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lundi 10 juillet 2017

"Le droit à l'eau, c'est un droit humain"



Riccardo Petrella, "Le droit à l'eau, c'est un droit humain" (TV5 Monde, Bar de l'Europe, 2017)

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Sous Macron, Veolia et le lobby de l’eau plus influents que jamais
Par Olivier Petitjean, le 10 juillet 2017 - Multinationales

Les élections passent, le lobby de l’eau reste. On a beaucoup épilogué sur le renouvellement de l’Assemblée nationale suite aux derniers scrutins français. En réalité, Veolia et plus largement le lobby français de l’eau y restent plus présents que jamais, avec trois élues anciennes employées de la multinationale ou ex dirigeantes d’officines liées au lobby. Brune Poirson, chargée de la responsabilité sociétale de Veolia dans le cadre de la privatisation de l’eau de Nagpur, en Inde, s’est même vue confier un poste de secrétaire d’État au sein du ministère de la Transition écologique et solidaire.

L’Assemblée nationale a beau avoir été profondément renouvelée, les lobbys y restent tout aussi puissants. Et peut-être plus puissants que jamais, si l’on considère qu’au sein de la « société civile » ralliée au parti d’Emmanuel Macron, on trouve surtout des profils liés au monde des affaires. Ce sont ainsi pas moins de trois nouvelles députées (deux de La République en Marche, l’autre siégeant parmi les Républicains « constructifs »), dont l’une a été rapidement propulsée secrétaire d’État, qui ont des liens étroits avec le lobby de l’eau.

Au sein de La République en Marche, Célia de Lavergne, élue dans la troisième circonscription de la Drôme, a ainsi été responsable de la responsabilité sociale d’une filiale de Veolia au Niger entre 2006 et 2009. Elle a ensuite été directrice de l’ASTEE (Association scientifique et technique pour l’eau et l’environnement), l’un des chevilles ouvrières du lobby français de l’eau.

Autre allié de poids de ce dernier : Sophie Auconie (UDI), élue dans la troisième circonscription d’Indre-et-Loire. Elle est co-présidente du Cercle français de l’eau et gouverneure du Conseil mondiale de l’eau, deux autres pièces maîtresses de la toile d’araignée tissée par Suez et Veolia en France et à l’international pour favoriser leurs intérêts. En 2014, alors qu’elle était élue européenne, elle s’était illustrée par sa défense des multinationales lors de l’examen de l’Initiative européenne sur le droit à l’eau.

Parallèlement, le lobby de l’eau peut toujours compter au Sénat sur le soutien d’alliés de longue date, comme Christian Cambon (LR, Val-de-Marne), vice-président du SEDIF (lire notre article).

Le greenwashing au Ministère

dimanche 18 juin 2017

« Nous n’avons pas besoin des multinationales. La solution, c’est leur dissolution »

« Nous n’avons pas besoin des multinationales. La solution, c’est leur dissolution »
Par Olivier Petitjean, le 5 juin 2017 - Bastamag


Interview de Alain Deneault pour son livre, De quoi Total est-elle la somme ? Ed. Echequier, 2017
Commande sur Amazon : De quoi Total est-elle la somme ?

Savons-nous vraiment ce qu’est une multinationale aujourd’hui ? Comprenons-nous la nature de son pouvoir, de son « totalitarisme pervers » et les moyens de le combattre réellement ? Dans un livre important, De quoi Total est-elle la somme ?, le philosophe Alain Deneault dresse, à partir du cas de ce géant pétrolier, le portrait d’une multinationale comme un acteur politique mondial. Un acteur au-dessus des souverainetés démocratiques nationales ou internationales : un « pouvoir » en soi, évoluant dans un monde où les règles du jeu sont taillées sur mesure. Finalement, avons-nous réellement besoin des multinationales, s’interroge le philosophe ? Entretien.

Votre livre De quoi Total est-elle la somme ? est à la fois un portrait de Total et une analyse du pouvoir des multinationales aujourd’hui. D’où vient ce projet ?

C’est un livre qui me semblait manquer. Je ne comprenais pas qu’il n’existe pas. Il y avait beaucoup d’informations disponibles sur Total, grâce au travail d’ONG, de journalistes ou encore de documentaristes. Mon idée de départ était de produire une synthèse à partir de ce matériau. Au final, la problématique qui m’a servi de fil conducteur pour organiser la masse d’informations à laquelle j’étais confronté a été de prendre au sérieux l’assertion répétée des dirigeants de Total selon laquelle tout ce que fait l’entreprise est entièrement légal. Non pas pour réfuter cette assertion, mais au contraire pour essayer de la comprendre. Ce qui supposait de me lancer dans des considérations relatives à la sociologie ou à la philosophie du droit, afin d’identifier les raisons qui font qu’une entreprise comme Total peut coloniser, corrompre, comploter, polluer – tous les verbes qui donnent leur titre aux chapitres de mon livre – de manière légale.

Si tout ceci est légal, cela signifie qu’il y a des lacunes juridiques, qu’il y a des États complices, qu’il y a dissociation entre la responsabilité juridique de la société mère et celle de ses filiales, que l’on peut régler ses litiges à l’amiable sans passer devant les tribunaux, et bien d’autres manipulations et de détournements du droit que je décris dans mon livre. Ce sont ces multiples formes de perversion du droit qui font d’une multinationale comme Total le pouvoir qu’elle est aujourd’hui.

dimanche 13 novembre 2016

Trump élu, et après ?



Trump sur la politique chaotique de Clinton et Obama au Moyen Orient (2016)


Ron Paul à Trump : « N’écoutez pas les néo-conservateurs »!
Par Adam Dick, le 12 novembre 2016  - Arrêt sur info

Ron Paul, connu pour son action en faveur d’une politique étrangère américaine non-interventionniste, a exposé mardi [8 novembre, ndlr] quelles conséquences l’élection de Trump pourrait avoir dans le domaine de la politique étrangère. Il a développé son analyse dans un entretien approfondi avec l’animateur Peter Lavelle sur RT (Russia Today).

Au début de l’entretien, Ron Paul a déclaré qu’il « croisait les doigts » dans l’attente des décisions de Trump en matière de politique internationale. Il a indiqué qu’il voyait d’un bon œil les déclarations de Trump pendant sa campagne, selon lesquelles il voulait mener une politique « moins hostile à la Russie » et il avait une position critique vis-à-vis des guerres menées par les Etats-Unis au Moyen-Orient.  Il note, toutefois, que Trump est resté généralement « vague » sur ses positions concernant la politique étrangère.
Les personnes qu’il va nommer au niveau de l’exécutif et sur lesquelles il va s’appuyer pour prendre ses décisions seront un bon indicateur de la tournure de son action future.
Ron Paul a rappelé qu’en ce qui concerne les conseillers et les personnes que le président est susceptible de recruter, il y a de quoi s’inquiéter :
« Il y a malheureusement plusieurs néo-conservateurs qui se sont rapprochés de lui et, s’il se fait conseiller par eux, je ne pense pas que cela soit un bon signe. »

Même si Trump souhaite opérer, par rapport à ses prédécesseurs, un tournant significatif dans le sens d’une politique étrangère non interventionniste, il risque, avertit Ron Paul, de se heurter aux obstacles considérables que représentent le « deep state » ( l’Etat à l’intérieur de l’Etat) arcbouté sur une politique étrangère interventionniste et agressive, les groupes d’intérêts particuliers qui  ont de « sinistres motivations pour ces guerres » et la propagande médiatique qui alimente la frénésie guerrière.

[Sur l'Etat profond américain voir les pages : Peter Dale Scott]



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Administration Trump : un ancien de Goldman Sachs au Trésor et un lobbyiste climato-sceptique à l’Environnement ?
Par Olivier Petit-Jean, le 10 novembre 2016 - Bastamag

Ceux qui voyaient en Donald Trump un pourfendeur des « élites » affairistes risquent de déchanter. Le profil des candidats pressentis pour intégrer la nouvelle administration Trump laisse rêveur : un ancien de la puissante banque d’affaires Goldman Sachs au Trésor, un patron de firme pétrolière à l’Energie, un lobbyiste climato-sceptique à l’Environnement ou des représentants de l’agrobusiness à l’Agriculture. Plusieurs secteurs économiques, séduits par les promesses de dérégulation, se réjouissent déjà.

Donald Trump a largement axé sa campagne électorale victorieuse sur un discours de rejet des élites de Washington et de Wall Street. Une stratégie gagnante qui lui a permis d’attirer une grande partie des classes populaires blanches, au détriment des Démocrates. Mais ceux qui ont pris au sérieux sa rhétorique anti-libérale, et sa dénonciation du libre-échange, des délocalisations et des excès de la finance, risquent fort de déchanter. Donald Trump se prépare en effet à nommer une équipe qui accordera une large place aux intérêts économiques. Avec notamment un ancien dirigeant de Goldman Sachs au Trésor et le patron d’une firme pétrolière au secrétariat à l’Énergie.

dimanche 17 juillet 2016

L’industrie du gaz de schiste accusée de venir « mettre ses déchets chez les Noirs et les pauvres »

L’industrie du gaz de schiste accusée de venir « mettre ses déchets chez les Noirs et les pauvres »
Par Olivier PetitJean, le 15 juillet 2016 - Bastamag


Déversements sauvages de déchets toxiques, contamination des réseaux d’eau urbains, séismes... La ville de Youngstown dans l’Ohio fait l’expérience cruelle des problèmes environnementaux associés à l’expansion du gaz de schiste. Aussi bien la fracturation hydraulique que la pratique – peu connue en Europe – qui consiste à réinjecter ses eaux usées dans le sous-sol, représentent un risque majeur de contamination des ressources en eau. Une question qui concerne aussi les Européens, alors que la Bruxelles envisage d’ouvrir davantage le continent aux importations de gaz de schiste américain. Deuxième volet de notre reportage sur l’industrie du gaz de schiste dans l’Ohio.

Le gaz de schiste est surtout une affaire de gagnants et de perdants. Si l’arrivée dans l’Ohio de cette industrie a profité aux compagnies pétrolières et à leurs actionnaires, les retombées pour les populations locales paraissent autrement plus problématiques. Les propriétaires qui ont loué leurs terres à ces compagnies pour qu’elles en exploitent le sous-sol peinent souvent à recueillir les bénéfices financiers qu’on leur a fait miroiter, tandis que les riverains des sites de fracturations en subissent de plein fouet les nuisances (voir le premier volet de cette enquête). Au-delà, c’est la population dans son entier qui est affectée par l’impact environnemental de l’industrie du schiste.

Autour de Youngstown comme un peu partout dans le monde, ce sont les menaces de contamination de l’eau potable par des produits chimiques toxiques ou du méthane qui focalisent les craintes. Pourtant, malgré les controverses, une grande partie des élus et fonctionnaires américains chargés de réguler le gaz de schiste semblent continuer à se fier aveuglément aux dires des industriels sur l’innocuité de leurs procédés. « Les fonctionnaires d’ici n’ont visiblement jamais entendu parler du principe de précaution », soupire Raymond Beiersdorfer, un habitant de Youngstown qui anime la résistance contre le gaz de schiste.

jeudi 26 mai 2016

Climat : le grand bluff des multinationales



Climat: le grand bluff des multinationales (France 2, Cash investigation, mai 2016)

Cash Investigation révèle les dessous d'un étrange marché, celui des «quotas carbone». Créé par l'Union européenne il y a dix ans, il était censé inciter les industries lourdes à réduire leurs émissions de CO2, ce gaz qui dérègle le climat. Mais ce système est aujourd'hui dévoyé au profit des plus gros émetteurs de CO2, pour lesquels polluer peut même s'avérer rentable. Total n'hésite pas à investir des milliards de dollars au Canada pour exploiter le pétrole le plus sale de la terre. Dans la région de Melbourne en Australie, Engie, qui cultive son image d'entreprise verte, exploite toujours l'une des plus vieilles centrales du monde. En février 2014, elle a provoqué un incendie qui a duré 45 jours, asphyxiant toute la région. Elise Lucet reçoit responsables politiques, experts et grands patrons.
Source : France 2

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De la Grande barrière de corail à l’Amazonie, ces sites naturels d’exception menacés par des entreprises françaises
Par Olivier Petitjean, le 17 mai 2016 - Bastamag


La moitié des sites naturels inscrits au patrimoine mondial de l’humanité sont aujourd’hui menacés par des développements industriels, notamment dans les secteurs minier et pétrolier. Autant de lieux inestimables et de refuges pour la biodiversité qui risquent de se trouver à terme rayés de la carte, du fait de notre incapacité à remettre en cause un modèle de développement vorace. Plusieurs multinationales françaises sont impliquées dans des projets qui risquent de dégrader ces sites exceptionnels. Des parcs nationaux africains aux îles arctiques, des forêts primaires asiatiques au bassin amazonien, passage en revue de ces possibles destructions programmées.

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