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jeudi 13 juillet 2017

Reprendre le contrôle de la création monétaire pour échapper à l’austérité

MAJ de la page : Création monétaire (Argent Dette) / Initiative Monnaie Pleine


Remarque : La création monétaire est bien une sorte d'arbre d'argent (cf. plus bas la citation de Theresa May). L'Union européenne, et la quasi totalité des Etats, ont trahis les populations en donnant aux banques ce qui aurait du rester un droit régalien, celui de battre monnaie. L'argent scripturale constitue plus de 95 % de la totalité de l'argent en circulation. Les banques crée cet argent ex-nihilo et le prête aux Etats en s'enrichissant par dizaines, voir centaines, de milliards, des intérêts de la dette. C'est une des deux grandes causes de l’explosion des dettes étatiques, l'autre résultant des fraudes et optimisations fiscales des grandes sociétés. Le remède choisi marche aussi sur la tête. Les politiques d'austérité consistent à supprimer des services à la population (notamment envers les plus pauvres) et à vendre des biens communs, pour permettre, et accroître encore, cet enrichissement des plus riches. 

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Reprendre le contrôle de la création monétaire pour échapper à l’austérité
Par Romaric Godin, le 10 juillet 2017 - Mediapart / vu ICI 

Dans un ouvrage récemment paru outre-Manche, l’économiste Ann Pettifor explique pourquoi le monde ne saurait être « à court d’argent » pour financer les grands défis qui lui font face, comme l’égalité sociale et le changement climatique. La seule condition reste d’ôter aux banques le pouvoir de création monétaire qu’elles détiennent seules et sans vrai contrôle. Une lecture qui permet de relativiser les « urgences » prétendues de l’actuel gouvernement français en matière économique et financière. 

Quelques jours avant les élections générales britanniques du 7 juin dernier, la première ministre Theresa May répondait à la télévision à une infirmière qui demandait des hausses de salaires pour le personnel du service national de santé (NHS) : « Il n’y a pas d’arbre magique à argent (there is no magic money tree) que nous pourrions secouer pour disposer de l’argent que les gens désirent. » Cette réponse est un grand classique de la pensée libérale pour justifier l’austérité budgétaire sous le couvert d’un prétendu « bon sens ». Il est d’ailleurs repris ces jours-ci par le gouvernement français, qui estime que, parce que le déficit public pourrait être en 2017 de 3,2 % du PIB, plutôt que de 2,8 %, la France est entrée dans « l’état d’urgence budgétaire ».



Theresa May répond à une infirmière qu’il n’y a pas « d’arbre magique à argent ». © Youtube

En septembre 2014, le commentateur politique Jean-Michel Apathie pensait avoir liquidé en un tweet tout débat économique autour de cette réflexion : « À ceux qui disent qu’une autre politique est possible : Y A PLUS DE SOUS ! C’est clair, non ? »


Comme celle de Theresa May, cette prétendue clarté ne laisserait d’autre option que l’austérité budgétaire. Mais cette évidence n’est qu’apparente et dénote au mieux une incompréhension complète du système économique et financier dans lequel nous vivons. Du reste, pour financer les exigences de son allié au Parlement de Westminster, le parti ultra-conservateur unioniste nord-irlandais DUP, Theresa May a soudainement découvert un « arbre magique à argent » et promis un milliard de livres pour les six comtés nord-irlandais.

Quant à la France, elle n’a pas regardé s’il y avait ou non encore « des sous » lorsque, comme les autres grands pays occidentaux, elle a sauvé en quelques jours son système bancaire dans la foulée de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008.

Bref, l’argument de « l’épuisement des caisses » ne tient pas. Pour une raison simple : le système monétaire ne fonctionne pas avec des « caisses » et l’argent est créé ex nihilo. Le comprendre permet d’avancer et d’ouvrir considérablement un débat que d’aucuns, effectivement, voudraient tant tenir fermé.

Pour ce faire, un ouvrage récemment paru en langue anglaise aux éditions Verso à Londres, The Production of Money : How To Break the Power of Bankers, est hautement précieux. Signé de l’économiste britannique Ann Pettifor, ce livre est sans doute la meilleure – et la plus claire – explication sur notre système monétaire et sur ses conséquences. Pour elle, la compréhension par les citoyens du mécanisme de la création monétaire est un moyen de faire des choix éclairés en se libérant de l’idéologie austéritaire qui s’est abattue depuis 30 ans sur le monde occidental, avec le soutien du système financier.

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Dans son ouvrage, l’économiste montre avec brio que l’idée que l’argent existe en quantité limitée (et que, donc, à un moment ou à un autre, il ne puisse plus y « avoir de sous ») n’a en réalité pas de sens. Certes, l’école néoclassique a longtemps défendu cette idée que la monnaie était une « matière première » dont le prix était le taux d’intérêt. Les emprunteurs étaient donc sur un marché avec les épargnants, échangeant leurs actifs monétaires comme toute autre marchandise. Dans ce système, les banquiers ne seraient que les intermédiaires entre ces deux acteurs du marché de la monnaie. Et, effectivement, dans cette vision, lorsque l’argent manque, son prix augmente à défaut d’augmentation de l’épargne, donc de la production d’argent. Il faut donc réduire la dépense pour rétablir l’équilibre. D’où l’austérité.

Cette vision, qui sous-tend la réponse de Theresa May et la réflexion de Jean-Michel Apathie, est cependant en décalage complet avec toute réalité. Ann Pettifor souligne que « l’on ne peut jamais être à court d’argent ». Dès ses débuts, le système bancaire a, d’ailleurs, eu comme vocation de résoudre ce problème du « manque d’argent » en créant de la monnaie par le crédit pour compenser le manque d’épargne disponible. Ce crédit constitue aujourd’hui l’essentiel de la création monétaire : 95 % de la monnaie en circulation a été créée par les banques commerciales, 5 % par les banques centrales. Le système est simple : les banques accordent des crédits sur des fonds qu’elles ne possèdent pas « en caisse ». Ces fonds sont alors immédiatement crédités en dépôts et l’immense majorité de ces fonds n’est pas transformée en argent fiduciaire, concret, dont la création est du seul apanage de la banque centrale. L’argent créé n’a donc pas majoritairement besoin d’être créé par la banque centrale. Sa production relève principalement de la seule volonté des banques commerciales.

samedi 19 novembre 2016

Election de Trump, analyses et hypothèses.

MAJ de la page : Donald Trump





Élection de Trump, entretien avec Olivier Berruyer (Cercle des Volontaires, novembre 2016)
Co-auteur de : L'Euro est-il mort ? Ed. Le Rocher, 2016
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Etats-Unis : pourquoi Donald Trump mise tout sur la finance dérégulée
Par Romaric Godin, le 14 novembre 2016 - La Tribune


Donald Trump veut déréguler la finance. Une façon utile de faire de la croissance, mais un jeu dangereux.

En faisant de la dérégulation financière et de son complément les baisses d'impôts sa priorité, le nouveau président des Etats-Unis veut doper rapidement la croissance. Mais c'est un jeu risqué qui pourrait préparer la prochaine crise en oubliant de régler les questions essentielles des inégalités sociales et territoriales et de la baisse de la productivité.

Le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, a donc désormais une priorité : la dérégulation bancaire. C'est du moins ce qu'il a affirmé vendredi 11 novembre dans un entretien au Wall Street Journal en évoquant des modifications substantielles à la loi Dodd-Frank, cette loi qui a établi des régulations en 2010 au secteur financier pour tirer les leçons de la crise de 2007-2008. Les valeurs bancaires ne s'y sont pas trompées et ont fortement progressé en Bourse depuis l'élection du milliardaire à la Maison Blanche le 8 novembre dernier.

Se réconcilier avec le parti Républicain

Il peut sembler pour le moins paradoxal que celui qui avait fustigé durant la campagne les liens entre Hillary Clinton et Wall Street devienne, à peine élu, le champion de la finance. Mais, en réalité, Donald Trump ne s'est jamais caché de vouloir en finir avec la régulation financière. En réalité, il n'a guère le choix. Elu du parti républicain, mais choisi de facto contre le parti républicain et sur un programme qui tranchait avec la majorité de ce parti, il va devoir construire dans les premiers mois de son mandat l'unité de ce parti afin de pouvoir compter sur la majorité du Congrès. Or, un des points essentiels de la paix avec le pouvoir législatif sera la question budgétaire. Si Donald Trump a pu, pour convaincre les populations fragilisées de la Rust Belt, tenir un message keynésien de relance, ce message ne reflète nullement le rapport de force au sein du parti républicain.

jeudi 10 novembre 2016

Victoire de Trump : un échec de la mondialisation financiarisée



Emmanuel Todd, Conférence : Crise de la société américaine, crise de la globalisation ? (Isegoria, le 8 novembre 2016) - la conférence commence à 33'
Compte rendu sur : Médiapart

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Victoire de Trump : un échec de la mondialisation financiarisée
 Par Romaric Godin, le 9 novembre 2016 - La Tribune


Le succès de Donald Trump est le reflet d'une crise de la mondialisation.

Comme dans le cas du Brexit, ce sont les populations des régions désindustrialisées qui ont fait basculer l'élection présidentielle étasunienne.

Quatre mois et demi après le vote en faveur du Brexit, ce que les observateurs jugeaient largement « improbable » s'est encore produit. Donald Trump, milliardaire fantasque, ouvertement xénophobe et isolationniste, sera le prochain président des Etats-Unis d'Amérique et, partant, « l'homme le plus puissant du monde ». Comment en est-on arrivé là ? La réponse à cette question que le monde entier va se poser est en grande partie économique. Les victoires du Brexit et de Trump sont le produit à la fois d'un lent phénomène à l'œuvre depuis trois décennies, la mondialisation financière, et de sa crise, débutée en 2007.

Le succès de Donald Trump s'est appuyé sur un double mouvement : il a convaincu une grande partie de la classe moyenne dans des Etats où elle domine comme la Floride, mais aussi les populations des régions désindustrialisées de la Rust Belt de Pennsylvanie, du Michigan, de l'Ohio et du Wisconsin. En gagnant ces Etats qui étaient tombés aux mains des Démocrates en 2012, le milliardaire a fait pencher la balance de son côté. Le phénomène est exactement le même que le 23 juin au Royaume-Uni où le vote avait basculé en raison du vote des régions désindustrialisées du nord de l'Angleterre et du Pays de Galles. Or, ce mouvement peut s'expliquer par un échec d'une mondialisation couplée à une financiarisation avancée.

La « mondialisation heureuse »...

La mondialisation qui a débuté au milieu des années 1990 est le fruit de la financiarisation entamée dans les années 1980. Lorsque les entreprises se sont retrouvées face à des actionnaires - souvent des fonds financiers - ayant des objectifs de rendements élevés, elles ont maximisé leurs bénéfices par une relocalisation de leur production dans les pays à bas coût, provoquant une désindustrialisation des pays développés. Ce phénomène a longtemps été compensé par une croissance des profits qui étaient alors réinvestis dans les marchés financiers. Ceci a permis de construire l'idée qu'il y avait une « mondialisation heureuse » pour les citoyens des pays développés qui gagnaient bien davantage d'un côté ce qu'ils perdaient de l'autre. Et, effectivement, dans les années 2000, le phénomène a bien fonctionné. Mais il a fonctionné sur du sable : le crédit et des bulles financières.

... et sa crise

En 2007, avec la crise des subprimes, ce mythe est tombé. Le monde de la finance a explosé, prouvant que l'un des éléments clés du nouveau système économique mondial ne pouvait plus fonctionner. Et dès lors, c'est tout le système qui s'est grippé, parce que les effets négatifs de la mondialisation n'ont progressivement plus pu être compensés et dissimulés. La crise des pays émergents à partir de 2012 a rendu le moteur de cette mondialisation inopérant. Certes, encore une fois, le crédit, par une politique ultra-expansionniste des banques centrales, a pu permettre le retour à la croissance, notamment aux Etats-Unis, mais cette croissance est désormais impuissante à réduire la colère, le mécontentement et la peur d'une grande partie de la population.

mercredi 10 août 2016

Le FMI avoue avoir immolé la Grèce pour le compte de l‘Eurogroupe


Documentaire de Philippe Menut, La Tourmente grecque, Chronique d'un coup d'Etat (2016)

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Le FMI avoue avoir immolé la Grèce pour le compte de l‘Eurogroupe
Par Yanis Varoufakis, le 2 août 2016 - Paul Jorion


Cette semaine a débuté avec un débat au parlement grec, lancé par l’Opposition Officielle (le principal – mais pas le seul – supporter de la troïka à l’intérieur de la Grèce), avec pour objectif final de me faire inculper pour avoir osé contrer la troïka lorsque je fus ministre des finances durant les six premiers mois de 2015. La troïka, qui avait organisé une panique bancaire avant même que je prenne pied dans mon ministère, qui m‘avait menacé de fermeture des banques trois jours après que j‘aie assumé ma charge ministérielle, et qui avait mis en œuvre la fermeture de nos banques, avait à présent décidé de m’accuser d’avoir… fermé les banques et imposé le contrôle des capitaux. Comme tout bon harceleur, la troïka s’est montrée plus que prompte à blâmer ses victimes, et à bafouer et vilipender tout qui oserait résister à ses violences.

Ma réaction aux accusations de la troïka et à la menace d’être entraîné dans une enquête judiciaire fut simple : « Allez-y ! » « Je vous affronterai », les ai-je défiés, « dans l’arène que vous choisirez : dans un amphithéâtre, sur un plateau de télévision, même devant une cour de justice ! » Au final, ils se sont dégonflés, et la motion parlementaire a été rejetée lorsque quelques-uns d’entre eux (un petit parti qui est habituellement totalement inféodé à la troïka) ont fait le choix stratégique de voter contre elle.

Ensuite, pour parfaire la raclée essuyée par la troïka cette semaine, le rapport du Bureau d’Évaluation Indépendante du FMI (IEO en anglais) a été publié. C’est une évaluation brutale qui ne laisse aucune place au doute quant à la théorie économique triviale et à la diplomatie à la canonnière utilisée par la troïka. Ce rapport met en difficulté le FMI, la BCE et la Commission : soit ils restaurent un minimum de leur légitimité en admettant leurs erreurs et en se séparant de ceux qui portent le plus de responsabilité dans cette affaire, ou ils ne font rien, par la même décuplant le mécontentement des citoyens européens envers l’UE, accélérant ainsi la déconstruction de cette dernière.

jeudi 28 juillet 2016

Grèce : la logique des créanciers, jusqu'au bout de l'absurde



La dette grecque, une tragédie européenne (CADTM, 2016)


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Grèce : la logique des créanciers, jusqu'au bout de l'absurde
Par Romaric Godin, le 20 juillet 2016 - La Tribune


La Grèce a remboursé la BCE, mais va toujours aussi mal.

Dans l'indifférence, la Grèce, qui dégage de forts excédents primaires, vient de rembourser une dette due à la BCE. Alors que l'économie est au plus mal, la logique des créanciers continue d'étrangler le pays.

Voici un an, le remboursement de la dette grecque envers la BCE attirait tous les regards. Cette fois, c'est dans l'indifférence générale que l'Etat grec a remboursé ce 20 juillet 2016 à l'institution de Francfort 2,3 milliards d'euros correspondant aux obligations rachetées par la BCE sur le marché en 2010-2011 et arrivant à maturité.

Un peu moins du tiers des 7,5 milliards d'euros versés par le Mécanisme européen de stabilité (MES) à la fin juin a donc déjà quitté les caisses helléniques pour venir annuler cette créance dans le bilan de la BCE. Les prochains paiements de la Grèce à venir, outre le remboursement des prêts à court terme réalisés sur le marché, sont prévus l'an prochain. Athènes devra encore payer 1,7 milliard d'euros à la BCE et 3,2 milliards au MES.

Une absurdité au regard des priorités de la BCE

Ce paiement conduit inévitablement à s'interroger sur la rationalité de ces remboursements de dettes qui étaient concernées par le défaut de mars 2012 (le fameux plan « PSI »), mais qui ont été maintenus en raison de la qualité « publique » de leur détenteur. La BCE affirme en effet tenter de dynamiser la croissance de la zone euro et s'est donné pour objectif, dans ce cadre, de relancer l'inflation par des rachats massifs d'actifs et, donc, par l'augmentation de son bilan.

La Grèce, toujours membre de la zone euro et qui, pour le rester a accepté de grands sacrifices, est en récession depuis trois trimestres et est le pays qui, sans doute a le plus besoin de cette politique. Or, la BCE, qui ne rachète toujours pas d'actifs grecs, exige le remboursement d'une dette qui va contribuer à réduire son bilan. Certes, ces 2,3 milliards d'euros sont une goutte d'eau dans l'océan des 3.248 milliards d'euros du bilan de la BCE. Mais n'est-ce pas précisément une raison pour utiliser autrement cet argent au profit de l'économie hellénique ? Impossible, puisque les « règles » l'interdisent...

samedi 9 juillet 2016

Les « portes tournantes » continuent de tourner

MAJ de la page : Goldman Sachs



L'ancien président de la Commission Européenne (2004-2014), José Manuel Barroso, est recruté pour conseiller la banque américaine Goldman Sachs à Londres. Notre invité est le journaliste financier Marc Roche, grand connaisseur de Goldman Sachs et de ses liens avec les institutions de l'UE.
Auteur du livre "La Banque : Comment Goldman Sachs dirige le monde" puis d'un documentaire sur le même sujet, avec Jérôme Fritel.
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Barroso rejoint Goldman Sachs : encore une mauvaise nouvelle pour l'Europe
Par Romaric Godin, le 8 juillet 2016 - La TRibune 
 
L'ancien président de la Commission européenne aidera la banque d’affaires américaine à gérer l'après-Brexit. Un transfert qui envoie un message négatif de plus au débit de l'UE.

Les « portes tournantes » continuent de tourner. L'ancien président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Durão Barroso, a été recruté par la banque d'affaires étatsunienne Goldman Sachs pour l'aider à gérer les conséquences de la sortie annoncée du Royaume-Uni de l'Union européenne après le référendum du 23 juin dernier. Il sera ainsi nommé président non exécutif de Goldman Sachs International (GSI) à Londres et, de surcroît, il aura le titre de « conseiller ».

Aider Goldman Sachs à gérer le Brexit

Selon le Financial Times, José Manuel Barroso entend « faire ce qu'il peut pour adoucir les effets négatifs du Brexit ». Les banques d'affaires américaines ont naturellement choisi Londres comme base d'opération pour leurs activités européennes. Mais si le Royaume-Uni perd son accès au marché unique européen, il leur faudra ouvrir de nouvelles filiales dans un pays de l'Espace économique européen. Quel pourrait alors être le rôle de l'ancien président de la Commission ?  Aura-t-il pour charge de faire du lobbying auprès des négociateurs européens qu'il connaît fort bien pour sauvegarder cet accès de la finance londonienne au marché unique (le fameux « passeport » européen) ? Cherchera-t-il à négocier des avantages avec un éventuel « point de chute » ? Pour le moment, il va déménager à Londres et croit que « Londres restera un centre financier mondial très important », indique-t-il au FT.

Le problème de l'indépendance

Évidemment, ce « transfert » pose une question centrale : celle de l'indépendance. Les liens entre Goldman Sachs et d'autres grandes banques et de nombreux fonctionnaires européens ou nationaux posent de véritables problèmes, notamment dans la gestion de la crise financière. Le cas le plus souvent cité est celui de Mario Draghi. L'actuel président de la BCE depuis 2011 a été vice-président de la branche européenne de Goldman Sachs de 2002 à 2005. Or, Goldman Sachs n'est pas une banque comme les autres. C'est elle qui a aidé le gouvernement grec à détourner la méthode de calcul du déficit public par des produits de « swaps » qui permettaient de reporter à plus tard une partie de ce déficit. Grâce à ce tour de passe-passe, la Grèce était entrée dans la zone euro en 2002. Ce mécanisme avait été utilisé, du reste, par l'Italie, en 1997 pour rejoindre l'union monétaire à une époque où le directeur général du trésor transalpin était un certain... Mario Draghi.

vendredi 6 mai 2016

Non, la Grèce n'a pas reçu l'aide à la Grèce...



Non, la Grèce n'a pas reçu l'aide à la Grèce...
Par Romaric Godin, le 4 mai 2016 - La Tribune
 
La Grèce n'a reçu réellement que 5 % de l'aide versée depuis 2010.

Le quotidien allemand Handelsblatt publie une étude montrant que 95 % de l'aide à la Grèce sont allés à ses créanciers. Un fait connu dont il faut à présent tirer les conséquences ...
Le Handelsblatt est le journal de référence du milieu des affaires outre-Rhin. A ce titre, et comme l'essentiel de la presse conservatrice allemande, il a régulièrement eu la dent dure contre la Grèce, accusée de refuser les « réformes nécessaires » et de réclamer sans cesse de nouveaux fonds à l'honnête et travailleur contribuable allemand. Mais en une, ce mercredi 4 mai, le journal a affiché une « exclusivité ». Une étude inédite nous dit-on de l'ESMT, une école de gestion de Berlin, qui parvient à cette conclusion : 95 % de la supposée « aide » à la Grèce est retournée aux banques et aux créanciers du pays méditerranéen.

Pas nouveau

Le « budget grec » qui a été accusé de ruiner tous les Européens n'en a récupéré que 5 %. On connaît le prix de ces 5 %... Une réduction d'un quart du PIB, une administration réduite d'un tiers, un Etat encore plus défaillant qu'auparavant et aucune perspective de reprise véritable. Cette « exclusivité » du Handelsblatt n'en est évidemment pas une. Ces chiffres étaient connus et avaient été publiés dès décembre 2014 par l'excellent site grec Macropolis, qui en avait donné le détail. L'argument avait été avancé régulièrement par les responsables du premier gouvernement Tsipras durant les négociations avec les créanciers au premier semestre 2015 : il justifiait une remise à plat totale de la politique européenne en Grèce. Mais, alors, on riait de ces chiffres avancés par le « gouvernement d'extrême-gauche » grec qui n'avait d'autre ambition, disait-on, que de ruiner le contribuable européen pour continuer les habituelles turpitudes helléniques...

vendredi 1 janvier 2016

Vers une Révolution financière

MAJ de la page :  Initiative Monnaie PleineMonnaie Pleine (tag)



François de Siebenthal, économiste HEC, ex-banquier au Crédit Suisse, défend l'initiative Monnaie Pleine (Lausanne, 12 juillet 2015)


Les Suisses voteront pour ôter aux banques leur pouvoir de création monétaire
Par Romaric Godin, le 30/12/2015 - La Tribune
   
Une initiative populaire visant à donner à la banque centrale suisse le monopole de la création monétaire a obtenu assez de signatures pour organiser une votation. Son adoption serait une révolution dans la Confédération.

Avec la crise qui a débuté en 2007, l'idée d'ôter aux banques le pouvoir de créer de la monnaie commence à faire son chemin, progressivement, dans l'opinion. L'an passé, un rapport parlementaire islandais a clairement proposé d'en finir avec ce pouvoir. Mais - et ce n'est pas le moindre des paradoxes - le débat pourrait s'accélérer à partir de la Suisse, pays connu pour son système bancaire démesuré.

Vers une votation

Jeudi 24 décembre, en effet, la chancellerie fédérale helvétique a enregistré officiellement l'initiative populaire « monnaie pleine » qui vise à donner à la Banque nationale suisse (BNS) le monopole absolu de la création monétaire. Cette initiative, lancée en juin 2014 par un groupe dirigé par un instituteur alémanique, Hansruedi Weber, a recueilli 111.824 signatures, soit davantage que les 100.000 nécessaires pour provoquer une votation, autrement dit un référendum.

C'est une étape importante pour cette initiative. Désormais, le conseil fédéral (gouvernement) et le parlement suisses vont devoir se prononcer sur le projet qui prévoit la modification de l'article 99 de la constitution helvétique. Puis, à une date qui reste à définir, le peuple suisse sera amené à se prononcer dans une votation. Pour être acceptée, cette initiative devra alors obtenir non seulement la majorité populaire au niveau fédéral, mais aussi dans au moins 12 des 23 cantons de la Confédération.

lundi 21 décembre 2015

Austérité ou inhumanité ?



Grèce : Alexis Tsipras renonce à son plan anti-austérité. 
Par Romaric Godin,  le 17 décembre 2015 - La Tribune

Austérité ou inhumanité ? (avant propos à l'article de Romaric Godin)
Par Liliane Held-Khawam, le 20 décembre 2015 - LHK

Avant-propos
Voici les dernières nouvelles qui nous arrivent de Grèce. Bruxelles et ses créanciers ont décidé de mettre encore plus la tête des Grecs sous l’eau. Ils sont en bonne voie de réussir leur exploit.
Nous avions vu tout l’été ce chef de gouvernement qui soit-disant devait faire trembler l’Europe déployer un zèle extraordinaire pour satisfaire ses créanciers. Ses promesses de campagne se sont évaporées laissant toute la place au sentiment de trahison et d’amertume.
Et voilà que pour la énième fois M Tsipras fait machine arrière face à l’avidité des rapaces de la créance. M Tsipras vient de renoncer à offrir - en cette veille de Noël - aux plus démunis une couverture maladie, un peu d’électricité, du soutien scolaire et élargir le champ de la soupe populaire publique.

C’est donc un Non clair, cinglant et humiliant qu’a reçu celui qui représente en théorie la souveraineté de ce peuple. Dans ce contexte, la démocratie est un vain mot. Le mot juste serait vassalité. M Tsipras ne fait qu’obéir à des ordres de marche.
Les suzerains européens ont donc trouvé qu’offrir un peu de décence à la vie de citoyens était trop demandé alors même que le pays a réalisé un excédent budgétaire. Aucune importance. Le surplus devra être affecté à la dette, c’est-à- dire à eux… Difficile de se laisser convaincre…
Il semblerait qu’une poignée de personnages tout-puissants et insatiables poussent le cynisme à son paroxysme sous le couvert fallacieux d’une gouvernance rationnelle. L’austérité telle que mise en place progressivement (les coupes au niveau des retraites sont promises) est une simple mise à mort des plus vulnérables.

L’inhumanité croît tous les jours un peu plus et on peut craindre que les personnes concernées n’aient même pas encore déployé tout ce dont elles sont capables en termes de nuisance en Grèce et demain ailleurs…

dimanche 6 décembre 2015

L'Europe de Yanis Varoufakis



L'Europe de Yanis Varoufakis (Médiapart, septembre 2015)
Lire aussi :
Yanis Varoufakis: "Le plan Juncker est une plaisanterie", le 3 novembre 2015, l'Express


Pourquoi l'Europe menace la Grèce d'une expulsion de Schengen
Par Romaric Godin, le 2 décembre 2015 - La Tribune

Selon le Financial Times, la Grèce pourrait être exclue temporairement de la zone Schengen, en raison de son refus de coopérer pour le contrôle de ses frontières. Mais les raisons invoquées semblent peu justifiées.

Après avoir été menacée d'une expulsion de la zone euro cet été, la Grèce est cette fois menacée d'être expulsée de l'espace Schengen. Selon l'édition de ce mercredi 2 décembre du Financial Times, les institutions européennes menaceraient désormais clairement la Grèce « d'être suspendue » de l'espace de libre-circulation européen. Les ministres de l'Intérieur devraient agiter cette menace lors de leur réunion de jeudi, mais elle devrait être signifiée durant la semaine au gouvernement hellénique par le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, dont le pays exerce ce semestre la présidence tournante de l'UE.

jeudi 1 octobre 2015

Blablabanque - le discours de l'inaction

MAJ de la page : Collusion et pantouflage






Les Carnets de l'économie par Vincent Lemerre
Jézabel Couppey-Soubeyran
1/4 : Réforme bancaire : où en est-on ? 28.09.2015
2/4 : La rhétorique du refus de la réforme bancaire 29.09.2015
3/4 : Le poids du lobby bancaire français 30.09.2015
4/4 : Suite 01.11.2015

Toute une semaine en compagnie de Jézabel Couppey-Soubeyran, Maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Chargée de recherche au CEPII.
Auteur de "Blablabanque, le discours de l’inaction" chez Michalon, et co-rédactrice en chef du collectif "L’économie mondiale 2016", aux éditions de La Découverte.
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Pour en finir avec la rhétorique bancaire
Par Romaric Godin, le 15 septembre 2015 - La Tribune

Les banques tentent d'éviter tout débat et toute action pour les encadrer. Comment et pourquoi ? Un livre tente d'y répondre.

Notre chronique des Livres et des Idées est consacrée cette semaine à un ouvrage publié par l'économiste Jézabel Couppey-Soubeyran, "Blablabanque : le discours de l'inaction" (1), qui décrypte le discours du lobby bancaire pour ouvrir une autre vision de la réglementation.
Souvenez-vous, c'était il n'y a pas si longtemps. Il y a tout juste sept ans, Lehman Brothers faisait faillite, plongeant le monde dans une crise dont nous ne sommes pas encore sortis. Dans les semaines qui ont suivi, les politiques de tous bords, à commencer par le président de la République française Nicolas Sarkozy, promettaient qu'ils allaient en finir avec les excès de la finances et « moraliser le capitalisme. » A l'époque, la mise au pas des banques que l'on venait de « sauver » était le thème préféré des hommes politiques. Quatre ans plus tard, François Hollande, en campagne contre ce même Nicolas Sarkozy, pouvait fustiger son immobilisme sur ce dossier et proclamer dans un discours devenu fameux : « Mon ennemi, c'est la finance. »

mardi 29 septembre 2015

La trahison avérée du peuple grec



Grèce : le stupéfiant aveu de la BCE
Par Romaric Godin, le 16/09/2015, - La Tribune
     
La BCE n'a jamais menacé la Grèce de sortie de la zone euro "pour de vrai" selon son vice-président.

Le vice-président de la BCE a reconnu que la menace de Grexit n'avait "jamais été lancée pour de vrai". Un aveu étonnant qui jette une nouvelle lumière sur les événements de l'été dernier.
C'est un aveu qui passera sans doute inaperçu, mais qui lève un voile sur la réalité brute de la stratégie des créanciers de la Grèce en juillet dernier. Dans une interview accordée à Reuters ce 16 septembre, le vice-président de la BCE, Vitor Constâncio, affirme, sans sourciller, que la menace d'expulsion de la Grèce de la zone euro, le fameux « Grexit », « n'a jamais été lancée pour de vrai parce que ce ne serait pas légal. » Et le Portugais de regretter que, du coup, il est désormais nécessaire de « supprimer les doutes qui demeurent sur la viabilité du bloc monétaire. »

La menace de Benoît Cœuré

Tout ceci n'était donc qu'une farce ? Rien de vrai ? Pourtant, la menace de Grexit a bel et bien été agitée, non seulement par Wolfgang Schäuble, mais aussi par la BCE. Mardi 30 juin, par exemple, trois jours après l'annonce par Alexis Tsipras de l'organisation d'un référendum sur les propositions des créanciers, Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE affirmait  dans une interview accordée aux Echos que « la sortie de la Grèce de la zone euro, qui était un objet théorique, ne peut malheureusement plus être exclue. » Et il allait encore plus loin, en se projetant dans l'hypothèse d'un Grexit : « ce serait un défi pour l'Europe qu'elle devrait relever au plus vite, en renforçant sérieusement son cadre institutionnel. » Avec ces mots très forts, le Français laissait entendre que la BCE était préparée à faire face à cette option. Ces déclarations étaient lourdes de conséquences, car seule la BCE pouvait, en privant la Grèce de liquidités, contraindre Athènes à sortir de l'Union monétaire.

Les déclarations du 3 juillet de Vitor Constâncio

Cette interview était donc une véritable menace sur le gouvernement, mais aussi sur le peuple grec qui s'apprêtait à se prononcer dans le référendum. Mais Vitor Constâncio affirme aujourd'hui que ce n'était pas « pour de vrai. » Pourtant, lui-même, quatre jours plus tard, le 3 juillet, déclarait que la BCE ne couperait pas le robinet de l'ELA, sauf s'il avait le soutien des dirigeants de la zone euro. Autrement dit, il mettait en place un processus d'exclusion de la zone euro : l'Eurogroupe estime qu'un pays n'est plus digne d'être membre de la zone euro et la BCE met la menace à exécution. Ceci n'était pas une parole en l'air. Dans la semaine qui a suivi le référendum, c'est ce qui a fait basculer le gouvernement grec.

vendredi 14 août 2015

Quel avenir pour Varoufakis ?



Quel avenir pour Varoufakis ?
Par Jacques Sapir, le 13 aout 2015

Yanis Varoufakis en en train de devenir un personnage important dans la vie politique grecque et au-delà. Dans le processus d’éclatement de Syriza, qui semble désormais bien engagé[1], il est appelé à jouer un rôle majeur avec l’ancien ministre de l’énergie, Panayiotis Lafazanis, et la présidente du Parlement, Mme Zoé Kostantopoulou. Mais, Yanis Varoufakis est aussi incontestablement devenu une figure marquante pour la gauche critique de l’Euro et quelqu’un qui va compter dans les reconfigurations politiques qui se préparent. Il y a de bonnes raisons à cela.

Un homme du “système” qui se rebelle contre ce dernier

mardi 4 août 2015

Tragédie grecque (suite)

MAJ de la page : Grèce, plan B et implications  / Grèce (tag)



Varoufakis et le plan “B”
Par Jacques Sapir, le 3 août 2015

Le fameux plan « B » de Yanis Varoufakis n’a pas cessé de faire parler de lui. Le 16 juillet 2015, soit le lendemain du vote au Parlement grec de l’accord signé le 13 juillet, et on rappelle que Varoufakis avait voté contre cet accord, il a donné un téléconférence à l’OMFIF ou Official Monetary and Financial Institutions Forum[1]. Il s’agit en fait d’une conversation de 25 minutes avec deux responsables de l’OMFIF, David Marsh, le directeur exécutif de l’OMFIF et Norman Lamont. Cette conversation téléphonique a été installée sur le site web de l’OMFIF le 27 juillet 2015 et la transcription écrite a été installée sur le site le 28 juillet 2015, avec l’accord de Yanis Varoufakis. Cette transcription précise le statut de ce plan « B ». Quel que soient les points de divergences avec Yanis Varoufakis, il est important de l’écouter, et de le lire. On verra d’ailleurs que s’il est, en principe, pour l’Euro il est arrivé à la conclusion, qui est partagée par ses collaborateurs, qu’une sortie de l’Euro était envisageable.

Le but du plan « B »

lundi 13 juillet 2015

Euroxit



L'Euroxit est confirmé !
L’Europe sort (un peu plus) du champs démocratique en imposant à un peuple, inventeur de la démocratie, ce qu’il venait de refuser par référendum quelques jours auparavant. Et pire encore.
«C’est plus que dur: c’est une destruction complète, une vengeance pure et simple et une destruction totale de la souveraineté grecque, sans espoir de soulagement.» Paul Krugman, prix Nobel d'Economie



* * *
Capitulation
Par Jacques Sapir, le 13 juillet 2015

Au petit matin de ce lundi 13 juillet, le Premier-ministre grec, M. Alexis Tsipras, a fini par capituler. Il a capitulé sous les pressions insensées de l’Allemagne, mais aussi de la France, de la Commission européenne et de l’Eurogroupe. Il n’en reste pas moins qu’il a capitulé. Car, il n’y a pas d’autres mots pour désigner l’accord qui lui a été imposé par l’Eurogroupe, puis par les différents dirigeants européens, le revolver – ou plus précisément la menace d’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro – sur la tempe. Cette capitulation aura des conséquences dramatiques, en Grèce en premier lieu où l’austérité va continuer à se déployer, mais aussi au sein de l’Union européenne. Les conditions dans lesquelles cette capitulation a été arrachée font voler en éclat le mythe d’une Europe unie et pacifiée, d’une Europe de la solidarité et des compromis. On a vu l’Allemagne obtenir de la Grèce ce que les anciens appelaient une paix carthaginoise. On sait que telle était la position dès le départ de M. Dijsselbloem, le Président de l’Eurogroupe[1]. On a vu, avec tristesse mais aussi avec colère, la France finir par se plier à la plupart des exigences allemandes, quoi qu’en dise notre Président.

Ce 13 juillet est et restera dans l’histoire un jour de deuil, à la fois pour la démocratie et pour l’Europe.

Un accord détestable

samedi 11 juillet 2015

La trahison de Tsipras ?

La trahison de Tsipras ?
Par Jacques Sapir, le 10 juillet 2015

Les propositions soumises par Alexis Tsipras et son gouvernement dans la nuit de jeudi à vendredi ont provoqué la stupeur. Elle reprennent largement, mais non totalement, les propositions formulées par l’Eurogroupe le 26 juin. Elles sont largement perçues dans l’opinion internationale comme une « capitulation » du gouvernement Tsipras. La réaction très positive des marchés financiers ce vendredi matin est, à cet égard, un signe important.

On sait par ailleurs qu’elles ont été en partie rédigées avec l’aide de hauts fonctionnaires français, même si cela est démenti par Bercy. Ces propositions résultent d’un intense travail de pressions tant sur la Grèce que sur l’Allemagne exercées par les Etats-Unis. La France a, ici, délibérément choisi le camp des Etats-Unis contre celui de l’Allemagne. Le gouvernement français n’a pas eu nécessairement tort de choisir d’affronter l’Allemagne sur ce dossier. Mais, il s’est engagé dans cette voie pour des raisons essentiellement idéologique. En fait, ce que veut par dessus tout M. François Hollande c’est « sauver l’Euro ». Il risque de voir très rapidement tout le prix qu’il a payé pour cela, et pour un résultat qui ne durera probablement que quelques mois. Car, ces propositions, si elles devaient être acceptées, ne règlent rien.

Les termes de la proposition grecque

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