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mardi 21 octobre 2014

Cécité induite par le mouvement

Illusion de la disparition d’objets non mouvants : erreur naturelle de conception ou optimisation ?


Nous allons découvrir ensemble un phénomène connu sous le nom de “cécité induite par le mouvement”, une excentricité du système visuel humain qui pourrait être également une optimisation de l’évolution.

Pour l’illusion d’optique vous n’aurez qu’a cliqué sur le GIF ci-dessous ou plus bas pour l’agrandir, puis vous concentrez sur le point rouge clignotant au centre du carré orange tournant, sans déplacer vos yeux. Rapidement, les trois points jaunes semblent s’estomper, disparaissant de la vue. Cependant, si vous déplacez votre regard, même légèrement, ils réapparaissent instantanément.

Cette illusion met en évidence une bizarrerie ou une optimisation de notre perception, voire les deux. Ainsi, d’avoir quelque chose dans votre champ de vision disparaitre de la vue, semble être un défaut. Mais peut-être est-il logique pour notre cerveau d’ignorer un objet immobile au milieu d’un tas d’autre se mouvants. Imaginez, par exemple, comment une telle capacité pourrait être utile alors que nous traqu(i)ons des proies. Cela aurait pu être un avantage visuel à un moment de notre histoire évolutive. C’est à se demander dans quelle mesure cette particularité de perception est présente dans tout le règne animal, mais cela serait sacrément difficile à tester. Inutile d’essayez de former un chien à se focaliser sur un point, pour lui demander si les points sont en train de disparaitre de son champ de vision…


lundi 17 mars 2014

Maître de l'illusion


MAÎTRES DE L'ILLUSION Au delà de la magie
Luc Langevin, le jeune magicien québécois que la télévision a rendu célèbre, nous emmène à la rencontre de ses confrères de la "nouvelle magie" : des illusionnistes sans lapin ni chapeau, comme les Britanniques Derren Brown et Dynamo, les Français Mathieu Bich et Stéphane Bourgoin ou l’Américain William Kalush. Le portrait d’un art qui, grâce à Internet, notamment, s’est mondialisé pour toucher un public de plus en plus large.
Source : Arte
Quelques sites : Robert Houdin (wikipedia) / Houdini (wikipedia) / David Cooperfield / David Blaine TED / Dynamo / Derren Brown / Luc Langevin

mercredi 2 février 2011

Ranjit Maharaj



Ranjit Maharaj est né à Bombay le 4 janvier 1913. A 12 ans, il rencontra son maître, Siddharameshwar Maharaj, un grand Maître méconnu en son temps. Ranjit Maharaj commença seulement à enseigner en 1983 à l'âge de 70 ans, quand de plus en plus de chercheurs venaient se présenter chez lui. Son message se situe dans la continuité de celui de son maître, qui met l'accent sur la simplicité et le caractère direct du langage.
La spécificité de l'enseignement de Maharaj repose sur sa position radicale et son caractère direct : " Tout est illusion, donc quel que soit ce que le 'je' effectue, c'est aussi une illusion ". Par conséquent, il n'offre aucune méthode afin d'améliorer ce qui n'existe pas, l'illusion. Les voiles d'ignorance disparaissent et nous réalisons notre nature véritable à travers la connaissance et le rejet des fausses identifications qui ont été adoptées. " La découverte de votre nature véritable est des plus faciles, puisque vous êtes Cela. "
La Connaissance n'est qu'un remède au mal de l'ignorance, car une fois l'ignorance évanouie, il ne reste rien de la Connaissance. " Ni la connaissance, ni l'ignorance ne subsistent dans la Réalité. Quand je n'existe pas, quand je ne suis pas, Elle seule est, et c'est ça la Réalité, c'est-à-dire Soi-même sans soi-même. "
Ranjit Maharaj est décédé le 15 novembre 2000 à 18h16 en sa résidence de Bombay. Ses paroles dans ses derniers jours furent : " Ceci n'est plus utile, ceci doit partir. "
Des entretiens avec Maharaj ont eu lieu en juin 1996, lors d'un séjour en Bretagne sur la côte atlantique française. La sélection des questions et réponses qui suit vient de cette période.
Source du texte : Innerquest

Bibliographie :
- L'illusion face à la réalité : Entretiens avec Ranjit Maharaj sur l'état sans état. Ed. Diff. Inerquest, 2000
En ligne : Innerquest (Paroles) / Innerquest (Entretiens)


Tout provient de zéro et tout retourne au zéro, alors pourquoi se faire du souci ?

LA REALITE
Les méthodes engendrent d'innombrables frustrations et ne donnent aucune satisfaction réelle. La Réalité est sans méthode. L'illusion dispose de nombreuses méthodes, de nombreux problèmes, et de nombreux concepts. Pour vaincre l'illusion, ou les concepts, il faut se demander d'où proviennent toutes ces pensées. Penser concerne toujours des objets. Pour connaître la Réalité dépourvue de pensée, il n'est nul besoin de penser.

L'éveil n'est rien d'autre qu'une profonde et totale compréhension. La Réalité n'a pas à être atteinte, elle est déjà là. Rien n'est nécessaire au-delà de cette compréhension totale.

Tant que le corps de l'éveillé est là, il agit normalement. Il appelle 'mère' sa mère et 'femme' sa femme. Mais cependant, il sait. Si quelqu'un lui demande " Comment vous appelez-vous ? ", il répond, mais il sait "Je ne suis pas ceci". Une telle compréhension sans ambiguïté est nécessaire. La compréhension parfaite ce nomme 'Cela'. Soyez en 'Cela'. Soyez comme la feuille de lotus qui pousse dans l'eau et qui vit dans l'eau, mais qui n'est pas atteinte par l'eau. Demeurez ainsi. Il n'y a rien d'autre.

Ce que vous voyez et percevez est en vous et non à l'extérieur. Vous n'êtes pas le corps. Si le mental se saisit d'une pensée et s'y attache, toute chose sera alors vue comme 'autre' qu'elle [la Réalité].

La peur est toujours présente en la nature humaine. Tout le mondea peur, parce que chacun croit qu'il est le corps. Le mental crée cetyte peur qui n'est que votre propre concept. La peur surgit dans le mental à cause de l'instabilté du monde. Chaque minute voit s'opérer des changements. Si vous allez au-delà de l'obsurité et du savoir, la peur n'existera plus. par example, un écran n'a nulle peur du film projecté parce qu'un écran est stable. Ainsi, ce qui est instable éprouve toujours de la peur. Votre mental change constamment et ne peut se stabiliser lui-même. Il ne peut être heureux qu'en connaissant sa source ou son commencement. La Réalité ultime n'a ni fin ni commencement ; elle est illimitée. Elle est si subtile que tous les concepts et les pensées disparaissent. La dualité contient la peur ; l'unité est dépourvue de peur.

Enlevez l'épine de l'ego. Supprimez le nom et la forme et il n'y a rien. Voyez par votre propre compréhension que tout est illusion. Vivez-le ! Vous ne voulez pas voir parce que le mental ne vous permet pas de voir. Le mental est le seul obstacle qui vous écarte de 'vous-même'. Le mental dit " c'est vrai ". Dites au mental " ce n'est pas vrai ". Comprenez le mental et alors il disparaîtra

Celui qui cherche peut demander " Que dois-je faire ? " Ne faites rien ! Les paroles ne font qu'atteindre l'espace. Le seigneur Krishna dit dans la Bhagavad Gita : " Là d'où proviennent les paroles, Cela est mon Soi ". Dans la Bible, le Christ dit la même chose : " Connais-toi et tu connaîtras le monde ".
Source du texte : Innerquest


CONNAISSANCE ET IGNORANCE
Siddharameshwar Maharaj donnait d'abord la connaissance, alors que nos traditionalistes affirment que le renoncement doit précéder la connaissance. Il disait que le renoncement sans la connaissance était inutile parce qu'il devenait un asservissement de l'esprit. Par example, lors de la préparation d'un bon repas, cela sent bon et tout le monde veut manger. Mais si vous dites aux gens, "N'en mangez pas", ils vous demanderont pourquoi. Vous leur apprendrez alors que la nourriture contient du poison. La connaissance de l'existence du poison conduit à y renoncer immédiatement. Ainsi, si la connaissance vient en premier, le renoncement suit automatiquement.

Retirez le voile de l'ignorance qui vous recouvre. Enlevez le vêtement qui vous sépare de la lumière, et la lumière est là ! Tous les jours, quand nous dormons, nous atteignons cette 'fin'. Allez à cette 'fin' et découvrez votre Soi. Découvrir signifie oublier votre mental, vos pensées et votre individualité.

Vous devez continuer d'avancer. Il y aura des obstacles, mais ceux-ci doivent être affrontés. Il faut résoudre les problèmes. Un problème est une pensée. Depuis votre enfance vous avez accumulé de nombreuses pensées. Qui vous a donné toutes ces pensées ? C'est votre père, votre mère, votre cercle d'amis. Tout est venu a vous. Tous sont des ignorants, aussi que peuvent-ils vous donner ? Qu'est-ce que l'obsurité peut donner à la lumière ? Dites moi. Rien, n'est-ce pas ? Que pouvez-vous trouver dans l'obscurité ? Rien ! Toutes les pensées, toutes les habitudes ne sont pas réelles. Elles vous sont toutes venues à cause de l'ignorance. Allez à la source d'où elles s'élèvent et elles disparaîtront ! Tout l'esclavage n'est qu'un esclavage mental emprunté à quelqu'un d'autre. L'argent que vous empruntez n'est pas le vôtre. De la même manière, vous avez emprunté les pensées des autres pour en faire votre propre esclavage. Comment est-ce possible ? Débarrassez-vous de cet esclavage ! Qui vous en empêche ? Remboursez le créancier, et vous serez libéré de touts dettes ! Vous ne devez plus avoir de dettes.

Les gens ne comprennent pas que l'illusion n'est rien. Comment peut-elle vous empêcher? Comment 'rien' peut-il vous empêcher?
Source du texte : Innerquest


ENTRETIEN (Paris 17 mai 1998)
Question : Vous parlez toujours d'oublier, je voudrais savoir comment oublier.

Ranjit : Quand vous dormez, vous oubliez, n'est-ce pas ? De même, dormez au monde alors que vous êtes éveillé, comprenez simplement qu'il n'est pas vrai. Tout est zéro ! En philosophie vous devez comprendre votre propre mort : " je n'existe pas ". C'est cela la philosophie. Tant que vous pensez : " je suis là ", vous ne pouvez pas oublier. Dans un rêve, vous faites tant de choses mais existent-elles ? Quand vous vous réveillez, dites-vous : " j'ai fait quelque chose de bon ou de mauvais " ? De même, alors que vous êtes éveillé, comprenez que ce que vous faites, ce que vous êtes n'est rien, tout est faux ! Où êtes vous, pouvez-vous me le montrer ? Êtes-vous le corps, le mental ? Que pouvez-vous montrer quand tout cela n'est rien ? Tant que le corps est là, vous devez agir et ressentir ; faites-le mais en sachant que ce n'est pas vrai. Tant que les yeux sont là, ils doivent voir, mais sachez que ce qu'ils voient n'est pas vrai. Tout ce que je peux voir et ressentir n'est pas la réalité. La douleur arrive au corps, elle doit venir, mais comprenez que c'est au corps qu'elle arrive et pas à moi. Essayez de vous désidentifier du corps : " ce n'est pas ma douleur, le corps n'est pas moi. " Votre conviction profonde doit être : " ce n'est pas mon corps, je ne fais rien, je ne suis rien, je n'existe pas. Je ne suis ni le nom ni le corps ni le mental. " Agissez avec tous ces instruments mais comprenez que vous n'êtes pas eux. C'est ce qu'on appelle le non-conditionné, le non-attaché. Vous prenez ces conditions comme étant vous-même et vous dites : cela est mien etc. Par exemple, un homme et une femme qui ont eu un enfant chacun de leur côté avant de se marier, disent : " celui-ci est le mien, celui-là le tien. " Ils ne comprennent pas qu'ils sont Un, l'ego fait toutes ces séparations alors que tout n'est qu'Un. Tous sont vous-même, si vous comprenez cela, à qui adresser de bonnes ou de mauvaises paroles ?

Question : Comment oublier ce qui n'existe pas ?

Ranjit : C'est très facile d'oublier ce qui n'existe pas. Quel nom donnerez-vous au fils d'une femme stérile ? Il n'existe pas, il n'y a donc pas de problème. Supposez que vous faites un rêve, au réveil vous l'oubliez instantanément, n'est ce pas ? Quand vous comprenez que rien n'est vrai, comment les choses peuvent-elles persister ? Comment oublier ce qui n'est pas ? Par la compréhension, vous oubliez tout. Le monde n'existe pas. Même les scientifiques disent que le monde que vous voyez n'est nulle part. Par un simple changement d'état, dans le sommeil par exemple, le monde devient zéro. Au réveil il démarre comme une télévision, vous appuyez sur le bouton et le film apparaît, vous éteignez et le film disparaît. Le mental est responsable de tout cela. S'il dit : " c'est là ", alors c'est là ; s'il dit : " ce n'est pas ", alors rien n'est. Soyez en certain, tout dépend du mental. Dès qu'il dit que le monde n'est pas vrai, c'est très facile d'oublier. Combien de temps cela prend-il ? Vous n'oubliez pas pour la simple raison que vous le considérez vrai. Vous voyez le rêve mais quand vous vous réveillez, vous dites vous-même qu'il n'est pas réel. De même, quand vous comprenez ce qu'est le monde, où il a commencé et où il finira, vous l'oubliez. L'origine du monde est le zéro, l'espace ; de là un concept a jailli et le monde entier est créé. C'est exactement comme lorsque vous êtes dans le sommeil profond : soudain une pensée émerge et le rêve se déroule. Le monde est un long rêve et si vous comprenez que c'est un rêve, une illusion, que quoiqu'il arrive ce n'est pas vrai, vous l'oubliez facilement. Si vous ne comprenez pas, alors le monde est vrai pour vous. Le mental est un facteur étonnant, il peut passer d'une pensée positive à une pensée négative en un instant, il est toujours changeant.

Si vous oubliez le mental, vous serez heureux ; c'est l'unique facteur qui crée toutes les souffrances et tous les plaisirs également. Comprenez que le mental lui-même n'est pas vrai : mental veut dire pensées, et les pensées vont et viennent. Le mental ne crée que la confusion, rien d'autre. Celui qui est non-mental n'est plus dans la confusion. Essayez d'oublier ce qui n'est pas vrai, c'est le seul remède. C'est ainsi que l'illusion disparaîtra, sinon elle persistera sous une forme ou une autre. Le mental vit dans la peur permanente : " que va-t-il se passer ou ne pas se passer ? que faire ou ne pas faire ? ". Être ou ne pas être est toujours la question pour chacun de vous. Si la personne qui vous est chère meurt, vous pouvez pleurer et pleurer encore, cela ne vous la rendra pas. Un corps mortel est mort, pourquoi s'en faire ? Vous devez l'oublier ou vous ne pourrez pas vivre dans ce monde. L'oubli est la meilleure des choses, c'est à cette condition que vous pouvez être heureux. Si vous vous souveniez de vos vies passées, vous seriez malheureux pour toujours ! Dans la vie, toutes sortes de choses se produisent, certaines que vous désirez et d'autres pas. Que faire ! Si vous n'oubliez pas dans la vie, vous devenez fou ! C'est pour cela que l'on dit que l'oubli est nécessaire. Combien de temps faut-il pour oublier ce qui est illusion ? Vous oubliez à chaque instant. Quand vous prononcez un mot, un autre arrive aussitôt et vous devez oublier le premier pour pouvoir prononcer le suivant. Le mot n'a pas d'entité, il naît dans l'espace, qui est zéro. Vous entendez ce que je dis mais pour continuer à entendre, vous devez oublier ce que j'ai dit précédemment. Son origine est le zéro et sa destination le zéro. Tout se passe en une fraction de seconde. Si quelqu'un vous insulte, les mots disparaissent aussitôt prononcés mais l'effet s'imprime dans votre mental. Vos ancêtres sont tous morts, où ont-ils disparu ? Où existent-ils maintenant ? Ils n'ont jamais existé, vous ne pouvez donc pas dire où ils ont disparu. Aujourd'hui, c'est le 18 mai, où a disparu le 17 ? Et d'où apparaîtra le 19 ? Vous comptez les jours et les nuits mais ce n'est que votre concept car si vous demandez au soleil combien d'années il a, il vous répondra : " je ne connais pas les années ! ". Cette base sur laquelle vous comptez toutes ces années, ces va-et-vient, ces apparitions et disparitions, est immuable. Le soleil n'a connaissance de rien.

De la même façon, c'est à partir de l'ignorance que la connaissance est apparue et vous voyez l'illusion entière se dérouler. L'ignorance s'est surimposée à la réalité et de cette ignorance un concept a surgi [la conscience/connaissance] et sur ce concept le monde est créé. Concept veut dire connaissance. Tout le monde fonctionne par la conscience /connaissance, c'est par elle que vous créez et agissez. Prendre naissance est un concept, vous devez ensuite endurer tant de choses durant toute votre vie ! Le concept est la vie, rien d'autre, et quand la vie prend fin, le concept disparaît et tout se termine, rien ne persiste. S'il n'y a pas d'espace, il n'y a pas de mots. À cause de l'espace, les mots et le monde sont apparus. Vous avez créé le monde entier mais, dites-moi, y a-t-il autre chose que les mots dans le monde ? Vous dites que c'est l'Inde, la France ou les États-Unis, mais ce ne sont que des mots, des concepts ! Par les mots, vous en avez tellement fait, et vous avez été si loin qu'il vous est maintenant impossible de vous comprendre vous-même. Comprenez l'origine des mots, où ils commencent, ensuite oubliez-les et la réalité est là. Les mots, c'est à dire la connaissance, ont un grand pouvoir ; à partir d'un seul mot, quelqu'un peut devenir votre ami ou votre ennemi. D'où viennent les mots ? de votre mental. Ainsi le mental est le facteur essentiel, si vous l'orientez vers la véritable chose, c'est à dire la réalité, il devient votre meilleur ami. Si vous le dirigez vers le faux, il vous entraîne en enfer ! Ainsi les êtres réalisés prennent le mental de leur côté, ils en font un ami, et finalement le mental lui-même disparaît et seule la réalité est. Le monde et le mental disparaissent, c'est ça la réalité et c'est ce que vous êtes ! Il n'y a alors plus à s'en faire, car si vous êtes la réalité, comment l'illusion pourrait-elle se maintenir ? Elle n'existe pas de toute façon. Quand vous oubliez la réalité, c'est à dire vous même, le monde apparaît alors dans sa multiplicité.
(...)
Source (et suite) du texte : Innerquest


samedi 2 octobre 2010

Chasse au Dahu

Petit mode d'emploi pour aller chasser le Dahucapra Rupidahu Levogyres, en pleine venaison en ce premier week-end d'octobre (les espèces Dextrogyres, Ascentus frontalis et Descentus frontalis étant malheureusement éteintes). Dans la vidéo il est question du Tyrol mais c'est la même espèce qui tourne autour de nos montagnes du Valais et de Haute Savoie (toujours dans le sens antihoraire bien entendu). Bonne chasse ! 



Cela s'apparente à la chasse au dahu et comporte à peu près autant de chance de succès. 

Satyam Nadeen


USB Wine

Et pour accompagner votre civet de Dahu vous prendrez bien un verre de bordeaux, directement du domaine grâce à l'USB Wine (un appareil R E V O L U T I O N N A I R E) - à consommer avec modération cependant. Tchin !


 

jeudi 16 septembre 2010

Leo Hartong




Léo Hartong, est né en 1948 à Amsterdam de parents pauvres. Après une vie riche en péripéties diverses, il aura notamment été un hippie macrobiote, expérimentant les drogues dures, allant d'un syncrétisme New Age à un autre, il rencontrera la non dualité au travers de personnes comme
Tony Parsons et finira par trouver ce qu'il recherchait dès son plus jeune âge, lorsque toute attente le quittera. 


Actuellement, « je » demeure « mon adresse dans la vie », autant qu’une convention et une commodité grammaticales que je n’hésite jamais à utiliser. Mais il n’y a pas de « moi » objectif pouvant être identifié ou saisi. Il est clair que mon expérience mystique antérieure n’était pas l’illumination. L’idée d’un « je » ayant cette expérience a créé le paradoxe déroutant d’un « je » ayant une expérience non-duelle. A présent, il est évident que l’expérience dite mystique est tout autant une expérience que boire un verre de vin, faire l’amour, faire des courses, ou se promener sous la pluie. Tout ceci survient simplement en tant que moi et n’arrive pas à moi ni par moi. L’arrière-plan silencieux où l’expérience apparaît et disparaît avait échappé à l’attention du « moi » qui pensait avoir décroché la timbale.
Extrait de S'éveiller au rêve. 


Bibliographie :
- S'éveiller au rêve. le présent d'une vie lucide. Ed. Accarias l'Originel.


Y a-t-il une promesse à se réveiller à ce que je suis vraiment ? Y a-t-il quelque chose que je pourrai en retirer qui améliorera ma vie ? Cela fait-il de moi quelqu'un de meilleur et plein de succès ? Pour faire court : A quoi ça ressemble de vivre illuminé ? Ce sont des questions parfaitement raisonnables, qui se posent fréquemment au cours de la quête. Pour beaucoup, l'espoir d'une vie meilleure est la motivation centrale pour s'investir si lourdement dans la quête. Il y a, quoi qu'il en soit, un problème avec ces questions qui empêchent une réponse directe, et cela tient à ce qu'elles trouvent leur origine dans la perspective limitée que le chercheur veut transcender. Les questions peuvent sembler raisonnables, mais elles sont intrinsèquement imparfaites.

Laissez moi vous donner un exemple concret. Avant que nous sachions que la terre était ronde, la question de savoir où nous tomberions à partir de ses bords était parfaitement raisonnable. Selon notre perspective courante, quoi qu'il en soit, la question n'a aucun sens. Si vous remontiez le temps, vous ne pourriez pas fournir une réponse simple, mais auriez à expliquer qu'en fait la terre est ronde, et qu'en tomber n'est pas possible. Ceci, bien sûr, irait à l'encontre du bon sens du questionneur, qui pointerait l'horizon en insistant qu'il pouvait voir clairement où la terre finit. Demander au questionneur de s'imaginer la perspective d'un astronaute serait probablement vu comme une abstraction conceptuelle pour éviter la solution réelle, à savoir : « Qu'advient-il quand vous tomber des bords de la terre ? » Cela étant dit, je vais vous dire ce que vous retireriez de l'illumination. Si la réponse vous désappointe au départ, n'abandonnez pas. Continuez de lire et voyez si vous arrivez à l'endroit où le désappointement se change en clarté.

Alors avançons : La réponse est que vous n'obtiendrez rien de cela parce que l'illumination est la réalisation qu'il n'y a pas de vous pour obtenir l'illumination ; que votre sens de la séparation et individualité est une illusion. Cette réponse ira probablement contre votre expérience directe. (...)
Extrait de S'éveiller au rêve. 

lundi 6 septembre 2010

Wei Wu Wei

Wei Wu Wei - "action dans la non action" - était le pseudonyme de l'écrivain érudit et philosophe irlandais Térence Gray (1895-1986).
Après des études à Oxford, l'aristocrate se passionna d'abord pour l'Egypte ancienne, puis s'impliqua dans le domaine artistique de son temps, notamment la danse théâtral. Suite à différents déboires il se retira dans le sud de la France, où il éleva un cheval de course (Zoroastre) avec lequel il gagnera un grand prix.
Tardivement il se tourne vers la philosophie occidentale et orientale, voyage en Asie et séjourne à plusieurs  reprises dans l'Ashram de Ramana Maharishi. C'est seulement à l'âge de 63 ans qu'il publiera un premier ouvrage sous le pseudonyme taoiste de Wei Wu Wei, cinq suivront, et un dernier signé 0.0.0. Sa véritable identité ne fut connue qu'après sa mort. 



Bibliographie (en français) :

- Les doigts pointés vers la lune, réflexion d'un pèlerin sur la voie, Ed. Almora
- La voie négative. Ed. La différence, 1997
Site anglais consacré à Wei Wu Wei : Weiwuwei


Beaucoup de gens supposent qu'ils doivent se transformer, devenir quelque chose d'autre, soit un saint ou un sage. N'est-ce pas une grande erreur et même une grande absurdité ? Celui qui pense ainsi n'est lui-même qu'un phénomène dans un rêve. Il n'est qu'un personnage dans une pièce de théâtre ou une manifestation assujettie au conditionnement appelé « le karma ». Cette manifestation ou ce personnage de rêve seront obligés de vivre leur rêve, de jouer leur rôle dans le drame et de subir leur « karma » jusqu'à la fin. L'ego qu'ils croient vouloir détruire, et qui semble les tourmenter et les maintenir dans une servitude imaginaire est une part inévitable et nécessaire de leur personnalité de rêve, de leur rôle, de leur « karma ». Ils ne pourraient pas « sembler » exister sans cet ego. Sa disparition serait la dé-phénoménalisation et elle sera le résultat d'un éveil hors du rêve. La disparition de l'ego n'est jamais un moyen pour arriver à l'Eveil. Le moyen « d'éveiller » hors du rêve réside simplement dans la compréhension de ce que nous sommes. Nous ne sommes pas l'apparence, le personnage de rêve, ni son rôle, ni la marionnette assujettie au « karma ». 
Jamais nous ne pourrons nous éveiller hors du rêve en perfectionnant notre « moi » supposé. Nous réaliserons l'Eveil par la reconnaissance de notre « identité » véritable comme la source du rêve, du drame, de la manifestation phénoménale.
Note : 
Un « Je » n’est qu’un concept qui s’arroge toutes les impulsions qui se présentent comme des « mois ». Celui qui pense du point de vue de l’entité qu’il se croit être, n’a pas encore commencé à comprendre de quoi il s’agit.
Ceci est d’autant plus évident, si nous essayons de travailler sur nous-même en ayant présente à l’esprit la notion d’entité. Elle n’est qu’un concept du mental et tout ce que nous faisons avec cette notion fausse, par cette notion fausse et pour cette notion fausse est vain.

Source : Revue Être Libre, Numéro 224, 1965


Il n'y a ni « libre-volonté » ni « prédestination », car il n'existe aucun moi individuel pour voir l'une ou l'autre. Il n'y a qu'un objet dont chaque action est nécessairement prédéterminée, une marionnette somatique qui est « vécue » depuis l'intégration physique jusqu'à la désintégration physique. L'élément psychique de cet appareil psychosomatique est l'intermédiaire par lequel l'appareil total est « vécu ». Par lui les impératifs nécessaires sont traduits en actions, soit conscientes soit inconscientes, apparemment délibérées ou purement végétatives.
Ce n'est que sous la domination d'un concept d'égocentrisme que la psyché développe la volition, laquelle assume l'indépendance apparente d'action appelée « libre-volonté ». Chaque fois qu'elle diffère de l'action inévitable et correcte qui résulte des causes dans un contexte temporel, « passé » ou « futur », elle se débat désespérément pour réaliser un désir personnel en dépit de la loi de cause et effet. Mais jamais ce geste futile n'apporterait quoique ce soit qui ne fut pas dicté par la force inexorable de circonstances, ni éviterait quoique ce soit qui le fut.
C'est précisément en cela que consiste le conflit et le conflit est la souffrance, tandis que l'absence de cette pseudo-volition est la plénitude sereine de la vie éveillée ou nouménale.
L'illusion de la « libre-volonté » soutient l'illusion d'un « ego » ou d'un « soi », et réciproquement la notion de volition cherchant la réalisation d'un désir, crée la notion d'un « ego » ou d'un « soi », dont la « volonté » doit être exécutée. Par contre on doit conclure que la désagrégation, puis l'anéantissement de la notion de l'efficacité de la volition résultera inévitablement dans la désagrégation et l'anéantissement de la notion du « soi » ou de l' « ego » à laquelle il doit son existence illusoire. La désagrégation de la notion de volition se réalise par la reconnaissance qu'il ne peut être qu'une futile démonstration d'impuissance (sauf quand il coïncide avec l'action qui est en accord avec la force de circonstances).
Il n'y a ni libre-volonté ni prédestination, soit phénoménalement soit nouménalement, car dans aucun des deux aspects-d'être ne se trouve d'entité qui pourrait exercer l'une ou être assujettie à l'autre.

Source : Revue Être Libre, Numéro 220, Juillet-Septembre1964


Wu Wei - le non agir

Aucun processus objectif ne saurait conduire à l'éveil, parce que l'éveil est éveil hors d'un rêve, et le rêve est un processus d'objectivation ; de sorte qu'objectiver, c'est continuer de rêver.

L'éveil consiste donc à amener ce processus à un arrêt brusque en cessant de regarder dans la mauvaise direction.
L'éveil n'est pas atteinte de quoi que ce soit : il n'est que l'élimination d'une barrière, celle du concept du je-sujet, qui le fait inévitablement apparaître comme éveil de moi-même - au lieu de ceci-qui-est lorsque je ne suis pas.
Il y a le « je » apparent, et le « non-Je » qui est l'absence même de moi - ce qui est (est appelé) Eveil, tout comme l'absence d' « éveil » est précisément la présence apparente de moi.  Ils sont le côté pile et face d'une pièce - une dualité, non un dualisme.
Un Bodhisattva ne cherche pas à éveiller l'inexistence d' « autrui » : inexistant en tant que « soi », ce qu'il « est » détruit l'illusion de l' « existence d'autrui » en tant que tel.
Le Satori n'a pas d'existence objective
Rien de tel que l'éveil ou le satori n'existe en tant que fait objectif ou événement hors du temps.  Rien d'autre ne se produit dans le mental que l'éclipse du je-notion qui entravait la vision.  On ne peut donc ni les étudier ni les rechercher.  Toute action semblable reviendrait à accomplir un acte chirurgical sur une image.
Rien ne se produit sur quoi que ce soit, rien n'est changé ; il n'y a nul événement psychosomatique ; le mental n'est pas affecté.  Ce n'est que rétablissement d'une vision claire.  Cela n'a pas d'existence objective : c'est une rectification purement subjective. 

mardi 31 août 2010

Nisargadatta Maharaj




Sri Nisargadatta Maharaj (mars 1897 - 8 septembre 1981).

À la mort de son père, en 1915, lorsque Maruti (de son surnom) a 18 ans, il quitte le village pour Mumbai (Bombay), où il travaille comme commis. Il devient alors petit marchand, et développe un commerce. En 1924, il se marie avec Sumatibai, et a trois filles et un garçon. Il ouvre un commerce de Bidî (cigarettes roulées à la main faites à partir des feuilles de Tendu) et commence à les vendre.
Son Maître, Shri Siddharameshwar (1888-1936), resté inconnu de son vivant, est considéré comme un grand maître de l'Advaita Vedanta. Il vivait dans le Maharashtra. (...)
L'éveil de Maruti lui vint après l'étude d'un mantra que son Maître lui demanda d'étudier: "Je suis ni ceci, ni cela". Maruti décida d'abandonner sa vie et sa famille afin de se plonger dans cette étude à travers un pèlerinage sur les routes de l'Inde, il avait alors 36 ans. L'éveil "survint à" Maharaj, qui comprit alors que ce pèlerinage et cet abandon étaient vains. Il décida donc de renter à Mumbai et repris sa vie de commerçant.
Dès son retour de nombreux visiteurs de Maharaj comprirent qu'il était le dépositaire d'une sagesse immense et commencèrent chez lui les premiers "satsang" ou entretiens quotidiens durant lesquels de nombreux visiteurs venaient lui poser des questions.
Source du texte :
wikipedia


Bibliographie (en français) : 
- Je suis. Les Deux Océans.1982
- Graines de Conscience. Les Deux Océans.1982
- Sois ! Les Deux Océans.1983
- Ni ceci, ni cela. Les Deux Océans.1986
- A la Source de la Conscience. Les Deux Océans.1991
- Conscience et Absolu. Les Deux Océans.1997
- L'Ultime guérison. Editions de Mortagne. 1997
- Nisargadatta Notes. L'Originel.2007


Le jour qui a suivi la mort de ma fille, j’ai travaillé, comme à l’accoutumée, dans mon échoppe de bidis et là, un condisciple de mon guru m’a demandé si j’étais au-delà de la joie et de la tristesse. Je lui ai, alors, parlé de la mort de ma fille, le jour précédent, et du fait que je ne n’avais absolument pas éprouvé de tristesse, car, elle était maintenant totalement immergée dans le « Soi ». Cet homme est immédiatement devenu mon disciple.
Ma femme est décédée en 1944, les gens sont venus me présenter leurs condoléances. Je les ai tout simplement invités avec grand plaisir et leur ai servi thé et café. J’étais présent quand elle est décédée, je fumais des bidis, je me sentais très heureux et j’applaudissais – je me sentais totalement non concerné – mais pour parvenir à cela, la connaissance de soi est nécessaire".

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M : Le monde a été créé sans aucune raison, car il est illusion. Il n’a ni début ni cause. Tout, dans ce monde objectif n’existe qu’à travers l’ignorance ou l’illusion. Une fois que vous avez compris votre vraie nature, vous savez que l’ignorance n’a, en réalité, jamais existé. C’est, depuis toujours, la vérité éternelle : que vous êtes sans nom et sans forme, sans même la conscience d’être un homme ou une femme, ou toute autre variante.

Au moment de la prétendue mort, votre forme disparaît, et donc, aussi, votre cerveau et votre mémoire, et il ne vous restera aucun souvenir d’avoir été, un jour, une forme ou une personne. Toute existence est illusoire. Sachant cela, que voulez-vous accomplir dans ce monde ? Tout est vide. Avec cette connaissance, vous vous retrouvez maintenant comme « en faillite », toutes vos ambitions de réussite se sont écroulées. Une fois que vous êtes complètement ruiné (libre de toutes pensées et idées), il n’y a plus de lois pour vous. Vous saurez alors, que vous n’êtes pas celui qui agit, vous n’aurez même plus le désir de revendiquer le mérite de vos actions, car vous êtes alors, absolument certain de ne pas en être l’auteur. Lorsque vous aurez perdu le sens d’être un homme ou une femme, il n’est même plus question, pour vous, d’avoir la connaissance, puisque celle-ci ne vient que de la mémoire.


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Q : 
Où vivez-vous donc ?

M : Dans le vide, au-delà de l’être et du non-être, au-delà de la conscience. Le vide est aussi plénitude ; ne me prenez pas en pitié. Je suis comme l’homme qui dit : « J’ai achevé ma tâche, il ne reste plus rien à faire ».

Q : Vous donnez une date précise de votre réalisation. Cela veut dire qu’il se produisit quelque chose pour vous à cette date. Qu’arriva-t-il ?

M : Le mental cessa de produire des phénomènes. La poursuite ancienne et incessante s’arrêta – je ne désirais plus rien, je n’attendais plus rien – je n’acceptais rien comme m’appartenant. Je n’avais plus de « moi » pour faire des efforts en sa faveur. Même le pur « je suis » s’estompa. Je remarquai autre chose, j’avais perdu toutes mes certitudes coutumières. Avant, j’étais sûr de tant de choses, maintenant je ne suis sûr de rien. Mais j’ai le sentiment de n’avoir rien perdu à ne pas savoir parce que tout mon savoir était faux. Ne pas savoir était en soi la connaissance que tout savoir est ignorance, que « Je ne sais pas » est la seule affirmation juste que peut faire le mental. Prenez l’idée « je suis né ». Vous pouvez la croire vraie, elle ne l’est pas. Vous n’êtes jamais né et vous ne mourrez jamais. C’est l’idée qui est né et qui va mourir, pas vous. C’est en vous identifiant à cette idée que vous êtes devenu mortel. Au cinéma tout est lumière, la conscience devient de même l’immensité du monde. Examinez de près, et vous verrez que tous les noms et toutes les formes ne sont que des vagues fugitives sur l’océan de la conscience, que c’est de la seule conscience que l’on peut dire : elle est, pas de ses transformations.
Dans l’immensité de la conscience, une lumière apparaît, un point minuscule qui se meut avec rapidité et trace des formes, des pensées et des sensations, des concepts et des idées comme une plume écrivant sur une feuille de papier. L’encre laisse une trace dans la mémoire. Vous êtes ce point minuscule et par vos mouvements, le monde est perpétuellement recréé. Arrêter de bouger, et il n’y aura plus de monde. Regardez en vous-même et vous vous apercevrez que ce point de lumière est le reflet de l’immensité de la lumière en tant que sens du « je suis ». Il n’y a que la lumière, tout le reste ne fait qu’apparaître.

(...)

Q : Le sentiment « je suis » est-il réel ou irréel ?

M : Les deux à la fois. Il est irréel quand vous dites : « Je suis ceci, je suis cela », il est réel quand vous dites : « Je ne suis pas ceci, je ne suis pas cela ». Celui qui connaît va et vient avec ce qui est connu, et il est transitoire ; mais celui qui sait qu’il ne sait pas, qui est vide de mémoire et d’anticipation, est intemporel.

Q : Est-ce que le « je suis » est le témoin, ou sont-ils distincts ?

M : Sans l’un, l’autre ne peut pas exister. Cependant, ils ne sont pas un. C’est comme la fleur et sa couleur. Sans fleur, pas de couleurs ; sans couleurs, la fleur ne peut être vue. Au-delà est la lumière qui, par son contact avec la fleur, crée les couleurs. Réalisez que votre véritable nature est uniquement celle de la lumière pure, et que ce qui est perçu, comme celui qui perçoit, apparaissent et disparaissent tous deux ensemble. Ce qui les rend possibles, et qui n’est, cependant, ni l’un ni l’autre, est votre être réel, ce qui signifie ne pas être ceci ou cela, mais être la Pure Conscience de l’être et du non-être. Quand la Conscience se tourne vers elle-même, le sentiment éprouvé est celui de ne pas connaître ; quand elle est tournée vers l’extérieur, le connaissable vient à l’existence. Dire : « Je me connais » est une contradiction dans les termes car ce qui est « connu » ne peut pas être « moi-même ».

Q : Si le soi est à jamais inconnu, qu’est-ce qui se réalise dans la réalisation du soi ?

M : C’est une libération suffisante que de savoir que le connu ne peut pas être moi, ni à moi. La libération de l’auto-identification à un ensemble de souvenirs et d’habitudes, la stupeur devant l’étendue infinie de l’être, devant sa créativité inépuisable et devant sa transcendance absolue, l’absence totale de peur née de la réalisation de la nature illusoire et transitoire de tous les modes de la conscience, coule d’une source profonde et inépuisable. La réalisation de soi, c’est connaître la source comme source et l’apparence comme apparence, et se connaître soi-même comme source uniquement.

Q : De quel côté est le témoin ? Est-il réel ou irréel ?

M : Personne ne peut dire : « Je suis le témoin ». Le « je suis » est toujours vu. L’état de Pure Conscience détachée, c’est la conscience-témoin, le « mental-miroir ». Le témoin naît et disparaît avec son objet, aussi n’est-il pas tout à fait réel. Quel que soit son objet, il est toujours le même, il est donc aussi réel. Il participe à la fois du réel et de l’irréel, il constitue par conséquent un pont entre les deux.

Q : Si tout n’arrive qu’au « je suis », si le « je suis » est le connu, le connaissant et la connaissance, que fait le témoin, à quoi sert-il ?

M : Il ne fait rien et il ne sert à rien.

Q : Alors pourquoi en parler ?

M : Parce qu’il est là. Le pont n’a qu’un seul usage – permettre de traverser. Vous ne construisez pas la maison sur un pont. Le « je suis » regarde les choses, le témoin voit à travers. Il les voit telles qu’elles sont, irréelles et transitoires. Le travail du témoin, c’est de dire : « pas moi, pas à moi ».


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M : Je refuse tous les 
Upanishads, je n’accepte pas les écritures, car, tous ont été écrits par l’attribut Je Suis. Ils ne décrivent pas ma véritable nature, qui elle, est sans attribut, au-delà des mots et des concepts. Ils peuvent désigner mon véritable état, mais sans pouvoir l’atteindre, car je suis au-delà de tous les événements relatifs. Sur le chemin du Jnana Yoga, on sait que l’on a toujours été libre, donc, si quelqu’un a cette connaissance, il ne suivra aucun autre chemin de Bhakti, Kama, Kundalini Yoga, etc. Savoir que ce n’est pas ce que je suis, constitue le véritable renoncement. Lorsque vous devenez ce je suis, naturellement, vous rejetez tout.


Citations extraites de ses livres d'entretien, autre textes :
http://maharajnisargadatta.blogspot.com/


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mercredi 25 août 2010

Image impossible

Quoi de plus normal que de commencer la rubrique paradoxe de manière paradoxale, non par un paradoxe mais, par la représentation graphique d'un paradoxe, un paradoxe d'image. Une image impossible.  



Par exemple la célèbre chute d'eau (1961) de Maurits Cornelis Escher (1898-1972), un artiste néerlandais qui aimait dire à ses admirateurs : "Tout cela n'est rien comparé à ce que je vois dans ma tête". 
On constate que l'eau ne fait que descendre pourtant son point le plus bas coïncide avec le haut de la chute d'eau, et le bas au point le plus haut !

Comment cela fonctionne-t-il ?
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Ce n'est qu'une simple application du Triangle (Tripoutre ou Tribarre) de Roger Penrose, physicien et mathématicien britannique  (né en 1931). Cette figure utilise le chevauchement de lignes parallèles dessinées sous des perspectives différentes, comme le montre l'animation ci-après, le cerveau n'est alors plus capables d'un donner une analyse cohérente. 

Tripoutre de Penrose
C'est également sur ce modèle qu'est construit l'escalier sans fin - repris dans un tableau de Escher (Montée et descente sur le toit d'un monastère) et aussi dans "Chapeau Melon et Bottes de Cuir" (1978) ou "Inception" (2010). Idem dans une petite animation (mise en bas de page). 

Escalier de Penrose


Le cube de Louis Albert Necker-De Saussure, cristallographe suisse né Genève (1786-1861), est un autre objet impossible. Peut-être le premier du genre (publié en 1832). 

Cube de Necker

Le cube de gauche est une "figure indécidable" lorsque les lignes se croisent le dessin ne montre pas laquelle est devant, on peut donc aussi bien voir le coin inférieur gauche comme étant à l'arrière qu'à l'avant. Le cube de Necker mélange les interprétations possibles en proposant une solution contraire aux lois de la physique, c'est une "figure impossible". 


(...) comme ne le montre pas ce cube en bois qui n'est pas un cube et pas en bois mais un dessin donnant l'illusion d'une photographie. 

A la différence des précédents, le ruban de Moebius est un objet surprenant mais possible, pour cela il suffit de couper un ruban et de le recoller en retournant un des côtés.

Ruban de Moebius

Il y aura donc deux genres de paradoxe d'image, les possible et impossible. 



Petite animation où un homme ivre se fait piéger pas un escalier de Penrose. 

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