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jeudi 10 février 2011

Huineng, Houei-neng ou Eno (6e patriarche)


Huìnéng (Eno en japonais), (638-713) fut le sixième patriarche du chan en Chine. Il naît dans l'extrême sud de la Chine et devient très tôt orphelin. Après avoir entendu le Sūtra du Diamant, il se rend au monastère du mont de la prune jaune et est assigné dans la cuisine, où il demeure six mois.

Un jour, Shénxiù, moine érudit et assistant du patriarche, écrit un poème sur un mur :
"Mon corps est l'arbre de l'éveil,
Mon esprit est le corps du miroir.
De tout temps je m'efforce de les essuyer,
Pour qu'ils ne soient pas couverts de poussière."


Illettré, Huineng se fait lire le poème, et puis il y répond par ces vers:
"L'éveil n'est en effet pas un arbre,
Le miroir n'est pas non plus un corps.
La nature de bouddha est toujours immaculée.
Où trouverait-on de la poussière ? " .


Ayant vu cela, Hongren, le cinquième patriarche du chan, convoque Huineng pour lui transmettre sa robe, et puis lui demande de fuir à cause des jalousies.
Huineng fuit dans le sud de la Chine et se cache pendant quinze ans au milieu d'un groupe de chasseurs. En 677, il se rend dans le temple de Faxing où deux moines sont en train de se disputer, l'un dit que c'est le drapeau qui bouge, l'autre dit que c'est le vent. Alors Huineng leur dit que ce qui bouge n'est ni le drapeau ni le vent, mais c'est en effet leur propre esprit. C'est à ce temple qu'il est devenu moine et maître du dharma. Il fondera par la suite son propre monastère, le Baolinsi.

Huineng est traditionnellement considéré comme le fondateur du chan subitiste, dit « chan du sud » (...)

On lui attribue le célèbre Sūtra de l’Estrade. Pour lui, la méthode n'est ni subite ni graduelle : « C'est l'homme qui est plus ou moins vif, plus ou moins obtus ».

Source du texte : wikipedia


Bibliographie :
- Le soutra de l'estrade du don de la loi, traduction et commentaire de Françoise Morel. Éd. La Table Ronde, 2001.
- Le Soûtra de l'Estrade du Sixième Patriarche Houei-neng par Fa-hai ; traduction et commentaire de Patrick Carré. Ed. Seuil, collection Points Sagesses.
- Discours et sermons de Houei-neng, sixième patriarche Zen ; traduction et introduction de Lucien Houlné, Albin Michel, Spiritualités vivantes.
- Le Sutra de l'Estrade (extraits) dans Tch'an, zen, racines et floraisons. Ed. Hermes. 

Etudes générales : 
voir sous Bibliographie Bodhidharma.


Gens de bonne connaissance,
Dans cette porte de la Doctrine, s’asseoir en contemplation a pour principe de ne s’attacher ni à l’esprit ni au vide et d’être simplement immobile et silencieux.
Certains parlent d’observer l’esprit, mais le principe même de l’esprit est insensé et, comme ce qui est insensé est chimérique, il n’y a rien à observer.
Quant à parler d’observer le vide, la nature des êtres est fondamentalement pur vide, et c’est à cause de pensées insensées que la réalité est obscurcie et cachée. Quand toutes les pensées insensées sont abandonnées, la nature est fondamentalement vide.
Ne pas voir que votre nature est fondamentalement vide fait que s’élève, dans le cœur, l’intention d’observer la vacuité et qu’ainsi naît la chimère vacuité. Cette chimère ne reposant sur rien, on sait que ceux qui l’observent sont des fous.
Le vide n’a ni forme ni caractère.
Ceux qui s’établissent dans le caractère vide, qui prétendent que cela est méritoire, et qui professent de telles vues fausses font obstacle à la spontanéité fondamentale de leur nature et sont prisonniers du concept vacuité.
Pratiquer l’immobilité, c’est ne pas voir continuellement les fautes et les erreurs de tout un chacun. C’est ça, la nature immobile.
Les êtres égarés forcent leur corps à l’immobilité mais, dès qu’ils ouvrent la bouche, c’est pour parler des autres en bien ou en mal : ils tournent le dos à la Grande Voie.
L’observation, soit de l’esprit, soit de la vacuité, fait barrage à la Grande Voie des causes et conditions.
Extrait de : Le soûtra de l’estrade du don de la loi. Trad. de Françoise Morel.


(...) 
Tous les champs de Bouddha sont absolument identiques au vide. 
La nature merveilleuses des mondaines est foncièrement vide et ne contient aucun dharma que l'on puisse obtenir. Il en est de même de la nature propre qui est véritablement vacuité. 
Amis éclairés, lorsque vous m'entendez parler du vide, n'allez pas attraper le vide. La chose capitale est de ne pas attraper le vide. Si vous restez assis immobiles avec le coeur vide, vous attrapez le vide sans distinction. 
Amis éclairés, le vide de l'univers peut contenir les dix milles variétés de forme et d'apparences, le soleil, la lune, les étoiles, les constellations, les montagnes et les rivières, la terre entière, les sources et les fontaines, les rapides et les torrents, les herbes, les arbres, les bois et les forêts, les bons et les méchants, les dharma bons et mauvais, les cieux et les enfers, tous les océans, tous les monts Sumeru : tout cela est au milieu du vide. 
La vacuité de la nature des mondains est identique. 
Amis éclairés, la nature propre peut contenir toutes choses, telle est sa grandeur. Comme toutes choses sont contenues dans la nature propre, que l'on perçoive le bien et le mal en tous les être sans répulsion ni attachement, sans contamination, et le coeur, pareil à l'espace, est dit "grand", c'est pourquoi on l'appelle "maha". 
Amis éclairés, les ignorants ont la parole à la bouche mais les sages pratiquent avec le coeur. Il y a aussi des ignorants qui, assis en méditation le coeur vide, ne pensent à rien et se prétendent "grands". Il est inutile de discuter avec cette engeance à cause de ses vues hérétiques. 
Amis éclairés, le coeur a une grande et vaste capacité et il pénètre complètement le Domaine absolu. Que l'on ait recours à lui et tout est immédiatement clair et net dans le moindre détail, telle est son action. Il connait tout. Tout est immédiatement un. Un est immédiatement tout. Il va et il vient spontanément. Son essence est libre de toute obstruction. La prajna, c'est cela. 
Amis éclairés, toute la sagesse de la prajna provient, naît entièrement de notre nature propre et non du dehors. Ne vous y trompez pas. On l'appelle l'acte même de la vraie nature. Une vérité est toute la vérité. La capacité du coeur concerne la grande affaire et non de menues pratiques. Ne parlez pas du vide jusqu'au coucher du soleil si le coeur ne s'y adonne pas également. Ce serait vous comporter comme des roturiers qui se qualifient de rois et ne le seront jamais. Ces gens-là ne sont pas mes disciples. (...)
Extrait de : Prajna, la sapience, chap. II, sutra de l'estrade dans Tch'an, zen, racines et floraison.


(...) 
Pratiquez la droiture et ne vous attachez à aucun dharma. Les ignorants s’attachent aux signes du Dharma, ils s'emparent du samadhi d'un seul acte. Ils prétendent qu'il faut rester assis sans bouger en oubliant tout et sans qu'aucune pensée ne se lève dans le coeur. Faire cette interprétation, c'est supprimer toute sensation, c'est une des causes d'obstacle sur la Voie.

(...) La non-pensée, c'est être sans pensée dans la pensée même. 
Extrait de : Absoption et Sapience, chap. IV, sutra de l'Estrade dans Tch'an, zen, racines et floraison. Ed. Hermès. 


(...) Cinquièmement, le parfum de la connaissance direct de la libération.
Quand votre coeur est arrivé à n'avoir aucun attachement, à ne penser ni au bien ni au mal, il ne faut absolument pas sombrer dans le vide ni rester dans ce calme. Il faut immédiatement élargir votre savoir et votre écoute afin de connaitre votre coeur foncier et de pénétrer à fond le Principe du Buddha. Soyez accueillants à tous sans notion de moi ni d'autrui et vous atteindrez l'Eveil et votre vraie nature indemne de changement., C'est là ce que l'on appelle le parfum de la connaissance directe de la libération. 
Amis éclairés, ces parfums s'élèvent de l'intime de chacun comme une fumée d'encens. Ne les cherchez pas hors de vous. 
Extrait de : Les parfums du corps du dharma, chap. 6, Sutra de l'Estrade dans Tch'an, zen, racine et floraisons. Ed. Hermès. 


(...) Aucun nom ne peut nommer ce qu'est la nature propre. La nature non-duelle est la nature réelle. Sur elle sont établies toutes les Portes du Dharma. Elle devrait être réalisée dès la parole du maitre entendue.
Extrait de : Sur la Non-dualité, chap. VIII, Sutra de l'Estrade, dans Tch'an, zen, racine et floraison. Ed. Hermès. 


La lumière et l'absence de lumière, l'homme ordinaire les voit comme étant deux, mais pour ceux qui ont franchi les filets de l'illusion les deux ont la même nature. Cette nature non-duelle est la nature réelle. La Nature réelle ne diminue pas avec les gens qui demeurent dans l'ignorance et chez ceux qui excellent dans la sainteté elle n'augmente pas. Elle n'est pas troublée chez ceux qui demeurent parmi les passions et chez ceux qui pratiquent l’absorption, elle n'est pas apaisée. Elle n'est ni permanente ni non permanente. Elle ne va ni ne vient. Elle n'est ni à l'intérieur ni à l'extérieur ni non plus au milieu. Elle ne naît ni ne meurt. Nature réelle et signes distinctifs sont l'Ainsité. Elle demeure constante sans changement. On l'appelle Réalité ultime (Tao).
Extrait de : Sur la Non-dualité, chap. IX, Sutra de l'Estrade, dans Tch'an, zen, racine et floraison. Ed. Hermès. 


Le grand maître dit :
« Gens de bonne connaissance, Pratiquer chez soi est possible ! Il n'est pas nécessaire d'être dans un monastère. Être dans un monastère et ne pas pratiquer, c'est être comme des gens de l'Ouest qui auraient l'esprit mauvais, alors que, si vous pratiquez chez vous, vous êtes comme des gens de l'Est qui pratiqueraient à la perfection. Avoir la volonté de pratiquer le pur vide à la maison, c'est être déjà dans les Terres pures de l'Ouest. »
Le préfet demanda :
« Vénérable, j'aimerais que vous nous indiquiez les points essentiels de la pratique chez soi. »
Le grand maître dit :
« Gens de bonne connaissance, Hui Neng a composé une stance incomparable destinée tant aux moines qu'aux laïcs. Sachez-la tous entièrement par cœur, mettez-la en pratique, et nous serons toujours ensemble.

Voici la stance :
Pénétrer la Doctrine jusqu'à en pénétrer l'esprit est semblable au rayonnement du soleil dans l'immensité vide de l'espace. Ne réfléchir qu'à ce que transmet la Doctrine de l'École subite assure la sortie du monde par la destruction des fausses doctrines.
L'enseignement n'est ni subit ni graduel. Illusion ou intelligence claire dépendent de la lenteur ou de la vivacité de l'esprit. L'étude de la Doctrine de l'École subite ne peut être menée à bien par les sots.
L'enseignement requiert des milliers de moyens, mais toutes leurs divergences convergent vers l'unité. Dans l'antre de vos obscures et secrètes passions, d'un ordinaire instant naîtra le soleil de la bonté.
Les vues fausses sont causes de passions et de souillures que la vue juste fait disparaître. Mais comprendre vraiment que faux et juste sont des notions inutiles, c'est atteindre le pur vide sans reste.
La Bodhi est fondamentalement pur vide. Tout ce qui s'élève dans l'esprit est chimère. La vide nature est au centre de ces chimères. Seule la droiture chasse les trois obstacles.
Il n'y a absolument aucun empêchement à pratiquer la Voie en restant dans le monde : voir constamment ses propres manquements est être en accord avec la Voie.
Chaque genre d'être a sa propre Voie. Adhérez à la Voie, ne la cherchez pas. Chercher la Voie, c'est ne pas la voir! Croire avoir atteint le sommet, c'est retomber dans les passions ! Si vous voulez voir la Voie réelle, pratiquez le Juste Sentier, c'est la Voie. Si vous n'avez pas l'esprit droit, vous avancerez dans les ténèbres sans la voir.
Si vous pratiquez vraiment la Voie, vous ne verrez pas de faute en ce monde. Voir des sujets de critique en ce monde témoigne que l'on est soi-même critiquable !
Des critiques des autres, c'est le moi qui est responsable. De ces critiques, émises par le moi, on est naturellement coupable. Ce n'est que par la suppression de tout esprit de critique que seront totalement détruits les souillures, les passions, et les vains bavardages.
Si l'on veut réformer les sots, il faut s'en donner les moyens et faire en sorte qu'ils n'aient plus de doute : ainsi apparaîtra la Bodhi !
La raison d'être du Dharma est de ce monde, et c'est dans ce monde qu'est la sortie du monde. Ne quittez pas le monde pour en chercher la sortie à l'extérieur !
Les vues fausses sont de ce monde, la vue juste en est la sortie, mais sachez bien que vues fausses ou vues justes doivent toutes deux disparaître.
Cela, seul, est l'enseignement de l'École subite, aussi nommée Grand Véhicule. L'illusion dure d'innombrables kalpas, l'intelligence claire survient en un kshana (instant).
Extrait de : Le soutra de l'estrade du don de la loi (36), trad. François Morel
Source du texte : Omalpha


Hongren ou Hong Jen (5e patriarche)



Cinquième patriarche chinois du Chan. Né en 601 dans le Henan, Hongren, alors jeune garçon, rencontra un jour Daoxin dans la montagne. Les premières paroles échangées convainquirent Daoxin de transmettre sa lignée à l'adolescent. Daoxin lui demanda quel était son nom. Hongren répondit :
"Mon nom n'est pas d'une nature ordinaire.
- Quel est-il donc ?
- "Nature de Bouddha"
- Donc, tu n'as pas de nom dit Daoxin.
- Je n'en ai point puisqu'il est vide de nature propre", répondit l'enfant.
Une fois confirmé cinquième patriarche du Chan, Hongren s'installa au Huangmeshan, le mont de la Prune jaune, où il enseigna le Chan et le Sutra du diamant à une communauté de 500 moines.
Source du texte : Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme de Philippe Cornu. Ed. du Seuil

Hongren n'a laissé aucun écrit.

Etudes générales :
voir sous Bibliographie Bodhidharma.

mercredi 9 février 2011

Tao-sin ou Daoxin (4e patriarche)


Tao-Sin (580-651), le quatrième patriarche, (...)
Originaire du Ho-nan, il s'installe sur le moyen Fleuve bleu dans la région de Kieou-kang et, rompant avec la tradition érémitique de Bodhidharma et de ses succésseurs, "il y fonde une communauté de quelques cinq cents adeptes, non itinérants, qui s'y organise en autarcie économique, les membres étant astreints à s'acuitter de corvées comme le pilage du grain, le ramassage du bois, le puisage de l'eau (...) : pas d'études livresques, "la réalité rugueuse" à étreindre pendant le jour, les exerccies spiritueles réservés à la nuit; les invites de la Cour impériale écartées, l'indépendance jalousement gardée" (P. Demiéville).
C'est près de là que se fixera son disciple et successeur, Hong-jen, dont Houei-neng recevra à son tour la transimission tandis que plusieurs autres de ses disciples fonceront de longues lignées.
Il est juste de conclure que le grand développement et la popularité de l'école commencent avec Tao-sin.
Source du texte : Tao-Sin de Marinette Bruno, dans Tch'an, zen, racines et floraisons. Ed. Hermes. 


D'après le Dento-roku, il demanda à Sengcan de lui montrer la voie de la libération. Ce dernier répliqua : 

"Qui t'a jamais enchainé ? 
- Personne, répondit Daoxin. 
- S'il en est ainsi, pourquoi cherches-tu la libération ?"
A ces mots Daoxin comprit l'essence et s'éveilla. 
Source du texte : Dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme, de Philippe Cornu. Ed. du Seuil.


Bibliographie :
- Le repos de l'esprit qui accède à l'absolu dans Tch'an, zen, racines et floraisons, trad. Patrick Carré. Ed. Hermès.

Etudes générales : 
voir sous Bibliographie Bodhidharma.


Cet enseignement est secret et essentiel. Il ne faut pas le divulger, car il risquerait de troubler ceux qui ne sont pas prêts et pourrait les conduire à blasphémer le Dharma. Choisissez donc ceux à qui vous parlez, et ne vous exprimez pas à la hâte et sans discrétion. Soyez attentif à cela.
(...)
L'esprit qui considère le Bouddha est Bouddha, ce sont les pensées égarées qui font les êtres ordinaires. 
La conscience n'a pas de forme, le Bouddha n'a pas d'apparence. Quand vous comprenez cette vérité, votre esprit repose dans la constante invocation de Bouddha, plus rien ne vous distrait et tout se dissout dans le sans aspect, l'égalité non duelle. En entrant dans cet état, votre esprit qui évoquait le Bouddha disparait et il n'est plus besoin de rien prouver.
C'est cet état de conscience qu'on appelle le Dharmakaya du Tathagata, nature de Bouddha, réalité de toute chose, absorption adamantine, Eveil primordiale, nirvana, suprême sagesse, ... Cet évènement essentiel et unique porte toutes sortes de noms qui ne s'appliquent pas la contemplation et à son objet distinct. 
Il faut développer cet état de conscience jusqu'à ce qu'il ne cesse d'être présent et qu'il n'existe plus une seule situation qui puisse le troubler. Et pourquoi cela ? Parce que tous les phénomènes ne sont autres que le Dharmakaya du Tathagata. Quand on demeure dans cet état de conscience, tous les noeuds nait des passions se défont d'eux-mêmes. Dans un grain de poussière se trouvent les univers sans nombre et tous ces univers sont concentrés à la pointe d'un poil. Du simple fait qu'il se trouvent à l'Ainsité, jamais ils n'interfèrent.
Extrait de : Procédés et moyens habiles pour l'entrée dans la Voie et la pacification de l'esprit, dans Les maitres zen de Jacques Brosse. Ed. Bayard.


Le bodhisattva atteste donc, d'abord, la vacuité de toutes choses. Par la suite, il en vient à attester aussi que rien n'est vide, atteignant ainsi le niveau de la sagesse immuable non discriminante (nirvikalpa-jnana). Le Hridaya Sutra dit : "La forme n'est pas différente du vide", ce qui ne signifie pas que la forme s'abolisse dans le vide, mais que "l'essence de la forme est d'être vide". 

Les boddhisattva font de leur compréhension de la vacuité une réalisation. Mais, parmi les nouveaux étudiants, ceux qui spéculent sur le vide ne découvrent qu'une opinion sur le vide, non la vacuité en elle-même. Ceux qui, suivant la Voie, réalisent vraiment la vacuité n'ont plus aucune opinion sur le vide et le non-vide. Il faut donc exactement comprendre ce que signifie la vacuité de la forme. Mais, pour cela, clarté et pureté sont indispensables, et elles ne peuvent s'acquérir que par la pratique. 
Extrait de : Le boddhisattva dans Les maitres du zen de Jacques Brosse. Ed. Bayard.


Conseils pour les débutants
Que ceux qui débutent dans la méditation assise se retirent dans un lieu paisible et se concentrent sur la contemplation de leur corps-esprit : les quatre éléments, les cinq agrégats, la vue, l'ouie, l'odorat, le gout, le toucher et le mental (manas), le désir, la colère et l'ignorance, le bien et le mal, les amis et les ennemis, les gens ordinaires et les saints, jusqu'à ce que tout soit passé en revue : dès l'origine, tout, donc, est vide et paisible. Rien ne nait, rien ne disparait. Tout est égal et non duel. Depuis toujours il n'y a rien et tout est nirvané. Depuis l'origine tout est pur et libre. Jour et nuit, en marche ou immobile, assis ou couché, ne quittez pas cette contemplation et vous vous rendrez compte que vous n'êtes pas différent du reflet de la lune dans l'eau, d'une ombre dans un miroir, d'un chatoiement dans l'atmosphère par un jour de canicule, d'un écho dans la vallée.
Si vous dites que ces choses existent, cherchez-les, vous ne les trouverez nulle part. Si vous dites qu'elles n'existent pas, ce dont vous êtes contamment conscient est toujours là, présent. Tel est le corps absolu de tous les Bouddhas, immédiate recognition de ce que depuis d'innombrables kalpas vous n'êtes finalement jamais né et qu'à partir d'aujourd'hui il n'est en fin de compte plus personne qui mourra.
Celui qui peut demeurer sans cesse dans cette contemplation se livre par-là même au repentir véritable, dans lequel les karma les plus lourds accumulés depuis des milliards de kalpa fondent et s'effacent d'eux-mêmes. Il n'y que ceux que le doute égare qui ne peuvent accéder à la libération. Celui qui a confiance en mes paroles et en leur réalisation, et qui pratique conformément ne peut pas ne pas entrer dans le principe correct du non-né.


Je le répète : au moment où vous vous rendez compte que votre esprit s'est distrait, regardez le lieu d'origine de cette distraction : elle n'a, finalement, pas d'origine. L'état mental de la distraction naissante ne vient de nulle part dans les dix directions et il ne va nulle part ailleurs.
Ayez contamment ce regard sur votre attachement à certaines situations, sur votre cognitions fallacieuses et sur vos cogitations et vos idées éparses. Quand il ne s'impose plus le moindre désordre en votre epsirit, vous avez calmé vos pensées grossières. Quand l'esprit est calme, les pensées ne trouvent plus à quoi s'attacher et, selon votre karma, vous apaiserez toutes vos passions. Ainsi, en ne créant plus de nouveau karma, vous atteindrez ce que l'on appelle la libération.
Quand vous sentez que les passions s'emparent de votre esprit, le referment sur lui-même, y sèment le désordre ou le plongent dans la torpeur, secouez-vous et réinstallez-vous ! Lentement, tout se mettra en place et, avec l'aisance, vous connaitrez la pureté et la sérénité de l'esprit. Toutefois, ce ne sera pas sans bravoure, comme s'il s'agissait de sauver une vie. Ne sombrez donc pas dans l'indolence et travaillez dur !


Voici pour ceux qui débutent dans l'art de la méditation assise et de l'observation de l'esprit : retirez-vous dans un lieu solitaire. Là, asseyez-vous correctement, le dos bien droit. Desserez vos vêtements, votre ceinture, détendez-vous, massez-vous sept ou huit fois et explusez tout l'air que vous avez dans le ventre. Vous toucherez alors, par amples vagues, à votre état naturel, qui est un vide pur et calme. Comme votre corps et votre esprit auront retrouvé leur équilibre, votre vitalité spirituelle se réglera sur le repos de l'esprit. "Impénétrable et obscure", votre respiration sera pure et fraiche. Lentement, votre esprit se recueillera et vous aurez une vision claire de la voie spirituelle.
Dans un état de conscience clair et pur, l'examen contemplatif gagne en lucidité : intérieur et extérieur sont vides et purs - telle est la nature de l'esprit : nirvana, et c'est ainsi que se dévoile l'esprit d'Eveil.
Bien que par nature l'esprit n'ait pas de forme, la volonté y est toujours présente, comme une énergie secrète et subtile qui ne s'épuise jamais et existe toujours sans la moindre confusion : c'est ce qu'on appelle "nature de Bouddha". Celui qui voit sa nature de Bouddha quitte à jamais le samsara et on dit de lui qu'il a dépassé le monde. "Dans une soudaine illumination, dit le Vimalakirtisutra, vous retournerez à votre esprit originel". Ayez confiance en ces paroles !
(...)
Extrait de : Le repos de l'esprit qui accède à l'absolu dans Tch'an, zen, racines et floraisons. Ed. Hermes.


 

mardi 8 février 2011

Huike, Houei-K'o ou Taiso Eka (2e patriarche)



Huike réfléchissant

Huike, Houei'ko ou Dazu Huike; japonais : Taiso Eka (487-593) est le deuxième patriarche du Chan / Zen en Chine et le 29e patriarche depuis le Bouddha. Dazu « grand ancêtre » est un titre décerné par l’empereur Tang Dezong. Une variante de son nom en Chine est Sengke.

Elle (sa biographie) se base essentiellement sur les Biographies de moines éminents et La Transmission de la lampe dont les informations sont succinctes ou historiquement peu fiables. Il serait né à Hulao dans l’actuel comté de Yingyang au Henan et son nom civil serait Ji Guang ou Ji Shenguang. Il aurait reçu dans sa jeunesse une solide éducation confucianiste et taoiste. Il aurait débuté sa vie monastique au monastère Xiangshan de Longmen auprès du maître Baojing. Il serait allé trouver Bodhidharma au monastère de Shaolin en 528.

Bodhidharma aurait initialement refusé de le recevoir comme disciple et Huike aurait attendu à l’extérieur de sa grotte durant toute une nuit de neige, au point qu’il en avait jusqu’à la taille au matin. Lorsque Bodhidharma sortit, Huike lui dit qu’il cherchait un maître « capable de libérer l’élixir de la compassion universelle afin de sauver tous les êtres sensibles », mais l'ermite l’accusa de manquer de sincérité et de sagesse, d’être superficiel et arrogant. Huike se serait alors tranché le bras gauche en signe de sincérité. Néanmoins, selon le Nouveau Recueil de biographies de moines éminents, son bras fut tranché ultérieurement par des brigands.

En 534, après la mort ou le départ de Bodhidharma qui en avait fait son successeur, il serait retourné au Henan pour s’installer à Yedu dans l’actuel comté d’Anyang, alors domaine des Wei orientaux. Il y aurait été victime de harassement et de calomnie de la part d’un autre maître bouddhiste, Daoheng, jaloux de son succès, qui aurait été jusqu’à soudoyer un fonctionnaire pour lui créer des ennuis. En 574, année de la première persécution de l’empereur Wudi des Zhou du Nord contre le bouddhisme, il aurait trouvé refuge avec un compagnon, le maître de vinaya Tanlin, dans l’Anhui sur le mont Wangong. C'est là qu'il aurait rencontré Sengcan qu’il choisit comme successeur. Il serait retourné à Yedu après la levée de l’interdiction contre le bouddhisme en 579 et serait mort en 593 – à 107 ans selon Les Cinq Lampes - dans la région d'Anyang. Certaines sources prétendent qu’il fut de nouveau victime de calomnie et mourut persécuté ou exécuté sur l’ordre de Zhai Zhongkan, préfet de Cheng’an (Hebei). Une légende dit qu'il eut la tête tranchée mais qu'au lieu de sang, ce fut un liquide blanc comme le lait qui s'écoula.
On n'a gardé de lui aucun écrit et hormis Sengcan, aucun de ses nombreux disciples mentionnés dans les biographies n'a laissé de courant.
Source du texte : wikipedia


Bibliographie :

- Lettre dans Jacques Brosse, Les Maîtres zen. Ed. Bayard.
Etudes générales : 

voir sous Bibliographie Bodhidharma.


De Houei-K'o, nous ne possédons aucune oeuvre, hormis une lettre qui dans le Traité de Boddhdharma suit le Traité des deux accès. Elle aurait été écrite par le deuxième patriarche en réponse aux questions posées par un laic nommé Siang. On y trouve les stances suivantes :

Grâce à la méditation (dhyana) assise, vous finirez à coup sûr par percevoir votre nature originelle.
(Cependant) même si vous concentrez et purifiez votre esprit,
La pensée surgie, ne fût-ce qu'un instant, vous entraiera (de nouveau) dans la transmigration.
La mémoire ne peut évoquer qu'une vie dépravée
Même si vous recherchez le Dharma et réfléchissez, vous ne pouvez échapper au karma.
De plus en plus souillé par la transimgration, l'esprit a beaucoup de peine à atteindre l'Ultime.
Le Sage, en entendant les huits mots, s'éveilla soudain au Principe,
Il réalisa pour la première fois combien avaient été vaines ses six années de pratique ascétique.
Le monde entier est rempli de cératures démoniaques
Qui crient vainement, se lançant dans des discussions absurdes.
Elles épiloquent sur les remèdes, mais son incapables de guérir une seule maladie.
(En fait) tout est calme, foncièrement dépourvu de caractères spécifiques.
(Dans ces condition) comment bien et mal, vrai ou faux pourraient-ils exister ?
La naissance elle-mêe est non naissance, l'extinction elle-même est non-extinction,
Le mouvement est non-mouvement, la concentration non concentration.
Source du texte : Les maitres zen.


lundi 7 février 2011

Bodhidharma, Dharmottara ou Daruma (1e patriarche)


Bodhidharma (« enseignement de sagesse ») (? - 536 ?), moine bouddhiste probablement originaire du sud de l'Inde, est le fondateur légendaire en Chine de l'école Chan, courant contemplatif (dhyāna) du mahāyāna, devenue au Japon l’école Zen connue en Occident. L’école Chan prétendant remonter au Bouddha, Bodhidharma est considéré comme son 28e patriarche et comme son premier patriarche chinois.
Le Nouveau recueil de biographies des moines éminents le fait arriver en Chine durant la dynastie Liu-Song, (420–479), opinion retenue par la majorité des spécialistes, mais L’Anthologie de la salle du patriarche situe sa venue sous les Liang (502–557). Toutes les sources s’accordent pour situer l’essentiel de son activité dans le royaume des Wei du Nord.
Très connu en Chine, en Corée, au Japon et au Vietnam, il y est souvent représenté sous l’aspect d’un moine barbu un peu hirsute, aux grands yeux surmontés de sourcils broussailleux et à l’air sombre. Il est surnommé "Le grand voyageur" et "Le moine aux yeux clairs".
(...)

D'après une légende Shaolin et Chan, en 475, il se rendait au monastère Shaolin, pour prêcher le Dharma selon la voie du bouddhisme mahāyāna, mais les moines lui en refusèrent l'accès. Alors il s'assit et fixa son regard sur le mur d'enceinte du monastère. Sa méditation en position Zazen dura 9 ans, le mur ayant fini par être troué par son regard. Ce qui força le respect des moines qui lui permirent d'entrer. Pour leur montrer la voie, mais aussi qu'ils puissent se protéger, il y développa l'enseignement Shaolin.
(...)


Une légende lie Bodhidharma à la culture du thé : Après avoir médité 7 ans immobile face à un mur, il se serait endormi. Pour éviter que cela ne se reproduise, il se serait coupé les paupières. (On le représente alors sans paupières ce qui lui fait des yeux immenses). En tombant à terre elles auraient donné naissance à deux plants de thé, bien utile pour maintenir éveillé les pratiquants du zazen.


Une autre légende veut que, après 9 ans de méditation, les jambes et les bras de Bodhidharma auraient pourri, ce qui serait à l’origine des statuettes sphériques de Bodhidharma et des culbutos Daruma au Japon. (Les bonhommes de neige qui n'ont pas non plus de bras sont appelé yuki-Daruma)
Source du texte : wikipedia

Sur les Daruma : chiscafe










"En Inde, c'est le grand maitre Bodhidharma. 
Au Japon, un jouet à bascule. 
Là-bas, il écrase les six écoles hors de la Voie.
Ici, il console trente mille galopins."
Hakuin (XVIIIe siècle).  






Bibliographie (en français) : 
- Le Traité de Bodhidharma. Trad. Bernard Faure. Ed. Points Sagesse. 
Etudes générales : 
Collectif, Tch'an, zen, racines et floraisons. Ed. Hermes (4), 2001.
Extraits : Google books
Yen Chan, La Voie du Bambou, Boudhisme Ch'an et Taoisme. Ed. Almora. 
Philippe Cornu, Encyclopédie du Bouddhisme. Ed. du Seuil.
Bernard Faure, Le bouddhisme ch'an en mal d'histoire, EFEO, 1989.
Nguyen Huu Khoa, Petite histoire du Tchan. Ed. du Seuil, Points sagesse, 1998.
Masumi Shibhata, Les maitres du Tch'an / Zen en Chine. Ed. Maisonneuve et Larose, 1985. 
Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme. Ed. Fayard.
D.T.Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen, 3 vol. Ed. Albin Michel, spiritualité vivante, 1972. 
Bibliographie plus complète : Bouddhisme-université




Le zen va droit au cœur.
Vois ta véritable nature
et deviens Bouddha.



L'enseignement de tous les Bouddhas ne doit pas être recherché à travers un autre.
- Mon esprit n'est pas encore pacifié. Je vous en prie, maître, purifiez-le.
- Amène-moi ton esprit et je le purifierai.
- Pendant des années, je l'ai cherché, mais je suis encore incapable de le saisir. 
- Eh bien, le voilà pacifié une fois pour toutes. 
Extrait d'un entretien avec Huike, dans : Jacques Brosse, les maitres zen.


Il est de multiples façons d'accéder à la voie, mais toutes peuvent se ramener à deux types principaux : l'accès par le principe et l'accès par la pratique. L'accès par le principe consiste à réaliser le principe essentiel en s'appuyant sur la doctrine; c'est croire profondément en l'immanence, dans tous les êtres, d'une nature unique et véritable, que le voie irréel des souillures ne fait que masquer. Si l'on rejette l'erreur pour faire retour à la vérité, en se concentrant sur la contemplation murale, il n'y a plus de distinction entre soi-même et autrui, le profane et le saint s'avèrent égaux et un. Demeurer ferme et constant, affranchi de l'enseignement discursif, c'est s'accorder mystérieusement avec le vrai principe. Comme il n'y a plus nulle discrimination, tout est tranquille et exempt de noms. Tel est l'accès par le principe.
L'accès par la pratique renvoie aux quatre pratiques qui résument toutes les autres. Quelles sont ces quatre pratiques ? Ce sont : 1) (Savoir) répondre à la haine; 2) être en accord avec les conditions; 3) ne rien tenir pour désirable et 4) être en parfaite harmonie avec le Dharma. 
(2) Les deux accès, extrait de : Le traité de Bodhidharma.


Question :
- Où se trouve le lieu de l'éveil ?
Réponse :
- Le lieu où l'on marche est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on est couché est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on est assis est le lieu de l'éveil, le lieu où l'on se tient debout est le lieu de l'éveil. Lever ou abaisser le pied, tout cela constitue le lieu de l'éveil.
(37) Le lieu de l'éveil, extrait de : Le traité de Bodhidharma


Autre question :
Si toutes ces voies ne sont que le produit de fausses notions, que sont ces fausses notions dont elles résultent ?
Réponse :
Dans le Dharma, il n'est ni forme ni caractères spécifiques, ni grandeur ni petitesse, ni haut, ni bas. C'est comme si, devant un jardin de votre maison, se trouvait une grosse pierre. Il vous arrive de dormir ou de vous asseoir dessus, sans pour autant éprouver ni surprise ni frayeur. Mais voilà que vous prend l'idée d'en faire une statue, et vous demandez à quelqu'un de vous sculpter un Buddha. Dès lors, votre esprit l'interprétant comme un Buddha, vous craignez de commetre une faute et n'osez plus vous asseoir dessus. Ce n'est toujours qu'une pierre, et c'est votre esprit qui en a fait ce qu'elle est maintenant. Cet esprit, quelle sorte d'entité est-ce donc ? Tout cela, c'est le pinceau de votre mental qui l'a peint, mais vous vous effrayez vous-même. Dans la pierre, il n'y a en réalité ni faute ni mérite, ceux-ci ne sont que les créations de votre esprit. C'est ainsi que celui qui peint des yaksa et des démons, ou bien des dragons et des tigres, lorsqu'il voit ce qu'il vient lui-même de peindre, s'en effraie tout seul. il n'y a en fin de compte rien à craindre dans les couleurs, tout cela c'est le pinceau de votre mental qui l'a distingué. Comment y aurait-il là autre chose que les fragments de votre imagination ?
(63) Projections mentales, extrait de : Le traité du Bodhidharma


Les quatre principes du tch'an attribués au fondateur Bodhidharma (mais dont la formulation lui est postérieur), provenant de la lecture du Lankavatara Sutra * : 
1. Une transmission spéciale par delà des Écritures, 
2. Ne dépendre ni des mots ni des concepts, 
3. Pointer directement au coeur de l'homme, 
4. Contempler sa nature propre et ainsi, réaliser l'état de Bouddha. 
* Sur le pic de l'Assemblée des Vautour, le Bouddha se contenta de prendre une fleur du bouquet qu'on venait de lui offrir, et calmement, tourna la tige entre ses doigts. Ses disciples déconcertés se regardaient les uns les autres, sauf Kashyapa, qui répondit par un sourire à son maître. Sortant de son silence, le Bouddha proclama : 
"J'ai en ma possession l'Oeil du Trésor de la Vraie Loi (Dharma), l'innéfable et subtile vue du nirvana qui ouvre la porte de la vision du sans-forme, ne dépend ni des écris ni des mots et se transmet en dehors de toute doctrine. Ce Trésor, je le remets au grand Kashyapa."
Source de la citation : Les maitres du zen. 










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