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mardi 4 février 2014

Eleanor Longden : Les voix dans ma tête



À tout point de vue, Eleanor Longden était comme les autres étudiant, se dirigeant vers l'université d'un pas alerte et sans le moindre souci. C'était avant que les voix dans sa tête ne commencent à parler. D'abord inoffensifs, ces narrateurs internes sont devenus de plus en plus hostiles et dictatoriaux, transformant sa vie en un cauchemar éveillé. Diagnostiquée schizophrène, droguée et finalement abandonnée par un système qui ne savait pas l'aider, Longden raconte l'histoire émouvante de son long retour à la santé mentale, et démontre que c'est en apprenant à écouter ses voix qu'elle a réussi à survivre.
Source : TED (08.08.2013) / 2 / Intervoiceonline

vendredi 11 octobre 2013

Boris Cyrulnik

Boris Cyrulnik, né le 26 juillet 1937 à Bordeaux, est un psychiatre et psychanalyste français.
Ancien animateur d'un groupe de recherche en éthologie clinique au Centre Hospitalier Intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer et directeur d'enseignement du diplôme universitaire (DU) "Clinique de l'attachement et des systèmes familiaux" à l'université du Sud-Toulon-Var, Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir vulgarisé le concept de « résilience » (renaître de sa souffrance) qu'il a tiré des écrits de John Bowlb. A la suite de ce dernier, Boris Cyrulnik voit d'abord l'éthologie comme « un carrefour de disciplines ».
Il est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie :
- Mémoire de singe et paroles d'homme, éd. Hachette, 1983.
- Sous le signe du lien, éd. Hachette, 1989.
- La Naissance du sens, éd. Hachette, 1991.
- Les Nourritures affectives, éd. Odile Jacob, 1993.
- De la parole comme d'une molécule, avec Émile Noël, éd. Seuil, 1995.
- L'Ensorcellement du monde, éd. Odile Jacob, 1997.
- La Naissance du sens Hachette Littérature, 1998
- Un merveilleux malheur, éd. Odile Jacob, 1999, 2002
- Dialogue sur la nature humaine, avec Edgar Morin, Éditions de l'Aube, 2000.
- Les Vilains Petits Canards, éd. Odile Jacob, 2001
- L'Homme, la Science et la Société, Éditions de l'Aube, 2003.
- Le Murmure des fantômes, éd. Odile Jacob, 2003, 2005
- Parler d'amour au bord du gouffre, éd. Odile Jacob, 2004.
- La Petite Sirène de Copenhague, Éditions de l'Aube, 2005
- De chair et d'âme, éd. Odile Jacob, 2006.
- Autobiographie d'un épouvantail, éd. Odile Jacob, 2008
- Je me souviens…, éd. L'Esprit du temps, 2009, 2010
- Mourir de dire : La honte, éd. Odile Jacob, 2010
- Quand un enfant se donne « la mort », éd. Odile Jacob, 2011
- Sauve-toi, la vie t'appelle, éd. Odile Jacob, 2012
En ligne (Interviews) :
Éloge de la peur : Clés
Sans les animaux le monde ne serait pas humain : Clés
Pour être heureux il faut avoir souffert : Clés
Le cerveau et les neurones miroirs : Clés
Présentation du livre "Quand un enfant se donne la mort" : C à dire




Hors-Champs par Laure Adler (2012)



La tête au carré par Mathieu Vidard, La Résilience (2012)



Conférence La mémoire traumatique (Université de Nantes, 2013)



Présentation du livre "Sauve-toi, la vie t'appelle" (2013)

samedi 1 juin 2013

La thérapie qui chasse les démons



EMDR, la thérapie qui chasse les démons (2012)
L'EMDR est en train de révolutionner la psychothérapie. Cette thérapie de désensibilisation et de retraitement par le mouvement rapide des yeux permet de traiter de très nombreux traumatismes psychiques.
EMDR est l’acronyme de "Eye Movement desensitization and reprocessing". En français : désensibilisation et retraitement par le mouvement des yeux. Cette méthode thérapeutique a depuis quelques années révolutionné la conception et la pratique de la psychothérapie grâce à sa  rapidité et son efficacité. L’EMDR a tout d’abord été utilisée pour effacer des chocs post traumatiques.
Mais aujourd’hui, on l’utilise pour traiter toutes sortes de traumatismes psychiques, comme les abus sexuels, les phobies, les dépressions. Si la technique a été découverte fortuitement aux Etats-Unis (en 1987), elle a dans un premier temps généré méfiance et scepticisme, certains pensant qu’il s’agissait d’un effet placebo.
Des études scientifiques ont mis en évidence les effets de l’EMDR sur le cerveau. Le neurophyiologiste Marco Pagani a conduit une étude sur 47 conducteurs de métro victimes d’un choc post traumatique après avoir vu des gens se jeter sous leur rame. Avant la thérapie, il a observé que leur cerveau semblait incapable de gérer les émotions provoquées par le souvenir traumatisant. Après l’EMDR, il a constaté que la zone cognitive du cerveau avait pris le contrôle sur la zone émotionnelle.
Source : RTS (36.9) / Autres liens : santé romande / emdr suisse
Congrès annuel à l'ONU, Genève, le 6 juin 2013 : emdr2013

Bibliographie de Francine Chapiro (la découvreuse de l'EMDR) :
- EMDR, Une révolution thérapeutique, Ed. Desclée Debrouwer, 2004- Des Yeux Pour Guérir, Ed. Le Seuil 2005
- Manuel d'EMDR avec Jacques Roques, Ed. InterEditions, 2006
- Guérir avec l'EMDR, Traitements, Théorie, Témoignages, Ed. Le Seuil, janvier 2007
- Découvrir l'EMDR, InterEditions, 2008.
- EMDR et thérapie familiale, InterEditions, 2013
David Servan-Schreiber, Guérir le stress, l'anxiété et la dépression : Sans médicaments ni psychanalyse, Ed. Pocket, 2011

Pour ceux qui n'ont pas accès à la vidéo elle est aussi sur : nemesisTV
 

dimanche 14 avril 2013

Comment l’analogie structure-t-elle notre pensée ?



Science publique : L'analogie (5 avril 2013)
avec Emmanuel Sanders, professeur de psychologie, et Douglas Hofstadter, professeur de science cognitive
Source : FC

L'analogie est le mécanisme qui, sans que nous en ayons conscience, dicte le choix de nos mots et notre compréhension des situations les plus quotidiennes. Elle nous guide face à des circonstances inattendues, inspire notre imagination et est même à la source des découvertes d Einstein.
La logique est-elle le fondement de notre pensée ?
Réhabilitant les pouvoirs et la richesse créatrice de l analogie, cet ouvrage montre qu il n en est peut-être rien.
Trente ans après Gödel, Escher, Bach (prix Pulitzer 1980), dont l influence et le succès ont été considérables, ce nouveau livre, totalement révolutionnaire, écrit à quatre mains dans un langage non technique et illustré d une foule d exemples empruntés à tous les champs de la vie, propose une nouvelle théorie de la pensée.
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samedi 19 janvier 2013

Michael Brown




Né en Afrique du Sud, Michael Brown vivait dans une inconscience parfaite jusqu'au moment où une maladie neurologique grave changea le cours de sa vie. Il n'avait qu'un seul choix : modifier la qualité de son expérience ou vivre dans une souffrance continuelle. Après plus de neuf ans d'expériences diverses, de rencontres et d'aventures, Michael a finalement découvert la voie pour devenir responsable de sa propre expérience. Ce parcours a donné naissance au Processus de la Présence : un voyage dans la conscience du moment présent.
Source du texte : Ed. Ariane


Bibliographie (en français) :
- Le Processus de la Présence, Un voyage dans la conscience du moment présent, Ed. Ariane, 2012.
Site officiel : the presence portal
Page en fr (sur le site de la traductrice) : passage et émergence
Premières pages du livre : Ed. Ariane (PDF)


Comme c'est souvent le cas lors de découvertes humaines, Le Processus de la Présence est né d'un profond inconfort. Après avoir souffert durant de nombreuses années d'une douloureuse maladie neurologique aiguë et ne trouvant aucun soulagement par l'allopathie ou auprès des communautés de guérison alternative, je me suis fait la promesse de me guérir moi-même. Ce chemin d'auto-guérison m'a conduit dans le monde des cérémonies et des rituels autochtones et au Chamanisme, où j'ai expérimenté la "respiration" et les "plantes médicinales" comme moyens d'accéder à des états modifiés de conscience.

Au cours de ces explorations et de ces expériences, j'ai découvert que j'accédai régulièrement au même état d'éveil identifiable auquel je me réfère comme "la conscience du moment présent". Cet état d'éveil se déroulait comme une réalité parallèle qui nous est apparemment inaccessible lorsque notre attention est uniquement focalisée sur les aspects terre-à-terre considérés comme essentiels au regard de notre monde. Dans cet état d'éveil je n'ai éprouvé ni douleur, ni distraction physique, ni confusion mentale, ni déséquilibre émotionnel  (...)

Dans cette prise de conscience personnelle, il m'est également apparu de façon évidente que l'humanité tout entière vit dans un état quasi-hypnotique où une grande partie de notre attention est mentalement dépendante et erre dans des couloirs illusoires de nos projections de ce que nous pensons être arrivé hier et de ce que nous supposons va se produire demain . C'est dans cet état de distraction que nous accomplissons tous nos choix, non pas en les basant sur ce qui se déroule dans le moment présent mais conduits inconsciemment par nos "besoins et désirs", ceux-ci trouvant leur source dans nos expériences passées non intégrées. (...)

"Il ne s'agit pas de se sentir mieux - il s'agit de mieux savoir sentir." (Le Processus de la Présence)
Extrait de l'article : Le Processus de la Présence
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Autres vidéos : passage et émergence







vendredi 7 décembre 2012

Hypnose ordinaire

MAJ de la page : François Roustang



L'hypnose ramène la conscience à ses bords les moins personnels et son fond le plus incontrôlable. Elle passe pour une pratique obscure, peut-être surnaturelle, parfois pour de l'esbroufe. Dans tous les cas, elle fait peur. Mais si l'hypnose était plus fréquente qu'on ne le pense ? Si elle n'était que la métaphore des procédures d'asservissement qui visent à produire les comportements homogènes dont les sociétés ont besoin pour demeurer stables ? Peut-on parler d'hypnose volontaire ? Peut-on s'en libérer autrement qu'en fermant les yeux ?
(France, 2012, 26mn)
Source : Arte
 

vendredi 23 novembre 2012

Karl Graf Dürckheim


Karl Friedrich Alfred Heinrich Ferdinand Maria Graf Eckbrecht von Dürckheim-Montmartin (24 octobre 1896 à Munich - 28 décembre 1988 à Todtmoos en Forêt-Noire) est un diplomate, un psychothérapeute et un philosophe allemand initié à l'école du Zen Rinzai où il pratiqua notamment le Kyūdō avec le maître Kenran Umeji.

Après avoir fréquenté le Realgymnasium (lycée moderne) à Coblence et Weimar, Graf Dürckheim participe à la Première Guerre mondiale en tant qu’officier du régiment royal d’infanterie de Bavière. En 1919, il commence par étudier l’économie politique allemande, puis se réoriente en philosophie et psychologie. En 1923, il prépare une thèse de doctorat sur la transformation de l’Être (les formes de l'expérience vécue) et la psychologie analytique de situation. En 1927, il devient assistant à l’université de Leipzig, où il termine en 1930 son doctorat. À partir de 1931, Dürckheim est professeur de psychologie, à Breslau puis à Kiel. Il doit quitter l'enseignement quand il est découvert que sa grand-mère était juive.

En 1935, il travaille pour le Ministère des affaires étrangères. Il effectue des recherches sur les fondements de l’éducation japonaise et le bouddhisme zen.
En 1937, il est chargé de mission culturelle au Japon pour étudier les bases spirituelles de l'éducation japonaise. En octobre 1945, il y est arrêté par les Américains. Pendant son emprisonnement, il pratique le zazen. Dürckheim revient en Allemagne seulement en 1947. Il met au point les bases spirituelles de sa « thérapie initiatique ». Avec Marie Hippius, il conçoit, construit et aménage, à Rütte, près de Todtmoos, en Forêt-Noire, un «Centre de formation et de rencontres de psychologie existentielle», qui est également une école de thérapie initiatique. Tout comme Hugo Enomiya-Lassalle, Dürckheim contribue à répandre le mouvement Zen en Allemagne.
Source du texte : wikipedia


Bibliographie :
- Le Japon et la culture du silence, Ed. Le Courrier du Livre, 1949
- Sous le signe de la grande expérience, Ed. du Rocher, 1951, 1995.
- Hara, centre vital de l’homme, Ed. Le Courrier du Livre, 1954
- Le zen et nous, Ed. Le Courrier du Livre, 1961
- Pratique de la voie intérieur, Le quotidien comme exercice, Ed. Le courrier du livre, 1961, 1994.
- Don et grâce, conférences de Francfort (1967-1970), Ed. du Rocher, 1992

- Méditer, pourquoi et comment? Vers la vie initiatique, Ed. Le Courrier du Livre, 1976.
- L'homme et sa double origine, Ed. du Cerf, 1977
- L'esprit guide, entretiens avec Franz Woerly, Ed. Albin Michel, Paris, 1984- Pratique de l'expérience spirituelle, Ed. du Rocher, 1985.
- La percée de l’Etre ou les étapes de la maturité, Ed. Le Courrier du livre, 1986
- Exercices initiatiques dans la psychothérapie, Ed. Le Courrier du livre, 1987
- Le don de la grâce, Ed. du Rocher, 1988
- La voie de la transcendance, Ed. du Rocher, 1991.
- Le centre de l'être, propos recueillis par J. Castermane, Ed. Albin Michel, Paris, 1993
- Dialogue sur le chemin initiatique, entretiens avec A. Goettmann, Ed. Albin Michel, Paris, 1993
- Le son du silence, Ed. du Cerf, 1993.
- Pratique de la voie intérieur, Ed. Le Courrier du Livre, 1994.
- L'expérience de la transcendance, Ed. Albin Michel, 1994
- L'homme et sa double origine, Ed. Albin Michel, 1996
- Sagesse et amour, Ed. du Rocher, 2003, Ed. Alphée Monaco, 2005.
- Merveilleux chat et autres récits zen, Ed. Le courrier du livre, 2004.
En Ligne :
Site dédié : Centre Durkheim


LE SOUFFLE LÉGER
Dans l'exercice, nous cherchons à devenir perméables à notre essence. Cet exercice comporte deux phases : celle du relâchement, du lâcher-prise, du renoncement à tout ce qui entrave cette perméabilité, et celle de l'accès à une attitude de disponibilité, grâce à laquelle notre essence peut pénétrer notre être intérieur.
Dans la respiration, cela signifie tout d'abord la réalisation de l'expiration selon les trois phases du relâchement, du laisser-aller vers le bas, du devenir un, puis laisser advenir l'inspiration, qui est un don de l'expiration juste - de l'ouverture tout simplement.
Le fait de s'ouvrir désigne l'attitude de disponibilité dans laquelle l'essence peut venir à nous.
C'est là une attitude particulière, une disponibilité particulière à recevoir. C'est comme si l'on attendait un bon ami qui pourrait arriver d'un instant à l'autre et que l'on accueillerait, et c'est vers l'intérieur que s'ouvre la porte.
Nous devons toujours partir de l'idée que l'essence nous cherche, et que nous commençons par nous fermer à elle. Il y va d'une ouverture pleine d'amour. Alors, il peut arriver - celui qui sait être là dans la bonne attitude en fait constamment l'expérience - que, comme un souffle, quelque chose de très léger, mais de très particulier, ait lieu et doive être ressenti. Ce n'est tout d'abord guère plus que le parfum d'une fleur qui vous parvient, ou le pressentiment de la terre proche chez celui qui s'en approche en bateau.
Ce souffle du tout-autre, lorsqu'il vous effleure et qu'on le sent, apporte déjà un bonheur indescriptible et émouvant : c'est cela - un instant.
Maître Eckhart ne cesse d'ailleurs de rappeler que, durant cette phase de l'exercice, il est question de quelque chose de très doux qui donne lieu au premier contact avec l'autre dimension, dans une attitude dans laquelle on est - dans l'attente serait déjà presque trop dire - prêt à être effleuré, touché par ce parfum, par ce quelque chose qui vient du tout-autre.
A travers chaque expiration, nous pouvons encore davantage nous prêter à cela. Nous pouvons lâcher prise toujours plus encore et nous ouvrir : je l'ai ressenti, léger comme un souffle.


LA PRATIQUE DU VIDE
Il existe un vide néfaste, par exemple dans l'ennui. Mais il n'y a pas que l'ennui, il y a aussi des états dans lesquels l'homme contemple un néant béant. C'est là, l'horror vacui - la peur du vide. C'est une transcendance négative qui s'ouvre là.
Cet état est négatif parce qu'il n'est pas productif. Il provoque le vide d'un écoulement, sans créer les conditions nécessaires à un nouveau remplissage.
Mais il existe aussi une benedictio vacui - la bénédiction du vide. La multiplicité des pensées, images, sentiments, la multiplicité de ce qui, du quotidien, nous colle encore à la peau - tout cela doit disparaître  C'est en direction du vide qu'il faut prêter l'oreille et, dès lors, ce n'est pas rien qu'il y a là, mais tout. De ce rien peut s'élever quelque chose qui est au-delà de toute multiplicité : la plénitude. En ce sens, il existe une plénitude du rien.
La méditation du rien est une des formes du zazen. Le son de l’Être résonne sans interruption. La question est de savoir si en tant qu'instrument nous sommes accordés de manière à l'entendre : le son du silence dans la plénitude du rien.


LUMIERE ET OBSCURITE
Dans la pratique du za-zen, nous recherchons également l'expérience intérieur de la lumière. Le but de tout travail initiatique est la voie vers l'illumination, et celle-ci, parcourue jusqu’à la transcendance, apparaît comme la voie illuminée.
Le point décisif dans le travail sur cette voie est que l'expérience de la lumière est liée à l'expérimentation antérieur de l'obscurité. La vraie lumière luit dans les ténèbres.
Voici ce que cela implique pour l'exercice : c'est une impasse que de tenter de se transporter, en quelque sorte par un bond, dans un monde de lumière, de s'imaginer un état lumineux et de vouloir déjouer à partir de là l'obscurité. Les choses ne se passent pas ainsi.
Sur cette voie, le blanc additionné au blanc donne du noir. Seul le blanc qui a intégré le noir reste du blanc. L'obscur doit tout d'abord être admis, regardé et supporté. Ce n'est qu'en supportant, en acceptant l'obscur que l'homme peut trouver la lumière, celle qui est à même d'intégrer l'obscur.
Ne nous détournons donc pas lorsque, dans l'exercice, l'obscur se manifeste en nous, mais tournons-nous vers lui avec amour : il est une part de la lumière, qui est par-delà la lumière et l'obscurité.
Extraits de Sagesse et Amour.
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vendredi 6 juillet 2012

Carl-Gustave Jung


Carl Gustav Jung est un médecin, psychiatre, psychologue et essayiste suisse né le 26 juillet 1875 à Kesswil, canton de Thurgovie, mort le 6 juin 1961 à Küsnacht, canton de Zurich, en Suisse alémanique.
Penseur influent, il est l'auteur de nombreux ouvrages de psychologie et de psychosociologie en langue allemande traduits en de nombreuses autres langues. Il est le fondateur du courant de la psychologie analytique. Son œuvre a été d'abord liée à la psychanalyse, de Sigmund Freud, dont il fut l’un des premiers collaborateurs, et dont il se sépara par la suite pour des motifs personnels, et en raison de divergences théoriques.
Carl Gustav Jung a été un pionnier de la psychologie des profondeurs en soulignant le lien existant entre la structure de la psyché (c'est-à-dire l'« âme », dans le vocabulaire jungien) et ses productions et manifestations culturelles. Il a introduit dans sa méthode des notions de sciences humaines puisées dans des champs de connaissance aussi divers que l'anthropologie, l'alchimie, l'étude des rêves, la mythologie et la religion, ce qui lui a permis d'appréhender la « réalité de l'âme ». Si Jung n'a pas été le premier à étudier les rêves, ses contributions dans ce domaine ont été déterminantes.
Auteur prolifique, il mêle réflexions métapsychologiques et pratiques à propos de la cure analytique. Jung a consacré sa vie à la pratique clinique ainsi qu'à l'élaboration des théories psychologiques, mais a aussi exploré d'autres domaines des humanités : depuis l'étude comparative des religions, la philosophie et la sociologie jusqu'à la critique de l'art et de la littérature. On lui doit les concepts d'« archétype », d'« inconscient collectif » et de « synchronicité ».
Source (et suite) du texte : wikipedia
Voir aussi : Soi / Individuation


Bibliographie (citations) :
- Psychologie et Alchimie, Ed. Buchet Chastel, 1970, 2004.
voir sous : bibliographie de psychologie analytique 


Ce temps meilleur était celui ou l'esprit de l'alchimiste aux prises avec le problème de la matière, lorsque la conscience, dans son exploration, se heurtait au monde obscur de l'inconnu dans lequel elle croyait percevoir des formes et des lois, qui, en fait, n'appartenaient pas à la matière mais à la psyché. Tout ce qui est inconnu ou vide est automatiquement rempli par une projection psychologique, tout se passe comme si les propres arrières-plans psychiques du chercheur étaient réfléchis par l'obscurité. Ce qu'il voit dans la matière, ce qu'il croit reconnaître, ce sont avant tout les données de son propre inconscient qu'il projette en elle. En d'autres termes, il découvre dans la matière, comme appartenant apparemment à celle-ci, certaines propriétés et certaines significations potentielles de la nature psychique desquelles il est totalement inconscient. Ceci est particulièrement vrai pour l'alchimie classique, dans laquelle la science empirique et la philosophie mystique étaient pour ainsi dire indifférenciées. (...) (Les concepts de base de l'alchimie, Introduction)

Je suis d'avis que les espoirs des alchimistes de tirer de l'or philosophique, la panacée ou la pierre miraculeuse de la matière, d'une part, est une illusion déterminées par des projections, mais, d'autre part, correspond à certains faits psychiques qui sont d'une grande importance dans la psychologie de l'inconscient. Comme le montrent les textes et leur symbolique, l'alchimiste projette ce que j'ai appelé le "processus d'individuation" dans les phénomènes de transformation chimique. Un terme scientifique tel qu'"individuation" ne signifie en aucune façon qu'il s'agit d'un état de faits connu et définitivement tiré au clair. Il désigne seulement un domaine de recherche jusqu'à maintenant très obscur et qui a bien besoin d'être exploré : celui des processus de centralisation formateur de la personnalité dans l'inconscient. Il s'agit de processus vitaux qui, du fait, de leur caractère numineux, ont de tout temps constitué le stimulant le plus important à la formation de symboles. Et ces processus sont mystérieux, dans la mesure où ils posent une énigme à l'entendement humain, énigme que ce dernier s'efforcera encore pendant longtemps, et peut-être en vain, de résoudre. Car, en dernière analyse, on peut douter que la raison soit l'instrument qui convienne à cette recherche. Ce n'est pas e vain que l'alchimie se considère comme un "art", sentant à juste titre, qu'elle s'occupe de processus créateurs que l'intellect peut décrire, mais que seule l'expérience vécue peut réellement saisir. Les alchimistes eux-même disaient : Déchirez vos livres, pour éviter que ne soient déchirés vos coeurs, et ce alors même que, d'un autre côté, ils insistaient sur l'étude des lièvres. Mais c'est bien l'expérience vécue, et non les livres, qui conduit à la compréhension. (...) (Epilogue)
Extrait de : Psychologie et Alchimie
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Quelques critiques de Titus Burckhardt :

[Contre l'hypothèse de la projection]
Ce n'est pas l'avis de la moderne "psychologie des profondeurs", qui se propose de trouver dans le symbolisme alchimique une confirmation de sa propre thèse sur l'"inconscient collectif". Selon cette thèse, l'alchimiste, dans sa recherche comparable à un rêve, projette en celle-ci certains contenus de sa propre âme, jusqu'alors inconnus de lui-même, et par là, sans même avoir l'intention consciente, opère une sorte de réconciliation entre sa conscience quotidienne ou superficielle et la puissance latente de l'"inconscient collectif". Une telle "réconciliation" du conscient et de l'inconscient donnerait naissance à une expérience intérieur tenant subjectivement lieu du magistère auquel l'alchimiste aspirait. Ce point de vue, comme le précédent, est fondé sur l'hypothèse que l'intention initiale de l'alchimiste serait de fabriquer de l'or. L'alchimiste est donc considéré comme prisonnier d'une sorte de délire ou comme dupe de sa propre "projection" imaginative, et par conséquent comme pensant et agissant à la manière d'un être en état de rêve. Cette explication a quelque chose de séduisant parce que d'une certaine façon elle approche de la vérité - même si c'est pour s'en éloigner immédiatement et radicalement ! Il est exact que la réalité spirituelle, que l'oeuvre alchimique doit dégager une chose dont le novice est relativement inconscient. C'est une réalité profondément cachée dans l'âme. Néanmoins, cette "profondeur secrète" ne doit pas être confondue avec le chaos du prétendu "inconscient collectif" pour autant que ce concept plus qu'élastique ait une signification valable. La "fontaine de jouvence" des alchimistes ne jaillit nullement d'un obscur fond psychique, elle coule de la même source que toute vérité intemporelle. Elle est cachée à l'alchimiste au début de son "oeuvre", parce qu'elle se situe, non pas au-dessous des phénomènes de la conscience ordinaire, mais à un niveau supérieur.
L'hypothèse des psychologues s'évanouit dès qu'on réalise que les véritables alchimistes ne furent jamais prisonniers de quelques rêve cupide de fabrication de l'or, et qu'ils ne poursuivaient pas leur but comme des somnambules ou selon le jeu de "projections" passives des contenus inconscients de leurs âme. Ils suivaient, au contraire, une méthode bien étudiée dont l'expression symbolique en terme de métallurgie - art de transmutation des métaux vils en argent ou en or - a évidemment égaré bien des chercheurs no initiés, pourtant cette expression est en elle-même logique et même, réellement profonde. (...)(pp.8-9)

[Contre l'identification de la materia prima à l'inconscient collectif]
Symboliquement, la materia prima se situe "en bas", parce qu'elle est complètement passive, et elle parait obscure, parce qu'elle est rigoureusement dépourvue de forme, elle élude toute tentative de saisie de la part de l'intelligence. De là, le malentendu qui a fait confondre la materia prima des alchimistes avec "l'inconscient collectif" de la psychologie moderne. La materia prima, cependant, n'est guère une sorte de volcan subconscient à éruptions irrationnelles mais, comme nous l'avons déjà dit, le substratum passif de toutes les formes, tant sensibles qu'idéelles. Le terme "collectif", appliqué à ce domaine mal défini que les psychologues ont en vue, est d'ailleurs fort contradictoire, (...)
Il faut distinguer, d'une part, la couche de conscience plus ou moins obscure qui se trouve sous la conscience ordinaire (cette couche ne peut d'ailleurs être totalement inconsciente, puisqu'elle interfère d'une certaine façon dans la conscience ordinaire) et, d'autre part, le véritable fond de l'âme, purement passif et, par conséquent, sans forme en lui-même. La couche obscure que nous venons de mentionner - s'apparentant à un crépuscule de plus en plus dense, plutôt qu'aux ténèbres de la nuit - est constitué par l'accumulation d'impressions psychiques et des traces de nos comportements. Le vrai fond de l'âme, d'autre part, n'est en lui-même ni sombre ni clair, ce n'est pas, non plus, une source d'impulsions irrationnelles. Au contraire, lorsqu'il n'est pas complètement voilé, de sorte qu'alors il paraît obscur, c'est le miroir fidèle de son pôle complémentaire, l'Esprit universel, il reflète ainsi toutes les vérités qui, lorsque la puissance latente de l'imagination approche du pur état de materia prima, s'expriment éventuellement sous forme de symboles. (...)(pp.98-99)

[Contre l'interprétation du "mariage chimique"]
Ici il nous faut mentionner certaine thèse de la moderne "psychologie des profondeurs", selon laquelle le "mariage chimique" ne serait autre chose que l’intégration, dans la conscience individuelle - ou "personnelle" -, de puissances psychiques jaillissant de l"'inconscient collectif". Selon cette thèse, la force "coagulante" du Soufre correspondrait à la conscience "personnelle", plus ou moins rationnelle et centrée sur le "moi", tandis que la puissance "dissolvante" du Mercure résumerait les impulsions venant de l'"inconscient". C'est se tromper singulièrement de proportion, car la polarité dont il s'agit se situe à un tout autre niveau, n'oublions pas que le Mercure parfait, assimilé par ailleurs à la "Lune", ne comporte aucun élément trouble, qu'il n'est pas "irrationnel" ou "alogique" comme les "sédiments" du subconscient, mais au contraire très pur, il est le miroir sans taches du Soufre-Soleil, dont la chaleur et la luminosité suggèrent tout autre chose que la conscience égocentrique. Le Soufre est en quelque sorte l'âme-sujet, tandis que le Mercure correspond à l'âme-objet, qui est le substratum de toutes les formes psychiques. (...)
Revenons maintenant à la thèse psychologique mentionnée et réfutée ci dessus, et disons qu'elle comporte un grain de vérité parce que, dans la mesure ou l'Esprit supraformel domine et pénètre l’âme, les forces naturelles de celle-ci, qui s'étendent jusqu'aux confins de la conscience individuelle, sont comme réintégrées dans l'unité "personnelle", d'ou les répercussions quasi miraculeuses de celle-ci.
Il en résulte que la conscience ordinaire est comme située entre deux sphères "inconscientes", une sphère supérieure, qui n'est "inconsciente" que d'une façon provisoire, car elle est en elle-même lumière pure et indivise, et une sphère inférieur, qui est, non pas absolument inconsciente, mais subconsciente et plus ou moins obscure ou chaotique. La sphère supérieur échappe totalement à l'analyse psychologique, vouloir la saisir rationnellement, c'est comme vouloir éclairer le soleil en se servant d'un miroir. Quant à la sphère inférieur, elle peut faire l'objet d'une analyse indirecte, mais qui risque fort de n'être que la projection de notre propre ombre sur une paroi de brouillard. (...)(pp. 150-152)
Extrait de : Titus Burckhart, Alchimie, Sa signification et son image du monde, Ed. Archè Milano, 1974.
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dimanche 1 avril 2012

Frederick Matthias Alexander

Frederick Matthias Alexander était acteur de théâtre, connu pour ses déclamations de Shakespeare. Il poursuivait sa carrière lorsqu'il commença à souffrir de maux de gorge chroniques et d'enrouement sur scène. Le théâtre était tout pour lui. Par conséquent, sa motivation pour guérir fut très forte. Aucun médecin, aucun traitement ne put le soigner. Seul le silence, le non-usage de sa voix, s'avéra un remède efficace. Mais alors, que devenait sa carrière d'acteur?

Etre condamné au silence, pour un acteur, cela semble le pire des supplices. Pourtant, c'est grâce à la constatation que ses problèmes disparaissaient lorsqu'il cessait d'émettre un son pendant un certain temps, que lui est venue une pensée déterminante : "Tiens ! je souffre seulement dans les périodes où j'utilise beaucoup ma voix. Quand je ne l'utilise pas, elle fonctionne bien et je n'ai pas de maux de gorge. Pourrait-il y avoir une relation entre l'utilisation et le fonctionnement de ma voix ? Autrement dit, l'utilisateur que je suis pourrait-il être responsable de ce mauvais fonctionnement ?" De ces pensées et interrogations est né un plan d'action : celui de s'observer devant des miroirs tout en déclamant. Au fur et à mesure de cette auto-observation, qui a duré plusieurs années, Alexander a fait certaines découvertes dont la patiente mise en pratique l'a guéri au-delà de ses espérances : il a retrouvé un bon fonctionnement de sa voix, ses maux de gorge ont disparu, et sa santé générale s'est nettement améliorée. Sa guérison, lui ayant permis de remonter sur les planches avec succès, a intrigué le public : "Comment a-t'il fait ? quelle est sa technique ?" Cet intérêt du public pour la technique - on pourrait dire les techniques - d'Alexander a permis l'élaboration de la Technique Alexander, c'est-à-dire un ensemble de procédés visant à l'amélioration de l'usage de soi (ce terme est expliqué au paragraphe suivant), amélioration qui ne concerne pas seulement les acteurs, ni même seulement les artistes, mais toutes celles et tous ceux qui cherchent à résoudre un problème, quel qu'il soit, ou simplement qui s'autorisent à explorer de nouvelles manières d'être.

Peu à peu, Alexander a réussi à rendre son expérience transmissible et accessible à tous, sous la forme d'un enseignement (souvent individuel, parfois collectif), et non d'une thérapie. Il a eu de nombreux élèves, d'abord en Australie, puis en Angleterre et aux Etats-Unis. Il a formé des professeurs, qui en ont formé d'autres et ainsi de suite. Il y a maintenant dans le monde plus de 2000 professeurs qui enseignent la Technique Alexander à des publics très variés, ainsi qu'au sein d'institutions telles que conservatoires de musique et de danse, orchestres, organismes de formation…

Les cours de Technique Alexander ont pour objectif de permettre à l'élève de mieux connaître l'instrument qu'il est, son mode d'emploi et d'apprendre à repérer les obstacles intérieurs qui gênent constamment son bon fonctionnement. L'élève reçoit les "outils" qui le rendront autonome. Si la compréhension et la pratique de ces outils est identique pour tous, en revanche chaque élève peut décider d'appliquer ce qu'il apprend en cours de Technique Alexander dans les domaines de son choix, selon ses aspirations particulières.
Source du texte : Catherine de Chevilly
Autres bio :  wikipedia


Bibliographie :
- L'usage de Soi, Ed. Contredanse, 1996.
Etudes :
Pedro De Alcantara,
- La Technique Alexander, Principes et Pratique, Editions Dangles, 1997
- La Technique Alexander pour les musiciens, Ed. Alexitère / Médecine des Arts, 2000
Ailsa Masterton (trad. A. Boucher), Technique Alexander – petit guide du bien être, Ed. Könemann, 1999
Véronique Bartin, Equitation par la Technique Alexander, Ed. Belin (2002)
Richard Brenna, La Méthode Alexander, Ed. Marabout
Joel Carbonnel, Le Bon Geste, manuel du jardinier, Ed. Actes Sud
Jeremy Chance, La méthode Alexander, Ed. Eyrolles
Rivka Cohen, Réflexions sur la Technique Alexander,
Christine Hardy, Laurence Schifrine, Saverio Tomasella, Habiter son corps, Ed. Eyrolles
Elizabeth Langford, La pensée et le muscle, Ed. Garant
Judith Stransky et Dr Robert B Stone, Bien dans sa peau grâce à la Technique Alexander, Ed. le Jour
En ligne :

Catherine de Chevilly (Annemasse) / Marie-Claire Regnier (Paris) 
Association Suisse des Professeurs de la Technique Alexander : ASPTA
Association Française de Professeurs de la Technique Alexander : APTA
Société Canadienne des Professeurs de la Technique Alexander : CANSTAT
Documentaire vidéo (avec Marie-Claire Regnier) : Le Corps retrouvé

Autre documentaire : technique alexander video








Source de la video :  technique alexander video




Source (et autres) PDF :  APTA

mardi 4 octobre 2011

Jon Kabat-Zinn


Jon Kabat-Zinn, né en 1944, est professeur émérite de médecine. Il a fondé et il dirige la Clinique de réduction du stress (Stress Reduction Clinic) et le Centre pour la pleine conscience en médecine (Center for Mindfulness in Medicine, Health Care, and Society) de l'université médicale du Massachusetts. Il est membre du conseil d'administration du Mind and Life Institute, qui a pour but de promouvoir un dialogue entre la science et le bouddhisme.

Jon Kabat-Zinn est l'inventeur d'une méditation accessible à tous : la "méditation en pleine conscience (pour la réduction du stress)". Grâce à lui, depuis trente ans, plus de 250 hôpitaux et cliniques à travers le monde l'utilisent comme outil de soin. Son efficacité est scientifiquement reconnue.
Source du texte : Amazon
Autre biographie : wikipedia


Bibliographie :
- Où tu vas, tu es, Apprendre à méditer pour se libérer du stress et des tensions profondes, Ed. J'ai Lu, 2005
- Méditer pour ne plus déprimer : La pleine conscience pour vivre mieux, Ed. Odile Jacob, 2009
- Au coeur de la tourmente, la pleine conscience, une méthode pour vivre mieux, Ed. De Boeck, 2009
- Méditer, Ed. Arenes, 2010
- L'éveil des sens : Vivre l'instant présent grâce à la pleine conscience, Ed. Evolution, 2011
En ligne :
Interview de Jon Kabat Zin par Nicolas d'Inca
Autres sur la MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction) :

Nicolas d'Inca, Guérir par la méditation, une révolution silencieuse
Interview de Delphine Rochet par Nicolas d'Inca, MBSR, réduire son stress par l'expérience directe de la réalité
C. Muzellec, Approche thérapeutique basée sur la Pleine Conscience (PDF)
Site officiel : Umassmed / Ass. pour le développement de la Mindfulness /


« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre » PASCAL (Pensées 1).

Pascal fait allusion ici à la fuite des hommes dans l’agitation et la poursuite du plaisir pour éviter de ""penser à soi ".L’art de cultiver la quiétude et la clarté dans sa propre vie se concrétise dans la discipline quotidienne de la méditation. Mais la méditation ne consiste pas seulement à être tranquille et détendu; elle implique un engagement entier dans toutes les activités de la vie, tout en maintenant le contact avec ce point immobile à l’intérieur de soi, d’où émanent la sagesse et la compassion.
   Les pratiques les plus sophistiquées et les plus systématiques pour cultiver la conscience méditative, ou pleine conscience, ont été développées dans la tradition bouddhique; celle-ci néanmoins, de par son essence universelle, s’adresse autant aux Occidentaux qu’aux Orientaux. Elle consiste en une certaine manière de diriger son attention, en utilisant au maximum les capacités de son esprit et de son corps au cours d’un travail de toute une vie : il s’agit d’apprendre, de grandir, de guérir et de communiquer. Et, détail appréciable, la pleine conscience peut se pratiquer chez soi ou partout ailleurs, sans devoir suivre un enseignement spécifique.
   Il est intéressant d’observer que la notion de pleine conscience commence à s’intégrer aux courants dominants de la société américaine. Ses principes et ses effets sont appliqués dans de nombreuses structures médicales. Durant ces seize dernières années, plus de huit mille personnes ont participé à notre programme d’initiation à la pleine conscience dans la Clinique de réduction du stress du centre médical de l’Université du Massachusetts. Aujourd’hui des programmes similaires fonctionnent dans de nombreux hôpitaux et cliniques aux États-Unis, de même qu’au Canada, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Notre clinique est un service externe du Département de médecine où les médecins peuvent envoyer leurs patients en complément aux traitements traditionnels, ou lorsque ceux-ci s’avèrent insuffisants. Dans ce service, les malades apprennent les fondements de la méditation de la pleine conscience et ses applications pratiques dans la vie quotidienne. On leur enseigne aussi comment utiliser la méditation pour faire face et travailler avec le stress, la douleur et les difficultés de la vie. Les médecins nous envoient des patients atteints des maladies les plus diverses qui incluent affections cardio-vasculaires, maladies chroniques, cancer, sida, problèmes gastro-intestinaux, maladie de la peau, etc., sans oublier les symptômes d’anxiété, de panique et le stress de la vie ordinaire dans notre monde qui s’accélère à une vitesse grand V.
(...)
Préface à l'édition française de : Où tu vas, tu es
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Source du texte : synchronicité et avenir


Nicolas d’Inca : Qu’est-ce que la MBSR ?
Delphine Rochet : L’approche de la mindfulness consiste à développer une attention dans le présent permettant de développer une attitude de non-jugement et d’auto-observation qui favorise la conscience de soi. C’est une pratique méditative allégée et laïcisée. La MBSR est spécifiquement utilisée pour la réduction du stress. Il s’agit de suivre un protocole en groupe de huit semaines : une séance hebdomadaire de 2h30, des exercices quotidiens à faire chez soi à l’aide d’un manuel et d’un CD, ainsi qu’une journée en silence. Cette technique allie différents outils comme la méditation assise, le body scan (ou balayage corporel), la pratique du yoga et du qi-gong, la méditation marchée…
La MBSR s’adresse spécifiquement aux gens touchés par le stress, atteints de troubles anxieux, ceux qui ont des douleurs chroniques, ou des troubles psychosomatiques (psoriasis, eczéma, troubles intestinaux ou du sommeil). Elle est contre-indiquée dans le cas de troubles psychopathologiques trop graves comme la psychose, le trouble de personnalité borderline, ou un épisode dépressif majeur en cours. En effet, c’est une technique d’exposition aux phénomènes intérieurs qui requiert une certaine stabilité, un socle intérieur. C’est pourquoi le groupe est si important car il est à la fois un soutien et un moyen de se rendre compte que les autres sont essentiellement touchés par les mêmes difficultés que nous. Chaque personne souhaitant participer à un groupe est d’abord reçue pour un entretien préliminaire d’évaluation.
(...)
Source du texte : interview de Delphine Rochet par Nicolas d'Inca, MBSR, réduire son stress par l'expérience directe de la réalité









lundi 3 octobre 2011

Jack Kornfield


Jack Kornfield est l’un des enseignants principaux du bouddhisme en Amérique. Pratiquant depuis plus de quarante ans, psychologue, marié et père de famille, sa présentation laïque de la méditation a ouvert la voie à des milliers d’Occidentaux.

La famille dans laquelle Jack Kornfield naît en 1945 est loin d’un idéal de paix : le père violent et tyrannique terrorise sa femme et ses quatre enfants. Jack apprend vite à se protéger, s’enfermant dans une forme de paix certes artificielle, mais vitale. Cette enfance laisse des séquelles. Trouver le moyen de se libérer de sa souffrance intérieure devient une quête. A 22 ans, l’esprit confus mais plein d’ardeur, le jeune homme s’engage dans l’humanitaire en Thaïlande, après un diplôme en études orientales.

Une souffrance tenace.
C’est en Thaïlande qu’il rencontre Ajahn Chah (1919-1992), reconnu pour avoir été l’un des plus grands maîtres bouddhistes du 20ème siècle. Il fait partie des moines de la forêt, une tradition thaïe du bouddhisme theravada centrée sur la méditation. Lors de leur première entrevue, Ajahn Chah dit à Jack Kornfield : « J’espère que vous n’avez pas peur de souffrir. » – « Que voulez-vous dire par là ? » lui demande Kornfield étonné. « Il y a deux sortes de souffrance » lui répond le méditant, « la souffrance que vous essayez de fuir, qui vous suivra partout, et la souffrance que vous acceptez de regarder en face, trouvant la libération que le Bouddha nous a enseigné. »

(suite du texte après la bibliographie)



Bibliographie (en français) :
- Bouddha, mode d'emploi, Ed. Belfond, 2011
- Après l'extase, la lessive, Ed. Pocket, 2010
- L'art du pardon, de la bonté et de la paix, Ed. Pocket, 2009
- Jésus & Bouddha, Paroles parallèles, Ed. Kunchab, 2002
- Dharma vivant, Ed, Vivez soleil, 2001
- Le petit manuel du Bouddha, Ed. Table ronde, 2000
- Périls et promesse de la vie spirituelle, Ed. Table ronde, 1998
En ligne :
- Questions-Réponses avec Ajahn Chah : dhamma sukha
- Souvenir d'Ajahn Chah : buddhaline
- Récit d'éveil : fr.sages.wikia
Site officiel : Jack Kornfield
Présentation en vidéo du livre "Bouddha, mode d'emploi" par Fabrice Midal : esprit d'ouverture
Blogue de Nicolas d'Inca : Psychologie et méditation


Cette introduction, qui ne manque ni d’humour, ni de chaleur, le marque pour la vie. Jack s’assigne désormais pour tâche d’affronter la souffrance afin de parvenir à s’en libérer. Mais il lui reste un long chemin à parcourir. Il passe cinq ans dans les monastères de l’Asie du sud-est, vivant la vie errante des moines de la forêt, d’abord auprès d’Ajahn Chah devenu son maître en Thaïlande, puis de Mahasi Sayadaw (1904-1982) en Birmanie. Tandis que le premier enseigne la vie monastique comme abandon de tous les attachements et comme occasion de pratiquer l’attention et la compassion en toute situation, le second met l’accent sur la méditation silencieuse qui permet de voir directement son esprit. Kornfield connaît des expériences d’extase et de lumière, entre en contact avec la vacuité. Mais il se coupe de ses émotions et devient incapable de les connaître. Revenu de ses états méditatifs, il se voit agir comme quelqu’un de confus. Une question le hante : Cette tendance à quitter le monde ordinaire pour s’enfermer dans une illusion sans rapport avec la réalité, est-cela qu’on appelle spiritualité ?

Affronter ses émotions.
A son retour en Amérique en 1972, Jack Kornfield est brutalement confronté à l’effondrement de son « nirvana » qui lui apparaît soudain si dépendant des conditions extérieures. Il se trouve face à la nécessité de prendre sa vie en main. « J’étais émotionnellement immature, et tous mes conflits anciens avec ma famille et les amis me revinrent intacts » confie-t-il avec honnêteté.

Après des années de pratique spirituelle, Kornfield découvre en effet qu’il a toujours les mêmes problèmes affectifs, les mêmes troubles émotionnels, les mêmes difficultés relationnelles qu’avant son départ. Ses années de retraite l’ont rendu presque insensible. Lui qui a tant médité sur les principes de générosité, d’amour et de compassion, il ignore ce qu’il ressent. Le voyant si loin de lui-même, une de ses petites amies lui offre un carnet dans lequel il pourra inscrire ses sentiments et ses goûts, afin de commencer à les connaître. « Retrouver un rapport à mes émotions a été un long processus qui bouleversa ma vie », rappelle-t-il dans son livre Après l’extase, la lessive – véritable cartographie des périls de la vie spirituelle, basée sur son expérience et celles des maîtres des nombreuses traditions spirituelles de l’humanité.

Comment intégrer la méditation dans sa vie ? Cette question vitale le conduit à de grandes transformations intérieures. Kornfield abandonne ses robes de moine et commence à conduire un taxi pour gagner sa vie, s’engage dans une relation amoureuse durable et reprend des études en psychologie clinique qu’il poursuivra jusqu’au doctorat. Abandonnant le combat contre lui-même, il passe de la voie ascétique de la méditation à une manière plus compassionnée de se traiter, tournée vers la guérison intérieure.

Car le fait de vouloir sans cesse s’améliorer tout en refusant d’abord de s’accepter, est un piège qui peut égarer. Cette recherche d’un niveau supérieur de vie spirituelle signe l’emprise du « matérialisme spirituel », comme le nomme Chögyam Trungpa. Jack Kornfield comprend le grand danger qui menace les Occidentaux dans leur approche de la méditation : elle est utilisée pour demeurer en paix, nier ses émotions et ne plus se confronter aux difficultés et aux exigences de la vie moderne.

La méditation pour l’Occident.
Le tournant est décisif. Jack Kornfield devient un bâtisseur de pont entre la méditation bouddhiste et la psychologie occidentale. Il amène certains changements profonds dans l’approche du bouddhisme aux Etats-Unis, portant notamment sur la reconnaissance des émotions et l’importance de la vie psychologique et affective des pratiquants. Rien ne sert de rêver, les problèmes personnels ne peuvent disparaître seulement avec la méditation. Un travail sur soi est indispensable. (...)



Quatre principes qui transforment l’attention.

En tant que thérapeute, Jack Kornfield utilise pour soulager les souffrances ce qu’il a appris par la méditation. L’attitude pleine de compassion envers soi-même, ses émotions et ses ressentis, est mise en pratique dans la psychologie bouddhiste via la technique RAIN – reconnaissance, acceptation, investigation et non-identification.

Il s’agit en premier lieu de reconnaître ce qui est présent. « Nous sortons du déni qui sape notre liberté » explique Jack Korfield. Puis de laisser à l’expérience sa place, de lui donner droit. « Accepter nous permet de nous détendre et de nous ouvrir. » Nous pouvons alors goûter les émotions et les examiner. C’est ce que le maître Thich Nhat Hanh appelle « voir en profondeur ». Nous constatons la nature changeante et impersonnelle de nos expériences. « En l’absence d’identification, nous pouvons prendre soin de nous-mêmes et des autres, avec respect, tout en n’étant plus liés par les peurs et les illusions du sentiment étroit de nous-mêmes. » explique-t-il dans Bouddha mode d’emploi, véritable manuel de psychologie bouddhiste.

Ce processus en quatre étapes libère des difficultés par l’utilisation des ressources intérieures de l’attention et de la conscience en éveil. Selon Jack Kornfield, la thérapie — comme la pratique de la méditation — est une activité révolutionnaire qui ne peut être accomplie confortablement. C’est un défi constant à l’identité que chacun se forge au fil de sa vie. Parler sans cesse de ses problèmes et se centrer sur son moi blessé n’aide pas, pense-t-il, « ce qui amène la liberté est de faire face à la racine même de cette souffrance, et de la fausse identité qui s’est construite autour d’elle, plonger droit en son cœur jusqu’à ce qu’elle retourne à sa véritable vacuité. »
(...)
Article de Nicolas d'Inca. 
Source et suite de l'article : Psychologie et méditation
Autres articles : Se libérer du moi selon Jack Kornfield / Bouddha mode d'emploi avec Kack Kornfield
Autre biographie : wikipedia


Lorsqu'il y a plus de trente ans je suis devenu moine bouddhiste dans un monastère au coeur de la forêt thaï­landaise, j'ai dû apprendre à me prosterner. Au début, j'étais mal à l'aise. À chaque fois que nous entrions dans la grande salle de méditation, nous devions nous mettre à genoux et, par trois fois, toucher respectueu­sement de notre tête le sol en pierre entre nos mains. C'était une pratique de révérence et d'attention, une manière d'honorer par un geste du corps notre engage­ment dans la voie monastique, une voie de simplicité, de compassion et de vigilance. Nous devions aussi nous prosterner à chaque fois que nous prenions place pour étudier auprès du maître.

Après une ou deux semaines dans le monastère, l'un des moines les plus anciens me prit à part pour de plus amples instructions. « Dans ce monastère, me dit-il, tu dois non seulement te prosterner en entrant dans la salle de méditation ou avant de recevoir les enseignements du maître, mais tu dois également t'incliner à chaque fois que tu rencontres un de tes aînés. » Étant le seul Occidental et soucieux d'agir selon les règles, je lui demandai alors quels étaient mes aînés. « D'après la tradition, répondit-il, tous ceux qui ont reçu l'ordination avant toi et qui sont moines depuis plus longtemps que toi sont tes aînés. » Il me fallut juste un instant pour réaliser que cela signifiait tout le monde.

Je commençai donc à m'incliner devant tous les moines. Parfois c'était tout à fait normal – bon nombre d'aînés, sages et respectables, vivaient dans la commu­nauté — mais à d'autres moments, cela me semblait ridicule. Je croisais des moines d'une vingtaine d'années, pleins de morgue, qui n'étaient là que pour plaire à leurs parents ou avoir une nourriture meilleure que chez eux, et je devais m'incliner devant eux sim­plement parce qu'ils avaient pris les voeux une semaine avant moi. Ou bien encore je devais me courber face à un vieux paysan débraillé, venu au monastère quelques mois plus tôt selon le plan de retraite des cultivateurs, qui mâchait constamment des noix de bétel sans jamais avoir médité un seul jour de sa vie. C'était dur de rendre hommage à ces rustres comme s'ils étaient de grands maîtres.

Malgré tout, je m'inclinais et, comme cela me posait problème, je cherchai un moyen pour sortir de ce dilemme. Finalement, alors que je me préparais à une nouvelle journée de révérence envers « mes aînés », je me mis à chercher ce qu'il y avait de respectable en chacune des personnes devant lesquelles je m'inclinais. Je rendis hommage aux rides du vieux paysan pour toutes les difficultés qu'il avait vues, endurées et sur­montées. Je saluais la vitalité et la joyeuse insouciance des jeunes moines et par là même les possibilités incroyables que leur offrait la vie qu'ils avaient encore devant eux.

Je commençai à aimer rendre hommage. Je m'incli­nais devant mes aînés, je m'inclinais avant d'entrer dans le réfectoire et en sortant. Je m'inclinais en péné­trant dans ma cahute au milieu des bois, je m'inclinais devant le puits avant de me laver. Au bout d'un certain temps, rendre hommage devint ma voie, je ne faisais que cela : si quelque chose bougeait, je joignais les mains et m'inclinais.

Rendre hommage est le coeur de ce livre. Le véritable devoir de la vie spirituelle ne se trouve ni dans des lieux éloignés ni dans des états de conscience sortant de l'ordinaire. Il prend place ici, dans l'instant présent. Cela exige un esprit bienveillant, prêt à accueillir d'un coeur sage, respectueux et bon tout ce que la vie nous présente. Nous pouvons saluer aussi bien la beauté que la souffrance, nos troubles, notre confusion, nos peurs et les injustices de ce monde. Honorer ainsi la vérité est le chemin de la libération. S'incliner devant ce qui est, plutôt qu'au pied d'un idéal, n'est pas nécessaire­ment chose facile mais, quelles que soient les diffi­cultés, c'est l'une des pratiques les plus utiles et louables

En saluant les événements de notre vie, les chagrins, les trahisons, nous les acceptons et par cette démarche profonde nous découvrons que dans la vie rien n'est insurmontable ou inutile. Apprendre à rendre hommage permet de découvrir que le coeur détient plus de liberté et de compassion que nous ne pouvions l'imaginer. Le poète persan Rumi, sur ce sujet, s'exprimait ainsi :

L'être humain est un lieu d'accueil,
Chaque matin un nouvel arrivant.

Une joie, une déprime, une bassesse,
Une prise de conscience momentanée arrivent
Tel un visiteur inattendu.

Accueille-les, divertis-les tous
Même s'il s'agit d'une foule de regrets
Qui d'un seul coup balaye ta maison
et la vide de tous ses biens.

Chaque hôte, quel qu'il soit, traite-le avec respect,
Peut-être te prépare-t-il
À de nouveaux ravissements.

Les noires pensées, la honte, la malveillance
Rencontre-les à la porte en riant
et invite-les à entrer.

Sois reconnaissant envers celui qui arrive
Quel qu'il soit,
Car chacun est envoyé comme un guide de l'au-delà.
Extrait de : Après l'extase, la lessive
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Source du texte : fr.sages.wikia
 

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