Par Robert Parry, le 5 août 2017 - Consortium News / Les Crises (trad.)
La mise en œuvre de nouvelles sanctions contre la Russie et l’Iran — avec le soutien de presque tous les Démocrates et Républicains du Congrès — montre que les néoconservateurs fauteurs de guerre sont de nouveau à la manœuvre, rapporte Robert Parry.
Un observateur bien renseigné de Washington m’a fait une fois remarquer que la réalité politique des néoconservateurs est qu’à eux seuls ils ne pouvaient vous faire gagner la moindre circonscription aux États-Unis. Mais les Républicains comme les Démocrates se pressent pour obtenir le soutien des néoconservateurs ou au moins leur approbation.
Une scène de « Docteur Folamour », dans laquelle le pilote du bombardier (interprété par l’acteur Slim Pickens) chevauche une bombe atomique vers sa cible en Union soviétique.
Ce paradoxe repose en partie sur le degré de dominance que les néoconservateurs ont établi sur les médias d’information nationaux — comme les éditorialistes de presse et les commentateurs télé — ainsi que sur les liens des néoconservateurs avec le lobby israélien, bien connu pour arroser de ses contributions les politiciens qui ont ses faveurs et les opposants de ceux qui ne les ont pas.
Depuis l’émergence des néoconservateurs comme acteurs essentiels de la politique étrangère de l’administration Reagan, ils ont également fait preuve d’une résilience extraordinaire, recevant un flot continu d’argent souvent depuis les financements du gouvernement américain de la part d’organisations comme le NED (Fondation Nationale pour la Démocratie) et à travers les donations des fournisseurs militaires aux boîtes à idées néoconservatrices des « faucons ».
Mais le succès le plus étonnant des néoconservateurs l’année passée pourrait être la façon dont ils ont entraîné les libéraux et même certains progressistes dans la stratégie néoconservatrice de toujours plus de guerres, en grande partie en exploitant le dégoût de la gauche envers le président Trump.
Les gens qui normalement favorisent la coopération internationale pour la résolution pacifique des conflits se sont joints aux néoconservateurs pour attiser les tensions mondiales et rendre ainsi la progression vers la paix beaucoup plus difficile.
Le « Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act », la loi provocante qui impose des sanctions à la Russie, à l’Iran et la Corée du Nord tout en interdisant au président Trump de les annuler, a été adoptée par le Congrès sans un seul vote démocrate contre.
Les seules voix dissidentes sont venues de trois Républicains de la Chambre : Justin Amash du Michigan, Jimmy Duncan du Tennessee, et Thomas Massie du Kentucky, ainsi que du Républicain Rand Paul du Kentucky et de l’indépendant Bernie Sanders, sénateur du Vermont.
En d’autres termes, tous les Démocrates présents ont adopté la position des néoconservateurs pour l’escalade des tensions avec la Russie et l’Iran. Les nouvelles sanctions apparemment ruinent l’espoir d’une détente avec la Russie et peuvent torpiller l’accord nucléaire avec l’Iran, ce qui mettrait l’option bombardement à tout va sur le tapis, exactement ce que veulent les néoconservateurs.