Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
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mardi 22 juillet 2014
Se désintoxiquer de la langue de bois
Sur les docks par Irène Omélianenko
Se désintoxiquer de la langue de bois 07.05.2014
Un documentaire de Myriam Prévost et Véronique Vila
Le novlangue (traduit de l'anglais Newspeak, masculin dans la traduction française d'Amélie Audiberti) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949).
Le principe est simple : plus on diminue le nombre de mots d'une langue et plus on fusionne les mots entre eux, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir en éliminant les finesses du langage, plus on rend les gens incapables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l'affect. La mauvaise maîtrise de la langue rend ainsi les gens stupides et manipulables par les instruments de propagande massifs tels que la télévision.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Novlangue, extrait du film 1984 d'après Orwell
Voir aussi la page : Georges Orwell
vendredi 5 juillet 2013
Qu'est-ce que le langage ?
Qu'est-ce que le langage et en quoi est-ce important ?
Un point de vue personnel, celui de Noam Chomsky
Conférence à Genève, 25 juillet 2013, 20h 30 à Uni Dufour (entrée libre).
L’étude de tout sujet relatif au langage est guidée, du moins implicitement, par une
certaine conception de ce qu’est le langage.
Il s’agit de s’interroger sur les propriétés générales du langage, son développement chez
l’individu, son évolution dans le temps et les options de variation, l’origine du langage, le
langage et la culture, un grand nombre de questions de linguistique appliquée et de nombreuses questions spécifiques. Au fil des années, peu d’études ont tenté d’apporter des réponses rigoureuses ou précises quant à ce qu’est le langage, mais l’impact des conceptions implicites ou approximatives est évident. Approfondir les réponses proposées peut avoir des implications beaucoup plus importantes dans de nombreux domaines, comme en témoignent plusieurs cas simples.
Source : Unige
Un point de vue personnel, celui de Noam Chomsky
Conférence à Genève, 25 juillet 2013, 20h 30 à Uni Dufour (entrée libre).
L’étude de tout sujet relatif au langage est guidée, du moins implicitement, par une
certaine conception de ce qu’est le langage.
Il s’agit de s’interroger sur les propriétés générales du langage, son développement chez
l’individu, son évolution dans le temps et les options de variation, l’origine du langage, le
langage et la culture, un grand nombre de questions de linguistique appliquée et de nombreuses questions spécifiques. Au fil des années, peu d’études ont tenté d’apporter des réponses rigoureuses ou précises quant à ce qu’est le langage, mais l’impact des conceptions implicites ou approximatives est évident. Approfondir les réponses proposées peut avoir des implications beaucoup plus importantes dans de nombreux domaines, comme en témoignent plusieurs cas simples.
Source : Unige
dimanche 10 mars 2013
Etienne ou Stéphane Mallarmé
Source du texte : Evene
Autres biographies : Musée d'Orsay / wikipedia
Oeuvres voir : wikipedia
En ligne : wikisource / poemeweb / litterature audio (mp3)
Auguste Renoir, Stephane Mallarmé
Je viens de passer une année effrayante : ma pensée s’est pensée, et est arrivée à une conception pure. Tout ce que, par contre-coup, mon être a souffert, pendant cette longue agonie, est inénarrable, mais, heureusement, je suis parfaitement mort, et la région le plus impure où mon esprit puisse s’aventurer est l’éternité, mon esprit, ce solitaire habituel de sa propre pureté, que n’obscurcit plus même le reflet du temps.
Malheureusement, j’en suis arrivé là par une horrible sensibilité, et il est temps que je l’enveloppe d’une indifférence extérieure, qui remplacera pour moi la force perdue. J’en suis, après une synthèse suprême, à cette lente acquisition de la force - incapable tu le vois de me distraire. Mais combien plus je l’étais, il y a plusieurs mois, d’abord dans ma lutte terrible avec ce vieux et méchant plumage, terrassé, heureusement, Dieu. Mais comme cette lutte s’est passée sur son aile osseuse, qui, par une agonie plus vigoureuse que je ne l’eusse soupçonné chez lui m’avait emporté dans des ténèbres, je tombai, victorieux, éperdument et infiniment - jusqu’à ce qu’enfin je me sois revu un jour devant ma glace de Venise, tel que je m’étais oublié plusieurs mois auparavant.
J’avoue, du reste, mais à toi seul, que j’ai encore besoin, tant ont été grandes les avaries de mon triomphe, de me regarder dans cette glace pour penser, et que si elle n’était pas devant la table où je t’écris cette lettre, je redeviendrais le néant. C’est t’apprendre que je suis maintenant impersonnel, et non plus Stéphane que tu as connu, - mais une aptitude qu’à l’univers spirituel à se voir et à se développer, à travers ce qui fut moi.
Fragile comme est mon apparition terrestre, je ne puis subir que les développements absolument nécessaires pour que l’univers retrouve, en ce moi, son identité.
Extrait de : Stéphane Mallarmé, Correspondance. Lettres sur la poésie, Gallimard-folio, 1995, pp. 342-343.
Source : 3e Millénaire / morphosis
* * *
William Turner, Tempête
Brise marine
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !
* * *
Prose (pour des Esseintes)
Hyperbole ! de ma mémoire
Triomphalement ne sais-tu
Te lever, aujourd'hui grimoire
Dans un livre de fer vêtu :
Car j'installe, par la science,
L'hymne des coeurs spirituels
En l'oeuvre de ma patience,
Atlas, herbiers et rituels.
Nous promenions notre visage
(Nous fûmes deux, je le maintiens)
Sur maints charmes de paysage,
O soeur, y comparant les tiens.
L'ère d'autorité se trouble
Lorsque, sans nul motif, on dit
De ce midi que notre double
Inconscience approfondit
Que, sol des cent iris, son site
Ils savent s'il a bien été,
Ne porte pas de nom que cite
L'or de la trompette d'Été.
Oui, dans une île que l'air charge
De vue et non de visions
Toute fleur s'étalait plus large
Sans que nous en devisions.
Telles, immenses, que chacune
Ordinairement se para
D'un lucide contour, lacune,
Qui des jardins la sépara.
Gloire du long désir, Idées
Tout en moi s'exaltait de voir
La famille des iridées
Surgir à ce nouveau devoir.
Mais cette soeur sensée et tendre
Ne porta son regard plus loin
Que sourire, et comme à l'entendre
J'occupe mon antique soin.
Oh! sache l'Esprit de litige,
À cette heure où nous nous taisons,
Que de lis multiples la tige
Grandissait trop pour nos raisons
Et non comme pleure la rive
Quand son jeu monotone ment
À vouloir que l'ampleur arrive
Parmi mon jeune étonnement
D'ouïr tout le ciel et la carte
Sans fin attestés sur mes pas
Par le flot même qui s'écarte,
Que ce pays n'exista pas.
L'enfant abdique son extase
Et docte déjà par chemins
Elle dit le mot : Anastase !
Né pour d'éternels parchemins,
Avant qu'un sépulcre ne rie
Sous aucun climat, son aïeul,
De porter ce nom: Pulchérie !
Caché par le trop grand glaïeul.
Hyperbole ! de ma mémoire
Triomphalement ne sais-tu
Te lever, aujourd'hui grimoire
Dans un livre de fer vêtu :
Car j'installe, par la science,
L'hymne des coeurs spirituels
En l'oeuvre de ma patience,
Atlas, herbiers et rituels.
Nous promenions notre visage
(Nous fûmes deux, je le maintiens)
Sur maints charmes de paysage,
O soeur, y comparant les tiens.
L'ère d'autorité se trouble
Lorsque, sans nul motif, on dit
De ce midi que notre double
Inconscience approfondit
Que, sol des cent iris, son site
Ils savent s'il a bien été,
Ne porte pas de nom que cite
L'or de la trompette d'Été.
Oui, dans une île que l'air charge
De vue et non de visions
Toute fleur s'étalait plus large
Sans que nous en devisions.
Telles, immenses, que chacune
Ordinairement se para
D'un lucide contour, lacune,
Qui des jardins la sépara.
Gloire du long désir, Idées
Tout en moi s'exaltait de voir
La famille des iridées
Surgir à ce nouveau devoir.
Mais cette soeur sensée et tendre
Ne porta son regard plus loin
Que sourire, et comme à l'entendre
J'occupe mon antique soin.
Oh! sache l'Esprit de litige,
À cette heure où nous nous taisons,
Que de lis multiples la tige
Grandissait trop pour nos raisons
Et non comme pleure la rive
Quand son jeu monotone ment
À vouloir que l'ampleur arrive
Parmi mon jeune étonnement
D'ouïr tout le ciel et la carte
Sans fin attestés sur mes pas
Par le flot même qui s'écarte,
Que ce pays n'exista pas.
L'enfant abdique son extase
Et docte déjà par chemins
Elle dit le mot : Anastase !
Né pour d'éternels parchemins,
Avant qu'un sépulcre ne rie
Sous aucun climat, son aïeul,
De porter ce nom: Pulchérie !
Caché par le trop grand glaïeul.
* * *
Merleau-Ponty à propos du langage de Mallarmé
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