mardi 17 avril 2012

La Table d'Emeraude


Selon une tradition qui remonte aux alchimistes grecs, Hermès est souvent évoqué comme le père fondateur de l'alchimie. (...)
C'est là, au sein de cette alchimie arabe encore peu étudiée, que se trouvent les premières versions connues de la Table d'Emeraude.
Ce n'est pas dans un texte attribué à Hermès, mais au thaumaturge grec Apollonios de Tyane (arabisé sous la forme de Balînûs) qu’apparaît pour la première fois la Table d'Emeraude. (...)

Voici, lorsque j'eus pénétré dans la chambre funéraire, je pris la table d'émeraude qui était devant (la statue d') Hermès, et il était écrit sur elle dans la langue primitive : ... 
(voir plus bas)


Bibliographie : 
- La Table d'Emeraude et sa tradition alchimique, Ed. Les Belles Lettres, 1994.
Comprenant :
- Version arabe extraite du Livre du secret de la création de Apollonios de Tyane
- Version arabe extraite du Secret des secrets du pseudo-Aristote
- Version latine du Livre du secret de la création, traduit de l'arabe par Hugues de Santalla
- Version latine du Secret des secrets du pseudo-Aristote, édité et commenté par Roger Bacon
- Version française anonyme versifiée en moyen français (XVe siècle)
- Version française anonyme versifiée (XVIe siècle), remaniée par Clovis Hesteau de Nuysement (1621)
- Traduction française de la « vulgate » latine, avec son Commentaire par Hortulain (XIVe siècle)
- Commentaire extrait d'Atalanta fugiens (La fuyante Atalante) par Michaël Maier (1617)
- Sept traités ou chapitres dorés d'Hermès Trismégiste
- Le Livre de Cratès
Commande sur Amazon : La Table d'Émeraude
Autre présentation : wikipedia



LA TABLE D'EMERAUDE 

Version arabe (la plus ancienne retrouvée, 825)
extraite du Livre du secret de la création par le Pseudo Appollonios de Tyane

I. Vrai, vrai, indiscutable, certain authentique !
II. Voici, le plus haut vient du plus bas, et le plus bas du plus haut, une oeuvre des miracles par une chose unique.
III a. Comme les choses ont toutes pris naissance de cette matière par un procédé unique.
III d. (Comme son oeuvre est merveilleuse ! Il est le principe du monde et celui qui le dirige.)
IV. Son père est le soleil, sa mère la lune, le vent l'a porté dans son ventre, la terre l'a nourri.
V. Il est le père des enchantements, il veille sur les miracles, parfait en forces, l'éveilleur des lumières.
VI. Un feu qui devient terre...
VII. Ôte la terre du feu, le subtil du grossier, avec prudence et art.
VIII a. Il monte de la terre au ciel et s'empare des lumières d'en haut, puis il redescend sur la terre.
VIII b. Et en lui est la force du plus haut et du plus bas.
VIII c. Tu deviendras ainsi le maître du plus haut et du plus bas.
VIII d. Car avec toi est la lumière des lumières, aussi les ténèbres fuiront-elles devant toi.
IX. Avec la force des forces tu surmonteras toute chose subtile, tu pénétreras toute chose grossière.
X. Conformément à l'origine du grand monde (L'oeuvre prend son origine, et c'est ma gloire).
XII. Aussi ai-je été appelé Hermès triple en sagesse.
Extrait de : La Table d'Emeraude et sa tradition alchimique
Commande sur Amazon : La Table d'Émeraude

* * *

LA TABLE D'EMERAUDE
Version la plus répandue 
trad. française de la "vulgate" latine, XIVe

I. Il est vrai sans mensonge, certain & très véritable.
II. Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : & ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose.
III. Et comme toutes les choses ont été, & sont venues d'un, par la médiation d'un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation.
IV. Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l'a porté dans son ventre ; la terre est sa nourrice.
V. Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière,
VI. Si elle est convertie en terre.
VII. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais doucement, avec grande industrie.
VIII. Il monte de la terre au ciel, & derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures & inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; & pour cela toute obscurité s'enfuira de toi.
IX. C'est la force forte de toute force: car elle vaincra toute chose subtile, & pénétrera toute chose solide.
X. Ainsi le monde a été créé.
XI. De ceci seront & sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici.
XII. C'est pourquoi j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j'ai dit de l'opération du soleil est accompli, & parachevé.
Extrait de : La Table d'Emeraude et sa tradition alchimique
Commande sur Amazon : La Table d'Émeraude

* * *


samedi 7 avril 2012

Frank Martin



Frank Martin, né a Genève en 1890 (et mort à Naarden aux Pays-Bas en 1974), fut le dixième et dernier enfant du pasteur Charles Martin. Avant même d'aller à l'école, il jouait du piano et improvisait.

A neuf ans il composait des chansons parfaitement construites, sans avoir rien appris des formes musicales ni de l'harmonie. A douze ans il eut l'occasion d'entendre une exécution de la Passion selon Saint Matthieu; l'émotion ressentie par l'enfant fut décisive et laissa ses traces durant toute la vie du compositeur, pour qui Bach resta le véritable maître. Après le gymnase classique, il étudia pendant deux ans les mathématiques et la physique à l'Université de Genève (pour faire plaisir à ses parents) et travailla en même temps la composition et le piano avec Joseph Lauber, qui lui apprit fort bien le "métier", particulièrement l'instrumentation. Entre 1918 et 1926 il fait des séjours à Zurich, Rome et Paris. Les compositions de cette période témoignent de sa recherche d'un langage musical propre. (...)
Source (et suite) du texte Frank Martin 
Autres biographies : Universalis /  wikipedia
Site officiel : Frank Martin


Bibliographie :
- Un compositeur médite sur son art, Ed. A la Baconnière, 1956.
- A propos, Commentaire sur ses oeuvres, Ed. A la Bacconnière- Entretiens sur la musique avec Jean-Claude Piguet, Ed. A la Bacconnière, 1967
- Correspondance avec Ernest Ansermet (1934-1968), Ed. A la Bacconnière
- Lettres à Victor Desarzens, Ed. A la Bacconnière
- Le tombeau de Monsieur Basile, Ed. A la Bacconnière
- Ecrits sur la rythmique pour les rhytmiciens, les pédagogues, les musiciens, A la Bacconnière
Autre :
Maria Martin, Souvenirs de ma vie avec Frank Martin, Ed. A la Bacconnière
Frank Martin, L'univers d'un compositeur, catalogue de l'exposition Frank Martin, A la Bacconnière, 1984.

Discographie (extrait) :
- Messe pour double chœur a cappella (1922-1926)
- Quatre pièces brèves pour guitare (1933)
- Concerto pour piano nº 1 (1935)
- Le Vin herbé (1938 et 1940-1941), inspiré de Tristan et Iseut
- Der Cornet (1942), pour voix d'alto et petit orchestre, poèmes de R.M. Rilke
- Sechs Monologe for Jedermann (1943), pour baryton et orchestre, de H. von Hoffmannsthal
- Passacaille pour orgue (1944)
- Petite symphonie concertante (1944-1945)
- In terra pax (1944), oratorio
- Huit préludes pour le piano (1947-48)
- Concerto pour sept instruments à vent, timpani, et cordes (1949)
- Golgotha (1945-1948), oratorio
- Concerto pour violon et orchestre (1950)
- Der Sturm (1952-55), opéra sur une pièce de Shakespeare
- Mystère de la Nativité (1957), oratorio
- Drey Minnelieder (1960), pour soprano et piano
- Monsieur de Pourceaugnac (1960-62), comédie mise en musique
- Les Quatre Eléments (1963), étude symphonique pour grand orchestre
- Pilate (1964), oratorio
- Concerto pour violoncelle et orchestre (1965)
- Quatuor à cordes (1966)
- Concerto pour piano nº 2 (1968)
- Maria Triptychon (1968), Ave Maria, Magnificat, Stabat Mater
- Poèmes de la mort (1969 et 71), de François Villon
- Polyptyque, et deux petits orchestres à cordes (1973)
- Requiem (1971-1972)
- Fantaisies sur des rythmes flamenco (1973)
Complément voir : Frank Martin

En ligne :
Documentaire de la Télévision Suisse : "Frank Martin", réalisateur Raymond Barrad, 1970 - durée 75 minutes : Première partie / Seconde partie


Je suis arrivé à une humilité totale de mes facultés raisonnantes, et je suis maintenant convaincu que dès qu'il s'agit de l'esprit, du sens de la vie, de Dieu en un mot, nous devons faire taire notre pensée. Il y a quelque chose qui nous dépasse totalement et tout ce qu'on peut en penser ou dire ne fait que le transposer en le faussant dans le champs de notre conscience. En ce sens, j'ai pris horreur de toute espèce de théologie et même de philosophie, si elles ne se bornent pas à dire : jusqu'ici et pas plus loin. Pour moi, ce domaine réservé, a pris une importance capitale, et je ne comprends plus qu'on essaye de voir clair dans cette chose, la foi qui "passe toute intelligence". C'est dit en trois mots et cela suffit.
Lettre à Bernard Reichel, 12 juin 1968, extrait.

Chercher à créer de la beauté est un acte d'amour, encore même que cet amour ne se dirigerait vers personne, non pas même vers l'humanité comme telle, c'est un acte d'amour en soi. Et le fait d'exclure la recherche de la beauté, de la nier ou simplement de la négliger, c'est refuser cet acte d'amour. (...)
Un compositeur médite sur son art, p.117.

Et encore que l'on soit amené à exprimer la laideur, il faut que l'art soit, par lui-même, si beau que cette laideur en soit comme transfigurée. Car la beauté porte en elle une vertu qui libère notre esprit, quelle que soit l'expression qu'elle incarne, et alors même qu'elle n'exprime rien qui se puisse traduire explicitement par des mots.
Et si ce n'est pas nécessairement "la paix et la consolation" que l'artiste doit donner aux autres hommes, ce devrait être en tous cas cette libération que produit en nous la beauté.
Voilà, me semble-t-il, où réside la véritable responsabilité du compositeur.
Responsabilité du compositeur, 1966, dans : Un compositeur médite sur son art, p. 29

La pensée musicale est une pensée parfaitement claire en elle-même, mais c'est une pensée tout intérieur, globale et parfaitement inexprimable autrement que par elle-même.
On raconte qu'une dame, à qui Beethoven avait joué une de ses sonates, lui avait demandé ce que signifiait cette sonate. Beethoven lui répondit : "Ah ! vous n'avez pas compris ? je vais vous la rejouer".  (...) Et si la pensée analytique est en quelque sorte sans limite pour la connaissance des faits matériels et pour la puissance qu'elle nous donne sur eux, l'autre forme de pensée est indispensable à notre vie et représente, elle aussi, une connaissance, une connaissance qui a été, qui est et qui reste seule valable en ce qui concerne le monde de l'esprit.
Le rôle de l'art dans la société d'aujourd'hui dans : Un compositeur médite sur son art, p. 184.

Il me semble que le véritable travail de l'artiste n'est pas d'exprimer dans son oeuvre des sentiments, mais s'y mettre quelque chose qui soit capable d'évoquer ce sentiment chez les auditeurs. On a vraiment l'impression d'avoir réussi, non pas quand on a exprimé le sentiment qu'on ressentait ou auquel on pensait mais au moment où le sentiment ressenti s'est "incarné" dans la musique et qu'elle le porte en elle.
Entretiens sur la musique, p. 47




Messe pour double chœur a cappella (1922-1926)



Le Vin herbé (1938 et 1940-1941), inspiré de Tristan et Iseut





Petite symphonie concertante (1944-1945)



Der Cornet (1942)



Sechs Monologe for Jedermann (1943)



In terra pax (1944), oratorio



Golgotha (1945-1948), oratorio - répétition



Huit préludes pour le piano (1947-48)



Der Sturm (1952-55)



Quatuor à cordes (1966)



Polyptyque, et deux petits orchestres à cordes (1973)



Fantaisies sur des rythmes flamenco (1973) - master class





jeudi 5 avril 2012

Benoit de Canfield


Né en 1562, Benoît de Canfield est l’aîné de tous et a exercé une influence considérable sur ce mouvement de renouveau spirituel auquel nous devons dont nous devons tant de choses aujourd’hui encore. Canfield présente en outre  la singularité d’être anglais et d’avoir écrit en français. Il est le maillon le plus important entre la mystique rhénane, dont il est l’auteur de langue française le plus proche, et la spiritualité française.
Source (et suite) du texte Arfuyen

   Après le Concile de Trente (1545-1563), les catholiques vivent un renouveau spirituel intense. Franciscains et jésuites prêchent l’oraison à tous et en font le pivot de la vie chrétienne. En 1574, les capucins sont appelés d’Italie en France par Catherine de Médicis.
     Né en 1562 à Canfield, Benoît Fitch se convertit tardivement après une jeunesse assez dissolue. Pour échapper aux persécutions, il se réfugie en France et entre chez les capucins en 1587. Sa vie intérieure est intense. Il lui arrive d’avoir des extases si profondes qu’on ne peut l’en faire sortir.
     Sa renommée spirituelle s’étend très vite et il devient la grande autorité mystique de son temps. C’est ainsi qu’on lui demande « d’expertiser » la vie intérieure de Madame Acarie ou de diriger de l’abbesse de Montmartre. A l’intérieur de l’ordre, il reçoit la charge de former les novices. Sa théologie est donc parfaitement sûre.
     En 1599, il part évangéliser l’Angleterre, mais est immédiatement emprisonné. Délivré trois ans après sur l’intervention d’Henri IV, il revient en France et y reprend ses activités de prédication et de direction. Il meurt au couvent de Saint-Honoré le 21 novembre 1610.
Source du texte : Arfuyen
Autre biographie : wikipedia


Bibliographie :
- La Règle de Perfection, par Jean Orcibal, Ed. PUF, 1982
- La Règle de Perfection (3e partie), par Dominique et Murielle Tronc, Ed. Arfuyen, 2009.
En ligne :
- Reigle de perfection (1632) : Google Books
Etudes :
Optat de Veghel van Asseldonk, Benoît de Canfield : 1562-1610 : sa vie, sa doctrine et son influence, Ed. Romae : Institutum historicum ord. fr. min. cap., 1949.
Camille Bérubé, L'amour de Dieu selon Jean Duns Scot, Porète, Eckhart, Benoît de Canfield et les Capucins, Ed. Roma : Istituto storico dei Cappuccini, 1997.
Daniel Vidal, Critique de la raison mystique : Benoît de Canfield : possession et dépossession au XVIIe siècle, Ed. Jérôme Millon, 1990.
Paul Renaudin, Un maître de la mystique française : Benoît de Canfield, Paris, Ed. Spes, 1956.


Donc cette volonté essentielle est purement esprit et vie, totalement abstraite, épurée et dénuée de toutes formes et images des choses créées, corporelles ou spirituelles, temporelles ou éternelles, et n'est appréhendées (ni) par le sens, ni par le jugement de l'homme, ni par la raison humaine, mais est hors de toutes capacité et par-dessus tout entendement des hommes, pour ce qu'elle n'est autre chose que Dieu même : elle n'est chose ni séparée, ni encore jointe, ni unie avec Dieu, mais Dieu même et son essence. Car cette volonté étant en Dieu, s'ensuit qu'elle soit Dieu, puisqu'en Dieu il n'y a que Dieu.
La Règle de Perfection III, 1 (Qu'est-ce que la volonté de Dieu essentielle. Que c'est Dieu même).

Maintenant donc ayant vu quelle est cette volonté, et la perfection et sublimité de celle-ci, il semble nécessaire que (nous) montrions le moyen d'y parvenir, moyen, dis-je, sans moyen. Car tenez pour tout assuré que nul acte, méditation, pensée, aspiration ou opération profitent ici, avec (nul) discours, exercice ou enseignement, ni nul moyen doit ici moyenner entre l'âme et cette volonté essentielle ou essence de Dieu, mais cette seule fin sans aucun moyen nous doit attirer à elle et nous élever à l'heureuse vision et contemplation de celle-ci. Car cette essence, étant toute supernaturelle, ne peut être comprise de notre sens et jugement, étant incompréhensible, n'est comprise que hors de nous, mais tandis que nous faisons quelque aspiration, ou opération, nous somme dedans nous.
La Règle de Perfection III, 2 (Qu'il n'y a nul moyen humain de parvenir à cette volonté essentielle).

Mais bien que (comme est prouvé) il n'y a moyen humain de voir cette essence, il y en a toutefois un divin. Bien qu'il n'y ait moyen actif ou actuel, c'est-à-dire où l'homme puisse opérer ou être l'agent, il y en a toutefois un passif ou essentiel, où l'homme ne fait rien mais est le patient, et pour ce qu'on n'y fait rien, je l'appelle moyen sans moyen. Car eu égard à ce qu'ainsi nous parvenons à notre dernière fin, il est vraiment moyen, ainsi eu égard à ce que l'âme y désiste d'opérer, il est sans moyen, vu que tout moyen importe opération.
La Règle de Perfection III, 3 (Qu'il y a un moyen sans moyen, savoir passif, non actif).

Dénudation d'esprit est une divine opération purifiant l'âme, et la dépouillant entièrement de toutes formes et images, des choses tant créées qu'incréées, et la rendant ainsi toute simple et nue, et la fait capable de voir sans formes.
La Règle de Perfection, III, 6 (De la parfaite dénudation d'esprit).

Et d'autant que ces causes habituelles, aussi leur effet, car cette annihilation est si parfaite et habituelle en l'âme en ce degré ici que, toutes choses parfaitement réduites à rien, elle demeure comme suspendue en une immense vacuité ou nihilaité, sans pouvoir voir ni appréhender chose aucune, ni même elle-même, laquelle infinie vacuité, ou nihilaité, ressemble à la sérénité du ciel sans aucune image, et est une déiforme lumière.
La Règle de Perfection, III, 7 (De la proximité ou continuelle proche vision et assistance de la fin heureuse).

Mais ici premièrement, j'avertis que ce moyen n'est pas profitable à tous, ni même convenable, ni expédient, pour que ce qu'il pourrait avoir ou sembler d'avoir quelque danger à ceux qui ne sont bien illuminés, ou vien qu'il ne sera bien entendu.
Or ce moyen ici ne sera autre que le commencement et la fin, à savoir cette volonté de Dieu, laquelle (comme est dit) il ne fait jamais laisser, et sera ici ce point illustré par un autre son contraire, à savoir l'annihilation, à ce que ainsi les deux contraires se découvrent mieux et se manifestent l'un l'autre.
Donc pour parvenir et être uni à cette volonté essentielle, il la faut toujours voir, pour la toujours voir, il ne faut rien voir que celle-ci, pour ne voir rien que celle-ci, il faut savoir qu'il n'y a rien que celle-ci et vivre selon ce savoir.
Deux points donc sont requis en cette besogne, savoir est de connaitre qu'il n'y a rien que cette volonté, et de pratiquer cette connaissance (...)
Les philosophes aussi savaient cette vérité, quelques-uns assurant qu'il n'y avait qu'un être qui  fût vraiment être. (...)
Exemples ou figures de ceci étaient montrés en l'appréhension de notre Seigneur, où incontinent qu'il dit : Je suis (Jn 17,18), tous ses ennemis tombèrent par terre à la renverse, nous enseignant que quand il est question de l'être de Dieu, tous les autres tombent à la renverse, s'anéantissent et ne sont plus (...)
La Règle de Perfection, III, 8 (Du deuxième moyen. Que ce moyen n'est autre chose que la volonté de Dieu, illustrée par l’annihilation, laquelle a deux points, connaissance et pratique, et du premier point).

Et c'est ici la vraie oisiveté, où est l'épreuve de la fidélité, et où l'âme est constituée en la vraie pauvreté, et patience d'esprit, et résignation essentielle. C'est ici où est le dernier épuisement de tout ce qui est d'humain dans l'âme. C'est là où est la parfaite mort et la pleine victoire, et où l'on rend l'esprit à Dieu, et finalement où l'homme est rendu divin, d'autant que par telle constance et mort, Dieu vit et règne en lui, y opérant toutes ses oeuvres.
La Règle de Perfection, III, 14 (Qu'il faut pratiquer ces deux annihilations l'une au temps et lieu de l'autre mais chacune en son propre temps et lieu).
Autre extrait : Arfuyen
Commande Arfuyen
Commande sur Amazon : La règle de perfection





Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...