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mardi 27 décembre 2016

La menace d’une guerre contre la Chine (2016) par John Pilger

MAJ de la page : John Pilger


La menace d’une guerre contre la Chine (2016) par John Pilger
Le 22 décembre 2016 - Le Partage

La menace d’une guerre contre la Chine est le 60ème film de John Pilger réalisé pour ITV. John Pilger révèle ce que les médias taisent, à savoir que la première puissance militaire du monde, les États-Unis, et la deuxième puissance économique du monde, la Chine, deux puissances nucléaires, sont sur le sentier de la guerre. Ce film de John Pilger est un avertissement autant qu’une inspirante histoire de résistance.

Nous vous le proposons, sous-titré en français :



John Pilger, La menace d’une guerre contre la Chine (The Coming War on China, 2016)

John Pilger est un journaliste de nationalité Australienne, né à Sydney le 9 Octobre 1939, parti vivre au Royaume-Uni depuis 1962. Il est aujourd’hui basé à Londres et travaille comme correspondant pour nombre de journaux, comme The Guardian ou le New Statesman.

Il grandit et fut éduqué à Bondi, dans la banlieue de Sydney. D’origine allemande par son père, et irlandaise-anglaise-allemande par sa mère ; deux de ses grands-parents (côté maternel) étaient des détenus irlandais qui furent envoyés en Australie. Sa mère était professeur de Français. Dans son lycée de Sydney (Sydney Boys High School) il fut l’instigateur d’un journal étudiant: le Messenger.

Sa carrière démarra en 1958 en tant que coursier pour le Sydney Sun, puis pour le Daily Telegraph où il occupait les postes de reporter, journaliste sportif, et secrétaire de rédaction. Il s’installe à Londres en 1962, et y travaille comme secrétaire de rédaction. Il y rejoint la British United Press, puis rejoint le bureau du Moyen-Orient de Reuters. En 1963 il est recruté par le Daily Mirror toujours comme secrétaire de rédaction. Il y évoluera par la suite occupant les postes de reporter, éditorialiste, puis correspondant en chef à l’étranger. Alors qu’il travaillait pour le Daily Mirror, il assiste le 5 juin 1968 à  l’assassinat de Robert F. Kennedy à Los Angeles, pendant sa campagne présidentielle.

« Briser le mensonge du silence n’est pas une abstraction ésotérique mais une responsabilité urgente qui incombe à ceux qui ont le privilège d’avoir une tribune. »

Pendant les vingt années qui suivirent, John Pilger devint le Reporter le plus important du Daily Mirror, notamment sur les questions sociales. Il fut leur correspondant de guerre au Vietnam, au Cambodge, en Egypte, en Inde, au Bangladesh, et au Biafra. 18 Mois après le rachat du Daily Mirror par Robert Maxwell (le 12 juillet 1984), John Pilger fut licencié par Richard Stott, l’éditeur du journal, le 31 décembre 1985.

Il a reçu deux fois le prix de meilleur journaliste de l’année au Royaume-Uni (Britain’s Journalist of the Year Award). Ses documentaires, diffusés dans le monde entier, ont reçu de multiples récompenses au Royaume-Uni et dans d’autres pays.

John Pilger est membre, à l’instar de Vandana Shiva et de Noam Chomsky, de l’IOPS (International Organization for a Participatory Society), une organisation internationale et non-gouvernementale créée (mais encore en phase de création) dans le but de soutenir l’activisme en faveur d’un monde meilleur, prônant des valeurs ou des principes comme l’auto-gestion, l’équité et la justice, la solidarité, l’anarchie et l’écologie.

Nous avons également sous-titré ses documentaire intitulés « Les nouveaux maîtres du monde », « La guerre contre la démocratie », et « La guerre invisible », [également ici] et traduit plusieurs de ses articles [ou ici].


  

jeudi 5 novembre 2015

L’Empire le plus bête du monde


L’Empire le plus bête du monde
Par Dmitri Orlov, le 6 octobre 2015

Je ne peux pas m’empêcher de remarquer que ces dernières semaines l’Empire est devenu extrêmement bête – si stupide que je pense qu’il mérite le titre d’Empire le plus bête du monde. Certains pourraient prétendre qu’il a été stupide par le passé, mais les récentes évolutions semblent montrer un saut gigantesque dans son degré de bêtise.

La première très grosse bêtise a fait surface quand le général Lloyd J. Austin III, le chef du commandement central des États-Unis, a indiqué à un comité sénatorial que seul un très petit nombre de combattants syriens entraînés par les États-Unis – pas plus de cinq peut-être – combattaient encore. La facture pour les entraîner et les équiper a été de 500 millions de dollars. Cela fait 100 millions par combattant mais tout va bien tant que les sous-traitants militaires sont payés. Les choses sont devenues encore plus embarrassantes quand il s’est avéré par la suite que ces quelques rares combattants s’étaient fait cambrioler par ISIS/Al-Qaïda (quelle que soit la manière dont ils s’appellent) et avaient perdu armes et véhicules.

mardi 6 octobre 2015

Les élucubrations de la CIA



Les Etats-Unis doivent-ils s’allier à Al-Qaida en Syrie ?
Par Robert Parry, le 1 octobre 2015

Aux Etats-Unis, la nouvelle « pensée collective » souligne que le président russe Poutine n'a pas tenu sa promesse d'attaquer seulement l'État islamique lorsque ses avions de guerre ont frappé d'autres cibles rebelles en Syrie. Mais Poutine n'a jamais précisé quels terroristes il allait frapper. Et la coalition des rebelles ciblés comprend des affiliés d'Al-Qaida, comme l'analyse Robert Parry.

La phrase-clé du principal article du New York Times à propos des frappes aériennes russes contre les rebelles syriens arrive en bout de course, cinq paragraphes avant la fin, lorsque le Times remarque au passage que le quartier nord de Homs où les attaques ont eu lieu a été le théâtre d’une offensive menée par une coalition « comprenant le Front Al-Nosra ».

Ce que le Times ne précise pas dans ce contexte, c’est que le Front Al-Nosra est une filiale d’Al-Qaida. Cette omission s’explique peut-être par le fait que cette information supplémentaire perturberait le bon ton de l’article qui accuse la Russie de mauvaise foi en attaquant d’autres groupes rebelles plutôt que l’État islamique.

mardi 9 juin 2015

Dérive du système judiciaire et carcéral américain

L’adolescent martyr de Rikers Island s’est donné la mort
Par Stéphane Bussard, le 9 juin 2015

A 21 ans, Kalief Browder, un jeune Afro-Américain du Bronx envoyé à tort dans la terrible prison de Rikers Island, s’est suicidé samedi

S’il fallait un exemple de dérive du système judiciaire et carcéral américain, le cas de Kalief Browder, un jeune Afro-Américain du Bronx, serait l’un des plus éloquents. Le jeune homme avait 16 ans quand on l’accusa d’avoir volé un sac à dos. Il fut envoyé dans la terrible prison de Rikers Island, sur une petite île à New York, là où un certain DSK avait passé quelques nuits.

Malgré son jeune âge et surtout en dépit d’une faute somme toute banale et mineure, il a passé, selon le New York Times, au moins deux ans à raison de 23 heures sur 24 en cellule d’isolement. Résultat: quand il a été libéré, il a bien tenté de reconstruire sa vie en obtenant l’équivalent d’un bac. Il a aussi fréquenté un community college, une structure entre l’université et le lycée. Mais sa détention en cellule d’isolement a eu des répercussions dévastatrices sur sa santé mentale.

Quand il était de retour chez lui dans sa famille du Bronx, il a cherché à recréer les conditions de l’isolement en s’enfermant pendant de longues périodes dans sa chambre, explique le New York Times. Il avait peur d’être attaqué dans le métro et s’assurait chaque soir que chaque fenêtre de l’appartement était bien fermée avant de s’endormir. Selon le magazine New Yorker, il a jeté la télévision par la fenêtre samedi dernier car il avait l’impression qu’elle l’observait. A Noël, Kalief Browder a dû être hospitalisé dans un établissement psychiatrique, car sa santé mentale s’était détériorée. Mais il a fini par craquer et s’est suicidé samedi dernier dans l’appartement de ses parents.

En prison, des vidéos prouvent qu’il a été battu par des gardes de Rikers Island et par d’autres détenus. Il a lui-même tenté sept fois de mettre fin à ses jours quand il était encore en détention. Il a refusé plusieurs «offres» de procureurs de plaider coupable, car il s’estimait innocent.

La police qui l’avait arrêté à Little Italy avait affirmé qu’il avait volé un marchand du quartier. Mais elle ne trouva rien sur lui. Un officier revint quelques minutes plus tard pour affirmer qu’il avait commis un vol finalement deux semaines plus tôt, selon l’article du New Yorker. Mais aucune preuve à l’appui. Le jeune lui-même ne savait vraiment pas pourquoi il était arrêté. Par le passé, il avait eu quelques démêlés avec la police d’importance mineure.

Les conditions de détention de Kalief Browder, qui plus est pour une faute mineure, lui ont sans doute coûté la vie. Entre-temps, le maire de New York Bill de Blasio a interdit les cellules d’isolement pour les jeunes de 16 et 17 ans.

En sortant, le jeune homme avait pourtant bénéficié d’une certaine visibilité après un article du New Yorker. L’artiste Jay Z s’intéressa à son cas et le jeune homme fut invité à une émission de la télévision ABC réputée aux Etats-Unis, The View. Même l’actuel candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, Rand Paul, y fit allusion dans ses discours. Rien n’y fit. Le système judiciaire et carcéral américain a eu raison de lui. A 21 ans.
Source : Le Temps
 

mercredi 6 mai 2015

Le Grand Bluff de Ronald Reagan


LE GRAND BLUFF DE RONALD REAGAN
Fin de la guerre froide, l’administration Reagan développe des opérations secrètes de leurre afin de déstabiliser l’URSS ; tous les coups sont permis. La Suède qui représente pour Washington une position stratégique, en fait aussi les frais. Mais Olof Palme, le premier ministre social-démocrate du pays commence à poser problème… Enquête sur une période trouble de l’Histoire.
Avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan aux États-Unis en 1981, l’offensive succède à la stratégie de défense. Sous son mandat, les activités dites de "déception" (autrement dit de leurre) vis-à-vis de l’Union soviétique sont érigées en système. On évoque même un "Comité des opérations de leurre" – organe ultrasecret regroupant le patron de la CIA, le conseiller à la sécurité nationale et des représentants des principaux ministres – qui aurait contribué à la déstabilisation de l’URSS. Contre-espionnage, stratégies informatiques, sabotages en Sibérie et entreprise de mystification en mer de Barents… : tous les coups sont permis. La Suède, pays non aligné qui représente pour Washington une position stratégique, en fait aussi les frais. Premier ministre social-démocrate et progressiste, Olof Palme dérange le camp américain par ses positions hétérodoxes en faveur de la détente. Des intrusions de mystérieux sous-marins vont ébranler le pays : manœuvres soviétiques, bluff américain ou conspiration de l’armée suédoise conservatrice contre son propre gouvernement ? Pour la première fois depuis les événements, des témoins et protagonistes – américains, russes et suédois – reviennent sur cette période trouble de l’histoire de la guerre froide, et soulèvent bien des questions qui restent en suspens.
Source : Arte

jeudi 16 avril 2015

Vietnam - La sale guerre


VIÊTNAM - LA "SALE GUERRE" (Allemagne 2015)
De la guerre d’Indochine menée et perdue par les Français à la chute de Saigon fin avril 1975, des vétérans américains, des combattants vietnamiens, des journalistes et des militants pacifistes retracent la guerre du Viêtnam. Ces témoignages émouvants alternent avec des images d’archives, des documents laissés par des soldats disparus et des extraits d’actualités de l’époque.


Le cliché de cette petite Vietnamienne nue, fuyant un village en feu suite à un bombardement au napalm en 1972, a fait le tour du monde. Il est depuis resté gravé dans les mémoires. Mais comment en est-on arrivé à une telle horreur ? De la guerre d’Indochine menée et perdue par les Français à la chute de Saigon fin avril 1975, des vétérans américains, des combattants vietnamiens, des représentants des médias et des militants pacifistes retracent le conflit. Ces témoignages émouvants alternent avec des images d’archives inédites, des documents laissés par des soldats disparus et des extraits d’émissions d’actualités de l’époque. À travers cette matière passionnante, le film évoque aussi bien l’esprit de résistance des Vietnamiens que leur combat fratricide, né de la partition de leur pays. Viêtnam – La "sale guerre" explore les facettes les plus sombres de ce conflit aberrant et sans front : le mensonge des Américains pour justifier leur intervention militaire, le recours aux armes chimiques et l'ensemble des atrocités commises. Sans occulter pour autant l’envie tenace des deux camps de retrouver la paix et la liberté.
Source : Arte

vendredi 13 mars 2015

Au diable la guerre !



Smedley Butler et le racket de la guerre
Par Sheldon Richman, le 10 février 2015

De 1898 à 1931, Smedley Darlington Butler à été membre du Corps des marines états-unien. Au moment de prendre sa retraite, il avait atteint le grade le plus élevé de ce Corps d’armée existant à l’époque, major général; et jusqu’au moment de sa mort, en 1940 à 58 ans, il avait obtenu plus de décorations que tout autre Marine, dont deux médailles d’honneur. Durant ses années de service, il avait été envoyé aux Philippines (au moment du soulèvement contre l’occupation états-unienne), en Chine, en France (durant la Première Guerre mondiale), au Mexique, en Amérique Centrale et à Haïti.

Connaissant ce curriculum vitae, Butler avait probablement choqué un grand nombre de gens en 1935 (alors que se profilait la Seconde Guerre mondiale), en écrivant dans le magazine Common Sense :

«J’ai effectué 33 ans et 4 mois de service actif et, durant cette période, j’ai passé la plupart de mon temps comme gros bras pour le monde des affaires, pour Wall Street, et pour les banquiers. En bref, j’étais un racketteur, un gangster au service du capitalisme. J’ai aidé à sécuriser le Mexique, plus particulièrement la ville de Tampico, au profit des groupes pétroliers américains en 1914. J’ai aidé à faire de Haïti et de Cuba un endroit convenable pour que les hommes de la National City Bank puissent y faire des profits. J’ai aidé au viol d’une demi-douzaine de républiques d’Amérique centrale au bénéfice de Wall Street. J’ai aidé à purifier le Nicaragua au profit de la banque américaine Brown Brothers de 1902 à 1912. J’ai apporté la lumière en République dominicaine au profit des entreprises sucrières américaines en 1916. J’ai livré le Honduras aux entreprises fruitières américaines en 1903. En Chine, en 1927, j’ai aidé à ce que l’entreprise Standard Oil fasse ses affaires en paix.
Quand je repense à tout ça, je pourrais donner quelques conseils à Al Capone. Le mieux qu’Al Capone pouvait faire, c’était de racketter trois quartiers. Moi, j’agissais sur trois continents.»

jeudi 12 mars 2015

Les Etats-Unis (se sentent) menacés par le Venezuela


L’Amérique Latine défend le Venezuela face au décret du président Obama
Par Thierry Deronne le 11 mars 2015

Après la décision du président Barack Obama, le 9 mars 2015, de décréter « l’urgence nationale aux États-Unis » face à la « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et notre politique extérieure qu’est le Venezuela » (sic), le président de Bolivie Evo Morales a demandé une réunion d’urgence de l’UNASUR (organisme regroupant la totalité des nations sud-américaines) et de la CELAC (Communauté élargie des États Latino-américains et des Caraïbes) « pour nous déclarer en état d’urgence et défendre le Venezuela face à l’agression de Barack Obama. Nous allons défendre le Venezuela » Il a souligné l’importance de l’unité des peuples face à l’Empire qui tentent de « nous diviser, pour nous dominer politiquement et nous spolier sur le plan économique ».

Le président Correa, à travers son chancelier, a exprimé son « rejet le plus ferme de la décision illégale et extra-territoriale contre le Venezuela, qui représente une attaque inacceptable pour sa souveraineté ». Il a rappelé le signal négatif que constitue la signature de ce décret par Obama 48 heures après la visite de travail de l’UNASUR à Caracas. Cette délégation a enquêté sur la récente tentative de coup d’État contre le président Nicolas Maduro, élu en avril 2013, a rejeté l’ingérence extérieure, demandant aux secteurs violents de l’opposition de revenir à la voie électorale.

« Comment le Venezuela menace-t-il les Etats-Unis ? A des milliers de kilomètres de distance, sans armes stratégiques et sans employer de ressources ni de fonctionnaires pour conspirer contre l’ordre constitutionnel étasunien ? Une telle déclaration faite dans une année d’élections législatives au Venezuela révèle la volonté d’ingérence de la politique extérieure étasunienne. » a déclaré pour sa part le gouvernement cubain.

jeudi 11 décembre 2014

Propagande de guerre contre la Russie

Le Congrès US en pleine propagande de guerre contre la Russie par Ron Paul (Homme politique américain, libertarien)

Aujourd’hui [le 4 décembre 2014], la Chambre des représentants des USA a adopté ce que je considère comme l’un des pires textes de loi jamais votés : la résolution 758, condamnant avec vigueur les actes de la Fédération de Russie, sous le président Vladimir Poutine, qui mène une politique d’agression contre ses pays voisins en vue de leur domination politique et économique.  En fait, le projet de loi contient 16 pages de propagande de guerre qui feraient même rougir les néoconservateurs, s’ils étaient capables d’une telle chose.

C’est le genre de résolution que j’ai toujours surveillé de près au Congrès, car ce qui est présenté comme des expressions d’opinion inoffensives conduit souvent à des sanctions et à la guerre. Je me souviens de m’être opposé fermement à la Loi sur la libération de l’Irak en 1998 parce que, comme je le disais alors, je savais que cela nous mènerait à la guerre. Je ne me suis pas opposé à la loi parce que j’étais un admirateur de Saddam Hussein (pas plus que je ne suis un admirateur de Poutine ou de tout autre chef d’État), mais plutôt parce que je savais alors qu’une autre guerre contre l’Irak ne réglerait pas les problèmes et envenimerait même les choses. Nous savons maintenant ce qui s’est passé par la suite.

Voilà pourquoi j’arrive à peine à croire qu’ils s’y remettent, cette fois avec un enjeu encore plus grand : provoquer une guerre avec la Russie qui pourrait causer une destruction totale !

Une autre guerre en Europe ? Pas en notre nom !

Une autre guerre en Europe ? Pas en notre nom ! (05.12.2014)

64 personnalités allemandes issues des mondes politique, économique, culturel, ou encore médiatique nous mettent en garde contre une guerre imminente avec la Russie, et exhortent toute l’Europe à une politique de détente. Leur lettre s’adresse au gouvernement fédéral allemand, aux membres du Parlement (Bundestag) et aux médias. À l’origine, l’appel est parti de l’ancien secrétaire du Chancelier, Horst Teltschik (CDU), de l’ancien secrétaire d’État à la Défense, Walter Stützle (SPD), ainsi que de l’ex-vice-président du Bundestag, Antje Vollmer (Les Verts).

Personne ne veut la guerre. Mais l’Amérique du Nord, l’Union européenne et la Russie se dirigent tout droit vers une guerre, si l’on ne met pas fin à la spirale mortelle des menaces et contre-menaces.

Tous les Européens, y compris la Russie, partagent la responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité. Seuls ceux qui ne perdent pas de vue cet objectif peuvent éviter de nous engager sur la mauvaise voie.

Le conflit en Ukraine montre que la soif de pouvoir et de domination sont des problèmes toujours bien réels. En 1990, à la fin de la Guerre froide, nous avions tous espéré le contraire. Mais le succès de la politique de détente et les révolutions pacifiques nous ont rendus imprudents et nous ont endormis. À l’est comme à l’ouest. Aussi bien les Américains que les Européens et les Russes, ont oublié le principe fondamental de bannir définitivement la guerre des rapports internationaux. Sinon, on ne s’explique pas l’élargissement occidental vers l’Est, menaçant pour la Russie, en l’absence totale d’une collaboration contextuelle plus approfondie avec Moscou ; ou encore l’annexion de la Crimée par Poutine, contraire au droit international.

mercredi 10 décembre 2014

Terrorisme étasunien

Par Noam Chomsky - 21 octobre 2014

« ICH » – « TeleSur » – Un sondage international a révélé que les États-Unis arrivaient largement en tête de « la plus grande menace actuelle pour la paix dans le monde », loin devant le Pakistan classé second, aucun autre pays ne pouvant rivaliser.

Imaginez que la une de la Pravda fasse état d’une étude du KGB passant en revue les principales opérations terroristes conduites par le Kremlin à travers le monde, dans le but de déterminer les facteurs ayant conduit à leur succès ou à leur échec, et finalement concluant que, malheureusement, les succès ont été si rares qu’il convient de quelque peu repenser leur politique. Supposez que l’article se poursuive par une citation où Poutine déclare qu’il a demandé au KGB de mener ces recherches afin de trouver des exemples de « financement et de fournitures d’armes à une insurrection dans un pays, qui aient finalement porté leurs fruits. Et ils n’ont pas pu trouver grand-chose. » De sorte qu’il soit devenu réticent à poursuivre de tels efforts.

Si, scénario presque inimaginable, un tel article devait paraître, les cris scandalisés et les hurlements d’indignation s’élèveraient jusqu’au ciel, et la Russie serait sévèrement condamnée – ou pire – non seulement pour ce violent dossier terroriste ouvertement reconnu, mais aussi pour les réactions de ses dirigeants et de sa classe politique : parfaite indifférence, sauf pour la question de l’efficacité du terrorisme d’État russe et des possibilités d’amélioration de ses méthodes.

Il est en effet bien difficile d’imaginer qu’un tel article puisse voir le jour, sauf que c’est ce qui vient d’arriver – ou presque.

Le 14 octobre, le principal article du New York Times faisait état d’une étude de la CIA passant en revue les principales opérations terroristes conduites par la Maison Blanche à travers le monde, dans le but de déterminer les facteurs ayant conduit à leur succès ou à leur échec, et finalement concluant que, malheureusement, les succès ont été si rares qu’il convient de quelque peu repenser leur politique. L’article continuait par une citation où Obama déclare qu’il a demandé à la CIA de mener ces recherches afin de trouver des exemples de « financement et de fournitures d’armes à une insurrection dans un pays, qui aient finalement porté leurs fruits. Et ils n’ont pas pu trouver grand-chose. » De sorte qu’il est devenu réticent à poursuivre de tels efforts.

Il n’y eut pas de cris scandalisés, pas d’indignation, rien.

samedi 1 novembre 2014

Nicaragua, une révolution confisquée



NICARAGUA, UNE RÉVOLUTION CONFISQUÉE (France, 2013)
Retour sur la révolution sandiniste de 1979 au Nicaragua, qui souleva un grand espoir populaire pour finalement aboutir à une terrible guerre civile. Que reste-t-il de ses idéaux revendiqués à la fois par Daniel Ortega, réélu président en 2011, et par ses opposants, les sandinistes rénovateurs, engagés dans un bras de fer avec leur ancien leader ?
En 1979, au Nicaragua, la révolution sandiniste chasse du pouvoir la famille Somoza et suscite un grand espoir au sein d'un peuple oppressé par cinquante ans de dictature. Cette révolution originale et pluraliste, qui propose une troisième voie au-delà des antagonismes de la guerre froide, enthousiasme le monde entier. Mais cette "lune de miel" révolutionnaire ne dure que neuf mois, débouchant sur une guerre civile qui oppose les Sandinistes au pouvoir, menés par Daniel Ortega, à une résistance armée (les Contras) financée par les États-Unis. Le Nicaragua en sort finalement exsangue, ruiné par une économie de guerre qui bloque les réformes sociales, divisé sur la conduite de la révolution, muselé par la censure des organisations sandinistes et affamé par l’embargo commercial décrété par l’administration américaine. Cette révolution était-elle dès sa naissance vouée à l’échec ou aurait-elle pu tenir ses promesses ? A-t-elle été corrompue par le contexte international ou par ses propres contradictions internes ? Que reste-t-il de ses idéaux revendiqués à la fois par Daniel Ortega, réélu président en 2011, et par ses opposants, les sandinistes rénovateurs, engagés dans un bras de fer avec leur ancien leader depuis les années 1990 ? Le documentaire revient sur cette révolution à partir d'archives et des témoignages d'anciens militants ainsi que des membres du premier gouvernement d’Ortega (1979-1985).
Source : Arte

jeudi 21 août 2014

Peter Dale Scott et l'Etat profond

Peter Dale Scott, né le 11 janvier 1929, est un universitaire canadien, professeur émérite de Littérature anglaise à l’Université de Berkeley, Californie. Auteur d'essais sur des thèmes politiques, il est connu pour ses positions anti-guerre et ses critiques à l’encontre de la politique étrangère des États-Unis depuis la guerre du Viêt Nam. Il est également l'auteur de recueils de poésie.
Peter Dale Scott a travaillé durant quatre ans (1957-1961) pour le service diplomatique canadien.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Site officiel : Peter Dale Scott


Bibliographie (en fr) :
- La Route vers le Nouveau Désordre Mondial (50 ans d'ambitions secrètes des États-Unis), Éd. Demi-Lune, Coll. Résistances, 2010
Présentation (et extraits) : Ed. Demi-lunes
- La Machine de guerre américaine : La politique profonde, la CIA, la drogue, l'Afghanistan..., Éd. Demi-Lune, Coll. Résistances, 2012
- L'état profond américain : La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle, Ed. Demi-Lunes, 2015

Voir aussi les pages : L'Etat profond étatsunien


La Route vers le Nouveau Désordre Mondial (50 ans d'ambitions secrètes des États-Unis), Éd. Demi-Lune, Coll. Résistances, 2010 (509 pages) - Compte rendus par Bernard Norlain, général d'armée aérienne et directeur de la Revue Défense Nationale

Voilà un livre passionnant, décapant, on pourrait dire terrifiant en ce qu’il dévoile au lecteur, pourtant averti, les dérives et les pratiques mafieuses d’une démocratie emblématique, miroir de nos sociétés.
La thèse de l’auteur est, en gros, que la perte progressive de contrôle sur les décisions politiques majeures aux États-Unis a fait que le pouvoir a été confisqué de façon occulte, non démocratique, par des groupes de pression et que cette situation a totalement perverti le système politique américain et a notamment conduit au drame du 11 septembre 2001.
L’immense mérite de cet ouvrage est de s’appuyer sur un appareil de notes et de références, une bibliographie — près de 150 pages au total — très complètes et variées qui viennent étayer pas à pas la démonstration de l’auteur.
Partant d’une réflexion sur les États-Unis où les inégalités sociales, la faiblesse de la société civile au niveau fédéral, la puissance des intérêts particuliers, l’auteur, qui n’est pas particulièrement un néo-conservateur, mais plutôt un libéral, tendance gauche, dresse un tableau saisissant de ce qu’il appelle l’État profond. Il décompose le processus historique où les pouvoirs secrets verticaux se sont emparés de la conduite de l’action publique, et où la prise de décision politique à huis clos accorde la priorité à la sécurité et à la préservation d’intérêts privés particulièrement ceux des exportateurs d’armements et des firmes pétrolières.
Son analyse est particulièrement pertinente et convaincante dans sa description de la politique du trio Nixon-Kissinger-Rockefeller, censée contrer les progressistes et qui a conduit à renforcer les mouvements réactionnaires islamistes, mais aussi à soutenir les intérêts des pétroliers. Il met en évidence le rôle de Nixon ou plutôt sa paranoïa dans la dégradation du processus bureaucratique et démocratique de mise en œuvre de la politique et dans l’amplification du pouvoir secret. En passant il faut noter une analyse intéressante du Watergate.
À ce stade apparaît le couple diabolique, aux yeux de l’auteur, Cheney-Rumsfeld et son implication dans la planification du projet ultrasecret de Continuité du Gouvernement (COG) qui cacherait, selon l’auteur, un programme de prise de pouvoir illégal et dont il traite longuement à propos du déroulement des événements du 11 septembre pour expliquer certaines incohérences dans la version officielle.
Il continue sa démonstration avec Ford-Rumsfeld-Cheney, le virage vers le conservatisme et le début de l’envol des budgets de défense. On parle de la BCCI. Puis l’ère Carter-Brzezinski et l’Irangate. Enfin Reagan, Bush et le triomphe des neocons et du couple Cheney-Rumsfeld. Comment ils ont préparé le renversement de Saddam Hussein et comment ils doivent être considérés comme suspects dans le procès des responsables du 11 septembre.
En conclusion ce livre démêle les intrigues et l’écheveau d’imbrications et de liens, souvent occultes, entre tous les acteurs de ce théâtre d’ombres. On y parle beaucoup de la CIA, en particulier de la collusion historique entre la CIA et l’ISI pour le soutien à l’islamisme dur et aux trafiquants de drogue. Il décrit le long cheminement vers le 11/9. Plus largement ce livre critique le projet américain de domination mondiale, s’appuyant sur une machine de guerre hors de contrôle et dont la recherche d’ordre et de sécurité produit un désordre et une insécurité accrue. Il s’agit de comprendre comment nous sommes arrivés au désastre du nouveau désordre mondial.
Vous l’aurez compris ce livre est passionnant, particulièrement en ces temps de Wikileaks. Mais le lecteur armé de son sens critique ne manquera pas de relever le caractère partisan de cet ouvrage ; ce qui fait son charme, mais ce qui peut gêner surtout quand la thèse du complot émerge ici ou là.
À ces restrictions près, cet ouvrage étonne par son originalité et sa puissance d’analyse. Il devrait être un ouvrage de référence pour tous les défenseurs de l’État de droit et pour tous ceux qui s’intéressent à l’avenir de nos démocraties.
Source : RDN




Conversation avec l'histoire par Harry Kreisler, Peter Dale Scott présente son livre : La route vers le nouveau désordre mondial (2013)



Interview de Cindy Piester sur son livre : La Machine de guerre américaine (2013)



Interview en français, Guerre, drogue et politique (Thinkerview, 2013)



Interview en français (KKulture, 2013)
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