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mardi 31 octobre 2017

Le colibri et le sanglier : Faire sa part ou faire le nécessaire ?



La légende du Colibri
Variation sur le même thème (humour) : Puntish



Pierre Rabhi, Un moment en compagnie de (Juillet, 2017)


Le colibri et le sanglier : Faire sa part ou faire le nécessaire ? 
 Deep Green Resistance, octobre 2017 - Le Partage 

La légende Quechua qui illustre les valeurs du Mouve­ment Coli­bri[1], et est à l’ori­gine de son nom se déroule ainsi :
« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incen­die de forêt. Tous les animaux terri­fiés, atter­rés, obser­vaient impuis­sants le désastre. Seul le petit coli­bri s’ac­ti­vait, allant cher­cher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agita­tion déri­soire, lui dit : ‘Coli­bri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !’
Et le coli­bri lui répon­dit : ‘Je le sais, mais je fais ma part.’ »

L’his­toire ainsi racon­tée est pour­tant incom­plète, et sa fin mérite d’être enfin dévoi­lée :
« Le tatou pour­sui­vit : ‘Coli­bri ! Sais-tu que plusieurs centaines d’hommes armés de lance-flammes sont en train d’al­lu­mer des feux partout à travers ce qu’il reste de forêt ? Ils ont aussi empoi­sonné l’eau que tu tiens dans ton bec.’
Mais le coli­bri, qui volait vers les flammes, était déjà loin et n’en­ten­dait plus.
Soudain, un sanglier entre­prit de char­ger les hommes. De ses défenses, il perçait les réser­voirs d’es­sence et les jambes des pyro­manes. Le tatou décou­vrant la scène, effrayé, inter­pella le sanglier :
‘Tu es fou ! Tu discré­dites les efforts du coli­bri. À mettre les humains en colère, tu risques ta vie, et celle de tous les animaux de la forêt !’
Ce à quoi le sanglier répon­dit : ‘Réveille-toi tatou, je fais ce qui est néces­saire.’ »

Première remarque sur cette petite histoire : lorsqu’on lui dit que ses efforts sont déri­soires, le coli­bri répond spon­ta­né­ment « je le sais ».
Cyril Dion, cofon­da­teur et ancien direc­teur du mouve­ment Coli­bris ne dit pas autre chose lorsqu’il évoque les résul­tats concrets de leur vision de l’éco­lo­gie :
« Pour le moment, il est clair que nous n’y sommes pas. »[2]
En effet.
Depuis plus de quarante ans, les quelques victoires des mouve­ments écolo­gistes semblent sans excep­tions tempo­raires ou de l’ordre du symbo­lique.
Tandis que la destruc­tion de la planète s’ac­cé­lère, le tempo­raire et le symbo­lique devraient être perçus pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire plus que déri­soires : posi­tifs surtout pour les consciences de ceux qui s’en féli­citent, ce sont en réalité des défaites.
Il y a quarante-cinq ans, en 1972 avait lieu la première Confé­rence des Nations unies sur l’en­vi­ron­ne­ment de Stock­holm, orga­ni­sée par René Dubos, un des pères de l’éco­lo­gie française. Le mot d’ordre (emprunté à Jacques Ellul) qu’il proposa à l’époque, devant guider l’ac­tion des écolo­gistes, fût le suivant :
« Penser globa­le­ment, agir loca­le­ment. »
Un slogan qui consti­tue encore aujourd’­hui une des devises de l’éco­lo­gie pallia­tive (qui se distingue de l’éco­lo­gie « radi­cale »[3]), avec le succès déri­soire que l’on doit bien lui recon­naître.
Le penser et l’agir ont malheu­reu­se­ment été main­tenu à l’écart. Il n’y a jamais eu l’ombre d’une adéqua­tion entre le « deve­nir le chan­ge­ment que tu veux voir dans le monde » et les multiples diagnos­tics qui détaillent depuis long­temps les destruc­tions du monde natu­rel.
Ainsi, le mot d’ordre « penser global, agir local » a été joyeu­se­ment adopté par tous les apôtres de la mondia­li­sa­tion triom­phante. Ces quatre mots sont deve­nus un mantra du caté­chisme ensei­gné a HEC ou l’ESSEC, et ce sont au final des enseignes telles que Coca-Cola ou IBM qui, en les appliquant reli­gieu­se­ment, leur ont donné leurs lettres de noblesses.
Avons-nous aujourd’­hui encore quarante-cinq ans de Coca et d’IBM devant nous ?
Non, bien sûr… 10 années, tout au plus.[4]

jeudi 30 juin 2016

Le désastre écologique « renouvelable » des Tokelau



Le Paradis Solaire Des Iles TOKELAU (Arte, 2015)


Le désastre écologique « renouvelable » des Tokelau
Par Nicolas Casaux, le 28 juin 2016 - Le Partage


Que vous vous intéressiez de près ou de loin à l’écologie, vous avez très certainement déjà discuté de ce que l’on nomme les énergies « renouvelables », notamment du solaire et de l’éolien.

Associer ainsi l’écologie et les énergies soi-disant « renouvelables » témoigne d’un diagnostic mal établi; cette discussion se fonde bien souvent sur l’axiome erroné selon lequel, entre autres choses, la production industrielle d’électricité est souhaitable et/ou nécessaire, tandis qu’il serait urgent de se demander pour qui, ou pour quoi, elle peut sembler l’être (jusqu’à preuve du contraire, la planète n’en a pas besoin, et a d’ailleurs toujours souffert de la production d’électricité par les humains industriels)  ; selon lequel, de manière plus générale, la civilisation industrielle mondialisée dans laquelle vit la majorité des êtres humains, ainsi que la culture qui l’a fait émerger et qui en émerge sont de bonnes choses, convenables et devant donc être maintenues ; & selon lequel, nos sociétés doivent grosso-modo continuer telles qu’elles sont actuellement, à quelques légères modifications près (des voitures électriques, plus d’objets intelligents et basse consommation, des éoliennes, des panneaux solaires et du bio/équitable partout, toujours plus de gadgets électroniques & de high-techs tout en espérant paradoxalement moins de pollution, par exemple).

En effet, la plupart des gens, au sein de cette culture, ne remettent en question ni le concept insidieux et mensonger des soi-disant « démocraties » modernes, ni le concept d’état, ni le mode de vie occidental – mais aujourd’hui universel – du métro-boulot-dodo, ni la mondialisation (du commerce, du transport, de la communication, etc.), ni l’idéologie qui organise et décide les différents travaux qu’ils effectuent, ni l’essence même de l’ersatz de vie qui nous est proposé en lieu et place de son original.

Mais pourquoi, d’ailleurs, devraient-ils remettre en question autant de choses ?!

mardi 2 février 2016

Soigneur de terre

(Excellent documentaire. A voir absolument.)



Soigneurs de terres (France 2, 13h15 le dimanche, 31 janvier 2016)

Soixante-dix ans d'agriculture industrielle intensive ont épuisé les sols français. Les rendements baissent et les bonnes terres réduisent comme peau de chagrin. Produits chimiques à gogo et labours agressifs les font disparaître hectare après hectare. Et si la France, vieux pays agricole, se couvrait de champs devenus infertiles dans le prochain quart de siècle ?

La valeur nutritionnelle des fruits, légumes et céréales diminue au fil des traitements à répétition qui leur sont infligés au nom de la productivité et de la rentabilité. Et si la culture paysanne et les pouvoirs publics, contre l'avis de puissants lobbies, changeaient en profondeur pour mettre un terme à ce désastre agricole, sanitaire et environnemental ? Certains pionniers sont déjà au travail pour inverser la tendance.

Le choix de l’agro-écologie
Le magazine "13h15 le dimanche" (Facebook, Twitter, #13h15) diffusé sur France 2 a rencontré les "médecins des sols" Claude et Lydia Bourguignon. Ces biologistes affirment que "l'agriculture conventionnelle est un massacre pour les sols… Elle anéantit leur fertilité". Ils trouvent des remèdes pour soigner les terres exsangues. Jean-Christophe Bady, "repenti" de l'agriculture intensive, n'utilise ni engrais ni pesticides pour des raisons de santé et fait le choix de l’agro-écologie… sans recevoir d'aide de l’Etat.

Emmanuelle Chartoire, Clément Montfort, David Geoffrion et Mathieu Houel ont suivi le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour qui le modèle agro-écologique n’a que des avantages : plus sain, moins cher, durable et même plus productif ! Le maraîcher normand Charles-Hervé Gruyer exploite depuis une dizaine d'années une ferme agro-écologique de pointe, au rendement dix fois supérieur à celui d’un maraîcher classique. Les pionniers du changement sont déjà à l'œuvre, aux petits soins du bien commun des hommes, la Terre.
Source : FranceTVinfo

dimanche 17 janvier 2016

Vers un tribunal international des droits de la Terre



Terre à terre par Ruth Stégassy
Vers un tribunal international des droits de la Terre 16.01.2016
Les lois n'ont jamais été écrites pour protéger l'eau, l'air, ou les sols, mais pour protéger la propriété. Et si ça changeait ?
Avec : Valérie Cabanès, juriste, porte-parole de l'Association "End Ecocide On Earth"
Site officiel : Valérie Cabanes
Emission radio en téléchargement (RTS, octobre 2015) : Le crime écologique (mp3)

Pour sa participation dans :
Collectif (Naomi Klein, Susan Georges, Valérie Cabanes, ...), Crime climatique STOP ! : L'appel de la société civile, Ed. Seuil, 2015
Commande sur Amazon : Crime climatique STOP ! : L'appel de la société civile



Valérie Cabanes, Positive Economy Forum (Le Havre, 2015)


Demain, les Etats pourront-ils être condamnés pour crime climatique et violation des droits des générations futures ?
Par Valérie Cabanes, le 25 septembre 2015 - Bastamag

Des enfants américains attaquent en justice leur gouvernement pour ne pas prendre en compte les droits des générations futures. Des insulaires du Pacifique, menacés par la montée des océans, tentent de traîner les gros pollueurs devant les tribunaux. Aux Pays-Bas, des magistrats viennent même de condamner l’Etat néerlandais pour manquement à son devoir de vigilance en matière d’émissions de CO2. Les actions en justice contre l’indifférence des Etats et des gros pollueurs se multiplient. La notion de crime climatique pourrait être reconnue par la Cour pénale internationale. C’est en tout cas ce que défend la juriste Valérie Cabanes, qui est reçue ce 25 septembre par François Hollande.

mardi 12 janvier 2016

Lettre à l’éléphant


Lettre à l’éléphant (par Romain Gary) 

Parce que cette lettre de 1968 est toujours aussi pertinente, 48 ans après, nous la republions.
Source : Le Partage

Monsieur et cher éléphant,

Vous vous demanderez sans doute en lisant cette lettre ce qui a pu inciter à l’écrire un spécimen zoologique si profondément soucieux de l’avenir de sa propre espèce. L’instinct de conservation, tel est, bien sûr ce motif. Depuis fort longtemps déjà, j’ai le sentiment que nos destins sont liés. En ces jours périlleux « d’équilibre par la terreur », de massacres et de calculs savants sur le nombre d’humains qui survivront à un holocauste nucléaire, il n’est que trop naturel que mes pensées se tournent vers vous.

À mes yeux, monsieur et cher éléphant, vous représentez à la perfection tout ce qui est aujourd’hui menacé d’extinction au nom du progrès, de l’efficacité, du matérialisme intégral, d’une idéologie ou même de la raison car un certain usage abstrait et inhumain de la raison et de la logique se fait de plus en plus le complice de notre folie meurtrière. Il semble évident aujourd’hui que nous nous sommes comportés tout simplement envers d’autres espèces, et la vôtre en particulier, comme nous sommes sur le point de le faire envers nous-mêmes.

C’est dans une chambre d’enfant, il y a près d’un demi-siècle, que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Nous avons pendant des années partagé le même lit et je ne m’endormais jamais sans embrasser votre trompe, sans ensuite vous serrer fort dans mes bras jusqu’au jour où ma mère vous emporta en disant, non sans un certain manque de logique, que j’étais désormais un trop grand garçon pour jouer avec un éléphant. Il se trouvera sans doute des psychologues pour prétendre que ma « fixation » sur les éléphants remonte à cette pénible séparation, et que mon désir de partager votre compagnie est en fait une forme de nostalgie à l’égard de mon enfance et de mon innocence perdues. Et il est bien vrai que vous représentez à mes yeux un symbole de pureté et un rêve naïf, celui d’un monde où l’homme et la bête vivraient pacifiquement ensemble.

dimanche 29 mars 2015

Festival du Film Vert


Les derniers jours (du 1 au 31 mars) de la 10e édition, dans 30 villes en Suisse romande, alémanique et France voisine. 
  

mardi 3 mars 2015

Les rapports de l'humanité à la nature peuvent-ils évoluer ?



Planète terre par Sylvain Kahn
Les rapports de l'humanité à la nature peuvent-ils évoluer ?  25.02.2015
Avec :
Philippe Descola, professeur d'anthropologie au Collège de France
Vincent Devictor, chargé de recherche au CNRS, Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (ISEM)
Au regard de l'état critique de la biodiversité et des relations exclusivement mercantile et réifié d'une grande partie des sociétés humaines à la nature, est-il envisageable d’espérer un changement de paradigme ? Peut-on espérer tirer enseignement des rapports très intégrés et égalitaires que les sociétés améridiennes entretiennent avec la Nature ? L'éthique et les solutions scientifiques proposées pourront-elles faire évoluer les prééminences économiques et politiques ?
 

lundi 16 février 2015

Les poissons dans l’eau sont-ils aussi heureux qu’on le dit ?



La Conversation scientifique par Etienne Klein
Les poissons dans l’eau sont-ils aussi heureux qu’on le dit ? 14.02.2015
Avec Claire Nouvian, fondatrice de l'association Bloom
 

vendredi 23 janvier 2015

Pourquoi une pomme des années 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui


Avec l'augmentation des rendements agricoles, nos aliments sont devenus des coquilles vides… de nutriments. Combien de pêches, d'oranges, de brocolis faut-il ingurgiter pour retrouver les bienfaits d'il y a un demi-siècle ?

Mordre à pleines dents dans une pêche et avaler… de l’eau sucrée. Manger toujours plus, pour se nourrir de moins en moins. Tandis que, dans les pays développés, nos apports en calories augmentent, la plupart des aliments non transformés que nous consommons – fruits, légumes et céréales – deviennent des coquilles vides sur le plan nutritionnel. Une dizaine d’études d’universités canadiennes, américaines et britanniques, publiées entre 1997 et aujourd’hui, font état d’une dégringolade de la concentration en nutriments dans nos aliments. Ces travaux résumés dans l’étude « Still no free lunch » de Brian Halweil, chercheur au Worldwatch Institute confirment l’essor de la « calorie vide » : grasse, sucrée, mais inutile pour la santé. Même dans les aliments réputés sains, vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisés par deux, par vingt-cinq, voire par cent, en un demi-siècle. Pour retrouver les qualités nutritionnelles d’un fruit ou d’un légume des années 1950, il faudrait aujourd’hui en manger une demi-cagette !

Vitamine C : une pomme hier = 100 pommes aujourd’hui

Hier, quand nos grand-parents croquaient dans une transparente de Croncel, ils avalaient 400 mg de vitamine C, indispensable à la fabrication et à la réparation de la peau et des os. Aujourd’hui, les supermarchés nous proposent des bacs de Golden standardisées, qui ne nous apportent que 4 mg de vitamine C chacune. Soit cent fois moins. « Après des décennies de croisements, l’industrie agroalimentaire a sélectionné les légumes les plus beaux et les plus résistants, mais rarement les plus riches sur le plan nutritif », déplore Philippe Desbrosses, docteur en sciences de l’environnement à l’université Paris-VII et militant pour la préservation des semences anciennes.

jeudi 1 janvier 2015

Ecologie et spiritualité



Les Racines du ciel par Frédéric Lenoir, Leili Anvar
Ecologie et spiritualité avec Mohammed Taleb 28.12.2014
Philosophe algérien, conférencier et formateur, il enseigne l'écopsychologie à Lausanne et préside l'association "Le singulier universel", qui se consacre au dialogue des cultures et des spiritualités.
Blog officiel : Le Monde des Religions

Bibliographie :
- Nature vivante et âme pacifiée, Ed Arma Artis, 2014
- L'écologie vue du Sud, Pour un anticapitalisme éthique, culturel et spirituel, Ed. Sang de la terre, 2014
avec Michel Cazenave :
- 20 clés pour comprendre l'ésotérisme, Ed. Albin Michel, 2013
avec Mohamed Tahar Bensaada :
- Science et religion en islam : Des musulmans parlent de la science contemporaine, Ed. Albouraq, 2012
- Théologies de la libération, Ed. L'Harmattan, 2000
Commande sur Amazon : L'écologie vue du Sud - Pour un anticapitalisme éthique, culturel et spirituel

La mondialisation, « viol de l’imaginaire »
Depuis le début des années 80, un nouveau mouvement a lieu à l’échelle planétaire : la mondialisation. C’est le cadre par excellence dans lequel se déroule l’ensemble des processus auxquels nous sommes confrontés, qu’ils soient économiques (financiarisation, néo-libéralisation, dérégulation), technoscientifiques (cyberespace, biotechnologies, nanotechnologies) ou culturels et idéologiques (standardisation des identités, fondamentalisme, uniformisation), écologiques (réchauffement climatique, désertification, urbanisation sauvage…). La mondialisation affecte directement les territoires, non pas les territoires abstraits, mais les territoires vécus. Notre thèse est que la mondialisation disloque et désagrège les espace-temps locaux, au bénéfice d’un espace-temps monde. Or, seuls les grands États et les grands consortiums économiques peuvent vivre dans cet espace-temps monde. La délocalisation globale propulse l’humain dans un « temps-monde » et un « espace-monde » qui sont invivables. Si la délocalisation déracine les activités humaines des espaces-temps locaux, elle vise aussi à dissoudre les imaginaires intérieurs, les temps de la psyché, de l’émerveillement. Nous rejoignons l’idée de l’urbaniste Paul Virilio selon laquelle la mondialisation tend à uniformiser la pluralité des temporalités, des rythmes, et à fabriquer un seul temps, linéaire, rectiligne, marchand, utilitariste. La seule valeur de ce temps est l’accélération de la vitesse… La culture est la première victime de la mondialisation et l’ancienne ministre de la Culture du Mali, Aminata Traoré, évoque un « viol de l’imaginaire » pour parler de son impact dans les territoires sociaux et culturels. D’ailleurs, de nombreux analystes ont montré que le monde, dans sa pluralité, ne participe pas à la mondialisation comme sujet historique créateur, mais comme objet du système marchand. Derrière la mondialisation, il y a d’abord une occidentalisation du monde. Pour que la réhabilitation du local ne soit pas le prétexte à un repli sur soi, il nous faut souligner sa capacité à être universel. Une œuvre est dite universelle, non pas au regard du nombre de ses lecteurs ou auditeurs, mais en fonction de sa qualité intrinsèque. Quand Dostoïevski écrit les Frères Karamazov, il nous offre une œuvre singulière, déterminée géographiquement, historiquement et culturellement. Mais cela ne signifie nullement que ces ancrages locaux dans la Russie du XIXe siècle soient des obstacles à sa dimension universelle. Elle est simultanément locale et universelle. L’universalité d’une œuvre ou d’une situation locale est le fruit d’une qualité et non pas un horizon vers lequel il faudrait tendre. La reconnaissance d’une valeur universelle au local suppose qu’il ne soit pas réduit à la plus petite unité de mesure d’un espace euclidien. En effet, les lieux locaux sont fécondés par des temps locaux et ces espaces-temps locaux sont les sites qui permettent à l’humain concret et pluriel d’exister. C’est précisément dans la mesure où l’économique, le politique, le culturel, l’écologique et le sacré sont réinscrits dans le tissu des espaces-temps locaux que le principe de localité peut devenir un principe créateur d’universalité.
Source (et suite) du texte : Medias Citoyens Diois (2014)

samedi 6 décembre 2014

Méthane, rêve ou cauchemar ?


MÉTHANE, RÊVE OU CAUCHEMAR ? (France, 2013)
Quel impact aura le méthane sur notre climat ? Cette question urgente, trop longtemps délaissée, refait surface aujourd'hui. Avec le réchauffement climatique, le méthane piégé sous forme de glace au fond des océans risque de fondre et d’aggraver encore l’effet de serre. Pourtant, les pays en mal de ressources énergétiques regardent de très près ces gisements gigantesques. Le Japon, qui connaît de graves problèmes d’énergie depuis l’accident de Fukushima, s'est lancé le premier dans l'extraction expérimentale des hydrates de méthane. Mais les spécialistes du climat mettent en garde  : le risque climatique, dû à des accidents industriels, est très important. Si le méthane augmente trop dans l'atmosphère, le réchauffement de la planète pourrait s'emballer.
Tour du monde
Après de récentes découvertes inattendues, ce documentaire accompagne des chercheurs partout sur la planète, en expédition en Arctique, en Sibérie, au large du Japon, au Canada, ou encore dans leurs laboratoires en Allemagne, où ils simulent le rejet de méthane provenant des forêts tropicales. Une manière de mieux appréhender les différents aspects de ce gaz à effet de serre : son impact sur les océans et notre climat, et le défi technique de son exploitation…
Source : Arte

samedi 20 septembre 2014

Toxique ! Que faire des déchets ultimes ?


TOXIQUE !
Que faire des déchets ultimes ? (Allemagne, 2014)
Si le stockage définitif des déchets nucléaires est une question récurrente dans le débat public, pas un mot sur les déchets ultimes, ni sur les conséquences d’un stockage définitif impropre. Cependant ces déchets scories des usines d’incinération comptent parmi les plus toxiques du secteur industriel. Une enquête sans concession sur la gestion des déchets toxiques.
Les solvants, les restes de peinture, les vieilles piles et les "déchets ultimes", scories des usines d’incinération de déchets, comptent parmi les rebuts les plus toxiques du secteur industriel. Produits en masse, ils contiennent des métaux lourds, comme le cadmium, le plomb, le zinc ou le cuivre à des concentrations dangereusement élevées. Des substances qui, si elles sont rejetées dans l'environnement, peuvent pénétrer dans le corps humain par le biais de l’air, de l’eau ou de la nourriture et causer de graves dommages à la santé.
Après onze ans d’inactivité à la suite d’un incendie, StocaMine, l’ancienne mine de sel alsacienne reconvertie en centre d’enfouissement des déchets toxiques, doit être définitivement fermée afin de préserver l’environnement. Ailleurs, il est parfois déjà trop tard, comme à la décharge de Kölliken en Suisse, où les substances toxiques ont contaminé les réserves d’eau, ou dans la région de l’ancienne décharge de Schönberg, qui connaît une recrudescence alarmante de cancers. Si le stockage définitif des déchets nucléaires est une question récurrente dans le débat public, pas un mot sur les déchets ultimes, ni sur les conséquences d’un stockage définitif impropre. Une enquête à charge en forme de jeu de piste, qui révèle bien des erreurs et des négligences soigneusement étouffées, pour se pencher sur des initiatives visant à résoudre ce casse-tête empoisonné.
Source : Arte

dimanche 7 septembre 2014

Quand la Chine verte s'éveille


QUAND LA CHINE VERTE S'ÉVEILLE (Canada, 2011)
Dans la province du Yunnan, au sud-ouest de la Chine, des fermiers, des militants écologistes, des journalistes et des scientifiques luttent pour tenter d’arrêter le projet de construction d'un énorme barrage sur le fleuve Yangtsé (le fleuve bleu). Lequel submergerait les vallées et engendrerait le déplacement de quelque cent mille personnes.
Source : Arte

jeudi 31 juillet 2014

Agriculture biologique, espoir ou chimère ?



AGRICULTURE BIOLOGIQUE : ESPOIR OU CHIMÈRE ? (AgroParisTech, 29.07.14)
Longtemps considérée comme l’apanage d’une minorité d’originaux, l’agriculture biologique apparaît aujourd’hui comme une alternative de plus en plus crédible face à des modes de production intensifs, destructeurs et polluants. Ses défenseurs la décrivent comme une réponse efficace aux déséquilibres écologiques, économiques et sociaux induits par le système productiviste actuel. Ses opposants ne voient en elle qu’un refus systématique du progrès scientifique, et rappellent que des rendements élevés seront nécessaires pour nourrir une population mondiale en constante croissance. Quelle place pour l’agriculture biologique au XXIe siècle ?
Débat contradictoire avec Marc Dufumier, agronome, enseignant chercheur et Gil Rivière-Wenkstein, journaliste
Source : FC

lundi 14 juillet 2014

Révolutions agricoles



On ne parle pas la bouche pleine ! par Alain Kruger
Révolutions agricoles 14.07.2014
avec Tristan Lecomte
Site officiel : Pure Projet / Alter Eco

Tristan Lecomte : "L'agroforesterie sera la nouvelle révolution agricole" (25 Février 2014)
De retour du Congrès mondial sur l'agroforesterie, le fondateur d'Alter Eco et de Pur Projet nous explique pourquoi ce nouveau modèle agricole est appelé à se développer et à séduire jusqu'aux multinationales.
Indéfectible optimiste, Tristan Lecomte est avant tout un iconoclaste. Après des études à HEC et un passage chez l’Oréal, il lance en 1998 Alter Eco, label pionnier du commerce équitable. Depuis 2008, il se consacre à Pur Projet, un collectif qui aide les entreprises à compenser l’impact social et environnemental de leurs activités, via une gestion des forêts au service des populations défavorisées. Désigné en 2010 comme l’une des « 100 personnes les plus influentes du monde » par le magazine américain Time, l’homme n’a pas peur de s’adresser aux paysans du sud et aux grands patrons à la fois. Ni de déranger, pour peu qu’il fasse avancer sa cause.
Il a répondu aux questions de We Demain depuis sa résidence en Thaïlande, où il est aussi petit producteur de riz.

We Demain : Après Alter Eco, vous vous consacrez à la forêt à travers Pur Projet. Pourquoi avez-vous décidé de faire de l'arbre votre nouveau combat ? 
Tristan Lecomte : L’arbre n’est pas un supplément d’âme ou un simple objet poétique. C’est un acteur à part entière qui remplit des rôles multiples. C'est d’abord un fantastique support de biodiversité, un habitat naturel pour les insectes et les oiseaux, qui permet de lutter contre les nuisibles en limitant l’emploi de pesticides dans l’agriculture. Les arbres enrichissent le sol et fixent l’azote, on a donc plus besoin de gaver la terre de fertilisants. Ils assainissent les eaux et empêchent l’érosion. Pour les agriculteurs du sud, l’arbre permet un revenu complémentaire et protège les végétaux alentours des phénomènes météorologiques extrêmes dus au dérèglement climatique. Je m’arrête là, mais nous avons dressé un total de 100 bénéfices de l’arbre. Planter un arbre coûte 2 à 5 euros et ce dernier génère des bénéfices pendant 100 ans. Pour peu qu’on regarde à long terme c’est un investissement très rentable, et un business qui va peser de plus en plus lourd. Les grosse boites en ont pris conscience.

Si l'agroforesterie (l'intégration de la forêt à l'agriculture) présente de telles vertus, comment expliquer que le modèle intensif reste dominant ? 
Le changement, c'est toujours lent. Savez-vous qu'en France, jusqu’à la fin des années 1970, on payait les agriculteurs pour qu’ils coupent les arbres et les haies afin de former des parcelles géantes ? On a longtemps considéré le sol comme un simple substrat qu’il suffisait de nourrir, on l’a vidé de toute matière organique. C’est un système à bout de souffle. Il y a aussi une part d’inconscient collectif : depuis l’origine, beaucoup de civilisations se sont développées en repoussant la forêt, comme s’il s’agissait d’un obstacle.

Il y a les blocages... Mais dans le même temps, n'observe-t-on pas déjà des signaux positifs ? 
Si. Une étude de l’INRA a montré qu’en combinant la culture de blé et de noyer, le rendement total augmente de 40%. Elle prouve la pertinence d’un modèle qui interagit avec un écosystème et utilise la science pour favoriser la collaboration entre différentes espèces. Faire avec la nature plutôt que contre elle. De grands acteurs de la chimie, comme BASF, savent que coupler les arbres à l'usage de produits phytosanitaires renforce leur efficacité. Il va y avoir une nouvelle révolution agricole dans les 50 prochaines années, car les producteurs réalisent que c’est moins couteux pour la planète et plus efficace à long terme de revenir vers une vision plus « holiste » de l’agriculture.
Source (et suite) du texte : We demain



Tristan Lecomte, fondateur d'ALTER ECO et de PUR PROJET, Entrepreneur social - (Widoobiz, Davos 2013)

vendredi 11 juillet 2014

Les plantes invasives



LES PLANTES INVASIVES Quel danger pour la planète et les humains ? (Allemagne, 2014)
La prolifération des plantes invasives importées menace les plantes indigènes et sont également parfois nocives pour l’homme. Quelles sont les stratégies pour lutter contre ce phénomène ?
Si la berce du Caucase, le séneçon du Cap ou l’ambroisie sont bien agréables à regarder, ces plantes exotiques, introduites en Europe centrale au cours des siècles derniers, sont pourtant nuisibles. Envahissantes, elles représentent une menace pour l'équilibre des milieux naturels locaux, en accaparant l’espace vital des plantes indigènes. Elles sont également nocives pour l’homme. Le pollen de l’ambroisie déclenche en effet des allergies extrêmement handicapantes : selon les prévisions des chercheurs, cette plante occasionnera à elle seule des dépenses de santé de plusieurs millions d’euros. Des champs allemands jusqu’à la côte atlantique française en passant par le plus ancien jardin botanique de France, à Montpellier, des spécialistes de toute l’Europe analysent les conséquences de la prolifération des plantes invasives.
Source : Arte

mercredi 23 avril 2014

Déchets : la planète de l'ombre



Planète terre par Sylvain Kahn
Déchets : la planète de l'ombre 23.04.2014

Les déchets constituent la face sombre et indissociable des sociétés humaines développées qui en produisent de plus en plus, avec un impact toujours plus grand sur l'environnement. Ils sont de plusieurs nature, organiques, nucléaires ou e-déchets issus des nouvelles technologies,  et leur gestion représente un enjeu majeur pour l'avenir.
Invité(s) :
Françoise Berthoud, ingénieur de recherche en informatique, laboratoire LPMMC -CNRS
Gérard Bertolini, économiste, directeur de recherche au CNRS
Source : FC

samedi 5 avril 2014

Le système énergétique global est-il au bord du court-circuit ?



Planète terre par Sylvain Kahn
Le système énergétique global est-il au bord du court-circuit ? (26.03.2014)

L'énergie est au coeur des activités humaines. Mais il n'y a pas d'énergie sans nuisances. Quels sont les différents types d'énergie ? Comment se répartissent les gisements ? Ont-ils tous le même impact sur l'environnement ? Quels sont les défis qui devront être relevés ? Ou en sommes-nous de la transition énergétique ?
avec :
Bernadette Mérenne-Schoumaker, professeure à l'Université de Liege
Jean-Louis Bobin, professeur émérite à l'université Pierre et Marie Curie
Benoit Thévard, ingénieur conseil
Source : FC


vendredi 4 avril 2014

Quelle place devrions-nous laisser aux forêts ?



Planète terre par Sylvain Kahn
Quelle place devrions-nous laisser aux forêts ? (19.03.2014)

Planète terre s'intéresse aujourd'hui aux forêts. Quelles sont ses fonctions, économiques autant qu'écologiques ? Comment les exploiter et peut-on le faire de façon durable ? Quel est l'état de la déforestation dans les différentes parties du monde ?
Etat des lieux des forêts mondiales confrontées au progrès et à la place que leur concède l'humanité.
avec :
Paul Arnould, géographe, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon
Jean-Marie Pelt, botaniste-écologiste, Président de l’Institut Européen d’Écologie (IEE)
Jean-Marc Roda, chercheur au CIRAD


jeudi 3 avril 2014

Le gardien du Mont Kenya



360° - GÉO Le gardien du Mont Kenya (Allemagne, 2011)
Un géant de 5200 mètres posé sur l'Équateur : c'est le mont Kenya, deuxième plus haut sommet d'Afrique après le Kilimandjaro. Une montagne entourée d'une épaisse forêt tropicale, sanctuaire imprenable où vivent deux mille éléphants. Un paradis menacé par les braconniers.
Source : Arte
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