Pr Didier Raoult, Où en est le débat sur l'Hydroxychloroquine ? (5 mai 2020) Le risque de mourir des personnes n'ayant pas de facteur de risque est extrêmement faible. Ce n'est pas une maladie grave sauf pour les gens qui étaient déjà touché par d'autres infections virales respiratoires. Parler de la gravité monstrueuse de cette maladie est une forme de délire, ce n'est pas vrai. Cela touche les gens âgés souffrant d'autres pathologies (hypertensions et diabètes jouent un rôle important). (...) La contagion est beaucoup plus faible qu'une grippe, environ 3% de la population, et elle est de plus en plus basse parce que nous sommes en fin d'épidémie. La mortalité a été relativement modérée. Bien entendu on peut faire baisser la mortalité si on détecte et on soigne. On a eu aucune toxicité avec l'hydroxychloroquine, on n'en attendait aucune. Là aussi c'est un fantasme. (...) 65% des gens asymptomatiques avaient des lésions pulmonaires visibles au scanner (low dose). (...) C'est cela la suite de l'histoire, ce n'est plus l'épidémie infectieuse mais les séquelles des gens qui ont été infectés.
Autrement dit on aurait pu faire l'économie d'une psychose de peur et sauver des milliers de vies en détectant les personnes à risques et en leur administrant un traitement adéquat.
Dans le laboratoire du Pr. Raoult (Front populaire, 1 mai 2020)
Raoult VS Virus - Episode 5, Le silence des agneaux (4 mai 2020)
Episode précédents : Fodil M
Michel Onfray justifie sa revue, Front populaire (1 mai 2020)
Marc Endeweld, La face cachée du système Macron (Le Média, 13 mai 2019)
Auteur de : Le grand manipulateur, Ed. Stock, 2019
Tout s’est joué au cours de la campagne présidentielle.
Pour gravir la plus haute marche du pouvoir sans carrière politique, ni même un parti derrière lui, Emmanuel Macron a utilisé les réseaux plus ou moins avouables de la République… Lobbys divers et variés, agents d’influence, communicants rois, “intermédiaires”, barbouzes, barons locaux et loges franc-maçonnes. Tous se sont empressés.
Le candidat puis le président les a accueillis avec un large sourire, utilisés, parfois manipulés et ensuite souvent oubliés.
Quatrième de couverture
Il y a 6 semaines, la députée En Marche Laetitia Avia déposait une proposition de loi « contre la haine sur Internet ». Sa mesure phare est d’exiger des grandes plateformes qu’elles suppriment en 24 heures les propos de nature « haineuse » et « manifestement » illicites que leur signaleront le public ou la police, sous peine d’une amende de 4% de leur chiffre d’affaire.
Le but est purement et simplement de remplacer la justice publique par Facebook, Google et Twitter, en les laissant seuls maîtres de ce qui peut ou non être dit sur le Web. C’était déjà exactement la démarche prise dans le règlement antiterroriste récemment adopté en première lecture au Parlement européen (lire notre bilan sur ce texte).
Avant de quitter le secrétariat d’État au numérique, Mounir Mahjoubi actait déjà aux côtés de Marlène Schiappa cette alliance de l’État dans les bras de Facebook, présenté comme héros de l’Internet à la sagesse duquel nous devrions évidemment tous nous soumettre ! (lire notre analyse) Son successeur, Cédric O, n’a manifestement rien à redire à la trahison opérée par cette loi « anti-haine ». L’ensemble des députés brillent aussi par un silence coupable.
De son côté, le ministère de la justice, entièrement humilié et mis de côté dans ce grand chantier, vient de lancer son chant du cygne. Dans une circulaire publiée en avril dernier, il appelle à recourir davantage au juge pour lutter contre la haine en ligne, dénonçant l’ « usage abusif » pouvant être fait des « dispositions permettant d’engager la responsabilité des acteurs d’Internet ». En effet, alors que le gouvernement propose de contourner le juge pour gagner en « efficacité », cette circulaire constate que le ministère public ne saisit que bien trop peu la justice dans ces affaires.
Alors pourquoi confier la mission de justice à Facebook et Google, leur donnant autant de légitimité et de pouvoirs alors même qu’ils n’ont de cesse de violer la loi, de mentir et de détruire notre écosystème numérique ? L’analyse du règlement antiterroriste, qui repose sur la même volonté politique, donne une première piste : la notion européenne de « terrorisme » est tellement vague que ce règlement pousserait notamment Facebook et Google à censurer largement les revendications des mouvements sociaux (voir notre analyse appliquée aux gilets jaunes, dont les propos en ligne pourraient tomber sous la censure « anti-terroriste »).
Quand la police demande aux géants de défendre Macron
Un autre événement, cette fois-ci en matière de « haine », est encore plus éclairant : en début d’année, nos amis de NextInpact révélaient que la police française avait signalé à Google une caricature présentant Emmanuel Macron et son gouvernement sous les traits du dictateur Pinochet et de ses proches. Nous avons fait une demande CADA à la police pour comprendre les raisons de ce signalement et venons d’en recevoir la réponse.
Source (et suite) du texte : La Quadrature du net
Il est admis que 1984 et La Ferme des animaux d'Orwell permettent de penser les dictatures du XXe siècle. Je pose l'hypothèse qu'ils permettent également de concevoir les dictatures de toujours.
Comment instaurer aujourd'hui une dictature d'un type nouveau ?
J'ai pour ce faire dégagé sept pistes : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l'histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l'Empire. Chacun de ces temps est composé de moments particuliers.
- Pour détruire la liberté, il faut : assurer une surveillance perpétuelle ; ruiner la vie personnelle ; supprimer la solitude ; se réjouir des fêtes obligatoires ; uniformiser l'opinion ; dénoncer le crime par la pensée.
- Pour appauvrir la langue, il faut : pratiquer une langue nouvelle ; utiliser le double langage ; détruire des mots ; oraliser la langue ; parler une langue unique ; supprimer les classiques.
- Pour abolir la vérité, il faut : enseigner l'idéologie ; instrumentaliser la presse ; propager de fausses nouvelles ; produire le réel.
- Pour supprimer l'histoire, il faut : effacer le passé ; réécrire l'histoire ; inventer la mémoire ; détruire les livres ; industrialiser la littérature.
- Pour nier la nature, il faut : détruire la pulsion de vie ; organiser la frustration sexuelle ; hygiéniser la vie ; procréer médicalement.
- Pour propager la haine, il faut : se créer un ennemi ; fomenter des guerres ; psychiatriser la pensée critique ; achever le dernier homme.
- Pour aspirer à l'Empire, il faut : formater les enfants ; administrer l'opposition ; gouverner avec les élites ; asservir grâce au progrès ; dissimuler le pouvoir.
Qui dira que nous n'y sommes pas ?
Quatrième de couverture
Michel Onfray, Théorie de la dictature, Ed. Robert Laffont, mai 2019
Emmanuel Todd, Qu'est-ce que le macronisme (Science Po, 9 octobre 2018)
"J'ai été frappé par tous ces dialogues qu'il allait chercher dans la rue, avec des gens plus faibles que lui sur le point de la formation intellectuelle. J'ai cru sentir chez lui une véritable jouissance à humilier les humbles, cela m'a frappé parce que c'est répétitif et c'est tellement facile d'écraser, face à une caméra, un ouvrier dans une usine ou un jeune dans une banlieue, etc. J'ai perçu ça pas simplement comme l'expression psychique d'un besoin de domination mais d'une certaine forme de violence dans sa personnalité. c'est très violent de faire cela.(...) Ce qu'à révélé l'affaire Benalla c'est l'omniprésence d'un discours méprisant et violent dans le cercle restreint du macronisme".
Michel Onfray, Seconde lettre à Manu (octobre 2018)
"D’abord, premier doigt, il y eut cette étonnante évaporation de tes bénéfices en tant que banquier chez Rothschild: tu sembles en effet avoir habilement fait disparaître cette somme considérable de ta déclaration de patrimoine avant les présidentielles. Quid en effet des cinq millions d’euros que tu as engrangés comme banquier pendant huit ans et dont personne ne retrouve la trace ? (source : "Cinq millions d’euros en huit ans, où est l’argent, Emmanuel Macron?" dans Economie Matin du 16 février 2017). Cinq millions, ça en fait des billets de cinq euros que tu voles dans la poche des étudiants qui reçoivent l’APL!"
Source et transcript entier : Michel Onfray
Emmanuel Macron, discours orwelien devant ses partisans (Paris, Louvre, 7 mai 2017) "Je vous servirai au nom de notre devise, Liberté, Egalité, Fraternité. (...) Je vous servirai avec amour ! (sic)"
Emmanuel Macron, préparation au show présidentiel (Paris, 7 mai 2017)
Emmanuel Macron, en rando au Louvre (8 mai 2017)
Le Front social, en marche contre Macron (8 mai 2017)
Michel Onfray, "Souverainiste" (Le Point, avril 2017)
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Métapolitique, nouveaux clivages et Présidentielle 2017
Le 13 avril 2017 - Pouvoir au peuple
Introduction
Le clivage gauche-droite a longtemps été un outil de classification des idées politiques. Aujourd’hui, il semble être en partie éprouvé, près d’un français sur trois ne sachant plus se positionner par rapport à lui.
Dans cet article je vous propose une nouvelle grille de lecture des clivages profonds qui surplombent les courants d’idées traditionnels, en postulant l’existence de quatre autres axes majeurs formant la matrice idéologique fondamentale de la politique française.
Un des problèmes essentiels que pose le clivage gauche-droite tel qu’il est généralement perçu aujourd’hui, c’est qu’il englobe la question des valeurs morales. Ainsi la personne de gauche se doit d’être progressiste sur le plan des valeurs, et la personne de droite conservatrice. L’inconvénient majeur résultant de cette vision se situe dans l’impossibilité de créer une union populaire entre les tenants d’une vision de gauche progressiste d’une part et d’une vision de droite conservatrice d’autre part. Ils se retrouvent alors piégés car à l’opposé sur le plan des valeurs, rendant leurs opinions et leurs choix politiques a priori irréconciliables pour l’intérêt général.
Quelle nouvelle grille de lecture faciliterait l’analyse contemporaine des courants d’idées politiques et une meilleure identification des intérêts de chacun ?
I – Un clivage traditionnel de plus en plus obsolète
Voici le clivage gauche-droite actuel tel qu’il est généralement perçu :
Autrement dit, voilà schématiquement ce que les médias de masse et un grand nombre de figures politiques, syndicales et journalistiques présentent habituellement :
Nous aimons que les choses soient bien rangées, qu’elles soient « à leur place ». Il n’y a rien de mal à cela, c’est utile pour nous aider à donner du sens aux évènements du monde dans le but de structurer notre conscience. Le problème, c’est que cette vision de la politique est au moins en partie archaïque, qu’elle perd de sa substance, même si de nombreux politiciens s’appliquent encore à la faire perdurer artificiellement pour servir leurs intérêts électoraux.
Il y a encore quelques temps, nous aimions à penser que la gauche fut systématiquement « socialiste » ou « communiste » et que la droite fut toujours « républicaine ». Mais cela a bien changé. La droite républicaine a probablement disparu avec Charles De Gaulle, tandis que le socialisme et le communisme ont si fortement évolué que les grands partis qui s’en revendiquent aujourd’hui n’ont plus grand chose à voir avec les idées d’origine.
Les partis politiques traditionnels et les médias dominants sont en interaction constante entre eux, immergés dans l’environnement politico-médiatique. Ils façonnent largement l’opinion publique à la politique. Les médias de masse fonctionnent comme des réceptacles bien clivants, en présentant ceux qui ont pour fonction de recueillir les mécontents avec des étiquettes repoussantes (« extrême-droite », « extrême-gauche »), en misant sur le fait qu’ils ne seront jamais assez fédérateurs et nombreux pour gouverner. Un pari risqué, dont la cote diminue chaque jour davantage.
Partant du constat que le clivage gauche/droite perd en pertinence, nous proposons deux grands clivages qui façonnent plus ou moins discrètement la vie politique française. Nous les appelons les clivages métapolitiques.
II – Les clivages métapolitiques
Souveraineté VS Européisme et Mondialisme
(l’État-nation contre la Supranation)
et
Démocratie VS Oligarchie
(le Peuple contre l’Élite dominante)
Plusieurs facteurs nous permettent d’accréditer l’existence de nouveaux axes centraux pour comprendre la politique française.
Pour Dominique de Villepin, accepter la guerre, en France comme au Moyen-Orient, c’est accepter la fuite en avant. Alors que Daech cherche méthodiquement à créer les conditions d’un conflit généralisé, répondre par les armes équivaut à éteindre un incendie au lance-flammes.
Je refuse de vivre dans le monde que veulent nous imposer les terroristes. C’est pourquoi je veux que nous nous donnions les moyens de décider nous-mêmes de notre avenir, forts du courage et de l’exemple de tant de nos compatriotes à l’occasion des attentats de Paris et Saint-Denis.
La guerre ne nous rend pas plus forts, elle nous rend vulnérables. Quelle est, en effet, la stratégie de Daech ? Elle est double et il faut savoir la prendre au sérieux pour la combattre.
Premièrement, les hommes de Daech cherchent à susciter la guerre civile en France et en Europe, à monter les populations contre les musulmans, français, immigrés ou réfugiés. C’est ce qu’ils visaient en attaquant Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. C’est ce qu’ils confirment par la violence aveugle et sauvage du 13 novembre. En nous lançant à corps perdu dans la restriction des libertés individuelles ou dans la suspicion généralisée envers l’islam à travers une laïcité de combat traquant barbes et voiles, nous leur donnerions le choix des armes.
Notre force, c’est notre Etat de droit et c’est la fidélité à nos principes, c’est l’équilibre et la mesure, en utilisant avec fermeté tous les moyens d’enquête et de poursuite de notre Etat, en mobilisant ses forces de sécurité et de défense. Qu’il faille des mesures exceptionnelles pour faire face à l’urgence, je le crois. Mais méfions-nous de l’état d’urgence permanent et de la surenchère sécuritaire qui, je le crains, va dominer notre vie politique pour plusieurs années. On voudra toujours plus de fermeté vis-à-vis des étrangers et on n’obtiendra que le ressentiment. On voudra, de façon préventive, une lutte de plus en plus dure contre la délinquance, notamment dans les banlieues, et on obtiendra la criminalisation d’une frange de la société et l’incitation à la radicalisation. On voudra le contrôle accru de l’expression des religions et on n’obtiendra que la radicalisation de l’islam des caves. Bref, nous serons un pas plus proche de la guerre civile. Et nous aurons renié les libertés mêmes que les terroristes ont voulu attaquer.
Les Nouveaux chemins de la connaissance par Adèle Van Reeth
Les maux de la psychanalyse
(1/4): La culture nous rend-elle méchants ? 21.09.2015, avec :
Paul-Laurent Assoun, psychanalyste, professeur à l'université de Paris VII, et membre de l'UMR CNRS psychanalyse et pratiques sociales, et
Dorian Astor, philosophe et germaniste, spécialiste de Nietzsche
(2/4): La femme existe-t-elle ? 22.09.2015 avec :
Clotilde Leguil, philosophe et psychologue, et
Colette Soler, philosophe et docteur en psychologie
(3/4): Qu'est-ce qu'un bon psy ? 23.09.2015, avec :
Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie
Laurence Kahn, psychanalyste et membre de l'Association psychanalytique de France
(4/4): La psychiatrie sur le divan 24.09.2015, avec :
Roland Gori, professeur émérite de psychopathologie clinique à l'université d'Aix-Marseille et psychanalyste
Steeves Demazeux, maître de conférences au Département de philosophie, de l’Université Bordeaux Montaigne.
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Michel Onfray - Le Crépuscule d'une idole, L'affabulation freudienne (Librairie Mollat, 2012)
Commande sur Amazon : Le Crépuscule d'une idole
Souverainisme
Par Jacques Sapir, le 21 septembre 2015
Je publie, comme contribution au débat, ici le texte de l’introduction du livre sur le “Moment souverainiste” que je suis en train de terminer et qui sera publié en janvier 2016 aux éditions Michalon. Ce texte reprend un certains nombres de textes précédents qui ont été publiés sur ce carnet. Nous vivons un moment souverainiste.
Dans l’agora, qu’elle soit électronique ou non, le souverainisme fait débat. C’est une question qui dérange, et à juste titre. Car le souverainisme est ce spectre qui hante notre monde ; il est ce qui à présent fait clivage. On s’oppose parfois à cette notion dans les rangs de la gauche, où, pourtant, on n’hésite pas à parler de souveraineté alimentaire…Ainsi il y aurait un « bon » souverainisme comme un « mauvais ». Cette incohérence rend ceux qui la tiennent illisibles et, par conséquence, inaudibles. Si la notion de souverainisme a pris une telle place dans le débat c’est bien le symptôme que ce terme touche à quelque chose d’essentiel : la liberté. Celle de faire et de décider, en son nom personnel comme de manière collective, et non la simple liberté formelle.
Au-delà des polémiques mesquines, et des approximations politiciennes, par delà des incompréhensions réciproques, et qui ne sont pas toutes de bonne foi, c’est bien la question de notre liberté qui est posée. Mais, parce que la liberté individuelle ne se construit jamais de manière individuelle, parce que nous sommes avant toute chose des animaux politiques et que nous vivons en société, il ne peut y avoir d’individus libres que dans une société libre. La souveraineté définit aussi cette liberté de décider qui caractérise les communautés politiques que sont les peuples à travers le cadre de la Nation et de l’Etat. Cet oubli de la dimension nécessairement sociale et collective de notre liberté caractérise le point de vue « libéral », point de vue qui lui-même transcende les divisions « gauche-droite », et qui, il ne faut pas s’en étonner, s’avère hostile dans certains de ses courants à cette notion de souveraineté.
Cependant, encore faut-il savoir ce qui fait société, encore faut-il comprendre ce qui constitue un « peuple », et faut-il comprendre que quand nous parlons d’un « peuple » nous ne parlons pas d’une communauté ethnique ou religieuse, mais de cette communauté politique d’individus rassemblés qui prend son avenir en mains[1]. Le « peuple » auquel on se réfère est un peuple « pour soi », qui se construit dans l’action et non un peuple « en soi ». Se référer à cette notion de souveraineté, vouloir la défendre et la faire vivre, se définir donc comme souverainiste, implique de comprendre que nous vivons dans des sociétés hétérogènes et que l’unité de ces dernières se construit, et se construit avant tout politiquement. Cette unité n’est jamais donnée ni naturelle[2]. Se référer à la notion de souveraineté implique donc aussi de dépasser l’idée d’un peuple constitué sur des bases ethniques ou par une communauté de croyants et de penser la question de la laïcité. Car la question de l’appartenance religieuse, quand elle se transforme en intégrisme, est contradictoire avec la notion de souveraineté. Il n’est pas sans signification que la Nation et l’Etat se soient construits historiquement en France à la fois dans la lutte contre les féodalités locales et contre les prétentions supranationales de la papauté et de la religion chrétienne. Il n’est pas donc sans importance que le penseur qui a établi le rôle central de la souveraineté, Jean Bodin, ait aussi écrit l’un des livres les plus fondamentaux sur la laïcité parce qu’il avait pris acte de l’hétérogénéité de la société.