Affichage des articles dont le libellé est rêve lucide. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rêve lucide. Afficher tous les articles

vendredi 23 novembre 2018

Est-ce que je rêve ?

MAj de la page : Rêve lucide



Stephen Laberge, Les rêves et la mort (trad. OTB, 2017)
"Rêver est percevoir sans être contraint par nos perceptions sensorielles. Percevoir est rêver en étant contraints par nos perceptions sensorielles"

Rêver consciemment signifie rêver tout en étant pleinement conscient de rêver. L'univers onirique est votre création, et cette prise de conscience révèle la liberté enivrante de vivre de grands voyages nocturnes et d'approfondir la connaissance de vous-même. Stephen Laberge vous invite à participer à un programme d'apprentissage guidé pour devenir lucides dans vos rêves. Vous apprendrez à utiliser cet état de conscience inouï pour développer votre créativité, maîtriser vos émotions, améliorer votre perception de la réalité, et bien plus encore. Fruit de vingt ans de recherches pionnières - dont les plus récentes - à l'université de Stanford et au Lucidity Institute, ce livre constitue l'outil le plus simple et le plus efficace pour faire vos premiers pas dans le monde du rêve lucide
Quatrième de couverture
Stephen Laberge, S'éveiller en rêvant - Introduction au rêve lucide, éd. Almora, 2008
Chaine youtube : OTB




Comment faire un rêve lucide ? (Julie Akasha Yoga, 2016)
- Journal de rêve
- Intention
- Test de réalité ("est-ce que je rêve ?")
Texte sur : Le blog de Julie Yoga
Rêve lucide/Techniques d'induction : wikibooks




La vraie technique pour faire des rêves lucides (Pintoulles, janvier 2018)
Guide d'apprentissage des rêves lucides (PDF gratuit) : Lucid Dream




Faire un rêve lucide en 1 min., méthode fild (mars 2018)

lundi 31 juillet 2017

Rêve lucide : pratiques anciennes et technologies modernes



Rencontre entre Tenzin Wangyal Rinpoche et le Dr. Stephen Laberge à propos des rêves lucides, demain (mardi 1 août 2017) de 19h00 à 20h00. 
Facebook / Enregistrement vidéo

Tenzin Wangyal Rinpoche, Yogas Tibétains du Rêve et du Sommeil, Ed. Claire Lumière, 2008
Yogas Tibétains du Rêve et du Sommeil, Ed. Claire Lumière, 2008
"Si nous ne pouvons pas rester présents pendant le sommeil, écrit Tenzin Wangyal Rinpoché, si nous nous perdons chaque nuit, quelles sont nos chances d'être conscients au moment de mourir `' Examinez votre manière de rêver, vous saurez ce qu'il adviendra de vous à la mort. Observez votre manière de dormir, vous découvrirez si vous êtes vraiment éveillé ou non." Le présent ouvrage donne tout d'abord des instructions détaillées pour le yoga du rêve (à noter que, pour la tradition tibétaine, le rêve lucide n'est pas une fin en soi, mais bien plutôt une aide pour s'engager dans des pratiques profondes menant vers la libération). Puis, il introduit au yoga du sommeil, ou yoga de la claire lumière, pratique plus avancée dont le but est de rester conscient pendant le sommeil profond,
quand l'esprit conceptuel cesse de fonctionner. Le résultat immédiat de ces pratiques est davantage de bonheur, dans le rêve, le sommeil et l'état de veille. Leur résultat profond est d'ouvrir plus grande la porte de la libération.
Commande sur Amazon : Yogas Tibétains du Rêve et du Sommeil

Stephen Laberge, S'éveiller en rêvant : Introduction au rêve lucide, Ed. Almora, 2008
Rêver consciemment signifie rêver tout en étant pleinement conscient de rêver. L'univers onirique est votre création, et cette prise de conscience révèle la liberté enivrante de vivre de grands voyages nocturnes et d'approfondir la connaissance de vous-même. Stephen Laberge vous invite à participer à un programme d'apprentissage guidé pour devenir lucides dans vos rêves. Vous apprendrez à utiliser cet état de conscience inouï pour développer votre créativité, maîtriser vos émotions, améliorer votre perception de la réalité, et bien plus encore. Fruit de vingt ans de recherches pionnières - dont les plus récentes - à l'université de Stanford et au Lucidity Institute, ce livre constitue l'outil le plus simple et le plus efficace pour faire vos premiers pas dans le monde du rêve lucide
Commande sur Amazon : S'éveiller en rêvant : Introduction au rêve lucide

Stephen Laberge, Le rêve lucide. Le pouvoir de l'éveil et de la conscience dans vos rêves, Ed. Oniros, 1999
Commande sur Amazon : Le rêve lucide. Le pouvoir de l'éveil et de la conscience dans vos rêves

  

dimanche 18 juin 2017

Pratique du yoga du rêve. S'endormir avec conscience.

MAJ de la page : Tenzin Wangyal / Rêve lucide

Yogas Tibétains du Rêve et du Sommeil, Ed. Claire Lumière, 2008
"Si nous ne pouvons pas rester présents pendant le sommeil, écrit Tenzin Wangyal Rinpoché, si nous nous perdons chaque nuit, quelles sont nos chances d'être conscients au moment de mourir `' Examinez votre manière de rêver, vous saurez ce qu'il adviendra de vous à la mort. Observez votre manière de dormir, vous découvrirez si vous êtes vraiment éveillé ou non." Le présent ouvrage donne tout d'abord des instructions détaillées pour le yoga du rêve (à noter que, pour la tradition tibétaine, le rêve lucide n'est pas une fin en soi, mais bien plutôt une aide pour s'engager dans des pratiques profondes menant vers la libération). Puis, il introduit au yoga du sommeil, ou yoga de la claire lumière, pratique plus avancée dont le but est de rester conscient pendant le sommeil profond,
quand l'esprit conceptuel cesse de fonctionner. Le résultat immédiat de ces pratiques est davantage de bonheur, dans le rêve, le sommeil et l'état de veille. Leur résultat profond est d'ouvrir plus grande la porte de la libération.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : Yogas Tibétains du Rêve et du Sommeil

Cycle d'enseignements (gratuit) sur le yoga du rêve du 06 juin au 08 Août 2017
Par Tenzin Wangyal Rinpoché sur facebook tous les mardi à 19h00
Prochain enseignement mardi 20 juin 2017 à 19h00
Facebook / Facebook francophone / Live Traduction française en direct / Ligmincha France et Suisse romande / Youtube

Séance(s) précédente(s)  :



Tenzin Wangyal Rinpoché, Le yoga du rêve (Ligmincha France et Suisse romande, 6 juin - 8 août 2017) - Playlist
1 Approfondir votre conscience jour et nuit
(à suivre)

* * *



Tenzin Wangyal Rinpoché, Méditer sur la Claire lumière pendant le sommeil (Ligmincha France et Suisse romande, 11 avril - 11 mai 2017) - Playlist (10 vidéos)

Cycle d'enseignement d'un mois sur le thème le sommeil de la claire lumière. Comment s'endormir avec conscience peut changer votre vie.
1 Méditer sur la Claire lumière pendant le sommeil
2 Questions-Réponses
3 Pratiques de jour pour se préparer à la nuit
4 Questions-Réponses
5 Qui êtes-vous quand vous vous endormez
6 Questions-Réponses
7 Dormir avec conscience, mourir sans peur
8 Préparez votre esprit pour le sommeil sacré
9 Suite
10 Questions-Réponses


  

mardi 20 décembre 2016

La science des rêves

MAJ de la page : Rêves sous contrôle

Cycle de 6 conférences à Cité Science : La science des rêves (mars-avril 2016)
Tout le monde rêve, même celui qui ne s’en souvient pas ! Pourquoi rêve-t-on ? Comment le cerveau endormi construit des récits détaillés et complexes ? Peut-on diriger ses rêves, maîtriser ses cauchemars ? Quel rôle jouent nos rêves sur notre mémoire et nos émotions ? Nos nuits n’ont pas livré tous leurs mystères.



Jacqueline Carroy, historienne des sciences à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Les rêves : toute une histoire (La science des rêves, 8 mars 2016)



Perrine Ruby, chargée de recherche au centre de neurosciences de Lyon, A la source des rêves (La science des rêves, 15 mars 2016)



Antonio Zadra, chercheur au centre d’études avancées en médecine du sommeil de l'hôpital du Sacré-Coeur, professeur titulaire de psychologie à l’Université de Montréal, Quand le rêve tourne au cauchemar (La science des rêves, 22 mars 2016)

samedi 17 décembre 2016

Rêves lucides, rêves sous contrôle



Dr. Daniel Erlacher, Institute for Sport Science, Université de Berne, Suisse : Rêves sous contrôles  (Paris, Universcience, 12 avril 2016)

Contrôler ses rêves pour être plus performant ! 
Les rêveurs lucides sont conscients de rêver et peuvent influer sur le cours de leurs rêves. Le rêve lucide aide à surmonter les cauchemars, développe la créativité et améliore les performances. Existe-t-il des prérequis pour expérimenter cet état de conscience modifiée ?
Source : FC


  

samedi 19 mars 2016

Qu'est-ce qu'un rêve lucide ?


XENIUS
Qu'est-ce qu'un rêve lucide ? (Allemagne, 2013)

Au niveau neurologique, les rêves sont très proches de l'état de veille, et ceux qu'on appelle les « rêveurs lucides » en sont la preuve : ils contrôlent leurs actions en plein sommeil comme s'ils étaient éveillés. Avec l'aide de rêveurs lucides, les chercheurs ont réussi à localiser les aires du cerveau qui fabriquent les rêves. Quelles conclusions la science peut-elle en tirer ?

Freud disait des rêves qu'ils sont « la voie royale de la connaissance de l'inconscient ». Pour les neurologues, ce ne sont que des « déchets » produits par l'activité neuronale. Toutes les disciplines scientifiques mènent aujourd'hui des recherches sur le rêve ; la récente découverte du phénomène du « rêve lucide » explique ce regain d'intérêt. Au niveau neurologique, les rêves sont très proches de l'état de veille, et ceux qu'on appelle les " rêveurs lucides " en sont la preuve : ils contrôlent leurs actions en plein sommeil comme s'ils étaient éveillés.

Avec l'aide de rêveurs lucides, les chercheurs ont réussi à localiser les aires du cerveau qui fabriquent les rêves. Étonnamment, ce sont les mêmes que celles qui sont actives en état de veille. Le cerveau ne fait-il vraiment pas la différence entre un baiser rêvé ou réel ? Quelles conclusions la science peut-elle en tirer ? Pourrions-nous utiliser nos songes pour nous entraîner à pratiquer des activités réelles, par exemple ?

Les présentateurs de Xenius Dörthe Eickelberg et Pierre Girard rencontrent la psychologue Ursula Voss dans le cadre onirique d'un parc d'attractions désaffecté. Celle-ci explique les particularités du rêve lucide. Elle révèle également comment il est possible de développer cette capacité et en quoi les rêveurs lucides peuvent être utiles à la science.
Source : Arte

Voir aussi les pages : Rêve Lucide

lundi 8 septembre 2014

Cerveau & Co

Le Sens des choses par Jacques Attali, Stéphanie Bonvicini
Source : FC


Le cerveau, la conscience et la subconscience 12.07.2014 avec : 
- Yves Agid, membre de l'Académie des Sciences, professeur émérite à l'université Pierre et Marie Curie, 
- Lionel Naccache, neurologue et neurophysiologiste, chercheur en sciences cognitives à l'Institut du Cerveau et de la moelle épinière  


Le cerveau, la mémoire et la décision 19.07.2014 avec : 
- Bruno Dubois est professeur de Neurologie à l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière, directeur de l’équipe Inserm « Cognition, Neuro-imagerie et Maladies du cerveau » du Centre de recherche de l'Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière .  
- Françis Eustache dirige l’équipe U1077 de l’Inserm de Caen, unique unité de recherche en France totalement dédiée à l’étude de la mémoire humaine. S 


Le cerveau et le langage 26.07.2014 avec : 
- Laurent Cohen : Docteur en médecine, neurologue, 
- Christophe Pallier : Polytechnicien et Docteur en sciences cognitives de l'Ecole des hautes études en sciences sociales, 


Le cerveau, le sommeil et les rêves 02.08.2014 avec : 
- Yves Dauvilliers est neurologue et directeur du laboratoire de sommeil au CHU de Montpellier. Spécialiste des troubles du sommeil, il est l'un des meilleurs spécialistes mondiaux de la narcolepsie.
- Isabelle Arnulf est Professeur de neurologie à l'université Pierre et Marie Curie et chef du service des pathologies du sommeil à l'hôpital Pitié-Salpêtrière. 


Le cerveau, la créativité artistique et la musique 09.08.2014 avec :
- Hervé Platel est spécialiste de la perception musicale. Internationalement reconnu pour ses travaux sur la neuropsychologie de la perception musicale, il a identifié les réseaux cérébraux impliqués dans la perception et la mémorisation de la musique. Il est professeur de Neuropsychologie à l’Université de Caen. 
- Yaron Herman est pianiste, né le 12 juillet 1981 à Tel-Aviv, il réside à Paris depuis ses 21 ans. Véritable prodige, influencé par des pianistes comme Keith Jarrett, Paul Bley ou Lennie Tristano, il puise aussi son inspiration dans le monde de la pop et de la musique classique.  


Le cerveau, les émotions et la dépression 16.08.2014 avec : 
- Christophe André  est médecin psychiatre dans le Service Hospitalo-Universitaire de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, au sein d’une unité spécialisée dans le traitement et la prévention des troubles émotionnels (anxieux et dépressifs). 
- Philippe Fossati est Docteur en médecine, psychiatre, professeur des Universités et praticien hospitalier en psychiatrie adulte à la Pitié-Salpétrière, enseignant de l'université Pierre & Marie Curie, Paris VI, chercheur à l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière, co-responsable de l’équipe ‘Neurosciences Sociales et Affectives’ CNRS UMR 1227 Inserm U 7225.  


Le cerveau et l'intelligence artificielle 23.08.2014 avec : 
- Laurent Alexandre, chirurgien-urologue, président de la société de séquençage de génome DNA Vision, en Belgique. Diplômé de Sciences Po, HEC et l'ENA 


Le cerveau et l'éducation 30.08.2014 avec : 
- Aldo Naouri a exercé la pédiatrie en cabinet à Paris pendant près de 40 ans.
Il a complété sa formation initiale par une psychanalyse personnelle lacanienne de 1973 à 1980, et par la fréquentation assidue d’un certain nombre d’équipes de recherches en Sciences Humaines (Processus Cognitifs à l’Ecole des Hautes Etudes, Anthropologie au Collège de France, Linguistique, Sociologie, etc…).  

vendredi 3 janvier 2014

Le mystère des rêves lucides

MAJ des pages : Stephen Laberge / Rêve Lucide



Le mystère des rêves lucides (Allemagne, 2013)
Ils parviennent à maîtriser et à orienter leurs songes. Cette enquête hallucinante sur le phénomène des rêveurs lucides s'appuie sur les dernières recherches en neurosciences.
Les rêveurs lucides – ou onironautes, du grec oneiros (rêve) et nautes (navigateur) – sont capables de tenir la barre lorsqu’ils naviguent sur les océans de leurs rêves. Ainsi, Melanie a pu profiter de ce curieux talent pour rencontrer Johnny Depp. Stephen, lui, a pu escalader le sommet himalayen du K2 en short et chemisette... Grâce à des outils d’investigation du cerveau de plus en plus sophistiqués (IRM, tomographie, etc.), les chercheurs ont pu mieux décrypter le phénomène. Pour en savoir plus, les réalisatrices sont parties à la rencontre d’équipes scientifiques de Stanford et de Berlin, et se sont rendues au Centre de recherches en neurosciences de Lyon et à un congrès à Berne. À travers ce voyage aux confins de l’inconscient, on découvre que les rêves éveillés découlent notamment de mouvements oculaires rapides et du sommeil lent paradoxal. Des aptitudes utiles quand on est artiste, à l’instar de Federico Fellini qui a consigné son “travail nocturne” – dont sont tirées ses pulpeuses créatures – sur quatre cents pages dans Le livre de mes rêves.
Source : Arte

Si vous avez des difficultés à voir la vidéo installez un : VPN

lundi 12 novembre 2012

Le troisième rêve de Descartes

MAJ des pages : René Descartes / et Eléments bibliographiques sur le Rêve lucide

Ce qu’il y a de singulier à remarquer, c’est que doutant si ce qu’il venait de voir était songe ou vision, non seulement il décida en dormant que c’était un songe, mais il en fit encore l’interprétation avant que le sommeil le quittât. (...) M. Descartes continuant d’interpréter son songe dans le sommeil, (...) Là dessus, doutant s’il rêvait ou s’il méditait, il se réveilla sans émotion et continua les yeux ouverts l’interprétation de son songe sur la même idée. (...)
Extraits du troisième rêve de Descartes dans : Adrien Baillet, La Vie de Monsieur Descartes, France (1691). 
Voir plus bas dans la page (rêve entier).

Descartes eut ces songes en novembre 1619, à l’âge de 23 ans, alors qu’il était engagé comme soldat dans les troupes du duc de Bavière, et stationné à Ulm, sur les bords du Danube. Le récit initial que fit Descartes de ces rêves étant perdu, ils ne nous sont plus connus que par la biographie de Baillet.
Source du texte : Récits de rêves

[Autre allusion au rêve lucide :]
Et tout de même qu'un esclave qui jouissait dans le sommeil d'une liberté imaginaire, lorsqu'il commence à soupçonner que sa liberté n'est qu'un songe, craint d'être réveillé et conspire avec ces illusions agréables pour en être plus longuement abusé, (...)
Extrait de : Méditations métaphysiques (Méditation première), 1641.


* * *




Crâne du philosophe

Troisième rêve de Descartes
Un livre sur la table

Un moment après il eut un troisième songe, qui n’eut rien de terrible comme les deux premiers. Dans ce dernier il trouva un livre sur sa table, sans savoir qui l’y avait mis. Il l’ouvrit, et voyant que c’était un Dictionnaire, il en fut ravi dans l’espérance qu’il pourrait lui être fort utile. Dans le même instant, il se rencontra un autre livre sous sa main, qui ne lui était pas moins nouveau, ne sachant d’où il lui était venu. Il trouva que c’était un recueil des poésies de différents auteurs, intitulé Corpus Poetarum, etc. Il eut la curiosité d’y vouloir lire quelque chose : et à l’ouverture du livre il tomba sur le vers «Quod vitae sectabor iter ? » [«Quel chemin suivrai-je dans la vie» ?] Au même moment il aperçut un homme qu’il ne connaissait pas, mais qui lui présenta une pièce de vers, commençant par «Est et Non» (1), et qui la lui vantait comme une pièce excellente. M. Descartes lui dit qu’il savait ce que c’était, et que cette pièce était parmi les «Idylles» d’Ausone qui se trouvait dans le gros Recueil des Poètes qui était sur sa table. Il voulut la montrer lui-même à cet homme et il se mit à feuilleter le livre dont il se vantait de connaître parfaitement l’ordre et l’économie. Pendant qu’il cherchait l’endroit, l’homme lui demanda où il avait pris ce livre, et M. Descartes lui répondit qu’il ne pouvait lui dire comment il l’avait eu, mais qu’un moment auparavant il en avait manié encore un autre qui venait de disparaître, sans savoir qui le lui avait apporté, ni qui le lui avait repris. Il n’avait pas achevé, qu’il revit paraître le livre à l’autre bout de la table. Mais il trouva que ce Dictionnaire n’était plus entier comme il l’avait vu la première fois. Cependant il en vint aux poésies d’Ausone dans le recueil des poètes qu’il feuilletait et ne pouvant trouver la pièce qui commence par «Est et non», il dit à cet homme qu’il en connaissait une du même poète encore plus belle que celle-là, et qu’elle commençait par «Quod vitae sectabor iter ? » La personne le pria de la lui montrer, et M. Descartes se mettait en devoir de la chercher, lorsqu’il tomba sur divers petits portraits gravés en taille douce : ce qui lui fit dire que ce livre était fort beau, mais qu’il n’était pas de la même impression que celui qu’il connaissait. Il en était là, lorsque les livres et l’homme disparurent, et s’effacèrent de son imagination, sans néanmoins le réveiller.

Ce qu’il y a de singulier à remarquer, c’est que doutant si ce qu’il venait de voir était songe ou vision, non seulement il décida en dormant que c’était un songe, mais il en fit encore l’interprétation avant que le sommeil le quittât. Il jugea que le dictionnaire ne voulait dire autre chose que toutes les sciences ramassées ensemble et que le recueil de poésies intitulé Corpus Poetarum, marquait en particulier et d’une manière plus distincte la philosophie et la sagesse jointes ensemble. Car il ne croyait pas qu’on dût s’étonner si fort de voir que les poètes, même ceux qui ne font que niaiser, fussent pleins de sentences plus graves, plus sensées, et mieux exprimées que celles qui se trouvent dans les écrits des philosophes. Il attribuait cette merveille à la divinité de l’enthousiasme, et à la force de l’imagination, qui fait sortir les semences de la sagesse (qui se trouvent dans l’esprit de tous les hommes comme les étincelles de feu dans les cailloux) avec beaucoup plus de facilité et beaucoup plus de brillant même, que ne peut faire la raison dans les philosophes. M. Descartes continuant d’interpréter son songe dans le sommeil, estimait que la pièce de vers sur l’incertitude du genre de vie qu’on doit choisir, et qui commence par «Quod vitae sectabor iter ?», marquait le bon conseil d’une personne sage, ou même la théologie morale.

Là dessus, doutant s’il rêvait ou s’il méditait, il se réveilla sans émotion et continua les yeux ouverts l’interprétation de son songe sur la même idée.

Par les poètes rassemblés dans le recueil il entendait la révélation et l’enthousiasme, dont il ne désespérait pas de se voir favorisé. Par la pièce de vers Est et Non, qui est le Oui et le Non de Pythagore, il comprenait la Vérité et la Fausseté dans les connaissances humaines, et les sciences profanes. Voyant que l’application de toutes ces choses réussissait si bien à son gré, il fut assez hardi pour se persuader que c’était l’esprit de vérité qui avait voulu lui ouvrir les trésors de toutes les sciences par ce songe. Et comme il ne lui restait plus à expliquer que les petits portraits de taille-douce qu’il avait trouvés dans le second livre, il n’en chercha plus l’explication après la visite qu’un peintre italien lui rendit dès le lendemain.

Ce dernier songe qui n’avait eu rien que de fort doux et de fort agréable, marquait l’avenir selon lui et il n’était que pour ce qui devait lui arriver dans le reste de sa vie. Mais il prit les deux précédents pour des avertissements menaçants touchant sa vie passée, qui pouvait n’avoir pas été aussi innocente devant Dieu que devant les hommes. Et il crut que c’était la raison de la terreur et de l’effroi dont ces deux songes étaient accompagnés. Le melon dont on voulait lui faire présent dans le premier songe, signifiait, disait-il, les charmes de la solitude, mais présentés par des sollicitations purement humaines. Le vent qui le poussait vers l’église du collège, lorsqu’il avait mal au côté droit, n’était autre chose que le mauvais génie qui tâchait de le jeter par force dans un lieu où son dessein était d’aller volontairement. C’est pourquoi Dieu ne permit pas qu’il avançât plus loin, et qu’il se laissât emporter même en un lieu saint par un esprit qu’il n’avait pas envoyé quoiqu’il fût très persuadé que ç’eût été l’esprit de Dieu qui lui avait fait faire les premières démarches vers cette église. L’épouvante dont il fut frappé dans le second songe, marquait, à son sens, sa syndérèse, c’est-à-dire, les remords de sa conscience touchant les péchés qu’il pouvait avoir commis pendant le cours de sa vie jusqu’alors. La foudre dont il entendit l’éclat, était le signal de l’esprit de vérité qui descendait sur lui pour le posséder.
Cette dernière imagination tenait assurément quelque chose de l’enthousiasme : et elle nous porterait volontiers à croire que M. Descartes aurait bu le soir avant que de se coucher. En effet c’était la veille de Saint Martin, au soir de laquelle on avait coutume de faire la débauche au lieu où il était, comme en France. Mais il nous assure qu’il avait passé le soir et toute la journée dans une grande sobriété, et qu’il y avait trois mois entiers qu’il n’avait bu de vin. Il ajoute que le génie qui excitait en lui l’enthousiasme dont il se sentait le cerveau échauffé depuis quelques jours, lui avait prédit ces songes avant que de se mettre au lit, et que l’esprit humain n’y avait aucune part. Quoi qu’il en soit, l’impression qui lui resta de ces agitations, lui fit faire le lendemain diverses réflexions sur le parti qu’il devait prendre. L’embarras où il se trouva, le fit recourir à Dieu pour le prier de lui faire connaître sa volonté, de vouloir l’éclairer et le conduire dans la recherche de la vérité. Il s’adressa ensuite à la sainte vierge pour lui recommander cette affaire, qu’il jugeait la plus importante de sa vie. Et pour tâcher d’intéresser cette bien-heureuse mère de Dieu d’une manière plus pressante, il prit occasion du voyage qu’il méditait en Italie dans peu de jours, pour former le voeux d’un pèlerinage à Notre-Dame De Lorette. Son zèle allait encore plus loin, et il lui fit promettre que dès qu’il serait à Venise, il se mettrait en chemin par terre, pour faire le pèlerinage à pied jusqu’à Lorette : que si ses forces ne pouvaient pas fournir à cette fatigue, il prendrait au moins l’extérieur le plus dévot et le plus humilié qu’il lui serait possible pour s’en acquitter. Il prétendait partir avant la fin de novembre pour ce voyage. Mais il paraît que Dieu disposa de ses moyens d’une autre manière qu’il ne les avait proposés. Il fallut remettre l’accomplissement de son voeux à un autre temps, ayant été obligé de différer son voyage d’Italie pour des raisons que l’on n’a point sues, et ne l’ayant entrepris qu’environ quatre ans depuis cette résolution. Son enthousiasme le quitta peu de jours après : et quoique son esprit eût repris son assiette ordinaire, et fut rentré dans son premier calme, il n’en devint pas plus décisif sur les résolutions qu’il avait à prendre. Le temps de son quartier d’hiver s’écoulait peu à peu dans la solitude de son poêle et pour la rendre moins ennuyeuse, il se mit à composer un traité, qu’il espérait achever avant pâques de l’an 1620. Dès le mois de février il songeait à chercher des libraires pour traiter avec eux de l’impression de cet ouvrage. Mais il y a beaucoup d’apparence que ce traité fut interrompu pour lors, et qu’il est toujours demeuré imparfait depuis ce temps-là. On a ignoré jusqu’ici, ce que pouvait être ce traité qui n’a peut-être jamais eu de titre. Il est certain que les olympiques sont de la fin de 1619, et du commencement de 1620 ; et qu’ils ont cela de commun avec le traité dont il s’agit, qu’ils ne sont pas achevés. Mais il y a si peu d’ordre et de liaison dans ce qui compose ces olympiques parmi ses manuscrits, qu’il est aisé de juger que M. Descartes n’a jamais songé à en faire un traité régulier et suivi, moins encore à le rendre public.

(1) Le vers d'Ausone commençant par Est et non est une façon typique d'exprimer le doute, qui oscillant entre le Oui et le Non. Il est à remarquer que, par la suite, Descartes va d'abord commencer le Discours de la méthode par les mots Dubito ergo sum. Le fragment poétique qui apparaît dans ce rêve correspond donc bien à une démarche fondamentale du philosophe.
Extrait de : Adrien Baillet, La Vie de Monsieur Descartes, France (1691)
Source du texte : Récits de Rêves
Rêve 1 (Aux prise avec le vent) / Rêve 2 (Un coup de tonnerre)






jeudi 11 octobre 2012

Vimala Thakar


Vimala Thakar (1923-2009) est une Indienne et un auteur connu dans les milieux anglophones pour ses ouvrages de spiritualité qui sont souvent la mise noir sur blanc des nombreuses conférences et échanges donnés tout au long de trente années de voyage dans le monde entier.
   Elle est née en Inde, dans la province du Mahârâstra, près de Bombay en 1923, dans une famille de brahmanes. Elle y a grandi dans un climat de cosmopolitisme religieux et de tendresse familiale auquel elle dit devoir beaucoup.
Après une formation universitaire et un voyage aux États-Unis et en Angleterre qui l'a mise en contact avec les disciplines scientifiques et les réalités technologiques, elle a rencontré Vinoba Bhave, héritier spirituel de Gandhi, soucieux de promouvoir une révolution sociale non-violente dans la société indienne. Elle est alors entrée dans le mouvement Bhoodan et y a passé huit années durant lesquelles elle a visité presque tous les états de l'Inde, tenant des meetings, organisant des camps de travail, collectant des dons de terres pour les distribuer aux paysans.
   Elle s'est formée durant ces voyages et à travers des séjours à l'étranger où elle a pu observer les effets de différentes formes de gouvernement et prendre conscience des méfaits causés par le racisme et les nationalismes de toutes sortes. Elle en a conclu à l'impuissance des systèmes politiques à rendre les hommes libres et heureux.
   Elle a connu alors une crise spirituelle profonde et une remise en cause de toutes ses certitudes. Elle parle elle-même d'une nouvelle et douloureuse naissance. La rencontre de Krishnamurti a joué un rôle dans ce retournement et a fait basculer son désir de révolution sociale en une exigence préalable de transformation personnelle. En 1961, celui-ci lui a conseillé de changer son fusil d'épaule et de déplacer son champ de parole et d'action du domaine social au domaine spirituel. A commencé alors un long périple à travers le monde pour partager avec qui voulait l'entendre sa conviction sur la nécessité d'une libération intérieure. Le récit de ces voyages a été publié en Inde en 1996 par sa secrétaire Kaiser Irani, sous le titre Vimalaji's Global Pilgrimage.
Comme Krishnamurti, Vimala n'a cessé de récuser en matière spirituelle le principe d'autorité. Ce n'est pas un enseignement hiérarchiquement cadré qu'elle a proposé mais un compagnonnage dans la recherche : "Je ne suis pas une autorité qui fait des exposés ou des discours, disait-elle. Je partage avec des amis, et ce partage est méditation." Vimala est décédée le 11 mars 2009 à Mont Abu (Rajasthan), à l'âge de 87 ans.
Source du texte : familledelaye
Autre biographie : Vimala Thakar fr / Alain Delaye (PDF)


Bibliographie (en français) :
- La Méditation un mode de vie (1975), précédé de Un éternel voyage (1968), suivi de La Bénédiction d'être vivant (1986), Ed. Le Courrier du Livre, rééd. 2010.
- L'Energie du Silence, Ed. L'Originel, 1991, 2010.
- La Méditation un état d'être, Ed. Terre Blanche, 1995.
- Le Yoga au delà de la méditation, Ed. Altess, 1996, 2000
- Les Secrets de la Bhagavad Gita, Ed. Le lotus d'or 2008.
- L'Ombre du Silence, recueil de 33 poèmes de Vimala, Ed. Signatura, 2010.
En ligne : 
Site dédié (avec des textes, poèmes, trad. et commentaires de la Bhagavad Gita en PDF) : Vimala Thakar fr


L'Ombre du Silence :
La Parole est l'ombre du Silence.
L'ombre n'a pas en soi de substance,
La parole n'a pas en soi de consistance.
Ceux qui essaient de mesurer
Une Substance par son ombre
Ne parviennent nulle part.
Ceux qui essaient de mesurer
Le Silence par la Parole
Ne parviennent nulle part.
Ne mesure pas avec des mots
La profondeur du Silence.
N'évalue pas avec des mots
Le contenu du Silence.
Ne juge pas avec des mots
La qualité du Silence.
La Parole est l'ombre du Silence
Source du poème : vimalathakar


Mes amis, le défi fondamental consiste à entrer soi-même en révolution et à permettre qu'un être humain naisse en soi. La voie à suivre pour cela est celle de la méditation. La méditation est une attention incluant tout.
Dans la méditation, le silence de l'esprit total aiguise votre être entier ; chaque cellule de l'être devient active. C'est pourquoi la totalité entrant en action et œuvrant avec le mouvement de la vie est un évènement prodigieux.
Quand l'esprit total devient silencieux, ce silence imprègne l'être entier. Savez-vous ce qu'est l'imprégnation du silence dans l'être ? L'imprégnation du silence dans la totalité de votre être est pure conscience. Nous n'avons pas de motifs, nous n'avons pas de buts, rien à acquérir et rien à sauver ; ainsi le mécanisme de défense ne fonctionne pas. La totalité de votre être devient consciente de tout ce qui se passe en vous et en dehors de vous, exactement depuis les orteils jusqu'à la tête. Vous devenez ainsi mouvement de conscience pure en chair et en os. Oh ! la beauté de cela. (...)
Extraits de l'Énergie du silence (Éd. Accarias - 1991)
Source (et suite) du texte : familledelaye


Exploration du Non-connu.
Quand l'état d'observation pénètre nos heures de veille, il commence aussi à pénétrer notre sommeil . Alors nous sommes conscient dans le sommeil tout comme nous sommes conscients durant nos heures de veille. Ceci n'est pas de la poésie: cela se produit vraiment. La méditation est un éveil sans effort à la fois au sommeil et aux heures de veille. Il y a la profonde relaxation du sommeil durant les heures de veille et la conscience des heures de veille dans le sommeil profond. Alors  il y a un mouvement dans la vie parce que les heures de veille et le sommeil ne deviennent pas deux dimensions différentes, mais une seule dimension.
Quand l'état d'observation est maintenu tout au long  du jour et de la nuit, le contenu du subconscient commence à émerger dans la conscience. Bien que chacun de nous ait en lui l'expérience et la connaissance de toute  l'humanité, les contenus sont habituellement cachés dans les couches profondes de la conscience. Par une observation maintenue, le subconscient arrive à être exposé à l'attention et révèle son contenu. Le
contenu du subconscient peut être ramené à la conscience sous  forme de visions et d'expériences. (...)
Nous devons passer à  travers le tunnel des rencontres avec le subconscient, sans devenir attachés aux expériences non sensuelles . Il n'est pas nécessaire de supprimer ces expériences - il faut leur permettre de se produire - mais sans attacher beaucoup d'importance à leur apparition.
Extraits de : La méditation une manière d'être (PDF)
Voir aussi sur le blogue : rêves lucides


"Vimalaji", lui dis-je," de nos jours, beaucoup de personnes s’intéressent à la spiritualité, et pourtant il semble que seul un très petit nombre font l’expérience d’une transformation radicale de leur conscience et de leur vie."
Vimala me répond immédiatement : " Mon cher ami, c’est qu’ils ne dédient pas leur vie à la vérité qu'ils comprennent. Ils désirent les plaisirs de ce monde, être reconnus dans ce monde. La spiritualité est un de leurs désirs. Ce n'est pas la priorité suprême. Commencer immédiatement à vivre la vérité, tu comprends !
"Intellectuellement, les gens peuvent aspirer à l'émancipation ou à l'éveil, mais d’un point de vue émotionnel ils adorent avoir de petites attaches. Ils continuent à tisser la toile des servitudes. Ils veulent avoir une appartenance affective - par la famille, la religion. Au nom de la sécurité, ils créent ces loyautés affectives et un sentiment d'appartenance exclusive, alors qu'intellectuellement ils aspirent à la liberté absolue, l'éveil. Comment ces deux choses peuvent-elles cohabiter ?
"Elles sont incompatibles, et pourtant les êtres humains qui deviennent des sadhakas, des chercheurs spirituels, mènent une double vie. Ils ne sont pas malhonnêtes - je parle d'une division intérieure. Ils se contentent d'être au courant, qu'il existe une libération, de lire sur ce sujet, d'en rêver. Ils en sont satisfaits parce que le mot 'libération' a le pouvoir d’enivrer, l'émotion créée par la signification de ce mot est une ivresse. Et ils se nourrissent de cette ivresse. Mais en fait, il n'y a rien dans les faits. Alors cette division intérieure produit ce phénomène pathétique qu'ils se retrouvent les mains vides, au soir de leur vie. Ils n'ont gardé que les coquilles vides des mots et non la substance intérieure de la libération."
Extrait d'un entretien mené par Chris Parish
Source (et suite) : enlightenext


lundi 1 octobre 2012

Alejandro ou Alexandro Jodorowsky


Alejandro (ou Alexandro) Jodorowsky, dit « Jodo », né le 17 février 1929 à Tocopilla (Chili), est un réalisateur, acteur, auteur d’une poignée de films ésotériques, surréalistes et provocateurs ; il est également auteur de « performances » Panique (groupe actionniste qu’il crée avec Roland Topor et Fernando Arrabal), mime, romancier, essayiste, poète et prolifique scénariste de bande dessinée, chilien et français.
Source (et suite) du texte : wikipedia


Bibliographie, filmographie voir : wikipedia


Avez-vous commencé à faire des rêves lucides après l'avoir lu [Le Rêve et les moyens de les diriger, d'Hervey de Saint-Denis], ou était-ce déjà pour vous une expérience familière ?
J'ai eu l'incroyable chance de faire mon premier rêve lucide à l'âge de dix-sept ans. Dans le rêve, je me trouvais au cinéma ou l'on projetait un dessin animé digne de Dali. Soudain, je me suis vu assis au milieu de la salle et j'ai réalisé que j'étais en train de rêver ! J'ai regardé vers la sortie, mais comme je n'étais qu'un adolescent dépourvu de toute culture spirituelle ou psychanalytique, je me suis dit : "Si je passe cette porte, je vais entrer dans un autre monde et mourir."
J'ai alors été saisi de panique ! La seule solution était de me réveiller et j'ai fait d'énormes efforts pour sortir du rêve, jusqu'au moment où il m'a semblé monter des profondeurs vers mon corps qui se trouvait comme en surface. Tout d'un coup, j'ai réintégré mon  enveloppe et me suis réveillé. Ce fut ma première expérience, pour moi tout-à-fait terrifiante. Par la suite, j'ai commencé à me familiariser avec le rêve lucide.

Comment être sûr que l'on rêve ? Après tout, je pourrais tout aussi bien décider maintenant, tandis que nous nous entretenons, que je suis en train de rêver...
au début, je procédais à une vérification. De mes deux mains, je prenais appui dans l'air, comme sur une table invisible et me lançais vers le haut. Si je flottais, je savais être en train de rêver. Ensuite, je faisais un looping et commençais à travailler sur le songe. Je vais vous lire un rêve lucide noté dans mon cahier jaune en 1970 et qui revêtit pour moi une importance particulière, j'y mis en effet pour la première fois en pratique la technique précédemment décrite :
"Je suis seul dans une maison inconnue. Tout m'a l'air absolument réel mais, sans savoir pourquoi, puisque rien ne me l'indique, je me dis :"Peut-être suis-je en train de rêver... Si je rêve, il m'est possible de voler, voyons voir..." Je fais un effort, prends appui sur l'air avec mes mains et me lance vers le haut. Je flotte dans la pièce. "C'est un rêve", me dis-je. Je décide de profiter de cette expérience pour bien voler, non pas me regarder voler, mais me sentir voler. Je fais un tour complet sur moi-même, je monte et descend. Je suis satisfait. Je décide de planer dans toute la maison. (...)

Votre pratique du rêve est, je suppose, passé par différentes étapes...
J'ai commencé par être le maître du jeu, je me disais : "Je veux voir passer des éléphants en Afrique." Quelques secondes plus tard, je me trouvais en Afrique et regardais passer un troupeau d'éléphants. Je pouvais changer de décors, décider d'aller au pôle Nord voir des milliers de pingouins .. Cela me procurait un tel plaisir que je finissais par me réveiller. Par la suite, je me suis livré à toutes sortes d'expériences sur moi-même. Désirant savoir ce que c'était que de mourir, je me suis jeté du haut d'un édifice et me suis écrasé à terre. Immédiatement, je me suis retrouvé vivant dans un autre corps parmi la foule qui regardait le cadavre du suicidé. J'ai ainsi découvert que le cerveau ignore la mort. (...)

Où réside la dimension initiatique de ces expériences ? 
Dans le fait que dès que je commençais à faire l'amour avec toutes ces femmes animales, le désir me happait, si bien que je perdais la lucidité et que le rêve échappait à mon contrôle. J'avais oublié que je rêvais. Idem pour la richesse. Dès que la fascination de l'argent me happait, mon rêve cessait d'être lucide. Chaque fois que je tentais d'assouvir mes passions humaines, le scénario m'absorbait et je perdais toute lucidité. Ce fut une grande leçon : j'ai compris que dans la vie comme dans le rêve, pour rester lucide, il fallait être détaché, agir sans être identifié à l'action. Voilà un vieux principe spirituel dont le rêve lucide m'a rappelé l'importance. Le désir et la peur sont, comme l'affirment toutes les traditions, les deux faces de notre identifications.
Justement, le rêve m'a aussi montré comment me comporter face à mes frayeurs. Fut une période ou je faisais souvent le même cauchemars : je me trouvais dans un désert quand surgissait de l'horizon comme un immense nuage de négativité  une entité psychique décidée à me détruire. Je me réveillais avec un hurlement, tout en sueur... Un jour, j'en ai eu marre et ai décidé de m’offrir en sacrifice à cette entité. Au plus fort du rêve, dans un état de terreur lucide, je me suis dit : "OK, j'arrête de vouloir me réveiller. Tu n'as qu'à venir me détruire." L'entité s'est approchée puis, d'un seul coup, a disparu. Je me suis réveillé quelques secondes pour me rendormir d'un sommeil paisible et réparateur. J'ai alors compris que nous alimentons nous-mêmes nos propres terreurs. Ce qui nous fait peur perd tout pouvoir sur nous dès lors que nous lâchons prise. C'est l'un des enseignements classiques du rêve lucide. J'ai ainsi pu à plusieurs reprises éroder ma peur du trépas en traversant ma propre mort. (...)

Extrait de : Alexandro Jodorowsky, interview de Gilles Farcet, Le théâtre de la guérison (chap. III, L'Acte onirique), Ed. Albin Michel, 1993.
Commande sur Amazon : Le théâtre de la guérison










mercredi 26 septembre 2012

Rêve lucide - bibliographie, liens




René Magritte, l'Empire des lumières

Il est rare que le jour et la nuit soient surpris ensemble. Cela arrive et c'est alors particulièrement exem­plaire. Quelle bonne, souveraine har­monie ils font alors, si toutefois le jour est calme, très calme, imprégné de mystère. Grâce au mystère, alors, la nuit sans difficulté s'unit au jour. Ils s'unissent et tout ensemble s'accom­plissent dans un grand apaisement.
Celui qui ne s'est pas laissé lier par les attaches naturelles des choses, lesquelles conduisent à l'es­clavage, ne s'en émeut pas. A quoi tient la nature ? A si peu de chose, qu'une simple peinture change.
Un ciel bleu et blanc, un ciel de clair après-midi n'arrive pas à éclairer des arbres pourtant bien déta­chés, ni non plus une maison isolée, qu'un réverbère seul révèle, l'éclairant d'une lumière blafarde. L'atmosphère est quiète, trop quiète, d'une immo­bilité qui alerte. Mais rien n'arrivera. Tout est déjà arrivé ; arrêté depuis on ne peut savoir combien de temps.
Henri Michaux, extrait de : En rêvant de peintures énigmatiques, Ed. Fata Morgana, 1972


* * *

ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES sur le rêve lucide (en français), par date de publication :
Hervey de Saint-Denys, Les rêves et les moyens de les diriger (1867), Ed. Cartouche, 2007
Patricia Garfield, La créativité onirique (1974 en anglais), Ed. La table ronde, 1983.
Marc-Alain Descamps, La maîtrise des rêves, Ed. Universitaire, 1983.
Olivier Clerc, Vivre ses rêves. Techniques pour se rappeler, interpréter, programmer ses rêves et pour induire des rêves lucides, Ed. Helios, 1984.
Collectif (Christian Bouchet, Marc-Alain Descamps, Pierre Weil), La Révolution transpersonnelle des rêves,  Éd. Trismégiste, 1988
Stephen Laberge, Le rêve lucide, le pouvoir de l'éveil et de la conscience dans vos rêves (1985 - en anglais), Ed. Oniros, 1991.Stephen LaBerge,
- S'éveiller en rêvant : Introduction au rêve lucide, Éd.  Almora, 2008.
Tenzin Wangyal, Yogas tibétains du rêve et du sommeil (1988 - en anglais), Ed. Claire Lumière, 1991.
Philippe Kernforne, Les Rêves lucides, diriger ses rêves et maîtriser sa vie, Ed. Berlfond, 1991
Chögyam Namkhai Norbu, Le Yoga du rêve, Ed. Accarias L'originel, 1993.

- Le cycle du Jour et de la Nuit (1984), Ed. Lattès, 1998.
Carlos Castaneda, L'Art de rêver, les quatre portes de la perception de l'univers (1993 en anglais), Ed. du Rocher, 1994.
Christian Bouchet, Le Rêve lucide, thèse de doctorat, document non publié, 1994.

Alejandro Jodorowsky, entretien avec Gilles Farcet, Le théâtre de la guérison (chap. III, l'Acte onirique), Ed. Albin Michel, 1993.
Charles McPhee, L'aventure du rêve lucide, comment traverser vos nuits en pleine conscience, Ed. Lattès, 1996.
Michel Nachez, Les états non ordinaires de conscience, thèse en anthropologie, Ed. Presse universitaire du Septentrion, 2000.
Sandrine Colas, La Pratique du rêve lucide : Comment programmer et interpréter ses rêves, Éd. Anagramme, 2001.
Magali Chetrit, Approche psychanalytique du rêve « lucide », thèse de doctorat de psychologie, Université Paris XIII, Villetaneuse, diffusion ANRT, 2002.
Marc Alain Descamps, Les rêves, les comprendre, les diriger, Ed. Dangles, 2006.
Alexandre Quaranta, Rêver pour s'éveiller, Manuel pour l'exploration paradoxale du rêve lucide, Ed. en ligne, Lulu.com, 2007.
- Au coeur du rêve, Enquête autour de l'éveil paradoxal et libérateur au miracle infini de la pure conscience de soi, thèse en philosophie, Université de Nice, document non publié, 1994-1997.
- Le Rêve Lucide : Des Paradoxes à L’Extase. Mémoire de maîtrise de philosophie, document non publié, 1993.
Lalie Walker, Vivre le rêve, Accéder au rêve lucide, Ed. De la Martinière, 2007.
Mark Mc Elroy, Le rêve lucide pour débutant, technique simple pour créer des rêves interactifs, Ed. Ada, 2008.
Carine Lemarchand, Approche psychanalytique du rêve lucide, mémoire de psychologie clinique et pathologique, Université de Caen, document non publié, septembre 2008.
 En ligne : PDF 
Emmanuel Wathelet, Rêver lucidement. Une approche phénoménologique de la conscience du rêve au sein du rêve. Entre la mythification des années 60 et le scientisme contemporain, mémoire en Presse et Information Spécialisées, Bruxelles, Institut des Hautes Études des Communications Sociales, document non publié, 2009. En ligne : PDF
Rudy Vavril, Rêve lucide et pensée chinoise, étude de méthodes onirothérapeutiques, thèse de doctorat d'études chinoises, Université Jean Moulin Lyon 3, Ed. Universitaire européenne, 2010.

Voir aussi : 
Le troisième rêve de Descartes (dans la biographie de Adrien Baillet, 1691)

REVUES :
Oniros, Le Rêve Lucide : Points de Vue et développements, n°34-35, 1991.
Rever, 4 exemplaires, 1997


COMPLEMENT BIBLIOGRAPHIQUE (avec des ouvrages dans d'autres langues) voir : Christian Bouchet

LIENS (sites internet, blog, forum) par ordre alphabétique :
Atttrape-songe (site)
Florence Ghibellini (site) / F. Ghibellini (forum)
Jean-Paul Lacharme (PDF)
Ld4all (site) / Ld4all (forum)
Oniros (site) / Oniros (forums)
Rêveurslucides (blog) / Rêveurslucides (forum)
Tobelucid (site) / Tobelucid (forum)
Wikibooks (le rêve lucide) : Introduction / Rappel de rêve / Techniques d'induction / Utilisation / Annexes
Wikipedia (le rêve lucide)






mardi 25 septembre 2012

Tenzin Wangyal (2) - Rêve de claire lumière

Voir la page du blog : Tenzin Wangyal




RÊVE DE CLAIRE LUMIERE

Le rêve de claire lumière est un troisième type de rêve, qui apparaît lorsqu'on est très avancé sur le chemin. Il naît du prana primordial dans le canal central. La claire lumière généralement évoquée dans les enseignements sur le yoga du sommeil désigne un état dépourvu de rêve, de pensée et d'image. Mais il existe aussi un rêve de claire lumière, dans lequel le rêveur reste dans la nature de l'esprit. Ce n'est pas un accomplissement facile ; le pratiquant doit être très stable dans la conscience non-duelle avant qu'apparaissent les rêves de claire lumière. L'auteur d'un important commentaire du Tantra Mère, Gyaltsèn Milu Samlèk, écrit qu'il pratiqua assidûment pendant neuf ans avant d'avoir des rêves de claire lumière.

Développer l'aptitude aux rêves de claire lumière et développer l'aptitude à rester dans la présence non-duelle de rigpa pendant la journée sont comparables. Au commencement, rigpa et la pensée semblent différents : quand on est en rigpa, il n'existe pas de pensées et si des pensées surviennent, on perd rigpa. Mais quand on a acquis la stabilité en rigpa, la pensée vient et s'en va sans le moins du monde obscurcir rigpa ; le pratiquant demeure dans la conscience non-duelle. Cette situation ressemble à l'apprentissage du jeu simultané de la cloche et du tambourin pendant un rituel : au début, on ne peut jouer qu'un instrument à la fois. Si l'on joue de la cloche, on perd le rythme du tambourin, et vice-versa. Ensuite, on trouve l'équilibre et l'on est capable de jouer simultanément des deux.

Le rêve de claire lumière n'est pas analogue au rêve de clarté. Ce dernier, qui naît d'aspects profonds et relativement purs de l'esprit, et qui est engendré par des empreintes karmiques positives, reste néanmoins dans la dualité. Le rêve de claire lumière, bien qu'il émerge d'empreintes karmiques du passé, n'aboutit pas à une expérience dualiste. Le pratiquant ne se retrouve pas sujet observant un rêve objet, ni sujet dans le monde du rêve, mais demeure entièrement intégré à rigpa non-duel.
Les différences entre les trois sortes de rêves peuvent paraître subtiles. Le rêve samsarique s'élève à partir des empreintes karmiques et des émotions individuelles, qui façonnent tout son contenu. Le rêve de clarté contient une connaissance plus objective, qui naît des empreintes karmiques collectives et est accessible à la conscience lorsque celle-ci n'est plus prisonnière des empreintes karmiques personnelles. La conscience n'étant alors plus liée par l'espace, le temps et l'histoire personnelle du rêveur, celui-ci peut contacter des êtres réels, recevoir des enseignements de maîtres réels, et trouver des informations bénéfiques pour lui-même et pour autrui.
Le rêve de claire lumière n'est pas défini d'après son contenu. Il est rêve de claire lumière parce qu'il ne s'y trouve pas de rêveur-sujet ou pourvu d'un ego, ni de moi en relation duelle avec le rêve ou son contenu. Le rêve n'est qu'un mouvement de l'esprit qui ne perturbe pas la stabilité du pratiquant établi dans la claire lumière.


[Tableau récapitulatif  des trois types de rêve:]

RÊVE ORDINAIRE - non-lucide ou lucide
(naît d'empreintes karmiques personnelles)
RÊVE DE CLARTÉ  - non-lucide ou lucide
(naît d'empreintes karmiques transpersonnelles)
RÊVE DE CLAIRE LUMIERE - lucide
(non-dualité) (au-delà de la dualité sujet/objet)

Extrait de : Tenzin Wangyal, Yoga tibétains du rêve et du sommeil, Ed. Claire Lumière, 1998.
Commande sur Amazon : Yogas Tibetains du Reve et du Sommeil


Chögyam Namkhai Norbu (2) - La pratique de la nuit

Voir la page : Chögyam Namkhai Norbu


Ajanta (Inde) vers 450-525


Quand l'état de rêve se lève
Ne reposez pas dans l'ignorance comme un cadavre. 
Pénétrez dans la sphère naturelle de l'attention inébranlable. 
Reconnaissez vos rêves et transformez l'illusion en luminosité. 
Ne dormez pas comme un animal. 
Accomplissez la pratique qui mêle le sommeil et la réalité. 
(Prière bouddhiste). 

La nuit est très importante pour nous, être humains, car nous y consacrons la moitié de notre vie, pourtant, le plus souvent, tandis que nous dormons tranquillement, tout ce temps se volatilise sans que nous y ayons investi aucun effort ou engagement. Il faut être tout à fait conscient que la pratique peut se faire à tout moment, même pendant le sommeil ou les repas, par exemple. Aussi la pratique de la nuit est-elle très importante, je vais maintenant en expliquer le théorie et la pratique.
L'expression "pratique de la nuit" évoque généralement pour nous la pratique du rêve lucide. Cependant, dans l'enseignement dzogchen, la pratique du travail sur le rêve - et le développement de la lucidité - ne sont pas essentiels. Ils constituent une pratique secondaire. Dans le cas de la pratique du rêve, secondaire signifie que cette pratique peut se manifester spontanément et automatiquement comme conséquence de la pratique principale, que l'on appelle "pratique de la lumière naturelle". 
Cette pratique se rapporte en fait à l'état qui précède le rêve. Considérons, par exemple, un individu qui s'endort. L'expression "s'endort" signifie que tous ses sens se retirent de lui : dormir, c'est cela. A partir de ce moment, il y a un passage, une période de transition, avant le début des rêves. Cette période peut être longue ou courte.  
Chez certaines personnes, l'état de rêve commence presque aussitôt qu'elles s'endorment. Mais qu'entend-on par "l'état de rêve commence" ? Que l'esprit se met à fonctionner à nouveau. 
Par contre, ce que l'on appelle l'état de lumière naturelle n'est pas un moment ou un état dans lequel l'esprit est actif. C'est la période qui débute quand vous vous endormez et qui s'achève quand l'esprit recommence à être actif. Qu'est-ce qui lui succède ? Ce que l'on appelle le milam bardo. 
Il existe une correspondance entre, d'une part, les états de sommeil et de rêve et, de l'autre part, ce dont nous faisons l'expérience quand nous mourrons. Quand une personne meurt, c'est la fonction des sens qui disparaît en premier lieu. Lorsque nous parlons des bardos, nous appelons "bardo du moment de la mort", chokyi bardo, ce moment où les sens se retirent en nous. A ce moment-là, la personne éprouve de nombreuses sensations de disparition ou de retrait des sens. 
Ensuite vient un état qui ressemble à l'inconscience, à un évanouissement, lui sucède ce que l'on appelle l'apparition des quatre lumières. Les explications des divers tantras sur ce point diffèrent légèrement. Certains parlent de quatre lumières, d'autres de cinq. En réalité, c'est comme si vous vous étiez évanoui et que - en même temps que la manifestation des lumières - votre conscience se réveillait très graduellement. 
Par exemple, l'esprit doit commencer à fonctionner pour qu'un raisonnement puis prendre place. Nous devons d'abord retrouver la conscience au niveau des sens. L'esprit commence à recevoir ces perceptions, sans qu'il y ait encore de raisonnement ou d'acte de pensée. Très progressivement, la pensée se manifeste. 
Cet état, dans lequel la conscience est présente et où, cependant, l'esprit n'a pas encore abordé des opérations telles que la pensée, constitue la transition qui permet d'atteindre ce que l'on appelle "l'état de lumière naturelle". On a toujours considéré que c'est pendant cette période que la pratiquant du tantra se réalise. Dans le tantrisme, elle est également décrite comme le moment où l'on rencontre la lumière-mère. C'est le moment précis, après l'évanouissement, où la conscience se déploie à nouveau, se réveille. (...)

Dans notre pratique, il faut que qu'il y ait conscience, ou maîtrise de l'état de lumière naturelle. Si après que l'on est parvenu à une conscience claire de la présence de cet état de lumière naturelle, l'état de rêve se lève, on devient spontanément, au sein du rêve lui-même, lucidement conscient que l'on rêve et l'on parvient automatiquement à la maîtrise de ses rêves. Cela signifie que ce n'est plus le rêve qui conditionne la personne mais la personne qui dirige son rêve. (...)

Ce qui importe avant tout est que vous vous efforciez d'avoir la présence de ce "A" [blanc, au centre de votre corps] quand vous vous endormez. Au départ, il doit être précis et net, ensuite, vous pouvez vous détendre - ce qui ne signifie pas que vous devez le relâcher ou l'abandonner. Vous vous détendez tout en gardant le sens de sa présence et, ce cette manière, vous vous endormez [en restant conscient]. (...) 
Une autre solution serait d'observer ses pensées. Quelles que soient les pensées qui se lèvent, il s'agit simplement de les observer. Puis l'on s'endort dans cet état d'observation des pensées sans se laisser entraîner ou conditionner par elles. Tant que l'attention n'est pas distraite, chacun a la possibilité d'agir ainsi sans créer d'obstacle à l'endormissement. (...)

Si vous n'avez pas maîtrisé la lucidité - c'est-à-dire la conscience que l'on rêve pendant le rêve lui-même - vous devriez alors, pendant la journée, vous rappeler continuellement que tout ce que vous voyez et tout ce qui est accompli n'est autre qu'un rêve. En voyant toute chose comme un rêve tout au long du jour, le rêve et la conscience seront intimement mêlés. (...)
Si vous vous concentrez fortement durant la journée, imaginant que vous vivez un rêve, le rêve lui-même apparaîtra moins réel durant la nuit. Le sujet - cela même qui fait l'expérience du rêve - est l'esprit. En gardant la pensée que tout est un rêve, vous commencerez à dissoudre ce "sujet". C'est-à-dire que l'esprit commence à se dissoudre lui-même, automatiquement.
Ou, en d'autres termes, quand l'objet ou la vision est dissout, l'action se retourne vers le sujet, provoquant une dissolution complète. Ainsi, la vision ou le rêve cessent d'exister. On découvre que le sujet n'est pas concret et que la vision n'est qu'un "reflet". On devient ainsi conscient de la véritable nature des deux. (...)

Si, tandis que vous rêvez, vous êtes non seulement conscient que vous rêvez mais également que toute vision est une illusion, vous pénétrez au coeur de la vacuité. Un rêve pourra ainsi être transformé en connaissance du vide, shunyata. (...)
Extrait de : Namkhai Norbu, Le yoga du rêve, Ed. Accarias L'Originel, 1993.
Commande sur Amazon : Le yoga du rêve


Il existe une pratique du matin pour le moment ou nous nous réveillons. Que faisons-nous alors ? Quand on se réveille de bonne heure le matin, une sagesse première apparaît sans que l'esprit ne l'ait modifiée, qui se tient présente dans sa condition originaire. Ensuite, on replonge, habituellement, dans le fonctionnement de l'esprit et des sens, à la manière d'un mort qui découvre qu'il a pris renaissance dans un nouveau corps. Or si, d'un autre côté, nous restons dans cet état naturel de pure présence, sans distraction et sans procéder à la moindre méditation, nous nous retrouverons tranquillement présents dans notre nature spontanée, et aucune pensée discursive ne pourra nous perturber. (...)
Ainsi, lorsqu'on se réveille, on se trouve dans un état de présence et, avec une attention nue, on regarde cet état de présence droit en face pour voir ce qui peut s'y trouver. A cet instant de présence bien précis on ne trouve cependant absolument rien d'identifiable ou qui se puisse confirmer. Et on ne trouve pas non plus de méditant : personne n'est en train de méditer. De sorte que cette sagesse première née d'elle-même, lumineuse et nue, qui surgit au réveil et ne trouve rien à constater, s'aotolibère ès émergence. Une sagesse première non duelle accède alors à la présence.
Extrait de : Namkhai Norbu, Le cycle du jour et de la nuit (1984),  Ed. Seuil, Point sagesse, 1998.
Commande sur Amazon : Le Cycle du jour et de la nuit

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...