MAJ de la page : Revenu de base
Olivier Le Naire, Clémentine Lebon, Les principes du Revenu de base (Université Colibris, 2017)
Olivier Le Naire, Clémentine Lebon, Les 4 objectifs du Revenu de base (Université Colibris, 2017)
Le revenu de base, levier d’émancipation collective ou nouvelle arnaque néolibérale ?
Par Sophie Chapelle, le 14 avril 2017 - Bastamag
Le revenu de base s’est immiscé au cœur de la présidentielle. L’idée : verser à chacun un revenu mensuel de sa naissance à sa mort, sans condition ni contrepartie. Pourquoi cette mesure est-elle autant reprise et fait-elle autant débat, à droite comme à gauche ? En quoi le revenu universel peut-il être un moyen d’émancipation ? Ne risque-t-il pas, au contraire, de renvoyer les femmes au foyer, ou de menacer la protection sociale ? En réalité, selon les mouvements, selon les courants politiques ou les économistes, le contenu de cette idée varie en profondeur. Quel montant, quel mode de financement ? Où le revenu de base est-il expérimenté ? Basta ! explore une question qui a le mérite de remettre le travail et la répartition des richesses au cœur du débat.
Revenu de base, revenu universel inconditionnel, allocation universelle, revenu d’existence, salaire à vie [1], revenu d’autonomie, Liber... Des appellations multiples qui recouvrent un même principe : verser à tout citoyen un revenu mensuel, de sa naissance à sa mort, sans condition ni contrepartie. D’après les mouvements qui militent pour le revenu de base [2], trois caractéristiques principales en sont au fondement : il est universel, versé sur une base individuelle et accordé de façon inconditionnelle. Mais de multiples nuances, selon les acteurs qui le reprennent à leur compte, façonnent ce dispositif.
A droite comme à gauche, des politiques s’approprient l’idée. Europe Écologie-Les Verts (EELV) s’est prononcé en faveur du revenu universel dès l’élection présidentielle de 2007. Benoit Hamon, actuel candidat du Parti socialiste (PS), en a fait une mesure phare dont les contours ont beaucoup évolué depuis le début de la campagne [3]. Lors des primaires de la droite, Nathalie Kosciuzko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson ont également repris l’idée dans le but de remettre à plat un système d’aides sociales devenu selon eux « trop complexe » et trop coûteux.
Le revenu de base, une utopie vieille de plusieurs siècles
L’idée d’un revenu de base vient de loin. Dans son livre Utopia en 1516, le penseur britannique Thomas More défend le principe de procurer à chacun des moyens d’existence, pour lutter contre le crime. L’utopie resurgit avec la Révolution française. Le philosophe Thomas Paine, seul étranger à avoir siégé à la Convention en 1792, envisage dans son livre La Justice agraire le versement, en une fois, d’une somme prélevée sur les propriétés foncières à chaque individu âgé de 21 ans, « afin de l’aider à débuter dans le monde ». Il prévoit aussi le paiement d’une faible rente annuelle à toutes les personnes de plus de 50 ans « afin de les aider à vivre leur vieillesse sans misère ».
Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
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jeudi 20 avril 2017
mardi 30 août 2016
"Les négociations sur le TIPP ont de facto échoué [ou pas]"
MAJ de la page : TAFTA
Selon le ministre allemand de l'Economie, les négociations pour le TAFTA ont échoué
Le 28 aôut 2016 - RTFrance
Selon Sigmar Gabriel, ministre de l'Economie et vice-chancelier allemand, les négociations pour la mise en place d'une large zone de libre échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis ont échoué.
«A mon avis, les négociations avec les Etats-Unis ont de facto échoué, même si personne ne veut encore ouvertement l'admettre», a déclaré le ministre de l'Economie allemand.
Interrogé par la chaîne de télévision allemande ZDF sur les avancées du projet de traité de libre-échange transatlantique, Sigmar Gabriel a expliqué que malgré 14 rencontres et rounds de négociations, les deux parties n'avaient réussi à se mettre d'accord que sur un seul des 27 chapitres en cours de discussion.
Washington souhaitait ardemment que l'accord de libre-échange soit signé avant la fin de l'année 2016, mais il a rencontré une forte opposition dans bon nombre de pays européens, en France ou en Allemagne notamment. Ainsi, en mai 2016, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur français, Matthias Fekl déclarait à propos de l'arrêt des négociations : «Au vu de l'état d'esprit aujourd'hui des Etats-Unis, elle semble l'option la plus probable»
Pour ses détracteurs, le traité risque de placer les intérêts des multinationales au dessus des intérêts des Etats dans lesquels elles opèrent, menaçant au passage les normes sociales ou environnementales.
Propos démentis par le Commissaire européen au commerce, Cecilia Malmström, les négociations «ont été difficiles, bien sûr, nous le savions depuis le début, mais elles n'ont pas échoué».
Lire sur RT :
TTIP : la France veut arrêter les négociations, mais pour l'UE, elles «n'ont pas échoué», le
30 août 2016
et sur FC :
Traité de libre-échange transatlantique : un coup d'arrêt ?
La Commission européenne passe 90% de son temps avec les lobbys industriels
Par Sophie Chapelle, le 15 juillet 2015 - Bastamag
Des négociations menées en toute opacité dans le seul intérêt des multinationales : ce sombre tableau entourant le Tafta – le projet de traité commercial entre l’Europe et les Etats-Unis – est étayé par de nouvelles données compilées par l’Observatoire européen des entreprises (CEO) et SumOfUs, une organisation mondiale de défense des consommateurs. Sur les 597 réunions organisées entre janvier 2012 et février 2014 par la direction générale du commerce (DG Trade) sur le Tafta, 528 se sont tenues avec des acteurs du monde des affaires contre seulement 53 réunions avec des groupes d’intérêt public.
Selon le ministre allemand de l'Economie, les négociations pour le TAFTA ont échoué
Le 28 aôut 2016 - RTFrance
Selon Sigmar Gabriel, ministre de l'Economie et vice-chancelier allemand, les négociations pour la mise en place d'une large zone de libre échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis ont échoué.
«A mon avis, les négociations avec les Etats-Unis ont de facto échoué, même si personne ne veut encore ouvertement l'admettre», a déclaré le ministre de l'Economie allemand.
Interrogé par la chaîne de télévision allemande ZDF sur les avancées du projet de traité de libre-échange transatlantique, Sigmar Gabriel a expliqué que malgré 14 rencontres et rounds de négociations, les deux parties n'avaient réussi à se mettre d'accord que sur un seul des 27 chapitres en cours de discussion.
Washington souhaitait ardemment que l'accord de libre-échange soit signé avant la fin de l'année 2016, mais il a rencontré une forte opposition dans bon nombre de pays européens, en France ou en Allemagne notamment. Ainsi, en mai 2016, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur français, Matthias Fekl déclarait à propos de l'arrêt des négociations : «Au vu de l'état d'esprit aujourd'hui des Etats-Unis, elle semble l'option la plus probable»
Pour ses détracteurs, le traité risque de placer les intérêts des multinationales au dessus des intérêts des Etats dans lesquels elles opèrent, menaçant au passage les normes sociales ou environnementales.
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Propos démentis par le Commissaire européen au commerce, Cecilia Malmström, les négociations «ont été difficiles, bien sûr, nous le savions depuis le début, mais elles n'ont pas échoué».
Lire sur RT :
TTIP : la France veut arrêter les négociations, mais pour l'UE, elles «n'ont pas échoué», le
30 août 2016
et sur FC :
Traité de libre-échange transatlantique : un coup d'arrêt ?
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La Commission européenne passe 90% de son temps avec les lobbys industriels
Par Sophie Chapelle, le 15 juillet 2015 - Bastamag
Des négociations menées en toute opacité dans le seul intérêt des multinationales : ce sombre tableau entourant le Tafta – le projet de traité commercial entre l’Europe et les Etats-Unis – est étayé par de nouvelles données compilées par l’Observatoire européen des entreprises (CEO) et SumOfUs, une organisation mondiale de défense des consommateurs. Sur les 597 réunions organisées entre janvier 2012 et février 2014 par la direction générale du commerce (DG Trade) sur le Tafta, 528 se sont tenues avec des acteurs du monde des affaires contre seulement 53 réunions avec des groupes d’intérêt public.
jeudi 7 juillet 2016
... L'injustice, c'est la loi
MAJ de la page : LuxLeaks / Antoine Deltour
Procès LuxLeaks : les lanceurs d’alerte condamnés au nom du secret des affaires
Par Sophie Chapelle, le 30 juin 2016 - Bastamag
Le verdict de l’affaire LuxLeaks est tombé le 29 juin. D’un côté de la barre, PricewaterhouseCoopers (PwC), un cabinet de conseil luxembourgeois dont la spécialité est d’aider ses très gros clients à éviter de payer des milliards d’euros d’impôts. De l’autre, deux anciens salariés de ce cabinet et un journaliste, déterminés à dénoncer ces pratiques à la limite de la légalité (notre précédent reportage). La justice luxembourgeoise a tranché : ce sont les deux lanceurs d’alerte, Antoine Deltour et Raphaël Halet, qui ont respectivement été condamnés à une peine de 12 mois de prison avec sursis et 1500 euros d’amende, et 9 mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende. Le journaliste Edouard Perrin (France Télévisions), qui a dévoilé dans un documentaire les accords fiscaux secrets permettant aux multinationales de réduire considérablement leurs taxes sur les bénéfices en s’installant au Luxembourg, a été acquitté.
« C’est le monde à l’envers !, ont immédiatement réagi les organisations de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires. Alors que ceux qui agissent en citoyens pour la défense de l’intérêt général sont condamnés, des multinationales, aidées par des cabinets comme PwC, continuent en toute impunité, à contourner massivement l’impôt. Il est intolérable que des lanceurs d’alerte soient traités en criminels, tout comme il est inacceptable que l’opacité qui entoure les pratiques des entreprises multinationales leur permette d’échapper à l’impôt. » Une protection globale et efficace des lanceurs d’alerte est réclamée par plusieurs organisations européennes et internationales, « y compris l’OCDE, le Conseil de l’Europe ou encore la Commission européenne », rappelle Transparency International. « Il est urgent de créer un statut pour protéger les lanceurs d’alerte », souligne l’eurodéputée Eva Joly dans un récent entretien accordé à Basta !.
« Ce jugement revient à condamner les avancées réglementaires que les révélations à l’origine de l’affaire Luxleaks ont impulsées, a déclaré Antoine Deltour à la sortie de l’audience. Si vous voyez passer des milliards d’euros qui contournent les règles fiscales de manière douteuse, le tribunal vous enjoint aujourd’hui de fermer les yeux et de n’en parler à personne. Je pense qu’aucun citoyen ne peut s’en satisfaire. C’est pour cela que je vais faire appel ». Raphaël Halet a lui aussi annoncé faire appel de ce jugement. Les organisations de la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires l’affirment : « Il faut changer la donne, notre mobilisation ne faiblira pas : ce sont ceux qui pratiquent l’évasion fiscale qui devraient être condamnés, pas ceux qui la dénoncent ! » Une illustration des conséquences possibles de la directive sur le secret des affaires, votée par le Parlement européen en avril, et sur laquelle s’est appuyé le Procureur luxembourgeois pour demander la condamnation des deux lanceurs d’alerte.
... L'injustice, c'est la loi (2016)
Par Sophie Chapelle, le 30 juin 2016 - Bastamag
Le verdict de l’affaire LuxLeaks est tombé le 29 juin. D’un côté de la barre, PricewaterhouseCoopers (PwC), un cabinet de conseil luxembourgeois dont la spécialité est d’aider ses très gros clients à éviter de payer des milliards d’euros d’impôts. De l’autre, deux anciens salariés de ce cabinet et un journaliste, déterminés à dénoncer ces pratiques à la limite de la légalité (notre précédent reportage). La justice luxembourgeoise a tranché : ce sont les deux lanceurs d’alerte, Antoine Deltour et Raphaël Halet, qui ont respectivement été condamnés à une peine de 12 mois de prison avec sursis et 1500 euros d’amende, et 9 mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende. Le journaliste Edouard Perrin (France Télévisions), qui a dévoilé dans un documentaire les accords fiscaux secrets permettant aux multinationales de réduire considérablement leurs taxes sur les bénéfices en s’installant au Luxembourg, a été acquitté.
« C’est le monde à l’envers !, ont immédiatement réagi les organisations de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires. Alors que ceux qui agissent en citoyens pour la défense de l’intérêt général sont condamnés, des multinationales, aidées par des cabinets comme PwC, continuent en toute impunité, à contourner massivement l’impôt. Il est intolérable que des lanceurs d’alerte soient traités en criminels, tout comme il est inacceptable que l’opacité qui entoure les pratiques des entreprises multinationales leur permette d’échapper à l’impôt. » Une protection globale et efficace des lanceurs d’alerte est réclamée par plusieurs organisations européennes et internationales, « y compris l’OCDE, le Conseil de l’Europe ou encore la Commission européenne », rappelle Transparency International. « Il est urgent de créer un statut pour protéger les lanceurs d’alerte », souligne l’eurodéputée Eva Joly dans un récent entretien accordé à Basta !.
« Ce jugement revient à condamner les avancées réglementaires que les révélations à l’origine de l’affaire Luxleaks ont impulsées, a déclaré Antoine Deltour à la sortie de l’audience. Si vous voyez passer des milliards d’euros qui contournent les règles fiscales de manière douteuse, le tribunal vous enjoint aujourd’hui de fermer les yeux et de n’en parler à personne. Je pense qu’aucun citoyen ne peut s’en satisfaire. C’est pour cela que je vais faire appel ». Raphaël Halet a lui aussi annoncé faire appel de ce jugement. Les organisations de la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires l’affirment : « Il faut changer la donne, notre mobilisation ne faiblira pas : ce sont ceux qui pratiquent l’évasion fiscale qui devraient être condamnés, pas ceux qui la dénoncent ! » Une illustration des conséquences possibles de la directive sur le secret des affaires, votée par le Parlement européen en avril, et sur laquelle s’est appuyé le Procureur luxembourgeois pour demander la condamnation des deux lanceurs d’alerte.
vendredi 24 juin 2016
ZAD : dedans, dehors
Terre à terre par Ruth Stégassy
Zad de Notre-Dame-des-Landes
1/2 Dedans (28 mai 2016)
A quelques jours du "référendum" sur l'aéroport de Notre Dame des Landes, visite au cœur de la Zad, pour mieux connaître le quotidien de ses habitants
2/2 Dehors (4 juin 2016)
La Zad de Notre Dame des Landes n'est pas coupée du reste du monde. Au contraire, les points de rencontre sont nombreux, et fertiles.
* * *
Notre-Dame-des-Landes contre Nantes Atlantique : un nouvel aéroport est-il vraiment utile ?
Par Nolwenn Weiler, Sophie Chapelle, le 24 juin 2016 - Bastamag
« Êtes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? » La question sera posée par référendum local ce 26 juin aux électeurs de Loire-Atlantique. Les modalités de la consultation apparaissent contestables tant sur la question – incomplète puisque l’actuel aéroport ne fermera pas – que sur le périmètre choisi – un seul département alors que deux régions sont directement concernées et que les finances publiques seront mises à contribution. Notre-Dame-des-Landes ou Nantes Atlantique ? Emplois, bruit, sécurité, coûts, conséquences sur l’environnement... Basta ! vous présente le résultat du match.
mardi 26 avril 2016
De nouveaux OGM, sans évaluation ni étiquetage, bientôt dans les assiettes ?
MAJ de la page : OGM
De nouveaux OGM, sans évaluation ni étiquetage, bientôt dans les assiettes ?
Par Sophie Chapelle, le 26 avril 2016 - Bastamag
Les consommateurs européens sont majoritairement opposés à la consommation d’OGM. Une réticence qui a contribué à limiter l’importation et la commercialisation de plantes et semences génétiquement modifiées. Mais l’apparition sur le marché de nouvelles techniques de modification du génome pourrait changer la donne. La Commission européenne doit prochainement rendre un avis pour savoir si les organismes issus de ces techniques doivent être ou non couverts par la réglementation OGM. S’ils y échappent, ils pourront être cultivés sans évaluation ni étiquetage. Des organisations paysannes et environnementales lancent l’alerte.
Pour la première fois depuis vingt ans, la culture de plantes transgéniques diminue légèrement dans le monde [1]. Pas de quoi inquiéter pour autant les pro-OGM. L’Isaaa, organisation qui compte parmi ses contributeurs les grandes firmes agrochimiques mondiales (Monsanto, Syngenta, DuPont, Novartis,...), se réjouit de l’arrivée sur le marché de nouvelles biotechnologies végétales, regroupées sous le terme d’« édition du génome » [2]. Sept de ces techniques de modifications génétiques sont actuellement à l’étude par la Commission européenne, qui doit déterminer si les produits qui en sont issus sont ou non des OGM. Et donc s’ils doivent être couverts par la réglementation OGM. Si ce n’est pas le cas, ils échapperont aux procédures d’évaluation des risques, d’autorisation, d’étiquetage ou de suivi [3].
Pas simple pour le grand public de s’emparer de ce débat. Même les acronymes choisis pour qualifier ces techniques sont complexes et opaques : « NPBT » ou « NBT », pour New Plant Breeding Techniques, « Nouvelles techniques de sélection des plantes ». « C’est l’appellation des industriels, relève Daniel Evain de la Fédération nationale de l’agriculture biologique. Mais il ne s’agit en aucun cas de sélection ». Car ces nouvelles techniques vont bien au-delà : elles modifient le génome de la plante.
Les techniques utilisées jusqu’à présent pour fabriquer des OGM prennent le gène d’une plante pour le mettre dans une autre – c’est la transgénèse. Mais ces nouvelles techniques à l’étude ne font pas intervenir un gène extérieur : il est désormais possible de modifier les gènes à l’intérieur même des cellules des embryons de plantes. Ces techniques peuvent permettre d’éteindre des gènes, de les activer, de les muter ou de les répliquer.
samedi 6 février 2016
Pourquoi le ministère de l’Agriculture continue-t-il d’entraver les alternatives aux pesticides ?
MAJ de la page : Produits chimiques, nos enfants en danger
Pourquoi le ministère de l’Agriculture continue-t-il d’entraver les alternatives aux pesticides ?
Par Nolwenn Weiler, Sophie Chapelle, le 5 février 2016
L’enquête de Cash Investigation diffusée le 2 février rappelle un scandale sanitaire toujours à l’œuvre : les pesticides cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques qui sont déversés par milliers de tonnes chaque année, dans tous les départements. Qu’en est-il des alternatives à ces molécules chimiques de synthèse ? La loi d’avenir agricole de juillet 2014 devait favoriser la commercialisation des préparations naturelles comme le vinaigre blanc, le sucre ou l’argile. Or, le décret permettant leur mise sur le marché traîne au milieu des piles de dossiers du ministère... À ce jour, pulvériser sur ses cultures une tisane de plantes reste passible de poursuites. Quant à l’agriculture bio, sans pesticides, elle n’est pas suffisamment soutenue.
La France reste le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. Selon les informations recueillies par les équipes de Cash Investigation et de francetv info, près de 100 000 tonnes de pesticides très toxiques sont épandus en France dans les champs, les vignes ou les vergers. Sur la base de données confidentielles provenant du ministère de l’Écologie, Cash Investigation a identifié 71 substances jugées « dangereuses » ou « potentiellement dangereuses » par différents organismes [1]. C’est en Gironde, dans la Marne et en Loire-Atlantique qu’est épandue la plus grande quantité de pesticides (en noir sur la carte) [2] :
Qu’entend t-on exactement par « substances dangereuses » ? La carte ci-dessus recense les pesticides qualifiés de « CMR » (cancérogène, mutagène, reprotoxique) ou contenant des perturbateurs endocriniens (un poison qui attaque les hormones). Ces molécules peuvent entrainer un cancer, des mutations génétiques, des possibilités de stérilité, voire plusieurs de ces effets à la fois. Contrairement aux autres toxiques, ce n’est pas la dose qui fait le poison, mais plutôt le moment. Ainsi, l’exposition des fœtus aux perturbateurs endocriniens présente le plus grand risque, car l’organisme est en pleine formation. Les effets d’une exposition in utero peuvent se voir à la naissance, avec par exemple des malformations génitales, mais aussi des années plus tard avec l’apparition de cancers, de diabètes, de problèmes d’obésité ou d’infertilité.
Des pesticides dans les cours d’école
Ces effets néfastes sont désormais très documentés, mais la bataille pour établir le lien entre les pesticides et leurs conséquences sanitaires est loin d’être gagnée. Les agriculteurs malades qui osent désormais briser l’omerta, et tentent de faire reconnaître leurs cancers comme maladies professionnelles sont confrontés à de véritables parcours du combattant. Idem pour les ouvriers agricoles malades et leurs familles contaminées. Les professionnels de l’agriculture ne sont pas les seules victimes des pesticides qu’ils épandent. On estime que 40 à 60% des produits pulvérisés n’atteignent pas le sol, et restent en suspension dans l’air... Ainsi, dans les communes viticoles, particulièrement consommatrices de produits phytosanitaires, l’atmosphère est souvent chargée en chimie, et pas seulement dans les champs [3].
Pourquoi le ministère de l’Agriculture continue-t-il d’entraver les alternatives aux pesticides ?
Par Nolwenn Weiler, Sophie Chapelle, le 5 février 2016
L’enquête de Cash Investigation diffusée le 2 février rappelle un scandale sanitaire toujours à l’œuvre : les pesticides cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques qui sont déversés par milliers de tonnes chaque année, dans tous les départements. Qu’en est-il des alternatives à ces molécules chimiques de synthèse ? La loi d’avenir agricole de juillet 2014 devait favoriser la commercialisation des préparations naturelles comme le vinaigre blanc, le sucre ou l’argile. Or, le décret permettant leur mise sur le marché traîne au milieu des piles de dossiers du ministère... À ce jour, pulvériser sur ses cultures une tisane de plantes reste passible de poursuites. Quant à l’agriculture bio, sans pesticides, elle n’est pas suffisamment soutenue.
La France reste le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. Selon les informations recueillies par les équipes de Cash Investigation et de francetv info, près de 100 000 tonnes de pesticides très toxiques sont épandus en France dans les champs, les vignes ou les vergers. Sur la base de données confidentielles provenant du ministère de l’Écologie, Cash Investigation a identifié 71 substances jugées « dangereuses » ou « potentiellement dangereuses » par différents organismes [1]. C’est en Gironde, dans la Marne et en Loire-Atlantique qu’est épandue la plus grande quantité de pesticides (en noir sur la carte) [2] :
Des pesticides dans les cours d’école
Ces effets néfastes sont désormais très documentés, mais la bataille pour établir le lien entre les pesticides et leurs conséquences sanitaires est loin d’être gagnée. Les agriculteurs malades qui osent désormais briser l’omerta, et tentent de faire reconnaître leurs cancers comme maladies professionnelles sont confrontés à de véritables parcours du combattant. Idem pour les ouvriers agricoles malades et leurs familles contaminées. Les professionnels de l’agriculture ne sont pas les seules victimes des pesticides qu’ils épandent. On estime que 40 à 60% des produits pulvérisés n’atteignent pas le sol, et restent en suspension dans l’air... Ainsi, dans les communes viticoles, particulièrement consommatrices de produits phytosanitaires, l’atmosphère est souvent chargée en chimie, et pas seulement dans les champs [3].
lundi 14 décembre 2015
Fin de la COP21
A Paris, les Etats s’accordent pour sauver le climat mais ne précisent pas comment y arriver
Par Sophie Chapelle, le 13 décembre 2015 - Bastamag
L’accord sur le climat a été adopté dans la soirée du 12 décembre au Bourget sous un tonnerre d’applaudissements. Un quasi unanimisme entoure le texte jugé « historique ». Pourtant, à y regarder de plus près, l’accord ne précise en rien comment la communauté internationale devra agir pour ne pas dépasser un réchauffement de 2°C. Ni les moyens que les États devront débloquer pour y arriver et s’entraider. Encore moins les sanctions qui frapperaient un pays qui ne réduirait pas ses émissions. Les énergies renouvelables ne semblent pas faire partie des solutions. Au contraire du nucléaire, des techniques de manipulation de l’atmosphère ou de l’accaparement des terres. Décryptage.
Les traits sont tirés. Négociateurs, représentants d’ONG, journalistes... chacun regarde sa montre et n’a qu’une envie : que les heures de réunions et les nuits blanches s’achèvent sur un « accord » sur le climat. Même si celui-ci est « a minima ». Ce samedi, nombreux sont ceux qui arpentent les couloirs du Bourget avec leurs valises. « La fin de la COP est fixée par les horaires de vol de retour », ironise un fin connaisseur de ces négociations. Jusqu’au bout, le contenu de l’accord est resté secret. Toute la semaine, des compromis ont été passés derrière des portes closes réunissant négociateurs et décideurs politiques de chaque pays. La course à l’info pour les milliers de journalistes et ONG s’est parfois achevée dans les salles de repos.
mercredi 25 novembre 2015
Les apprentis sorciers du climat : la Géo-ingénierie
MAJ de la page : Les apprentis sorciers du climat (France Culture)
LES APPRENTIS SORCIERS DU CLIMAT (France, 2014)
Pour stopper le réchauffement de la planète, des scientifiques proposent de modifier le climat. Stimuler le plancton, repeindre les toits en blanc, envoyer des miroirs dans l'espace... : ces techniques plus ou moins fantaisiste font un retour en force. Une enquête remarquable sur une alternative inquiétante à la diminution d'émissions de CO2.
Stimuler le plancton, repeindre les toits en blanc, envoyer des miroirs dans l'espace… : des lubies ? Non, la géo-ingénierie. Ces techniques plus ou moins fantaisiste, visent à modifier le climat afin d'enrayer le réchauffement de la planète. Longtemps, les scientifiques se sont refusé à mentionner ce plan B parce qu'ils pensaient qu'il détournerait le monde politique du plan A (limiter les émissions de gaz à effet de serre). Autrefois décrié, il opère aujourd'hui un retour en force.
Les recherches les plus avancées se proposent d'imiter l'effet des éruptions volcaniques en pulvérisant des particules refroidissantes dans la stratosphère. Pour l'instant, ces expériences restent confinées en laboratoire. Mais jusqu'à quand ? Aux États-Unis, la géo-ingénierie séduit les milieux conservateurs, ceux-là mêmes qui nient le lien entre le réchauffement climatique et l'activité humaine. Cette solution présente, il est vrai, des avantages : elle évite de se mettre les industries polluantes à dos, d'imposer de nouvelles taxes, de changer nos modes de vie, et crée du business. Mais des scientifiques prédisent des effets dévastateurs en cascade : augmentation des pluies, suppression de la mousson, désertification...
Course à l'arme météorologique
Ce documentaire réunit de nombreux experts, partisans ou critiques à l'égard de la manipulation du climat : scientifiques, journalistes, lobbyistes, historiens, "géo-ingénieurs", exposant placidement des projets qui font froid dans le dos… À l'aide d'un riche fonds d'archives, le film se penche sur l'histoire ahurissante de ces techniques qui ont pris leur essor durant la course à l'armement de la guerre froide, brossant au passage le portrait d'Edward Teller, qui a inspiré le docteur Folamour de Stanley Kubrick. Ce dernier pensait, notamment, régler le problème de la sécheresse californienne par une explosion nucléaire…
Source : Arte
LES APPRENTIS SORCIERS DU CLIMAT (France, 2014)
Pour stopper le réchauffement de la planète, des scientifiques proposent de modifier le climat. Stimuler le plancton, repeindre les toits en blanc, envoyer des miroirs dans l'espace... : ces techniques plus ou moins fantaisiste font un retour en force. Une enquête remarquable sur une alternative inquiétante à la diminution d'émissions de CO2.
Stimuler le plancton, repeindre les toits en blanc, envoyer des miroirs dans l'espace… : des lubies ? Non, la géo-ingénierie. Ces techniques plus ou moins fantaisiste, visent à modifier le climat afin d'enrayer le réchauffement de la planète. Longtemps, les scientifiques se sont refusé à mentionner ce plan B parce qu'ils pensaient qu'il détournerait le monde politique du plan A (limiter les émissions de gaz à effet de serre). Autrefois décrié, il opère aujourd'hui un retour en force.
Les recherches les plus avancées se proposent d'imiter l'effet des éruptions volcaniques en pulvérisant des particules refroidissantes dans la stratosphère. Pour l'instant, ces expériences restent confinées en laboratoire. Mais jusqu'à quand ? Aux États-Unis, la géo-ingénierie séduit les milieux conservateurs, ceux-là mêmes qui nient le lien entre le réchauffement climatique et l'activité humaine. Cette solution présente, il est vrai, des avantages : elle évite de se mettre les industries polluantes à dos, d'imposer de nouvelles taxes, de changer nos modes de vie, et crée du business. Mais des scientifiques prédisent des effets dévastateurs en cascade : augmentation des pluies, suppression de la mousson, désertification...
Course à l'arme météorologique
Ce documentaire réunit de nombreux experts, partisans ou critiques à l'égard de la manipulation du climat : scientifiques, journalistes, lobbyistes, historiens, "géo-ingénieurs", exposant placidement des projets qui font froid dans le dos… À l'aide d'un riche fonds d'archives, le film se penche sur l'histoire ahurissante de ces techniques qui ont pris leur essor durant la course à l'armement de la guerre froide, brossant au passage le portrait d'Edward Teller, qui a inspiré le docteur Folamour de Stanley Kubrick. Ce dernier pensait, notamment, régler le problème de la sécheresse californienne par une explosion nucléaire…
Source : Arte
lundi 23 novembre 2015
Comment les multinationales se servent du changement climatique pour imposer leur futur modèle agricole
Comment les multinationales se servent du changement climatique pour imposer leur futur modèle agricole
Par Sophie Chapelle, le 23 novembre 2015 - Bastamag

Les émissions de gaz à effet de serre liées au secteur agricole sont dans le collimateur des gouvernements. Un nouveau concept émerge : « l’agriculture climato-intelligente », en vue de produire plus et mieux… Dans les arènes des négociations sur le climat, les multinationales sont dans les starting-blocks pour promouvoir des « engrais intelligents » et des plantes génétiquement modifiées tolérantes à la sécheresse. Alors que l’agro-industrie est en passe de remporter la bataille sur l’agro-écologie, des chercheurs et des ONG tentent de renverser la donne. Enquête.
Près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient imputables à l’agriculture [1]. Un chiffre inquiétant... et dérangeant. Car il englobe tous les systèmes de production, de l’agriculture « conventionnelle » à l’agriculture biologique, de l’élevage hors-sol à l’élevage pastoral, des monocultures industrielles aux petites fermes en polyculture-élevage. Alors que la responsabilité des agriculteurs dans le réchauffement climatique se retrouve pointée du doigt, des acteurs agro-industriels tirent profit de ces amalgames pour reverdir leur image.
C’est le cas de Yara International, une entreprise norvégienne leader des engrais de synthèse, qui a vendu plus de 26 millions de tonnes d’engrais dans 150 pays l’an passé [2]. Le groupe se lance dans l’« intensification durable » ! L’idée ? Accroître le recours aux engrais chimiques augmenterait les rendements, et permettrait ainsi d’utiliser moins de terres agricoles et d’éviter les émissions liées à l’expansion des cultures sur les forêts. Ce raisonnement n’a pas convaincu l’ONG agricole Grain, qui, dans un nouveau rapport, souligne que les fabricants d’engrais figurent « parmi les principaux ennemis du climat au niveau mondial ». Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que pour 100 kilos d’engrais azoté appliqué sur les sols, un kilo se retrouve dans l’atmosphère sous forme d’oxyde nitreux (N2O), un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2 ! « Leurs produits pourraient être responsables de près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), sans parler des dommages entraînés pour les cours d’eau, les sols et la couche d’ozone », ajoute l’ONG. Un décalage entre pratiques et discours qui vaut à Yara une nomination au Prix Pinocchio du climat 2015 [3].
Par Sophie Chapelle, le 23 novembre 2015 - Bastamag
Les émissions de gaz à effet de serre liées au secteur agricole sont dans le collimateur des gouvernements. Un nouveau concept émerge : « l’agriculture climato-intelligente », en vue de produire plus et mieux… Dans les arènes des négociations sur le climat, les multinationales sont dans les starting-blocks pour promouvoir des « engrais intelligents » et des plantes génétiquement modifiées tolérantes à la sécheresse. Alors que l’agro-industrie est en passe de remporter la bataille sur l’agro-écologie, des chercheurs et des ONG tentent de renverser la donne. Enquête.
Près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient imputables à l’agriculture [1]. Un chiffre inquiétant... et dérangeant. Car il englobe tous les systèmes de production, de l’agriculture « conventionnelle » à l’agriculture biologique, de l’élevage hors-sol à l’élevage pastoral, des monocultures industrielles aux petites fermes en polyculture-élevage. Alors que la responsabilité des agriculteurs dans le réchauffement climatique se retrouve pointée du doigt, des acteurs agro-industriels tirent profit de ces amalgames pour reverdir leur image.
C’est le cas de Yara International, une entreprise norvégienne leader des engrais de synthèse, qui a vendu plus de 26 millions de tonnes d’engrais dans 150 pays l’an passé [2]. Le groupe se lance dans l’« intensification durable » ! L’idée ? Accroître le recours aux engrais chimiques augmenterait les rendements, et permettrait ainsi d’utiliser moins de terres agricoles et d’éviter les émissions liées à l’expansion des cultures sur les forêts. Ce raisonnement n’a pas convaincu l’ONG agricole Grain, qui, dans un nouveau rapport, souligne que les fabricants d’engrais figurent « parmi les principaux ennemis du climat au niveau mondial ». Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que pour 100 kilos d’engrais azoté appliqué sur les sols, un kilo se retrouve dans l’atmosphère sous forme d’oxyde nitreux (N2O), un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2 ! « Leurs produits pourraient être responsables de près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), sans parler des dommages entraînés pour les cours d’eau, les sols et la couche d’ozone », ajoute l’ONG. Un décalage entre pratiques et discours qui vaut à Yara une nomination au Prix Pinocchio du climat 2015 [3].
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