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samedi 12 mars 2011

Shundo Aoyama Roshi

VIDÉOS EN BAS DE PAGE

Shundo Aoyama est née en 1933 dans la province d'Aichi, dont la préfecture est Nagoya, à quelques centaines de kilomètres au sud de Tokyo. Considérée par sa mère comme un cadeau du Bouddha, elle intègre dès l'âge de cinq ans le temple de Muryo-ji où elle reçoit une éducation religieuse. Ordonnée nonne à l'âge de quinze ans, elle fait son entraînement de novice au monastère de l'Aichi Semmon Nisodo, à Nagoya, puis ses études supérieures à l'Université bouddhique de Komazawa. Elle commence ensuite sa carrière d'enseignante, donnant des conférences et dirigeant des sesshin (périodes de pratique intensive). Elle participe également à des entretiens et des sesshin avec d'autres maîtres éminents du zen, en particulier de la lignée de succession de Maître Kodo Sawaki, avec lesquels elle confronte sa compréhension et son expérience.

Très vite elle est reconnue comme un grand maître zen. En 1976, elle est nommée abbesse de l'Aichi Semmon Nisodo - "Monastère de noviciat pour les nonnes du Soto zen de la préfecture d'Aichi" -, monastère de formation pour les nonnes zen, fondé en 1903 et suivant les règles de vie quotidienne de Dogen Zenji et Keizan Zenji, les fondateurs du Soto zen au Japon. Depuis 1984, elle est aussi responsable des temples de Seiho-ji et Muryo-ji, et réside tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre, veillant personnellement à la formation des nonnes dont certaines sont devenues ses disciples et ont reçu sa transmission du Dharma.

Experte dans les trois Arts fondamentaux japonais (kado, la voie de l'ornement des fleurs, chado, la voie du thé, sodo, la voie de la calligraphie), elle les enseigne en particulier aux laïques, ce qui lui permet de prêter une oreille attentive à leurs problèmes personnels et familiaux.

Bien qu'ayant personnellement toujours vécu une vie traditionnelle de nonne zen, elle est très sensible aux difficultés des femmes et des hommes de son temps. Ainsi elle s'est fait également connaître du grand public et des médias (journaux et télévision). Maître zen, imprégnée de la civilisation japonaise dans ce qu'elle a de meilleur, mais également femme de son temps et de grande culture, elle est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages.
Source du texte : Bouddhisme au féminin

Bibliographie (en français) : 


- Zen, graine de sagesse. Sully Editions. 
- Le Zen et la vie. Sagesse et compassion d'une nonne zen. Sully Editions. 


Interview (2002) menée par Jean Pierre Denis. (...)
Q. Dans l'avion qui me menait vers le Japon, je discutais avec une jeune femme qui allait se marier selon les rites bouddhistes de l'école Sôtô en usage dans sa famille. Mais elle se montra fort surprise que je vienne ici pour étudier le zen. Je me suis donc plongé dans les statistiques: à peine 3 % des Japonais déclarent s'intéresser vraiment aux religions...

R. Cela dépend d'abord de ce que l'on entend par religion. Au Japon, les nouvelles religions ou les simples superstitions prolifèrent. Au sein même du bouddhisme, il existe de très nombreuses écoles. Du coup, les gens sont perdus, et ils ne voient plus que le mauvais côté des traditions religieuses. Il faut s'efforcer de restaurer un bouddhisme authentique.

Q. Un bouddhisme authentique... mais le bouddhisme est pluriel, depuis toujours !

R. Ma conception de la religion, et pas seulement du bouddhisme, repose sur une conviction assez simple il existe une seule vérité originelle. Avant que l'être humain ne la découvre, la vérité est présente. Elle est là. Elle existait des milliards d'années avant la Terre.

Q. Vous avez participé au dialogue intermonastique dès 1979, et accueilli des bénédictines dans ce même temple. Partagez-vous avec elles cette unique vérité?

R. Depuis que l'être humain est apparu, chaque civilisation s'est efforcée de mettre un nom, un nom forcément différent, sur cette vérité unique. L'histoire de la planète court sur 4,5 milliards d'années. L'histoire humaine se résume à quelques centaines de milliers d'années, et la culture proprement dite à quelques milliers d'années, sur lesquels nos trois grandes religions n'occupent qu une assez courte période le bouddhisme n'a que 2 500 ans, le christianisme 2 000, l'islam à peine 1500.

Considérons ces 4,5 milliards d'années comme s'il s'agissait de 365 jours. L'être humain est apparu vers la fin de l'année. Et les trois grandes religions au soir du dernier jour. Cela leur laisse bien peu d'ancienneté Tout ce que nous pouvons dire, modestement, est que la vérité selon le Bouddha Sakyamuni est devenue le bouddhisme, la vérité de Jésus a donné le christianisme, et que l'islam est né de la vérité selon Mahomet. Nous sommes de toutes petites choses, et nous pensons à la grande vérité selon nos minuscules chemins. C'est à partir d'une très modeste perception que nous avons créé nos trois grandes religions.

Le plus important est donc ailleurs, d'abord dans le fait que les gens cherchent la vérité et lui donnent un nom en fonction de leur propre expérience. Ils l'appelleront ainsi « enseignement du Bouddha », «enseignement du Christ » ou « enseignement de Mahomet ». Mais surtout, que nous sachions la découvrir ou pas, la vérité pré-existe. Elle est unique. Tout le monde le pressent d'ailleurs, quoique personne ne voie autre chose qu'un simple aspect de cette vérité unique.

Q. Les nouvelles religions, les sectes qui se développent au Japon depuis l'époque Meiji (XIXe siècle) et surtout depuis la Seconde Guerre mondiale participent-elles à cette vérité?

R. Il est bien naturel qu'au fil de l'histoire humaine de nouvelles formes de vie religieuse se développent. Depuis la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses religions sont en effet apparues au Japon. Mais une grande partie d'entre elles ont déjà disparu. Celles dont les enseignements sont mauvais disparaîtront à leur tour, elles s'effaceront d'elles-mêmes. Le vrai enseignement se mesure à l'échelle du temps. Les enseignements du Bouddha n'ont traversé que deux mille cinq cents ans, mais ils ont déjà traversé deux mille cinq cents ans ; cela souligne la vérité qui leur est inhérente.

Q. Au Japon, sur les 14 000 temples affiliés à l'école Sôtô, 10 % seulement disposeraient d'une salle de méditation digne de ce nom. Chez les hommes, la plus grande partie des moines sont mariés, et gèrent leur temple de père en fils. Le zen n'est-il pas entré en décadence?

R. La pratique s'adapte à son environnement, exactement comme la cuisine s'adapte aux variations climatiques ! La question qui se pose à nous est donc de savoir comment pratiquer la religion ici et maintenant. Au fil des ans, l'énergie originelle des religions s'affaiblit. Il n'est donc pas étonnant que de nombreux fidèles ne voient plus que le mauvais visage des grandes Traditions, et qu'ils le déplorent. Pourtant, cette même recherche de la vérité inhérente à la nature humaine les pousse à trouver de nouvelles formes d'expérience. Ils cherchent la vérité ? A nous de savoir la leur montrer.

Récemment, un taxi me ramenait de la gare de Nagoya au monastère. Le chauffeur était intrigué en me voyant « Etes-vous nonne ?»

Oui, lui ai-je répondu, mais ce n'est pas un métier, un gagne-pain. Chaque être humain recherche un idéal de vie. Moi aussi, je cherche la meilleure manière de vivre. Et c'est pour cela que je suis devenue nonne. » Le chauffeur m'a alors apostrophée « Je ne crois pas dans les inventions du bouddhisme, je déteste cette religion, qui est une simple invention humaine. » Je lui ai simplement répondu que la religion provient de l'effort humain, de cet effort de recherche de la vérité. Le bouddhisme, en effet, provient de l'expérience humaine. « Justement, m'a confié de conducteur du taxi, mon père est chef de temple à Hokkaido, dans le nord du pays. » Mais si les pères ne vivent pas dans la vérité, comment leurs enfants peuvent-ils la découvrir

Enso de Shundo Aoyama Roshi

Q. Faut-il alors réformer le zen, le rajeunir?

R. Avant la mort du Bouddha, un de ses disciples lui a demandé comment seraient les bouddhistes, dans le futur. Bouddha lui a répondu qu'il y aurait quatre sortes de personnes : celles qui sont capables à la fois de pratiquer et d'enseigner, celles qui savent expliquer la voie, celles qui ne peuvent que pratiquer et celles qui obscurciraient la voie. A nous de nous demander et pas de demander aux autres, auquel de ces quatre types de bouddhisme nous nous rattachons. Quand nous regardons le bouddhisme japonais, je préfère ne pas en parler... Beaucoup n'ont recours au bouddhisme que pour satisfaire leurs propres fins. Comme des enfants. Peu de moines vivent vraiment le bouddhisme. Alors, comment le grand public pourrait-il comprendre ce que sont vraiment les enseignements du Bouddha ? Certains moines doivent comprendre qu'en détruisant le bouddhisme authentique ils se détruisent eux-mêmes. Nous devons nous efforcer de faire jaillir le bouddhisme de nous-mêmes, utiliser les outils du bouddhisme pour que la vérité sorte de nous-mêmes.

Q. L'histoire du bouddhisme, et celle du chan, puis du zen, est celle d'un long déplacement vers l'Est. Disparu de l'Inde, il a survécu en Chine. Quasiment effacé en Chine, il s'est transmis au Japon. Depuis une trentaine d'années, il a franchi le Pacifique, et se répand aux Etats-Unis. En Europe même, il prospère. Un grand maître comme Moriyama Roshi a décidé de s'exiler au Brésil. Comment voyez-vous cette nouvelle migration de la méditation ?

R.Que le zen soit pratiqué au Japon ou en Occident m'est parfaitement égal. La vérité ne dépend pas du lieu ou elle est pratiquée. Nous devons apprendre les uns des autres. Cela dit, au Japon aussi, nombreuses sont les personnes qui recherchent la vérité. Hier une soixantaine de laïcs de tout le Japon sont venus ici même, pour participer à une seshin, une session de méditation. Beaucoup cherchent. Mais notre bouddhisme n'est pas capable de leur montrer la voie. Le rejet dont le christianisme fait l'objet en Occident, et la désaffection que subit le bouddhisme au Japon s'explique par la longueur de leur histoire. Nous sommes prisonniers de cette histoire qui ne peut que nous plonger dans la confusion.

Q. De nombreux pays bouddhistes refusent aux femmes l'accès à la vie monastique. Au Japon, les nonnes ont longtemps été reléguées au second plan. Et aujourd'hui?

R. Cette question intéresse beaucoup les Occidentaux, au point que, récemment encore, quelqu'un m'a contactée depuis le Vatican pour avoir des renseignements sur ce point Le Bouddha n'a pas accepté les nonnes toute de suite. Orphelin (sa mère est morte une semaine après sa naissance), il a été élevé par sa tante. Celle-ci était âgée d'environ quatre-vingts ans quand elle lui a demandé d'accepter qu'elle prononce les voeux religieux. Sa femme lui a présenté la même demande, et de nombreux membres féminins de son entourage ont formulé la même requête. Mais le Bouddha avait peur du désordre que cela pourrait provoquer dans le sangha, la communauté. Jusqu'au moment où Ananda, son principal disciple, a pris la parole et rappelé que sans femmes nous n'existerions pas, et que nous ne pourrions donc pas pratiquer et connaître l'Eveil.

Bouddha a alors accepté que les femmes entrent dans la vie monastique comme les hommes. Mais il a posé huit conditions. Celles-ci font que la pratique est plus exigeante pour les femmes que pour les hommes. Du moins nous semblent-elles ainsi aujourd'hui. Peut-être, dans le contexte de l'époque, avaient-elles pour but de protéger les femmes.

Au XIIIème siècle, maître Dôgen a clairement affirmé qu'il n'existe pas de différence entre hommes et femmes du point de vue de la pratique et de l'Eveil. Le problème n'est pas le sexe, mais la compréhension du dharma. En face d'une femme qui a atteint l'Eveil, un homme doit s'incliner. Le plus important est la lutte que nous devons mener pour comprendre la vérité, hommes comme femmes.

Q. Une femme pourrait-elle être chef de l'école Sôtô?

R. La hiérarchie, les positions officielles me paraissent bien peu importantes. Les enseignements de  Dogen concernent le dharma et pas l'organisation de notre école, pas nos institutions. L'inégalité entre hommes et femmes dans le bouddhisme japonais jusque dans les années 70 provient de la culture nationale. Elle n'est pas inhérente au Bouddhisme. Au contraire, elle contredit clairement les enseignements de Dogen.

Quand je suis devenue religieuse, les nonnes ne pouvaient être ni chef de temple, ni avoir des disciples, ni enseigner. Ici même, à Nagoya, le temple était placé sous la responsabilité d'un homme. Mais les femmes se sont battues contre ce poids culturel durant un siècle, depuis l'époque Meiji. Aujourd'hui, les femmes sont les meilleurs moines Car, au fil des siècles, les monastères féminins sont restés à l'écart des vicissitudes politiques et des aléas de l'histoire qui ont fait dévier le bouddhisme japonais. Ce statut à part, moins exposé, nous a permis de rester plus fidèles aux enseignements du zen, tel que le prônait maître Dôgen.

Source du texte : Bouddhisme au féminin





mardi 1 mars 2011

Sen No Rikyu ou Soeki



Au cours du XVIème siècle, la cérémonie de thé se transforme en un art sophistiqué accompli par des Maîtres de Thé dont Sen No Rikyû (1522-1591).

Refusant l'ostentation pour chercher le raffinement dans la simplicité, Rikyû devient le plus grand maître de la cérémonie du thé.

Les goûts du gouverneur militaire Toyotomi Hideyoshi étant tout à fait ostentatoires, Rikyû perd sa faveur et doit de suicider par seppuku en 1591.

Les véritables raisons demeurent inconnues.
Certains pensent qu'il avait fait partie d'un complot visant à empoisonner Hideyoshi pendant une cérémonie de thé; d'autres estiment qu'il avait blessé son orgueil en installant sa propre statue au sommet de la porte (San mon) du temple de Daitoku - il était impensable pour un gouverneur de passer au-dessous de l'effigie d'un vassal.
Autre explication plus plausible : le gouverneur s'intéressait à la fille de Rikyû et voulut l'intégrer à son harem, s'exposant au refus du Maître de Thé ... il semblerait que l'enquête ne soit pas close ...

Pour parler un peu de la cérémonie de thé, Rikyû fut le pionnier dans l'utilisation des bols à thé Raku et avait une préférence pour les objets sobres (wabi) et rustiques du Japon, plutôt que les objets chinois très chers qui étaient à la mode à cette époque. Il a aussi développé e nombreux instruments pour la cérémonie du thé, incluant des vases à fleurs, des boules à thé et des reposes couvercles en bambou, et utilisa aussi des objets de tous les jours, souvent de nouvelle façon.

Bien qu'il ne fut pas l'inventeur de la philosophie de wabi-sabi, qui trouve la beauté dans la simplicité, Rikyû est parmi eux qui sont principalement responsables pour l'avoir popularisé et incorporé à la cérémonie du thé. 
Source du texte : Japonasimut
Autre biographie : Ten-ryu / wikipedia


Bibliographie :
- Poèmes du thé. Ed. Alternatives, 2005
Roman consacré à Sen No Rikyu :
Inoue Yasushi, Le Maitre de thé. Ed. Stock
Films :
Kumai Kei, Mort d'un Maitre de thé avec Mifune Toshiro, 1989
Teshigahara Hiroshi, Rikyu, 1989.


Maison de thé

Moins, c'est davantage !

Bien que de nombreuses personnes boivent du thé,
Si tu ne connais pas la voie du thé,
c'est le thé qui te boira.

La voie du thé n'est rien que cela:
tout d'abord tu fais bouillir de l'eau,
ensuite tu fais le thé, et tu le bois.


Bol à thé Raku 

Sen No Rikiyu composa deux poèmes juste avant de mourir (en se faisant seppuku - ouverture du ventre avec un sabre court) :

Je lève l'épée.
Cette épée qui est la mienne;
Depuis lontemps en ma possession.
Le temps est enfin venu.
Vers le ciel je la lance !

Bienvenue à toi,
O épée d'éternité !
A travers Bouddha
Et à travers Daruma de la même manière
Tu as fendu ton chemin.
Source du texte : Ten-ryu

 
Kumai Mai, Mort d'un maître de thé (fin du film) :




lundi 28 février 2011

Ikkyu Sojun


Ikkyū Sōjun (1394 1481) fut un moine et poète japonais. Célèbre dès son vivant, il connaît une postérité par l'influence qu'il a eue sur la culture dite de Higashiyama et surtout parce qu'il devient, à partir de l'époque d'Edo, le héros d'une littérature populaire le mettant en scène soit enfant soit adulte, les Ikkyûbanashi.

Ikkyū naît pendant la période Muromachi sous le nom de Senguikumaru; il serait le fils de l'empereur Go-Komatsu. Les spécialistes ne s'accordent pas sur ce point. Il entre au monastère à cinq ans et se montre très doué pour la poésie.
Il choisit à une période de sa vie de suivre le moine Ken-ô pendant 5 ans. À la mort de ce dernier, Ikkyū, qui s'appelle alors Shūken, décide de suivre l'enseignement de la branche du Daitoku-ji en entrant sous la direction de Kasō Sōdon. Alors qu'il médite sur une barque, Ikkyū entend le cri d'une corneille ou d'un corbeau et atteint le satori, il en parle à son maître Kasō qui décide d'en faire son successeur mais Ikkyū refuse. Il quitte alors le monastère de Katata pour vagabonder et retrouver sa mère, qui décédera peu après. Sa personnalité et son personnage sont toujours liés aux femmes et aux plaisirs, en totale contradiction envers les engagements bouddhiques traditionnels (mais il ne répudiait ni le Bouddha ni ses maîtres, bien au contraire). Son premier disciple est Sôgen, il ouvre un temple en 1433 à Sakai. Il part ensuite vivre en ermite près de Kyōto.
En 1480, il publie Nuages fous, un recueil de poésies en chinois classique.
Vers la fin de sa vie, il est pris d'amitié (ou d'amour ?) pour Shinmé, une aveugle, qui ne le quittera plus jusqu'à son dernier souffle. Il meurt à 88 ans d'une phase aiguë de malaria.

Ikkyū fut écœuré par la déchéance de l'école rinzai. Il composa de nombreux poèmes drôles et érotiques. Il devint très populaire pour ses satires, et reste l'une des figures marquantes du Japon, mais n'eut pas de successeur.
Ikkyū est également reconnu pour ses calligraphies zen.
Source du texte : wikipedia
Autre biographie : Arts livres / Nerial


Ikkyu a aussi été un propagateur du
Chanoyu ou cérémonie du thé et de la conception des jardins. 


Bibliographie :
- Nuages fous, trad. Maryse et Masumi Shibata. Ed. Albin Michel, Spiritualité vivante.
- La saveur du Zen, poèmes et sermons d'Ikkyu et de ses disciples, trad. Maryse et Masumi Shibata. Ed. Albin Michel, Spiritualité vivante.
Mangas :
Hisashi Sakaguchi, Ikkyu, 6 volumes. Ed. Glénat 1996.





Plusieurs chemin s'offrent à l'ascension,
Mais du sommet s'offre à nous la même vue de la lune.

N'ayant jamais fixé ma demeure au bout de ma route
Je n'ai donc aucun chemin sur lequel je pourrais m'égarer.

Bien qu'il y ait distinction entre pluie, grêle, neige et glace, 
Une fois fondues, il n'y a qu'une seule et même eau dans le vallon.

Dans la terre au sud du Mont Sumeru, 
Qui pourrait comprendre mon Zen ? 
Hiu-t'ang viendrait-il jusqu'ici, 
Sa présence ne vaudrait pas un sou !
Extrait de : Ikkyu dans Les maîtres du zen au Japon de Masumi Shibata. Ed. Maisonneuve et Larose. 

Nous sommes seuls.
Les portes sont fermées.
Ignorons les directions.
Dans ce milieu,
Qui est le Roi de la Loi (Vérité) ?
Si vous me demandiez
Une phrase concernant l'arrivée de l'hiver,
Je répondrais : «A partir de ce matin
La journée est plus longue d'une ligne.»
Extrait de Nuages fous
Source du texte : Shunkin




Enseigner la Loi et le Zen
par recherche d'une réputation
prononcer des mots rabaissant l'autre
tout cela me suffoque
Si dialogue, raison et générosité manquent 
il n'y a que combat démoniaque
et l'inscience augmente.

Devant mes yeux
la nature est maigre, comme moi
La terre est vieillie, le ciel dévasté
et toutes les herbes sont mortes
En mars, le vent printanier
ne nous apporte pas un cœur de printemps
Les nuages froids enferment profondément
ma hutte de roseaux.

Transmission authentique ou ligne collatérale
on a tort d'en disputer
Ce n'est qu'inscience perpétuelle
et sectarisme égocentrique
On est fatigué du fardeau
de l'égocentrisme et du sectarisme
On envie le papillon
qui vole légèrement.

Ici, hors du monde
pins et cryptomères se mêlent dans les nuages
Les temples dans les villes mobilisent la masse
et rassemblent la foule
Je ne comprends pas la pensée de Lin-Tsi
sur sujet et objet
Je suis ivre et de bonne humeur
grâce à quelques verres de piquette.

Autour de moi, ils ont médité longtemps sur des kôans
et ils ont l'air de bien les comprendre
Mais en examinant plus profondément leur compréhension
je constate qu'ils sont d'obscures ignorants
Ils conservent ressentiment et haine
Ils ne les oublient pas jusqu'à leur mort
Mes conseils, en tant que compagnon de la Voie
résonnent désagréablement à leurs oreilles.

Au crépuscule, il neigeait autour du fleuve
mais cela a pris fin
Les rives sont couvertes par la neige épaisse
et le désert blanc s'étend tout plat
Je ne reçois aucun courrier
Je suis comme un canard sauvage isolé
Je regrette d'avoir vagabondé pendant de longues années
dans d'autres provinces que la mienne.

Les belles se transforment en nuages et en pluie
Le fleuve de la passion d'amour est profond
Une femme publique et moi, vieil adepte du Zen
chantons au sommet d'une tour
Je m'amuse à la serrer dans mes bras
et à lui donner des baisers
Loin de moi l'idée d'abandonner ma vie charnelle
masse de feu violent.

Certains écarquillent les yeux
D'autres baissent la tête
Ce sont tous des comparses des démons
Des années ils ont vécu sous le vent et la lune
et maintenant ils sont sous le sabre
La terre, les montagnes et les rivières
ont tant de chagrin.

J'ai laissé l'écriture
elle n'est que signes dans le rêve
lorsqu'on s'éveille
personne ne pose de questions.
Extraits de : Nuages fous
Source du texte : Aiguilar

Chez Ikkyu raconté par Carlota Ikeda (danseuse et chorégraphe de buto) : 


Générique du manga Ikkyu :



 

samedi 26 février 2011

Cérémonie du thé ou Chanoyu

Et pour finir la semaine vous prendrez bien une tasse de thé ?





Tous les remèdes ne sont des médicaments que contre une seule maladie,
tandis que le thé est un remède à des milliers de maladies.
(Myoan Eisai qui apporta le zen et le thé au Japon, XIIe s.)

Ils ne disent rien
L'invité, l'hôte...
Et le chrysanthème blanc.
(Haiku de Ryota, XVIIIe s.)

Des infos sur le Chanoyu  : wikipedia / Web Japon (PDF) / Claire Billaud (PDF) 


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