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lundi 21 août 2017

Les néoconservateurs tirent parti de la haine anti-Trump pour pousser à de nouvelles guerre

Les néoconservateurs tirent parti de la haine anti-Trump pour pousser à de nouvelles guerre
Par Robert Parry, le 5 août 2017 - Consortium News / Les Crises (trad.)

La mise en œuvre de nouvelles sanctions contre la Russie et l’Iran — avec le soutien de presque tous les Démocrates et Républicains du Congrès — montre que les néoconservateurs fauteurs de guerre sont de nouveau à la manœuvre, rapporte Robert Parry.

Un observateur bien renseigné de Washington m’a fait une fois remarquer que la réalité politique des néoconservateurs est qu’à eux seuls ils ne pouvaient vous faire gagner la moindre circonscription aux États-Unis. Mais les Républicains comme les Démocrates se pressent pour obtenir le soutien des néoconservateurs ou au moins leur approbation.

Une scène de « Docteur Folamour », dans laquelle le pilote du bombardier (interprété par l’acteur Slim Pickens) chevauche une bombe atomique vers sa cible en Union soviétique.

Ce paradoxe repose en partie sur le degré de dominance que les néoconservateurs ont établi sur les médias d’information nationaux — comme les éditorialistes de presse et les commentateurs télé — ainsi que sur les liens des néoconservateurs avec le lobby israélien, bien connu pour arroser de ses contributions les politiciens qui ont ses faveurs et les opposants de ceux qui ne les ont pas.

Depuis l’émergence des néoconservateurs comme acteurs essentiels de la politique étrangère de l’administration Reagan, ils ont également fait preuve d’une résilience extraordinaire, recevant un flot continu d’argent souvent depuis les financements du gouvernement américain de la part d’organisations comme le NED (Fondation Nationale pour la Démocratie) et à travers les donations des fournisseurs militaires aux boîtes à idées néoconservatrices des « faucons ».

Mais le succès le plus étonnant des néoconservateurs l’année passée pourrait être la façon dont ils ont entraîné les libéraux et même certains progressistes dans la stratégie néoconservatrice de toujours plus de guerres, en grande partie en exploitant le dégoût de la gauche envers le président Trump.

Les gens qui normalement favorisent la coopération internationale pour la résolution pacifique des conflits se sont joints aux néoconservateurs pour attiser les tensions mondiales et rendre ainsi la progression vers la paix beaucoup plus difficile.

Le « Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act », la loi provocante qui impose des sanctions à la Russie, à l’Iran et la Corée du Nord tout en interdisant au président Trump de les annuler, a été adoptée par le Congrès sans un seul vote démocrate contre.

Les seules voix dissidentes sont venues de trois Républicains de la Chambre : Justin Amash du Michigan, Jimmy Duncan du Tennessee, et Thomas Massie du Kentucky, ainsi que du Républicain Rand Paul du Kentucky et de l’indépendant Bernie Sanders, sénateur du Vermont.

En d’autres termes, tous les Démocrates présents ont adopté la position des néoconservateurs pour l’escalade des tensions avec la Russie et l’Iran. Les nouvelles sanctions apparemment ruinent l’espoir d’une détente avec la Russie et peuvent torpiller l’accord nucléaire avec l’Iran, ce qui mettrait l’option bombardement à tout va sur le tapis, exactement ce que veulent les néoconservateurs.

mercredi 5 juillet 2017

Comment Vladimir Poutine voit le monde

MAJ de la page : Conversation avec Monsieur Poutine

Comment Vladimir Poutine voit le monde
Par Robert Parry, le 13 juin 2017 - Consortium News / Les Crises (trad.)

Les médias mainstream américains ont assumé le rôle de protéger les Américains de points de vue alternatifs, ce qui explique pourquoi les longues interviews d’Oliver Stone avec Vladimir Poutine inquiètent tant.

Il y a eu un temps où je pensais qu’il était de la responsabilité d’un journaliste américain d’entendre toutes les parties d’une dispute et ensuite d’expliquer le problème aussi justement que possible aux Américains, ainsi ils seraient armés d’assez de faits pour établir leurs propres jugements et agir comme véritables souverains dans une démocratie.

Oliver Stone interviewant le Président russe Vladimir Poutine dans l’émission de Showtime « The Putin Interviews ».

Je réalise à quel point cela semble naïf aujourd’hui, alors que le journalisme américain a glissé vers un nouveau paradigme dans lequel les principaux médias croient devoir soutenir la version de l’establishment, quelle que soit, et écarter ou discréditer tous faits gênants ou analyses alternatives.

Aujourd’hui le New York Times, le Washington Post et le reste des médias mainstream n’autorisent qu’au compte-gouttes l’expression de quelques vues alternatives, et se contentent sinon d’accumuler les dernières trouvailles de la pensée unique.

C’est pourquoi la série de quatre interviews du metteur en scène Oliver Stone avec le Président russe Vladimir Poutine sur « Showtime » ne manquera pas de provoquer l’indignation et la moquerie de la quasi-totalité des grands médias américains. Comment peut-on oser laisser Poutine expliquer sa vision des défis auxquels le monde fait face ? Pourquoi diable un américain sain d’esprit traiterait le leader russe avec politesse et – mon Dieu ! – respect ?

En ce qui concerne Poutine, le nouveau paradigme des médias américains requiert soit le tombereau d’injures frontales soit le caviardage systématique de ses explications, en particulier si elles s’appuient sur des informations qui présentent le gouvernement américain sous un mauvais jour. C’est qu’il faut protéger les Américains de « la propagande et la désinformation russes ».

En d’autres termes, puisque les « gardiens de la vérité » mainstream enjoignent les Américains de ne pas regarder « The Putin Interviews » de Stone, la série touchera probablement une audience relativement réduite et la diabolisation de Poutine et de la Russie continuera tambour battant.

dimanche 14 mai 2017

Les Kagan sont de retour, les guerres vont suivre

Les Kagan sont de retour ; les guerres vont suivre
Par Robert Parry, le 15 mars 2017 - Consortium News / Les Crises (trad.)

La famille “royale” néoconservatrice des Kagan compte sur les Démocrates et les prétendus progressistes pour jouer les fantassins dans la nouvelle campagne néoconservatrice qui vise à pousser les Républicains et le président Trump à engager d’autres guerres de « changement de régime ».

La famille Kagan, fleuron de l’aristocratie néoconservatrice de l’Amérique, refait surface après s’être remise de n’avoir pas vu s’accroître son influence – ce que lui aurait offert l’élection d’Hillary Clinton – et d’avoir perdu son pouvoir officiel au début de la présidence Trump.

L’ancienne Secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes, Victoria Nuland, qui a milité pour le coup d’État en Ukraine et qui a contribué à choisir les dirigeants de l’après coup d’État. (Elle est l’épouse du théoricien néoconservateur Robert Kagan.)

La famille Kagan est de retour, pontifiant dans les tribunes des plus grands journaux. Elle incite maintenant à un élargissement de l’intervention militaire étatsunienne en Syrie et elle harcèle les Républicains pour qu’ils participent avec un peu plus d’enthousiasme à la chasse aux sorcières antirusse au sujet de la contribution présumée de Moscou à l’élection de Trump.
Dans une tribune du Washington Post datée du 7 mars, Robert Kagan, cofondateur du Project for the New American Century et l’un des principaux cerveaux de la guerre d’Irak, a attaqué les Républicains dont le peu d’empressement à enquêter faisait d’eux « des complices après coup de la Russie. »
Puis Frederick Kagan, directeur du Critical Threats Project à l’American Enterprise Institut néoconservateur et sa femme, Kimberly Kagan, qui a son propre groupe de réflexion, l’Institute for the Study of War (Institut pour l’étude de la guerre), vantaient, dans une tribune du Wall Street Journal du 15 mars, les avantages d’un renforcement de l’intervention américaine en Syrie.

Pourtant, quelle que soit l’influence que gardent les Kagan à Washington, dans le monde des groupes de réflexion et des tribunes libres, ils demeurent presque totalement à l’écart des centres du pouvoir de la nouvelle ère Trump, même si, semble-t-il, ils ont vu une porte qu’on pouvait forcer.
Il y a un an, cependant, leurs perspectives avaient l’air bien plus exaltant. Ils pouvaient faire leur choix parmi un grand nombre de candidats républicains néoconservateurs à la présidence ou, comme Robert Kagan, ils pouvaient soutenir la candidate de l’establishment démocrate, Hillary Clinton, dont « l’interventionnisme progressiste » se confondait quasiment avec le néo conservatisme et n’en différait que par les explications rationnelles invoquées pour justifier toujours davantage de guerres.
Il y avait aussi l’espoir qu’Hillary Clinton présidente reconnaîtrait sa communauté de vues avec les faucons progressistes et les néoconservateurs en donnant une promotion à la femme néoconservatrice de Robert Kagan, Victoria Nuland, qui passerait du poste de secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes à celui de secrétaire d’État.
Alors ils auraient bénéficié d’un formidable élan pour à la fois augmenter l’intervention militaire américaine en Syrie et accroître l’escalade de la nouvelle guerre froide avec la Russie, remettant l’idée de « changement de régime» pour ces deux pays à l’ordre du jour. Ainsi, au début de l’an dernier, les opportunités semblaient infinies pour la famille Kagan qui allait pouvoir montrer sa force et engranger beaucoup d’argent.

mardi 9 mai 2017

Vous avez aimé le Decodex ? Vous allez adorer les algorithmes de la censure

MAJ de la page : Décodex



Décodons le Décodex (Ojim France, mai 2017)


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Vous avez aimé le Decodex ? Vous allez adorer les algorithmes de la censure
Par Robert Parry, le 8 Mai 2017 - Consortium News / Investig'action (trad.)


 
La lutte contre la désinformation est en marche. Le New York Times a récemment consacré un long article aux diverses entreprises lancées pour purger Internet des fake news. Aux manettes de ces outils du futur, les médias traditionnels, Facebook, Google et même l’Otan. Pensée unique et intelligence artificielle. Le cocktail risque de détonner, nous avertir Robert Parry. (IGA)

Quelques jours seulement après avoir arboré des pins du Premier amendement lors du diner des correspondants de la Maison-Blanche — pour célébrer la liberté de la presse — les médias mainstream US sont de retour pour défendre une idée bien différente : comment utiliser des algorithmes pour purger Internet de ce qui est considéré comme des « fake news ». Comprenez, ce que les médias mainstream jugent comme étant de la « désinformation ».

Le New York Times est l’un des plus ardents promoteurs de ce nouveau modèle orwellien de la censure. Dans ses éditions du mardi, il a consacré les deux tiers d’une page pour encenser les entrepreneurs high-tech peaufinant l’intelligence artificielle qui sera capable de traquer et éradiquer les supposées « fake news ».

Pour justifier cette stratégie draconienne, le Times n’a cité qu’un seul exemple de « fake news » affirmant que le candidat présidentiel préféré de l’establishment français, Emmanuel Macron, avait reçu un financement d’Arabie saoudite. Cette fausse histoire avait été publiée par un site web qui imitait la charte graphique du journal Le Soir et qui a permis de remonter à un numéro de téléphone du Delaware.

De tels articles fabriqués intentionnellement, de même que les théories complotistes sans fondements, constituent un fléau d’Internet et méritent une vigoureuse condamnation. Cependant, le Times ne s’inquiète pas du risque potentiel de voir un groupe restreint d’entités journalistiques mainstream baser leur jugement sur ce qui est vrai ou faux à partir d’algorithmes qui pourraient purger Internet de tout avis contraire.

Alors que le Times est membre du réseau First Draft financé par Google — tout comme d’autres médias traditionnels tels que le Washington Post et le site de propagande pro-Otan Bellingcat —, l’idée d’éliminer les informations qui s’opposent aux vérités définies par ce groupe peut sembler attrayante pour le Times et les autres initiés. Après tout, ne serait-ce pas cool d’avoir un outil high-tech qui réduit automatiquement ceux qui vous critiquent au silence ?

jeudi 13 avril 2017

“La Maison-Blanche a publié un rapport de renseignement manifestement faux, trompeur et amateur”

MAJ de la page : Idlib



Vladimir Poutine sur la Syrie : les Etats-Unis rejouent la même comédie insipide qu'en Irak (11 avril 2017) - activer les sous-titres

Une opinion largement partagée, notamment par Théodore Postol du MIT (voir ci-dessous)

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Analyse du rapport de renseignement de la Maison-Blanche du 11 avril 2017
Par Theodore Postol, Professeur émérite en science, technologie et politique de sécurité nationale, Massachusetts Institute of Technology (MIT), le 11 avril 2017 - Scrib / Les Crises (trad.) PDF

Une évaluation rapide du rapport de renseignement de la Maison-Blanche publié le 11 avril 2017 à propos de l’attaque à l’agent neurotoxique à Khan Cheikhoun, en Syrie.

Cher Larry :

Je réponds à ce que vous me transmettez que je comprends être un communiqué de la Maison-Blanche affirmant avoir découvert des informations à propos de l’attaque à l’agent neurotoxique le 4 avril 2017 à Khan Cheikhoun, en Syrie. Ce que je comprends de votre note est que le résumé des renseignements de la Maison-Blanche vous a été communiqué dans la journée du 11 avril.

J’ai examiné le document avec soin, et je crois qu’on peut montrer, sans aucun doute, que le document ne fournit aucune preuve d’aucune sorte que le gouvernement des États-Unis ait eu une connaissance concrète que le gouvernement syrien ait été la source de l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, en Syrie, à approximativement 6 à 7 heures du matin le 4 avril 2017.

En fait, une preuve principale citée dans le document porte à croire à une attaque qui aurait été exécutée par des individus au sol, et non pas depuis un avion, le matin du 4 avril.

Cette conclusion se fonde sur une hypothèse faite par la Maison-Blanche lorsqu’elle cite la source de l’émission de sarin et les photographies de cette source. Ma propre analyse est que la source a très probablement été falsifiée ou mise en scène, donc aucune conclusion sérieuse ne pourrait être tirée des photographies auxquelles la Maison-Blanche a fait référence.

Cependant, si l’on suppose, ce que fait la Maison-Blanche, que la source du sarin venait de ce lieu et que cette localisation n’a pas été falsifiée, la conclusion la plus plausible est que le sarin a été répandu par un engin de dispersion improvisé fabriqué à partir d’une section d’un tube de roquette de 122 mm remplie de sarin et bouchée des deux côtés.

Le seul fait incontestable énoncé dans le rapport de la Maison-Blanche est l’affirmation qu’une attaque chimique utilisant un agent neurotoxique s’est produite à Khan Cheikhoun, en Syrie, ce matin-là. Bien que le communiqué de la Maison-Blanche répète ce point de nombreuses fois dans son rapport, celui-ci ne contient absolument aucune preuve que cette attaque ait été le résultat d’une munition lâchée depuis un avion. En fait, le rapport ne contient absolument aucune preuve qui indiquerait qui est le coupable de cette atrocité.

Le rapport accumule au contraire les observations d’effets physiques dont souffrent les victimes qui indiquent sans aucun doute un empoisonnement par un agent neurotoxique.

La seule source que le document cite comme une preuve que l’attaque ait été perpétrée par le gouvernement syrien est le cratère qu’il affirme avoir identifié sur une route au nord de Khan Cheikhoun.

J’ai localisé ce cratère en utilisant Google Earth et il n’y a absolument aucune preuve que le cratère ait été créé par une munition conçue pour disperser du sarin après avoir été larguée d’un avion.

La carte Google Earth en image 1 à la fin de ce paragraphe montre le lieu de ce cratère sur la route au nord de Khan Cheikhoun, comme décrit dans le communiqué de la Maison-Blanche.

Les données citées par la Maison-Blanche sont plus conformes à la probabilité que les munitions étaient placées sur le sol plutôt que lâchées depuis un avion. Cette conclusion suppose que le cratère n’a pas été falsifié avant les photographies. Cependant, en se référant à la munition dans ce cratère, la Maison-Blanche indique que c’est la source inexacte des données qu’elle a utilisée pour conclure que la munition provenait d’un avion syrien.

L’analyse des débris visibles sur les photographies citées par la Maison-Blanche indique clairement que la munition était très certainement placée sur le sol avec un explosif de détonation externe sur le dessus qui a écrasé le conteneur afin de disperser la présumée charge de sarin.

Puisque le temps semble être essentiel ici, j’ai assemblé un résumé des preuves que j’ai que le rapport de la Maison-Blanche contient des conclusions fausses et trompeuses dans une série d’images à la fin de cette discussion. Chacune des images a une description en dessous, mais je vais résumer ces images ci-dessous et attendre d’autres questions sur la base des conclusions que je propose ici.

dimanche 9 avril 2017

Syrie : encore une fois, un jugement hâtif et dangereux

Au delà du choc des photos, la raison demande de comprendre les tenants et les aboutissants. Encore une fois l'Amérique commet un acte de guerre contre le Droit international, sans aucune preuve de la culpabilité de la Syrie. 
Deux articles, un premier de Robert Parry sur le rôle de la propagande américaine dans les prises de décisions, et la fabrication du consentement, et un deuxième de Jacques Sapir sur la situation géopolitique mondiale et notamment "La folie de l'action 'humanitaire' armée". Reniant sa promesse de ne plus faire de l'Amérique le gendarme du monde, Trump met ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, docile aux néoconservateurs et à l'Etat profond américain. 
Et des interviews à contre-courant, de l'ex-ambassadeur anglais en Syrie et du politologue franco-syrien Bassam Tahhan. 




Peter Ford, ex-ambassadeur UK en Syrie : Assad n'est pas l'auteur des attaques chimiques (5 avril 2017)




L'énigme des 36 missiles égarés de Trump (8 avril 2017). Analyse de Bassam Tahhan, spécialiste du Moyen-Orient et de la Syrie, interviewé par Frédéric Saillot.
Voir sa précédente vidéo : Trump dans le bourbier syrien (7 avril 2017)


Lire aussi sur RT :
Attaque chimique présumée en Syrie 6 avr. 2017 - par Michael Maloof
Derrière les frappes américaines en Syrie, les dessous du revirement de Donald Trump, 7 avr. 2017 - par Jean-Eric Branaa
Trump : «un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de devenir la risée du monde», 7 avr. 2017 - par John Laughland
«La politique aux USA est faite d’émotions, de réactions hystériques, de prétentions moralisantes», 7 avr. 2017 - par Diana Johnston
La Bolivie trolle les USA sur les armes de destruction massive en Irak devant le Conseil de sécurité, 8 avr. 2017



Diplomate bolivien à l’ONU: «Washington est à la fois l'enquêteur, le procureur, le jury et le juge» [et l'exécuteur de la sentence]

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Syrie : encore une fois, un jugement hâtif et dangereux 
Par Robert Parry, le 5 avril 2017 - Consortium News  / Le Grand soir (trad.)

Avec le dernier jugement hâtif sur les morts par gaz toxique dans une région occupée par les rebelles au nord de la Syrie, les médias mainstream se révèlent comme une menace pour le journalisme responsable et pour l’avenir de l’humanité. Encore une fois, nous assistons au scénario troublant où le verdict précède l’enquête, même si un tel comportement peut conduire à une escalade dangereuse de la guerre ainsi que du nombre de victimes.

Avant même toute évaluation minutieuse des preuves, Le New York Times et d’autres grands sites d’information US avaient déjà désigné le gouvernement syrien de Bashar al-Assad comme le coupable. Ce qui a relancé l’exigence des États-Unis et d’autres pays de mettre en place une « zone d’exclusion aérienne » en Syrie, ce qui constituerait le début d’une nouvelle guerre de « changement de régime » et entraînerait les Etats-Unis dans une guerre probable avec une Russie dotée d’armes nucléaires.

Alors qu’on en était encore à chercher ce qui s’était réellement passé mardi, nous, le public, avons déjà été préparés pour ne pas croire la réponse du gouvernement syrien selon qui les gaz toxiques pourraient provenir de stocks rebelles et auraient pu être libérés accidentellement ou intentionnellement, provoquant la mort de civils dans un ville de la province d’Idlib.

Un scénario possible est que les avions de combat syriens ont bombardé un dépôt d’armes rebelles où le gaz toxique était stocké, ce qui a provoqué la rupture des conteneurs. Une autre possibilité est un incident organisé par les djihadistes de plus en plus désespérés d’Al-Qaïda qui sont connus pour leur mépris envers la vie d’innocents.

Bien qu’il soit difficile à ce stade de démêler le vrai du faix, ces explications alternatives, me dit-on, sont examinées sérieusement par les services secrets américains. Une source a cité la possibilité que la Turquie ait fourni aux rebelles des gaz toxiques (le type exact est indéterminé) pour une éventuelle utilisation contre les forces kurdes opérant dans le nord de la Syrie près de la frontière turque ou pour une attaque terroriste dans une ville contrôlée par le gouvernement comme la capitale Damas.

Les articles du journaliste d’investigation (version française) Seymour Hersh et des déclarations de certains policiers et politiciens de l’opposition turcs ont établi un rôle des services de renseignement turques et des jihadistes affiliés à Al-Qaïda dans l’attaque de gaz sarin du 21 août 2013 à l’extérieur de Damas qui a tué des centaines de personnes, mais le Times et les autres médias persistent à désigner le régime d’Assad.

Propagandistes chevronnés

Mardi, le Times a assigné deux des propagandistes les plus engagés contre le gouvernement syrien pour couvrir l’histoire syrienne des gaz toxiques, Michael B. Gordon et Anne Barnard.

Gordon a été depuis des années aux avant-postes des stratégies de « changement de régime » des néoconservateurs. Il a coécrit l’article honteux sur les tubes en aluminium, publié par le Times le 8 septembre 2002, qui s’appuyait sur les sources gouvernementales US et des transfuges irakiens pour effrayer les étatsuniens avec des « nuages en forme de champignon » s’ils ne soutenaient pas l’invasion imminente de l’Irak par le président George W. Bush. Le timing a parfaitement servi le ’déploiement’ publicitaire de l’administration pour la guerre en Irak.

Bien sûr, l’histoire s’est révélée fausse et a injustement décrédibilisé les sceptiques devant l’affirmation que les tubes en aluminium étaient prévus pour des centrifugeuses nucléaires, alors qu’elles étaient destinées à l’artillerie. Mais l’article a donné une grande impulsion à la guerre en Irak, qui a fini par tuer près de 4500 soldats américains et des centaines de milliers d’Irakiens.

vendredi 22 juillet 2016

Néo-conservateurs et néo-libéraux : comment les idées mortes tuent encore

Néo-conservateurs et néo-libéraux : comment les idées mortes tuent encore
Par Robert Parry, le 11 mai 2016 - Consortiumnews / Le Saker francophone



Aujourd’hui, les dangereuses idées mortes sont le néo-conservatisme et son fidèle allié, le néo-libéralisme. Ces concepts ont respectivement façonné la politique étrangère américaine et son économie, au travers des dernières décennies – et ils ont pitoyablement échoué, du moins du point de vue de la plupart des Américains et des peuples des nations ayant subi les effets de ces idéologies.

Aucune n’a profité à l’humanité, les deux ont mené à la mort et la destruction, cependant les jumeaux néo ont bâti une si puissante propagande, et un si puissant appareil politique, en particulier à Washington, qu’ils continueront surement à faire des ravages dans les prochaines années. Ce sont des idées zombies qui tuent.

Pourtant, le Parti démocrate est prêt à nominer un adhérent à ces deux néos, en la personne d’Hillary Clinton. Plutôt que d’aller au-delà du malaise de la politique du président Obama, et de ce qu’il appelle le manuel de procédures de Washington, les démocrates s’y réfugient.

Après tout, l’establishment de Washington reste ravi des deux néos, favorisant l’interventionnisme type changement de régime du néo-conservatisme, et le mondialisme libre-échangiste du néo-libéralisme. En somme, Clinton s’est avérée être la candidate clairement favorite des élites, du moins depuis que les alternatives se sont limitées au populiste milliardaire Donald Trump et au socialiste démocrate Bernie Sanders.

lundi 28 décembre 2015

« L’État profond américain »

MAJ de : Peter Dale Scott

Peter Dale Scott, L’État profond américain: la finance, le pétrole et la guerre perpétuelle, Ed. Demi-Lune, 2015
Commande sur Amazon : ÉTAT PROFOND AMÉRICAIN (L') : La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle


Par Aprilia Viale - Revue Internationale et Stratégique 2015/4 (N° 100)

L’ouvrage de Peter Dale Scott propose, en dépit d’une organisation interne difficile à suivre, des pistes intéressantes de décryptage de la vie politique intérieure américaine des XXe et XXIe siècles. Partant du constat de l’érosion des pratiques démocratiques aux États-Unis depuis le 11-septembre et des décrets successifs visant à renforcer les pouvoirs des garants de la sécurité nationale, l’auteur établit la genèse de cette tendance et cherche à en désigner les responsables.

La pratique de déroger à la légalité et à ses responsabilités face aux citoyens américains remonte à John Edgar Hoover et à la constitution du Federal Bureau of Investigation (FBI) dans ses fonctions actuelles, et serait depuis une tendance rampante de la vie politique américaine. Au point que l’administration Obama, malgré l’éviction de deux soutiens parmi les plus évidents de cette dynamique, Dick Cheney et Donald Rumsfeld, a poursuivi cette tendance – notamment par la hausse inouïe des assassinats extrajudiciaires et de l’usage des drones, ainsi que par la criminalisation des lanceurs d’alerte. En dépit de ses promesses de campagnes, les deux mandats du président démontreraient les intérêts rhizomatiques et puissants de l’État profond, capables de prolonger l’état d’urgence au-delà de toute raison, quatorze ans après les attentats du 11-septembre.

L’auteur désigne cette tendance en reprenant le nom du projet lancé en 1982 sous le gouvernement Reagan, Continuity of Government (COG). Ce projet, initialement prévu pour assurer le fonctionnement du gouvernement américain en cas d’attaque nucléaire et d’élimination des chefs de l’exécutif, s’est progressivement métamorphosé jusqu’à s’adapter à toute “situation de crise”, la définition de cette dernière étant confiée aux gestionnaires du projet. L’application de ce plan permet d’outrepasser tous les mécanismes constitutionnels et d’organiser, au nom de la sécurité nationale, des internements massifs, des écoutes extrajudiciaires ou des assassinats ciblés, aussi bien à l’étranger que sur le sol américain, contre des ressortissants étrangers et contre des citoyens américains. Ce projet, aussi appelé “Jugement dernier”, est ainsi devenu un formidable instrument de répression et d’action préemptive, notamment contre les opposants, en particulier pacifistes.

mardi 6 octobre 2015

Les élucubrations de la CIA



Les Etats-Unis doivent-ils s’allier à Al-Qaida en Syrie ?
Par Robert Parry, le 1 octobre 2015

Aux Etats-Unis, la nouvelle « pensée collective » souligne que le président russe Poutine n'a pas tenu sa promesse d'attaquer seulement l'État islamique lorsque ses avions de guerre ont frappé d'autres cibles rebelles en Syrie. Mais Poutine n'a jamais précisé quels terroristes il allait frapper. Et la coalition des rebelles ciblés comprend des affiliés d'Al-Qaida, comme l'analyse Robert Parry.

La phrase-clé du principal article du New York Times à propos des frappes aériennes russes contre les rebelles syriens arrive en bout de course, cinq paragraphes avant la fin, lorsque le Times remarque au passage que le quartier nord de Homs où les attaques ont eu lieu a été le théâtre d’une offensive menée par une coalition « comprenant le Front Al-Nosra ».

Ce que le Times ne précise pas dans ce contexte, c’est que le Front Al-Nosra est une filiale d’Al-Qaida. Cette omission s’explique peut-être par le fait que cette information supplémentaire perturberait le bon ton de l’article qui accuse la Russie de mauvaise foi en attaquant d’autres groupes rebelles plutôt que l’État islamique.

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