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mardi 14 décembre 2010

Marguerite Porete ou Porrete



Mystique française (vers 1250-1310) née dans le Hainaut, dans le diocèse de Cambrai. Sa démarche s'inscrit dans le mouvement des béguines et sa parenté spirituelle avec Hadewijch d'Anvers et Béatrice de Nazareth est manifeste. Le miroir des âmes simples et anéanties, (vers 1290) est un chef-d'œuvre de la première littérature mystique de langue française dont la richesse spirituelle place son auteure dans la lignée de saint Bernard et Maître Eckhart. Le Miroir est condamné par l 'évêque de Cambrai, qui le fera brûler publiquement à Valencienne en 1300. Traduite devant le tribunal de l'Inquisition, Marguerite est excommuniée et brûlée vive le 1er Juin 1310 sur la place de Grève à Paris.
Source du texte : Spiritualité 2000
Autre bio : Wikipedia


Bibliographie : 
- Le miroir des âmes simples anéanties. Ed. Albin Michel, coll. Spiritualité vivante, 1997.



Des sept états de l'âme dévote, que l'on appelle aussi êtres. 


Le quatrième état, c'est que l'âme soit absorbée par élévation d'amour en délices de pensée grâce à la méditation, et qu'elle soit détachée de tous les travaux du dehors et de l'obéissance à autrui grâce à l'élévation de la contemplation; cela rend l'âme si fragile, si noble et si délicieuse, qu'elle ne peut supporter que rien la touche, sinon l'attouchement du pur délice d'Amour dont elle jouit avec une grâce singulière. (...)

Le cinquième état, c'est que l'âme considère que Dieu est, lui qui est et dont toute chose tient d'être, et qu'elle-même n'est pas et n'est donc pas ce dont toute chose tient d'être. Et ces deux considérations lui donnent un étonnement émerveillé : elle voit qu'il est toute bonté, celui qui a mis une volonté libre en elle qui n'est pas, sinon comme entière malice. (...)

Le sixième état, c'est que l'âme ne se voie point elle-même, quelque abîme d'humilité qu'elle ait en elle, ni ne voie Dieu, quelque bonté très haute qui soit la sienne. Mais Dieu se voit alors en elle, par sa majesté divine qui illumine cette âme de lui-même, si bien qu'elle ne voit rien qui puisse être hors de Dieu même, lui qui est et dont toute chose tient d'être.
Ce qui est, c'est Dieu même, et pour autant, elle ne voit rien qu'elle-même, car qui voit ce qui est, ne voit que Dieu même se voyant en cette âme même par sa majesté divine. Alors l'âme est au sixième état, affranchie de toute chose, pure et illuminée — mais non glorifiée, car la glorification est au septième état ; nous le posséderons dans la gloire et nul ne peut en parler. Cependant, cette âme ainsi pure et éclairée ne voit ni Dieu ni elle-même, mais Dieu se voit par lui-même en elle, pour elle, sans elle. Et Dieu lui montre qu'il n'y a rien qui puisse être hors de lui. C'est pourquoi elle ne connaît que lui, si bien qu'elle n'aime que lui et ne loue que lui, car il n'y a rien qui puisse être hors de lui.
En effet, ce qui est, est par sa bonté ; et Dieu aime sa bonté, quelque part qu'il en ait donnée par bonté; et sa bonté donnée, c'est Dieu même, et Dieu ne peut se retirer de sa bonté sans qu'elle lui demeure; c'est pourquoi ce qui est, est bonté, et la bonté est ce que Dieu est. Et pour autant, la Bonté se voit par sa bonté dans la lumière divine du sixième état où l'âme est illuminée. Ainsi n'y a-t-il rien qui soit hors de celui qui est et qui se voit en cet être par sa majesté divine, dans la transforma tion d'amour de la bonté répandue et remise en lui. Et pour autant, il se voit par lui-même en cette créature sans rien lui donner en propre : tout lui est propre et est lui-même en propre. Tel est le sixième état que nous avions promis de dire aux auditeurs dès qu'Amour eut lancé son emprise ; et Amour a de lui-même payé cette dette dans sa haute noblesse.


Quant au septième état, Amour le garde en lui pour nous le donner en gloire éternelle : nous n'en aurons pas connaissance jusqu'à ce que notre âme ait laissé notre corps.
Extrait de : Le miroir des âmes simples anéanties

Pour lire les états 1-4 : Spiritualité 2000
Etats 5-7 : Spiritualité 2000




vendredi 3 décembre 2010

Ahmad al-Alawi









Ahmad Ibn Mustafa Al Alawi (Al Alaoui) (1869 – 14 juillet 1934) (أحمد بن مصطفى العلاوي) est un maître soufi (cheikh tarîqa) originaire de Mostaganem dans l'ouest de l'Algérie. Il est le fondateur de l'un des plus importants mouvements soufis du xxe siècle siècle, la Darqawiyya Alawiyya, une branche de l'ordre Chadhiliyya.
Source du texte : wikipedia

Site de la Tariqua
Autre site : les amis du Cheikh 



Bibliographie :
- Sagesse céleste - Traité de soufisme, Éd. La Caravane, 2007.
- La voie du Tacawwuf, Ed. Albouraq.
- L'Arbre aux secrets, Albouraq.
- Extraits du Diwan, Éd. Les Amis de l'Islam.
- Sa Sagesse, Éd. Les Amis de l'Islam.
- Recherches philisophiques, Éd. Les Amis de l'Islam ;
- Lettre ouverte à celui qui critique le soufisme, Éd. La Caravane, 2001. 
Martin Lings Un saint soufi du xxe siècle. Le cheikh Ahmad al-'Alawî, Éditions du Seuil, Points Sagesses, 1998. 
Johan Cartigny, Le Cheikh al-Alawi: témoignages et documents, Éd. Les Amis de l'Islam, 1984.
Berque, Augustin, Un mystique moderniste : le Cheikh Ben Aliwa, Revue africaine.


Le Shaykh Ahmad al-'Alâwî répondait à son médecin français qui affirmait que toutes les croyances sont équivalentes : " Toutes se valent si l'on ne considère que l'apaisement, mais il y a des degrés ; certains s'apaisent avec peu de choses, d'autres sont satisfaits avec la religion, quelques-uns réclament davantage. Il leur faut, non seulement l'apaisement, mais la Grande Paix, celle qui donne la plénitude de l'esprit ; pour ceux-là, les religions ne sont qu'un point de départ. Au-dessus de la religion il y a la doctrine, les moyens d'arriver jusqu'à Dieu, mais pourquoi vous les dire puisque vous n'êtes pas disposé à les suivre ? Si vous veniez à moi comme disciple, je pourrais vous répondre. Mais à quoi bon satisfaire une vaine curiosité ? Savez-vous ce qui vous manque ? Il vous manque pour être des nôtres et percevoir la Vérité, le désir d'élever votre esprit au-dessus de vous-même. Et cela est irrémédiable. "
Extrait de : Martin Lings, Un saint soufi du 20ème siècle. 

"L'extinction aussi est un de tes attributs. Tu es déjà éteint, mon frère, avant de subir l'extinction et tu n'es rien, avant même d'être annihilé. tu es une illusion dans une illusion et un néant dans un néant. Quand as-tu eu l'Existence pour que tu puisses être éteint ? Tu es "comme un mirage dans le désert que l'homme altéré prend pour de l'eau jusqu'à ce qu'il arrive et découvre qu'il n'est rien; mais à sa place il trouve Dieu". De même, si tu venais à t'examiner toi-même, tu trouverais que ce "toi" n'est rien et tu y trouverais Dieu; c'est-à-dire, que tu trouverais Dieu, au lieu de te trouver toi-même et il ne resterait rien de toi qu'un nom sans forme. L'Être en lui-même appartient à Dieu, en te dépouillant de tout ce qui n'est pas à toi, tu découvrirais que tu es comme le bulbe d'un oignon. Si tu le pèles, tu enlèves la première peau, puis la seconde, la troisième et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ne reste rien de l'oignon. Ainsi est le serviteur à l'égard de l'Etre de la Vérité. 
Extrait de : Martin Lings, Un saint soufi du 20ème siècle.


La Coupe : 
Douceur de la boisson des Gens ! La saveur dont je parle
Ne saurait désigner ni le vin ni le miel,
Mais un breuvage antique surpassant tout ce que j'en puis dire,
Car toujours les mots manquent à celui qui décrit la beauté.
La coupe est comme le nectar, elle peut aussi être bue ;
Qu'elle soit elle-même suffisante, je l'affirme.
Coupe merveilleuse, par elle seule étanchant toute soif,
Et faisant d'elle-même, à la ronde, le tour des amoureux,
Parmi ses qualités, se trouve sur son bord une inscription magique :
Qui regarde ce sceau, toute force le quitte.
O merveille, je n'ai point divulgué son secret !
Un autre que moi, l'ayant bue, n'eût plus ni jeûné ni prié.
L'imam apercevant l'éclat de sa beauté
Et le Nom devenu tien, toute distraction s'évanouira .
S'inclinerait vers elle plutôt que vers La Mecque.
Venant, en leur leçon, à sentir son parfum
Les docteurs, sur le champs, cesseraient d'enseigner.
Le pèlerin courant de Safà et Marwah.
S'arrêterait s'il voyait sa splendeur et ne reviendrait pas
Faire le tour de l'antique demeure ni baiser la pierre noire.
Bien plus, le bord de cette coupe ordonne à chacun qu'il la baise
Là où il voit, en son propre reflet,
Le but de sa recherche. Comment donc se contiendrait-il
Celui qui s'était cru vil et d'honneur se trouve comblé ?
Du triomphe et de l'allégresse il faut briser les limites.
Ce vin très vieux, le plus rare qui soit,
N'incite pas au mal et tu n'as pas à craindre d'être troublé par lui.
En lui chaleur, ni froid,
Il ne fait point faillir les esprits par ses brumes.
Ce vin subtil, insaisissable, échappe à ce que j'en puis dire,
A l'éternité de l'éternité.,
Car toujours les mots manquent à celui qui décrit la beauté.
Extrait de Martin Lings, Un saint soufi du 20è siècle. 

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