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mercredi 5 avril 2017

Fukushima : une catastrophe sans fin

MAJ de la page : Fukushima

Fukushima : une catastrophe sans fin
Le 15 mars 2017 - Science et vie

6 années se sont écoulées depuis le tremblement de terre de 2011, le tsunami, l’explosion de la centrale nucléaire. Le lieu du drame véhicule désormais la catastrophe en son nom : Fukushima. Où en est-on ?

Kazuo Sato, 75 ans, prie pour son fils aîné Kenichi

Chaque mois de mars est l'occasion de rappeler qu'une année supplémentaire s'est écoulée depuis l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima. Cet accident, dont l'ampleur est sans égale, a mis à l'épreuve le marché de l'énergie nucléaire, dont la technologie continue pourtant de bénéficier d'un très large soutien politique. Nous publions "Fukushima : où l'on tente encore de nous faire croire que le nucléaire pourrait être moteur de la redynamisation rurale (une catastrophe sans fin)", une tribune rédigée par Cécile Asanuma-Brice, chercheur en sociologie urbaine, adjointe au directeur du bureau CNRS Asie du Nord.

Voici maintenant plus d’un siècle que nos pays modernisés se sont tournés vers la planification afin de penser un meilleur équilibre économique et démographique de leur territoire. Si tel fut le discours mis en avant pour en vanter les mérites, le résultat n’en reste pas moins décevant, si ce n’est nul. Le rééquilibrage régional n’a que relativement fonctionné, bien qu’artificiellement réactivé par quelques espoirs toujours déçus, et les campagnes ont continué à se vider de leurs activités humaines au profit des villes dont l’étalement s’épanche telle une tâche d’huile alimentée par les fuites du moteur de la société de consommation. Il en est de même au Japon, où les campagnes meurent lentement, où les villages abandonnés laissent leurs belles demeures de bois pourrir au gré des vents, au fil du temps. Fukushima n’avait pas échappé à ce rouleau compresseur d’un système économique sans indulgence, devenu l’ultime but de la production humaine alors qu’il aurait dû en être son serein soutien.

ISOTOPES. Ça n’est donc pas sans surprise que nous observons l’ardeur des organisations internationales, ainsi que celle du gouvernement japonais à vouloir à tout prix faire rentrer dans leur campagne en désuétude les populations réfugiées suite à l’accident nucléaire du 11 mars 2011. Plus de 6 années après l’explosion de la centrale, présents plus que jamais sur ce territoire rural perdu au milieu de nulle part, les membres de l’AIEA, du CEPN, de l’IRSN et autres UNSCEAR (1), se lancent dans "l’humanitaire" à la défense des paysans en péril, nous ventant les bienfaits de la résilience (2), les nuisances du refuge, les méfaits sanitaires du stress face au désastre, tout en affichant une attitude agnostique envers les résultats épidémiologiques qui voient pourtant croître à plus de 184 le nombre d’enfants de moins de 18 ans ayant du être opérés d’un cancer de la thyroïde sur un échantillon limité de 270 500 personnes (3). Ce point, qu’il est devenu tabou d’évoquer dans les cercles scientifiques, est néanmoins fondamental, en ce qu’il est celui qui déterminera la nécessité des politiques de protection à mettre en œuvre, ou non, en cas d’accident. Si l’explosion d’une centrale nucléaire et la dispersion des isotopes qu’elle contient à travers monts et vallées n’est pas dangereuse pour la santé humaine et pour la vie dans son ensemble, alors pourquoi partir en cas d’explosion, pourquoi évacuer les populations dont on broie la vie communautaire, mais aussi à quoi bon dépenser tant d’argent à décontaminer, pourquoi avoir créer des centres de recherches spécifiques sur la radio-protection puisqu’il serait inutile de s’en protéger, et finalement pourquoi se servir de ces mêmes isotopes inoffensifs pour réaliser l’arme de destruction ultime que l’on brandit à la face du monde à chaque tension diplomatique ? Bref, nous devons rétablir de la cohérence dans nos discours et nos analyses. Si les habitants de Fukushima se sont réfugiés, ou ont été évacués (même si l’évacuation organisée par l’administration a été bien tardive) c’est qu’il y a un danger, réel, dont nous avons tous connaissance : scientifiques, militaires et citoyens (cette dernière catégorie comprenant les deux précédentes).

samedi 30 avril 2016

Tchernobyl, Fukushima : vivre avec



TCHERNOBYL, FUKUSHIMA : VIVRE AVEC

Trente ans après Tchernobyl, cinq ans après Fukushima, les habitants des territoires contaminés témoignent de leur cohabitation incertaine avec la radioactivité. Une réalité humaine poignante et méconnue.

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril 1986, cinq ans après celle de Fukushima, le 11 mars 2011, que peuvent nous révéler du risque nucléaire les territoires dits "faiblement" contaminés, dont les habitants sont restés sur place ? En Europe, dans ces "zones grises" décrétées vivables, près de 7 millions de personnes réparties sur 120 000 km2 entre la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et la Norvège ont basculé dans l'inconnu, devenant les cobayes d'une cohabitation permanente avec la radioactivité. Dans les territoires les plus proches de Tchernobyl, le mois suivant l'accident, celui-ci a provoqué une épidémie de cancers infantiles de la thyroïde, mais ensuite ? Que sait-on des conséquences à court, moyen et long termes d'une contamination qui continue d'affecter l'environnement et la chaîne alimentaire ? À quelles conditions, en courant quels risques, les populations concernées ont-elles continué à vivre sur place ?

"Zones grises"

Parce que, dit-il, trente ans après, la science elle-même montre ses limites face à ces incertitudes majeures, Olivier Julien a enquêté au plus près des habitants de trois des zones contaminées, en Biélorussie, auprès des Samis de Norvège et au Japon. Il montre comment les premiers, "vétérans" de la radioactivité, sont allés à la rencontre des riverains de Fukushima afin de leur transmettre leur savoir et leurs pratiques, et les ont ainsi aidés à ne plus seulement subir l'angoisse de la pollution radioactive, et à combattre ses effets au jour le jour. Avec l'aide de chercheurs, dont certains interviennent dans le film, comme le Français Jacques Lochard, ils ont appris à mesurer au quotidien, dans leur corps et leur environnement, des taux de contamination très variables. Tous témoignent du soulagement que leur a apporté le fait d'avoir pris en main leur destin. C'est ainsi, résume avec humour l'un des protagonistes japonais, qu'en établissant pour son village une carte "des fantômes redoutables" (la radioactivité), il a tenu sa peur en respect. Mais ce dont souffrent toujours les habitants des "zones grises", c'est d'être ostracisés - une double peine suscitée par la terreur de la radioactivité. Aller à leur rencontre, souligne en écho le réalisateur, c'est mesurer un paradoxe immense : pourquoi, en dépit de cet effroi, continuons-nous à construire des centrales nucléaires ?
Source : Arte

* * *

Tchernobyl : les malades de la thyroïde veulent en finir avec l’omerta en France
Par Sophie Chapelle, le 27 avril 2016 - Bastamag

Palpitations, agressivité, prise de poids, fatigue constante, problèmes de libido, dépression, fausse couche... De plus en plus de citoyens français se voient diagnostiquer, après un long parcours médical, un problème thyroïdien. L’Association française des malades de la thyroïde mène un long combat pour faire reconnaître le rôle de la catastrophe de Tchernobyl dans l’augmentation de ces pathologies. Après plusieurs échecs judiciaires, 30 ans après la catastrophe nucléaire, l’association vient de publier une bande dessinée pour mettre en lumière la gestion désastreuse en France de l’après-Tchernobyl et l’omerta des autorités publiques sur les risques pour la santé.

dimanche 20 décembre 2015

Agnotologie, la fabrication de l'ignorance

MAJ de la page : Lobbying et régulations 1 / 2



Terre à terre par Ruth Stégassy
Lobbying et régulations 3 : La fabrication de l'ignorance 19.12.2015
L'agnotologie, vous connaissez ? C'est la science de l'ignorance, appliquée avec méthode aux effets sur les populations du tabac, de la chimie, ou encore... d'un accident nucléaire, comme à Fukushima.
Avec :
Thierry Ribault, chercheur, CNRS-CLERSE-Université Lille 1 ;
Cécile Asanuma-Brice, chercheur associée, CNRS-CLERSE-Université Lille 1, Maison franco-japonaise, Tokyo et
Annie Thébaud-Mony, sociologue, directrice de recherches honoraire à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
Son dernier livre : Les risques du travail, Ed. La Découverte, 2015
Commande sur Amazon : Les risques du travail




Annie Thebaud-Mony : "je refuse la légion d'honneur" (France Info, 2012)


Non, le cancer n’est pas le fruit du hasard !
Par Annie Thébaud-Mony, le 7 janvier 2015 - Le Monde

En ces premiers jours de 2015, les médias ont diffusé le message selon lequel le cancer serait essentiellement le fruit du hasard. Une aubaine pour les industriels de l’amiante, de la chimie, des pesticides, du nucléaire, du pétrole et j’en passe… Pour eux, sans aucun doute, cette « découverte scientifique » devrait clore toute controverse sur le rôle des risques industriels dans la survenue du cancer !

mardi 4 novembre 2014

Le ventre de Tokyo



LE VENTRE DE TOKYO (Allemagne, 2013)
Un état des lieux de cette mégapole de 36 millions d'habitants, dix-sept mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Des poissons au césium à la pollution tous azimuts, le bilan dressé par les habitants de Tokyo (poissonniers, éboueurs, employés du service des eaux) est accablant.
Un état des lieux de cette mégapole de 36 millions d’habitants, dix-sept mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Des poissons au césium à la pollution tous azimuts, le bilan dressé par les habitants de Tokyo (poissonniers, éboueurs, employés du service des eaux…) est accablant.
Source : Arte

mercredi 12 mars 2014

Sommes-nous préparés à d'autres Fukushima ?



Planète terre par Sylvain Kahn
Sommes-nous préparés à d'autres Fukushima ? (12.03.2014)
Dominique Bourg, professeur à l'Université de Lausanne (Institut des politiques territoriales et de l'environnement humain/Faculté des géosciences et de l'environnement)
Magali Reghezza, géographe, maître de conférences à l'École normale supérieure
Michel LLory, ingénieur, ancien directeur du département de recherches sur les grands risques, ls accidents industriels et les causes humaines des catastrophes, EDF
Source : Arte

mardi 11 mars 2014

Réflexion sur la condition nucléaire



La Grande Table (2ème partie) par Caroline Broué
Réflexion sur la condition nucléaire (11.03.2014)
avec Jean-Jacques Delfour, professeur à l'Université de Toulouse-Le Mirail, qui publie La Condition nucléaire aux Editions l'Echapée.

Voir aussi les pages : La Face cachée d'Hiroshima / Fukushima, chronique d'un désastre / Le monde après Fukushima / Le ventre de Tokyo 

dimanche 12 janvier 2014

La face cachée d'Hiroshima

MAJ de la page : Little Boy




Kenichi Watanabe, La face cachée d'Hiroshima (Japon, 2011)

L'héroïne de Marguerite Duras n'avait rien vu à Hiroshima. D'autres, très nombreux, continuent d'associer à la cité martyre la doctrine du « mal nécessaire » : les deux bombes atomiques lancées sur Hiroshima, puis Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, auraient été le seul moyen de contraindre les Japonais à la capitulation et d'épargner des centaines de milliers de vies. Sauf que les explosions de ces armes de destruction massive, voulues et conçues comme telles, ont servi des intérêts politiques, industriels, militaires et médicaux qui n'avaient rien d'humaniste, et qui ont abouti non seulement à un carnage épouvantable et prolongé (des dizaines de milliers de décès après blessures ou mystérieuses maladies), mais à une très cynique politique de censure et de propagande autour des effets des radiations.
Kenichi Watanabe, auteur du remarquable Le Japon, l'empereur et l'armée (2009), décrypte la collusion de ces enjeux avec une précision glaçante et des archives édifiantes. Parce que insuffisamment développé, le parallèle qu'il effectue en début et fin de film entre la destruction de Hiroshima et la catastrophe de Fukushima n'est pas sa meilleure idée. Mais le minutieux décryptage du projet Manhattan, qui fit violemment entrer l'humanité dans l'ère nucléaire, justifie à lui seul que vous lui consacriez votre soirée.
Source : telerama
Site officiel de Kenechi Watanabe : kamiproduction
Interview de l'auteur de Le Monde après Fukushima, (2013) : wikistrike

jeudi 3 octobre 2013

Le ventre de Tokyo



Le ventre de Tokyo (Allemagne, 2013).
Un état des lieux de cette mégapole de 36 millions d’habitants, dix-sept mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Des poissons au césium à la pollution tous azimuts, le bilan dressé par les habitants de Tokyo (poissonniers, éboueurs, employés du service des eaux…) est accablant.
Source : Arte

dimanche 10 mars 2013

Fukushima, Chronique d'un désastre



FUKUSHIMA, CHRONIQUE D'UN DÉSASTRE
En retraçant chronologiquement chacun des évènements qui a conduit au désastre - le tremblement de terre, puis, une heure après, le tsunami qui entraîne une première panne de courant, puis la deuxième panne qui paralyse le système de refroidissement du réacteur, causant la fonte de celui-ci et l'explosion d'hydrogène  -, le film soulève d'importantes questions techniques. Comment et pourquoi, après le tsunami, une panne complète de courant a-t-elle pu se produire au sein du réacteur de Fukushima ? Dans quelle mesure les travailleurs de la centrale ont-ils été informés des dommages causés aux installations ? Étaient-ils vraiment préparés  à faire face à une telle situation ? La décision des responsables de la centrale de lâcher de la vapeur radioactive dans l'atmosphère était-elle inéluctable ? Pour réponde à ces questions, NHK a recueilli les témoignages des ingénieurs de la centrale qui étaient présents dans la salle de contrôle au moment de l'accident. Grâce à ces interviews et à des scènes reconstituées, le documentaire révèle un système de sécurité défaillant, le manque de préparation des équipes et, surtout, la vulnérabilité des réacteurs nucléaires.
(Japon, 2012, 47mn)
Source : Arte 7
Date(s) de rediffusion :
Samedi, 16 mars 2013, 16h50

Voir aussi : Le monde après Fukushima

mercredi 6 mars 2013

Le monde après Fukushima



LE MONDE APRÈS FUKUSHIMA
Un dérisoire dosimètre, aux carrefours ou accroché au cou des enfants, les rappelle sans cesse au monstre invisible et aux particules tueuses qu'ils tentent de retenir en disposant des bouteilles d'eau aux fenêtres. Dans la région de Fukushima, deux ans après, la vie ou du moins "l'existence" des habitants continue, en intégrant au quotidien la pollution radioactive. Au-delà du séisme et du tsunami, la catastrophe nucléaire a révélé les lézardes d'un système et sa criminelle arrogance. Et tous se souviennent avec effroi de la série d'erreurs et d'atermoiements qui a scellé leur destin, les politiques préférant "minimiser la situation au lieu de réduire les risques".
(France, 2013, 77mn)
Source : Arte 7
Date(s) de rediffusion :
Samedi, 9 mars 2013, 12h10
 
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