour faire appliquer de nouvelles sanctions contre l’Iran en vue, espère-t-il, de carrément retirer les États-Unis de cet accord.
Presque chacune des assertions de ce discours se sont avérées incorrectes – on en était gênés pour lui. L’Iran n’est pas allié à Al-Qaïda, comme l’a prétendu le président. L’argent que le président Obama a envoyé aux Iraniens, c’était le leur : en grande partie un acompte versé aux États-Unis pour des avions de chasse jamais livrés, à l’époque où, en 1979, l’Iran est passé du statut d’ami à ennemi. Le président prétend tout aussi faussement que l’Iran a l’intention de faire des États-Unis la cible du terrorisme. Il prétend que l’Iran a « alimenté la violence sectaire en Irak » ; or, ce sont les milices iraniennes qui, en 2014, ont empêché l’EI de prendre Bagdad. Je ne relèverai pas toutes les autres fausses déclarations relevées dans le discours du président : elles sont trop nombreuses.
L’ambassadeur Nikki Haley rencontre Benjamin Netanyahou le 7 juin à l’ambassade US de Tel Aviv
Comment a-t-il pu se tromper aussi grossièrement sur l’Iran, et sur des points aussi fondamentaux ?
Voici un indice : on dit dans les médias que son conseiller numéro un sur l’Iran serait son Ambassadeur à l’ONU, Nikki Haley. L’ambassadeur Haley est une « diplomate » convaincue que la guerre est la meilleure option, la première à envisager, et non la dernière et la pire. Elle n’a aucune expérience préalable en politique étrangère, mais son plus proche mentor c’est John Bolton – le néoconservateur dont les mensonges nous ont valu de nous lancer dans la guerre en Irak.plutôt que la pire, à envisager seulement quand toutes les autres ont échoué. Elle n’a aucune expérience préalable en politique étrangère, mais son plus proche mentor c’est John Bolton – le néoconservateur dont les mensonges nous ont valu de nous lancer dans la guerre en Irak. Comment ces gens peuvent-ils se regarder dans la glace quand ils contemplent toutes les victimes et destructions engendrées par leurs politiques ?
samedi 6 juin 2015
Rajab Borsi
Radî al-dîn Rajab Muhammad ibn Rajab al-Hâfiz al-Borsî al Hillî, originaire de Bors, village situé sur une hauteur surplombant l'Euphrate à mi chemin entre Coufa et Hilla, est un philosophe chiite né vers 743/1342 et mort vers 813/1411, auteur notamment des Orients des Lumières 768/1367.
Bibliographie (en fr) :
- Les Orients des Lumières, trad. Henri Corbin, Ed. Verdier, 1996
Chap. 1 : Sur l'Etre (extrait).
L'être comprend deux sections : particulière et générale, et le genre de l'être est attribué à l'un et à l'autre. La différence entre nécessaire par un autre et nécessaire par soi-même fait la séparation entre les deux et est ce qui les distingue. L'Etre absolu est l'être de l'Etre divin dont l'exister est identique à son Essence et à sa réalité même. Il n'a jamais cessé et ne cessera jamais d'être ce qu'il est, à Lui seul, à jamais. Tandis que l'être de ce qui est autre que Lui fait partie de Lui, existe par Lui, existe à partir de Lui, c'est l'être déterminé. Mais l'essence de l'Etre divin n'est pas un objet de connaissance possible pour l'être humain. Sinon, le nécessaire par un autre engloberait le nécessaire par soi-même ce qui est absurde. Où donc est la terre par rapport au Seigneur des Seigneurs ? Il ne reste donc que la connaissance de l'être déterminé.
Chap. VIII : Les Prophètes (extrait).
Comme il est dit dans un poème :
Combien les pensées sont impuissantes à qualifier le fond de son être,
Combien le commentaire est pauvre pour exprimer la totalité du sens !
Chap. XVIII : Sur l'Un, l'Unique, et l'Unicité de l'Un (extrait).
L'un absolu (al-Ahad), c'est le nom de l'Essence impliquant la négation de la pluralité des Attributs ou qualifications. L'Unique (al-Wâhid), c'est le nom de l'Essence, avec l'affirmation de la pluralité des Attributs. L'Unicité (al-wahdâniyya), c'est l'attribut ou la qualification du Wâhid (l'Unique, le premier à être). Le Wâhid, c'est l'attribut du Ahad - que le Ahad prie sur le Wahid - c'est son secret, son attribut, sa lumière. Al-Wâhid est le premier des nombres. Al-Ahad est l'ésotérique de l'Unique (al-Wahid), il est son sens caché. L'Unique qui émane de la réalité de l'Un Absolu est la Réalité foncière des existants, l'Un Absolu nimbé de Majesté. Al-Wâhid est l'Intelligence Agente. Gloire à Al-Ahad dans son Unitude, laquelle est illimitable. Exaltée soit l'Unité (Wâhid). Absolue en son unicité qui n'est pas nombrable. Sacro-saint est l’Éternel en son éternité, laquelle n'a ni avant ni après. Gloire au vraiment adoré en sa divinité à laquelle tout appartient : acte de posséder, chose possédée, adorateur.
Chap. XIX : Prophétie et Walâya (extrait).
L'Un-qui-est-dans-l'être (al-Wahid) est manifesté à partir de l'Un absolu (al-Ahad). A partir de l'Un-qui-est, émanent les autres nombres, et cela de la même manière que la ligne est manifestée à partir du point, la surface à partir de la ligne, le volume à partir de l'un et de l'autre - et de la même manière que les lettres à partir du point, le Discours à partir des lettres, les significations à partir du Discours, et le Tout à partir d'un Unique (wâhid) par lequel ce Tout commence et auquel ce Tout revient : "Leur commencement est en Toi, leur retour est en Toi".
Extraits de : Les Orient des Lumières
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jeudi 5 mars 2015
«Netanyahou est arrogant, ignorant et stupide»
MAJ de la page : Iran, un autre point de vue / Les responsables de l'antisémitisme selon Norman Finkenlstein
Ancien président du Parlement israélien, Avraham Burg est à Genève pour le FIFDH [Film et Forum International sur les Droits Humain, Genève, du 27 février au 8 mars]. Il dénonce «l'autisme» du premier ministre.
Par Andrés Allemand, le 3 mars 2015 - Tribune de Genève
«C’est fou ça! Depuis mon arrivée à Genève, on ne me parle que de Bibi Netanyahou! A croire qu’il est allé à Washington s’adresser au Congrès américain juste pour me faire de l’ombre ici au Festival international du film sur les droits de l’homme!» L’ironie n’est jamais loin avec le très décapant Avraham Burg. L’ancien président travailliste du Parlement israélien, qui fut jadis à la tête de l’Agence juive et de l’Organisation sioniste mondiale n’a pas peur de déplaire. Aux élections du 17 mars, il soutient la «Liste unie» des Arabes israéliens.
Benjamin Netanyahou dit que l’Iran peut faire une bombe atomique très vite. Le Mossad dit le contraire. Qui croire?
Mais ça fait des années que Bibi dit que ce n’est plus qu’une question de semaines! Franchement, c’est une question un peu stupide. Qui peut répondre en connaissance de cause? Tout le monde donne son opinion, mais au fond il n’y a peut-être qu’une quinzaine d’experts au monde qui savent vraiment de quoi ils parlent.
Ancien président du Parlement israélien, Avraham Burg est à Genève pour le FIFDH [Film et Forum International sur les Droits Humain, Genève, du 27 février au 8 mars]. Il dénonce «l'autisme» du premier ministre.
Par Andrés Allemand, le 3 mars 2015 - Tribune de Genève
Avraham Burg, ancien président du Parlement israélien.
«C’est fou ça! Depuis mon arrivée à Genève, on ne me parle que de Bibi Netanyahou! A croire qu’il est allé à Washington s’adresser au Congrès américain juste pour me faire de l’ombre ici au Festival international du film sur les droits de l’homme!» L’ironie n’est jamais loin avec le très décapant Avraham Burg. L’ancien président travailliste du Parlement israélien, qui fut jadis à la tête de l’Agence juive et de l’Organisation sioniste mondiale n’a pas peur de déplaire. Aux élections du 17 mars, il soutient la «Liste unie» des Arabes israéliens.
Benjamin Netanyahou dit que l’Iran peut faire une bombe atomique très vite. Le Mossad dit le contraire. Qui croire?
Mais ça fait des années que Bibi dit que ce n’est plus qu’une question de semaines! Franchement, c’est une question un peu stupide. Qui peut répondre en connaissance de cause? Tout le monde donne son opinion, mais au fond il n’y a peut-être qu’une quinzaine d’experts au monde qui savent vraiment de quoi ils parlent.
vendredi 27 février 2015
Iran, un autre point de vue
Nucléaire iranien : Benjamin Netanyahu contredit par le Mossad (Euronews, 24/02 13:28)
La bombe iranienne selon Benjamin Netanyahu (2012)
Par Céline Lussato, le 24-02-2015
Un vaste bluff ? Au moment où le Premier ministre israélien plaidait devant l'ONU, en 2012, ses services de renseignement tenaient un tout autre discours.
Un Premier ministre israélien brandissant le dessin simpliste d'une bombe de "cartoon" : la vidéo avait fait le tour du web et fait de Benyamin "Bibi" Netanyahou la risée des réseaux sociaux.
C'était devant l'Assemblée générale de l'ONU, en septembre 2012, et les journalistes en étaient restés pantois. "Le Premier ministre israélien a donc adopté le rôle d'un professeur de sciences d'école élémentaire pour expliquer à une classe de faible niveau le programme nucléaire de l'Iran et le moment où il doit être arrêté", écrivait Harriet Sherwood dans "The Guardian".
Le très sérieux magazine américain "New Yorker" avait même lancé une compétition des meilleurs détournements de la "Bibi-bomb" sous le hashtag #BibiBombCaption.
Bibi contredit par le Mossad
Benyamin Netanyahou espérait alors convaincre ses homologues de tout faire pour mettre fin aux recherches iraniennes en matière de nucléaire.
Deux ans et demi plus tard, des fuites des correspondances des services secrets israéliens font planer un autre doute quant aux propos du Premier ministre israélien. Que savait-il, en réalité, du programme iranien lorsqu'il affirmait schémas à la main, que Téhéran était à quelques mois de se doter de l'arme nucléaire, contrôlant d'ores et déjà 90% de la technologie nécessaire ?
En effet, selon les documents révélés par la chaîne Al-Jazeera en collaboration avec "The Guardian", le Mossad, le renseignement israélien, quelques semaines après l'intervention de Bibi à l'ONU, confiait à ses homologues sud-africains que l'Iran était bien loin selon eux d'en être aussi loin dans leurs recherches.
Source (et suite) du texte : Le Nouvel Observateur
Voir aussi la page : "Netanyahou est arrogant, ignorant et stupide"
vendredi 28 octobre 2011
Aziz Nasafî
Parmi les écrivains soufis, ‘Azîz Nasafî est l’un des plus anciennement connus en Europe, bien que son oeuvre soit en majeure partie inédite; les manuscrits de ses oeuvres sont pourtant très nombreux, et il a été beaucoup lu. Cela ne va pas sans inconvénients: ses écrits ont bien souffert de leur popularité et leur tradition manuscrite est très compliquée. L’établissement d’éditions sûres, telle que celle qui est ici présentée, est donc indispensable à l’étude d’un auteur incontournable : avec sa théosophie, de structure ismaélienne et d’affinités duodécimaines, Nasafi apparaît comme le représentant d’un de ces mouvements shî’ites dont le bouillonnement est si caractéristique pour les deux siècles qui séparent l’époque des Mongols de celle des Safavides.
Source du texte : ifriran
Bibliographie :
- Le Livre de l'Homme parfait, Ed. Institut de Recherche en Iran, 2005
- Le Livre de l'Homme parfait, Ed. Fayard,
Extrait dans : Le Livre des Sagesses, sous la direction de Frédérique Lenoir, Ed. Bayard, 2004.
Etude en ligne :
Aziz Nasafi et l'expérience visionnaire par Llyod Ridgeon : Journal Soufi
O Derviche! Le pèlerin sur la première voie est celui qui, chaque jour, découvre et retient une chose qu'il ignorait. Le pèlerin sur la seconde est celui qui, chaque jour, oublie une chose de ce qu'il savait. Sur le premier chemin, le devoir est, chaque jour, de noircir un morceau de la page blanche. Sur le second, tout l'emploi du temps est, chaque jour, de blanchir une partie du coeur noirci.
Extrait de : Le Livre de l'Homme Parfait
Source du texte : Fayard
O Derviche ! Il faut atteindre cet Océan englobant, cette lumière illimitée et voir cette lumière. Il faut regarder sous cette Lumière afin d'être délivré de l’idolâtrie. Alors, incarnation et identification sont réfutées; désaveu et reniement, levés. La paix, avec toutes les créatures du monde s'établit. Lorsque tu parviens à cette Lumière et la vois, tu sais et vois avec certitude qu'elle est le support du monde et des étants; qu'il n'est pas un atome d'entre les atomes qui ne participe à cette Lumière divine, qui ne soit englobé par elle, qui n'en soit averti, qui n'en soit l'expression. Toute la création, comparée à sa grandeur, est comme une goutte d'eau à côté de l'océan - que dis-je ! moins encore. Tous les étants ont une limite, l'essence de la Lumière est illimitée. Ce qui est limité ne saurait d'aucune manière être comparé à ce qui est illimité. Tous les étants, d'emblée, sont les épiphanies de Ses attributs. Donc, quels que soit le côté vers lequel on se tourne, c'est toujours vers elle que l'on se tourne. Quelle que soit la chose que l'on adore, c'est toujours elle que l'on adore, quand bien même on l'ignore.
Mon vénéré Maître me rapportait ainsi : "J'accédai à cette Lumière et la vis. C'était une Lumière illimitée, infinie; un Océan sans fond et sans rive. Sous cette Lumière, je restai ébloui. Le dormir, le boire, le manger, toute notion de perte et de profit me quittèrent. Je m'ouvris de cet état à mon Maître. Celui-ci m'ordonna d'aller sur le lieu de la moisson d'un quidam et d'en prélever une poignée de paille sans la permission de Dieu. Ainsi fis-je; et je ne vis plus la lumière. - Ah, Maître ! dis-je, cette lumière ne relève pas des sens. Elle ne saurait être vue par les yeux de chair; elle ne le pourrait que par les yeux du secret. - Ami ! répondit le Maître, cette lumière peut être vue, et par les yeux de chair, et par les yeux du secret. - Maître ! Le signe de celui qui a atteint cet Océan de lumière est qu'il est immergé en lui. Désormais il ne se voit plus lui-même : il ne voit que l'Océan. - La contemplation ne dure pas, dit-il. - Maître ! La contemplation est une chose; la vision en est une autre. - La contemplation ne dure pas, reprit-il, alors que la vision est éternelle."
O Derviche ! Atteindre cette Lumière, voir cet Océan, est chose difficile à l'extrême; c'est là le rang suprême. Pour y accéder, il faut s'astreindre à l'ascèse et au travail, avec constance, des années durant. L'ascèse passagère de celui qui est préoccupé par les affaires du monde est vaine - elle n'ouvre aucune porte.
O Derviche ! Si tu as l'énergie spirituelle de cette entreprise et veux t'y adonner, renonce d'abord à toute autre. Brise les idoles, n'aie plus qu'une seule direction, une seule quibla, acquiers la concentration et le détachement. Alors, au commerce d'un Sage, de nombreuses années durant, montre-toi constant en ascétisme et en effort, afin, en premier lieu de rendre pur et limpide le miroir de ton corps - que celui-ci devienne transparent et apte à recevoir la lumière. C'est là le début de l'épreuve. Ensuite, par le polissage du travail assidu, rends pur et brillant le miroir de ton coeur et la Lumière de Dieu viendra s'y réfléchir. C'est là la terme de l'épreuve, Une fois la Lumière de Dieu apparue, le pèlerin sait et voit avec certitude que Dieu est en tout. "Il faut Ta lumière pour Te voir". Quand le pelerin arrive à cette Lumière illimitée, infinie, à cet Océan sans fond, sans rive - Cette Lumière même, par l'éloquence silencieuse, devient son guide. (...)
Extrait de : Le Livre de l'Homme parfait
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