Denis Robert, En marche vers l'Etat policier (Le Média, 2 aout 2019)
Jamais la police n’a été autant protégée par le pouvoir politique et judiciaire. Jamais la justice et la Chancellerie n’ont été autant inféodées à l’Elysée. Jamais les médias n’ont été autant liés dans leur globalité à des puissances financières supportrice d’Emmanuel Macron. Nous ne sommes dupes de rien. Nous sommes moins cons, dociles et paisibles que nous en avons l’air.
Source : Le Média
Denis Robert, En marche vers la mort du journalisme (Le Média, 18 juillet 2019) "Ce refus de voir l’information, c’est la mort du journalisme. Et un petit peu de la démocratie. Je le dis sans aucun sanglot dans la voix. Je le dis en vous regardant en face : Le journalisme est vraiment mal barré en ce moment."
BFM TV, affaire Zineb Redouane, révélations de Médiapart sur De Rugy ou la propagande de la PQR, dans cet édito, Denis Robert dresse un portrait alarmant de l'état du journalisme en France.
Source : Le Média
Violences policières : les armes du déni
Par Ismaël Halissat, le 17 janvier 2019
Malgré l’ampleur historique des blessures infligées par des armes dites «intermédiaires» contre des gilets jaunes, le gouvernement persiste à nier l’évidence. Du côté des forces de l’ordre, la multiplication des dérives commence à inquiéter.
Un déni d’Etat. Depuis deux mois, il est difficile d’échapper aux images de blessures graves causées par les armes du maintien de l’ordre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Pourtant, aucune réaction politique de l’exécutif. Aucune remise en cause. Le volume des tirs d’armes dites «intermédiaires» ou «à létalité réduite» et ses conséquences ont atteint un niveau historique ces dernières semaines. Jamais dans l’histoire récente, l’utilisation de la force par la police dans le cadre d’une mobilisation sociale n’avait produit de tels effets. Le recensement effectué par Libération a permis d’identifier près d’une centaine de blessures graves, pour nombre d’entre elles irréversibles. Difficile pour l’Intérieur de faire abstraction de ces chairs lacérées, d’ignorer les gueules cassées et les yeux crevés par les tirs de balles en caoutchouc semi-rigide et d’occulter les membres criblés et arrachés par le souffle des grenades explosives composées de TNT. C’est pourtant le cas.
Source (et suite) du texte : Libération
Alexandre Langlois, secrétaire générale du syndicat de police VGI : Violences policières et Gilets jaunes (Thinkerviews, 22 janv. 2019)
Gilets jaunes : un ex de la DGSE dénonce la répression, Gilles Sacaze (Le Média, 24 janv. 2019)
Mettre fin à l’anonymat sur internet, c’est attaquer la liberté d’expression
Par Yannick Chatelain, le 18 janv. 2019 - Contrepoints
La fin de l’anonymat ne servirait nullement la démocratie, elle se mettrait au mieux au service d’une autocensure infligée.
Vendredi 18 janvier 2018, à Souillac, dans le cadre du grand débat national, le Président de la République française Emmanuel Macron s’est à nouveau attaqué aux fake news. À cela rien de nouveau, au regard de la loi n° 2018-1202 et de la loi organique n° 2018-1201 relatives à la lutte contre la manipulation de l’information promulguée le samedi 22 décembre 2018, et de la loi qui se profile au niveau européen. Pour autant, les propos et les mots utilisés lors de son allocution sont pour le moins inquiétants.
Selon le président il faut « aller vers une levée progressive de toute forme d’anonymat » en particulier sur les réseaux sociaux, pour lutter contre ce phénomène. Pour ce faire, il s’agirait donc selon lui que l’État mette en place « une forme d’hygiène démocratique du statut de l’information ». Le mot est assez glaçant : « Une hygiène démocratique du statut de l’information », et la suite ? Serait-ce une « hygiène de la pensée ? » Notons que la fin de l’anonymat en particulier sur les réseaux sociaux reviendrait ni plus ni moins à placer la liberté de s’exprimer sous conditions.
Le Président français va-t-il ensuite proposer à l’ONU de réviser l’Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ? « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » à condition ne pas le faire sous couvert d’anonymat !
LE LIEN SIMPLISTE ENTRE ANONYMAT ET FAKE NEWS ? DES MOTS INQUIÉTANTS
Monsieur Macron fait un lien direct entre anonymat et fake news. N’est-ce pas là un raccourci simpliste ? Un problème, les infox. Une solution, supprimer l’anonymat. Et tout serait alors pour le mieux dans la meilleure des démocraties ? Voilà qui est bien simple pour prétendre résoudre un problème complexe et vieux comme le monde.
Pourquoi n’y a-t-on pas songé avant ? Plus avant, les journalistes disposant de sources anonymes qui leur permettent de faire émerger des affaires qui sont — n’en déplaise — loin d’être des fake news doivent-ils s’attendre au pire ? Faut-il donc faire disparaître, dans la même dynamique « hygiénique » la possibilité d’anonymat des sources journalistiques pour booster encore un peu plus la démocratie, la liberté d’expression et d’information ?
UNE POSITION À L’EXACT OPPOSÉ DE LA POSITION DES NATIONS UNIES
Rappelons à toutes fins utiles que l’anonymat ne signifie pas pour autant impunité ! La liberté d’expression est encadrée par la loi, nul ne peut dire tout et n’importe quoi, « anonyme » ou pas, la plupart du temps s’il y a constat d’un délit, dans le cadre d’investigations menées, suite à un dépôt de plainte1.
Nous noterons de plus que cette assertion va totalement à l’encontre de la position des Nations Unies en 2015. « Le nouveau Rapporteur spécial sur la liberté d’opinion et d’expression, M. David Kaye, a indiqué que son premier rapport portait sur l’utilisation du chiffrement et de l’anonymat dans les communications numériques. Il arrive à la conclusion que le cryptage et l’anonymat permettent aux individus d’exercer leurs droits à la liberté d’opinion et d’expression à l’ère numérique et méritent de ce fait d’être fortement protégés. »
Enfin comment voir dans cette volonté une quelconque avancée pour la démocratie ? Sauf à considérer que se mettre au diapason de gouvernements bannissant l’anonymat : comme la Russie, la Chine… – des pays qui, et c’est un euphémisme, n’encouragent pas du tout la liberté d’expression – est constitutif d’ une avancée démocratique majeure.
L’ANONYMAT UNE PROTECTION INDISPENSABLE CONTRE LE DOXXING !
Enfin et pour conclure, Monsieur Emmanuel Macron devrait intégrer dans sa réflexion le phénomène du Doxxing pour mesurer la dangerosité de ce qui n’est à ce stade qu’une fausse bonne idée qu’il pourra alors revisiter. « Le doxxing, ou doxing est une pratique consistant à rechercher et à révéler sur l’Internet des informations sur l’identité et la vie privée d’un individu dans le dessein de lui nuire. »
Ainsi si un tel drame, la suppression de l’anonymat, devait se produire en France, comme dans d’autres pays qui se prétendent démocratiques, il pourrait apparaître difficile d’exprimer une opinion contraire à la pensée dominante du moment sans s’exposer à un lynchage virtuel et/ou réel.
La fin de l’anonymat ne servirait nullement la démocratie, elle se mettrait au mieux au service d’une autocensure infligée. Pour conclure, de la fake news (infox) déjà bien mal définie, au délit d’opinion il n’y a qu’un pas qu’il ne s’agirait pas de franchir. Si l’enfer pour nos démocraties et les usages d’Internet sont pavés de « bonnes intentions » de nos politiques, il n’en demeure pas moins que le droit à l’opacité d’un citoyen et la transparence des pouvoirs publics définit une démocratie, l’inverse est un chemin annonciateur de toutes les dérives, allant de l’autoritarisme, au totalitarisme, jusqu’à la dictature.
Il est utile de rappeler que sans une maîtrise poussée de l’anonymisation qui est vitale aux opposants sous certains régimes, leur vie est en jeu. Le contrevenant « usuel » sans ce savoir, finira majoritairement par être tracé et identifié par des services comme le C3N entre autres.
MAJ de la page : Luxleaks Denis Robert : « On nous prend vraiment pour des cons »
Entretien avec Denis Robert, le 4 mai 2016 - Reporterre
Alors que le procès d’Antoine Deltour, qui a révélé l’évasion fiscale au Luxembourg, se poursuit, et que la directive sur le secret des affaires est en voie d’être adoptée, Denis Robert juge que les banques continuent à avoir la main sur tout, et que les politiques sont complices. Observateur de Nuit debout, il espère un renouveau politique.
Journaliste et écrivain, Denis Robert a révélé avec l’affaire Clearstream, des mécanismes cruciaux d’évasion fiscale. Il a remporté en 2011 une longue bataille judiciaire contre les banques qui le poursuivaient. Reporterre - Qu’est-ce qu’implique la directive sur le secret des affaires pour les citoyens et les journalistes ? »
Denis Robert - Elle oblige le journaliste et surtout le lanceur d’alerte à faire la preuve qu’il n’espionne pas pour le compte d’autres entreprises, ou à des fins commerciales. C’est ce point qui pose réellement problème. Il est invraisemblable que cette directive, qui est un désir des multinationales et des lobbies bancaires, tombe au moment de la révélation des Panama Papers [évasion fiscale massive au Panama], et au moment du procès du lanceur d’alerte Antoine Deltour [qui a révélé les mécanismes d’évasion fiscale au Luxembourg]. Le gouvernement et les socialistes français sont dans une bipolarité éloquente : d’un côté, des beaux discours sur « Il faut protéger les lanceurs d’alertes », Et de l’autre, les députés socialistes européens qui votent dans leur majorité pour le secret des affaires. On nous prend vraiment pour des cons. En quoi cette directive va-t-elle aider à lutter contre la pauvreté, à rendre l’Europe plus démocratique ? En rien ! C’est encore une fois une loi qui sert les intérêts des puissants. C’est pour ça qu’il y a une grande fatigue qui s’empare de moi, et de tout le monde. Quand tu vois ce que l’on subit comme mensonges médiatiques et politiques quand tu es démocrate comme moi. - j’ai voté Hollande au second tour -, et quand tu vois toutes les couleuvres qu’on nous fait avaler... Cela rend la situation quasi pré-insurrectionnelle. En tout cas, il y a un climat où il ne fait pas bon vivre en France.
Cher eurodéputé : ton vote pour le "Secret d'Affaires"? (Nicole Ferroni, 14 avril 2016)
Secrets d'Affaires - Les intérêts privés prévalent sur le droit à l'information
14 avr 2016 - Michelle Rivasi
Le Parlement européen a adopté ce jeudi une nouvelle législation protégeant les secrets d’affaires (1). Le groupe Verts-ALE s’est opposé à cette législation qui renforce les droits déjà existants protégeant les secrets d’affaires au détriment du droit à l’information.
Réaction de Pascal DURAND, membre de la Commission des affaires juridiques et Porte-Parole sur les questions de transparence et de démocratie
Denis Robert sur les Panama Papers et Nuit debout (France 2, Ce soir ou jamais, 8 avril 2016)
Auteur de :
Révélations, Ed. Arènes, 2001
Commande sur Amazon : Révélations
Jean-Luc Mélenchon dénonce l'évasion fiscale au Parlement européen (12 avril 2016)
Antoine Deltour est le principal lanceur d'alerte des « Luxleaks », qui ont révélé en novembre 2014 un vaste système d’optimisation fiscale des grandes multinationales. Il est actuellement poursuivi par la justice luxembourgeoise.
Source (et suite) du texte : Soutenons Antoine Deltour (Pétition)
Nuits Debout
Par Jacques Sapir, le 12 avril 2016 - RussEurope
Le mouvement « Nuit Debout » a pris une ampleur surprenante en France, et ce en dépit des pressions policières constantes et multiformes dont il fait l’objet. A partir de Paris, où il fut lancé, il s’est étendu à près de 50 villes dans le pays. Issu du mouvement de protestation contre la « loi El Khomri », il assure une forme de pérennisation de la mobilisation. Mais, il dépasse cette dernière. On voit bien que dans ce mouvement s’exprime une immense frustration politique, qui est à la hauteur des trahisons du P « S » (pardon du DPMP ou Deuxième Parti Du Patronat) mais aussi un immense espoir. Au-delà du nombre de personnes concernées, c’est bien le signe que quelque chose est en train de se produire. Ce mouvement qui est dit « inorganisé », et qui est clairement « a-partisans » mais pas apolitique, et au sein duquel circulent des militants bien identifiables, constitue un phénomène politique qui pourrait être majeur dans les mois à venir. Ceci impose de poser un certain nombre de questions.
Charlie Hebdo sans filtre par Denis Robert (Thinkerview, janvier 2016)
Denis Robert, né le 9 mai 1958 à Moyeuvre-Grande, est un journaliste et écrivain français. Son œuvre se compose de romans, de films documentaires, et d'essais (souvent qualifiés de journalisme d'investigation). Il est également plasticien et expose dans différentes galeries parisiennes (La Bank, W).
Ses livres, films et interviews à la presse, dénonçant le fonctionnement opaque de la chambre de compensation financière Clearstream, lui ont valu de nombreuses procédures judiciaires (une soixantaine) intentées contre lui en France, en Belgique et au Luxembourg, par des banques comme Menatep (une banque russe), la Banque Générale de Luxembourg (filiale de Fortis) et bien sûr la société Clearstream.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Interview de Denis Robert (Thinkerview, septembre 2013)