MAJ de la page : Francis Lucille
La Conscience est la réalité
Pourquoi ce qui change est moins réel ?
"La nature réelle de l'illusion c'est la croyance que les objets sont quelque chose d'autre que la conscience, qu'ils ont une existence indépendante de la conscience
De ce fait, vous avez trois étapes de connaissance :
1) L'ignorance dans laquelle les objets sont réels,
2) la reconnaissance de la réalité de la conscience dans laquelle la conscience est réelle, et les objets considérés comme existants indépendamment de la conscience sont une illusion,
3) les objets n'étant rien d'autre que conscience sont réels, en tant que conscience, la conscience est la réalité de l'objet."
La conscience est la réalité absolue qui perçoit.
Que ressent-on quand on se sait être la conscience ?
Qu'est-ce que la loi d'abondance ?
Autres vidéos : Francis Lucille Youtube Vidéos / Francis Lucille Youtube Playlist
Site officiel : Francis Lucille
Toute conscience est conscience de quelque chose. Parler de "conscience sans objet" est-ce alors parler pour ne rien dire ?
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dimanche 24 juillet 2016
mardi 30 juin 2015
La méditation selon Francis Lucille
MAJ de la page : Francis Lucille
Comment définiriez-vous la méditation et ce qu'elle peut apporter dans la vie d'un pratiquant ?
La méditation est notre état naturel; ce que nous sommes spontanément, ce que nous avons toujours été et serons toujours. Libre de dualité, de la fragmentation engendrée par le concept "je", elle est pure êtreté, pure conscience, pure félicité.
Quelle est la spécificité de l'approche que vous partagez ?
La vraie méditation est spontanée. Elle est accueil pur, sans choix, de ce qui se présente dans le champ de la conscience. Aucune sélection n'est faite, tout est accueilli dans cette acceptation bienveillante : perceptions externes, sentiments, sensations corporelles, pensées, ou leur absence. Toutes choses sont admises à l'existence sur un pied d'égalité absolu, non parce qu'il s'agit là d'une pratique, mais parce que les limitations du mental, et donc son inaptitude à nous procurer le bonheur absolu, ont été comprises. C'est là ce que l'apprenti spirituel doit faire. Aucune autre pratique n'est nécessaire. Dans cette ouverture, nous vivons au présent. Il n'y a rien à gagner, ni rien à perdre. La conscience n'est pas un objet à acquérir au bout de la route. Nous avons déjà tout le nécessaire, rien ne manque.
Lorsque nous vivons dans cette écoute, il est intéressant de noter combien nos sentiments changent. Non seulement nos sentiments, mais aussi nos pensées, la façon dont nous ressentons notre corps, la manière dont nous agissons au contact d'autrui. L'accueil bienveillant est la loi universelle. La nuit accueille, le ciel accueille, les oiseaux et les arbres accueillent. Lorsque nous sommes entourés de compagnons accueillants, nous vivons en beauté. La présence silencieuse que nous partageons alors nous donne un avant-goût du paradis perdu.
Comment définiriez-vous la méditation et ce qu'elle peut apporter dans la vie d'un pratiquant ?
La méditation est notre état naturel; ce que nous sommes spontanément, ce que nous avons toujours été et serons toujours. Libre de dualité, de la fragmentation engendrée par le concept "je", elle est pure êtreté, pure conscience, pure félicité.
Quelle est la spécificité de l'approche que vous partagez ?
La vraie méditation est spontanée. Elle est accueil pur, sans choix, de ce qui se présente dans le champ de la conscience. Aucune sélection n'est faite, tout est accueilli dans cette acceptation bienveillante : perceptions externes, sentiments, sensations corporelles, pensées, ou leur absence. Toutes choses sont admises à l'existence sur un pied d'égalité absolu, non parce qu'il s'agit là d'une pratique, mais parce que les limitations du mental, et donc son inaptitude à nous procurer le bonheur absolu, ont été comprises. C'est là ce que l'apprenti spirituel doit faire. Aucune autre pratique n'est nécessaire. Dans cette ouverture, nous vivons au présent. Il n'y a rien à gagner, ni rien à perdre. La conscience n'est pas un objet à acquérir au bout de la route. Nous avons déjà tout le nécessaire, rien ne manque.
Lorsque nous vivons dans cette écoute, il est intéressant de noter combien nos sentiments changent. Non seulement nos sentiments, mais aussi nos pensées, la façon dont nous ressentons notre corps, la manière dont nous agissons au contact d'autrui. L'accueil bienveillant est la loi universelle. La nuit accueille, le ciel accueille, les oiseaux et les arbres accueillent. Lorsque nous sommes entourés de compagnons accueillants, nous vivons en beauté. La présence silencieuse que nous partageons alors nous donne un avant-goût du paradis perdu.
Francis Lucille - La Conscience n'est pas un état vide (Paris, 2012)
Francis Lucille participera (par Visio conférence) à une
Journée de Méditation, le samedi 4 juillet 2015, de 09h à 19h,
dans la campagne genevoise (CHF 40.- / 40.- euros pour la journée)
Site officiel : Méditation ? Journée découverte - 2015
Inscription : lien direct (pour les dernières places)
vendredi 9 décembre 2011
Rencontre en français sur le web avec Francis Lucille
Rencontre en français sur le web avec Francis Lucille.
Ce dimanche à 19h, pour y participer il suffit de vous inscrire (gratuitement) sur la page dédiée : Advaita Meetup
Ce dimanche à 19h, pour y participer il suffit de vous inscrire (gratuitement) sur la page dédiée : Advaita Meetup
mardi 9 août 2011
Francis Lucille en vidéo conférence
Francille Lucille vous propose de le rejoindre en Vidéo Conférence (en français) un dimanche toutes les quatre semaine.
Une première pour les francophones (ces rencontres existent déjà en langue anglaise).
Les participants pourront poser leur questions oralement et en direct, et pourront également entendre et voir la réponse de Francis Lucille.
Prochain entretien :
Dimanche 21 août à 19h heure de Paris (13h heure de Montréal)
Mode d'emploi :
1) Ouvrir un compte Meetup (ou rejoindre le groupe Meetup Advaita).
2) S'inscrire à la Vidéo Conférence (bouton "RSVP").
Les réservations ouvriront 14 jours avant et clôtureront 2 jours avant. Les places sont limitées (100 personnes).
3) Cliquez sur le lien que vous recevrez 24 heure avant (par email) et entrez dans la Vidéo Conférence.
Ces rencontres sont gratuites (une donation volontaire de 15 dollars peut être effectuée via un compte Paypal).
Toutes les infos et le lien (bouton rouge : "Rejoignez-nous"): Meetup Advaita
mercredi 8 septembre 2010
Francis Lucille
VIDEO EN BAS DE PAGE
Francis Lucille est un maître spirituel appartenant à la tradition de l'Advaita Védanta. Il fut pendant de longues années le disciple et ami proche de Jean Klein. Influencé par Ramana Maharshi, Krishnamurti, Wei Wu Wei (qu'il connaissait personnellement) et Krishna Menon, il était aussi lié d'amitié avec les sages Robert Adams, Yvan Amar, Wolter Keers, Robert Linssen et William Samuel. De nombreux enseignants contemporains de l'advaita sont venus participer à ses entretiens. Francis Lucille ne traite que d'un seul sujet: la conscience, notre nature véritable, l'Absolu. C'est là l'enseignement ancient de la non-dualité, le tronc commun de l'Advaita Vedanta, du Boudhisme Ch'an ou Zen, du Taoisme, du Soufisme et de la Gnose.
Source du texte et site officiel : Francis Lucille
Posez-lui une question : Ici / Vidéo Conférence
Bibliographie :
- Le sens des choses. Entretiens sur la non-dualité, Accarias L’Originel, 2007.
Vous m'interrogez sur les circonstances spécifiques à mon cas. Avant d'aller plus avant, je dois vous avertir qu'il serait puéril de croire que chaque chercheur de vérité doit passer par les mêmes expériences objectives. En fait, le chemin varie d'un chercheur à l'autre. Il peut prendre la forme d'une expérience soudaine et dramatique, ou celle d'un cheminement subtil et apparemment graduel. La pierre de touche, dans tous les cas, est la paix et la compréhension qui s'établissent au terme du chemin.
Bien qu'une aperception de la réalité soit un événement cosmique, il peut passer inaperçu au début et faire son chemin à l'arrière plan du mental jusqu'au moment où la structure égotique s'effondre, de même qu'un immeuble sévèrement endommagé par un séisme subsiste quelque temps avant de s'écrouler. Ceci est dû au fait que cette aperception n'est pas mentale. Le mental, jusqu'à lors esclave de l'ego, devient le serviteur et l'amant de la splendeur éternelle qui illumine pensées et perceptions. Esclave de l'ego, le mental devient le gardien de la prison du temps, de l'espace et de la causalité. Serviteur de la plus haute intelligence et amant de la beauté suprême, il devient l'instrument de notre libération.
Mon intérêt pour la vérité surgit à la lecture d'un livre de J. Krishnamurti. Ce fut le point de départ d'une recherche intense qui devient l'axe exclusif de ma vie. Je lus et relus sans relâche les livres de Krishnamurti, de concert avec les textes principaux de l' Advaïta-vedanta et du Bouddhisme Zen. Je fis des changements importants dans ma vie pour vivre en conformité avec ma nouvelle compréhension spirituelle.
Deux ans plus tard, j'avais acquis une bonne compréhension intellectuelle de la perspective non-duelle, mais certaines questions demeuraient encore sans réponse. Je savais par expérience que toute tentative pour combler mes désirs étaient vouées à l'échec. Il m'était devenu clair que j'étais conscience plutôt que mon corps ou mon mental. Cette connaissance n'était pas purement intellectuelle, mais elle semblait prendre sa source dans l'expérience, une sorte d'expérience particulière dénuée de toute objectivité. J'avais connu, en diverses occasions, des états dans lesquels les perceptions étaient baignés de félicité, de lumière et de silence: les objets physiques m'apparaissaient alors plus distants, plus irréels comme si la réalité s'en était détournée pour se donner à cette lumière et à ce silence qui occupaient le centre de la scène. Cette expérience s'accompagnait du sentiment que tout était bien, juste comme il fallait, et qu'il en avait toujours été ainsi. Toutefois je continuais à penser que la conscience était soumise aux mêmes limitations que le mental, qu'elle était de nature personnelle plutôt qu'universelle.
Parfois, il m’arrivait d’avoir un avant-goût d’une conscience illimitée, notamment lors de la lecture de textes advaïtiques ou bouddhistes, ou lors de réflexions profondes sur la perspective non-duelle. Elevé par des parents matérialistes et antireligieux, et rompu à l’étude des mathématiques et de la physique, j’étais à la fois peu disposé à adopter une croyance religieuse quelle qu’elle soit, et méfiant envers toute hypothèse qui n’aurait pas reçu une validation scientifique ou logique. Une conscience illimitée et universelle me semblait être une croyance ou hypothèse de cet ordre, mais je demeurais ouvert à cette éventualité. Le pressentiment de la conscience illimitée était en fait la source d’énergie qui alimentait ma quête. Deux ans après le premier aperçu, cette possibilité avait pris une position centrale dans ma recherche.
C’est à cette époque qu’eut lieu un changement radical, un retournement copernicien. Cet événement, ou plus précisément, ce non-événement, est isolé, autonome, sans cause. La certitude qui en découle a une force absolue, une force indépendante de tout événement, de tout objet ou de toute personne. Elle ne peut se comparer qu’à notre certitude intime d’être conscient. J’étais assis dans mon studio, méditant en silence en compagnie de deux amis. Il était encore trop tôt pour préparer le dîner, notre prochaine activité. N’ayant rien à faire, n’attendant rien, j’étais disponible. Mon esprit était libre de dynamisme, mon corps détendu et sensible, bien que je sente un léger inconfort dans la nuque et le dos.
Au bout de quelque temps, Yvan, l’un de mes amis, entonna à l’improviste un chant traditionnel sanscrit, le Gayatri Mantra. Les syllabes sacrées entrèrent mystérieusement en résonance avec ma présence silencieuse qui sembla devenir intensément vivante. Je sentis un désir profond s’élever en moi, en même temps qu’une résistance m’empêchait de vivre pleinement la situation, de répondre de tout mon être à cette invitation de l’instant, et de m’y fondre. Au fur et à mesure que l’attirance mystérieuse suscitée par le chant augmentait, la résistance elle aussi s’accroissait, peur grandissante qui devint bientôt une terreur intense. A ce point, je sentis que ma mort était imminente, et que cet horrible événement allait être déclenché sans coup férir par le moindre lâcher prise, le moindre abandon à la beauté promise par le chant. J’étais à la croisée des chemins. A la suite de ma quête spirituelle, le monde et ses objets avaient perdu toute attraction pour moi. Je n’en espérais rien de substantiel. J’étais l’amant exclusif de l’absolu, et cet amour me donna le courage de plonger dans le grand vide de la mort, de mourir pour l’amour de cette beauté, si proche maintenant, cette beauté qui m’invitait par-delà les mots sanscrits.
La terreur intense qui m’avait saisi dénoua instantanément son étreinte et se mua en un flux de sensations corporelles et de pensées qui se mirent à converger vers une pensée unique, la pensée « je », tout comme les racines et les branches d’un arbre convergent vers leur tronc commun. Dans une aperception quasi simultanée, l’entité personnelle à laquelle je m’identifiais jusqu’alors se révéla en totalité. Je vis sa superstructure, les pensées nées du concept « je » et son infrastructure, les traces de mes peurs et de mes désirs au niveau physique. L’arbre entier était maintenant contemplé par un œil impersonnel. La superstructure des pensées et l’infrastructure des sensations corporelles s’évanouirent rapidement, laissant seule la pensée « je » dans le champ de la conscience. Pendant quelques instants, encore, la pure pensée « je » sembla vaciller, telle la flamme d’une lampe dont l’huile vient à manquer, puis s’éteignit complètement. A ce moment précis, le fondement intemporel de mon être se révéla dans sa splendeur immortelle.
Extrait de : Le sens des choses. Entretiens sur la non-dualité.
Commande sur Amazon : Le sens des choses : Entretiens sur la non-dualité
Autres extraits : Vous êtes la conscience à chaque instant / Entretien sur la conscience / Le parfum du silence
Francis Lucille est un maître spirituel appartenant à la tradition de l'Advaita Védanta. Il fut pendant de longues années le disciple et ami proche de Jean Klein. Influencé par Ramana Maharshi, Krishnamurti, Wei Wu Wei (qu'il connaissait personnellement) et Krishna Menon, il était aussi lié d'amitié avec les sages Robert Adams, Yvan Amar, Wolter Keers, Robert Linssen et William Samuel. De nombreux enseignants contemporains de l'advaita sont venus participer à ses entretiens. Francis Lucille ne traite que d'un seul sujet: la conscience, notre nature véritable, l'Absolu. C'est là l'enseignement ancient de la non-dualité, le tronc commun de l'Advaita Vedanta, du Boudhisme Ch'an ou Zen, du Taoisme, du Soufisme et de la Gnose.
Source du texte et site officiel : Francis Lucille
Posez-lui une question : Ici / Vidéo Conférence
Bibliographie :
- Le sens des choses. Entretiens sur la non-dualité, Accarias L’Originel, 2007.
Comment avez-vous découvert votre nature véritable ?
Vous m'interrogez sur les circonstances spécifiques à mon cas. Avant d'aller plus avant, je dois vous avertir qu'il serait puéril de croire que chaque chercheur de vérité doit passer par les mêmes expériences objectives. En fait, le chemin varie d'un chercheur à l'autre. Il peut prendre la forme d'une expérience soudaine et dramatique, ou celle d'un cheminement subtil et apparemment graduel. La pierre de touche, dans tous les cas, est la paix et la compréhension qui s'établissent au terme du chemin.
Bien qu'une aperception de la réalité soit un événement cosmique, il peut passer inaperçu au début et faire son chemin à l'arrière plan du mental jusqu'au moment où la structure égotique s'effondre, de même qu'un immeuble sévèrement endommagé par un séisme subsiste quelque temps avant de s'écrouler. Ceci est dû au fait que cette aperception n'est pas mentale. Le mental, jusqu'à lors esclave de l'ego, devient le serviteur et l'amant de la splendeur éternelle qui illumine pensées et perceptions. Esclave de l'ego, le mental devient le gardien de la prison du temps, de l'espace et de la causalité. Serviteur de la plus haute intelligence et amant de la beauté suprême, il devient l'instrument de notre libération.
Mon intérêt pour la vérité surgit à la lecture d'un livre de J. Krishnamurti. Ce fut le point de départ d'une recherche intense qui devient l'axe exclusif de ma vie. Je lus et relus sans relâche les livres de Krishnamurti, de concert avec les textes principaux de l' Advaïta-vedanta et du Bouddhisme Zen. Je fis des changements importants dans ma vie pour vivre en conformité avec ma nouvelle compréhension spirituelle.
Deux ans plus tard, j'avais acquis une bonne compréhension intellectuelle de la perspective non-duelle, mais certaines questions demeuraient encore sans réponse. Je savais par expérience que toute tentative pour combler mes désirs étaient vouées à l'échec. Il m'était devenu clair que j'étais conscience plutôt que mon corps ou mon mental. Cette connaissance n'était pas purement intellectuelle, mais elle semblait prendre sa source dans l'expérience, une sorte d'expérience particulière dénuée de toute objectivité. J'avais connu, en diverses occasions, des états dans lesquels les perceptions étaient baignés de félicité, de lumière et de silence: les objets physiques m'apparaissaient alors plus distants, plus irréels comme si la réalité s'en était détournée pour se donner à cette lumière et à ce silence qui occupaient le centre de la scène. Cette expérience s'accompagnait du sentiment que tout était bien, juste comme il fallait, et qu'il en avait toujours été ainsi. Toutefois je continuais à penser que la conscience était soumise aux mêmes limitations que le mental, qu'elle était de nature personnelle plutôt qu'universelle.
Parfois, il m’arrivait d’avoir un avant-goût d’une conscience illimitée, notamment lors de la lecture de textes advaïtiques ou bouddhistes, ou lors de réflexions profondes sur la perspective non-duelle. Elevé par des parents matérialistes et antireligieux, et rompu à l’étude des mathématiques et de la physique, j’étais à la fois peu disposé à adopter une croyance religieuse quelle qu’elle soit, et méfiant envers toute hypothèse qui n’aurait pas reçu une validation scientifique ou logique. Une conscience illimitée et universelle me semblait être une croyance ou hypothèse de cet ordre, mais je demeurais ouvert à cette éventualité. Le pressentiment de la conscience illimitée était en fait la source d’énergie qui alimentait ma quête. Deux ans après le premier aperçu, cette possibilité avait pris une position centrale dans ma recherche.
C’est à cette époque qu’eut lieu un changement radical, un retournement copernicien. Cet événement, ou plus précisément, ce non-événement, est isolé, autonome, sans cause. La certitude qui en découle a une force absolue, une force indépendante de tout événement, de tout objet ou de toute personne. Elle ne peut se comparer qu’à notre certitude intime d’être conscient. J’étais assis dans mon studio, méditant en silence en compagnie de deux amis. Il était encore trop tôt pour préparer le dîner, notre prochaine activité. N’ayant rien à faire, n’attendant rien, j’étais disponible. Mon esprit était libre de dynamisme, mon corps détendu et sensible, bien que je sente un léger inconfort dans la nuque et le dos.
Au bout de quelque temps, Yvan, l’un de mes amis, entonna à l’improviste un chant traditionnel sanscrit, le Gayatri Mantra. Les syllabes sacrées entrèrent mystérieusement en résonance avec ma présence silencieuse qui sembla devenir intensément vivante. Je sentis un désir profond s’élever en moi, en même temps qu’une résistance m’empêchait de vivre pleinement la situation, de répondre de tout mon être à cette invitation de l’instant, et de m’y fondre. Au fur et à mesure que l’attirance mystérieuse suscitée par le chant augmentait, la résistance elle aussi s’accroissait, peur grandissante qui devint bientôt une terreur intense. A ce point, je sentis que ma mort était imminente, et que cet horrible événement allait être déclenché sans coup férir par le moindre lâcher prise, le moindre abandon à la beauté promise par le chant. J’étais à la croisée des chemins. A la suite de ma quête spirituelle, le monde et ses objets avaient perdu toute attraction pour moi. Je n’en espérais rien de substantiel. J’étais l’amant exclusif de l’absolu, et cet amour me donna le courage de plonger dans le grand vide de la mort, de mourir pour l’amour de cette beauté, si proche maintenant, cette beauté qui m’invitait par-delà les mots sanscrits.
La terreur intense qui m’avait saisi dénoua instantanément son étreinte et se mua en un flux de sensations corporelles et de pensées qui se mirent à converger vers une pensée unique, la pensée « je », tout comme les racines et les branches d’un arbre convergent vers leur tronc commun. Dans une aperception quasi simultanée, l’entité personnelle à laquelle je m’identifiais jusqu’alors se révéla en totalité. Je vis sa superstructure, les pensées nées du concept « je » et son infrastructure, les traces de mes peurs et de mes désirs au niveau physique. L’arbre entier était maintenant contemplé par un œil impersonnel. La superstructure des pensées et l’infrastructure des sensations corporelles s’évanouirent rapidement, laissant seule la pensée « je » dans le champ de la conscience. Pendant quelques instants, encore, la pure pensée « je » sembla vaciller, telle la flamme d’une lampe dont l’huile vient à manquer, puis s’éteignit complètement. A ce moment précis, le fondement intemporel de mon être se révéla dans sa splendeur immortelle.
Extrait de : Le sens des choses. Entretiens sur la non-dualité.
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Autres extraits : Vous êtes la conscience à chaque instant / Entretien sur la conscience / Le parfum du silence
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