lundi 21 janvier 2013

Christophe André


Né à Montpellier en 1956, il passe sa thèse de médecine à Toulouse en 1980, puis son mémoire de psychiatrie en 1982, et exerce depuis 1992 à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, au sein du Service hospitalo-universitaire de Santé mentale et de Thérapeutique. Il est spécialisé dans la prise en charge des troubles anxieux et dépressifs, et tout particulièrement dans le domaine de la prévention des rechutes.

Christophe André est l’un des chefs de file des Thérapies comportementales et cognitives en France, et a été l’un des premiers à y introduire l’usage de la méditation en psychothérapie.
Chargé d’enseignement à l’Université Paris X, il est auteur de nombreux livres de psychologie à destination du grand public.
Source du texte : wikipedia


Bibliographie :
- La Peur des autres. Trac, timidité et phobie sociale, Odile Jacob, 1995 et 2000
- Comment gérer les personnalités difficiles, Odile Jacob, 1996
- L'Estime de soi, Odile Jacob, 1999 et 2007
- La Force des émotions, Odile Jacob, 2001
- Petites angoisses et grosses phobies, Seuil, 2002
- Vivre heureux. Psychologie du bonheur, Odile Jacob, 2003
- Petits complexes et grosses déprimes, Seuil, 2004
- Psychologie de la peur. Craintes, angoisses et phobies, Odile Jacob, 2004
- Imparfaits, libres et heureux. Pratiques de l’estime de soi, Odile Jacob, 2006
- De l’art du bonheur, L’Iconoclaste, 2006
- Petits pénibles et gros casse-pieds, Seuil, 2007
- Guide pratique de psychologie quotidienne, Odile Jacob, 2008 (ouvrage collectif)
- Les États d’âme. Un apprentissage de la sérénité, Odile Jacob, 2009
- Méditer, jour après jour, l'iconoclaste, 2011
- Sérénité - 25 histoires d'équilibre intérieur, Odile Jacob, 2012
Site officiel : Christophe André
Blog officiel : Psychoactif


Qu’est-ce que la pleine conscience ?
La pleine conscience est la qualité de conscience qui émerge lorsqu’on tourne intentionnellement son esprit vers le moment présent. C’est l’attention portée à l’expérience vécue et éprouvée, sans filtre (on accepte ce qui vient), sans jugement (on ne décide pas si c’est bien ou mal, désirable ou non), sans attente (on ne cherche pas quelque chose de précis). La pleine conscience peut être décomposée en trois attitudes fondamentales. La première est une ouverture maximale du champ attentionnel, portant sur l’ensemble de l’expérience personnelle de l’instant, autrement dit, tout ce qui est présent à l’esprit, minute après minute : perceptions du rythme respiratoire, des sensations corporelles, de ce que l’on voit et entend, de l’état émotionnel, des pensées qui vont et viennent. La seconde attitude fondamentale est un désengagement des tendances à juger, à contrôler ou à orienter cette expérience de l’instant présent ; enfin, la pleine conscience est une conscience « non élaborative », dans laquelle on ne cherche pas à analyser ou à mettre en mots, mais plutôt à observer et à éprouver. L’état de pleine conscience représente une modalité de fonctionnement mental qui peut survenir spontanément chez tout être humain. Différents questionnaires validés permettent d’évaluer les aptitudes spontanées à la pleine conscience ; l’un des plus étudiés, le  MAAS (pour Mindful Attention Awareness Scale ou échelle d’évaluation de la pleine conscience) a été récemment validé en français par le psychologue Joël Billieux et ses collègues de l’Université de Genève. Il propose des questions telles que : « Je casse ou renverse des choses parce que je suis inattentif(ve) ou parce que je pense à autre chose » ; « J’ai  des  difficultés  à  rester  concentré(e)  sur  ce qui se passe dans le présent » ; « J’ai tendance à marcher rapidement pour me rendre là où je veux aller, sans prêter attention à ce qui se passe durant le trajet ». Ces questions explorent nos capacités de « présence » ou d’absence (par distraction, préoccupation, ou tension vers un objectif) à tout ce que nous faisons. Mais l’aptitude à la pleine conscience peut aussi se cultiver : de nombreux bénéfices semblent être associés à cet « entraînement de l’esprit » que l’on nomme méditation de pleine conscience.


La méditation  de pleine conscience 
La pleine conscience est l’objectif de nombreuses pratiques méditatives anciennes, mais aussi de démarches psychothérapeutiques récentes. Voilà au moins 2 000 ans que la méditation est inscrite au cœur de la philosophie bouddhiste. Et à peu près autant d’années que le mot existe dans l’Occident chrétien, mais avec un sens différent : chez nous, la méditation suggère une longue et profonde réflexion, un mode de pensée exigeant et attentif. Cette démarche, que l’on pourrait dire analytique, réflexive, existe également dans la tradition bouddhiste. Mais il y en a aussi une seconde, plus contemplative : observer simplement ce qui est. La première est une action, même s’il s’agit d’une action mentale (réfléchir sans déformer). La seconde est une simple présence, mais éveillée et affûtée (ressentir sans intervenir). C’est elle dont les vertus soignantes intéressent le monde de la psychothérapie et des  neurosciences depuis quelques années. Le mot méditer vient d’ailleurs du latin  meditari, de mederi, « donner  des  soins  à »… La méditation de pleine conscience représente en quelque sorte la première world therapy, pour reprendre le terme anglais se référant aux pratiques médicales rassemblant des influences diverses : racines orientales et codification occidentale. Nord-américaine, pour être plus précis, puisque les premiers à l’avoir importée dans le monde de la psychologie scientifique, et à lui avoir donné son assise et son rayonnement actuel, furent un psychologue américain, Jon Kabat-Zin, et un psychiatre canadien, Zindel Segal. Sous sa forme actuelle, la méditation de pleine conscience est le plus souvent dispensée en groupes, selon des protocoles assez codifiés comportant huit séances de deux heures environ, suivant un rythme hebdomadaire. Durant ces séances, les participants sont invités à participer à des exercices de méditation, qu’ils doivent ensuite pratiquer quotidiennement chez eux. À côté de ces exercices dits « formels », ils sont également invités à des pratiques informelles qui consistent tout simplement à prêter régulièrement attention aux gestes du quotidien : manger, marcher, se brosser les dents en pleine conscience, et non en pensant à autre chose ou en faisant autre chose dans le même temps. Enfin, à mesure que le programme se déroule, il leur est recommandé d’adopter la pleine conscience comme une attitude mentale régulièrement pratiquée, afin de bénéficier de parenthèses au milieu des multiples engagements dans l’action ou sollicitations existant au quotidien : il s’agit par exemple de profiter des temps d’attente ou de transports pour se recentrer quelques instants sur sa respiration et sur l’ensemble de ses sensations, ou de prendre l’habitude d’accepter d’éprouver les émotions désagréables (après un conflit ou une difficulté) plutôt que de vouloir à tout prix les éviter, en passant à autre chose, que ce soit le travail ou une distraction, pour se « changer les idées ». En ce sens, la méditation de pleine conscience se distingue par exemple de la relaxation : on  ne  cherche  pas  à  éviter de ressentir des émotions douloureuses ou à les masquer, mais au contraire à les accepter sans les amplifier. On pourrait dire qu’il s’agit d’une sorte d’écologie de l’esprit, postulant que beaucoup de nos difficultés psychiques proviennent de stratégies inadaptées, fondées notamment sur le désir d’éradiquer la douleur (par le refus ou l’évitement). Pour paradoxal que cela paraisse, renoncer à ces stratégies permet souvent d’atténuer la souffrance plus vite et surtout plus durablement. Nietzsche ne soutenait-il pas que « La pire maladie des hommes provient de la façon dont ils ont combattu leurs maux. »
Extrait : La médiation de pleine conscience (Cerveau et psycho, n 41, 2010)
Source (et suite) du texte : Christophe André (PDF)














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