Affichage des articles dont le libellé est foucault. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est foucault. Afficher tous les articles

mardi 18 décembre 2018

Les Chemins de la philosophie : Psychiatrie






Psychiatrie (10-14 déc. 2018)
(1/4) L’Histoire de la folie par Michel Foucault
avec Luca Paltrinieri, maître de conférences en philosophie politique, philosophie des sciences humaines et sociales à l’Université de Rennes 1
(2/4) Sommes-nous tous malades ?
avec Pierre-Michel Llorca, psychiatre, professeur de psychiatrie, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand
Pierre Sidon, psychiatre, psychanalyste, médecin directeur du CSAPA-UDSM à Champigny-sur-Marne, membre de l’ECF
(3/4) Antonin Artaud, pour en finir avec l’enfermement
avec Evelyne Grossman, professeure de littérature française contemporaine à l’Université Paris Diderot Paris 7
(4/4) Heidegger, psychiatre malgré lui ?
avec Camille Abettan, philosophe à l’unité de recherche du Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (CRISES) et psychiatre au service urgence et post-urgence psychiatrique du CHU de Montpellier

lundi 23 avril 2018

La vérité en question

MAJ de la page : Nietzche contre Foucault / Friedrich Nietzsche / Jacques Bouveresse / Noam Chomsky



Jacques Bouveresse, Nietzsche contre Foucault : Sur la vérité, la connaissance et le pouvoir, Ed, Agone, 2016 (Librairie Les Topiques)




Noam Chomsky vs Michel Foucault (1971)


Nietzsche contre Foucault. La vérité en question. 
Par Jacques Bouveresse, mars 2016 - Le Monde diplomatique 

On a pu dire à propos de Michel Foucault que son principal mérite était de nous avoir enfin débarrassés de l’idée même de vérité. En s’appuyant sur la lecture des premiers écrits de Nietzsche, il a établi qu’elle ne reposerait que sur une distinction entre le vrai et le faux toujours à déconstruire — d’autant plus que cette opposition serait au service de l’ordre en place. La vérité serait-elle donc une variable culturelle ?

Sur ce que pourraient être, à ses yeux, les mobiles et les buts réels qui se dissimulent derrière la recherche supposée de la vérité, Michel Foucault a donné une idée très claire de la façon dont il se représentait la situation dans sa première année de cours au Collège de France : « Il s’agirait de savoir si la volonté de vérité n’exerce pas, par rapport au discours, un rôle d’exclusion analogue à celui que peut jouer l’opposition de la folie et de la raison, ou le système des interdits. Autrement dit, il s’agirait de savoir si la volonté de vérité n’est pas aussi profondément historique que n’importe quel autre système d’exclusion ; si elle n’est pas arbitraire comme eux en sa racine ; si elle n’est pas modifiable comme eux au cours de l’histoire (1). » Dans une démarche comme celle de Foucault, la grande découverte, due pour l’essentiel à Nietzsche, consiste justement en ce que l’utilisation de la distinction vrai-faux serait elle-même le résultat d’une sorte de violence originaire commise envers la réalité, qui la « falsifie » de façon essentielle : « Si la connaissance se donne comme connaissance de la vérité, c’est qu’elle produit la vérité par le jeu d’une falsification première et toujours reconduite qui pose la distinction du vrai et du faux (2).  »

Un partisan d’une théorie réaliste de la vérité dirait sans doute que l’opposition du vrai et du faux dans le langage est liée intrinsèquement à la prétention qu’a le langage de représenter la réalité. Avant que nous n’intervenions de façon quelconque, la réalité a déjà réparti, indépendamment de nous, les faits en ceux qui sont réalisés et ceux qui ne le sont pas. Aristote dit dans une formule fameuse : « Ce n’est pas parce que nous pensons d’une manière vraie que tu es blanc, que tu es blanc ; mais c’est parce que tu es blanc, qu’en disant que tu l’es, nous sommes dans la vérité (3). » On ne voit pas très bien, si on suit Foucault, où on pourrait chercher et trouver encore une raison qui empêche de dire, au contraire, que c’est seulement parce que nous disons que tu es blanc et disons de cette assertion qu’elle est vraie que tu es blanc : il y a du vrai parce qu’il y a ce que nous appelons le « dire-vrai » ; et il vaudrait mieux renoncer à considérer qu’il y a du dire-vrai parce qu’il y a une vérité à dire.

Un « rôle d’exclusion » ?
Le réalisme demande que l’on distingue clairement entre les moyens et les procédures dont nous disposons à un moment donné pour décider si une proposition est vraie ou fausse, lesquels sont historiquement déterminés, contingents, modifiables, imparfaits et faillibles, et la vérité ou la fausseté de la proposition, qui peut très bien être déterminée sans que nous y soyons pour quelque chose. Mais ce n’est évidemment pas ainsi que Foucault voit les choses. Pour lui, ce qu’on appelle la vérité n’est pas une chose qui résulte d’une confrontation entre le langage et la réalité, mais plutôt, selon une expression qui a fait fortune, un effet du discours lui-même. Il pense que nous sommes obligés de choisir entre deux possibilités qui s’excluent : ou bien la croyance naïve et idéaliste à un sujet de la vérité, conçu sur le modèle qu’en construit la philosophie traditionnelle, et à l’idée que la vérité est essentiellement le produit d’un désir de la vérité elle-même par lequel ce sujet est inspiré et animé ; ou bien l’acceptation de ce dont cette idée constitue justement la dénégation, à savoir la réalité du discours, de ses conditions et de ses lois de production, qui, lorsqu’on la prend au sérieux, fait apparaître la volonté de vérité qui y est à l’œuvre comme ce qu’elle est réellement, à savoir « une prodigieuse machine à exclure ». Je ne vois personnellement aucune raison de croire que nous sommes nécessairement enfermés dans une alternative de ce genre, et je pense que les deux options doivent être pareillement rejetées.

jeudi 1 février 2018

Mon oeil !









Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth
Mon oeil ! (29 janvier - 1 février 2018)
(1/4) Merleau-Ponty, L’œil et l’esprit
avec Lambert Dousson, professeur de philosophie à l'Université Paris Nanterre
(2/4) Foucault, l’œil du pouvoir
avec Guillaume le Blanc, professeur de philosophie à l'Université Paris Est Créteil
(3/4) L’oeil invisible dans la philosophie indienne
avec Marc Ballanfat, Professeur de philosophie en classes préparatoires
(4/4) L’œil de l’artiste
avec Jacqueline Lichtenstein, Philosophe, professeur des Universités, Directrice de l'UFR de Philosophie-Sociologie à la Sorbonne et responsable de la spécialité Esthétique et philosophie de l'art

« Allant dans le rêve de haut en bas, le dieu évoque des formes diverses ; soit, en quelque sorte, qu'il joue avec des femmes, qu'il rie ou qu'il ait devant les yeux des spectacles effrayants. Les objets de son plaisir sont visibles, mais nul ne le voit lui-même. (…) Il en est qui disent que cette retraite (du rêve) est la même pour l'esprit que celle de l'état de veille, parce qu'il voit étant endormi les mêmes choses qu'on voit étant éveillé. Mais il n'en est pas ainsi, car cet esprit brille alors de son propre éclat. (…) Cet esprit se trouvant dans l'état de profond sommeil, et y ayant goûté des jouissances diverses, ayant vagabondé çà et là et y ayant vu le fruit du bien et du mal, en sens inverse revient en courant à son lieu d'origine, qui est l'état de rêve. Tout ce qu'il voit alors ne l'enchaîne pas, car l'esprit n'entre pas en contact avec cela. (…)

                Et là où il se croit comme un roi, comme un dieu, où il pense : « Je suis tout ceci », c'est pour lui le monde suprême. Et puis, là où, étant endormi, il ne désire aucun désir, il ne voit aucun rêve, telle est pour lui la forme où le Soi est son désir, où il a obtenu son désir, où il est sans désir. Comme un homme dans les bras d'une femme aimée ne sait rien du dehors ni du dedans, de même ce Soi corporel, embrassé par le Soi intellectuel, ne sait plus rien du dehors ni du dedans. Et s'il ne voit pas Ceci : c'est quand il voit qu'il ne voit pas Ceci, le visible ; en effet, le voyeur et la vue ne se séparent pas, à cause de l'impérissabilité, et d'autre part il n'y a pas, comme second, un Ceci autre que lui, distinct, qu'il voie. (…) Un voyant, unique, sans second, plongé dans l’eau, tel est, ô roi, le monde de l'absolu. »
Brhadaranyakopanisad, IV, 3, 13 – 4,2 pp113- in Matériaux pour servir à l'histoire de la philosophie de l'Inde, ed F.Vieweg (1878), trad.P. Regnaud
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...