mercredi 21 septembre 2011

Pa Dampa Sangye ou Kamalashila



Pa Dampa Sangyé (pha dam pa sangs rgyas -1118), prototype du yogi indien (S. ācārya – T. a tsa ra) à la peau noire ou bleue. Il serait originaire du sud de l’Inde et né avec toutes ses dents, ce qui fait penser à la légende du maître taoïste Lao Tseu, né au bout d’une gestation de 64 ans. Il fait de nombreux voyages (cinq selon Djamgon Kongtrul[1]), dont le cinquième en Chine, où il resta 12 ans. Au terme de son séjour chinois, il alla à Dingri en Inde. Il était actif pendant le onzième siècle[2].

Le système de l’Apaisement de l'inquiétude semble être inspiré par une instruction que Dampa reçut du brahmane Āryadeva. [3] Dampa avait amené l’original en sanskrit avec lui au Tibet et il avait traduit oralement les Instructions sur la perfection de la sagesse (S. Ārya Prajñāpāramitā-upadeśa T. ‘phags pa shes rab kyi pha rol tu phyin pa’i man ngag), annotées et révisées plus tard par Zhama le traducteur.[4] Ces instructions se distinguent sur le fond très peu d’un texte comme Les instructions sur la Mahāmudrā (T. phyag chen gang ga ma) de Tailopa.

La lignée de Zhi byed est divisée en trois transmissions, première, intermédiaire et dernière. La première est une lignée Cachemirienne (T. kha che lugs), dont le premier cycle d'instructions s'appelle "semblable à l’espace". Cette lignée compte de nombreux mahasiddhas (54 masculins et féminins), parmi lesquelles une certaine Sukkhasiddhi. Elle comporte une méthode de Mahāmudrā particulière qui consiste en une contemplation qui prend le ciel pour objet.

Quand son disciple principal Kun dga' (1062-1124)[5] demande à Dampa comment il doit méditer, Dampa repond :"Tu dois méditer en fixant les yeux vers le ciel, vers le haut, puisque c'est une posture favorable qui est particulière à la Prajñāpāramitā".[6]

La lignée intermédiaire est celle de rMa (chos kyi shes rab), So (chung dge ‘dun ‘bar) et sKam. Celle-ci se divise en une lignée des mots (T. tshig brgyud) et une lignée du sens (S. don brgyud). Selon Jamgon Kongtrul (pp. 538-543).

Les doctrines appartenant à la dernière lignée s’appellent « Le cycle des méthodes des gouttes de la Mahāmudrā immaculée » (T. phyag rgya chen po dri med thigs pa phyag bzhes kyi skor).[7] Dans ce contexte « Mahāmudrā » se réfère au système de Maitrīpa, car Dam pa avait été un disciple personnel de Maitrīpa. « Immaculée » se réfère aux dits de Dampa. Le mot « méthode » T. phyag bzhes) signifie la méthode des instructions, qui sont très différentes des autres instructions (on pourrait presque dire la "patte" de Dampa, voir Deb ther sngon po p. 1133). Ces instructions appartiennent par leur nature à la Prajñāpāramitā, mais suivent le système des tantra.
Source, suite et notes du texte : Hridayartha


Bibliographie (en français) :
- Les Cent conseils aux gens de Tingri, expliqués par Dilgo Khyentse Rinpoche, Ed. Padmakara, 2000.
- Le Testament spirituel, Ed. Yogi Ling, 1997
- Extraits dans :
 Jérôme Edou, Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet, Ed. Points Sagesse, 2003
En ligne :
- Rencontre entre Milarepa et Dampa Sangye au col de Thongla, trad. par Janus Vriens, sur son site : Dans le sillage d'Advayavajra et son blog Hridayartha (une rencontre au sommet) : en format PDF
Autres pages (du blog Hridayartha) sur Dampa Sangye :
Dampa Sangye et l'apaisement de l'inquiétude
Dampa Sangye et la présentation du Guide intérieur
Dampa et ses méthodes cachemiriennes


L'instruction spirituelle "Qui apaise l'inquiétude" :
Pendant que l'on dompte les forces négatives et les yakBa masculins
et féminins
Elle préserve l'observance (S. vrata) et les yantra
Quand le corps est malade
Elle mélange l'élément ultime (S. dhātu) et l'Intelligence (S. saBvedya)
Quand des constructions mentales subtiles se produisent
Elle les nivelle (T. 'bur 'joms) dans les passions
Quand on est couché seul dans une cachette
ŠElle établit (S. vyavasthāpanā) l'expérience directe (T. rig pa)
Quand on est au milieu d'une foule
Elle observe l'essence de tout ce qui se présente
Quand la conscience sombre dans l'opacité, elle la ravive avec pha
Quand elle est active, elle tranche à la racine
Quand elle est agitée, elle l'établit dans l'élément ultime (S. dhātu)
Quand le sujet conscient (S. jñātā) poursuit des objets sensibles
Elle regarde l'essence réelle (S. tattva)
L'instruction spirituelle "Qui apaise l'inquiétude"
En cas de mauvais augures, elle les fait prendre pour des aubaines
Que les constructions mentales en fassent à leur guise
Quand une maladie survient, elle la met à profit
Que les [quatre] humeurs7 (S. mahābhūta) en fassent à leur guise
Quand la mort arrive, elle l'intègre
Que le Seigneur de la mort en fasse à sa guise
L'instruction spirituelle "Qui apaise l'inquiétude"
Est la Perspective du Buddha atemporel
C'est l'instruction secrète du détenteur de vajra (Vajradhara)
C'est le coeur vital des quatre classes de d ākinī
ƒC'est l'instruction des quatre tantra
C'est l'Instruction de la transmission orale (S. kar7a)
C'est la clé des instructions (S. upadeśa) et des expédients (S.upāya)
Voilà l'instruction spirituelle "Qui apaise l'inquiétude".
Extrait de : Rencontre entre Milarepa et Dampa Sangye au col de Thongla, trad. par Janus Vriens
Source, suite et notes du texte, Dans le sillage d'Advayavajra : PDF


Plus tard Machik lui demanda comment elle pourrait accomplir son oeuvre pour autrui, et Dampa lui dit :
Détourne-toi des buts négatifs, anéantis toute réticence.
Cultive ce qui te semble impossible.
Tranche tes propres limitations et reconnais tes désirs.
Erre dans des lieux désolés qui inspirent la frayeur,
Comprends que tous les êtres sont semblables à l'espace vide.
Dans les cimetières, recherche le Bouddha en toi-même,
Et ton enseignement sera comme le soleil qui illumine le ciel.
Extrait du livre de Jérôme Edou, Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet, Ed. Points Sagesse, 2003
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