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vendredi 15 avril 2011

Jean-Marc Vivenza

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Jean-Marc Vivenza, né en 1957 à Vinay (Isère), est un philosophe, écrivain, et musicologue français dont les travaux se sont orientés vers l'ésotérisme. S'étant consacré tout d’abord à la musicologie, il fut également compositeur, chercheur en électroacoustique et théoricien du « bruitisme futuriste ». Il est à présent, après avoir étudié la pensée du docteur bouddhiste indien Nâgârjuna et l'œuvre de René Guénon, plus particulièrement intéressé au martinisme, à la pensée de Jacob Boehme, Joseph de Maistre, Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz.
Source : Wikipedia
Site internet : Jean-Marc Vivenza


Bibliographie : 

Livres :
- Essai d’ontologie négative, vol. I : « l'essence du nihilisme », Hélios,1993.
- L'Être, La pensée fondatrice, Hélios, 1993.
- Racines grecques et modernité, Hélios, 1993.
- Essai d’ontologie négative, vol.II : « Le Rien l'abîme de l'être », Hélios,1995.
- Nuit, Vérité, Silence, Hélios, 1997.
- L'Existence, la domination réelle de l’être, Hélios,1998.
- Le Dévoilement de la réalité, la vérité de la présence, Hélios, 1999.
- Nâgârjuna et la doctrine de la vacuité, Éditions Albin Michel, 2001, (2e édition 2009, coll. Spiritualités vivantes).
- Le Dictionnaire de René Guénon, Le Mercure Dauphinois, 2002 (2e édition 2005), traduction italienne : Arkéios, 2007.
- Qui suis-je ? Maistre, Éditions Pardès, 2003.
- Qui suis-je ? Saint-Martin, Pardès, 2003.
- François Malaval (1627-1719) et la contemplation de la « Divine Ténèbre », Arma Artis, 2004.
- La Métaphysique de René Guénon, Le Mercure Dauphinois, 2004.
- B.A.-BA, des Rose+Croix, Pardès, 2005 (2e édition, 2006).
- Qui suis-je ? Boehme, Pardès, 2005.
- Le Martinisme, l’enseignement secret des maîtres : Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin, et Jean-Baptiste Willermoz, Le Mercure Dauphinois, 2006,traduction espagnole : Editorial Manakel – Colección Martinista, 2010.
- La Prière du cœur selon Louis-Claude de Saint-Martin dit le « Philosophe Inconnu », Arma Artis, 2007.
- René Guénon et le Rite Ecossais Rectifié, Éditions du Simorgh, 2007, traduction espagnole : Editorial Manakel – Colección Martinista, 2009.
- La Sophia et ses divins mystères, Arma Artis, 2009.
- Tout est conscience, Albin Michel, 2010.


Articles :

- Le Delta rayonnant au Régime Ecossais Rectifié : « Et Tenebrae eam Non Comprehenderunt », Vers la Tradition, n° 65-67, 1996-1997.
- Les signes de la désespérance, Colloque, Unesco, 1997.
- Analyse du Traité sur l’inépuisable Lampe du zen de Torei (1721-1792) et sa vision de l’Eveil, Institut belge des Hautes études chinoises, d’après la traduction de Michel Mohr, Connaissance des Religions, n° 60, 1999.
- Nâgârjuna : la doctrine de la vacuité (sûnyatâvadâ) comme dialectique de la non-substance, Connaissance des Religions, n° 61-64,2000.
- Logique et métaphysique dans la pensée de Frithjof Schuon, Dossier H, l'Âge d’Homme, 2002.
- Le Règne du nominalisme financier, Vers la Tradition, n° 92-93, 2003.
- Le Mystère de « l'Abîme infini » chez François Malaval (1627-1719), Connaissance des Religions, n° 67-68, 2003.
- Le sens spirituel de la mort selon la doctrine de l'Illuminisme mystique, La sœur de l'ange, n°3, 2005.
- Joseph de Maistre et le Régime Ecossais Rectifié, Dossier H, l'Âge d’Homme, 2005.
- Une réponse selon l'Esprit à la crise spirituelle du monde moderne: exil intérieur et providentialisme, Vers la Tradition, n° 104-105, 2006.
- Nature déchue de l'homme et essence de la souveraineté, Dualpha, 2006.
- De l'Image à la Ressemblance selon la perspective métaphysique de la « réintégration » des êtres, Les Cahiers Verts, n°2 nouvelle série, 2007.
- La Science initiatique de l'homme, Les Cahiers Verts, n°4 nouvelle série, 2009.
- Métaphysique en bouddhisme : la loi de "production conditionnée" et ses implications ontologiques, in Qu'est-ce que la métaphysique ?, L'Harmattan, 2010.

Essais :

- Essai d’ontologie négative, vol. I : « l'essence du nihilisme », Hélios,1993.
- L'Être, La pensée fondatrice, Hélios, 1993.
- Racines grecques et modernité, Hélios, 1993.
- Essai d’ontologie négative, vol.II : « Le Rien l'abîme de l'être », Hélios,1995.
- Nuit, Vérité, Silence, Hélios, 1997.
- L'Existence, la domination réelle de l’être, Hélios,1998.
- Le Dévoilement de la réalité, la vérité de la présence, Hélios, 1999.
- Études musicologiques[modifier]
- La matérialité objective du bruit, Electro-Institut,1983.
- Espaces sonores collectifs, Electro-Institut,1983.
- Fondements bruitistes d’action, Electro-Institut,1984.
- Le Bruit et son rapport historique, l'Oeuvre bruitiste,1984.
- De la domination formelle à la domination réelle, FER, 1991.
- Le bruitisme futuriste et sa théorie, Electro-Institut, 1994.
- Une abstraction subjective : la musique dite « concrète », Electro-Institut, 1994.
- L’essence futuriste de la technique, Electro-Institut,1997.
- L'essenza futurista della tecnica, Simultaneita, n°1, 1997.
- La matérialié dynamique du devenir, Electro-Institut,1999.

Publications :
- L'Oeuvre Bruitiste, n°1 à 3, (1987-1989).
- Volonté Futuriste, n°1 à 27, (1989-1993).
- Hélios, n°1 à 13, (1994-2000).

Source : Wikipedia
Sur Amazon


Présentation du livre : Tout est conscience. 

L'école Yogâcâra ou Cittamâtra, c’est-à-dire la voie de « l’esprit-seul », ou encore du « rien que l’esprit », fondée par Asanga et Vasubandhu, l’une des principales écoles philosophiques bouddhistes, présente à l'observation immédiate le paradoxe assez étrange d'être, sans aucun doute, l'un des courants les plus féconds et des plus influents, et ce depuis des siècles, au sein du bouddhisme Mahâyâna, tout en étant également l'un des plus méconnus et des moins compris, alors même qu'il occupe une place majeure et fondamentale du point de vue doctrinal, place qu'il est aisé de déceler lorsqu’on examine attentivement les diverses positions défendues par les maîtres de la transmission.

C'est pourquoi, à l’évidence, l'étude des éléments théoriques de cette école originale apparaît, à juste titre, comme nécessaire et indispensable à une parfaite connaissance de ce qui préside à l'énoncé des grandes vérités qui nous sont proposées par la tradition du « Grand Véhicule », et l'on pourrait même dire, sans crainte d'exagération, à une compréhension réelle des bases essentielles de l'Enseignement délivré originellement par le Bouddha lui-même. 

Mais on sera surpris de constater qu’en Occident, la doctrine Yogâcâra se retrouve dans l'immatérialisme philosophique de George Berkeley (1685-1753), une apparente et surprenante parenté entre les thèses de Berkeley et l'enseignement de l'idéalisme Yogâcara, puisque Vasubandhu et Asanga, ont soutenu, dans un contexte religieux cette bien différent, l'inexistence du monde extérieur, en expliquant que celui-ci n'est que le fruit de constructions mentales erronées qui nous font prendre pour concret ce qui n'est qu'une conséquence de l'activité de la pensée. 
Source du texte : Jean-Marc Vivenza












mardi 12 avril 2011

Philippe Cornu



Philippe Cornu, né en 1957, est un universitaire français étudiant le bouddhisme sous toutes ses formes, bien qu’il soit plus proche du bouddhisme vajrayâna. Docteur en ethnologie (anthropologie des religions), président de l’Université bouddhique européenne (UBE) et chargé de cours à l’INALCO, Philippe Cornu est familier du bouddhisme depuis près de 25 ans. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le bouddhisme dont un Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme (800 pages).
Source du texte : Buddhachannel

L’UBE fut créee en 1996, avec le parrainage de l’UNESCO, et dans le cadre du programme « Étude Intégrale des Routes de la Soie : Routes de Dialogue ». Sa vocation est « d’offrir à un large public un accès fiable et complet aux enseignements du Bouddha ». En pratique, elle propose des formations d’étude du bouddhisme, de différents niveaux, mais il ne s’agit pas d’un centre de méditation bouddhique.
Source du texte : Wikipedia


Bibliographie :
- L’Astrologie tibétaine. 1re édition : éditions les Djinns, collection « Présences », Paris, 1990. 272 p. Nouvelle édition augmentée : Guy Trédaniel, Paris, 1999. 375 p. + 12 p.
- Longchenpa, la liberté naturelle de l'esprit. Éditions du Seuil, coll. « Points. Sagesses » n° 66, Paris, 1994.
- Padmasambhava : la magie de l’éveil (avec la collaboration de Virginie Rouanet). Éditions du Seuil, coll. « Points. Sagesses » n° 116, Paris, 1997. 275 p.
- Le miroir du cœur. Tantra du Dzogchen (traduit du tibétain et commenté par Philippe Cornu). Éditions du Seuil, coll. « Points. Sagesses », Paris, 1997. 284 p.
- Tibet : culture et histoire d’un peuple. Guy Trédaniel, collection « Le retour à l’esprit » n° 16, Paris, 1998. 63 p.
- Tibet : le rayonnement de la sagesse. Guy Trédaniel, collection « Le retour à l’esprit » n° 17, Paris, 1998. 63 p.
- Guide du bouddhisme tibétain. Librairie générale française, collection « Les guides Sélène », 1998. 351 p.
- Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme. Nouvelle édition augmentée, Éditions du Seuil, Paris, 2006. 952 p.
- Soûtra du Diamant et autres soûtras de la Voie médiane (traduit du tibétain par Philippe Cornu, du chinois et du sanskrit par Patrick Carré). Fayard, collection « Trésors du bouddhisme », Paris, 2001. 180 p.
- La terre du Bouddha (avec 250 photographies de Michel Gotin). Éditions du Seuil, Paris, 2004. 315 p.
- Soûtra du Dévoilement du sens profond : Sandhinirmocanasûtra (traduit du tibétain et commenté par Philippe Cornu). Fayard, collection « Trésors du bouddhisme », Paris, 2005. 152 p.
- « Vasubandhu : Cinq traités sur l’esprit seulement » (traduit du tibétain et commenté par Philippe Cornu), Fayard, collection "Trésors du bouddhisme", Paris, 2008. 302 p.
- « Padmasambhava : Le Livre des morts tibétain » (traduit du tibétain, introduit et commenté par Philippe Cornu), Buchet-Chastel, Paris, 2009.

- Le Bouddhisme, une philosophie du bonheur ?, 12 questions pour comprendre la voie du Bouddha, Ed. du Seuil, 2013
Source : wikipedia
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Votre nouvelle traduction du Livre des morts tibétain se base sur des versions tibétaines plus fiables, et elle donne la perspective véritable de ce texte en lui rendant son arrière-plan doctrinal issu de la tradition dzogchen.

L’idée principale de ce travail était de retraduire directement du tibétain, parce que jusqu’ici le texte traduit de l’anglais n’avait pas un vocabulaire adéquat. Il n’était pas lié au dzogchen alors que le texte est nyingmapa. C’est en combinant les pratiques tantriques et celles du dzogchen que le Bardo Thödol se présente comme une sorte de kit complet pour travailler avec son esprit dans la vie, pour se préparer au moment de la mort et tirer les leçons des expériences post-mortem afin d’en percevoir le côté libérateur. Tout cela ne paraissait pas clair dans les éditions précédentes, c’est pourquoi j’ai voulu donner tous les textes et les expliquer un par un. Il fallait donc repartir du texte proprement dit, corrigé de préférence, ce qui a été possible grâce à Dudjom Rinpoché, qui a fait une édition critique en tibétain où il rétablit la justesse du texte. Il fallait ensuite replacer le livre dans sa tradition. Sinon, c’est un texte qui flotte dans une aura de fantastique qui prête le flanc à toutes les projections fantasmatiques de l’Occident. Les exposés sur la nature de l’esprit font pourtant partie du noyau du Bardo Thödol, et sans eux on se retrouve avec des textes descriptifs et spectaculaires qui nous parlent de visions, de déités, etc. Cela paraît exotique voire psychédélique, ce qui a donné lieu aux délires de Timothy Leary sur l’usage du Livre des morts lors des voyages au LSD, alors que cela n’a rien à voir. Cela fausse la compréhension, parce que LSD ou pas, tant que les visions sont vues sous l’angle dualiste, elles ne sont pas libératrices et ne ramènent pas à la vraie nature de l’esprit.

Vous expliquez aussi comment Jung n’a pas compris l’Orient et en particulier ce texte ?

Ce qui est intéressant est de voir pourquoi Jung n’a pas compris la méditation à partir des catégories occidentales. La psychologie, et Jung avec elle, dépend de la pensée philosophique de Descartes, selon laquelle l’esprit est une substance pensante et non une substance étendue. Cela circonscrit l’esprit comme un espace clôt, avec des objets intérieurs à cet esprit, des représentations mentales. Avec la psychologie freudienne, cet esprit est à nouveau divisé entre conscient et inconscient puis avec Jung entre inconscient individuel et collectif. Jung a ramené ce qu’il comprenait du bouddhisme et de la méditation à ses propres catégories, il en a fait une voie royale vers l’inconscient avec tous les dangers que cela suppose. C’est pourquoi il recommande au Occidentaux de ne pas se risquer dans la méditation. Cela vient d’un présupposé selon lequel l’accès offert par la méditation serait celui de l’inconscient, alors que ce n’est pas le cas pour le bouddhisme où il n’est jamais question de cela. Certes, des choses sont sous-jacentes à la conscience, c’est ce qu’on appelle les tendances karmiques. Un karma est toute action motivée par le désir de perpétuer le sentiment du moi. Ce moi est illusoire, jamais véritablement constitué, tout le temps à reconstruire ; mais nous lui attribuons une solidité qui serait le noyau fixe de notre individualité. Pour le bouddhisme il n’y a qu’un courant de conscience en transformation perpétuelle. Nos intentions égocentriques produisent des imprégnations karmiques qui laissent une trace dans la conscience. Elles restent sous-jacentes jusqu’à ce que causes et conditions soient réunies pour donner naissance à une situation existentielle nouvelle. C’est un cycle sans fin, mais il n’y a pas l’idée d’un inconscient séparé.

Qu’entend-on par conscience dans le bouddhisme ?

Il y a huit types de conscience selon l’école de « l’esprit seul » (en sanscrit Vijnanavada, Cittamatra ou Yogacara). Cette approche, reprise par le dzogchen, décrit l’esprit à son niveau fonctionnel et relatif, l’esprit conditionné qui tourne à faux, qui ne comprend pas ce qui se produit et l’interprète, créant le sentiment de l’ego et d’un monde extérieur. Cet épiphénomène prend toute la place et masque le fait que sous cet esprit se trouve le non-duel, inconditionné, ouvert : la nature éveillée. D’abord on trouve les cinq consciences actives des sens ; puis la conscience mentale, qui à l’aide de représentations ordonne une conception du monde cohérente. Puis sont définies deux consciences qui rendent compte de la continuité de l’esprit dans les moments où les six consciences actives s’arrêtent, dans le sommeil profond par exemple. Est alors posée l’idée d’une conscience sous-jacente qui ferait le lien entre divers moments de conscience ou même entre plusieurs vies. C’est la conscience « base universelle », alayavijñana. C’est un lieu neutre où se déposent les imprégnations des karmas créés sous l’influence de l’ego. La septième conscience est le mental passionné ou souillé, klistamanas, c’est un aspect de l’esprit qui est en quête d’un support solide et stable. Il prend alors l’alayavijñana, la huitième conscience, pour le moi. C’est le Q.G. de l’ignorance, qui entretient le sentiment du moi par une cogitation constante. Comme tout est fugace, ce mental essaie de reconstruire l’ego en permanence. La septième conscience ne peut plus juger des objets des sens que de manière affective, alors que les consciences des sens sont innocentes en elles-mêmes.

Comment le réaliser ?

Dans la méditation, on va débrancher le mental passionné. En ralentissant l’esprit on peut analyser clairement ce que sont les phénomènes qui nous entourent dans la vision pénétrante. On ralentit le flot des pensées et on ouvre l’espace, ce qui fait le plus peur à l’ego. La méditation est si difficile, on rame et on lutte tant, car le mental passionné ne veut pas lâcher prise. On se focalise sur le contenu des émotions ou des pensées plutôt que les voir comme de simples mouvements dans l’esprit. C’est une différence considérable avec l’Occident, où le terme méditation renvoie à une sorte de rumination de l’esprit sur un thème conceptuel. C’est une mécompréhension quant à la méditation. La peur de la psychologie est la perte du moi. On pense que s’il n’y a plus cette existence du moi, il ne reste plus rien, aucune structure. Mais pour le bouddhisme c’est une erreur car le moi n’est pas notre véritable nature, qui est cet esprit non fabriqué, à la base du mental ordinaire. C’est l’esprit vide et lumineux, c’est-à-dire connaissant ; non-dualiste, il n’entre pas dans la distinction entre sujet et objet.

Interview par Nicolas d'Inca.
Source du texte :
Psychologie et méditation
Suite de l'interview (2e partie) : Psychologie et méditation

L'émission "Sagesse bouddhiste" reçoit Philippe Cornu sur "Qu'est-ce que la conscience ?"




vendredi 26 novembre 2010

Gangten Tulku Rinpoche


Gangten Tulku Rimpoche, né en 1955 au Bhoutan, est un des grands lamas et maîtres Dzogchen de la tradition bouddhiste Nyingma. Son monastère principal, dont la restauration vient d’être achevée après plusieurs années d’importants travaux, est Gangtey Gompa, mais il administre également environ 35 monastères et temples au Bhoutan.
Il est la neuvième réincarnation de Péma Tinley, incarnation du principe du Corps du grand Tertön (découvreur de trésors spirituels) Péma Lingpa (1450-1521), lui-même manifestation principale de Longchenpa (1308-1363).
Rimpoche a étudié au Bhoutan, dans le sud de l’Inde ,et au Népal, avec les plus grands maîtres, dont les plus importants furent Dudjom Rimpoche, Dilgo Khyentsé Rimpoche, Kyabdje Kentchen, Tenzin Döndrup Rimpoche, Penor Rimpoche, Chatral Rimpoche. Rimpoche a passé 11 ans de sa vie en retraite.
Les enseignements de Rimpoche portent essentiellement sur la vue et la pratique du Dzogchen. Il enseigne chaque année dans différents pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie, ou des centres Yeshe Khorlo ont été fondés sous sa direction spirituelle.
Son principal centre européen, Pema Yang Dzong, se trouve en France, à Blye, dans le Jura.
Rimpoche y a envoyé un lama résident, Lama Tséwang Dorje, et y dirige lui-même chaque année des retraites d’enseignements et de pratique.
Source du texte : Buddhaline
Centre : Pema Yang 


Bibliographie (en français) : 
Kunzang Péma Namgyèl, L'escalier de Cristal (3 volumes). Ed. Marpa
Tome 1, La méditation dzogchen. 
Tome 2, Les trois maximes du dzogchen. 
Tome 3, Les souhaits de Kuntouzangpo.


Détruire la méditation.

S'il demeure longtemps dans cet état, le débutant connait des expériences de méditation : joie, clarté, non-pensée. Elles masquent le vrai visage de la réalité. Une fois dépouillée de cette peau, le nu visage de la lucidité se révèle, la sagesse brille en profondeur. 
Le débutant commence par demeurer dans cet état pendant, disons, cinq minutes. Puis il s'efforce de prolonger sa méditation et développe progressivement une capacité de méditant. Lors d'une méditation prolongée, il n'arrive sans doute rien de particulier à un Bouddha. Mais les débutants deviennent riches d'une abondance d'expérience méditatives, expériences de joie, de clarté et de non-pensée. Il faut déchirer cette peau, ôter cet "emballage" qui cache la lucidité authentique, déshabiller cette dernière jusqu'à la voir complètement nue. 
Détruisez, toujours et encore, 
immobilité, joie, clarté, bonheur, 
Il n'y a donc plus d'expérience de méditation. Les expériences sont peu fiables, comme dit le dicton, semblable à la brume qui se dissipe et disparait. Loin de s'attacher auy expériences, il faut, toujours et toujours, détruire la méditation. Il faut également détruire une méditation dépourvue d'expérience, car sinon, elle risque de devenir lassante. (...)

Certains font de l'absence de pensée et du repos de l'esprit le credo de leur voie spirituelle, pensant qu'il suffit de reconnaître l'émergence des pensées ou l'état de repos de l'esprit. C'est une erreur. (...)
Certes il faut reconnaître les pensées quand elles émergent, mais il faut aller au-delà de la triple saisie d'un méditant, d'un objet de pensée et de la pensée. 

Extraits de : L'escalier de Cristal (tome 2 - les italiques sont le texte commenté de Shri Gyèlpo). 


vendredi 19 novembre 2010

mercredi 17 novembre 2010

Chögyal Namkhai Norbu Rinpoche


Né à Derghe (Tibet oriental) en 1938, Chögyal Namkhai Norbu fut reconnu à sa naissance comme la réincarnation d'un célèbre maître de la tradition Dzogchen. Vers la fin des années cinquante, il était déjà considéré, en dépit de son jeune âge, comme un profond connaisseur de la culture tibétaine, du Dzogchen, et comme un grand maître spirituel. En Inde et au Tibet, sa renommée eut une telle résonance

qu'en 1960 elle parvint au professeur Giuseppe Tucci, éminent universitaire italien (fondateur de l'Ismeo, l'un des principaux instituts d'études orientales italiens, aujourd'hui IsIAO, Institut pour l'Afrique et l'Orient). Celui-ci l'invita à Rome pour collaborer à ses recherches. C'est ainsi que Chögyal Namkhai Norbu arriva en Italie, où il commença à contribuer activement à la naissance des études tibétaines en Occident. 
En 1963 on lui demanda d'enseigner la langue et la littérature tibétaines à l'Institut universitaire oriental de Naples, où il a travaillé jusqu'en 1992, en axant particulièrement ses recherches sur l'étude de l'histoire antique du Tibet.  
Ses travaux révèlent une profonde connaissance de la civilisation tibétaine et sont destinés principalement aux jeunes Tibétains, afin que vive en eux la connaissance de l'ancien patrimoine culturel de leur pays. Pour eux, ceux qui vivent dans la région autonome de la République populaire chinoise comme ceux qui ont été contraints à l'exil, ces recherches et ces publications sont une référence importante dans l'héritage culturel du Tibet et dans son identité nationale. Le retentissement international de ses études a amené Chögyal Namkhai Norbu à développer une activité intense de diffusion, lors de conférences et de séminaires dans les centres majeurs de la recherche universitaire orientaliste mondiale. 
Au milieu des années 1970, Chögyal Namkhai Norbu a commencé à enseigner le yoga et la méditation Dzogchen à quelques élèves italiens. L'intérêt croissant suscité par ces enseignements l'a convaincu de s'impliquer toujours plus dans cette activité. Avec quelques disciples il a fondé la première Communauté Dzogchen à Arcidosso, en Toscane, et depuis d'autres centres ont suivi en Europe, en Russie, aux États Unis, en Amérique du Sud et en Australie.
Source du texte : Association Dzogchen
Institut International des Etudes Tibétaines : Institut Shang Shung
Association pour la Solidarité en Asie : ASIA
Yoga tibétain : Yantra yoga


Bibliographie (en français) : 
- Le yoga du rêve. Ed. l'Originel, 1993. 
- Dzogchen. Ed. les deux océans, 1994. 
- Rire de diamant. Ed. du Rocher, 1998.
- Le cycle du jour et de la nuit. Ed. J.C. Lattès, 1998.
- Seize questions à un maître dzogchen. Ed. Argel, 1999.
- Dzogchen et tantra. La voie de la lumière du bouddhisme tibétain. Ed. Albin Michel, Spiritualité vivante, 2000.
- Enseignements dzogchen, Ed. Almora, 2013
Voir aussi la page : Enseignements dzogchen


Les enseignements dzogchen ne sont ni une philosophie, ni une doctrine religieuse, ni une tradition culturelle. Comprendre le message des enseignements signifie découvrir sa propre condition véritable, dépouillée de toutes les illusions sur soi et les falsifications créées par l'esprit. La signification même du terme tibétain dzogchen, la "grande perfection", fait référence à l'état primordial véritable de chaque individu et non à une quelconque réalité transcendante. (...)
Que voulons-nous dire quand nous parlons de "devenir conscient de notre propre condition véritable" ? Cela signifie nous observer, découvrir qui nous sommes, qui nous croyons être et quelle est notre attitude envers les autres et la vie. Observons les limites, les jugements mentaux, les passions, l'orgueil, la jalousie et les attachements dans lesquels nous nous enfermons dans le courant d'une seule journée. d'où viennent-ils, dans quoi sont-ils enracinés ? Leur source est notre vision dualiste et notre conditionnement. Pour être à même d'aider, aussi bien nous-même que les autres, il nous faut vaincre toutes les limites dans lesquelles nous sommes enfermés. C'est là la vraie fonction des enseignements. (...)
Si l'on ne sait pas comment comprendre la véritable signification d'un enseignement à travers sa propre culture, on peut confondre la forme extérieur d'une tradition religieuse et l'essence de son message. (...)
Mais en vérité, pour qu'un occidental pratique un enseignement venant du Tibet, il n'est absolument pas nécessaire de devenir comme un tibétain. Au contraire, il est d'une importance fondamentale pour lui de savoir comment intégrer cet enseignement dans sa propre culture, afin d'être à même de la communiquer, dans sa forme essentielle, à d'autres occidentaux. Mais souvent les gens croient, lorsqu'ils approchent un enseignement oriental, que leur propre culture n'a aucune valeur. Cette attitude est erronée parce que chaque culture a sa valeur, liée à l'environnement et aux circonstances dans lesquelles elle est apparue. Nulle culture ne peut être dite meilleure qu'une autre, cela dépend plutôt de l'être humain, s'il en retire un plus ou un moins grand avantage, en termes de son développement intérieur. C'est la raison pour laquelle il est inutile d'importer des lois et des coutumes dans un environnement culturel différent de celui où elles sont apparues. 
Extrait de Dzogchen, L'Etat d'Auto Perfection (Ch. 1, L'individu, Corps, Voix et Esprit). Ouvrage épuisé. 

La méthode pratiquée dans la voie du dzogchen est appelée "l'auto-libération" parce qu'elle est fondée sur la connaissance et la compréhension. Mais il ne s'agit pas d'un quelconque objet qu'il faudrait connaitre, au contraire, il est question d'entrer dans l'expérience d'un état au-delà de l'esprit raisonnant, l'état de contemplation. Il n'y a, cependant, aucun moyen de commencer à comprendre cet état si l'on ne prend pas l'esprit comme point de départ. C'est pourquoi la voie de l'auto-libération est plus en rapport avec le facteur de l'esprit que les voies de renoncement et de la transformation. Dans le dzogchen, l'introduction est directement donnée à l'état inhérent de l'individu, au moyen d'une explication de la base primordiale de l'existence, qui est la condition originelle de tous les êtres. (...)
Dans les enseignement dzogchen, l'état primordial de la Base n'est pas uniquement défini comme étant vide, mais il est dit posséder trois aspects ou caractéristiques, appelés les "Trois Sagesses Primordiales" : l'Essence, la Nature et l'Energie.  
L'Essence est le vide, la condition réelle de l'individu et de tous les phénomènes. Cette Base est la condition de toues les individus, qu'ils en soient ou non conscient, qu'ils soient illuminés ou dans la transmigration. Elle est dite être "pure depuis le commencement" parce que, comme l'espace, elle est libre de tous les obstacles et est la base de toutes les manifestations dans l'existence. 
La manifestation de l'état primordial dans tous ses aspect, sa "clarté" est, d'un autre côté, appelée la "Nature". Elle est dite être "auto-accomplie", parce qu'elle existe spontanément depuis le commencement, comme le soleil qui brille dans l'espace. La "clarté" est la qualité pure de toute pensée et de tout phénomène perçu, non-contaminée par le jugement mental. Par exemple, lorsque nous voyons une fleur, nous percevons d'abord son image sans que l'esprit ne la juge, même si cette phase de la perception ne dure qu'un fraction de seconde. Puis, dans une seconde phase, le jugement mental entre en jeu et l'on catégorise la perception en pensant : "C'est une fleur, elle est rouge, elle a un parfum spécifique et ainsi de suite". Se développant à partir de cela, l'attachement et l'aversion, l'acceptation et le rejet apparaissent tous, avec la création consécutive du karma et de la transmigration. La clarté est la phase dans laquelle la perception est vive et présente, mais où l'esprit n'est pas encore entré en action. C'est la manifestation spontanée de l'état de l'individu. La même chose est vraie pour nos pensée : si nous ne les suivons pas et si nous ne devenons pas prisonnier du jugement mental, elles font également partie de notre clarté naturelle. 
Extrait de Dzogchen, L'Etat d'Auto Perfection (Ch. 3, La voie de l'auto-libération). Ouvrage épuisé. 

Ma Réincarnation, film de Jennifer Fox,








 

jeudi 4 novembre 2010

Greg Goode

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Greg Goode est consultant en philosophie, il a d'abord étudié la psychologie à la Califonia State University, puis a passé une maitrise de philosophie à l'Université de Cologne et un doctorat à l'Université de Rochester. Ses domaines de spécialisation sont la théorie de la décision, la philosophie de l'esprit et la philosophie de George Berkeley. Sa thèse de doctorat portait sur la question : Est-il toujours rationnel d'être impatient ?". 
En outre il a étudié l'Advaita Vedanta à travers la Mission de Chinmaya, Sri Atmananda, Jean Klein et Francis Lucille, ainsi que les enseignements bouddhistes de la Terre pure avec Jodo Shinshu, il s'est également penché sur la Voie du milieu dans le bouddhisme chinois à travers la lignée de maitre Yin Shun. 
Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles, ainsi que de la préface du livre de Dennis Waite faisant la critique des courants néo-advaita. Son livre traduit en français est un exposé de l'enseignement de Sri Atmananda (Krishna Menon). 
Source, et site Internet : Heartofnow


Bibliographie (en français) : 

La Voie directe. S'identifier à la conscience pure. Ed. Le lotus d'or, 2010. 


Michael : 
L'advaita enseigne que ma véritable identité est la Conscience-présence. Dans cette Conscience que je suis, il y a la conscience que certaines pensées apparaissent. Il peut également y avoir la conscience qu'un personnage Greg ou celui de Ken me fait part de leurs pensées, mais il n'y a aucune conscience - d'ici - de la pensée actuelle de Greg ou de Ken.
Donc du point de vue de "cette" Conscience, où je me trouve, les seules pensées qui apparaissent sont celles que j'appelle "miennes". A qui donc les pensées appelées pensées de Greg ou pensées de Ken apparaissent-elles ? Quelle réalité ont-elles ?

Greg : 
La compréhension principale est celle-ci : tout ce qui constitue Michael ou Greg est une pensée, émotion ou sensation. Michael n'expérimente pas, il est expérimenté. Une pensée ne peut pas avoir de pensées. Une émotion ne peut pas avoir des émotions. Donc Michael, en tant que pensée, n'est pas ce type de chose à qui les pensées arrivent. Identiquement pour Greg ou quiconque. Il n'existe aucun "endroit" séparé où ces pensées surviennent. Il en est ainsi parce que ces "endroits" séparés sont eux-mêmes des pensées. Et CELA à qui les pensées apparaissent est cet arrière-plan de la conscience témoin tendre, global, clair, silencieux, et aimant. Cette conscience présence impersonnelle n'est pas contenue. La conscience ne peut être coupée en morceaux. Quelle type de substance serait utilisée ? Qu'est-ce qui comblerait les espaces entre les différents bouts de conscience ? Certainement pas la peau, les os et l'air... La Conscience si elle est quelque part, est partout .
Regardons cela plus en détails :
Si votre identité est la conscience, quelle est la relation entre la conscience et Michael ? Est-ce que la conscience apparaît à l'intérieur de Michael, ou est-ce que Michael apparaît dans la conscience ? Et bien sûr cette conscience, dont nous parlons, est ce que les non dualistes appellent aussi le principe Je. C'est une conscience présence unique qui est la somme et la substance de toutes choses.
Voyons l'expérience elle-même. Lorsqu'une pensée telle que : "Mmm, de la glace au chocolat!" survient, est-ce que la pensée annonce qu'elle survient chez Michael ? Est-ce que la pensée porte un logo ou la marque "Michael" qui revendique l'origine ?
Est-ce que vous considérez maintenant que Michael est le propriétaire de cette pensée ?
Ou est-ce que la pensée apparaît dans l'arrière-plan silencieux de la conscience témoin ? Bien sûr il peut y avoir une pensée secondaire telle que : " La pensée de la glace au chocolat est venue à Michael "
Cette deuxième pensée semble réclamer la propriété de la première. Elle semble affirmer que la première pensée était "incarnée". Mais est-ce que l'incarnation de cette première pensée était réellement expérimentée lorsque la pensée est arrivée ? Ressentez-vous directement l'affirmation de la seconde pensée comme réelle ?
Et cette deuxième pensée elle-même, lorsqu'elle apparaît, l'expérimentez-vous comme incarnée ? Ou apparait-elle à un arrière-plan de clarté et de silence ?
Cet arrière-plan ou la clarté et le silence, c'est la conscience impersonnelle à qui toutes les choses apparaissent.
Donc quelle est la relation entre Michael et cette conscience témoin, qui est l'arrière-plan de clarté et de silence ?
Regardons les deux possibilités: A et B

A: La conscience apparaît dans Michael
Si la conscience apparaît dans Michael, il fait sens de dire qu'elle apparaît aussi dans Ken et Greg. C'est l'histoire habituelle, que nous avons apprise à l'école et de laquelle nous nous sommes imprégnés pendant toute notre éducation.
Mais si l'on regarde de plus près cette situation, on y trouvera quelques absurdités qui ne correspondent pas à notre expérience directe. Si la conscience survient dans un récipient Michael et un récipient Greg, ces récipients seraient en dehors de ce qu'ils contiennent. Donc cela mène à la conclusion que Michael et Greg seraient en dehors de la conscience. Comment quelque chose pourrait être en dehors de la conscience ? Et comment quelque chose en dehors de la conscience peut-il être expérimenté? L'expérience en elle-même serait la preuve que cette affirmation est fausse, car ce qui est expérimenté est toujours dans la conscience, en tant que conscience. L'expérience est un autre nom pour la conscience.
D'autre part... : Si la conscience était contenue par la personne, elle serait contenue dans une chose physique. Or la conscience n'est pas physique, donc comment le non physique peut être contenu dans le physique ?
En classe de biologie, physiologie et psychologie, le modèle A est utilisé, mais dans la quête de soi, ce modèle s'avère ne pas correspondre à l'expérience.
Examinons donc B

B : Michael apparaît dans la conscience.
Il y a des moments où Michael semble apparaître comme une expérience dans la conscience : lorsque Michael est l'objet de la pensée courante, ou que des souvenirs de Michael, ou encore les qualités, les objectifs et désirs de Michael apparaissent... ou lorsque Michael fait du shopping pour des vêtements et regarde un nouveau manteau d'hiver dans le miroir... Observez comment Michael apparaît - comme une pensée, une sensation ou une émotion ... Ces pensées, émotions ou sensations ne sont pas toujours présentes. Elles vont et viennent et parfois aucune n'est présente !
Comme le dit Sri Atmananda dans Atma Darshan, Chapitre 6, du simple fait que le soi apparemment incarné puisse apparaitre dans la mémoire, il s'ensuit que l'apparente "incarnation" originelle a été vue pour commencer ! L'incarnation est elle-même une pensée qui apparaît dans la conscience.
Il y a donc des moments où Michael est présent comme qqch qui apparaît, et des moments où Michael n'est pas présent.
C'est-à-dire qu'il existe de nombreux moments où "Michael" n'est pas expérimenté. Pensez à ces moments comme être complètement immergé dans un magnifique coucher de soleil... Ou dans l'amour(...) la beauté, le sommeil profond. Il est facile de voir que Michael est absent pendant ces expériences, mais la conscience présence n'est pas absente. La conscience est l'arrière-plan silencieux, clair, aimant à qui ces choses apparaissent.
Et bien que la conscience ne bouge jamais, nous pouvons dire :
- Si Michael apparaît dans l'expérience, la conscience est là en tant qu'arrière-plan de cette expérience.
- Si Michael n'apparaît pas dans l'expérience, la conscience est toutefois présente en tant qu'arrière-plan.
La conscience n'est jamais absente. Et même si la conscience est expérimentée comme n'étant pas là, qu'est-ce qui sait ou expérimente cela ? Ce ne peut-être que la conscience !

Donc entre A et B, qu'est-ce qui semble correspondre le plus à votre expérience ?
En B, la conscience est avant la personne. La personne est une apparence ou une pensée dans la conscience. Une apparence n'a pas de pensées, et ce n'est pas notre expérience que de voir une apparence avoir des pensées. Donc la question des pensées de Michael contre celles de Greg ne peut exister que si l'on pense qu'une pensée peut penser...
Source du texte et de la vidéo : Perles de Bohneur








lundi 25 octobre 2010

Peter Kingsley



Après avoir été diplômé avec les honneurs de l'Université de Lancaster, en Angleterre, en 1975, Peter Kingsley a eu une maîtrise de lettres du King's College de Cambridge avant de se voir décerner un doctorat de l'Université de Londres. Il a collaboré avec bon nombre des figures les plus marquantes dans le domaine des études classiques, de l'anthropologie, de la philosophie et des sciences des religions, des civilisations anciennes, de l'histoire de la médecine et de la science. Il possède de nombreuses distinctions académiques, a été boursier à l'Institut Warburg à Londres et professeur honoraire à l'Université Simon Fraser au Canada et à l'Université du Nouveau-Mexique. Avec son épouse Maria, il a émigré d'Angleterre au Canada en 1995, puis du Canada vers les États-Unis en 2002.
Source et site officiel : Peter Kingsley


Bibliographie (en français) :
- Empédocle et la tradition pythagoricienne. Philosophie ancienne, mystère et magie. Ed. Les Belles-lettres, 2010 (1995 pour l'édition anglaise).  
- Dans les antres de la sagesse. Etudes parménidiennes. Ed. Les Belles-lettres, 2007.


Avec de la chance, vous tomberez, un jour de votre vie, dans une impasse totale, ou, pour le dire autrement, vous arriverez à un carrefour : à droite, c'est l'enfer, à gauche, encore l'enfer, et, en vous retournant, toujours l'enfer. Pas moyen d'y échapper. Rien ne peut plus vous satisfaire, c'est alors que vous apercevrez au fond de vous même ce que vous avez toujours désiré et que vous n'avez jamais pu trouver. Sinon, vous n'arriverez à ce moment qu'à l'heure de votre mort et vous serez toujours en manque sans plus pouvoir rien n'obtenir. 

Nous sommes des êtres doués d'une grande dignité que nous perdons irrémédiablement en faisant n'importe quoi. Si nous voulons grandir et devenir des hommes véritables, il faut regarder la mort avant de mourir et voir ce qui se cache derrière le décor. 

Notre culture nous met à l'abri en nous persuadant que tout va bien. En même temps, le manque intérieur nous pousse à chercher ailleurs et à nous tourner vers l'Orient en quête de vie spirituelle. (...).

Une chose ne nous a jamais été dite : à la racine de la civilisation occidentale, se trouve une tradition spirituelle fondée par de vrais mystiques qui ont ensemencé notre culture et donné sa forme à notre monde. 

Extrait de : Dans les antres de la sagesse.

jeudi 21 octobre 2010

Thierry Vissac

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Je me suis retrouvé « à terre ». Et c’est en tombant du lit que je me suis réveillé. Dans les cendres de cet effondrement, de cette dévastation intérieure, mon cœur a vraiment fini par renaître, comme une braise oubliée derrière des façades dorées et des ébats superficiels. Le voile finissait de se déchirer.

Cet espoir lancinant d'un "autre que moi" et tous les artifices de ma quête se sont consumés laissant la place au silence. J’avais bien entrevu quelque chose mais toutes mes connaissances, mes pratiques avaient fini par former un fatras devant ma véritable nature. Dans l’effondrement de toutes ces constructions, alors que je croyais avoir tout perdu, jusqu'au sens même de la vie, je gagnais tout à coup la liberté d'être ce que je suis. C'est à partir de ce dénuement brutal que l'éveil spirituel, que je croyais auparavant fait de masques pathétiques, s'est révélé dans sa splendeur épurée. La tension de la quête laissait la place à un espace vivant d'ouverture d'où émergeait une "connaissance" non livresque, non mentale, de ma véritable nature et, du même coup, de la danse infernale des stratégies douloureuses que nous pratiquons continuellement pour nous tenir, involontairement, à distance de nous-mêmes.

Source du texte et site officiel : Istenqs


Bibliographie : 

- Pièges et illusions de la démarche spirituelle. Ed. La Parole vivante. 
- Outil pour l'atelier du quotidien. Ed. La Parole vivante. 
- Ni singe ni sage. Ed. La Parole vivante.
- Dialogue au coeur de la quête. Ed. La Parole vivante. 
- Les éclaireurs du nouveau monde. Ed. La Parole vivante.


(...)

Il y a une difficulté à accepter l’éveil spirituel comme quelque chose d’une telle simplicité que le premier sentiment est que je propose une rencontre avec rien. Ce rien est inacceptable pour le chercheur. C’est d’ailleurs ce qui, sur ce seuil, le fait repartir en courant. La fondation de la démarche du chercheur est un refus de ce qui est. Ces créations sont là pour apaiser la terreur qu’il ressent devant ce qui est. Le jour où il rencontre cette racine du refus, à la base de toutes ses actions spirituelles ou thérapeutiques, il découvre qu’il est en colère contre ce qui est. C’est un moment terrible, mais qui est beaucoup plus radical et salutaire que toutes les démarches en elles-mêmes. Encore faut-il accepter de rencontrer ce non.

Il m’est arrivé de poser la question : « Que ressentez-vous en cet instant ? » et d’entendre en réponse : « Il n’y a personne » voire « Qui pose la question ? ». Je n’ai jamais entendu de témoignages vivants de la part de certains adeptes de la spiritualité mentale. L’anesthésie est parfois totale, et la satisfaction partielle qu'ils éprouvent vient du fait que dans cette distance avec le ressenti, le chercheur se trouve très spirituel, très évolué, très au-dessus, « détaché ». C’est une récupération malheureuse de l’inspiration non-duelle par le chercheur spirituel, l’exemple le plus flagrant, dans mon expérience, de la fuite spiritualisée.


Vous me demandez si tout cela signifie qu'il faille abandonner les pratiques : Que l’on vienne chercher un truc, une astuce, auprès d’un conférencier, ou un câlin cosmique dans certains darshans, on est toujours dans cette perspective de recevoir quelque chose. Et souvent : quelque chose d’autre que ce que la vie nous offre naturellement à chaque instant. Dans le regard que je propose, je ne nie pas la valeur éventuelle de toutes ces rencontres mais j’invite à une bascule salutaire qui ramène à à votre capacité d'accueil, et qui devra à un moment ou à un autre se révéler comme le lieu véritable de la rencontre, comme l’objectif réel de la quête spirituelle.  


(...)
Source du texte et site officiel : Istenqs











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