Les crises du néolibéralisme ne se résoudront pas par encore plus de néolibéralisme
Par Systemic Disorder, le 16 novembre 2016 – Systemic Disorder / Le Saker francophone (trad.)
Nous aurons de graves ennuis si nous sommes incapables de concevoir des modèles économiques alternatifs. Il n’est pas nécessaire de s’attarder aux détails comme l’accroissement des inégalités, l’instabilité, le renforcement du contrôle des entreprises, la crise environnementale imminente, l’emploi toujours plus précaire (quand il y en a) et l’incapacité à répondre aux besoins de milliards de gens dans le monde, pour voir que le capitalisme manque d’humanité.
Pour le dire en un mot, à l’échelle du monde, environ 200 millions de gens sont sans emploi parmi les 2.4 milliards qui n’ont pas de travail stable.
Le néolibéralisme n’est pas un virus refilé au monde par quelque cabale secrète ; c’est simplement la dernière phase du capitalisme, qui, du point de vue des capitalistes, est la conséquence logique de l’évolution du keynésianisme du milieu du XXe siècle. Nous ne reviendrons pas au keynésianisme, parce que cela a été une brève période dépendant de la base industrielle et de l’expansion du marché. Une répétition de l’histoire est impossible, parce que la base industrielle des pays capitalistes avancés a été évidée, transférée dans des pays en développement à bas salaires et il ne reste presque plus d’endroits où le système capitaliste peut se développer.
Ce qui arrive aux forêts tropicales humides, lorsque le marché peut décider. (Forêt pluviale Montane en Équateur, par Gunnar Brehm)
Donc, lorsque j’ai vu un article intitulé Industrial policy in the 21st century: merits, demerits and how can we make it work [Politique industrielle au XXIe siècle : mérites, inconvénients et comment nous pouvons le faire fonctionner] dans le dernier numéro de la Real-World Economic Review, j’ai été intrigué. Comme son titre l’indique, Real-World Economic Review se spécialise dans des articles d’économistes qui pensent bien au-delà de la boîte à outils orthodoxe qui sert si bien les élites industrielles et financières ; le fait même que ce domaine nécessite une publication portant un tel titre parle de lui-même.
Les prescriptions décevantes de l’article, cependant, pourraient au mieux être décrites comme «du néolibéralisme allégé». L’auteur de Politique industrielle au XXIe siècle, Mohammad Muaz Jalil, de l’ONG Fondation suisse pour la coopération technique, est bien intentionné, mais promeut la même politique orientée sur l’exportation dans le monde en développement. Cela implique aussi une croissance infinie, une illusion dangereuse.
Plus de la même chose ne semble guère une échappée probable, et cela avant d’examiner l’impossibilité mathématique que chaque pays exportateur sorte de ses difficultés économiques. Pour chaque pays qui atteint un surplus commercial, il faut un autre pays ayant un déficit commercial.
Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
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jeudi 1 décembre 2016
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