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lundi 11 décembre 2017

Les Gangsters de la finance

MAJ de la page : Goldman Sachs / Goldman Sachs, La banque qui dirige le monde


Jérôme Fritel et Marc Roche, Les Gangsters de la Finance (France, 2016)

Blanchiment, fraude fiscale, corruption, manipulation des cours... : depuis la crise de 2008, la banque HSBC est au coeur de tous les scandales. Cinq ans après leur film sur Goldman Sachs, Jérôme Fritel et Marc Roche passent au crible cet empire financier au-dessus des lois.

Créée à Hong Kong, il y a un siècle et demi, par des commerçants écossais liés au trafic d’opium, HSBC (Hongkong and Shanghai Banking Corporation) n’a cessé de prospérer en marge de toute régulation. Aujourd’hui, la banque britannique à l’ADN pirate incarne à elle seule les excès et les dérives de la finance internationale. Blanchiment de l’argent du crime – celui des cartels de la drogue mexicains et colombiens –, évasion fiscale massive, corruption ou manipulation du cours des devises et des taux d’intérêt : depuis la crise de 2008, ce géant a été mêlé à de nombreux scandales avec régularité et en toute impunité. Car l’opaque HSBC, experte en sociétés-écrans, dont les coffres débordent d'argent liquide déposé par ses clients discrets et douteux, est devenue "too big to jail", "trop grosse pour aller en prison". La banque, riche de quelque 3 000 milliards de dollars, s’en tire chaque fois avec des amendes dérisoires. Trait d’union entre l’Orient et l’Occident, elle sert aussi désormais de pipeline pour les centaines de milliards d’euros de capitaux chinois partant à la conquête des marchés occidentaux : HSBC navigue aujourd'hui sous pavillon rouge.

Nouvelles menaces

Cinq ans après "Goldman Sachs ""– La banque qui dirige le monde", Jérôme Fritel et Marc Roche plongent dans les arcanes d’un empire tentaculaire qui se cache derrière sa vitrine de banque de détail britannique. De Hong Kong aux États-Unis en passant par l’Europe, cette édifiante enquête révèle non seulement l’ampleur ahurissante des malversations commises par HSBC, mais éclaire aussi – avec une remarquable limpidité – les menaces qui se profilent sur la stabilité financière mondiale, dix ans après la crise des "subprimes".
Source : Arte

Bankster

  

dimanche 7 février 2016

Le casino vous dit MERCI !


Le casino vous dit MERCI ! 
Par Liliane Held-Khawam, le 4 février 2016 -LHK

Vous travaillez pour enrichir le casino.
Vous épargnez pour enrichir le casino.
Le casino a la possibilité de créer de la monnaie sur la base de VOS dettes, de ceux de votre employeur, de votre commune, de votre région, de votre pays, de vos institutions supranationales.
Les prix Nobel ont dit: « il faut de la croissance pour atteindre le plein emploi ».
Il n’y a pas de croissance? Alors il faut créer des dettes. La croissance par les dettes.
Depuis,le casino a la croissance. Vous, les dettes.

Voilà le monde dans lequel nous vivons depuis une bonne trentaine d’années.
Les initiés ont oublié de vous informer que pour chaque franc /euro que vous empruntez, vous offrez la possibilité à votre banquier de créer un multiple de cette dette en fortune.

Mais ça ne suffit pas. Le casino est gourmand.
Alors, il spécule. Son inventivité est débordante. Il crée de nouveaux produits. Des dérivés. Puis les dérivés des dérivés… Ça en est à tel point que l’on ne sait évaluer la masse monétaire que cela représente.
La baudruche gonfle, gonfle, gonfle. Elle menace d’exploser.
Mais les menaces deviennent sérieuses quand les plus gros poissons du casino menacent de vendre ou quand ils spéculent sur votre mort.
Mais ils ne le feront pas n’importe quand. Ils font du chantage. Vos représentants politiques et monétaires en sont tour à tour les complices mais aussi les otages.

Là les banquiers centraux sont sommés de prendre la relève.
Ils s’exécutent. Ils apportent de l’argent frais. Le vôtre. Celui de vos retraites et de vos assurances. Celui du patrimoine de votre pays, région, canton, commune.
A ce prix, le casino tient bon.
Combien de jours? On ne sait pas. Il faudra bientôt recommencer car on n’a rien exigé du casino en retour.
Le casino est au-dessus des lois, des règlements, de la morale et de l’éthique.

jeudi 24 décembre 2015

La victoire annoncée du casino mondial



Quants, les alchimistes de Wall Street 
Film entier (en anglais) : Youtube


La victoire annoncée du casino mondial. 
Par Liliane Held-Khawam, le 22 décembre 2015 - LHK

On parle beaucoup des ultra-riches en tant que personnes physiques. Rien n’est plus faux. C’est un Système qui s’est mis en place [par les grandes banques]. Le monde a été financiarisé grâce à des instruments financiers puissants élaborés par des ingénieurs et aujourd’hui gérés par des robots. Un Système froid, puissant et totalement déshumanisé. L’intelligence artificielle y remplace l’humain pour un avenir incertain et inquiétant.

Ce Système ne semble plus contrôlable par l’homme. Il est devenu autonome, fonctionne par lui-même, pour lui-même avec une logique qui lui est propre. Impitoyable, il a réussi à accumuler toutes les richesses laissant aux populations leur équivalent sous forme de dettes. Le principe de l’esclavage est posé sous le regard vide de gouvernants humains dépassés par l’ampleur du phénomène.

Les plus futés de la société essaient de faire ami-ami avec le monstre ne voulant pas voir que leur tour viendra d’être broyé un jour. La systématique de la raison leur sera aussi fatale qu’elle l’aura été à leurs congénères. Bref, la financiarisation de la planète pilotée par des robots annonce la défaite de l’humanité et nous fait entrer de plain-pied dans l’ère post-humaine.

Réjouissez-vous !
Liliane Held-Khawam


Graphique

Le Casino géant au service du dieu-argent est étalé ci-dessous [cliquez sur l'image pour l'agrandir] dans toute sa splendeur.
Ce visuel  est éloquent quant au processus de financiarisation de TOUT ce que la planète porte.
Parions que les quelques richesses résiduelles finiront très bientôt sous formes de produits dérivés. L’Etat transnational financier mondial sera alors achevé.




samedi 21 novembre 2015

Daëch, partenaire financier de la Haute finance internationale ?

Daëch, partenaire financier de la Haute finance internationale ? 
Par Liliane Held-Khawam, le 19 novembre 2015 - Source : LHK

Le Figaro vient de publier un inventaire des principales sources de financement de Daech. Il en conclut qu’elle est « l’organisation terroriste la plus riche de l’histoire et a réussi à se forger une indépendance financière.« 

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Le territoire de l’Etat islamique, grand comme le Royaume-Uni, regorgerait de multiples ressources naturelles (pétrole, gaz, phosphate, blé et orge).

Des impôts/taxes/ pénalités frapperaient les 10 millions d’habitants (industrie, commerce, banques) qui sont sous son contrôle.

Son patrimoine s’élèverait à 2260 milliards d’euros avec un revenu annuel en 2015 de 2,6 milliards d’euros, selon les toutes dernières estimations que Jean-Charles Brisard, expert en financement du terrorisme et président du Centre d’analyse du terrorisme.

mardi 20 octobre 2015

Les banques centrales au service des plus riches

'Les banques centrales ont rendu les riches encore plus riches'
Par Audrey Duperron, le 24 septembre 2015 - Express.be

Le Quantitative easing [ou QE, une politique monétaire qui consiste pour une banque centrale à racheter des obligations pour injecter des liquidités dans l’économie, ndlr] a sauvé les banques qui se servent de gros bonus, et rendu les riches plus riches”, affirme Paul Marshall dans le Financial Times. Marshall est un  gérant de fonds britannique qui dirige Marshall Wace, le plus gros hedge funds de Londres et d’Europe, avec un total d’actifs gérés se montant à 22 milliards de dollars.

“Les discours publics concernant les objectifs des QE sont délibérément brouillés en langage de banque centrale. La dépréciation du yen est visiblement un effet indirect de l’impression de monnaie japonaise à grande échelle, mais le dire aussi clairement ne conviendrait pas au Premier ministre japonais, Shinzo Abe, ni au gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda. Cela serait politiquement toxique au coeur de l’Amérique. De même, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, ne voudrait pas reconnaître qu’il fausse les marchés obligataires pour que les gouvernements surendettés de la périphérie de l’Europe puissent continuer à profiter de faibles coûts du capital (la chaîne de Ponzi propre à l’Europe). Mais c’est ce qu’il fait. (...)
Les banques ont été les plus grandes bénéficiaires, avec un effet de levier correspondant à 20 ou 30 fois leurs totaux de bilans. Les gérants de fonds et les hedge funds en ont bénéficié aussi. Les possesseurs de propriété s’en sont tirés comme des bandits. En fait, quiconque détenait des biens est devenu bien plus riche. Tous ceux d’entre nous qui travaillent sur les marchés financiers ont une dette à l’égard du QE”, écrit Marshall.

Il suggère que, conformément à ce que des politiciens de gauche proposent, on aurait pu imaginer des méthodes de QE alternatives qui n’auraient pas bénéficié directement aux plus riches.  Par exemple, plutôt que d’augmenter l’offre de monnaie en rachetant des obligations souveraines aux banques, les banques centrales auraient pu déposer de l’argent sur les comptes de tous les ménages. Le QE britannique, qui a conduit à l’injection de 375 milliards de livres dans l’économie, aurait pu consister à redistribuer 5.800 livres par personne, ce qui aurait relancé la consommation, plutôt que de rendre encore plus riches une minorité de nantis.

Jeremy Corbyn, le nouveau dirigeant du parti Labour en Grande-Bretagne, propose quant à lui d'utiliser le QE pour financer des projets d’infrastructure.

Source : Express.be

mercredi 30 septembre 2015

France : Collusion et pantouflage



Collusion et pantouflage : quand le lobby bancaire met la main sur la haute administration
Par Agnès Rousseaux, le 28 septembre 2015 - Bastamag

Hollande le souhaite : c’est un ancien de chez BNP qui va être nommé à la tête de la Banque de France et de l’autorité de contrôle des banques, si le Parlement l’approuve. Conflit d’intérêt ? Collusion ? Menace pour la régulation bancaire ? Une décision symbole de la porosité entre banquiers et instances chargées de leur contrôle, qui explique en partie le laisser-faire coupable et l’inaction des régulateurs et responsables politiques face à la finance. Enquête sur les ressorts de l’influence considérable du lobby bancaire sur la haute fonction publique et nos dirigeants politiques.

François Villeroy de Galhau, ex-directeur général délégué de BNP Paribas, va devenir président de la Banque de France. Cette nomination, voulue par François Hollande, doit être entérinée le 29 septembre par les Parlementaires. La décision a provoqué la colère de 150 économistes : « Il est totalement illusoire d’affirmer qu’on peut avoir servi l’industrie bancaire puis, quelques mois plus tard, en assurer le contrôle avec impartialité et en toute indépendance, écrivent-ils dans une tribune. Nos gouvernants sont-ils à ce point prisonniers des intérêts financiers qu’ils laissent à la finance le pouvoir de nommer les siens aux fonctions-clés des instances censées la réguler ? » Depuis la crise financière de 2008, rien n’a été fait pour éviter les collusions et conflits d’intérêt. Les banquiers se retrouvent à la tête des instances de régulation financière. Dans l’autre sens, hauts fonctionnaires ou responsables politiques sont toujours plus nombreux à partir travailler pour les banques.

dimanche 28 juin 2015

"Une aristocratie financière a pris le pouvoir"



De la grande Guerre à la crise permanente - Marc Chesney (Presses polytechniques et universitaires romandes, juin 2015)
Commande sur Amazon : De la Grande Guerre à la crise permanente : La montée en puissance de l'aristocratie financière et l'échec de la démocratie


Marc Chesney: «Une taxe sur les transactions financières pourrait remplacer tous les impôts actuels»
Par Mathilde Farine, le 26 juin 2015 - Le Temps

Dans son dernier ouvrage*, Marc Chesney dresse un parallèle entre la Première Guerre mondiale et la crise financière de 2008. Pour le professeur de finance de l’Université de Zurich, une société civilisée vacille dans les deux cas. Aujourd’hui, une aristocratie financière a pris le pouvoir au détriment du reste de la population, dénonce-t-il, tout en proposant des solutions. Entretien.

Le Temps: Vous comparez la crise financière et la Première Guerre mondiale, n’est-ce pas exagéré?

Marc Chesney: Il s’agit uniquement de comparer l’Europe de 1914 à celle d’aujourd’hui. A l’époque, une société civilisée a subitement basculé dans la barbarie. Actuellement, la société vacille sur elle-même, tremble sur ses fondations, confrontée qu’elle est à une crise d’une grande ampleur, une crise aux dimensions non seulement financières, mais aussi économiques, sociales, politiques et environnementales. Une aristocratie financière a pris le pouvoir. Elle se drape dans les habits du libéralisme, mais sa pratique quotidienne contredit souvent les principes de base. Cette aristocratie arrive à imposer sa politique et ses intérêts. Ceux-ci ont provoqué la crise et nuisent aux perspectives d’amélioration. Si les dégâts causés par la crise sont d’une autre nature que ceux de la Grande Guerre, ils sont néanmoins dévastateurs. Le nombre de chômeurs dans le monde a augmenté d’environ 60 millions par rapport à 2007. Dans de nombreux pays européens, des pans entiers de la population perdent espoir, perspectives et repères. Ils sont confrontés à une situation difficile dont l’issue semble incertaine. Les frémissements de croissance sont une illusion car les véritables problèmes n’ont pas été résolus.

jeudi 4 juin 2015

Sur qui compter pour moraliser la finance ?



Du Grain à moudre par Hervé Gardette
Sur qui compter pour moraliser la finance ? 04.06.2015
Avec :
Pierre de Lauzun, délégué général de l'AMAFI, l'association française des marchés financiers
François Morin, économiste, professeur émérite de sciences économiques à l'Université de Toulouse I

samedi 28 février 2015

La réorganisation du monde : la fin des monnaies nationales


La réorganisation du monde: la fin des monnaies nationales
Par Liliane Held-Khawam, le 28 février 2015

Il est de plus en plus clair que les crises économiques, politiques, financières et monétaires actuelles constituent autant de préludes à l’accouchement d’un marché unique mondial et supranational. Pourtant à ce jour, peu de personnes savent en quoi consistera l’avenir d’une société dominée par les marchés financiers.

Il ne s’agit plus ici d’être alarmiste mais réalistes. Ce qui est décrit ci-dessous se développe en parallèle d’une soi-disant gouvernance démocratique scrupuleusement vidée de sa substance et de ses moyens.

jeudi 19 février 2015

Ce n'est pas l'heure pour les jeux en Europe



“Ce n’est pas l’heure pour les jeux en Europe”
Par Yanis Varoufakis, New YorkTimes, le 17 février 2015

ATHÈNES — J’écris cet article en marge d’une négociation cruciale avec les créanciers de mon pays – une négociation dont le résultat pourrait marquer toute une génération, et même s’avérer être le tournant décisif de l’expérience européenne d’une union monétaire. Les théoriciens des jeux analysent les négociations comme si elles étaient des jeux où des joueurs purement motivés par leur intérêt personnel se partagent un gâteau. Parce que j’ai passé de nombreuses années durant ma précédente vie en tant que chercheur universitaire à étudier la théorie des jeux, certains journalistes ont présumé hâtivement que, en tant que nouveau ministre des finances de la Grèce, j’élaborais activement des bluffs, des stratagèmes et des options de sortie, m’efforçant au mieux d’améliorer une mauvaise main.

Rien ne pourrait être plus loin de la vérité.

mardi 17 février 2015

Réforme bancaire : un impératif démocratique



La Grande table (2ème partie) par Caroline Broué
Réforme bancaire : un impératif démocratique 17.02.2015
Avec Dominique Plihon, professeur d'économie financière à  l'université Paris XIII et porte-parole d'Attac France, signe avec Agnès Rousseaux ( du média "Basta !") un livre "coup de poing";  Le Livre noir des banques (Editions LLL, février 2015), un livre qui est à la fois une enquête sans concession sur le fonctionnement des grandes banques française, une plongée dans le monde de la finance dérégulée et une contribution à la reconstruction d'un système bancaire responsable et juste. Pour discuter, dialoguer et débattre avec lui, nous avons convié Laurence Scialom, professeur à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense.
Commande sur Amazon : Le livre noir des banques
  

lundi 16 février 2015

«SwissLeaks», ou l'investigation commandée

«SwissLeaks», ou l'investigation commandée
Par Miret Zaki, le 9 février 2015

Les fuites orchestrées par les autorités françaises sur les données bancaires en Suisse sont à analyser avec prudence.

Les nouvelles pratiques médiatiques soulèvent de nouvelles questions. En effet, Swissleaks est une opération qui s'apparente à du journalisme d'investigation organisé par les services de l'Etat.

Ce dimanche, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), connu pour ses opérations précédentes «Offshoreleaks» et «Luxleaks», a fait son retour avec «Swissleaks», le déballage mondial des pratiques de la filiale suisse de HSBC. Nous avons eu droit au même battage coordonné que lors des opérations précédentes: des dizaines de Unes simultanées promettant de dévoiler les entrailles du monstre. Des articles d'appel vantant la taille, le poids et le volume des informations: «45 journalistes», «140 pays», «59'000 fichiers». On répétait en boucle que les données HSBC, volées en 2008 par Hervé Falciani, ont été «obtenues» par la presse auprès de «sources gouvernementales françaises». Formulation aux accents marketing surprenants, lorsqu'on sait que les journalistes n'ont pas «obtenu» d'eux-mêmes les informations, mais que, pour reformuler, celles-ci leur ont été dépêchées en mains propres aux bureaux du Monde par des envoyés du gouvernement français.

Journalisme d'investigation commandé ? Le gouvernement français, qui a déjà inculpé HSBC Suisse pour démarchage illicite et blanchiment de fraude fiscale, se fait généreux au point d'offrir en pâture à la presse mondiale les informations qu'il a préalablement nettoyées et rendues lisibles pour le confort des journalistes.

mercredi 4 février 2015

La dette, une spirale infernale ?



La dette, une spirale infernale ? (France, 2015)
Au lendemain de la victoire de Syriza en Grèce et de l’annonce par la BCE du rachat des dettes souveraines, une captivante enquête politico-financière aux accents de polar sur l'histoire et l'économie de la dette, qui confronte les points de vue européens sur les solutions envisageables à la crise actuelle.
L’explosion de la dette publique hante l’Europe depuis la crise financière de 2007. Le risque d’une faillite de la Grèce et d’une contagion à d’autres pays de la zone euro a été mal géré par les gouvernements, trop hésitants et rarement d’accord sur la politique à suivre. Ce soutien tardif a déclenché la méfiance des marchés. Les politiques d’austérité ont stoppé l’hémorragie des déficits publics mais ont mis à genoux les économies du sud de l’Europe. La Grèce, le Portugal et l’Espagne se sont enfoncées plus profondément dans la crise. Mais comment est-on arrivé là ? Et qu’est-ce que la dette publique ?
Restructurer la dette ?
En compagnie des économistes français Thomas Piketty et Bernard Maris, assassiné le 7 janvier, de la députée socialiste française Karine Berger, de l'anthropologue et militant anarchiste américain David Graeber et du député européen belge écologiste Philippe Lamberts, la réalisatrice Laure Delesalle propose un passionnant voyage dans les rouages de l’économie. Au contraire d'un plaidoyer "pour ou contre" la dette, son documentaire raconte son histoire de la fin du Moyen-Âge à nos jours et éclaire les dessous de la crise actuelle. Il lance également des pistes pour la résoudre et prémunir la zone euro de soubresauts futurs, en rappelant que l'endettement est vieux comme le monde. Aujourd’hui, rappelle le film, nous vivons tous à crédit : maisons, voitures, écoles, dépenses publiques, tout est financé par des emprunts. Aussi le débat sur les voies qui s'offrent à l'Europe pour restructurer les dettes existantes est-il essentiel. Cette passionnante enquête politico-financière éclaire une actualité relancée aujourd'hui par la victoire en Grèce du parti de la gauche radicale Syriza et l'annonce, le 22 janvier, du futur rachat des dettes souveraines par la Banque centrale européenne à hauteur de 1 000 milliards d’euros.
Source : Arte

dimanche 4 janvier 2015

Les intouchables



Martin Smith, Les Intouchables (The Untouchables), (PBS, USA, 2012)
Dans un documentaire décapant, « The Untouchables », la chaîne publique américaine PBS pose la question à 1.000 milliards de dollars : comment expliquer qu’aucun grand dirigeant de Wall Street n’ait été poursuivi en justice après la crise financière de 2008 ?
Source : Fortune



Elizabeth Warren (Sénatrice) : "Quand avez-vous fait un procès aux grandes banques de Wall Street ?" (2013)
J'ai peur que nous soyons passé du "Trop gros pour faire faillite" au "Trop gros pour passer en justice".

lundi 1 décembre 2014

Dans le secret du crime financier



Dans le secret du crime financier (France 2, Infrarouge, 2013)

Pour lever le voile et éclairer la scène de crime dont parle le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud, Dans le secret du crime financier nous entraîne aux États-Unis d’où la crise qui continue de sévir est partie dans les années 2008 avant de s’étendre sur la planète tout entière…
Derrière les mécanismes, il existe des institutions, des hommes… C’est sur eux que Dans le secret du crime financier met le projecteur. Ceux-là mêmes qui étaient responsables aux USA de la débâcle de 2008, où les grandes institutions financières – Goldman Sachs par exemple – ont étendu leur pouvoir au monde entier. Ils ont bénéficié de complicités multiples, agences de notations financières, gouvernements, responsables politiques de gauche comme de droite, institutions internationales, commission européenne, BCE et FMI par exemple…C’est cette troïka justement qui dicte des mesures assassines contre les peuples à travers l’Europe notamment…
Dans le secret du crime financier met chacun de ces protagonistes à la place qui lui revient, confrontant les bénéficiaires de la crise aux peuples qui tentent de survivre face à leurs décisions, qui subissent le bouleversement des relations sociales et sont ramenés des décennies en arrière. Les images parlent d’elles-mêmes…. En Espagne, en Grèce… Le plus grand armateur du Pirée d’un côté, vantant sa flotte… Des Grecs de la classe moyenne recueillis par Médecins du Monde de l’autre… Le contraste est édifiant. Mais si tout cela n’était que la préfiguration de ce qui se prépare en France ? Des pans de la société basculent
En donnant cette dimension, Dans le secret du crime financier met en relation la frange qui tire bénéfice de la crise et la majorité qui sombre, « criminels » et « victimes »…. Le crime financier, crime parfait ? Pas si sûr ! Un détour par l’Islande indique que les responsables peuvent aussi être coupables et payer la note qui leur revient…
Source : France 2

lundi 8 septembre 2014

Un espion au coeur de la chimie nazie


Le procédé pour fabriquer le gaz Zyklon B à base d'acide prussique était détenu par le trust allemand IG Farben, qui regroupait les plus grandes entreprises chimiques d’outre-Rhin. De son côté, la firme américaine Dupont de Nemours, qui avait passé dès 1927 des accords avec IG Farben en matière de recherche et de développement, travaillait aussi sur l’acide prussique et avait déjà testé son produit en 1924 sur un condamné à mort. Le 3 septembre 1941, les SS font une expérience de gazage sur des prisonniers de guerre soviétiques internés à Auschwitz. Parallèlement, Erwin Respondek, un économiste au service d'IG Farben qui désapprouvait la politique des nazis, commence à faire passer des informations sur les gaz asphyxiants allemands via l’ambassade américaine située tout près de son bureau berlinois. Mais le gouvernement américain ne semble guère s’en préoccuper...
Source : Arte

mardi 26 août 2014

Europe à vendre



EUROPE À VENDRE (France, 2014)
Avec la crise, la privatisation des biens publics s’accélère partout en Europe. Une enquête édifiante, tant la crise semble pouvoir justifier la vente à la "découpe" des patrimoines naturels et culturels par des municipalités, régions et gouvernements soucieux de renflouer leurs caisses.
Montagnes à vendre dans le Tyrol oriental pour 121 000 euros ! En 2011 en Autriche, l’annonce suscite aussitôt la convoitise de sociétés, à condition que les deux sommets (2 600 mètres d’altitude), propriété de l'Agence immobilière fédérale (BIG), une institution publique, portent leur nom. C’est en découvrant cette aberration que le réalisateur entreprend un tour d’Europe pour évaluer la privatisation en cours des biens publics. Un état des lieux stupéfiant, tant la crise justifie la vente à la "découpe" du patrimoine naturel et culturel par des municipalités, régions et gouvernements soucieux de renflouer leurs caisses. En Irlande, l’État, au bord de la banqueroute pour avoir épongé les dettes des grandes banques, est prêt à brader toutes les forêts de l’île, mobilisant des milliers de personnes en colère.
Cynisme tranquille
À Paris, c’est l’hôtel de la Marine, place de la Concorde, que France Domaine souhaitait céder pour un bail de 99 ans à des investisseurs privés, avant de renoncer face à l’opposition au projet. Berlusconi, lui, envisageait même de privatiser les vestiges de l’Antiquité, y compris le Colisée, dont la restauration, urgente, est aujourd’hui financée par Diego Della Valle, le PDG de Tod’s. Berlin craint de perdre la mémoire de son Mur, sous la pression de la spéculation immobilière, et la Grèce, encouragée par la troïka (FMI, Banque centrale européenne, Commission européenne) met en vente des terres et îles vierges, convoitées par des chaînes du luxe, des promoteurs et des milliardaires. Entre cynisme tranquille des uns et résistance fragile des autres, une enquête éclairante sur un phénomène qui menace la liberté des citoyens de l’UE à décider de l'aménagement de leur espace public, urbain ou naturel.
Source : Arte

Voir aussi les pages : Grèce, année zéro, Grèce un passé oublié / Catastroika, Debtocracy




mercredi 23 juillet 2014

Evasion fiscale, le hold-up du siècle



EVASION FISCALE Le hold-up du siècle (France, 2012)
Imaginez un monde dans lequel vous pourriez choisir de payer ou non des impôts tout en continuant de bénéficier de services publics de qualité payés par les autres. Ce monde existe : c'est le nôtre. Aujourd'hui, les multinationales peuvent dégager des milliards d'euros de bénéfice sans s'acquitter du moindre euro d'impôt.
Imaginez un monde dans lequel vous pourriez choisir de payer ou non des impôts tout en continuant de bénéficier de services publics de qualité (santé, éducation, sécurité, transport...) payés par les autres. Ce monde existe : c'est le nôtre. Aujourd'hui, les multinationales peuvent dégager des milliards d'euros de bénéfice et ne pas payer un euro d'impôt. De même que des riches contribuables ont tout loisir de dissimuler leurs fortunes à l'abri du secret bancaire suisse ou dans des trusts domiciliés à Jersey. L'évasion fiscale a pris de telle proportion qu'elle menace aujourd'hui la stabilité de nos États. Entre vingt mille et trente mille milliards de dollars sont ainsi dissimulés dans les paradis fiscaux, soit l'équivalent des deux tiers de la dette mondiale !
Le pillage de nos richesses
Xavier Harel, journaliste et auteur de La grande évasion, le scandale des paradis fiscaux, nous emmène aux îles Caïmans, dans le Delaware aux États-Unis, à Jersey, en Suisse ou encore au Royaume-Uni pour nous faire découvrir l'industrie de l'évasion fiscale. Il démonte avec humour les savoureux montages de Colgate, Amazon ou Total pour ne pas payer d'impôt. Il dénonce aussi le rôle des grands cabinets de conseil comme KPMG, Ernst and Young ou Price Water House Cooper dans ce pillage de nos richesses. Il révèle enfin au grand jour l'incroyable cynisme des banques comme UBS ou BNP qui ont été renflouées avec de l'argent public mais continuent d'offrir à leurs clients fortunés des solutions pour frauder le fisc. Mais l'évasion fiscale a un prix. En Grèce, Xavier Harel nous montre comment un pays européen a basculé dans la faillite en raison de son incapacité à lever l'impôt. Faillite qui nous menace tous si rien n'est fait pour mettre un terme à ces incroyables privilèges dont jouissent aujourd'hui les grandes entreprises et les riches fraudeurs.
Source : Arte

mercredi 2 juillet 2014

Grèce, année zéro



Grèce, année zéro (Arte, 2014)
Depuis qu'elle a été contrainte par l'Union européenne et le FMI, en 2010 et 2011, à des réformes et des économies drastiques en échange de prêts de 240 milliards d'euros, la Grèce est volontiers présentée, en France, comme une victime de l’Europe. En Allemagne, à l'inverse, on la considère largement comme responsable des tourments de la zone euro. Pour dépasser ces clichés, Jean Quatremer et Pierre Bourgeois ont choisi de partir à la rencontre de Grecs de toutes conditions sociales, depuis les citoyens ordinaires qui, à Patmos comme à Athènes, ont souffert des mesures d'austérité, jusqu'aux responsables de tous bords chargés de mettre en œuvre les réformes.
Source : Arte


Entretiens avec Jean Quatremer (France, 2014)
Entretien avec le journaliste Jean Quatremer, correspondant permanent de Libération auprès des institutions européennes et auteur du documentaire "Grèce année zéro" pour commenter l'actualité de l'Europe et de la Grèce en particulier.
Source : Arte

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Rendez-vous avec X par Patrick Pesnot
Grèce : un passé oublié 1, 2 (7 juin 2014)

La Grèce est-elle sauvée ? En a-t-elle vraiment fini avec la terrible crise qui l’a frappée ?... C’est ce que l’on murmurerait à Bruxelles mais aussi dans les cercles dirigeants d’Athènes. Qu’en est-il réellement ? J’ai trouvé au début du mois dans le journal Le Monde un titre qui résume bien la situation actuelle du pays : "La Grèce va mieux, les Grecs pas tellement !" Car s’il est vrai que le chômage fléchit légèrement, il touche encore 57% des jeunes.
Rassurez-vous, Monsieur X n’a nullement l’intention de nous asséner un cours d’économie. Et s’il a décidé aujourd’hui d’évoquer la Grèce, c’est qu’il a voulu remonter aux racines lointaines de la crise grecque et donc aux déchirures de la Seconde Guerre mondiale et de la sanglante guerre civile qui a suivi. Avec, pour commencer, ce terrible constat : de tous les pays européens occupés par les nazis, c’est, en dehors de la Pologne et de la Russie, incontestablement la Grèce qui a le plus souffert…
Mais, alors que la Résistance grecque a été aussi l’une des plus efficaces et les plus redoutables dans sa lutte contre l’occupant, la Libération s’est traduite par une féroce répression contre ceux-là mêmes qui venaient de délivrer leur pays du joug nazi… Avec le concours des forces alliées, essentiellement britanniques ! Et qu’en est-il des réparations que l’Allemagne se serait abstenue de payer après la guerre ? Une dette bien réelle ou un fantasme ? Monsieur X commence par analyser cette délicate question…
Source : France Inter

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Articles sur : okeanews
Les armateurs grecs naviguent dans un océan d'exonérations fiscales (16 juin 2014)
Grèce, l'austérité tue une écolière de 12 ans (6 juin 2014)
La Grèce vend ses biens et ses plages pour apaiser la Troika (26 mai 2014)
...
Articles sur bastamag :
Stratégie du choc : comment le FMI et l’Union européenne bradent la Grèce aux plus offrants (20 juin 2013)

RÉVEILLEZ VOUS ! ILS BRADENT NOS PLAGES !
Cela semble aberrant mais cet été sera peut-être le dernier au cours duquel nous pourrons profiter librement des plages grecques! En ce moment le gouvernement prévoit un projet de loi criminel pour vendre nos plages à des compagnies privées. Si cette loi passe, nos enfants hériteront d'une Grèce aux plages bétonnées et dont chaque centimètre appartiendra à une entreprise et seuls ceux qui paieront y auront accès. Nous avons cependant une chance d'empêcher cette hérésie avant qu'il ne soit trop tard.
Les ministres de l'économie et du tourisme pensent que leur plan peut passer inaperçu mais un mouvement de contestation a déjà commencé à grandir. La dernière chose que veut le gouvernement avant les élections européennes c'est un tollé venant de milliers de citoyens. Si nous créons un tsunami de protestations nous pouvons arrêter le projet de loi avant qu'il n'arrive à l'assemblée et ainsi protéger la beauté du pays pour les prochaines générations. Signez la maintenant et diffusez la partout.
Le projet de loi ne légalise pas seulement les entreprises qui empiètent déjà illégalement sur les plages, mais autorise aussi les entreprises à recouvrir le moindre centimètre de plage publique de chaises longues en plastique et de parasols, à construire sur l'eau et à remblayer la mer.
Les plages de Grèce ont survécu des milliers d'années d'histoire et nos ancêtres ont combattu pour que nous puissions apprécier librement les trésors naturels du pays. A notre tour à présent d'unir nos voix afin de défendre notre héritage naturel pour les prochaines générations. Nous tous sommes la seule seule force qui peut faire cesser ce crime. Signez cette pétition maintenant et diffusez la autour de vous.
Source : okeanews
Pétition : STOP PROPOSED LEGISLATION FOR THE GREEK SHORELINE

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Voir aussi la page : Catastroika (Film militant sur les ravages de la privatisation) / Debtocracy, la gouvernance par la dette

mercredi 18 juin 2014

Master of the Universe : confessions d'un banquier


Master of the Universe : confessions d'un banquier (Allemagne, 2013)
Après une vie au service de banques d’investissement allemandes, Rainer Voss, la cinquantaine, a décidé de parler. Il décortique sans fard les mécanismes du monde bancaire, qui s'est peu à peu déconnecté du monde réel. Un huis clos documentaire stupéfiant.
Depuis des locaux désaffectés du quartier des affaires de Francfort, il décrit par le menu le monde qu’il a fini par quitter : son ascension dans les années 1980, la libéralisation à outrance, la dérégulation et les "innovations financières" qui ont pu offrir à ceux qui en maîtrisaient les arcanes la sensation d’être les maîtres de l’univers. Les acteurs du secteur, brassant quotidiennement des millions d’euros, se sont peu à peu éloignés du monde réel, tandis que la finance se déconnectait des réalités économiques et sociales.
Avec minutie, Rainer Voss détaille la complexification et l’interconnexion croissante des affaires traitées, mais aussi la manière dont l’entreprise dévore ses employés : travailler plusieurs nuits d’affilée, ne pas parler politique ni questionner le bien-fondé des décisions, faire preuve d’une loyauté indéfectible pour son entreprise – un monde aux allures de secte, aux répercussions colossales sur l’économie mondiale. Pour le réalisateur, il a été difficile de trouver un banquier prêt à parler devant la caméra. Le résultat est un stupéfiant dialogue, à la fois démonstration à charge et confession intime.
Source : Arte
 
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