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lundi 19 décembre 2011

Yangoeunpa ou Gyalwa Yangon





Yangoeunpa (1213-1258), disciple de Goeutsangpa (1189-1258), le fondateur de la lignée Droukpa Kagyu du Haut, ce yogi étudia et pratiqua auprès de nombreux maîtres, dont Sakya Pandita et le Nyingmapa Sangye Milkyeu Dorje. Il est à l'origine d'une branche de la lignée Droukpa Kagyu qui porte son nom et se développa autour de ses deux principaux textes : Les Trois Enseignements de retraite en montagne et Les Six-Soeurs.
Source du texte : Rayons de lune.
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Bibliographie :
Extraits dans : Dakpo Tashi Namgyal, Rayons de lune, Les étapes de la méditation du Mahamudra, trad. Christian Charrier, Ed. Padmakara, coll. Tsadra, 2010  


Ne pers pas la fraicheur d'une attention jamais distraite.
Ne médite pas et ne fabrique pas l'état naturel.
Ne cherche pas à définir ce qui dépasse l'esprit.
Ne le contamine pas avec l'analyse, reste dans l'ouverture (du sans-naissance).
Unis la méditation et (la réalisation de) l'absence d'élaborations, comme une fille qui retrouve sa mère.
(...)

Ce qui est perçu par les cinq sens est le rayonnement d'une incessante continuité.
Ce qui apparaît des objets des sens, sans appropriation, est par nature dépourvu de naissance.
Même lorsque l'attachement aux apparences est présent,
Il se transmue en méditation spontanée.
Voir la vacuité dans l'apparence, sans élaborations conceptuelles,
C'est laisser le processus de manifestation suivre son cours.
Ne considérez pas l'apparence comme défectueuse, mais renoncez à votre attachement.
Vous entrerez alors dans la spacieuse méditation de l'unique saveur.
(...)

Regardez directement la conscience et voyez s'il y a dualité
Entre l'objet de méditation et l'esprit qui médite.
Libérez la conscience éveillée de son support
Et restez détaché de la conscience dénuée d'attention.
Vous entrerez alors dans une constante méditation qui se perpétuera jour et nuit.
Extrait de : Rayons de lune.
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dimanche 18 décembre 2011

Pamo Droupa





Pamo Droupa (1100- 1170), un des quatre principal disciple de Gampopa, est à l’origine de la lignée Pamo Kagyu (dont les disciples initieront à leur tour huit lignées dont les plus renommées sont les lignées Drugpa Kagyu et Drikung Kagyu)


Bibliographie :
Extraits dans : Dakpo Tashi Namgyal, Rayons de lune, Les étapes de la méditation du Mahamudra, trad. Christian Charrier, Ed. Padmakara, coll. Tsadra, 2010  


Si, durant les quatre séances de méditation quotidiennes,
On a intégré les pensées discursives à la voie,
On connaitra les quatre expériences que désignent les expressions :
"Rencontrer celui qu'on connaissait",
"Neige fondante sur pierre chaude",
"Incendie de forêt",
"Félicité, clarté, vacuité".

Rencontrer celui qu'on connaissait"
Évoque les retrouvailles de deux bons amis
Qui se reconnaissent au premier regard.
De même, dès que le yogi perçoit des pensées,
Elles lui apparaissent comme la vacuité de l'esprit.
D'où l'expression : "Conquérir par la rencontre".

"Neige fondant sur une pierre chaude"
Évoque la neige qui tombe des nuages
Et se liquéfie au contact des rochers tièdes.
De même, les pensées viennent de la distraction
Mais, en reconnaissant leur origine dans l'esprit,
On réalise sans effort
Que l'esprit est le corps absolu libre d'élaborations,
D'où l'expression : "Réagir par contrecoup".

"Incendie de forêt"
Évoque un grand feu qui consume tout sur son passage :
Arbres, plantes et animaux, terre propre ou souillée.
Au lieu de les arrêter, vents et orages de grêle
Ne font qu'attiser l'ardeur des flammes.
De même, lorsque flambe le grand feu des pensées discursives,
Sans acceptation ni rejet, affirmation ou négation,
Confiez-lui toutes les perceptions dualistes - bien et mal, sujet et objet -,
Toutes les afflictions mentales - attachement et colère -,
Afin qu'elles attisent ce qui n'est jamais né.
Plus les pensées sont nombreuses,
Plus elles favorisent la réalisation.
D'où l'expression : "Manifester l'inexistant".

"Félicité, clarté, vacuité"
Désigne une réalisation fermement ancrée
Au cours de laquelle l'esprit est clair, ouvert, illimité,
Heureux, lucide, non conceptuel et détaché.
Une piqûre d'aiguille procure une sensation de félicité.
Cette expérience se produit lors des pauses, de jour comme de nuit,
Aussi, en marchant, au repos ou pendant toute autre activité.
Extrait de : Rayons de lune.
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(...)
Apparence et non-apparence,
Pensée et vacuité, vide et non-vide
Ayant la même saveur sont indissociables de la vacuité.
Dans la pureté de l'unique saveur,
Compréhension et non-compréhension,
Méditation égale et post méditation,
Méditation et non-méditation,
ne sont pas distinctes.
Dans la dimension absolue,
Elaboration et absence d'élaborations ont la même saveur.
Extrait de : Rayons de lune.
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mercredi 14 décembre 2011

Khyungpo Neldjor, Lama Shang ou Shang Youdrakpa




Aux Xème et XIème siècles, à l’apogée du bouddhisme en Inde, juste avant les invasions musulmanes et que la domination hindoue le fasse quasiment disparaître, de nombreux grands maîtres accomplis (les mahâsiddhas) sont apparus comme Luipa, Tilopa, Naropa, Maitripa, Saraha. Parmi eux, il y eut deux femmes extraordinaires qui avaient atteint le parfait éveil : Nigouma et Sukkhasiddhi. Il est même dit qu’elles avaient reçu des enseignements directement du Bouddha Vajradhara, le bouddha primordial, l’essence de tous les bouddhas.

Contemporain de Marpa le traducteur, Khyungpo Neldjor naquit probablement en 984 à Nyemo Ramang, au centre Ouest du Tibet. À sa naissance, l’adepte Amogha atterrit du ciel pour offrir des prophéties extraordinaires sur le jeune enfant. Khyungpo Neldjor se rendit sept fois en Inde et au Népal, à la recherche du dharma authentique; il étudia et pratiqua auprès de grands maîtres comme Maitripa, Dorjedenpa et Rahula. De retour au Tibet, il fonda un monastère à Shang-Shung dans le centre du Tibet. C’était son siège principal, et il devint vite renommé comme le « Lama de Shang », ce qui donna son nom à la lignée Shangpa. De plus, il était renommé pour avoir fondé des centaines de monastères et avoir des milliers de disciples.

Il transmit les enseignements de Nigouma à un seul de ses disciples, Mochok Rinchen Tsondru (Mochokpa). La lignée Shangpa est souvent citée comme étant la « lignée secrète », car Nigouma donna comme instruction à Khyungpo Neldjor de ne transmettre les enseignements qu’à un seul disciple pendant les sept premières générations (en commençant au Bouddha Vajradhara et à Nigouma). De Mochokpa, la lignée passa à Kyergang Chökyi Sengué (Kyergangpa), puis à Nyentön Rigung Chökyi Sherab (Rigongpa), et Sangyé Tönpa. Ces sept premiers maîtres sont connus comme les Sept Grands Joyaux de la tradition Shangpa. (...)  Bien que les enseignement Shangpa fussent considérés comme très élevés et fussent assimilés par de nombreuses écoles, la tradition ne s’est jamais transformée en institution, avec de grands monastères, et utilisant le système de transmission des tülkus. Malgré tout, ses enseignements sont toujours pratiqués et transmis dans de petits centres de retraite dans tout l’Himalaya. Au XIXe siècle, Jamgön Kongtrul rassembla les transmissions toujours vivantes et assura leur continuité en les incluant dans son célèbre Trésor des Instructions Sacrées.(...)
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie :
Extraits dans : Dakpo Tashi Namgyal, Rayons de lune, Les étapes de la méditation du Mahamudra, trad. Christian Charrier, Ed. Padmakara, coll. Tsadra, 2010 
En ligne : 

Le tronc, les vers-vajra de la Mahamudra du reliquaire : sur le site Hridayartha


Lorsque vous méditez sur le Mahamudra,
Ne cherchez pas à procéder comme ceci ou comme cela,
Car il n'y a ni début, ni fin, ni intervalle.
Au moment de raviver l'attention, restez détendu. (...)

Lorsque le yoga de l'attention unifiée fait son apparition,
La vraie nature de l'esprit est réalisée :
Incessante clarté-vacuité
Dépourvu de centre et de périphérie,
Comparable à l'immensité de l'espace
Qui reste calme, ouvert et radieux.
Voilà la méditation égale du premier yoga.

Lorsque le yoga de l'unique saveur fait son apparition,
On connait les caractéristiques de l'esprit.
On comprend que toutes les apparences, pures et impures,
Émanent du corps absolu, l'esprit libre d'élaborations.
Pensées dualistes et absence de pensée,
Perceptions et absences de perception,
Stabilité et absence de stabilité, vide et non vide.
Clarté et absence de clarté,
Ont toutes la même saveur dans la claire lumière du corps absolu.

Lorsque le yoga de la non-méditation fait son apparition,
L'essence de la conscience claire se dégage de tout support.
Le yogi ne trouve rien sur quoi méditer
Car l'irréalité du méditant s'est dévoilée.
Il découvre en lui-même la nature de bouddha,
Pourvue des cinq sagesse et des trois corps,
Que l'on dit présente dans tout esprit.

Lorsque l'esprit est absorbé dans sa nature fondamentale,
Que l'on saute, coure, bavarde ou enseigne,
Il est en méditation.
Dès que l'esprit s'écarte de sa nature fondamentale,
Même si l'on reste assis à méditer,
il est en postméditation. (...)

Aussi élevée que soit la réalisation,
Tant que l'on ne maitrise pas l'absorption méditative,
Deux réalités semblent s'opposer :
Méditation et postméditation,
Attention placée et relachée,
Distraction et absence de distraction.
Dès que l'état méditatif apparaît
Sans qu'on ait besoin de le chercher,
(Survient) ce qu'on appelle la "non-méditation".(...)

Dès qu'apparait le yoga de la non-méditation,
La Connaissance transcendante se sépare de son support.
le yogi se libère de sa méditation
Et il n'y a personne pour méditer.

La souffrance ne se dissipe pas entièrement
A l'instant ou l'on réalise la non-dualité
Même si toutes les caractéristiques n'apparaissent pas,
Qui niera qu'il s'agit bien de la voie de vision ?
La lumière ne fait pas fondre la glace
Dès le lever du soleil,
Pas plus qu'elle ne réchauffe aussitôt la terre et les rochers.
Qui pourtant nierait la présence du soleil ?


Extrait de : Rayons de lune
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mardi 13 décembre 2011

Goeutsangpa Goeunpo Dorje ou Gyalwa Gotsangpa














Goeutsangpa Goeunpo Dorje (1189-1258). Accompli tibétain, disciple de Tsangpa Gyaré et l'un des premiers maitres de la lignée Droukpa Kagyu.

Autre biographie : drukpa


Bibliographie :
Résumé de sa biographie et un de ses nombreux chants spontanés dans : L'ondée de sagesse, Chant de la lignée Kagyu, trad. Christian Charrier
Extraits dans :
 
Dakpo Tashi NamgyalRayons de lune, Les étapes de la méditation du Mahamudra, trad. Christian Charrier, Ed. Padmakara, coll. Tsadra, 2010


Chaque fois qu'une pensée s'élève,
Fixe-là bien et libère-là
Dans son état naturel,
Sans douter de la spontanéité de cette libération.
Porte un regard direct sur les objets extérieurs :
Ils sont illusoires, comme l'esprit.
Perçois tout ce qui apparaît sans rien en croire.
Laisse la conscience de l'intervalle se déployer librement
Et se mouvoir comme le vent, qui n'a pas de substance.
Laisse ce mouvement se poursuivre sans croyance.
On dit qu'en regardant leur vrai visage sans acceptation ni rejet,
Les pensées se présentent comme méditation.
Il n'est pas d'autre méditation que le sans-distraction :
Ne quitte jamais cet état de non-méditation. (...)

Dès qu'une pensée surgit,
Saisis-là dans son essence
Et laisse-là dans son état naturel;
Elle se libérera toute seule, sans aucun doute. (...)

Elle passe comme une brise invisible :
Laissez-la filer sans la retenir.
On dit que "la pensée devient méditation".
En reconnaître la nature, c'est ne rien prouver ni réfuter.
Extrait de : Rayons de lune
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Le Chant des sept réjouissances :

Ces pensées fixées à un sujet et objet,
Quand elles surgissent, me troublent et me distraient,
Je ne médite pas pour les en empêcher,
Mais viens les frapper au sein de leur essence.
Comme les nuages qui voltigent dans l'azur,
Elles s'éclairent elles-mêmes dans leur propre nature.
Toutes ces pensées qui se lèvent dans l'esprit
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance!

Quand le feu ardent des émotions me dévore,
Je n'applique aucun baume pour les apaiser,
Ces émotions, symboles de confusion,
Sont un élixir qui transforme tout en or.
Elles sont sans défaut, n'ont aucune imperfection,
Elles sont sources de bien-être et de bonheur,
Ces émotions qui me ravagent le cœur
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance!

Ces dieux et démons qui me causent problème,
Il n'est pas besoin de les exorciser,
Ni de les chasser par des formules magiques,
Mais d'abandonner la pensée qu'ils existent.
Tous ces grands malins , démons et obstructions,
Seront mon armée, ma garde, mes protecteurs.
Les obstacles qui se dressent sur ma route
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance!

Les tourments de l'existence me font parfois
Souffrir l'enfer, mais il n'y a pas de quoi,
Car cette misère n'est pas cause de souffrance
Si avec amour on l'emporte avec soi,
Sur le grand chemin des bons Bodhisattvas
Et qu'on prend sur soi les souffrances des autres.
Les fruits du karma quand ils se manifestent
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance!

Quand je suis malade et que mon pauvre corps
Dans la médecine ne trouve le réconfort,
Il vaut bien mieux prendre cette maladie
Comme le moyen qui me libérera
De tous les voiles qui m'empêchent de voir
Et fera rayonner toutes les qualités
Les maladies qui m'affligent et me tourmentent
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance!

Au moment de quitter ce corps illusoire,
Ne redoutez pas cet instant terrifiant,
Oubliez la peur et cultivez l'idée
Que la mort en fait n'existe pas vraiment,
C'est la claire lumière, la mère et son enfant,
Qui s'unissent et ne font plus qu'un dans l'instant.
Quand l'esprit délaisse ce précieux corps humain
Me fait grand plaisir, est ma réjouissance!

Quand rien ne va plus, que tout est contre moi,
Il ne sert à rien de vouloir tout changer,
L'essentiel alors est de mettre en pratique
La méthode pour tourner ces difficultés,
Laissez-les venir, ne les détournez pas
Et ne cherchez pas à les rendre meilleures:
Ces conditions adverses qui soudain apparaissent
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance !
Source du texte : apma


lundi 12 décembre 2011

Dakpo ou Takpo Tashi Namgyal



Dakpo Tashi Namgyal. (1511-1587) était un maître kagyupa contemporain des VIIIe et IXe Karmapas. A l'instar de ces deux hiérarques de la lignée Karma Kagyu, qui composèrent d'importants commentaires sur les sutras et les tantras, Dakpo Tashi Namgyal fut un auteur prolifique, célèbre notamment pour sa Trilogie des Rayons lumineux : les Rayons de lune consacrés à la pratique du Mahamudra, les Rayons de soleil, qui expliquent exhaustivement le Tantra de Hevajra, et les Rayons de joyaux qui éclairent le Véhicule des Mantras Secrets (Mantrayana). Témoin de l'érudition et de l'accomplissement spirituel de leur auteur, ces Rayons de lune tint partie des textes les plus étudiés sur le Mahamudra, car il en révèle les fondements théoriques et la pratique complète. Dakpo Tashi Namgyal fut également abbé du monastère de Dalla Campo, siège de la lignée Dakpo Kagyu fondée par Gampopa (1079-1153), fils spirituel du grand yogi Milarépa et auteur du Précieux Ornement de la libération (Padmakara, 1999). C'est là, au Tibet méridional, que toutes les lignées kagyupas prirent leur source...

Dans ce traité rigoureux, destiné tant aux pratiquants du Mahamudra qu’à leurs enseignants, Dakpo Tashi Namgyal (1512-1587), brillant érudit et méditant accompli de la tradition Kagyu, explique à la fois la technique et le fondement théorique de ce système qui ne se départit jamais de la vue de la vacuité.
   A partir des innombrables citations qui émaillent son texte, ce maître de méditation montre comment placer et maintenir l’esprit dans son état naturel. En guide spirituel bienveillant, il corrige les vues et les méditations erronées des débutants et des disciples confirmés. La réalisation s’échelonne alors selon différents niveaux de pratique jusqu’à l’ultime bouddhéité.
   Prouvant que le Mahamudra n’est pas une "invention" de Gampopa (1079-1153), le père de l’école Kagyu, mais qu’il se fonde pleinement sur la théorie et la pratique du Grand Véhicule, Dakpo Tashi Namgyal puise à la source, dans les sûtras, les tantras et les instructions orales des grands accomplis indiens et tibétains. Dans un style simple et direct, il expose ainsi ce qui fait la pureté et l’efficacité de la méditation sur la nature de l’esprit.
Quatrième de couverture de : Rayons de lune
Source du texte : Ed. Padmakara


Bibliographie :
- Rayons de lune, Les étapes de la méditation du Mahamudra, Ed. Padmakara, coll. Tsadra, 2010
- Les six yogas de Naropa, Ed. Dervy, 2009


Le saut décisif dans l'ouverture du sans-naissance

Dès lors qu'il est parfaitement convaincu de ce que nous venons d'expliquer, le méditant doit abolir tout attachement à une certitude concernant l'objet de méditation, relâcher l'attention, abandonner le désir profond d'avoir des expériences, renoncer à l'effort de les obtenir, se désintéresser de l'objet à réaliser et se défaire de l'aspiration à la réalisation. En bref, il doit éliminer toute perception discriminante, réflexion ou volonté qu'il en soit comme ceci ou comme cela. Il lui faut également abandonner tout désir profond de méditer, fixer son attention, faire des expériences, connaitre, etc. Sans même se dire qu'il ne s'engage dans aucune activité mentale, il permet simplement à son esprit ordinaire de rester naturellement détendu, sans rien fabriquer ni modifier. Il permet à toute pensée ou perception de se mouvoir librement, telle quelle, sans l'adopter ni la rejeter, la contrôler, la transformer ou l'isoler. Il ne doit pas suivre les pensées, ni s'inquiéter d'une distraction momentanée en la considérant comme une faute, ni même l'examiner. Attentif, il doit garder la conscience ordinaire dans un état non artificiel, sans même envisager la méditation, l'expérience ou l'action.  (...)
Extrait de : Rayons de lune
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mardi 8 novembre 2011

Jamgon Kongtrul Lodreu Thayé,


Jamgon Kongtrul Lodrö Thayé (1813 - 1899), fut l'un des fondateurs du mouvement Rimé, visant à rompre le sectarisme qui divisait les écoles, tout en conservant à chacune leurs instructions et leurs spécificités, avec Jamyang Khyentsé Wangpo, un grand tertön Sakyapa, et Chogyur Lingpa, un grand tertön Nyingmapa. Il composa plus de 90 volumes regroupant les enseignements des lignées majeures et mineures, également les enseignements bön, collection intitulée les "Cinq Grands Trésors". Son maître racine fut le 9e Taï Sitou Rinpoché, Pema Nyinjé. Il devint le principal détenteur de la lignée Karma Kagyu et le maître racine du 15e Karmapa, Khakyab Dorje.
Source du texte : wikipedia


Bibliographie (en français) .
- L'Alchimie de la souffrance, ed. Marpa, 2001
- L'Enseignement du Bardo, Ed. Yogi-Ling



Dans la vue du Mahamudra,
L'analyse n'intervient pas;
Aussi, abandonnez toute représentation mentale.
Dans la méditation du Mahamudra,
On ne peut se fixer sur aucune pensée;
Aussi, écartez toutes méditations intentionnelles.
Dans l'action du Mahamudra,
On ne garde aucun point de référence;
Aussi, dépassez toute volonté d'agir ou de ne pas agir.
Lorsqu'on atteint le fruit du Mahamudra,
Il n'est pas d'autres accomplissements.
Aussi, coupez court aux espoirs, peurs et désirs.
Cité dans "Rayon de Lune, les étapes de la méditation du Mahamudra", par Dakpo Tashi Namgyal, collection Tsadra, éditions Padmakara
Source du texte : sangha rime

L'activité spontanée.
Pendant l’après-méditation, entre les thüns (sessions)
Au moyen de la simple présence vigile
De l’observateur abstrait
La non distraction est entretenue
Elle est pratiquée discutant, cuisinant, lisant des livres…
Quoi que l’on fasse.
En bref : on ne s’en distrait pas.
Sans que les pensées et leur intelligence
Ne se scindent en se saisissant comme distinctes,
Comme les vagues et l’eau
Sont d’une unique saveur,
Repose en l’état de la lucidité-intelligence
Qui se comprend en elle-même.
Si ceci ne se comprend pas
Reste simplement “lucide et tout ouvert”
En l’état fondamental de “ce” qui constate :
“C’est au repos” ou “c’est en mouvement”.
Aucune vigilance qui suive, examine ou évalue
N’est à développer.
Reste seulement posé dans le repos,
“En un relâchement, clair et tranquille”.
Vient alors la satisfaction d’une absence de distraction
Qui pourrait sembler constante.
C’est la luminosité vide “éclatante, ouverte et dégagée ” :
En elle, toutes pensées qui émergent
S’épuisent dès l’apparition
— Comme flocon de neige sur pierre chaude —(…)
Que l’esprit soit au repos, en mouvement,
Heureux, malheureux… et quoi qu’il apparaisse
Il suffit de cultiver la venue spontanée
De l’état naturel “restant tel quel”,
Sans bloquer activer, fabriquer ou modifier quoi que ce soit ;
Ce en récitant des textes, disant des mantras,
Que l’on bouge, reste en place, dorme ou quoi que l’on fasse.
C’est ce qui est nommé “l’activité spontanée”.
Extrait de « L’ouverture transparente »
Source du texte : sangharime
Autre texte en ligne, La mélodie de la grande félicité : sangha forum

vendredi 14 octobre 2011

Pal Shawaripa ou Savaripa ou Madjai Keutchen ou Rithré Nguènpo


Sur le Mont Mentrabikrama, vivait un chasseur nommé Pal Shawaripa qui tuait beaucoup d'animaux afin de s'en nourrir. Il infligeait en permanence cette souffrance à beaucoup d'être et accumulait les mauvais actes.
   L'éminent Tchenrezi, l'ayant aperçu, fut pris de compassion et, afin de le ramener dans la bonne voie, il prit l'a forme d'un chasseur semblable à Shawaripa. En le rencontrant un jour, Shawaripa lui demanda :
- Qui es-tu ?
Je m'appelle aussi Shawaripa, répondit.il
- De quel pays vient-tu ?
- Je viens de très loin, fut la réponse.
- Combien de cerfs peux-tu tuer d'une seule flèche ? lui demanda encore Shawaripa.
L'incarnation répondit :
- J'en tue trois cents.
- Eh bien apprends-moi à faire de même, lui demanda-t-il le lendemain.
   L'incarnation emmena Shawaripa dans une grande plaine et lui montra cinq cent certs, également tous incarnation de Tchenrez. Shawaripa demanda alors :
- Combien peux-tu en tuer ?
- Je les tue tous les cinq cents, lança l'incarnation.
- Laisses-en quatre cents et tues-en cent, demanda Shawaripa.
   L'incarnation en tua alors cent d'une seule flèche. Il porta un cadavre à Shawaripa et brisa aussitôt l'orgueil de celui-ci. Une fois rentré chez lui, il supplia l'incarnation.
- Enseigne-moi comment acquérir la même adresse que toi.
L'incarnation répliqua :
- Pour l'apprendre, il faut s'abstenir de viande pendant un mois.
Et Shawaripa cessa ainsi de nuire aux être vivant.
(...)
Extrait de Le Guru Shawaripa, dans Abhyyadatta, La vie merveilleuse des 84 sages de l'Inde ancienne
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Savaripa (VIIIe siècle) est aussi connu pour être l'un des maître de Maitripa, à ne pas confondre avec Saraha, lui aussi Mahasiddha, maître de Maitripa, et représenté avec une flèche (mais sans arc).


Bibliographie (extraits dans) :
Abhyyadatta, Les Chants des 84 Mahasiddhas : Essence de leur réalisation spirituelle, Ed. Ewan, 1992.
Abhyadatta, Histoire de la libération des Mahasiddhas, Ed. Padmakara, 2003
Abhyyadatta, LaVie merveilleuse des 84 sages de l'Inde ancienne, Ed. Seuil, Points Sagesse, 2005
En ligne :
Extraits dans Hridayartha


Kye Ho !
La non-méditation est non-activité de l'esprit.
L'état naturel de l'esprit ordinaire
Est souillé par la concentration forcée.
Dans l'esprit naturellement pur,
l'effort est inutile.
Quand tu ne t'empares pas de lui ou ne le laisses pas vagabonder,
il se met de lui-même au repos.
Si tu ne comprends pas cela,
il est inutile de méditer.
En comprenant cela tu transcendes le méditant
et l'objet de la méditation.
Quand une pensée monte,
vois simplement sa nature.
Ne conçois pas l'eau et les vagues comme deux choses différentes.
Dans le Mahamudra de la non-activité de l'esprit
Il n'existe même pas un atome sur lequel méditer.
Ne pas être séparé de la non-méditation est la méditation suprême.
Cité par Peter Fenner, dans Le Fil de la Certitude, Dilemme de la voie bouddhiste, Ed. Le Relié, 2001.
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Dans la forêt de l'ignorance (S. avidyā)
Vivent (T. rgyu ba) les créatures de la saisie dualiste
Propulsée par l'arc de l'union des expédients (S. upāya) et de la lucidité (S. prajñā)
La flèche unique de la réalité intime (S. hṛdayārtha) vole
Ce qui meurt, ce sont les créations mentales (S. vikalpa)
La viande, c'est ce qui est dévoré dans l'indifférenciation (S. advayatā)
Sa saveur, est celle de la liberté universelle (S. mahāsukha)
Le résultat est la Mahāmudrā
Source du texte : Hridayartha

 

mercredi 12 octobre 2011

Rangjung Dorje ou le 3e Karmapa



Rangjung Dorje est né à Dingri Langkor au Tibet. À l'âge de 3 ans, il aurait fait apparaître une coiffe noire et annoncé qu'il était le Karmapa, et mis en garde ses camarades d'enfance contre la complaisance dans la mondanité. À 5 ans, il se rendit chez Drubtob Urgyenpa, qui aurait rêvé de la visite cet enfant la nuit précédente et pensait qu'il était la réincarnation du 2e Karmapa. Le 3e Karmapa grandit au monastère de Tsourphou, où il reçut les instructions des traditions Kagyu et Nyingma, de grands maîtres comme Trophu Künden Sherab, Nyenre Gendün Bum et d'autres. Il fut connu comme un des plus grands maîtres de son époque et eut un grand nombre de disciples. Il fit une retraite spirituelle sur les versants de l'Everest et reçu l'ordination complète, puis compléta ses études dans un important siège d'enseignement Kadampa.
Par des visions, il aurait reçu les enseignements de la "Roue du temps" (Kalachakra), et il introduisit un système réformé d'astronomie tibétaine nommé « système Tsurphu » (tibétain : Tsur-tsi) toujours utilisé par l'école Karma Kagyu pour l'établissement du calendrier tibétain. Il étudia et maîtrisa la médecine tibétaine. Sa maîtrise des enseignements Nyingma de Vimalamitra, combinée au Mahamoudra kagyu, équivalent du Dzogchen Nyingma, devinrent unifiés. À la fin de ses études, il avait appris et maîtrisé quasiment l'ensemble des enseignements bouddhistes apportés de l'Inde par les maîtres des deux périodes de l'introduction du bouddhisme au Tibet. À la lumière de cette vaste connaissance, il composa de nombreux textes significatifs, dont le plus célèbre est "la profonde signification intérieure" (zab mo nang don), qui met l'accent sur l'essence véritable du Vajrayana.
Il visita la Chine et y aurait intronisé le nouvel EmpereurToghon Temur, son disciple. Il retourna au Tibet pour rapporter de Samye un élixir de longue vie pour l'Empereur, qui vécut plus longtemps que les autres Empereurs de Chine mongols. Le 3e Karmapa établit de nombreux monastères au Tibet et en Chine. Il mourut à l'âge de 56 ans en Chine et serait apparu en image sur la Lune la nuit de son trépas.
Il avait transmis ses connaissances à Yungtön Dorjé Pal qui devint son héritier spirituel et l'un des maillons du Rosaire d'Or.
Source du texte : wikipedia


Bibliographie (en français) :
En ligne :
Les souhaits de Mahamoudra : PDF


(...)
Tous les phénomènes sont des apparences illusoires de l'esprit.
L'esprit est sans esprit - la nature de l'esprit est vide d'une quelconque entité qui soit l'esprit
Etant vide, il n'a pas de cessation et est sans entrave,
se manifestant en n'importe quoi.
En examinant bien, puissent tous les doutes sur la base être clarifiés et coupés.

Se manifestant naturellement, les apparences, qui n'existent pas vraiment, sont confondues à des objets.
L'intelligence spontanée, sous le pouvoir de l'ignorance, est confondue avec un moi.
Par le pouvoir de cette fixation dualiste, les êtres errent dans les mondes de l'existence samsarique.
Puisse l'ignorance, racine de la confusion, être découverte et coupée.

Ce n'est pas existant - même les Victorieux ne le voient pas.
Ce n'est pas inexistant - c'est la base du samsara et du nirvana.
Ce n'est pas une contradiction, mais la voie du milieu de l'unité.
Puisse la nature ultime des phénomènes,
l'esprit sans limite au-delà des extrêmes, être réalisée.

Si l'on dit, « c'est cela », il n'y a rien à voir.
Si l'on dit, « ce n'est pas cela », il n'y a rien à dénier
La vraie nature des phénomènes,
qui transcende la compréhension conceptuelle, est inconditionnée.
Puisse la conviction être gagnée dans l'ultime, la parfaite vérité.

Ne le réalisant pas, on tourne en rond dans l'océan du samsara.
Si on le réalise, Bouddha n'est rien d'autre.
C'est complètement exempt d'un quelconque « c'est ceci », ou « ce n'est pas ceci ».
Puisse ce simple secret, cette ultime essence des phénomènes,
base de tout, être réalisée.

Les apparences sont l'esprit et le vide est l'esprit.
La réalisation est l'esprit et la confusion est l'esprit.
L'apparition est l'esprit et la cessation est l'esprit.
Puissent tous les doutes concernant l'esprit être résolus.

Ne falsifiant pas la méditation avec l'effort conceptuel ou la méditation mentalement créée,
Non ébranlé par les vents des occupations quotidiennes,
Sachant comment reposer dans le flux naturel spontané, non inventé,
Puisse la pratique du repos dans la vraie nature de l'esprit être adroitement prolongée.

Les vagues des subtiles et des grossières pensées se calment d'elle-mêmes, à leur propre place,
Et les eaux non agitées de l'esprit sont naturellement calmes.
Libre de monotonie, de torpeur, et d'obscurité,
Puisse l'océan de samatha être non mouvant et stable.

En regardant sans cesse l'esprit qui ne peut être regardé,
Le sens qui ne peut être vu est distinctement vu, tel qu'il est.
Ainsi coupant le doute sur comment cela est ou cela n'est pas,
Puisse l'authentique et non confuse véritable nature être connue par la véritable nature elle-même.

Regardant les objets, l'esprit dénué d'objets est vu ;
Regardant l'esprit, sa nature vide dénuée d'esprit est vue ;
Regardant les deux, l'attachement à la dualité se libère de lui-même.
Puisse la nature de l'esprit, la nature de la claire lumière, être réalisée.

Libre de fabrications mentales, c'est le grand sceau, mahamoudra,
Libre des extrêmes, c'est la grande voie du milieu, madhyamika.
La réalisation de tout, c'est aussi appelé la grande perfection, dzogchen.
Puissions nous avoir la confiance qu’en comprenant l'un d'eux,
la signification essentielle de tous soit réalisée.

La grande joie, libre d'attachement est sans cesse.
La luminosité libre de fixation sur les caractéristiques n'est pas obscurcie.
La non pensée transcendant l'esprit conceptuel est la présence spontanée.
Puisse le bonheur sans effort de ces expériences être continu.

Le désir de bien être et l'attachement aux expériences se libèrent d'eux-mêmes.
Les pensées négatives et la confusion se purifient naturellement dans l'espace ultime.
Dans l'esprit ordinaire il n'y a pas de rejet ni d'acceptation, de perte ou de gain.
Puisse la simplicité, la vérité de l'essence ultime de toutes choses, être réalisée.

La véritable nature des êtres est toujours bouddha.
Ne le réalisant pas, ils errent dans le samsara sans fin.
A cause de la souffrance sans fin des êtres sensibles
Puisse l'intolérable compassion être conçue dans notre être.

Quand l'énergie de l'intolérable compassion est incessante,
Dans l'expression de la bonté de l'amour,
La vérité de son vide essentiel est clairement mise à nu.
Cette unité est le suprême chemin infaillible.
Non séparé de lui, puissions nous méditer jour et nuit.

(...)
Extrait de : Les Souhaits de Mahamudra
Source du texte : Sangharime 

mardi 11 octobre 2011

Kyabje Kalou Rinpoche




Kalou Rinpoché est né en 1905 dans la région de Tréhor au Kham (Tibet oriental). Dans la tradition du Bouddhisme tibétain, il est d'abord un moine appartenant à l'école des Kagyüpa.
Le père de Kalou Rinpoché était le 13ème Ratak Pelzang Tülkou, un médecin et yogi, disciple de Jamgon Kongtrul Lodrö Taye, de Jamyang Khyentse Wangpo et de Mipham Rinpoché, tous 3 maîtres du mouvement Rimé (non sectaire).
A 13 ans, l'enfant entre au monastère de Palpung où le 9ème Taï Sitou Rinpoché lui donne le nom de Karma Rangdjoung Künkhyap. Il poursuit ses études et obtient très jeune le titre de Khenpo (abbé). À 16 ans, il fait une retraite de 3 ans sous la direction de son maître racine, Lama Norbou Döndroup, dont il reçoit la transmission complète des lignées Karma Kagyü et Shangpa Kagyü. Exprimant un fort penchant pour la vie contemplative, il commence à 25 ans une longue retraite dans les montagnes du Kham, en yogi errant sans aucune possession. Au bout de 12 années, il doit quitter ses ermitages, rappelé par le 9ème Taï Sitou Rinpoché pour prendre la charge de maître de méditation des retraites de 3 ans à Palpung. A cette époque, le 16ème Karmapa le reconnaît comme l'incarnation de Jamgon Kongtrul Lodrö Taye. (...)
Source (et suite) de la biographie : wikipedia
Autre biographie : Sangharime


Bibliographie :
- La Voie du Bouddha selon la tradition tibétaine, 1ère édition 1993, Ed. Seuil, Points Sagesse, 3ème édition 2010, Ed. Claire Lumière, Série Rimay.
- Enseignements bouddhistes, Ed.Kunchab, 2010.
- Reconnaitre le sens de la vie, Ed. Marpa, 2004
- Le Bouddha de la médecine et son mandala, Ed. Marpa, 1998.
- Bouddhisme ésotérique, tradition tibétaine, Ed. Claire Lumière, 1999.
- Trois enseignements de Kalou Rinpoché, Ed. Claire Lumière, 1999.
- Bouddhisme profond, Tradition tibétaine, Ed. Broché, 1993.
- Instructions fondamentales, Ed. Albin Michel, Spiritualité vivante, 1990
En ligne :
Enseignement sur le Mahamudra, Sangharime : PDF
La Base, la Voie, le Fruit, enseignement donné à Kagyu Dzong, Paris, 1993 : PDF


Quand je médite la suprême attitude,
je reste sans effort au faîte de la vraie nature des choses.
Détendu, je m'établis dans une sphère sans agitation,
Dans la clarté de l'ouverture d'être,
Dans la connaissance de l'état de félicité,
Dans la splendeur éclatante de la non-délibération,
Dans la sérénité face aux multiples manifestations.

Ainsi établi en la nature de l'esprit,
sans trouver d'obstacles, la compréhension décisive paraît.
Sans effort, la clairvoyance accomplit toutes tâches.
Quel bonheur que ce Fruit qui n'est pas resté simple souhait !
Quel plaisir que d'avoir abandonné les espoirs et les craintes ! Les illusions devenues sagesse ultime, quelle joie !
Auteur inconnu

Il suffit simplement de laisser son esprit en son état naturel, tel qu'il est, comme il vient, sans artifice ; c'est extrêmement simple. Dans la tradition du "Mahâmudrâ reliquaire", il est dit que mahâmudrâ est : trop proche pour être reconnu ; trop profond pour être saisi ; trop simple pour être cru ; trop merveilleux pour être saisi par l'intelligence. Tels sont les quatre obstacles qui empêchent de reconnaître mahâmudrâ.

Façon de pratiquer mahâmudrâ : Gampopa dit : "l'eau sans agitation est limpide, l'esprit sans contrainte est heureux". Comme l'exprime cette citation, laissons l'esprit sans contrainte, détendu, sans le forcer aucunement, complètement relâché, et il viendra alors naturellement en un état de bien-être. En effet, si l'esprit n'est pas contraint, il est naturellement paisible et limpide... Dans cet état, l'esprit ne se pose pas sur quelque point de repère extérieur ou intérieur, il reste dégagé de toute fixation, sans être contrôlé. Il n'y a pas non plus d'évaluation de l'esprit comme étant vide, lucide ou de quelque manière que ce soit : ni même d'observation, car regarder l'esprit, fut-ce sa vacuité, sa lucidité ou quelque notion que ce soit, serait encore une vision dualiste qui prendrait l'esprit, la vacuité ou la lucidité (autoconnaissance) pour références. Mais il ne s'agit pas non plus de ne pas voir, car il ne faut pas que s'interrompe le cours de l'attention vigilante, de la lucidité. Il est donc nécessaire de garder une vision claire. C'est comme un endroit où la lumière est allumée : voir clairement n'exige aucun effort spécial : la clarté est naturellement présente. L'esprit reste ainsi sans s'engourdir ni sombrer en une sorte d'opacité obscure. L'esprit reste translucide, en un état de transparence lucide et dégagé. Le ciel est naturellement clair et ouvert : de même l'esprit, pour autant qu'il soit laissé "tel quel" en son état naturel... Laissant ainsi l'esprit dans un état de présence totale : sans l'orienter vers le passé ou le futur, sans ressasser le passer, ni aller au-devant de l'"à-venir" ; sans penser "j'ai fait ceci ou cela, je ferai ceci ou cela" ; laissant l'esprit juste vigilant, "tout simplement", sans le contraindre, sans rien y changer, en l'"instanéité présente" encore nommée "présence d'instantanéité" - "datar gui chépa" -, nous méditons. Si l'esprit reste vraiment ainsi, "tel qu'il vient de lui-même, tel qu'il est en lui-même" c'est ce qu'on appelle "rangbap" - c'est ainsi qu'on nomme "l'esprit ordinaire" - ou encore l'esprit d'immédiateté - "datar gui chépa". Réalisé, c'est l'esprit de mahâmudrâ".
Extrait de : Bouddhisme profond : Tradition tibétaine, Broché, Paris, 1993.

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Source du texte : Eveil impersonnel 

 

jeudi 22 septembre 2011

Machik Labdrön ou Matchik Labdrön ou Machig Labdron



Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet.

Le Chöd est un rituel destiné à couper l'attachement au soi, et aux émotions perturbatrices qui en découlent. Il se caractérise par des enseignements visant à transformer les composantes psycho-physiques de l'individu en offrande de nourriture aux dieux et aux démons. Acte auto-sacrificiel par excellence, à la confluence du chamanisme et du tantrisme, cet exorcisme mystique et thérapeutique se donne pour but de libérer l'esprit de toute peur, et de provoquer la réalisation de sa vraie nature, vacuité et clarté primordiales.

Machik Labdrön est considérée comme une émanation de la perfection de sagesse. Contemporaine de Milarépa (XIIe s.), cette femme tibétaine charismatique fut une pratiquante et une enseignante exceptionnelles, une épouse et une mère, et la fondatrice d'une lignée de transmission unique, nommée Chöd de Mahamoudra.

La traduction de la plus célèbre biographie de Machik Labdrön est accompagnée d'une présentation générale des origines historiques et doctrinales du Chöd dans le bouddhisme indien, et de sa transmission au Tibet. «La dakini - fée ou sorcière - ne désigne plus, au sens ultime, éternel et présent, que l'acte même de découvrir l'ouverture illimitée de chaque instant de perception.» Patrick Carré.

Quatrième de ouverture de Jerôme Edou, Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet, Ed. Points Sagesse, 2003
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Autre biographie : wikipedia

"Lorsque ma doctrine sera sur le déclin, dans le pays du Nord que l'on nomme le Pays des Neiges, une émanation de l'esprit de la Mère de la Sagesse, Yum Chenmo, se manifestera sous le nom de Labdrönma, Lumière de Lab. Elle enseignera le sens de la Prajnaparamita non néee, errant de ville en village, dans les montagnes, les charniers et les lieux désolés et son enseignement fleurira."
Bouddha Shakyamuni, extrait du sutra Manjushrimoulatantarajam dans : Jérôme Edou, Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet, Ed. Points Sagesse, 2003
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Bibliographie (en français) :
Jerôme Edou, Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet, Ed. Points Sagesse, 2003

(Jérôme Edou anime une association pour les enfants du Népal : Garuda) 

(...)
Lorsqu'on a coupé les pensées négatives,
Ce que l'on nomme le Chöd n'est pas autre chose.
Lorsqu'on atteint l'attention sans perturbation,
Ce que l'on nomme la mesure de l’accomplissement n'est pas autre chose.
Lorsqu'on a mené à son terme la réalisation de son propre esprit,
Ce que l'on nomme le signe de la réalisation n'est pas autre chose.

Lorsqu'on a éradiqué toute activité du corps,
on reste (relâché) comme une botte de paille dont on a tranché le lien.
Lorsqu'on a éradiqué toute forme d'expression par la parole,
On demeure comme un luth dont on a coupé les cordes.
Lorsqu'on n'a plus aucune conception mentale,
C'est Mahamudra.

A la tradition de cette vieille dame,
Il n'y a plus rien à ajouter.

(...)
Si vous voulez éliminer la souffrance du samsara,
Il faut vous en remettre continuellement à un lama érudit et qualifié.
Un ami spirituel.
Avec respect et dévotion, il vous faut l'invoquer,
Le servir et lui faire la requête d'instruction.
Puis, ayant analysé ses paroles, il vous faut les appliquer.
Gardez en votre coeur son influence spirituelle,
Et vous actualiserez la (nature ultime) de votre esprit.

Hélas, les phénomènes du samsara n'ont pas de sens,
ils sont la source de la souffrance qui augmente et perdure,
Ne vous rendez-vous pas compte que cette vie d'agitation se consume ?
Si vous pensez pratiquer cet enseignement quand vous en aurez le loisir,
Vous risquez de perdre cette opportunité.

On gaspille sa vie en pensant : "Je pratiquerai le Dharma plus tard".
Et qu'adviendra-t-il si vous mourez de mort accidentelle ?
Si vous ne méditez pas dès aujourd'hui avec persévérance,
Demain, au moment de mourir,
Qui vous prodiguera le Dharma authentique ?

Si vous ne pratiquez pas cet enseignement vous-même,
A quoi pourrait vous servir la pratique des autres ?
Le rêve d'un mendiant regorge de plaisirs, de richesse et d'abondance,
Mais au réveil, plus la moindre trace, comme un oiseau dans le ciel.
Tous les phénomènes composées de ce monde sont semblables à cette métaphore.

Maintenant que vous en avez le loisir,
Observez l'essence de l'esprit - cela seul à du sens.
Mais quand vous l'observez, il n'y a rien à voir :
Cela même qui ne peut être vu, c'est le sens définitif de la vision.

Le point de vue suprême est au-delà de toute saisie dualiste,
La médiation suprême est sans distraction,
L'action suprême est libre d'activité et d'effort,
Le fruit suprême est dénué d'espoir et de rejet.

Le point de vue suprême n'a ni support ni objet,
La méditation suprême est au-delà de toute conception mentale,
L'action suprême est la pratique sans agir,
Le fruit suprême est au-delà de tout extrême.

Si on réalise ceci, on obtient l'Eveil,
Si l'on suit ce chemin de Mahamudra, on arrive à l'essentiel,
On coupe les affirmations erronées d'extérieur, d'intérieur et d'intermédiaire,
On comprend tous les enseignements des voies spirituelles inférieures et supérieures,
on anéantit les quatre-vingt-quatre mille sortes de perturbations mentales.
on parfait ensemble les symptômes, les signes de la réalisation et la mesure de l'accomplissement.
Et l'on quitte l'océan du samsara.

Parmi les instructions de la vieille dame,
Il n'y a pas d'enseignement plus profond.
(...)
Extraits de : Les dernières Instructions de Machik dans : Jerôme Edou, Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet, Ed. Points Sagesse, 2003
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mercredi 21 septembre 2011

Pa Dampa Sangye ou Kamalashila



Pa Dampa Sangyé (pha dam pa sangs rgyas -1118), prototype du yogi indien (S. ācārya – T. a tsa ra) à la peau noire ou bleue. Il serait originaire du sud de l’Inde et né avec toutes ses dents, ce qui fait penser à la légende du maître taoïste Lao Tseu, né au bout d’une gestation de 64 ans. Il fait de nombreux voyages (cinq selon Djamgon Kongtrul[1]), dont le cinquième en Chine, où il resta 12 ans. Au terme de son séjour chinois, il alla à Dingri en Inde. Il était actif pendant le onzième siècle[2].

Le système de l’Apaisement de l'inquiétude semble être inspiré par une instruction que Dampa reçut du brahmane Āryadeva. [3] Dampa avait amené l’original en sanskrit avec lui au Tibet et il avait traduit oralement les Instructions sur la perfection de la sagesse (S. Ārya Prajñāpāramitā-upadeśa T. ‘phags pa shes rab kyi pha rol tu phyin pa’i man ngag), annotées et révisées plus tard par Zhama le traducteur.[4] Ces instructions se distinguent sur le fond très peu d’un texte comme Les instructions sur la Mahāmudrā (T. phyag chen gang ga ma) de Tailopa.

La lignée de Zhi byed est divisée en trois transmissions, première, intermédiaire et dernière. La première est une lignée Cachemirienne (T. kha che lugs), dont le premier cycle d'instructions s'appelle "semblable à l’espace". Cette lignée compte de nombreux mahasiddhas (54 masculins et féminins), parmi lesquelles une certaine Sukkhasiddhi. Elle comporte une méthode de Mahāmudrā particulière qui consiste en une contemplation qui prend le ciel pour objet.

Quand son disciple principal Kun dga' (1062-1124)[5] demande à Dampa comment il doit méditer, Dampa repond :"Tu dois méditer en fixant les yeux vers le ciel, vers le haut, puisque c'est une posture favorable qui est particulière à la Prajñāpāramitā".[6]

La lignée intermédiaire est celle de rMa (chos kyi shes rab), So (chung dge ‘dun ‘bar) et sKam. Celle-ci se divise en une lignée des mots (T. tshig brgyud) et une lignée du sens (S. don brgyud). Selon Jamgon Kongtrul (pp. 538-543).

Les doctrines appartenant à la dernière lignée s’appellent « Le cycle des méthodes des gouttes de la Mahāmudrā immaculée » (T. phyag rgya chen po dri med thigs pa phyag bzhes kyi skor).[7] Dans ce contexte « Mahāmudrā » se réfère au système de Maitrīpa, car Dam pa avait été un disciple personnel de Maitrīpa. « Immaculée » se réfère aux dits de Dampa. Le mot « méthode » T. phyag bzhes) signifie la méthode des instructions, qui sont très différentes des autres instructions (on pourrait presque dire la "patte" de Dampa, voir Deb ther sngon po p. 1133). Ces instructions appartiennent par leur nature à la Prajñāpāramitā, mais suivent le système des tantra.
Source, suite et notes du texte : Hridayartha


Bibliographie (en français) :
- Les Cent conseils aux gens de Tingri, expliqués par Dilgo Khyentse Rinpoche, Ed. Padmakara, 2000.
- Le Testament spirituel, Ed. Yogi Ling, 1997
- Extraits dans :
 Jérôme Edou, Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet, Ed. Points Sagesse, 2003
En ligne :
- Rencontre entre Milarepa et Dampa Sangye au col de Thongla, trad. par Janus Vriens, sur son site : Dans le sillage d'Advayavajra et son blog Hridayartha (une rencontre au sommet) : en format PDF
Autres pages (du blog Hridayartha) sur Dampa Sangye :
Dampa Sangye et l'apaisement de l'inquiétude
Dampa Sangye et la présentation du Guide intérieur
Dampa et ses méthodes cachemiriennes


L'instruction spirituelle "Qui apaise l'inquiétude" :
Pendant que l'on dompte les forces négatives et les yakBa masculins
et féminins
Elle préserve l'observance (S. vrata) et les yantra
Quand le corps est malade
Elle mélange l'élément ultime (S. dhātu) et l'Intelligence (S. saBvedya)
Quand des constructions mentales subtiles se produisent
Elle les nivelle (T. 'bur 'joms) dans les passions
Quand on est couché seul dans une cachette
ŠElle établit (S. vyavasthāpanā) l'expérience directe (T. rig pa)
Quand on est au milieu d'une foule
Elle observe l'essence de tout ce qui se présente
Quand la conscience sombre dans l'opacité, elle la ravive avec pha
Quand elle est active, elle tranche à la racine
Quand elle est agitée, elle l'établit dans l'élément ultime (S. dhātu)
Quand le sujet conscient (S. jñātā) poursuit des objets sensibles
Elle regarde l'essence réelle (S. tattva)
L'instruction spirituelle "Qui apaise l'inquiétude"
En cas de mauvais augures, elle les fait prendre pour des aubaines
Que les constructions mentales en fassent à leur guise
Quand une maladie survient, elle la met à profit
Que les [quatre] humeurs7 (S. mahābhūta) en fassent à leur guise
Quand la mort arrive, elle l'intègre
Que le Seigneur de la mort en fasse à sa guise
L'instruction spirituelle "Qui apaise l'inquiétude"
Est la Perspective du Buddha atemporel
C'est l'instruction secrète du détenteur de vajra (Vajradhara)
C'est le coeur vital des quatre classes de d ākinī
ƒC'est l'instruction des quatre tantra
C'est l'Instruction de la transmission orale (S. kar7a)
C'est la clé des instructions (S. upadeśa) et des expédients (S.upāya)
Voilà l'instruction spirituelle "Qui apaise l'inquiétude".
Extrait de : Rencontre entre Milarepa et Dampa Sangye au col de Thongla, trad. par Janus Vriens
Source, suite et notes du texte, Dans le sillage d'Advayavajra : PDF


Plus tard Machik lui demanda comment elle pourrait accomplir son oeuvre pour autrui, et Dampa lui dit :
Détourne-toi des buts négatifs, anéantis toute réticence.
Cultive ce qui te semble impossible.
Tranche tes propres limitations et reconnais tes désirs.
Erre dans des lieux désolés qui inspirent la frayeur,
Comprends que tous les êtres sont semblables à l'espace vide.
Dans les cimetières, recherche le Bouddha en toi-même,
Et ton enseignement sera comme le soleil qui illumine le ciel.
Extrait du livre de Jérôme Edou, Machik Labdrön, femme et dakini du Tibet, Ed. Points Sagesse, 2003
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