Affichage des articles dont le libellé est venezuela. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est venezuela. Afficher tous les articles

dimanche 27 août 2017

Après les fake news, les no news

MAJ de la page : Noam Chomsky / Venezuela



La propagande : les 5 filtres des médias de masse d'après Noam Chomsky, La fabrication du consentement, Ed. Agone, 1988

L'illusion démocratique est fabriquée avec l'aide des médias qui jouent le rôle de machines de propagande. Le fonctionnement des médias dépend de 5 filtres. [Intérêt des propriétaires, de la publicité, collusion avec les pouvoirs politique et financier, censure des lanceurs d'alerte, fabrication d'un ennemi imaginaire].

Commande sur Amazon : La fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie

* * *
Un exemple de no news :

Venezuela : comment NE PAS donner une information
Par Ángeles Diez Rodríguez, Docteure en Sciences politiques et en sociologie, professeure de l’Universidad Complutense de Madrid, le 19 août 2017 – Defend Democracy Press / Le Saker (trad.)


Le 30 juillet s’est produit un événement politique d’une portée historique considérable : un peuple internationalement assailli à extérieur et soumis à la violence paramilitaire à l’intérieur, est descendu dans la rue pour exprimer son double rejet de l’ingérence internationale et des aspirations des élites locales à reprendre le pouvoir.

Il y a moins de vingt ans, au siècle dernier, un événement d’une telle ampleur aurait figuré en première page de toute la presse d’information du monde. Les médias de masse, publics et privés, l’auraient relevé dans leurs gros titres, sans doute manipulateurs, mais ceux-ci auraient parlé du défi du peuple vénézuélien face aux menaces de l’impérialisme. Ils auraient montré des images, peu nombreuses, mais sans doute quelqu'une ou quelque autre de ces immenses files de Vénézuéliens devant les bureaux de vote, comme ceux du Poliedro de Caracas, ou de ces gens marchant à travers les collines et traversant les rivières dans la région de Táchira ou de Mérida, où les bureaux de vote étant occupés par des guarimberos (casseurs) armés, il fallait se déplacer à la recherche de centres de secours où pouvoir voter, souvent sans y parvenir.

Les légendes des photos auraient sûrement détourné les images et proposé une lecture en accord avec le désespoir de l’opposition putschiste incapable d’accepter une défaite. Mais il y aurait eu une image, un commentaire, une toute petite information qui aurait parlé de la volonté majoritaire du peuple vénézuélien contre tout pronostic et tout calcul rationnel.

Tout journaliste digne de ce nom aurait voulu consigner, analyser, vérifier et même manipuler cet évènement. Plus encore en des temps où les réseaux sociaux font circuler une infinité d’images qui comblent les vides des nouvelles qui en sont dépourvues. Là où les médias de masse cachent une image, les  réseaux en mettent des centaines. Cependant, le 31 juillet, l’information sur les élections vénézuéliennes pour l’Assemblée Constituante est passée sous silence dans les médias espagnols. C’est une autre information qui fut donnée à sa place.

La non-nouvelle qui a supplanté l’évènement vénézuélien, bâtie sur le modèle déjà existant (violence et chaos) était : nouvelle journée de violence au Venezuela. Tous les gros titres visaient, avec plus ou moins de qualificatifs, à façonner une image qui corresponde à la propagande distillée au cours des mois antérieurs. Puis ont éclos les spores disséminées par la non-nouvelle, qui avaient déjà été diffusées par les agences impérialistes : auto-coup d’État, fraude, moins de votes que n’en déclare le gouvernement, opposants nouvellement arrêtés, isolement international…

mardi 22 août 2017

Nicolas Maduro, dictateur ou victime d'un complot ?



Interview de Maurice Lemoine, Journaliste et ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, spécialiste de l'Amérique latine, sur la Crise au Venezuela (TV5 Monde, 17 août 2017)

"On est dans une opération de déstabilisation économique du Venezuela (...) par un sabotage des réseaux de distributions privés (...) C'est une opposition idéologique d'un courant néolibéral qui ne supporte pas la présence de l'Etat dans l'activité économique du pays. (...)
Je rappelle que Barack Obama lui-même a fait passer un décret ahurissant donnant le Venezuela pour une menace exceptionnelle pour la sécurité nationale des Etats-Unis, ce qui n'a strictement aucun sens, entre nous. Et que le président Trump a annoncé qu'il n'écarterait pas l'option militaire pour le Venezuela". 

* * *

Ce ne serait pas le premier complot contre le Venezuela. Rappel  :



Kim Bartley, Donnacha O'Brien, La révolution ne sera pas télévisée (2002)

Documentaire sur le coup d'Etat raté de 2002 contre Hugo Chavez, ayant obtenu deux prix au Grierson Documentary Awards en 2003, diffusé sur Arte en 2004.

vendredi 4 août 2017

Au suivant...

MAJ de la page : Venezuela



L'invité de la rédaction - Maurice Lemoine (RTS - Radio Télévision Suisse, 7 juillet 2017)
Maurice Lemoine, spécialiste de l'Amérique latine s'exprime sur la crise politique et économique majeure que traverse le Venezuela.

- (...) allons dans la théorie du complot, parce que parfois le complot peut nous amener à la vérité, la droite, cela va plus loin, cela va jusqu'au Etats-Unis, qui a intérêt à ce sabotage là ? 
- Je n'aime pas le mot complot, il y a une stratégie. Le Venezuela est le pays du monde qui a les réserves de pétrole les plus importantes, ce pétrole est à trois jours des Etats-Unis, alors que celui des l'Arabie Saoudite ou du Qatar est à trois semaines, c'est donc absolument vital pour les Etats-Unis de contrôler ce pétrole. Par ailleurs le Venezuela, avec les quinze ans de Chavez, est un mauvais exemple pour l'Amérique latine parce qu'il conteste le modèle néo-libéral, alors symboliquement il faut faire tomber le Venezuela. 

* * 


(...)
La propagande de guerre

Rappelons les principes de la propagande de guerre que l’historienne Anne Morelli a énoncés à partir des écrits durant la guerre de 1914 du député travailliste Arthur Ponsonby :

1) Nous ne voulons pas la guerre.
2) Le camp adverse est le seul responsable de la guerre.
3) Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service »).
4) C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers.
5) L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement.
6) L’ennemi utilise des armes non autorisées.
7) Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes.
8) Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause.
9) Notre cause a un caractère sacré.
10) Ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres.

On voit très facilement que la plupart s’appliquent parfaitement à la guerre de communication livrée actuellement dans nos médias contre le gouvernement vénézuelien (quoi qu’on pense de lui).

Extrait de : [Et ça recommence…] Propagande de guerre au Venezuela, le 4 aout 2017, par Olivier Berruyer, Les Crises

 * * *


Jacques Brel, Au suivant (1964)

Je jure sur la tête de ma première vérole que cette voix depuis je l'entends tous le temps, Au suivant, Au suivant. Cette voix qui sentait l'ail et le mauvais alcool, c'est la voix des nations et c'est la voix du sang, Au suivant, Au suivant. 
  

mardi 1 août 2017

Venezuela, information et désinformation

Lire aussi :
Le compte à rebours de la guerre contre le Venezuela a commencé, le 29 juillet 2017, Moon of Alabama, Arrêt sur info
Washington sanctionne le «dictateur» Maduro, le 1 aout 2017, Tribune de Genève





Venezuela : à la rencontre de « l'opposition » (Abby Martin, Empire Files - 2 parties)


Les 10 victoires du Président Maduro
Par Ignacio Ramonet, directeur de l'édition espagnole du Monde diplomatique, janvier 2017 - Les Crises (trad.)


Depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez, le pays a dû affronter une série d’obstacles politiques, sociaux et économiques aussi bien internes qu’externes, qui se son accentués lors de la présidence de Nicolas Maduro. Ignacio Ramonet analyse ici l’année 2016, l’année la plus compliquée de la révolution bolivarienne.

Début 2016, pour les autorités de Caracas, la situation était très compliquée. Pour principalement trois raisons : 1) L’opposition néo libérale avait gagné les élections législatives de décembre 2015 et contrôlait l’Assemblée Nationale. 2) Le prix du pétrole, principale ressource du Venezuela,  était tombé à son niveau le plus bas depuis longtemps. 3) Le président des Etats Unis, Barack Obama venait de signer un décret où le Venezuela était présenté comme une « menace non usuelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats Unis » (1).

Autrement dit, la révolution bolivarienne semblait être à la défensive sur les trois champs décisifs que sont la politique, l’économique et la géopolitique, alors que la contre révolution, aussi bien interne qu’externe pensait avoir, enfin, à portée de main le pouvoir au Venezuela.

Tout cela dans un contexte de guerre médiatique de longue durée contre Caracas, qui avait commencé avec l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez en 1999 y qui s’est intensifiée à partir d’avril 2013, en atteignant des niveaux inédits de violence depuis l’élection de Maduro.

mercredi 25 mars 2015

Venezuela, le lac des mille éclairs


Venezuela, le lac des mille éclairs (Allemagne, France, 2014)
Le lac de Maracaibo, au Venezuela, est le théâtre d’un phénomène météorologique époustouflant. Au niveau de l’embouchure de la rivière Catatumbo, des orages électriques éclairent le ciel jusqu’à deux cent soixante nuits par an, avec des pointes à soixante éclairs par minute. Un record mondial ! L’écologiste Erik Quiroga, qui observe le phénomène depuis  vingt ans, cherche à créer une réserve naturelle pour protéger un écosystème unique au monde.
Source : Arte


jeudi 12 mars 2015

Les Etats-Unis (se sentent) menacés par le Venezuela


L’Amérique Latine défend le Venezuela face au décret du président Obama
Par Thierry Deronne le 11 mars 2015

Après la décision du président Barack Obama, le 9 mars 2015, de décréter « l’urgence nationale aux États-Unis » face à la « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et notre politique extérieure qu’est le Venezuela » (sic), le président de Bolivie Evo Morales a demandé une réunion d’urgence de l’UNASUR (organisme regroupant la totalité des nations sud-américaines) et de la CELAC (Communauté élargie des États Latino-américains et des Caraïbes) « pour nous déclarer en état d’urgence et défendre le Venezuela face à l’agression de Barack Obama. Nous allons défendre le Venezuela » Il a souligné l’importance de l’unité des peuples face à l’Empire qui tentent de « nous diviser, pour nous dominer politiquement et nous spolier sur le plan économique ».

Le président Correa, à travers son chancelier, a exprimé son « rejet le plus ferme de la décision illégale et extra-territoriale contre le Venezuela, qui représente une attaque inacceptable pour sa souveraineté ». Il a rappelé le signal négatif que constitue la signature de ce décret par Obama 48 heures après la visite de travail de l’UNASUR à Caracas. Cette délégation a enquêté sur la récente tentative de coup d’État contre le président Nicolas Maduro, élu en avril 2013, a rejeté l’ingérence extérieure, demandant aux secteurs violents de l’opposition de revenir à la voie électorale.

« Comment le Venezuela menace-t-il les Etats-Unis ? A des milliers de kilomètres de distance, sans armes stratégiques et sans employer de ressources ni de fonctionnaires pour conspirer contre l’ordre constitutionnel étasunien ? Une telle déclaration faite dans une année d’élections législatives au Venezuela révèle la volonté d’ingérence de la politique extérieure étasunienne. » a déclaré pour sa part le gouvernement cubain.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...