jeudi 30 septembre 2010

Satyam Nadeen

Condamné à sept ans et demi de prison aux Etats-Unis, Satyam Nadeen passe les deux premières années de sa réclusion dans un quartier de haute sécurité. C'est là, dans les pires conditions de vie, au milieu de la violence quotidienne, qu'il a soudain la conscience, vaste et lumineuse, de ce qu'est la vraie réalité.

Dans un style drôle et incisif, l'auteur nous raconte comment il est passé de la vision étriquée de Monsieur Tout-le-monde, avec ses préjugés, à la vision transcendante qui permet de voir les choses telles qu'elles sont dans leur clarté essentielle. Il explore au passage les thèmes communs à toute recherche spirituelle, quelle que soit la tradition où elle s'inscrit : le libre arbitre, la prière, l'amour, la compassion, le rôle de l'instructeur... Il sait se montrer tendre, mais aussi impitoyable, avec les idées reçues qui ont fait l'âge d'or du New Age. Satyam Nadeen enseigne actuellement aux USA.

Source du texte : Ed. Le Relié Poche


Bibliographie :

De la prison à l'éveil, Ed. Le Relié Poche, 2001.


Chap. 2 Antécédent personnel : 

(..)
Alors que cette période peut paraître plutôt lugubre, et elle l’était, il y avait un contrepoint à tout cela. Cet effondrement si absolu, si total de la vie telle que je l’avais connue eut pour effet la complète annihilation de la vieille identité du « soi ». Alors que je m’employais désespérément à me cramponner à ma santé mentale et à protéger jusqu’à ma propre vie, toutes mes vieilles images sur ce que je croyais être se sont volatilisées dans cette « nuit obscure de l’âme ». Cette période contribua à affaiblir le peu d’ego qui pouvait encore demeurer, ouvrant ainsi la voie à l’écoute de la sagesse intérieure. Et ceci nous amène à la phase où l’éveil s’est produit.

Chap. 3 Le processus de l'éveil : 

"Alors que le processus même de l’éveil donne le sentiment d’être soudain et bouleversant, les événements qui y conduisent sont probablement beaucoup plus progressifs. Parfois des événements tragiques comme une maladie aux conséquences graves, la perte de mobilité, la perte d’une carrière, d’un être cher, ou des revers financiers, etc., contribuent à affaiblir la dure carapace externe de toutes nos couches d’identité, afin que la connaissance intérieure de qui nous sommes véritablement puisse émerger.
Dans les expériences d’éveil, d’autres chercheurs qui ont décrit la manière dont cela s’est produit pour eux, j’ai retrouvé certains dénominateurs communs.

D’abord, une expérience semblable à la mort, impliquant la perte de l’ego ou de l’identité personnelle. Ensuite, un abandon de la tentative de comprendre tout le processus, ou quoi que ce soit se rapportant à Dieu ou au domaine spirituel.

Enfin, il y a un abandon de tout effort délibéré vers l’éveil. Au début cela s’accompagne de vagues de félicité qui s’apaisent ensuite en un sentiment de paix profonde. 

Ces deux années passées en détention préventive dans ce « trou noir de Calcutta », comme on appelle une prison de comté, ont été les derniers moments de « quête » intense de mon parcours. J’avais accès à n’importe quel livre, bande ou vidéo, qui m’était envoyé, et comme je ne pouvais quitter ma couchette métallique, je restais simplement étendu là, m’abreuvant jusqu’à l’overdose d’influx métaphysiques et contemplatifs. Alors que je quittais cette prison pour être transféré dans une prison fédérale à Terminal Island, à San Pedro en Californie, je fus frappé par les premières déferlantes de connaissance intuitive. Elles gravitaient autour de la pratique d’un questionnement du soi dans laquelle je m’étais engagé de façon très intensive : « Qui suis-je ? » Il se fit jour en moi que je ne pouvais rien connaître de Dieu, ou de la voie spirituelle, avec cet esprit limité, alors j’ai simplement tout laissé tomber. Avec cet abandon a déferlé le premier raz-de-marée de soulagement et de félicité. Quelques semaines plus tard, j’étais à Terminal Island, me réadaptant à la vue, pour la première fois en deux ans, du soleil, de la lune, des étoiles, de l’océan, des mouettes, des pélicans, des phoques, des fleurs, des arbres et de l’herbe, quand j’ai été atteint par la deuxième phase de ce processus d’abandon. Non seulement je ne connaissais rien de l’éveil, mais je ne pouvais strictement rien y faire non plus ! Une fois encore il s’ensuivit d’immenses vagues de détente et de pur bonheur, aux allures de tsunami. L’éveil lui-même était maintenant complet. Ce qui est survenu ensuite fut la ramification de cette connaissance intuitive dans ma vie quotidienne. C’est ce processus que j’en suis venu à appeler « la délivrance ». (...)


Chap. 4 La délivrance :

J’avais toujours cru, en vertu de mon conditionnement à couches multiples, qu’une fois que vous étiez « éveillé », c’était fondamentalement la fin de tout le processus. Mais l’expérience m’a rapidement appris que c’était simplement un début, que « l’éveil » n’était que le premier stade du processus de la « délivrance ». Une fois atteint par le plein impact de : « conscience est tout ce qui est » et : « je ne suis pas l’auteur de mes actes », vous réalisez qui vous êtes réellement et qui vous n’êtes pas. De cette profonde réalisation jaillissent les ramifications de cette nouvelle « vision de Perle » qui imprégnera les moindres détails de votre vie quotidienne."
Extrait de : De la prison à l'éveil

mercredi 29 septembre 2010

Rupert Spira

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Rupert Spira est né en 1960 à Londres, artiste céramiste reconnu, il continue à produire des oeuvres et à les exposer tout en donnant parallèlement des satsang. 
Site officiel : Rupert Spira




Bibliographie (en français) : 
La transparence des choses. Prochainement aux Editions Accarias l'Originel


La Conscience n'est pas seulement le témoin mais aussi la 
substance de chaque objet qui apparaît en elle.




Chaque objet est fait de Conscience et est une expression de la Conscience.
Pour commencer nous comprenons les objets comme apparaissant à la Conscience.
Puis nous comprenons qu'ils apparaissent dans la Conscience.
Et ensuite nous comprenons qu'ils apparaissent en tant que Conscience.
De cette façon, la Conscience réabsorbe le corps, le mental et le monde en elle-même.
Et cette formulation n'est pas tout-à-fait exacte, car elle suggère qu'un objet est venu d'une certaine manière, de l'extérieur et est apparu dans la Conscience, et que cette Conscience prend l'objet en elle-même.
Quoi qu'il en soit, la Conscience "est" en premier, avant l'apparence de tout objet. Notre toute première expérience en tant que nouveau né a été expérimentée par cette même Conscience qui est présente maintenant, et lit ces mots.
Bien sûr, parler "d'avant" n'a aucun sens, car lorsqu'il n'y a pas d'objets, il n'y a pas de temps, mais nous devons accepter les limitations du langage.
Ce n'est pas que la Conscience prenne l'objet en elle-même. La Conscience prend la forme de l'objet apparent, au travers des facultés de ressenti et de perception, tout en restant toujours elle-même.


Au départ la Conscience s'identifie avec les objets et ce faisant, elle semble s'oublier elle-même. Plus tard, elle prend la forme des objets sans s'oublier elle-même.
Lorsque la Conscience semble s'oublier elle-même, "l'objet" est expérimenté comme un objet avec son existence propre séparée. Lorsque la Conscience prend la forme d'un objet sans s'oublier elle-même, "l'objet" est expérimenté comme une expression de la Présence même.
En réalité, la Conscience prend la forme de chacune de nos expériences. De cette façon, nous, Conscience, nous nous connaissons comme étant toute chose.
La vacuité transparente, lumineuse, vide, connaissante de la Conscience prend la forme de la totalité de notre expérience. Elle se connaît en tant que chaque chose.
La Conscience est toujours elle-même et pourtant, en s'identifiant exclusivement avec un objet, le corps-esprit, elle semble devenir quelque chose. Elle semble devenir un objet.
En se désidentifiant de l'objet, elle se réalise elle-même comme sujet. Elle se réalise comme n'étant rien, vide, c'est-à-dire comme n'étant pas un objet, pas une "chose".
Comme elle reconsidère l'objet à partir de sa position de sujet, elle réalise que le sujet - i.e. elle-même - entre dans la composition de l'objet. Elle se réalise en tant que toute chose.
Cette condition pourrait être appelée l'Amour. C'est l'état naturel dans lequel la vacuité du témoin est libérée de toute objectivité ou limitation et se réalise comme étant la substance même de toute chose. La Conscience se connaît comme toute chose.
Elle réalise que chaque chose est inclue en elle et est une expression d'elle-même.
Cela dépasse le sujet et l'objet. Le sujet et l'objet s'écroulent dans ce qui est derrière, au-delà et en eux. Nous pourrions appelé cela l'Etre.
La Conscience devient quelque chose, puis rien, puis toute chose, et reste cependant toujours elle-même.


La Conscience ne va jamais nulle part. Elle ne devient jamais rien.
Il n'y a que la Conscience, il n'y a que l'Etre, qui simultanément crée, est témoin, exprime et s'expérimente elle-même ou lui-même dans chacune de nos expériences.
Extrait de : "The Transparency of Things "
Source des textes (traduction) et autres textes : Perles de bonheur
Traduction des vidéos (Conscious TV) : Au dela de l'illusion































Suite de la vidéo sous-titrée (et autres textes) : Perles de bonheur





mardi 28 septembre 2010

Adyashanti

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Adyashanti (dont le nom signifie paix primordiale) défie tous les aspirants à la paix et à la liberté de songer sérieusement à la possibilité de se libérer en cette vie. Il a commencé à enseigner en 1996, à la requête de son maître zen avec qui il étudiait depuis quatorze ans. Depuis, plusieurs chercheurs spirituels se sont éveillés à leur nature essentielle en côtoyant Adyashanti. 

Auteur de Emptiness Dancing (Conscience pure), The Impact of Awakening et My Secret is Silence, Adyashanti offre des instructions spontanées et directes analogues aux enseignements des premiers maîtres zen et des sages de l’Advaita vedanta. Néanmoins, Adya déclare : «Si vous filtrez mes paroles au travers d’une tradition ou d’un système en –isme, vous passez à côté de ce que je dis. La vérité libératrice n’est pas statique; elle est vivante. Elle ne peut être émise sous forme de concepts et ne peut être saisie par le mental. La vérité réside au-delà de toute forme de fondamentalisme conceptuel. Ce que vous êtes se situe au-delà – éveillé et présent, déjà ici et maintenant. Je vous aide simplement à le réaliser.»
Natif de la Californie du Nord, Adyashanti vit avec sa femme Annie, et enseigne surtout dans la région de San Francisco, offrant des satsangs, des week-ends intensifs et des retraites en silence. Il se déplace pour enseigner dans d’autres régions des États-Unis et du Canada. 
Source du texte : Ed. Ariane
Site officiel : Adyashanti


Bibliographie : 

- Conscience pure et méditation véritable. Livre + CD. Ed. Ariane, 2009. 
- La fin de votre monde. Ed. Ariane, 2010.


La vie bouge, inspire et expire, se dilate et se contracte. C'est sa nature, la nature de ce qui est. Tout ce qui est, est en mouvement. Rien ne reste identique pour très longtemps. Le mental veut que tout s'arrête pour qu'il puisse prendre appui, trouver sa position de manière à trouver la façon de contrôler la vie. Par la recherche des choses matérielles, de la connaissance, des idées, des croyances, des opinions, des états émotionnels, des états spirituels, et des relations, le mental cherche à s'assurer une position sécurisante pour pouvoir fonctionner.


Le mental cherche à fixer, à stopper tout mouvement et changement. Lorsque cela ne marche pas, il se met à chercher l'éternel, ce qui ne change, ni ne bouge jamais. Mais le mental est lui-même une expression du mouvement de la vie et est donc lui aussi en mouvement permanent. Lorsque la pensée est présente, elle bouge et change toujours. Il n'existe en réalité aucune chose telle que la pensée. Il n'y a que le fait de penser, et la pensée qui est toujours en mouvement ne peut appréhender ce qui ne change pas.


Lorsque la pensée pénètre ce qui ne change pas, elle devient silencieuse, et le penseur, le "moi" psychologique, l'image de soi disparaît. Soudainement "vous" en tant qu'idée avez disparu. La Conscience reste seule. Il n'y a personne qui est conscient. La Conscience elle-même est elle-même. Vous n'êtes plus la pensée, ni le penseur, ni quelqu'un qui est conscient. Seule la Conscience demeure, en tant qu'elle-même. Et puis, au sein de la Conscience, la pensée bouge. Au sein de ce qui ne change jamais, le changement se manifeste.

Maintenant la Conscience s'exprime. La Conscience s'exprime toujours en tant que vie, changement, pensées, sentiments, corps, humains, plantes, arbres, voitures etc. La Conscience cède à elle-même, à sa créativité inhérente, à son expression dans la forme, à s'expérimenter elle-même. Ce qui ne change jamais change. L'éternel vit et meurt. Le sans forme est forme. La forme est le sans forme. Rien que le mental n'aurait jamais pu imaginer.
Source du texte : Perles de bonheur











Autres textes et vidéos sous-titrées sur : Perles de bonheur

lundi 27 septembre 2010

Jean Bouchart d'Orval à Genève

Rencontres à Genève 
du 30 septembre au 3 octobre 2010






A l’origine physicien du génie nucléaire, Jean Bouchart d’Orval a vécu plusieurs années en Inde suite à son questionnement intense sur le réel. Depuis vingt ans, il écrit des livres et propose des rencontres qui sont autant d'invitations à une exploration fondée sur le pressentiment de la joie sans cause et son actualisation dans la vie


VIVRE EN POETE
« J’ai été invité à la fête de la vie et j’ai joué tant que j’ai pu. »
Rabindranath Tagore
Malgré les apparences, nous, les humains, ne souffrons que d’une chose: nous avons perdu de vue que nous habitons cette terre en poètes. Nous ne sommes pas ici pour réussir une vie personnelle, une vie de couple, une vie de ceci ou de cela, et encore moins pour faire croître «l’économie». Profondément notre vie n’a ni utilité ni but, ce qui ne l’empêche pas d’être parfaite intelligence…
Le corps est un instrument de musique, l’esprit est la page sur laquelle s’écrit le poème de nos vies et nous en sommes le pur Spectateur. Comment nous y prenons-nous pour ne pas voir cela et continuer de vivre dans le calcul et l’inquiétude ? Voilà la merveille à explorer ensemble avec un esprit silencieux et joyeux.


Jeudi 30 septembre à 20h15 :
Entretien public à la Salle Zazi Sadou - Maison des Associations
15, rue des Savoises Genève. Participation: CHF 20.-

Samedi 2 et Dimanche 3 octobre :

Séminaire à la Maison Lanzrein, chemin Sous-Cuzy, Chens-le-Pont, France
Samedi à 15h et à 19h, dimanche à 11h et à 15h (durée séance ± 2h30)
Participation: Fr. 200.- (ou Fr. 60.-/séance), étudiant/retraité/invalide: réduction 25%
Repas: buffet canadien, apporter un plat et une boisson svp
Habits relax (pour entretien/méditation)
Informations et réservations :
Ralph Kundig • ralph@omalpha.com • tél. +41 (0)76 495 00 60
Site web: omalpha.com
Autre rencontres: Tournée automne 2010 (PDF imprimable)


H.L.Poonja

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Hariwansh Lal Poonja, surnommé Papaji, est né en 1913 dans un petit village du Punjab qui se trouvait en Inde avant de faire partie du mouvel état du Pakistant crée en 1947. 
     A 9 ans il passe trois jours dans un état d'absorption mystique, sans arriver à boire, parler ou se mouvoir. Ce sera le début d'une longue quête pour retrouver cet état - ainsi que des visions de Krishna qu'il aura eu en partageant la dévotion de sa mère. 
     Marié à l'âge de 16 ans, il entame une carrière de vendeur qui le mena à vivre à Bombay, afin de nourrir sa femme et ses jeune enfants. Parallèlement il s'engage pour l'indépendance de son pays, faisant partie d'une association dont le but était d'expulser les Anglais par la force.  
     En 1944 un moine mendiant se présente à la porte de sa maison dans son village natal, et demande l'aumone. Hariwansh lui demande en retour : 
"Pourriez-vous me montrer Dieu, et si ce n'est pas le cas, connaissez-vous quelqu'un qui peut le faire ? ". Le sadhou lui répondit ainsi : " Oui, je connais un homme qui peut te montrer Dieu. Son nom est Ramana Maharshi. "
Il se rendit alors Tiruvannamalai pour le rencontrer mais voulu s'en retourner en constatant que Shri Ramana n'était autre que le mendiant, ce qu'il ne fit pas en apprenant que Shri Ramana n'avait pas quitté l'ashram depuis au moins cinq ans. 
     La première fois qu'il s'adressa à Shri Ramana, il lui demanda : " Êtes-vous l'homme qui s'est présenté chez moi au Punjab ? " Mais Shri Ramana resta silencieux. Il lui posa ensuite sa question standard : " Avez-vous vu Dieu, et si oui, pourriez-vous me permettre de Le voir ? "
Shri Ramana répondit : " Je ne peux pas vous montrer Dieu parce que Dieu n'est pas un objet que l'on peut voir. Dieu est le sujet. Il est celui qui voit. Ne vous attardez sur aucun objet qui peut être vu. Découvrez qui est celui qui voit. " Il ajouta également : " Vous seul êtes Dieu. "

"Ses paroles ne me firent aucune impression. Elles me semblaient n'être qu'une excuse de plus que je pouvais ajouter à la longue liste de celles que j'avais reçues de swamis dans tout le pays (...). 

Une fois qu'il eut fini de parler, il me regarda, et alors qu'il plongeait son regard dans mes yeux, mon corps tout entier fut pris de secousses et commença à trembler. Une forte sensation d'énergie nerveuse me traversa le corps. Mes terminaisons nerveuses me donnaient l'impression de danser et mes cheveux se dressèrent sur ma tête. À l'intérieur, je pris conscience du Cœur spirituel. Il ne s'agit pas du cœur physique. C'est plutôt la source et le support de tout ce qui existe. Au sein du Cœur j'aperçus ce qui ressemblait à un bouton de fleur refermé. Il était très scintillant et bleuté. Alors que le Maharshi me regardait et que j'étais moi-même dans un état de silence intérieur, je sentis ce bouton s'ouvrir et s'épanouir (...). Ce fut une expérience extraordinaire que jamais je n'avais vécue auparavant. Je n'étais pas venu en quête d'une expérience particulière, et j'ai été totalement surpris par ce qui s'est passé".

Mais toujours en quête de visions Hariwansh repartit, pour revenir ensuite auprès de Shri Ramana lui raconter qu'il en avait obtenu. 

Shri Ramana commenta : " Quelle est l'utilité d'un Dieu qui apparaît puis disparaît ? S'il était un Dieu véritable, il devrait demeurer avec vous en permanence. 
Le train vous a amené à votre destination. Vous en êtes descendu car il ne vous était plus utile. Il vous a amené là où vous vouliez vous rendre. C'est ce qui s'est produit avec votre chant. Votre japa, vos lectures, votre méditation, vous ont amenés à votre destination spirituelle. Ils ne vous sont plus d'aucune utilité maintenant. Vous n'avez pas abandonné vos pratiques de vous-même ; ce sont elles qui vous ont quitté d'elles-mêmes, puisqu'elles ont rempli leur mission. Vous êtes à destination. "

"Ensuite, il me regarda intensément. Je sentais mon corps et mon esprit être lavés dans leur totalité par des vagues de pureté. Ils étaient purifiés par son regard silencieux. Je pouvais ressentir son regard en train de voir dans les profondeurs de mon Cœur. Sous ce regard fixe et envoûtant, je pouvais sentir chaque atome de mon corps être purifié. C'était comme si un nouveau corps avait été créé à mon intention. Un processus de transformation se déroulait - le vieux corps se mourait, atome par atome, et un nouveau corps se créait à sa place. Et d'un seul coup, je compris. Je vis que cet homme qui s'était adressé à moi, était en réalité, ce que j'étais déjà, ce que j'ai toujours été. Un impact soudain de reconnaissance me frappa alors que je pris conscience du Soi. J'utilise le terme " reconnaissance " délibérément, car dès que l'expérience me fut révélée, je savais, sans l'ombre d'un doute, qu'il s'agissait du même état de paix et de bonheur dans lequel j'avais été plongé à l'âge de six ans à Lahore quand j'avais refusé la boisson à la mangue. Le regard silencieux du Maharshi m'avait à nouveau établi dans cet état premier. Le désir de trouver un Dieu au dehors périt dans la connaissance et l'expérience directes du Soi qui m'étaient révélées par le Maharshi... Je sus alors que ma quête spirituelle avait pris fin..."

Source du texte (et texte entier) : Innerquest
Site officiel : avadhuta


Bibliographie (en français) : 

- Réveillez-vous et rugissez. Ed. Le Relié Poche.
- Journal. Ni noms ni formes. Ed. Accarias l'Originel. 
- Il ne s'est jamais rien passé. Ed. Accarias l'Originel. 
- A la source de l'être. Ed. Innerquest. 
- Cela. Ainsi parlait Poonja, Prose et poème du vide dansant. Ed. Inerquest. 


Entretien : 


Question :
 Je ne pense pas que l'ego soit absent. N'est-ce pas ? J'ai le sentiment qu'il est toujours présent.
Papaji : Dans cet état, il se transforme en une corde calcinée. Vous la regardez, sa forme vous paraît être celle d'une corde, mais elle n'est d'aucune utilité. Si vous essayez de la prendre pour attacher quelque chose avec, elle se désintègre dans vos doigts. Elle semble être là, mais ne peut plus servir à rien.

Question :
 Je vois. Je vais essayer d'attacher quelque chose avec pour voir si elle fonctionne toujours.

Papaji :
 Ne pensez pas du tout. Soyez seulement telle que vous êtes. La méditation se déroule. Elle fera son œuvre. La méditation se déroule continûment. Voyez-vous ? Le constatez-vous ?

Question :
 Oui, je constate que...

Papaji :
 C'est ça la méditation.

Question :
 C'est intéressant. J'ai l'impression... d'une sorte de perception... c'est intéressant... Je ressens une perception d'un genre particulier.

Papaji :
 Oui, c'est ce dont je parle. C'est la méditation, mais elle est devenue sans effort. Il y a bien de la concentration, mais elle ne se porte sur aucun objet ; ni un objet au dedans, ni un objet au dehors. Vous ne vous accrochez à aucun objet. Avez-vous remarqué ?

Question :
 Non. Ça ressemble simplement à de la méditation. Je n'ai pas vraiment conscience de ce qui se passe autour de moi.

Papaji :
 [en riant] Oui, la vraie méditation est ainsi. Habituellement, il y a un certain attachement aux objets des sens, une adhérence, mais dans cette méditation-ci, il n'y a rien à quoi se raccrocher. Aucune intention. C'est le point important. L'absence d'intention signifie méditation constante. Vous ressentez probablement une certaine différence. Le mental est silencieux. Dans cet état, il le restera même si vous ne méditez pas. Vous êtes quelque peu différente. Ne l'avez-vous pas remarqué ?

Question :
 Oui.... Je sens... Je suis connaissance.

Papaji :
 C'est ce que je suis en train de dire. C'est quelque chose qui vous était connu. Vous aviez cette connaissance au préalable. Comment méditer, quelle posture adopter. Le savoir est là. Il est en train de vous revenir.
Question : Je n'ai rien fait. Je n'ai adopté aucune posture et je n'ai pas médité.

Papaji :
 C'est la méditation naturelle. Ce n'est pas vous qui la " faites ". C'est quelque chose qui est là de tout temps. Cela s'appelle " sahaja ", qui signifie " naturel ". Il s'agit de la méditation sahaja.

Question :
 Sahaja ?

Papaji :
 La méditation sahaja. C'est l'état naturel. Elle deviendra votre sœur.
Question : Cela m'embrouille, Papaji. Vous en parlez et vous accordez beaucoup d'importance à ce changement. Me concernant, je ne le ressens pas comme spécial.

Papaji :
 C'est bien. Vous ne le ressentez peut-être pas comme quelque chose de spécial, mais le dire est spécial. [rires] Vous ne le disiez pas auparavant, avant de venir ici. Pour le moment, ça n'est pas " spécial " pour vous, mais si vous le saviez avant ; si cette " connaissance ", comme vous l'appelez, était présente auparavant, alors pourquoi être venue ici ?
Question : Je ne sais pas.

Papaji :
 Maintenant, vous dites : " Je ne sais pas ". Auparavant, vous saviez beaucoup de choses. Il ne vous reste plus rien à accumuler. Plus rien ni à obtenir, ni à accomplir. C'est un retour à votre état naturel, un état tout à fait naturel. La plupart des gens ne peuvent pas le faire. Ils ne veulent pas rester tels qu'ils sont. Ils veulent devenir quelque chose d'autre, quelque chose qu'ils ne sont pas, et c'est ce qui les perturbe. Vous dites des choses justes. " Pas de changement. " C'est très bon.

Source de l'entretien (et entretien en entier) : Innerquest









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