Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
Affichage des articles dont le libellé est nisargaddata maharaj. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nisargaddata maharaj. Afficher tous les articles
mercredi 2 février 2011
Ranjit Maharaj
Ranjit Maharaj est né à Bombay le 4 janvier 1913. A 12 ans, il rencontra son maître, Siddharameshwar Maharaj, un grand Maître méconnu en son temps. Ranjit Maharaj commença seulement à enseigner en 1983 à l'âge de 70 ans, quand de plus en plus de chercheurs venaient se présenter chez lui. Son message se situe dans la continuité de celui de son maître, qui met l'accent sur la simplicité et le caractère direct du langage.
La spécificité de l'enseignement de Maharaj repose sur sa position radicale et son caractère direct : " Tout est illusion, donc quel que soit ce que le 'je' effectue, c'est aussi une illusion ". Par conséquent, il n'offre aucune méthode afin d'améliorer ce qui n'existe pas, l'illusion. Les voiles d'ignorance disparaissent et nous réalisons notre nature véritable à travers la connaissance et le rejet des fausses identifications qui ont été adoptées. " La découverte de votre nature véritable est des plus faciles, puisque vous êtes Cela. "
La Connaissance n'est qu'un remède au mal de l'ignorance, car une fois l'ignorance évanouie, il ne reste rien de la Connaissance. " Ni la connaissance, ni l'ignorance ne subsistent dans la Réalité. Quand je n'existe pas, quand je ne suis pas, Elle seule est, et c'est ça la Réalité, c'est-à-dire Soi-même sans soi-même. "
Ranjit Maharaj est décédé le 15 novembre 2000 à 18h16 en sa résidence de Bombay. Ses paroles dans ses derniers jours furent : " Ceci n'est plus utile, ceci doit partir. "
Des entretiens avec Maharaj ont eu lieu en juin 1996, lors d'un séjour en Bretagne sur la côte atlantique française. La sélection des questions et réponses qui suit vient de cette période.
Source du texte : Innerquest
Bibliographie :
- L'illusion face à la réalité : Entretiens avec Ranjit Maharaj sur l'état sans état. Ed. Diff. Inerquest, 2000
En ligne : Innerquest (Paroles) / Innerquest (Entretiens)
Tout provient de zéro et tout retourne au zéro, alors pourquoi se faire du souci ?
LA REALITE
Les méthodes engendrent d'innombrables frustrations et ne donnent aucune satisfaction réelle. La Réalité est sans méthode. L'illusion dispose de nombreuses méthodes, de nombreux problèmes, et de nombreux concepts. Pour vaincre l'illusion, ou les concepts, il faut se demander d'où proviennent toutes ces pensées. Penser concerne toujours des objets. Pour connaître la Réalité dépourvue de pensée, il n'est nul besoin de penser.
L'éveil n'est rien d'autre qu'une profonde et totale compréhension. La Réalité n'a pas à être atteinte, elle est déjà là. Rien n'est nécessaire au-delà de cette compréhension totale.
Tant que le corps de l'éveillé est là, il agit normalement. Il appelle 'mère' sa mère et 'femme' sa femme. Mais cependant, il sait. Si quelqu'un lui demande " Comment vous appelez-vous ? ", il répond, mais il sait "Je ne suis pas ceci". Une telle compréhension sans ambiguïté est nécessaire. La compréhension parfaite ce nomme 'Cela'. Soyez en 'Cela'. Soyez comme la feuille de lotus qui pousse dans l'eau et qui vit dans l'eau, mais qui n'est pas atteinte par l'eau. Demeurez ainsi. Il n'y a rien d'autre.
Ce que vous voyez et percevez est en vous et non à l'extérieur. Vous n'êtes pas le corps. Si le mental se saisit d'une pensée et s'y attache, toute chose sera alors vue comme 'autre' qu'elle [la Réalité].
La peur est toujours présente en la nature humaine. Tout le mondea peur, parce que chacun croit qu'il est le corps. Le mental crée cetyte peur qui n'est que votre propre concept. La peur surgit dans le mental à cause de l'instabilté du monde. Chaque minute voit s'opérer des changements. Si vous allez au-delà de l'obsurité et du savoir, la peur n'existera plus. par example, un écran n'a nulle peur du film projecté parce qu'un écran est stable. Ainsi, ce qui est instable éprouve toujours de la peur. Votre mental change constamment et ne peut se stabiliser lui-même. Il ne peut être heureux qu'en connaissant sa source ou son commencement. La Réalité ultime n'a ni fin ni commencement ; elle est illimitée. Elle est si subtile que tous les concepts et les pensées disparaissent. La dualité contient la peur ; l'unité est dépourvue de peur.
Enlevez l'épine de l'ego. Supprimez le nom et la forme et il n'y a rien. Voyez par votre propre compréhension que tout est illusion. Vivez-le ! Vous ne voulez pas voir parce que le mental ne vous permet pas de voir. Le mental est le seul obstacle qui vous écarte de 'vous-même'. Le mental dit " c'est vrai ". Dites au mental " ce n'est pas vrai ". Comprenez le mental et alors il disparaîtra
Celui qui cherche peut demander " Que dois-je faire ? " Ne faites rien ! Les paroles ne font qu'atteindre l'espace. Le seigneur Krishna dit dans la Bhagavad Gita : " Là d'où proviennent les paroles, Cela est mon Soi ". Dans la Bible, le Christ dit la même chose : " Connais-toi et tu connaîtras le monde ".
Source du texte : Innerquest
CONNAISSANCE ET IGNORANCE
Siddharameshwar Maharaj donnait d'abord la connaissance, alors que nos traditionalistes affirment que le renoncement doit précéder la connaissance. Il disait que le renoncement sans la connaissance était inutile parce qu'il devenait un asservissement de l'esprit. Par example, lors de la préparation d'un bon repas, cela sent bon et tout le monde veut manger. Mais si vous dites aux gens, "N'en mangez pas", ils vous demanderont pourquoi. Vous leur apprendrez alors que la nourriture contient du poison. La connaissance de l'existence du poison conduit à y renoncer immédiatement. Ainsi, si la connaissance vient en premier, le renoncement suit automatiquement.
Retirez le voile de l'ignorance qui vous recouvre. Enlevez le vêtement qui vous sépare de la lumière, et la lumière est là ! Tous les jours, quand nous dormons, nous atteignons cette 'fin'. Allez à cette 'fin' et découvrez votre Soi. Découvrir signifie oublier votre mental, vos pensées et votre individualité.
Vous devez continuer d'avancer. Il y aura des obstacles, mais ceux-ci doivent être affrontés. Il faut résoudre les problèmes. Un problème est une pensée. Depuis votre enfance vous avez accumulé de nombreuses pensées. Qui vous a donné toutes ces pensées ? C'est votre père, votre mère, votre cercle d'amis. Tout est venu a vous. Tous sont des ignorants, aussi que peuvent-ils vous donner ? Qu'est-ce que l'obsurité peut donner à la lumière ? Dites moi. Rien, n'est-ce pas ? Que pouvez-vous trouver dans l'obscurité ? Rien ! Toutes les pensées, toutes les habitudes ne sont pas réelles. Elles vous sont toutes venues à cause de l'ignorance. Allez à la source d'où elles s'élèvent et elles disparaîtront ! Tout l'esclavage n'est qu'un esclavage mental emprunté à quelqu'un d'autre. L'argent que vous empruntez n'est pas le vôtre. De la même manière, vous avez emprunté les pensées des autres pour en faire votre propre esclavage. Comment est-ce possible ? Débarrassez-vous de cet esclavage ! Qui vous en empêche ? Remboursez le créancier, et vous serez libéré de touts dettes ! Vous ne devez plus avoir de dettes.
Les gens ne comprennent pas que l'illusion n'est rien. Comment peut-elle vous empêcher? Comment 'rien' peut-il vous empêcher?
Source du texte : Innerquest
ENTRETIEN (Paris 17 mai 1998)
Question : Vous parlez toujours d'oublier, je voudrais savoir comment oublier.
Ranjit : Quand vous dormez, vous oubliez, n'est-ce pas ? De même, dormez au monde alors que vous êtes éveillé, comprenez simplement qu'il n'est pas vrai. Tout est zéro ! En philosophie vous devez comprendre votre propre mort : " je n'existe pas ". C'est cela la philosophie. Tant que vous pensez : " je suis là ", vous ne pouvez pas oublier. Dans un rêve, vous faites tant de choses mais existent-elles ? Quand vous vous réveillez, dites-vous : " j'ai fait quelque chose de bon ou de mauvais " ? De même, alors que vous êtes éveillé, comprenez que ce que vous faites, ce que vous êtes n'est rien, tout est faux ! Où êtes vous, pouvez-vous me le montrer ? Êtes-vous le corps, le mental ? Que pouvez-vous montrer quand tout cela n'est rien ? Tant que le corps est là, vous devez agir et ressentir ; faites-le mais en sachant que ce n'est pas vrai. Tant que les yeux sont là, ils doivent voir, mais sachez que ce qu'ils voient n'est pas vrai. Tout ce que je peux voir et ressentir n'est pas la réalité. La douleur arrive au corps, elle doit venir, mais comprenez que c'est au corps qu'elle arrive et pas à moi. Essayez de vous désidentifier du corps : " ce n'est pas ma douleur, le corps n'est pas moi. " Votre conviction profonde doit être : " ce n'est pas mon corps, je ne fais rien, je ne suis rien, je n'existe pas. Je ne suis ni le nom ni le corps ni le mental. " Agissez avec tous ces instruments mais comprenez que vous n'êtes pas eux. C'est ce qu'on appelle le non-conditionné, le non-attaché. Vous prenez ces conditions comme étant vous-même et vous dites : cela est mien etc. Par exemple, un homme et une femme qui ont eu un enfant chacun de leur côté avant de se marier, disent : " celui-ci est le mien, celui-là le tien. " Ils ne comprennent pas qu'ils sont Un, l'ego fait toutes ces séparations alors que tout n'est qu'Un. Tous sont vous-même, si vous comprenez cela, à qui adresser de bonnes ou de mauvaises paroles ?
Question : Comment oublier ce qui n'existe pas ?
Ranjit : C'est très facile d'oublier ce qui n'existe pas. Quel nom donnerez-vous au fils d'une femme stérile ? Il n'existe pas, il n'y a donc pas de problème. Supposez que vous faites un rêve, au réveil vous l'oubliez instantanément, n'est ce pas ? Quand vous comprenez que rien n'est vrai, comment les choses peuvent-elles persister ? Comment oublier ce qui n'est pas ? Par la compréhension, vous oubliez tout. Le monde n'existe pas. Même les scientifiques disent que le monde que vous voyez n'est nulle part. Par un simple changement d'état, dans le sommeil par exemple, le monde devient zéro. Au réveil il démarre comme une télévision, vous appuyez sur le bouton et le film apparaît, vous éteignez et le film disparaît. Le mental est responsable de tout cela. S'il dit : " c'est là ", alors c'est là ; s'il dit : " ce n'est pas ", alors rien n'est. Soyez en certain, tout dépend du mental. Dès qu'il dit que le monde n'est pas vrai, c'est très facile d'oublier. Combien de temps cela prend-il ? Vous n'oubliez pas pour la simple raison que vous le considérez vrai. Vous voyez le rêve mais quand vous vous réveillez, vous dites vous-même qu'il n'est pas réel. De même, quand vous comprenez ce qu'est le monde, où il a commencé et où il finira, vous l'oubliez. L'origine du monde est le zéro, l'espace ; de là un concept a jailli et le monde entier est créé. C'est exactement comme lorsque vous êtes dans le sommeil profond : soudain une pensée émerge et le rêve se déroule. Le monde est un long rêve et si vous comprenez que c'est un rêve, une illusion, que quoiqu'il arrive ce n'est pas vrai, vous l'oubliez facilement. Si vous ne comprenez pas, alors le monde est vrai pour vous. Le mental est un facteur étonnant, il peut passer d'une pensée positive à une pensée négative en un instant, il est toujours changeant.
Si vous oubliez le mental, vous serez heureux ; c'est l'unique facteur qui crée toutes les souffrances et tous les plaisirs également. Comprenez que le mental lui-même n'est pas vrai : mental veut dire pensées, et les pensées vont et viennent. Le mental ne crée que la confusion, rien d'autre. Celui qui est non-mental n'est plus dans la confusion. Essayez d'oublier ce qui n'est pas vrai, c'est le seul remède. C'est ainsi que l'illusion disparaîtra, sinon elle persistera sous une forme ou une autre. Le mental vit dans la peur permanente : " que va-t-il se passer ou ne pas se passer ? que faire ou ne pas faire ? ". Être ou ne pas être est toujours la question pour chacun de vous. Si la personne qui vous est chère meurt, vous pouvez pleurer et pleurer encore, cela ne vous la rendra pas. Un corps mortel est mort, pourquoi s'en faire ? Vous devez l'oublier ou vous ne pourrez pas vivre dans ce monde. L'oubli est la meilleure des choses, c'est à cette condition que vous pouvez être heureux. Si vous vous souveniez de vos vies passées, vous seriez malheureux pour toujours ! Dans la vie, toutes sortes de choses se produisent, certaines que vous désirez et d'autres pas. Que faire ! Si vous n'oubliez pas dans la vie, vous devenez fou ! C'est pour cela que l'on dit que l'oubli est nécessaire. Combien de temps faut-il pour oublier ce qui est illusion ? Vous oubliez à chaque instant. Quand vous prononcez un mot, un autre arrive aussitôt et vous devez oublier le premier pour pouvoir prononcer le suivant. Le mot n'a pas d'entité, il naît dans l'espace, qui est zéro. Vous entendez ce que je dis mais pour continuer à entendre, vous devez oublier ce que j'ai dit précédemment. Son origine est le zéro et sa destination le zéro. Tout se passe en une fraction de seconde. Si quelqu'un vous insulte, les mots disparaissent aussitôt prononcés mais l'effet s'imprime dans votre mental. Vos ancêtres sont tous morts, où ont-ils disparu ? Où existent-ils maintenant ? Ils n'ont jamais existé, vous ne pouvez donc pas dire où ils ont disparu. Aujourd'hui, c'est le 18 mai, où a disparu le 17 ? Et d'où apparaîtra le 19 ? Vous comptez les jours et les nuits mais ce n'est que votre concept car si vous demandez au soleil combien d'années il a, il vous répondra : " je ne connais pas les années ! ". Cette base sur laquelle vous comptez toutes ces années, ces va-et-vient, ces apparitions et disparitions, est immuable. Le soleil n'a connaissance de rien.
De la même façon, c'est à partir de l'ignorance que la connaissance est apparue et vous voyez l'illusion entière se dérouler. L'ignorance s'est surimposée à la réalité et de cette ignorance un concept a surgi [la conscience/connaissance] et sur ce concept le monde est créé. Concept veut dire connaissance. Tout le monde fonctionne par la conscience /connaissance, c'est par elle que vous créez et agissez. Prendre naissance est un concept, vous devez ensuite endurer tant de choses durant toute votre vie ! Le concept est la vie, rien d'autre, et quand la vie prend fin, le concept disparaît et tout se termine, rien ne persiste. S'il n'y a pas d'espace, il n'y a pas de mots. À cause de l'espace, les mots et le monde sont apparus. Vous avez créé le monde entier mais, dites-moi, y a-t-il autre chose que les mots dans le monde ? Vous dites que c'est l'Inde, la France ou les États-Unis, mais ce ne sont que des mots, des concepts ! Par les mots, vous en avez tellement fait, et vous avez été si loin qu'il vous est maintenant impossible de vous comprendre vous-même. Comprenez l'origine des mots, où ils commencent, ensuite oubliez-les et la réalité est là. Les mots, c'est à dire la connaissance, ont un grand pouvoir ; à partir d'un seul mot, quelqu'un peut devenir votre ami ou votre ennemi. D'où viennent les mots ? de votre mental. Ainsi le mental est le facteur essentiel, si vous l'orientez vers la véritable chose, c'est à dire la réalité, il devient votre meilleur ami. Si vous le dirigez vers le faux, il vous entraîne en enfer ! Ainsi les êtres réalisés prennent le mental de leur côté, ils en font un ami, et finalement le mental lui-même disparaît et seule la réalité est. Le monde et le mental disparaissent, c'est ça la réalité et c'est ce que vous êtes ! Il n'y a alors plus à s'en faire, car si vous êtes la réalité, comment l'illusion pourrait-elle se maintenir ? Elle n'existe pas de toute façon. Quand vous oubliez la réalité, c'est à dire vous même, le monde apparaît alors dans sa multiplicité.
(...)
Source (et suite) du texte : Innerquest
lundi 31 janvier 2011
Siddharameshwar Maharaj
Né en août 1888 à Pathri, petit village du district de Sholapur en Inde, Sri Siddharameshwar Maharaj, maître de Nisargadatta Maharaj et de Ranjit Maharaj, mourut en novembre 1936 à Mumbai.
Doté d’une grande finesse et d’un sens pratique très aigu, Sri Siddharameshwar enseigna le chemin de l’oiseau, Vihanga marg, ou chemin de la connaissance, expliquant que l’on peut facilement atteindre la réalité finale en mettant en pratique l’enseignement du maître. C’est en entendant les générations successives que l’ignorance s’est installée et c’est en entendant les paroles du maître que celle-ci se dissipera.
Vous vous tourmentez inutilement, dit-il, de quoi souffrez-vous au juste ? Vous êtes malheureux mais vous ne savez même pas pourquoi ! Une bonne réflexion pourrait venir à bout de toutes ces souffrances. L’éveillé n’a pas de peines, il est toujours bienheureux ! L’homme limité vit dans la peur constante, il vit sous le joug des péchés et des mérites, des choses matérielles et de l’opinion des autres. Pensez, réfléchissez profondément, et débarrassez-vous de ces peurs. Elles vous paralysent ! Vous êtes comme le veau qui vient de naître, fragile et exposé à tous les dangers, à tous les prédateurs !
Pratiquée avec assiduité cette méthode permet au chercheur de vérité de se libérer du faux et d’Embrasser l’immortalité.
Source du texte : Les Deux Océans
Autre biographie : non dualité
Bibliographie (en français) :
- La clef de la réalisation de soi. Ed. Les Deux Océans, 1996.
- Embrasser l'immortalité, (Amrutlaya). Ed. Les Deux Océans, 2007.
La méditation est un chemin long et difficile que l'on nomme “le chemin de la fourmi” (Pilpilya marg) dans la philosophie du Védanta.
Le chemin de la connaissance ou la voie directe est appelé le chemin de l'oiseau (Vihanga marg).
Une fourmi peut mourir en chemin avant d'atteindre la cime de l'arbre alors que l'oiseau vole de branche en branche avec tant d'aisance !
Cité par Daniel Maurin dans : Déjouer les pièges de l'égo, La voie de l'oiseau
Tant que les objets sont pris pour exister vraiment, le sujet reste. Car l'être est conceptuel, tout comme le sujet. Si vous appelez cette ville `Bombay ', elle apparaît comme Bombay; si vous l'appelez terre, elle apparaîtra comme terre. Tout dépend du concept du sujet. Si vous appelez un objet une chaise, c'est une chaise; si vous l'appelez bois, c'est du bois. Si vous appelez tout Brahman, alors tout est Brahman. Si vous l'appelez le monde, c'est le monde. Tous les objets dépendent du concept du sujet. Mais Brahman est au delà des concepts et aucun concept ne peut le concevoir (...).
Une fourmi peut mourir en chemin avant d'atteindre la cime de l'arbre alors que l'oiseau vole de branche en branche avec tant d'aisance !
Cité par Daniel Maurin dans : Déjouer les pièges de l'égo, La voie de l'oiseau
Tant que les objets sont pris pour exister vraiment, le sujet reste. Car l'être est conceptuel, tout comme le sujet. Si vous appelez cette ville `Bombay ', elle apparaît comme Bombay; si vous l'appelez terre, elle apparaîtra comme terre. Tout dépend du concept du sujet. Si vous appelez un objet une chaise, c'est une chaise; si vous l'appelez bois, c'est du bois. Si vous appelez tout Brahman, alors tout est Brahman. Si vous l'appelez le monde, c'est le monde. Tous les objets dépendent du concept du sujet. Mais Brahman est au delà des concepts et aucun concept ne peut le concevoir (...).
Vous êtes devenus le corps physique parce que ce corps est l'objet unique corporel parmi vos concepts. Les domestiques et les préposés devraient être considérés comme Dieu. Il n'y a rien d'autre que Brahman avec ou sans qualité. Tout est Govinda (Dieu). Puisque nous classons tous les objets par catégorie, il y a le moi (jiva). Vous percevez l'épouse comme épouse, fille comme fille, cheval comme cheval ou chien comme chien. Ils sont tous Brahman seulement. Il n'y a aucun besoin de changer la forme des objets. Seulement l'attitude du sujet doit changer. Brahman est identique même lorsqu'il est dans un état avec des attributs. Vous devriez voir Brahman dans quelqu'état qu'il existe. Même les atomes et les molécules d'une chaise sont toutes le seigneur Krishna (Brahman). Une fois que cette attitude est prise, alors il est lui-même Brahman. Que l'on dorme, se réveille, ou aille se promener, on n'a en fait pas dormi, on ne s'est pas réveillé, ni allé promené. Quand tout est Brahman, qui mange et dort ? Celui qui est sans qualité et celui qui parle (c.-à-d. avec la qualité) sont Dieu (...).
Celui qui s'éveille réalisera ceci. Tout est Dieu. Si vous pratiquez ceci et le prenez à coeur, alors (la réalisation sera) tout est Brahman. On doit arroser une plante jusqu'à ce qu'elle fasse ses racines. Alors elle croîtra par elle-même. Vous devriez persister dans votre pratique jusqu'à ce que vous réalisiez ceci.
Extrait de : Embrasser l'immortalité
Source (et suite) du texte : non dualité
mercredi 22 septembre 2010
Bernard Harmand
Bernard, comme il le dit en toute simplicité, a trouvé ce qu'il cherchait. Pour en témoigner il se réfère volontiers à Ramana Maharshi et à Nisargadatta Maharaj sans prétendre exprimer quoi que ce soit de nouveau.
Mais son témoignage est particulièrement éloquent pour les chercheurs d'aujourd'hui. Il est la preuve vivante de ce que son propre Maître lui avait dit alors qu'il doutait de pouvoir atteindre son but : « Ramana Maharshi est exceptionnel mais la réalisation n'est pas exceptionnelle ».
En effet, Bernard est tout à fait proche de nous, simple père de famille de condition modeste, il s'exprime dans un langage familier. À son contact toutes les idées préconçues au sujet de la réalisation s'effondrent.
Il communique ainsi la certitude que chacun peut découvrir ce que lui même a trouvé : « Le Soi, notre véritable nature, dit-il, est simplement le fait d'Être. Ce n'est donc pas un état en devenir qu'il nous faudrait atteindre avec une multitude de conditions à remplir, de connaissances à acquérir et qui, de plus, serait réservé à une élite.
Nous sommes tous le Soi mais sans le sentiment d'être une vie particulière. Tout le monde peut réaliser sa vraie nature parce que tout le monde existe déjà. Il n'y a rien à faire pour être ce que l'on est, mais il nous reste à en prendre conscience au-delà du processus mental : je.. dans le corps, dans le monde.
Source du texte : Ed. Les deux océans
Bibliographie :
- Etre simplement. Ed. Les deux océans, 2003.
- Tout est parce que vous êtes. Ed. Les deux océans, 2005.
- La recherche du bonheur. Ed. Les deux océans, 2006.
Transcription de l'entretien à télécharger (PDF) : Satsang
Source du PDF et des mp3 (merci à Alain J. et Patrice G.) : Eveil impersonnel
"Le seul moteur de recherche c'est la ferveur, c'est pas Google !"
"Pourquoi on n'arrive pas à le voir si c'est si évident ?
R. Parce que t'es con !"
Bernard, comment ça s'est finit pour toi ? Comment ça s'est passé ? Est-ce qu'il est possible de décrire cet ultime moment ?
R. A aucun moment je n'ai envisagé que c'était pour moi ce dont on parle là, la réalisation. Un jour où je lisais Nisargadatta, que j'avais lu on va dire cinquante fois auparavant, il y a eu un déclic qui a fait que... C'est pas vrai, c'est pour moi ? Moi aussi je pourrais ?! Donc, ce n'est pas qu'une compréhension. Il y a une part de compréhension, puis ça se transforme en un déclic qui va plus loin que tout ça en fin de compte.
Qui va plus loin que quoi ? De l'idée, du mental ?
R. C'est un prise de conscience. Des prises de conscience, tu en fais toute la journée, mais celle-là est plus forte. Comme si j'ai pris un éclair. L'instant de réalisation, c'est pareil : tu es foudroyé. Alors celui qui me dit que ce n'est pas un événement ?! Faut qu'il voit...
Foudroyé, comme si la conscience est en train de réaliser, de comprendre - mais le mental n'est pas là, ça change tout. Il n'interprète pas dans cet instant là. Je décris un instant qui va vite, au ralenti... - la conscience est en train de réaliser comment les choses sont vraiment, sans l'interprétation. Imagine, ça n'arrive pas souvent ! Là, la conscience, comme le dit si bien Nisargadatta, est toujours conscience de quelque chose, et quand elle n'est pas consciente de quelque chose, il n'y a plus de conscience. C'est l'êtreté tout court.
Conscience du monde, avec toi dedans, la vie particulière, et tu vois que tu es là-bas. A l'instant où c'est compris, ta compréhension est dissoute. Il n'y a plus de contenu dans la conscience ; ça se transforme en êtreté, et tu es foudroyé.Qui es foudroyé ? Tu verras bien.
Plaff, ça fait ça ! C'est ça la réalisation. C'est un événement extraordinaire ! C'est un feu d'artifice. C'est le volcan qui pète en fin de compte...
Quand on voit ce qu'on est, on n'a pas envie de changer quelque chose, mais on a envie de témoigner de ce qu'on a vécu et dire que c'est évidemment pour tout le monde, sans l'idée qu'on en a. Quoi de plus simple que ça ? On est là définitivement.
C'est tellement fort que... les mots ne suffisent pas en fait.
Extrait de : La recherche du bonheur
Source du texte : Eveil impersonnel
Jusqu’au bout il ne faut jamais arrêter de pratiquer, jusqu’au dernier jour. Il y a bien sûr des moments où l’on pense ne plus rien avoir à faire, mais c’est un piège. Il ne faut pas attendre que ça arrive, passivement. Quand les gens me disent « ça arrivera quand ça arrivera », je leur dis d’aller s’asseoir au milieu de l’autoroute, et on verra bien s’ils se feront écraser, si c’était le moment…Tant que l’on a pas atteint le but il faut continuer, même à méditer. Bien entendu on méditera différemment, mais il faut continuer.
On ne peut pas tout dire, tout expliquer lorsqu’il s’agit d’un état qui n’en est pas un puisqu’il se situe dans la non-dualité et que nous parlons à partir de la dualité, ce qui est inévitable. Le problème est toujours le même : les gens voient un homme “réalisé”, ils pensent qu’il est “réalisé”, mais ils continuent à voir un homme, un corps. Si l’on ne voit qu’un homme, on ne trouvera pas un grand changement dans sa vie habituelle. Selon les Êtres, ils continueront de paraître physiquement comme avant, mais ceci ne concerne que les apparences. En réalité, il en est tout autrement. L’Être libre est libéré une fois pour toute de son individualité, il est libéré de la personne de façon définitive et disons qu’il regarde le film de la vie de cet individu qu’il a cru être comme si c’était un rêve, sans plus. Lorsque vous sortez de l’état de rêve, vous pouvez songer aux rêves que vous avez vécus durant cet état, mais vous n’y songerez pas très longtemps, sachant très bien que ce n’était qu’un rêve. L’Être qui a réalisé sa véritable Nature, de la même façon, sortant de cet état que l’on appelle “veille”, constate que ce n’était en fait qu’un autre rêve et “assiste” à la suite du film sans en être perturbé. L’écran n’est pas affecté par les images qui s’y reflètent.
L’Être réalisé ne dit pas qu’il perçoit le monde manifesté, parce que pour Lui, il n’existe rien en dehors du SOI. Le SOI est la totalité du manifesté et du non-manifesté et pour l’Être libéré, il n’y a aucune différence, mais un tout unique. Mais les mots n’exprimeront jamais ce qui n’est pas exprimable.
Existe-t-il plusieurs niveaux de conscience ? Si oui, le rêve et le monde manifesté sont-ils issus du même niveau de conscience ?
R - Oui, on peut dire qu’il existe plusieurs niveaux d’inconscience. Considérant que seul le Soi est la véritable conscience, il faut admettre qu’il y a des personnes plus ou moins inconscientes de leur nature réelle.
Source du texte : Ed. Les deux océans.
Mais son témoignage est particulièrement éloquent pour les chercheurs d'aujourd'hui. Il est la preuve vivante de ce que son propre Maître lui avait dit alors qu'il doutait de pouvoir atteindre son but : « Ramana Maharshi est exceptionnel mais la réalisation n'est pas exceptionnelle ».
En effet, Bernard est tout à fait proche de nous, simple père de famille de condition modeste, il s'exprime dans un langage familier. À son contact toutes les idées préconçues au sujet de la réalisation s'effondrent.
Il communique ainsi la certitude que chacun peut découvrir ce que lui même a trouvé : « Le Soi, notre véritable nature, dit-il, est simplement le fait d'Être. Ce n'est donc pas un état en devenir qu'il nous faudrait atteindre avec une multitude de conditions à remplir, de connaissances à acquérir et qui, de plus, serait réservé à une élite.
Nous sommes tous le Soi mais sans le sentiment d'être une vie particulière. Tout le monde peut réaliser sa vraie nature parce que tout le monde existe déjà. Il n'y a rien à faire pour être ce que l'on est, mais il nous reste à en prendre conscience au-delà du processus mental : je.. dans le corps, dans le monde.
Source du texte : Ed. Les deux océans
Bibliographie :
- Etre simplement. Ed. Les deux océans, 2003.
- Tout est parce que vous êtes. Ed. Les deux océans, 2005.
- La recherche du bonheur. Ed. Les deux océans, 2006.
Transcription de l'entretien à télécharger (PDF) : Satsang
Source du PDF et des mp3 (merci à Alain J. et Patrice G.) : Eveil impersonnel
"Le seul moteur de recherche c'est la ferveur, c'est pas Google !"
"Pourquoi on n'arrive pas à le voir si c'est si évident ?
R. Parce que t'es con !"
Bernard, comment ça s'est finit pour toi ? Comment ça s'est passé ? Est-ce qu'il est possible de décrire cet ultime moment ?
R. A aucun moment je n'ai envisagé que c'était pour moi ce dont on parle là, la réalisation. Un jour où je lisais Nisargadatta, que j'avais lu on va dire cinquante fois auparavant, il y a eu un déclic qui a fait que... C'est pas vrai, c'est pour moi ? Moi aussi je pourrais ?! Donc, ce n'est pas qu'une compréhension. Il y a une part de compréhension, puis ça se transforme en un déclic qui va plus loin que tout ça en fin de compte.
Qui va plus loin que quoi ? De l'idée, du mental ?
R. C'est un prise de conscience. Des prises de conscience, tu en fais toute la journée, mais celle-là est plus forte. Comme si j'ai pris un éclair. L'instant de réalisation, c'est pareil : tu es foudroyé. Alors celui qui me dit que ce n'est pas un événement ?! Faut qu'il voit...
Foudroyé, comme si la conscience est en train de réaliser, de comprendre - mais le mental n'est pas là, ça change tout. Il n'interprète pas dans cet instant là. Je décris un instant qui va vite, au ralenti... - la conscience est en train de réaliser comment les choses sont vraiment, sans l'interprétation. Imagine, ça n'arrive pas souvent ! Là, la conscience, comme le dit si bien Nisargadatta, est toujours conscience de quelque chose, et quand elle n'est pas consciente de quelque chose, il n'y a plus de conscience. C'est l'êtreté tout court.
Conscience du monde, avec toi dedans, la vie particulière, et tu vois que tu es là-bas. A l'instant où c'est compris, ta compréhension est dissoute. Il n'y a plus de contenu dans la conscience ; ça se transforme en êtreté, et tu es foudroyé.Qui es foudroyé ? Tu verras bien.
Plaff, ça fait ça ! C'est ça la réalisation. C'est un événement extraordinaire ! C'est un feu d'artifice. C'est le volcan qui pète en fin de compte...
Quand on voit ce qu'on est, on n'a pas envie de changer quelque chose, mais on a envie de témoigner de ce qu'on a vécu et dire que c'est évidemment pour tout le monde, sans l'idée qu'on en a. Quoi de plus simple que ça ? On est là définitivement.
C'est tellement fort que... les mots ne suffisent pas en fait.
Extrait de : La recherche du bonheur
Source du texte : Eveil impersonnel
Jusqu’au bout il ne faut jamais arrêter de pratiquer, jusqu’au dernier jour. Il y a bien sûr des moments où l’on pense ne plus rien avoir à faire, mais c’est un piège. Il ne faut pas attendre que ça arrive, passivement. Quand les gens me disent « ça arrivera quand ça arrivera », je leur dis d’aller s’asseoir au milieu de l’autoroute, et on verra bien s’ils se feront écraser, si c’était le moment…Tant que l’on a pas atteint le but il faut continuer, même à méditer. Bien entendu on méditera différemment, mais il faut continuer.
Continuez de faire le point, d'observer inlassablement le fonctionnement du mental, de la conscience, et vous réaliserez, dans votre coeur, et au delà de l'intellect, qu'à aucun moment, vous ne pouvez être à la fois celui qui perçoit, et ce qui est perçu ! Sans vous - le Témoin permanent - aucun spectacle n'est possible.... découvrez , réalisez que vous êtes La Base d'où tout s'élance chaque matin et où tout retourne chaque soir.... Il n'y a rien d'autre ! Et cela ne peut pas être compris, cela ne peut être que réalisé.
Ce que l'on appelle Réalisation n'est pas une grande compréhension, mais une gigantesque émotion dans laquelle la vie particulière de l'individu que l'on a cru être si longtemps, fusionne dans la Vie tout court... Et cela est une grande histoire d'Amour dans laquelle ce fameux intellect - bien fragile et impermanent - n'a vraiment qu'un second rôle sans grand intérêt.
Ce que l'on appelle Réalisation n'est pas une grande compréhension, mais une gigantesque émotion dans laquelle la vie particulière de l'individu que l'on a cru être si longtemps, fusionne dans la Vie tout court... Et cela est une grande histoire d'Amour dans laquelle ce fameux intellect - bien fragile et impermanent - n'a vraiment qu'un second rôle sans grand intérêt.
Source du texte : Eveil impersonnel
Comment un être ayant réalisé sa véritable nature, ne faisant qu’un avec l’Absolu, étant en dehors du temps et de l’espace, peut-il s’intéresser au monde manifesté et à ce qui s’y passe ? Comment peut-il même encore percevoir le monde manifesté ?
R - Comprenons bien ceci : une personne ne peut pas être libérée, mais au contraire, l’Être Réalisé est libéré de la personne. La différence est essentielle et il faut absolument s’imprégner de cette vérité.
Cette question concerne l’individu, l’ensemble corps-mental, c’est-à-dire la forme que “les autres” perçoivent. En réalité cela ne se passe pas comme on le croit. Il serait sage de répondre à ce genre de question en disant : “Réalisez d’abord et vous verrez ensuite !”Comment un être ayant réalisé sa véritable nature, ne faisant qu’un avec l’Absolu, étant en dehors du temps et de l’espace, peut-il s’intéresser au monde manifesté et à ce qui s’y passe ? Comment peut-il même encore percevoir le monde manifesté ?
R - Comprenons bien ceci : une personne ne peut pas être libérée, mais au contraire, l’Être Réalisé est libéré de la personne. La différence est essentielle et il faut absolument s’imprégner de cette vérité.
On ne peut pas tout dire, tout expliquer lorsqu’il s’agit d’un état qui n’en est pas un puisqu’il se situe dans la non-dualité et que nous parlons à partir de la dualité, ce qui est inévitable. Le problème est toujours le même : les gens voient un homme “réalisé”, ils pensent qu’il est “réalisé”, mais ils continuent à voir un homme, un corps. Si l’on ne voit qu’un homme, on ne trouvera pas un grand changement dans sa vie habituelle. Selon les Êtres, ils continueront de paraître physiquement comme avant, mais ceci ne concerne que les apparences. En réalité, il en est tout autrement. L’Être libre est libéré une fois pour toute de son individualité, il est libéré de la personne de façon définitive et disons qu’il regarde le film de la vie de cet individu qu’il a cru être comme si c’était un rêve, sans plus. Lorsque vous sortez de l’état de rêve, vous pouvez songer aux rêves que vous avez vécus durant cet état, mais vous n’y songerez pas très longtemps, sachant très bien que ce n’était qu’un rêve. L’Être qui a réalisé sa véritable Nature, de la même façon, sortant de cet état que l’on appelle “veille”, constate que ce n’était en fait qu’un autre rêve et “assiste” à la suite du film sans en être perturbé. L’écran n’est pas affecté par les images qui s’y reflètent.
L’Être réalisé ne dit pas qu’il perçoit le monde manifesté, parce que pour Lui, il n’existe rien en dehors du SOI. Le SOI est la totalité du manifesté et du non-manifesté et pour l’Être libéré, il n’y a aucune différence, mais un tout unique. Mais les mots n’exprimeront jamais ce qui n’est pas exprimable.
Existe-t-il plusieurs niveaux de conscience ? Si oui, le rêve et le monde manifesté sont-ils issus du même niveau de conscience ?
R - Oui, on peut dire qu’il existe plusieurs niveaux d’inconscience. Considérant que seul le Soi est la véritable conscience, il faut admettre qu’il y a des personnes plus ou moins inconscientes de leur nature réelle.
Source du texte : Ed. Les deux océans.
jeudi 2 septembre 2010
Wayne Liquorman
En quête de vérité sur lui-même, Wayne Liquorman rencontre, puis fréquente, Ramesh Balsekar son initiateur à l’évidence de la non-dualité. En 1989, son monde quotidien s’effondre pour laisser place à l’Ultime Compréhension. Ce n’est qu’en 1996, que Balsekar l’invitera à sortir de l’anonymat. Depuis, il enseigne sans concession, auprès de très nombreux chercheurs spirituels, le retour à l’évidence.
Source : 3e Millénaire
Bibliographie :
- L’accueil de l’évidence. Invitation à la paix sans retour, Accarias L’Originel, 2004
- Invitation à l'Impensable. Ed. Aluna, 2010
- La Voie de l'impuissance, Advaita et les douze étapes du rétablissement, Ed. Advaita press, 2013
En ligne :
Séminaire traduit (en mp3) : L'éveil
Site internet (en anglais) : advaita.org
J’entretenais une relation amoureuse avec deux femmes à la fois, et à mon retour d’Inde où je rendais visite à Ramesh… c’était en 1989… ces deux femmes sont venues me voir dans la même semaine pour me dire qu’elles m’aimaient infiniment mais me quittaient pour céder la place à l’autre. Et lorsque la deuxième vint m’annoncer sa décision […]
Lorsque cette femme vint me dire qu’elle allait devoir me quitter malgré l’amour qu’elle éprouvait pour moi, je ressentis un poids terrible, une profonde tristesse m’envahir. Et je commençais à pleurer. Et cette tristesse commença à croître. Elle continua à gonfler. Je sanglotais de plus belle, et cette profonde, très profonde tristesse continua à me submerger par vagues successives comme autant de lames s’abattant sur moi. Et finalement je me retrouvais en train de tomber. J’avais littéralement l’impression de choir dans une fosse, un horrible abysse de souffrance, et le corps secoué de sanglots. Et cela avait cessé d’avoir quoi que ce soit de commun avec quelque chose du domaine fini.
J’étais simplement en chute libre dans ce puits sans fond d’immense douleur… et cela s’assombrissait et devenait plus atrocement douloureux à chaque seconde. J’avais le sentiment de tomber dans cette fosse abyssale de souffrance qui était toute la souffrance ayant jamais existée. Et puis il y eut un lâcher-prise. Une dissolution, une fusion, si vous voulez, avec cette souffrance. Apparut alors la certitude que rien ne pouvait me faire du mal parce qu’il n’existait pas de moi à blesser… il n’y avait plus de séparation. L’expérience reflua, je cessai de pleurer et pensai : « Quelqu’un va me poser des questions là-dessus, je ferai bien de cosigner ça par écrit. » (rire) Et cependant, une partie de cette connaissance est exactement ce que je n’ai cessé de dire tout du long… « littéralement, rien ne s’est produit. » Cette Compréhension n’avait jamais cessé d’être là. Ce qui se dissipa, c’est un voile illusoire, par quelque chose de substantiel. Il n’y eut rien du tout de changé. Tout était exactement tel que cela avait jamais été et serait jamais. Tout ce qui était, était parfait. Tout, simplement, ETAIT.
(...)
Ce vers quoi pointe — pointe — cet Enseignement de non-dualité est que la vie et la mort, la santé et la maladie sont des choses qui arrivent. Elles vont et viennent en tant que partie de ce miraculeux mouvement de l’univers, elles font part du tissu de l’existence manifestée. Des corps sont créés à travers lesquels (ce que nous nommons) la santé et la maladie surviennent. Dans l’acceptation de la réalité sous-jacente que tout cela fait partie d’un fonctionnement parfait, votre résistance à ce qui est s’amenuise et la souffrance relative à ce qui se produit diminue. Vous avez toujours les mêmes choses à affronter. Vous devez toujours résoudre les problèmes de votre vie. Cependant, en l’absence de ce sentiment que ce qui arrive est un vice de l’Univers, il y a plus de force, plus d’énergie, plus de ressources intérieures pour faire face à ce qu’apporte la vie. C’est parfois déplaisant, il arrive même que ce soit terrible, mais ce que nous appelons « souffrance » résulte de la conviction que ce qui arrive ne devrait pas arriver.
L’acceptation dont je parle n’est pas approbation. Elle ne signifie pas qu’il vous est demandé d’aimer ce qui arrive ou de vous retenir de faire quelque chose pour le modifier. L’acceptation est que cela existe, tel que c’est maintenant, en tant que part d’un fonctionnement plus vaste et que le retour à la santé, par exemple, devrait-il se produire, existe également en tant que partie de ce fonctionnement plus vaste. Des changements ont donc lieu. C’est la trame même de la manifestation : la santé se meut en maladie, la maladie se meut en santé ; il y a mouvement continuel. C’est le flux et le reflux de l’Univers. Nous pouvons nourrir une préférence pour une situation plutôt qu’une autre, mais quand l’une est considérée a contrario comme la seule qui devrait exister, la souffrance est alors inévitable.
Extraits de L’accueil de l’évidence. Invitation à la paix sans retour.
Source : 3e Millénaire
Commande sur Amazon :L'accueil de l'évidence : Invitation à la paix sans retour
mercredi 1 septembre 2010
Ramesh S. Balsekar
VIDEO EN BAS DE PAGE
Ancien directeur d’une banque indienne, Ramesh S. Balsekar (1917-2009) fut le disciple du célèbre maître spirituel de Bombay, Nisargadatta Maharaj, dont il traduisit la plupart des entretiens.
Homme de culture, il montre une égale familiarité pour les classiques de la pensée hindouiste, bouddhiste, taoïste, chrétienne ou soufi, comme pour le paradigme de la mécanique quantique et les avancées de la science contemporaine.
Bibliographie (en français) :
- Quand survient l'illumination, entretiens avec Ramesh Balsekar, 1998
- Laisser la vie être, Éditions du Relié, Paris, 2002.
- Tout est conscience, Éditions Accarias-L'Originel, 2002.
- Dans la gueule du tigre, 2002.
- L'appel de l'Être, Éditions du Relié, 493 pages. Essai Poche, 2007
- Entretiens sur l'illumination avec Ramesh Balsekar, 2003
- Les Orients de l'être, Essai Poche, 2005
- Conscience à conscience, Éditions Accarias-L'Originel, 2009
- Conseils de Ramana Maharshi pour la réalisation spirituelle, recueillis et annotés par Ramesh S. Balsekar. Ed. Almora, 2011.
Il y a un jour de l’année que l’on appelle le Jour de Divali, la fête de la lumière, qui est célébré dans toute l’Inde. Cette fête de la lumière est censée signifier la victoire du vrai sur le faux, du bien sur le mal, la victoire de Rama sur Ravana.
En règle générale, chez Maharaj, c’était le jour où l’on nettoyait sa maison, une sorte de grand nettoyage de printemps, il n’y avait pas d’entretien ce jour-là. Il en a été ainsi en 1978, l’année où j’ai commencé à aller écouter Maharaj. L’année suivante, la veille de Divali, quand on annonça qu’il n’y aurait pas d’entretien le lendemain, l’un de mes camarades proposa, si Maharaj en était d’accord que l’entretien se déroule chez lui. Il habitait à deux pas de chez Maharaj et la plupart des auditeurs connaissaient sa maison. C’est ainsi que le lendemain, l’entretien eut lieu chez ce camarade, qui se trouvait être l’un des traducteurs de Maharaj. Comme il devait s’occuper de recevoir les personnes qui se présentaient, il me demanda si je ne voulais pas le remplacer. J’acceptai.
A l’instant même où Maharaj commença à parler, il se produisit quelque chose de très particulier. Sa voix semblait me parvenir de loin, mais elle était très, très claire. En fait plus nette que d’habitude. Maharaj avait perdu toutes ses dents, et il me fallait toujours un certain temps pour m’habituer à son élocution. Mais ce matin-là, sa voix semblait venir de loin, et pourtant elle était bien plus distincte qu’elle ne l’avait jamais été, ne me demandant absolument aucune concentration. Puis je m’aperçus que la traduction venait si spontanément qu’en fait, il n’y avait aucune traduction de ma part, je n’étais que le témoin de cette traduction qui avait lieu. C’était comme si Maharaj traduisait en anglais, et que j’étais juste assis là, en simple spectateur.
A la fin de l’entretien, je me sentis tout à coup très mal. Je ne savais pas ce qu’il se passait et le corps avait exprimé une réaction, pour la simple raison qu’il n’était pas habitué à cette expérience. Un peu plus tard, mon camarade me dit : « Ramesh, tu avais une forme éblouissante aujourd’hui !
— Ah ! oui ? Vraiment ?
— Tu parlais plus fort qu’à l’accoutumée, avec autorité, et tu faisais des gestes que je ne t’avais encore jamais vu faire. »
Je me suis contenté d’enregistrer ses propos. Ceux-ci confirmaient que quelque chose s’était produit. Mais ce quelque chose qui s’était produit, était un changement intérieur complet, un changement total. Extérieurement, je ne pouvais percevoir qu’une seule différence : mon corps ressentait comme une absence de poids. C’était une sensation très particulière. Je ne pouvais pas lui donner de nom et je pense que cela a pu être observer pendant un jour ou deux avant de s’estomper. Mais si vous me demandez comment et quand c’est arrivé, voilà comment et quand c’est arrivé. Comme je vous l’ai déjà dit, cela a été un événement très calme – soudain, bien sûr, on ne saurait imaginer plus soudain… totalement inattendu… totalement spontané.
Je crois que la meilleure explication de la valeur des concepts est celle qu’en a donné Ramana Maharshi : un concept n’est utile que tant que vous l’utilisez comme vous le feriez d’une épine pour extraire une autre épine enfoncée dans votre pied. Quand vous avez retirée l’épine de votre pied, vous jetez les deux épines. Voilà tout ce à quoi un concept est bon : expulser un autre concept qui fait obstruction.
Le jnanin est-il vertueux?
La vertu est le vivre non conscient de lui-même, le vivre du sage, sa totale spontanéité à traiter les questions sociales et pratiques. Voici ce que dit Lao-tseu à ce propos : La vertu suprême n'est pas délibérément vertueuse, et ainsi est-ce de la vertu. La vertu mineure pense sans cesse à être vertueuse, et ainsi ce n'est pas de la vertu. La vertu suprême est sans effort, mais rien n'est laissé inachevé. La vertu mineure agit en force, mais n'accomplit rien.
L'homme ordinaire veut être vertueux, il être reconnu comme quelqu'un de vertueux. Lao-tseu dirait que cela n'est pas de la vertu. L'homme naturellement vertueux vaque à ses occupations, et les choses qui se produisent par non intermédiaire sont vertueuses car il n'existe aucune intention personnelle. Il ne veut rien de personnel, de personne. La vie courageuses, naturelle, repose sur un sentiment inhérent, alors que la vertu artificielle s'appuie sur l'adhésion à certaines règles de conduites. Cette adhésion artificielle aux règles s'accompagne inéluctablement de la peur et de la culpabilité de mal interpréter telle ou telle circonstance. La vertu et le naturel sans prétention du sage passent souvent inaperçus - ils sont tellement ordinaires...
Peut être est-ce parc qu'il y a là une sorte d'anonymat spirituel, qui fonction e comme la coloration naturelle et fortuite d'un oiseau ou d'un animal. Voici une autre citation de Lao-tseu: "la plus grande perfection semble imparfaite, pourtant elle ne s'altèrera jamais. La plus grande plénitude semble vide, pourtant elle est inépuisable. La plus grande rectitude semble perverse. La plus grande dextérité semble gauche. La plus grande éloquence semble un bégaiement".
La vertu et le naturel sans prétention du sage ne sont pas un effacement de soi délibéré, ni un châtiment masochiste que l'on s'inflige. Ce ne sont pas non plus une humilité feinte en présence de quelque chose qui nous dépasse. Au travail, il est étonnant de voir combien un homme peut se montrer humble devant ses supérieur, et arrogant face à ses subordonnés. L'humilité est souvent comme un manteau, tour à tour porté et enlevé. Dans le cas du vivre simple, spontané, l'humilité fait partie de cette façon de vivre. L'homme véritablement vertueux n' a pas à se demander s'il doit se montrer humble ou non. Cela ressemble davantage au sens pratique naturel du chat .
Le sage a pleine conscience des artifices du monde des hommes.
Extrait de L’Appel de l’Être.
Site officiel : Ramesh Balsekar
Ancien directeur d’une banque indienne, Ramesh S. Balsekar (1917-2009) fut le disciple du célèbre maître spirituel de Bombay, Nisargadatta Maharaj, dont il traduisit la plupart des entretiens.
Homme de culture, il montre une égale familiarité pour les classiques de la pensée hindouiste, bouddhiste, taoïste, chrétienne ou soufi, comme pour le paradigme de la mécanique quantique et les avancées de la science contemporaine.
Source du texte : 3e Millénaire
Bibliographie (en français) :
- Quand survient l'illumination, entretiens avec Ramesh Balsekar, 1998
- Laisser la vie être, Éditions du Relié, Paris, 2002.
- Tout est conscience, Éditions Accarias-L'Originel, 2002.
- Dans la gueule du tigre, 2002.
- L'appel de l'Être, Éditions du Relié, 493 pages. Essai Poche, 2007
- Entretiens sur l'illumination avec Ramesh Balsekar, 2003
- Les Orients de l'être, Essai Poche, 2005
- Conscience à conscience, Éditions Accarias-L'Originel, 2009
- Conseils de Ramana Maharshi pour la réalisation spirituelle, recueillis et annotés par Ramesh S. Balsekar. Ed. Almora, 2011.
Il y a un jour de l’année que l’on appelle le Jour de Divali, la fête de la lumière, qui est célébré dans toute l’Inde. Cette fête de la lumière est censée signifier la victoire du vrai sur le faux, du bien sur le mal, la victoire de Rama sur Ravana.
En règle générale, chez Maharaj, c’était le jour où l’on nettoyait sa maison, une sorte de grand nettoyage de printemps, il n’y avait pas d’entretien ce jour-là. Il en a été ainsi en 1978, l’année où j’ai commencé à aller écouter Maharaj. L’année suivante, la veille de Divali, quand on annonça qu’il n’y aurait pas d’entretien le lendemain, l’un de mes camarades proposa, si Maharaj en était d’accord que l’entretien se déroule chez lui. Il habitait à deux pas de chez Maharaj et la plupart des auditeurs connaissaient sa maison. C’est ainsi que le lendemain, l’entretien eut lieu chez ce camarade, qui se trouvait être l’un des traducteurs de Maharaj. Comme il devait s’occuper de recevoir les personnes qui se présentaient, il me demanda si je ne voulais pas le remplacer. J’acceptai.
A l’instant même où Maharaj commença à parler, il se produisit quelque chose de très particulier. Sa voix semblait me parvenir de loin, mais elle était très, très claire. En fait plus nette que d’habitude. Maharaj avait perdu toutes ses dents, et il me fallait toujours un certain temps pour m’habituer à son élocution. Mais ce matin-là, sa voix semblait venir de loin, et pourtant elle était bien plus distincte qu’elle ne l’avait jamais été, ne me demandant absolument aucune concentration. Puis je m’aperçus que la traduction venait si spontanément qu’en fait, il n’y avait aucune traduction de ma part, je n’étais que le témoin de cette traduction qui avait lieu. C’était comme si Maharaj traduisait en anglais, et que j’étais juste assis là, en simple spectateur.
A la fin de l’entretien, je me sentis tout à coup très mal. Je ne savais pas ce qu’il se passait et le corps avait exprimé une réaction, pour la simple raison qu’il n’était pas habitué à cette expérience. Un peu plus tard, mon camarade me dit : « Ramesh, tu avais une forme éblouissante aujourd’hui !
— Ah ! oui ? Vraiment ?
— Tu parlais plus fort qu’à l’accoutumée, avec autorité, et tu faisais des gestes que je ne t’avais encore jamais vu faire. »
Je me suis contenté d’enregistrer ses propos. Ceux-ci confirmaient que quelque chose s’était produit. Mais ce quelque chose qui s’était produit, était un changement intérieur complet, un changement total. Extérieurement, je ne pouvais percevoir qu’une seule différence : mon corps ressentait comme une absence de poids. C’était une sensation très particulière. Je ne pouvais pas lui donner de nom et je pense que cela a pu être observer pendant un jour ou deux avant de s’estomper. Mais si vous me demandez comment et quand c’est arrivé, voilà comment et quand c’est arrivé. Comme je vous l’ai déjà dit, cela a été un événement très calme – soudain, bien sûr, on ne saurait imaginer plus soudain… totalement inattendu… totalement spontané.
(...)
Je crois que la meilleure explication de la valeur des concepts est celle qu’en a donné Ramana Maharshi : un concept n’est utile que tant que vous l’utilisez comme vous le feriez d’une épine pour extraire une autre épine enfoncée dans votre pied. Quand vous avez retirée l’épine de votre pied, vous jetez les deux épines. Voilà tout ce à quoi un concept est bon : expulser un autre concept qui fait obstruction.
Quand survient la vraie compréhension, on jette ces mots et ces concepts. Si vous vous accrochez à eux, ces mots et ces concepts deviennent comme un cancer. Ils vous rongent les entrailles.
Nous sommes donc censé extraire ce que vous dites, sans nous accrocher aux détails ?
Absolument ! Très souvent les gens qui viennent me voir à Bombay me disent au moment de partir, après une heure ou deux d’entretien : « j’ai compris, j’ai vraiment compris. Et une fois que je serai loin d’ici, que dois-je faire ? Voici ma réponse : « C’est très simple. Ne pensez plus à ce que vous avez entendu ici. Surtout ne pensez pas à ce que vous pensée avoir compris. Et alors cette compréhension aura une chance de fleurir..
(...)Le jnanin est-il vertueux?
La vertu est le vivre non conscient de lui-même, le vivre du sage, sa totale spontanéité à traiter les questions sociales et pratiques. Voici ce que dit Lao-tseu à ce propos : La vertu suprême n'est pas délibérément vertueuse, et ainsi est-ce de la vertu. La vertu mineure pense sans cesse à être vertueuse, et ainsi ce n'est pas de la vertu. La vertu suprême est sans effort, mais rien n'est laissé inachevé. La vertu mineure agit en force, mais n'accomplit rien.
L'homme ordinaire veut être vertueux, il être reconnu comme quelqu'un de vertueux. Lao-tseu dirait que cela n'est pas de la vertu. L'homme naturellement vertueux vaque à ses occupations, et les choses qui se produisent par non intermédiaire sont vertueuses car il n'existe aucune intention personnelle. Il ne veut rien de personnel, de personne. La vie courageuses, naturelle, repose sur un sentiment inhérent, alors que la vertu artificielle s'appuie sur l'adhésion à certaines règles de conduites. Cette adhésion artificielle aux règles s'accompagne inéluctablement de la peur et de la culpabilité de mal interpréter telle ou telle circonstance. La vertu et le naturel sans prétention du sage passent souvent inaperçus - ils sont tellement ordinaires...
Peut être est-ce parc qu'il y a là une sorte d'anonymat spirituel, qui fonction e comme la coloration naturelle et fortuite d'un oiseau ou d'un animal. Voici une autre citation de Lao-tseu: "la plus grande perfection semble imparfaite, pourtant elle ne s'altèrera jamais. La plus grande plénitude semble vide, pourtant elle est inépuisable. La plus grande rectitude semble perverse. La plus grande dextérité semble gauche. La plus grande éloquence semble un bégaiement".
La vertu et le naturel sans prétention du sage ne sont pas un effacement de soi délibéré, ni un châtiment masochiste que l'on s'inflige. Ce ne sont pas non plus une humilité feinte en présence de quelque chose qui nous dépasse. Au travail, il est étonnant de voir combien un homme peut se montrer humble devant ses supérieur, et arrogant face à ses subordonnés. L'humilité est souvent comme un manteau, tour à tour porté et enlevé. Dans le cas du vivre simple, spontané, l'humilité fait partie de cette façon de vivre. L'homme véritablement vertueux n' a pas à se demander s'il doit se montrer humble ou non. Cela ressemble davantage au sens pratique naturel du chat .
Le sage a pleine conscience des artifices du monde des hommes.
Extrait de L’Appel de l’Être.
Site officiel : Ramesh Balsekar
mardi 31 août 2010
Nisargadatta Maharaj
Sri Nisargadatta Maharaj (mars 1897 - 8 septembre 1981).
À la mort de son père, en 1915, lorsque Maruti (de son surnom) a 18 ans, il quitte le village pour Mumbai (Bombay), où il travaille comme commis. Il devient alors petit marchand, et développe un commerce. En 1924, il se marie avec Sumatibai, et a trois filles et un garçon. Il ouvre un commerce de Bidî (cigarettes roulées à la main faites à partir des feuilles de Tendu) et commence à les vendre.
Son Maître, Shri Siddharameshwar (1888-1936), resté inconnu de son vivant, est considéré comme un grand maître de l'Advaita Vedanta. Il vivait dans le Maharashtra. (...)
L'éveil de Maruti lui vint après l'étude d'un mantra que son Maître lui demanda d'étudier: "Je suis ni ceci, ni cela". Maruti décida d'abandonner sa vie et sa famille afin de se plonger dans cette étude à travers un pèlerinage sur les routes de l'Inde, il avait alors 36 ans. L'éveil "survint à" Maharaj, qui comprit alors que ce pèlerinage et cet abandon étaient vains. Il décida donc de renter à Mumbai et repris sa vie de commerçant.
Dès son retour de nombreux visiteurs de Maharaj comprirent qu'il était le dépositaire d'une sagesse immense et commencèrent chez lui les premiers "satsang" ou entretiens quotidiens durant lesquels de nombreux visiteurs venaient lui poser des questions.
Source du texte : wikipedia
Bibliographie (en français) :
- Je suis. Les Deux Océans.1982
- Graines de Conscience. Les Deux Océans.1982
- Sois ! Les Deux Océans.1983
- Ni ceci, ni cela. Les Deux Océans.1986
- A la Source de la Conscience. Les Deux Océans.1991
- Conscience et Absolu. Les Deux Océans.1997
- L'Ultime guérison. Editions de Mortagne. 1997
- Nisargadatta Notes. L'Originel.2007
- Graines de Conscience. Les Deux Océans.1982
- Sois ! Les Deux Océans.1983
- Ni ceci, ni cela. Les Deux Océans.1986
- A la Source de la Conscience. Les Deux Océans.1991
- Conscience et Absolu. Les Deux Océans.1997
- L'Ultime guérison. Editions de Mortagne. 1997
- Nisargadatta Notes. L'Originel.2007
Le jour qui a suivi la mort de ma fille, j’ai travaillé, comme à l’accoutumée, dans mon échoppe de bidis et là, un condisciple de mon guru m’a demandé si j’étais au-delà de la joie et de la tristesse. Je lui ai, alors, parlé de la mort de ma fille, le jour précédent, et du fait que je ne n’avais absolument pas éprouvé de tristesse, car, elle était maintenant totalement immergée dans le « Soi ». Cet homme est immédiatement devenu mon disciple.
Ma femme est décédée en 1944, les gens sont venus me présenter leurs condoléances. Je les ai tout simplement invités avec grand plaisir et leur ai servi thé et café. J’étais présent quand elle est décédée, je fumais des bidis, je me sentais très heureux et j’applaudissais – je me sentais totalement non concerné – mais pour parvenir à cela, la connaissance de soi est nécessaire".
*****
(...)
M : Le monde a été créé sans aucune raison, car il est illusion. Il n’a ni début ni cause. Tout, dans ce monde objectif n’existe qu’à travers l’ignorance ou l’illusion. Une fois que vous avez compris votre vraie nature, vous savez que l’ignorance n’a, en réalité, jamais existé. C’est, depuis toujours, la vérité éternelle : que vous êtes sans nom et sans forme, sans même la conscience d’être un homme ou une femme, ou toute autre variante.
Au moment de la prétendue mort, votre forme disparaît, et donc, aussi, votre cerveau et votre mémoire, et il ne vous restera aucun souvenir d’avoir été, un jour, une forme ou une personne. Toute existence est illusoire. Sachant cela, que voulez-vous accomplir dans ce monde ? Tout est vide. Avec cette connaissance, vous vous retrouvez maintenant comme « en faillite », toutes vos ambitions de réussite se sont écroulées. Une fois que vous êtes complètement ruiné (libre de toutes pensées et idées), il n’y a plus de lois pour vous. Vous saurez alors, que vous n’êtes pas celui qui agit, vous n’aurez même plus le désir de revendiquer le mérite de vos actions, car vous êtes alors, absolument certain de ne pas en être l’auteur. Lorsque vous aurez perdu le sens d’être un homme ou une femme, il n’est même plus question, pour vous, d’avoir la connaissance, puisque celle-ci ne vient que de la mémoire.
*****
(...)
Q : Où vivez-vous donc ?
M : Dans le vide, au-delà de l’être et du non-être, au-delà de la conscience. Le vide est aussi plénitude ; ne me prenez pas en pitié. Je suis comme l’homme qui dit : « J’ai achevé ma tâche, il ne reste plus rien à faire ».
Q : Vous donnez une date précise de votre réalisation. Cela veut dire qu’il se produisit quelque chose pour vous à cette date. Qu’arriva-t-il ?
M : Le mental cessa de produire des phénomènes. La poursuite ancienne et incessante s’arrêta – je ne désirais plus rien, je n’attendais plus rien – je n’acceptais rien comme m’appartenant. Je n’avais plus de « moi » pour faire des efforts en sa faveur. Même le pur « je suis » s’estompa. Je remarquai autre chose, j’avais perdu toutes mes certitudes coutumières. Avant, j’étais sûr de tant de choses, maintenant je ne suis sûr de rien. Mais j’ai le sentiment de n’avoir rien perdu à ne pas savoir parce que tout mon savoir était faux. Ne pas savoir était en soi la connaissance que tout savoir est ignorance, que « Je ne sais pas » est la seule affirmation juste que peut faire le mental. Prenez l’idée « je suis né ». Vous pouvez la croire vraie, elle ne l’est pas. Vous n’êtes jamais né et vous ne mourrez jamais. C’est l’idée qui est né et qui va mourir, pas vous. C’est en vous identifiant à cette idée que vous êtes devenu mortel. Au cinéma tout est lumière, la conscience devient de même l’immensité du monde. Examinez de près, et vous verrez que tous les noms et toutes les formes ne sont que des vagues fugitives sur l’océan de la conscience, que c’est de la seule conscience que l’on peut dire : elle est, pas de ses transformations.
Dans l’immensité de la conscience, une lumière apparaît, un point minuscule qui se meut avec rapidité et trace des formes, des pensées et des sensations, des concepts et des idées comme une plume écrivant sur une feuille de papier. L’encre laisse une trace dans la mémoire. Vous êtes ce point minuscule et par vos mouvements, le monde est perpétuellement recréé. Arrêter de bouger, et il n’y aura plus de monde. Regardez en vous-même et vous vous apercevrez que ce point de lumière est le reflet de l’immensité de la lumière en tant que sens du « je suis ». Il n’y a que la lumière, tout le reste ne fait qu’apparaître.
(...)
Q : Le sentiment « je suis » est-il réel ou irréel ?
M : Les deux à la fois. Il est irréel quand vous dites : « Je suis ceci, je suis cela », il est réel quand vous dites : « Je ne suis pas ceci, je ne suis pas cela ». Celui qui connaît va et vient avec ce qui est connu, et il est transitoire ; mais celui qui sait qu’il ne sait pas, qui est vide de mémoire et d’anticipation, est intemporel.
Q : Est-ce que le « je suis » est le témoin, ou sont-ils distincts ?
M : Sans l’un, l’autre ne peut pas exister. Cependant, ils ne sont pas un. C’est comme la fleur et sa couleur. Sans fleur, pas de couleurs ; sans couleurs, la fleur ne peut être vue. Au-delà est la lumière qui, par son contact avec la fleur, crée les couleurs. Réalisez que votre véritable nature est uniquement celle de la lumière pure, et que ce qui est perçu, comme celui qui perçoit, apparaissent et disparaissent tous deux ensemble. Ce qui les rend possibles, et qui n’est, cependant, ni l’un ni l’autre, est votre être réel, ce qui signifie ne pas être ceci ou cela, mais être la Pure Conscience de l’être et du non-être. Quand la Conscience se tourne vers elle-même, le sentiment éprouvé est celui de ne pas connaître ; quand elle est tournée vers l’extérieur, le connaissable vient à l’existence. Dire : « Je me connais » est une contradiction dans les termes car ce qui est « connu » ne peut pas être « moi-même ».
Q : Si le soi est à jamais inconnu, qu’est-ce qui se réalise dans la réalisation du soi ?
M : C’est une libération suffisante que de savoir que le connu ne peut pas être moi, ni à moi. La libération de l’auto-identification à un ensemble de souvenirs et d’habitudes, la stupeur devant l’étendue infinie de l’être, devant sa créativité inépuisable et devant sa transcendance absolue, l’absence totale de peur née de la réalisation de la nature illusoire et transitoire de tous les modes de la conscience, coule d’une source profonde et inépuisable. La réalisation de soi, c’est connaître la source comme source et l’apparence comme apparence, et se connaître soi-même comme source uniquement.
Q : De quel côté est le témoin ? Est-il réel ou irréel ?
M : Personne ne peut dire : « Je suis le témoin ». Le « je suis » est toujours vu. L’état de Pure Conscience détachée, c’est la conscience-témoin, le « mental-miroir ». Le témoin naît et disparaît avec son objet, aussi n’est-il pas tout à fait réel. Quel que soit son objet, il est toujours le même, il est donc aussi réel. Il participe à la fois du réel et de l’irréel, il constitue par conséquent un pont entre les deux.
Q : Si tout n’arrive qu’au « je suis », si le « je suis » est le connu, le connaissant et la connaissance, que fait le témoin, à quoi sert-il ?
M : Il ne fait rien et il ne sert à rien.
Q : Alors pourquoi en parler ?
M : Parce qu’il est là. Le pont n’a qu’un seul usage – permettre de traverser. Vous ne construisez pas la maison sur un pont. Le « je suis » regarde les choses, le témoin voit à travers. Il les voit telles qu’elles sont, irréelles et transitoires. Le travail du témoin, c’est de dire : « pas moi, pas à moi ».
*****
(...)
M : Je refuse tous les Upanishads, je n’accepte pas les écritures, car, tous ont été écrits par l’attribut Je Suis. Ils ne décrivent pas ma véritable nature, qui elle, est sans attribut, au-delà des mots et des concepts. Ils peuvent désigner mon véritable état, mais sans pouvoir l’atteindre, car je suis au-delà de tous les événements relatifs. Sur le chemin du Jnana Yoga, on sait que l’on a toujours été libre, donc, si quelqu’un a cette connaissance, il ne suivra aucun autre chemin de Bhakti, Kama, Kundalini Yoga, etc. Savoir que ce n’est pas ce que je suis, constitue le véritable renoncement. Lorsque vous devenez ce je suis, naturellement, vous rejetez tout.
Citations extraites de ses livres d'entretien, autre textes :
Haut de page
Inscription à :
Articles (Atom)






