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lundi 23 décembre 2019

Joyeux Noël

MAJ de la page : Nativité



Navidad flamenca con El Soto (Rito y Geografia del Cante)



Navidad flamenco con Fosforito (TVE)



Camaron de la Isla y Paco de Lucia, Mira Que Bonita (1974)



Camaron de la Isla y Paco de Lucia, La Virgen Maria (1974)



Camaron de la Isla y Paco de Lucia, A Belen Pastores (1974)



Camaron de la Isla y Paco de Lucia, Villancico, Un rayo del sol (1974)



Camaron de la Isla y Tomatito, La Virgen hizo una sopa (1991)



La Macanita, Villancicos de Gloria (1995)



Raya real, La Virgen gitana (2014)



Nina Pastori, Villancico por buleria (2016)



Argentina, Es la Navidad (2019)



Y Suenan, Asi canta Jerez en Navidad (2019)



Asi canta Jerez en Navidad, Popurrí de Villancicos por Bulerías (18 déc. 2019)

Un villancico est une composition poétique et musicale du Moyen Âge et de la Renaissance ibérique, que l'on retrouve dans les littératures espagnole (villancico) et portugaise (vilancete), proche des noëls français. C'est un chant qui est donné à la période de Noël.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Voir aussi la page : Semana Santa

Joseph et la sage-femme entrèrent dans la grotte. Joseph lui dit: «Va et visite Marie.» […] Comme la sage-femme tardait à l’intérieur, Joseph entra. La sage-femme vint au-devant de lui. Syméon l’interrogea: «Maîtresse, qu’en est-il de la jeune fille ? Peut-elle avoir quelque espoir de vie?» La femme répondit: «Assieds-toi et je te raconterai une chose admirable. […] Lorsque je suis entrée pour examiner la jeune fille, je l’ai trouvée avec le visage tourné vers le haut, en train de regarder le ciel et de parler avec elle-même. Je soupçonne qu’elle priait et bénissait le Très-Haut. Je lui ai dit: «Ma fille, dis-moi, ne ressens-tu pas quelque douleur ?» Mais elle était comme si elle n’entendait rien et, tel un rocher solide, elle demeurait immobile, regardant le ciel. […] En cette heure-là, toutes les choses entrèrent en repos. […] Aucune voix d’homme ne résonna, et il régnait un grand silence. […] 
Cette grotte fut remplie d’une brillante clarté, avec un parfum très doux. Cette lumière naquit de la même manière que la rosée qui descend du ciel sur la terre. […] Je me tins là, remplie de stupeur, d’étonnement, et la crainte me saisit, car j’avais les yeux fixés sur l’éclat si grand de la clarté qui était née. Or cette lumière, se rétractant en elle-même en peu de temps, devint semblable à un enfant, et, au moment suivant, apparut un enfant, comme les enfants naissent d’habitude. Alors je m’enhardis, je me penchai et je le pris. […] Je l’examinai, et il n’y avait sur lui pas la moindre souillure, mais il était comme lavé dans la rosée du Dieu très-haut […] Et alors que j’étais très étonnée du fait qu’il ne pleurait pas comme pleurent d’habitude les enfants nouveau-nés, et que je le tenais en fixant le regard sur son visage, il me sourit d’un sourire très aimable.» […]
Extrait de : Livre de la Nativité du Sauveur, Ecrit apocryphe du IIe siècle
Source (et suite) du texte : On a retrouvé le récit de la sage-femme qui a assisté à la naissance de Jésus, 24 déc. 2019, TdG


Pablo Picasso, Maternité rose, Croquis (1906)

Pablo Picasso, Maternité rose (1906)
   

vendredi 22 décembre 2017

"C'est en toi que Dieu doit naître"

MAJ de la page : Angelus Silesius



France Culture, "Les chemins de la connaissance" par Jacques Munier, un cycle de cinq émissions intitulé "Les mystiques rhénans, la lettre et l'esprit", 20 au 24 janvier 2003
Angelus Silesius, l'errant chérubinique avec Gérard Pfister

Gérard Pfister (né à Paris, le 7 avril 1951) est un poète et écrivain français.
Il est également l’auteur d'études principalement sur le dadaïsme et la mystique rhénane et de traductions de l'allemand, de l'anglais, l'italien et du turc. Il a créé en 1975 les Éditions Arfuyen dont le siège se situe en Alsace et l'administration à Paris.
Source : Youtube Résonance
Commande sur Amazon (préféré votre libraire, cela va sans dire) : L'errant chérubinique, Ed. Arfuyen, 2014




France Culture, "Les vivants et les dieux" par Michel Cazenave, 7 février 2009
Angelus Silésius avec Jérôme Thélot.

Élevé dans le milieu luthérien de la Silésie alors allemande, , qui se convertira du luthéranisme au catholicisme en 1653, est le descendant spirituel direct de Jacob Boehme et, plus loin, de Johannes Tauler, de maître Eckhart et du pseudo-Denys. C’est ainsi qu’il compose Le Voyageur chérubinique qui a influencé toute la philosophie allemande postérieure et développé les principales idées de la théologie négative.

Avec Jérôme Thélot, professeur à Lyon III et traducteur du Voyageur chérubinique (Éditions Encre Marine), et Jacques Lebrun, professeur émérite à l’École Pratique des Hautes Études.
Source : Youtube Résonance
Commande sur Amazon (préféré votre libraire, cela va sans dire) : Le voyageur chérubinique 

Livre premier (extraits) :
25. On ne saisit pas Dieu.
Dieu est un pur Néant, ni Maintenant ni Ici ne le touchent : plus tu cherches à le saisir, plus Il t'échappe.
61. C'est en toi que Dieu doit naître.
Que Christ naisse  mille fois à Bethléem, et non en toi, tu restes perdu pour jamais.
82. Le ciel est en toi.
Arrête, ou cours-tu donc, le ciel est en toi : et chercher Dieu ailleurs, c'est le manquer toujours.
138. Plus tu sors, plus Dieu entre.
Plus tu peux chasser et t'enfuir de toi-même, et plus Dieu doit s'écouler en toi avec sa divinité.
159. La vacuité est comme Dieu.
Homme, si tu es vide, l'eau jaillit de toi, aussi bien que de la source d'éternité. 
185. L'espace lui-même est en toi.
Ce n'est pas toi qui es dans l'espace, l'espace est en toi : rejette-le, voici déjà l'éternité.
189. L'homme crée le temps.
Toi-même fait le temps : les sens en sont l'horloge, arrête l'inquiétude, et c'en est fait du temps.
201. Pourquoi Dieu naît-il ?
O mystère insondable ! Dieu c'est perdu lui-même, et c'est pour cette raison qu'il veut renaître en moi.
208. La bienheureuse intempérance.
Rien de trop ! j'ai toujours haï l'intempérance : mais puissé-je être ivre de Dieu autant que Christ.
210. Plus on s'abandonne, plus on est divin.
Les saints sont enivrés de la divinité de Dieu autant qu'ils sont perdus et engloutis en lui.
216. La déification.
Dieu est mon esprit, mon sang, ma chair et mes os : comment ne serais-je pas tout déifié par lui ?
219. La simplicité.
La simplicité est si précieuse que si elle manque à Dieu, il n'est plus Dieu, ni Sagesse, ni Lumière.
240. La prière silencieuse.
Dieu est si présent partout qu'on ne peut parler : aussi, tu L'adoreras mieux par le silence.
253. Le royaume de Dieu est aux enfants.
Chrétien, si tu peux devenir enfant de tout cœur, le royaume des cieux est tien dès cette terre.
254. L'enfance et la divinité.
Puisque la divinité s'est manifestée à moi dans l'enfance, j'aime du même amour enfance et divinité.
255. Enfant et Dieu.
Enfant ou Dieu se valent : si tu m'as nommé enfant, tu as reconnu Dieu en moi, et moi en Dieu.
284. Il faut dépasser toute connaissance.
Ce que le Chérubin sait ne peut me suffire : je veux voler plus haut que lui, dans l'inconnu.
285. Le connaissant doit devenir le connu.
Rien n'est connu en Dieu : Il est Un Unique. Ce qu'on connait en lui, il faut l'être soi-même.
289. Sans pourquoi.
La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit, elle ne fait pas attention à elle-même, ne demande pas si on la voit.
290. Laisse Dieu pourvoir à tout.
Qui décore les lys ? Qui nourrit les narcisses ? Alors, chrétien, pourquoi tant t'inquiéter de toi ?
293. Quand est-on déifié ?
Homme, quand la joie ne t'émeut pas, que la peine ne te blesse pas, tu es vraiment entré en Dieu et Dieu en toi.
Angelus Silésius, le Pelerin Chérubinique, Livre premier (Aubier, 1946)

Joyeux Noël ! 

Vitrail de l'Eglise Notre-Dame de Dijon
  

samedi 24 décembre 2016

Joyeux Noël

MAJ de la page : Maître Eckhart / Fernand Brunner

Le Caravage, Nativité avec S.François (1609)

(...)
Celui-là est un homme pauvre qui ne veut rien, ne sait rien et n'a rien.
(...)
Pour posséder vraiment la pauvreté, il faut que l'homme soit aussi vide de sa volonté créée qu'il le faisait au moment où il n'était pas encore né. (...) là j'étais libre de Dieu et de toute chose.
(...)
Bien plus : il faut qu'il soit à tel point vide de tout son propre savoir qu'il ne sache, ni ne connaisse, ni ne sente que Dieu vit en lui. Plus encore : il faut qu'il soit vide de toute connaissance qui pourrait encore vivre en lui. (...) l'homme doit rester aussi vide de son propre savoir qu'il le faisait au temps où il n'était pas encore.
(...)
Nous disons donc que l'homme doit être tellement pauvre qu'il ne soit pas un lieu et n'ait pas en lui un lieu où Dieu puisse opérer. Tant que l'homme conserve encore en lui un lieu quelconque, il conserve aussi quelque distinction. C'est pourquoi je prie Dieu de me libérer de Dieu; car mon être essentiel est au-dessus de Dieu, dans la mesure où nous concevons Dieu comme l'origine des créatures; en effet, dans ce même être de Dieu où Dieu est au-dessus de l'être et de la distinction, j'étais moi-même, je me voulais moi-même et je me connaissais moi-même, pour faire cet homme .  Et c'est pourquoi je suis cause de moi-même selon mon être qui est éternel, mais non pas selon mon devenir qui est temporel. C'est pourquoi je suis non-né et selon mon mode non-né je ne puis jamais mourir. Selon non mode non-né, j'ai été éternellement, je suis maintenant et je demeurerai éternellement. Ce que je suis selon ma nativité doit mourir et s'anéantira, car cela est mortel et doit se corrompre avec le temps. Mais dans ma naissance naquirent toutes choses; ici je fus cause de moi-même et de toute choses. Si je l'avais voulu alors, je ne serais pas et le monde entier ne serait pas; et, si je n'étais pas, Dieu ne serait pas non plus; que Dieu soit Dieu, j'en suis une cause. Si je n'étais pas, Dieu ne serais pas Dieu.  
Il n'est pas nécessaire de savoir cela.
Un grand maître dit que sa percée est plus noble que sa sortie. C'est vrai. Lorsque je sortis de Dieu, toutes les choses dirent : Dieu est. Et cela ne peut me rendre bienheureux, car par là je me reconnais créature. Mais dans la percée où je suis libéré de ma propre volonté, libre même de la volonté de Dieu, de toutes ses opérations et de Dieu Lui-même, là je suis au-dessus de toutes les créatures; et je ne suis ni Dieu ni créature, mais je suis ce que j'étais et ce que je demeurerai maintenant et à tout jamais. Là je reçois en moi une impression qui doit m'élever au-dessus de tous les anges. Dans cette impression je reçois une si grande richesse que Dieu ne peut me suffire avec tout ce qu'Il est comme Dieu, ni avec toutes ses opérations divines; car dans cette percées, je reçois ceci : que Dieu et moi nous sommes un. Là je suis ce que j'étais et là je ne crois ni ne décrois, car là je suis une cause immobile, qui fait mouvoir toutes choses. Alors Dieu ne trouve plus de lieu dans l'homme, car l'homme conquiert par cette pauvreté ce qu'il a été de toute éternité et demeurera toujours. Alors Dieu est un avec l'esprit et cela c'est la plus extrême pauvreté que l'on puisse trouver.

Que celui qui ne comprend pas ce discours ne se mette pas martel en tête. En effet, tant que l'homme n'est pas semblable à cette Vérité, il ne peut comprendre ce discours, car c'est une vérité sans voile qui est sortie directement du cœur de Dieu.
Puissions-nous vivre de façon à l'éprouver éternellement, avec l'aide de Dieu ! Amen.

Maître Eckhart, Sermon no 52, "Heureux les pauvres d'esprit car le royaume des cieux est à eux", trad. Alain de Libéra, dans Traités et Sermons, Ed. Flammarion, 1993 - épuisé
Dieu au-delà de Dieu : Sermons XXXI à LX, trad. Gwendoline Jarczyk, Ed. Albion Michel, 1999
Commande sur Amazon : Dieu au-delà de Dieu : Sermons XXXI à LX


(...)
Nous comprenons maintenant que lorsque Maître Eckhart demande à l'homme de s'abandonner lui-même, de se vider lui-même, de mourir à soi, de s'anéantir, il n'exige pas de lui ce scandale de ne plus exister absolument; il exige de lui d'exister non plus pour soi-même, mais pour Dieu et par Dieu.

jeudi 24 décembre 2015

Joyeux Noël



Chant orthodoxe en français - Les béatitudes
Dans ton royaume souviens-toi de nous Seigneur, lorsque tu viendras dans ton royaume. 
Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.
Bienheureux les affligés, car ils seront consolés.
Bienheureux les doux, car ils hériterons la terre.
Bienheureux les affamés et assoiffés de justice, car ils seront rassasiés.
Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Bienheureux les pacificateurs, car ils seront appelés les fils de Dieu.
Bienheureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.
Bienheureux serez-vous lorsqu'on vous outragera et qu'on vous persécutera et qu'on vous fera toute sorte de mal à cause de moi. 
Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse car votre récompense sera grande dans les cieux.

Les Béatitudes sont extraits du Sermon sur la montagne rapporté dans l'Évangile selon Matthieu (5, 3-12) et d'une partie du Sermon dans la plaine de l'Évangile selon Luc (6, 20-23).



Bienheureux les yeux qui pleurent, chant orthodoxe

Voir aussi les pages : Nativité (tag)


  

mercredi 24 décembre 2014

Ni ceci ni cela / Joyeux Noël

MAJ de la page : Maître Eckhart


Je viens de prononcer quelques mots en latin qui sont écrits dans l'Évangile et donc voici le sens en allemand : "Notre Seigneur Jésus-Christ monta dans un petit château fort et il y fut reçu par une vierge qui était une femme." 
Eh bien ! apportez toute votre attention à cette parole. Celle par qui Jésus fut reçu ne pouvait qu'être vierge. "Vierge" désigne un être humain qui est vide de toutes images étrangères, aussi vide qu'il l'était quand il n'était pas encore. (...)

Mais une vierge qui est femme est libre, elle n'est liée par aucune propriété et elle est en tout temps également proche de Dieu et d'elle-même. Elle donne beaucoup de fruits, et ces fruits sont grands, ni plus ni moins que Dieu lui-même. Ces fruits et cette naissance, voilà ce que cette vierge qui est femme, produit, ce fruit elle l'enfante et le porte chaque jour cent ou mille fois, un nombre incalculable de fois, enfantant et fécondée du fond le plus noble, ou, pour mieux dire, du fond où le Père engendre son Verbe éternel qui la rend féconde et lui permet d'enfanter avec le Père. (...)

Je l'ai dit souvent aussi : il est dans l'âme une puissance qui n'est touchée ni par le temps ni par la chair, qui émane de l'esprit et reste dans l'esprit et est absolument spirituelle. Dans cette puissance, Dieu se trouve totalement, il y verdoie et fleurit dans toute la joie et toute la gloire qu'Il est en lui-même. Cette joie est tellement du cœur, elle est d'une grandeur si inconcevable, que nul ne saurait l'exprimer avec des mots. (...) 


Mais maintenant je vous dis : ce n'est ni ceci ni cela. Pourtant c'est un quelque chose, qui est plus élevé au dessus de ceci et de cela que ne l'est le ciel au dessus de la terre. C'est pourquoi je le nomme maintenant d'une manière plus noble que je l'ai jamais nommé. Pourtant il dépasse aussi bien la noblesse que la manière, et il est au-dessus de tout cela. Il est libre de tout nom et dénué de toute forme, absolument vide et libre, tout comme Dieu lui-même est vide et libre. Il est si totalement un et simple, tout comme Dieu est un et simple, que l'on n'y peut d'aucune façon rien regarder. (...)

Si élevé au-dessus de tout mode et de toutes puissances, est cet unique Un, que jamais puissance ni mode, ni Dieu lui-même ne peuvent y regarder. (...)

Il faut bien remarquer cela, car cet unique Un n'a ni mode ni propriété. C'est pourquoi, si Dieu veut jamais y jeter un regard, cela lui coûtera nécessairement tous ses noms divins et ses propriétés personnelles. Il lui faudra tout laisser à l'extérieur, s'Il veut jamais regarder à l'intérieur. Mais c'est en tant qu'Il est un Un simple, sans mode, ni propriété, là où Il n'est ni Père, ni Fils, ni Saint-Esprit, et cependant en tant qu'il est un quelque chose qui n'est ni ceci ni cela, (...)

Extrait de : Maître Eckhart, Sermon 2, trad. Alain de Libera (Ed. GF-Flammarion, pp.  233, 235, 236.)
Voir aussi les pages : Nativité (tag)
  

mardi 24 décembre 2013

Dieu m'engendre comme lui-même

Un texte de Maitre Eckhart pour vous souhaiter un Joyeux Nöel !


Sermon No 6
Dieu m'engendre comme lui-même et s'engendre comme moi-même

De toutes les choses, aucune ne nous est si chère que la vie. Il n'est vie si misérable et si pesante qu'un homme ne veuille cependant vivre. Il est écrit quelque part : "Plus une chose est proche de la mort, plus elle est pénible." Si misérable que soit la vie, elle veut néanmoins vivre. Pourquoi manges-tu ? Pourquoi dors-tu ? Pour vivre ! Pourquoi demandes-tu biens et honneurs ? Tu le sais fort bien. Mais pourquoi vis-tu ? Pour vivre, et cependant tu ne sais pas pourquoi tu vis. La vie est si désirable en elle-même qu'on la désire pour elle-même. (...)

Le Père engendre son Fils dans l'éternité, égal à lui-même. "Le Verbe était près de Dieu, et Dieu était le Verbe" (S. Jean I,1). Il était la même chose que Lui selon la nature. Mais je dis plus encore : Il l'a engendré dans mon âme. Non seulement elle est près de Lui et Il est près d'elle à égalité, mais Il est en elle, et le Père engendre son Fils dans l'âme de la manière même dont Il l'engendre dans l'éternité, et pas autrement. Il est obligé de le faire, qu'il en ait joie ou peine ! Sans cesse le Père engendre son Fils et je dis plus encore : il m'engendre en tant que son fils, le même fils. Et je dis plus encore : non seulement il m'engendre en tant que son fils, mais Il m'engendre en tant que Lui-même et Il s'engendre en tant que moi-même et moi en tant que son être et sa nature. Dans la source la plus intime je sourds en l'Esprit Saint, il y a une seule vie, un seul être, une seule opération ! Tout ce que Dieu opère est Un, c'est pourquoi il m'engendre comme son fils, sans aucune distinction. Mon père selon la chair n'est pas, à proprement parler, mon père, il ne l'est que par une petite parcelle de sa nature, et je suis séparé de lui, il peut être mort pendant que je vis.
Voilà pourquoi le Père céleste est vraiment mon Père, car je suis son fils et j'ai de lui tout ce que j'ai, et je suis le Fils lui-même, et non un autre. Et le Père n'opérant rien qu'une seule oeuvre, voilà pourquoi Il m'engendre en tant que son fils unique, sans aucune distinction.
Extrait de : Maitre Eckhart, Traité et Sermons, trad. de Alain de Libera, Ed. GF-Flammarion, 1993
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Voir aussi les pages : Sermon de Jean Tauler  / Villancicos / Agni Parthene

mardi 25 décembre 2012

Tous les jours et à toute heure


Crèche vivante, Libreville

MAJ de la page :
 Jean Tauler


SERMON 1

"Un enfant nous est né, un fils nous a été donné" (Isaïe 9, 5)
Dieu, tous les jours et à toute heure, naît en vérité spirituellement, par la grâce et l'amour, dans notre âme. Dans cette naissance, Dieu nous devient tellement nôtre, il se donne à nous en telle propriété, que personne n'a jamais rien eu en si intime possession. Il est nôtre, tout à fait nôtre, nôtre plus que tout autre bien.
Mais il faut de toute nécessité une rentrée en nous-mêmes pour que cette naissance s'accomplisse. Il faut nous recueillir fortement, ramener et rassembler intérieurement toutes nos facultés, les inférieurs aussi bien que les supérieurs, et les rappeler de toute dispersion à la concentration qui rend plus puissantes toutes les choses unifiées. Si un tireur veut atteindre surement son but, il ferme un oeil pour que l'autre vise plus juste. Celui qui veut comprendre une chose à fond y emploie tous ses sens et les ramène en ce centre de l'âme d'où ils sont sortis. De même que tous les rameaux viennent du tronc de l'arbre, ainsi toutes nos facultés, celles de la sensibilité, celles de désir aussi bien que celles de lutte, sont unies aux facultés supérieures dans le fond de l'âme.
Si nous voulons ensuite sortir de nous, nous élever en dehors et au-dessus de nous-mêmes, nous devons renoncer à tout vouloir, désir et agir propres. Il ne doit rester en nous qu'une simple et pure recherche de Dieu, avec la seule volonté d'être à lui, de lui faire place de la façon la plus intime pour qu'il puisse naître en nous sans que nous y mettions obstacle. En effet, pour que deux êtres puissent n'en faire qu'un, il faut que l'un se comporte comme patient et l'autre comme agent. Pour que l'oeil puisse percevoir les images qui sont sur ce mur, il doit n'avoir en lui aucune autre image. N'eut-il même qu'une image de couleur quelconque, jamais il ne pourrait en percevoir d'autre. De même l'oreille qui est pleine de bruit ne peut en percevoir un autre. Ainsi donc tout ce qui doit recevoir doit être pur, net et vide. C'est pourquoi tu dois te taire : alors le Verbe de cette naissance pourra être prononcé en toi et tu pourras l'entendre. Mais sois bien sûr que si tu veux parler, lui doit se taire.
Si tu sors complètement de toi-même, Dieu entrera tout entier. Autant tu sors, autant il entre, ni plus ni moins. (...)

Puisse chacun de nous donner place en lui à cette noble naissance. Que Dieu nous y aide.
Extrait de : Jean Tauler, "Aux Amis de Dieu", Sermons, Ed. du Cerf, 2001.
Commande sur Amazon : Aux amis de Dieu


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Joyeuses fêtes !

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dimanche 25 décembre 2011

Agni Parthene

Pour vous souhaiter de bonnes fêtes de la Nativité, et de fin d'année, quelques versions (grecques, slaves, arabe, anglaise et française) du fameux "Agni Parthene".
Ou si vous préférez (toujours en ligne) : le Villancicos de Tomasia La Macanita


Agni Parthene (grec moderne Αγνή Παρθένε, « O Vierge Pure ») est un hymne non liturgique composé en grec par saint Nectaire d'Egine au XIXe siècle pendant qu'il était directeur de l'École de Théologie Rizarios d'Athènes.
Saint Nectaire aimait composer des hymnes en l'honneur de la Théotokos. La tradition rapporte que cela se passait dans le monastère de saint Nectaire à Egine en Grèce : la Vierge Marie lui apparut et lui demanda de prendre note sur un papier d'une hymne particulière, que les anges pouvaient lui chanter : C'était "Agni Parthene". Le papier original peut encore être vu, sur une table dans la chambre de son monastère. La mélodie originale de cette hymne fut composée par un hymnographe athonite qui eut une vision de la Vierge lui demandant de composer cette œuvre. Un enregistrement des moines du Monastère de Simonopetra contribua à la popularité de l'œuvre. En raison de cette popularité, cette hymne fut traduite en différents langages et la mélodie adaptée, pour pouvoir être chantée dans les églises, une variation de ce chant traduit en russe existe dans le monastère russe de Valaam. Cette hymne fait partie du petit Theotokarion (Athènes, 1905), un livre d'hymnes destinées à la Mère de Dieu écrit par saint Nectaire. Elles sont chantées durant la communion, et parfois au début des Vêpres.
Source du texte : wikipedia


Vierge de Vladimir (1130)


Ô Vierge Pure, Souveraine, Immaculée et Mère de Dieu.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Ô Vierge Mère Reine, Toison couverte de rosée.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Plus élevée que les cieux, plus brillante que le soleil.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Ô joie des vierges surpassant les chœurs angéliques.

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Plus splendide que les cieux, plus pure que la lumière.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Plus sainte que les multitudes des armées célestes.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Marie toujours Vierge, la Souveraine de l'univers.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Épouse Vierge Immaculée, très sainte Reine toute pure.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Marie Épouse Souveraine, la Source de notre joie.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Ô jeune Vierge vénérable, très sainte Mère Impératrice.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Plus vénérable que les Chérubins et combien plus glorieuse
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Que les Séraphins incorporels.
Plus élevée que les Trônes.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Réjouis-Toi, chant des Chérubins. Réjouis-Toi, hymne des Anges.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Cantique des Séraphins. Réjouis-Toi, joie des Archanges.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Réjouis-Toi, Paix et Joie. Réjouis-Toi, Port du Salut.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Du Verbe sainte Chambre nuptiale, Fleur d'incorruptibilité.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Réjouis-Toi, Paradis de joie de l'éternelle vie.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Réjouis-Toi, Arbre de vie et source d'immortalité.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Je Te prie, ô Souveraine, je t'invoque maintenant.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Je Te prie, ô Reine du monde, j'implore Ta grâce.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Ô Vierge pure, vénérable, très sainte Souveraine.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Avec ferveur je Te supplie, ô Temple sanctifié.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Secours-moi, délivre-moi de celui qui me fait la guerre.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Et fais de moi un héritier de la vie éternelle.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.


Pour commencer quelques versions dans la langue d'origine, en grec :












Deux versions slaves :

 





Une version arabe :




Une anglaise :



Et une française :



Source (partielle) des vidéos : Chants orthodoxes
Autres chants sur le blog : Christos Agnesti
  







vendredi 23 décembre 2011

Nativité, textes et exégèse eckhartienne


Rublev, Nativité (début du 15e)

Pourquoi Dieu s'est-il fait homme ? Pour que Dieu naisse dans l'âme et que l'âme naisse en Dieu. C'est pour cela que toute l'Ecriture est écrite, c'est pour cela que Dieu a créé le monde et toute la nature angélique : afin que Dieu naisse dans l'âme et que l'âme naisse en Dieu.
Extrait de : Maitre Eckhart, Sermon 38.
Citation en exergue dans : La naissance de Dieu dans l'âme chez Eckhart et Nicolas de Cues, sous la direction de Marie-Anne Vannier, Ed. du Cerf, 2006.
Commande sur Amazon : La naissance de Dieu dans l'âme chez Eckhart et Nicolas de Cues

Voici que nous entrons dans le temps de la naissance éternelle, par laquelle Dieu le Père a engendré dans l'éternité et ne cesse d'engendrer afin que cette même naissance se produise aujourd'hui, dans le temps, dans la nature humaine.
"Que cette naissance se produise toujours, dit Saint Augustin, à quoi cela me sert-il si elle ne se produit pas en moi ?" Qu'elle se produise en moi, c'est cela qui importe.
Il convient que nous parlions maintenant de cette naissance : comment se produit-elle en nous et comment est-elle accomplie dans une âme bonne ?
Où, dans cette âme parfaite, Dieu le Père prononce-t-il sa Parole éternelle ?
Car ce que je dis ici, il faut l'entendre d'un homme parfait, qui "a marché sur les chemins de Dieu et continue d'y marcher", non pas d'un homme naturel et non exercé, qui est très éloigné et ignorant de cette naissance.

"Alors qu'un silence paisible, dit le Sage, enveloppait toute chose et que la nuit venait au milieu de sa course, du haut des cieux ta Parole toute-puissance s'est élancée du trône royal." C'est sur cette Parole que doit porter ce sermon.
Trois choses sont ici à considérer.
La première est celle-ci : où, dans l'âme, Dieu le Père prononce-t-il sa Parole ? Où cette naissance a-t-elle lieu ? Où l'âme est-elle réceptive à cette opération ?
Car il faut que ce soit dans la part la plus pure, la plus noble et la plus subtile de ce que l'âme peut offrir.
En vérité, si Dieu le Père, avec toute sa puissance, souhaitait donner à l'âme, dans sa nature, ce qu'il y a de plus noble, et si l'âme souhaitait recevoir de Lui ce qu'il y a de plus noble, c'est de cette naissance que Dieu le Père devrait attendre une telle noblesse.
L'âme dans laquelle doit se produire cette naissance doit donc se tenir toute pure et mener une vie très noble, tout une et intérieure. Elle ne doit pas s'évader par les cinq sens dans la multiplicité des créatures, mais être totalement intérieure et une. C'est dans le plus pur qu'est son lieu : elle se refuse à tout ce qui l'est moins.
La seconde partie de ce sermon est celle-ci : comment l'homme doit-il se comporter à l'égard de cette opération, cette parole intérieur ou cet engendrement ?
Vaut-il mieux pour lui qu'il coopère à cette naissance, afin de mériter et obtenir qu'elle se produise en lui et qu'il soit engendré ?
Se créer dans l'intellect et la mémoire une image et s'exercer sur elle en pensant . "Dieu est bon, sage, tout-puissant, éternel", et tout ce qu'on peut mener de Dieu, cela sert-il et facilite-t-il cet engendrement par le Père ?
Ou bien vaut-il mieux se retirer et se dépouiller de toute pensée, parole et action, de toute image et intelligence, demeurer tout entier dans une pure passivité devant Dieu, se tenir oisif et Le laisser agir ? Quel est pour cette naissance, ce qui est le plus utile à l'homme ?
Le troisième point concerne le profit qu'il y a à cette naissance : de quelle importance est-il ? (...)
Extrait de : Johannes Eckhart, Sur la naissance de Dieu dans l'âme, Sermon 101 à 104, trad. Gérard Pfister,  Ed. du Cerf, Arfuyen, 2004.
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La mystique eckhartienne, qui privilégie la considération de la naissance du Fils en nous, est une mystique de Noël.
Fernand Brunner, Maitre Eckhart, Ed. Ad Solem, 1999.
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Bibliographie :
- Sur la naissance de Dieu dans l'âme, Sermon 101 à 104, trad. Gérard Pfister,  Ed. Arfuyen, 2004.
- Etre Dieu en Dieu, Ed. Points Sagesse, 2008.
Etudes :
La naissance de Dieu dans l'âme chez Eckhart et Nicolas de Cues, sous la direction de Marie-Anne Vannier, Ed. du Cerf, 2006. 
Marie-Anne Vannier, Noël chez Eckhart et les mystiques rhénans, Arfuyen, 2005.
Fernand Brunner, Maitre Eckhart, Ed. Ad Solem, 1999.

Pour une bibliographie plus complète voir la page du blog : Maitre Eckhart


* * * 

Et voici les origines de Jésus Christ. Marie sa mère était fiancée à Joseph, avant qu'ils soient ensemble, elle se trouva enceinte par l'Esprit saint.
Joseph son époux, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, décida de la renvoyer en secret.
Comme il y pensait, voilà qu'un ange du Seigneur lui apparut en songe et dit : Joseph fils de David, ne crains pas de prendre Marie ta femme, car ce qu'elle a conçu est de l'Esprit saint.
Elle enfantera un fis et tu l'appelleras Jésus car il sauvera son peuple de leurs péchés.
Tout cela arriva pour remplir cette parole du Seigneur qui dit par le prophète :
Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et lui, on l'appellera Emmanuel, ce qui veut dire . Dieu avec nous.
Réveillé, Joseph fit comme l'ange du Seigneur lui avait prescrit, il prit sa femme
et il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle enfante un fils et il l'appela Jésus.
Evangile selon Matthieu, I, 18-25
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* * *
Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth,
à une vierge fiancée à un homme appelé Joseph, de la maison de David, et la vierge s'appelait Marie.
Il entra chez elle et dit : Réjouis-toi, gracieuse, le Seigneur est avec toi.
A cette parole elle se troubla, elle se demandait quelle était cette salutation.
L'ange lui dit : Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voilà que tu vas concevoir et enfanter un fils. Tu l’appelleras Jésus.
Il seras grand et on l'appellera fis du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.
Il régnera au long des âges sur la maison de Jacob et son règne n'aura pas de fin.
Marie dit à l'ange : Comment ce sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ?
L'ange répondit : L'Esprit saint surviendra sur toi, la puissance du Très-Haut te couvrira : c'est pourquoi l'enfant sera saint et on l'appellera fils de Dieu.
Et voilà qu’Élisabeth ta parente a aussi conçu un fils dans sa vieillesse, et ce mois est le sixième de celle qu'on appelait stérile,
car rien n'est impossible à Dieu.
Et Marie dit : Voici l'esclave du Seigneur. Qu'il en soit de moi comme tu dis. Et l'ange la quitta.

Ces jours-là, Marie se leva, se rendit à la montagne avec empressement, vers une ville de Juda,
et, entrée dans la maison de Zacharie, elle salua Elisabeth.
Quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressauta dans son ventre, et Elisabeth fut remplie de l'Esprit saint,
elle poussa un grand cri et dit : O bénie entre les femmes, et béni, le fruit de ton ventre !
D'ou me vient que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ?
Quand la voix de ta salutation m'est arrivée aux oreilles voilà que l'enfant dans mon ventre a sauté d'allégresse.
Magnifique celle qui a eu foi ! car ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira.
Et Marie dit : Mon âme célèbre le Seigneur
et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur
parce qu'il a regardé l'humilité de son esclave, car voilà que désormais les générations me diront magnifique. (...)


Fra Angelico, Annonciation (1425)

Il y eut ces jours-là un édit de César Auguste pour recenser le monde entier.
Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
Tout le monde allait se faire recenser, chacun dans sa ville.
Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, vers la Judée, vers une ville de David qui s'appelle Bethléem - car il était de la maison et de la lignée de David -
pour se faire recenser avec Marie sa fiancée, qui était enceinte.
C'est pendant qu'ils étaient là que vint pour elle le moment d'enfanter,
elle enfanta son fils premier-né, l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux à l'auberge.
Evangile selon Luc, II,
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* * *
Au commencement était le Verbe
   et le Verbe était vers Dieu
   et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement vers Dieu.
Tout fut par lui,
et sans lui rien ne fut
      de ce qui est advenu,
En lui était la vie,
   et la vie était la lumière des hommes.
Et la lumière dans les ténèbres brille,
   et les ténèbres ne l'ont pas saisie.
Fut un homme
   envoyé de Dieu.
Son nom : Jean.
Il vient pour un témoignage,
   pour témoigner de la lumière,
   pour que tous croient à travers lui.
Il n'était pas lui-même la lumière,
   mais... pour témoigner de la lumière.
Il était la lumière véritable
qui illumine tout homme,
  en venant dans le monde.
Dans le monde il était,
et le monde fut par lui,
   et le monde ne l'a pas connu.
Il est venu chez soi,
   et les siens ne l'ont pas accueilli.
Mais ceux qui l'ont reçu,
à tous il a donné pouvoir
   de devenir enfants de Dieu :
eux qui croient en son nom,
   qui, non du sang,
   ni d'une volonté de chair,
   ni d'une volonté d'homme,
mais de Dieu ont été engendrés.
Et le Verbe fut chair.
   Et il a planté sa tente parmi nous.
Nous avons contemplé sa gloire,
gloire qui lui vient du Père comme unique-engendré
   pleine de grâce et de vérité.
Evangile Jean I, 1-14, trad. Soeur Jeanne d'Arc, Ed. Les Belles Lettres, 1990.
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* * *
Et aussitôt la nuée se retira de la grotte et une grande lumière apparut à l'intérieur de la grotte, au point que les yeux ne pouvaient la supporter. Et peu à peu, cette lumière se retirait jusqu'à ce qu'apparût un nouveau-né, il vint prendre le sein de sa mère Marie.
Protévangile de Jacques, extraits dans : Madeleine Scopello, Les Evangiles apocryphes, Ed. Plon, 2007.
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* * *
Joseph fit arrêter la monture et invita Marie à descendre de la bête et à entrer dans une grotte où régnait une obscurité complète, car elle était totalement privée de la lumière du jour. Mais, à l'entrée de Marie, toute la grotte se mit à briller d'une grande clarté et comme si le soleil y eut été, ainsi elle commença totu entière à produire une lumière éclatante et, comme s'il eut été midi, ainsi une lumière divine éclairait cette grotte. Et cette lumière ne s'éteignit ni le jour ni la nuit, aussi longtemps que Marie y accoucha d'un fils que des anges entourèrent pendant sa naissance en disant : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".
Evangile du Pseudo Matthieu, extraits dans : Madeleine Scopello, Les Evangiles apocryphes, Ed. Plon, 2007.
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* * *
Voir aussi sur le blog : La Nativité selon le Coran

* * *
Et une petite sélection de "Ave Maria" :











La Nativité selon le Coran


Icone copte, VIIe, monastère S. Catherine du Sinai

Mentionne Marie, dans le Livre.
Elle quitta sa famille
et se retira en un lieu vers l'Orient.
Elle plaça un voile entre elle et les siens.

Nous lui avons envoyé notre Esprit :
il se présenta devant elle
sous la forme d'un homme parfait.

Elle dit :
"Je cherche une protection contre toi,
auprès du Miséricordieux,
si toutefois tu crains Dieu !"

Il dit :
"Je ne suis que l'envoyé de ton Seigneur
pour te donner un garçon pur".

Elle dit :
"Comment aurais-je un garçon ?
Aucun mortel ne m'a jamais touchée
et je ne suis pas une prostituée".

Il dit :
"C'est ainsi :
Ton Seigneur a dit :
"Cela m'est facile".

Nous ferons de lui
un Signe pour les hommes,
une miséricorde venue de nous.
Le décret est irrévocable. "

Elle devint enceinte de l'enfant
puis elle se retira avec lui dans un lieu éloigné.

Les douleurs la surprirent
auprès du tronc d'un palmier.

Elle dit :
"Malheur à moi !
Que ne suis-je déjà morte,
totalement oubliée !"

L'enfant qui se trouvait à ses pieds l'appela :
"Ne t'attriste pas !
Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds.

Secoue vers toi le tronc du palmier,
il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres.
Mange, bois et cesse de pleurer.

Lorsque tu verras quelque mortel,
dis :
"J'ai voué un jeûne au Miséricordieux,
je ne parlerai à personne aujourd'hui.

Elle se rendit auprès des siens,
en portant l'enfant.
Ils dirent .
"O Marie !
Tu as fait quelque chose de monstrueux !

O soeur d'Aron !
Ton père n'était pas un homme mauvais
et ta mère n'était pas une prostituée".

Elle fit signe au nouveau-né
et ils dirent alors :
"Comment parlerions-nous
à un petit enfant au berceau ?"

Celui-ci dit :
"Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu.
Il m'a donné le Livre,
il a fait de moi un Prophète,
il m'a béni, où que je sois.

Il m'a recommandé la prière et l'aumône
- tant que je vivrai -
et la bonté envers ma mère.
Il ne m'a fait ni violent, ni malheureux.

Que la Paix soit sur moi,
le jour où je naquis,
le jour où je mourrai,
le jour où je serai ressuscité".

Celui-ci est Jésus, fils de Marie.
Parole de Vérité dont ils doutent encore.

Il ne convient pas que Dieu se donne un fils,
mais Gloire à lui !...
Lorsqu'il a décrété une chose,
il lui dit : "Sois !"...
et elle est.

Dieu est en vérité, mon Seigneur et votre Seigneur.
Adorez-le !
Voilà la voie droite !
Extrait du Coran, Sourate XIX,  versets 16-36.

* * *

Et elle qui était restée vierge...
Nous lui avons insufflé de notre Esprit.
Nous avons fait d'elle et de son fils
un Signe pour les mondes.
Extrait du Coran, Sourate XXI, Les Prophètes, verset 90.

* * *

Les anges dirent :
"O Marie !
Dieu t'a choisie, en vérité,
il t'a purifiée,
il t'a choisie de préférence à toutes les femmes de l'univers.

O Marie !
Sois pieuse envers ton Seigneur,
prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s'inclinent".

Ceci fait partie des récits
concernant le mystère que nous te révélons.

Tu n'étais pas parmi eux
lorsqu'ils jetaient leurs roseaux
pour savoir qui d'entre eux se chargerait de Marie.

Tu n'étais pas non plus parmi eux
lorsqu'ils se disputaient.

Les anges dirent :
"O Marie !
Dieu t'annonce
la bonne nouvelle d'un Verbe émanant de lui :
Son nom est : le Messie, Jésus, fils de Marie,
illustre en ce monde et dans la vie future,
il est au nombre de ceux qui sont proche de Dieu.
Dès le berceau,
il parlera aux hommes comme un vieillard,
il sera au nombre des justes".

Elle dit :
"Mon Seigneur !
Comment aurais-je un fils ?
Nul homme ne m'a jamais touchée".

Il dit :
"Dieu créé ainsi ce qu'il veut :
lorsqu'il a décrété une chose,
il lui dit : Sois !"...
et elle est".
(...)
Extrait du Coran, Sourate III, La Famille de 'Imran, versets 42-47.

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Voir aussi sur le blog :
le Coran
  



vendredi 24 décembre 2010

Feliz Navidad

Un Villancico andalou avec Tomasa La Macanita pour vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année.



Extrait de l'excellent film de Carlos Saura, Flamenco (1995), que vous pouvez voir et entendre ci-dessous en intégralité.




























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