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dimanche 26 novembre 2017

Censure sans frontière

MAJ de la page : Casques blancs



La Conférence censurée par Reporters Sans Frontières "Pour la liberté de l'information" (sic), présentée par Guy Mettan, avec Richard Labevière, Vanessa Beeley et Pr. Marcello Ferrada De Noli (Genève, Club de la Presse, 28 nov. 2017) - MAJ


Guy Mettan sommé d’annuler une conférence
RSF demande au président du Club suisse de la presse d’annuler une conférence sur les Casques
Par Alain Jourdan, le 23 nov. 2017 - TdG


Le Club suisse de la presse doit accueillir mardi une conférence de presse consacrée aux Casques blancs syriens. Un sujet sensible. Plusieurs fois récompensée pour son action sur le terrain au profit des populations civiles, l’ONG reste dans le collimateur des autorités syriennes et de son allié russe. Damas et Moscou n’ont eu de cesse de dénoncer la proximité de cette organisation crée par un ancien officier britannique avec les «rebelles syriens». Sous le titre «They don’t care about us» (Ils ne se soucient pas de nous. Casques blancs, leur véritable agenda), la conférence organisée lundi annonce la couleur. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde.

Dans un courrier adressé jeudi au Club Suisse de la presse (lire ci-dessous), Gérard Tschopp et Christiane Dubois, respectivement président et directrice de Reporters sans frontières (RSF) en Suisse, pressent son directeur, Guy Mettan, de renoncer à l’organisation de cette conférence de presse qui, selon eux, porterait «atteinte à l’image du Club suisse de la presse». Ils menacent de s’en retirer si la conférence n’est pas annulée. Ils accusent deux des intervenants – Vanessa Beeley et Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights – d’être au service de «la propagande russe».

RSF, qui figure dans la liste des membres médias du Club suisse la presse, refuse d’être associé à un tel événement. Joint par téléphone, Guy Mettan avoue tomber de sa chaise (lire sa réponse intégrale ci-contre). «Je n’ai jamais vu une chose pareille, soupire le président. Voilà qu’une organisation qui défend la liberté d’informer me demande de censurer une conférence de presse.»

Guy Mettan, qui a souvent été «attaqué» pour ses engagements «prorusse», assure qu’il s’est toujours employé à donner la parole à tout le monde. «D’habitude, les pressions pour faire annuler des conférences de presse viennent de pays qui sont connus pour être des dictatures. La démarche de RSF me stupéfait. C’est prendre les journalistes pour des imbéciles. Comme s’ils n’étaient pas capables de se faire une opinion par eux-mêmes.» (TDG)

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La lettre de RSF adressée à Guy Mettan

lundi 20 février 2017

Remodelage du Moyen-Orient, et crise de la démocratie



Gabriel Galice, président de l’Institut international de recherches pour la paix à Genève (RTS, Infrarouge, Syrie, notre honte ? 10 octobre 2016 - Extrait)

Je dis que les américains ont un plan qui a été de remodeler le Grand Moyen-Orient, je n’ai pas entendu une seule fois ce mot dans les commentateurs depuis des mois sur cette question là. Et ce projet c’est un projet de prise du pouvoir et de faire tomber tous les états qui étaient : baasist, indépendants, tortionnaires on est d’accord, mais avec un chaos beaucoup plus grand depuis qu’on a dégommé Saddam, dégommé Kadhafi et qu’on essaie de dégommer Bachar. (à partir de 1'20'')



RTS, Infrarouge, Syrie, notre honte ? 10 octobre 2016
Avec Gabriel Galice, Guy Mettan, Jean Ziegler, Carla Del Ponte, Tawfik Chaama, Robert Mardini.




Wesley Clark, général américain, démocrate (3 octobre 2007) - Sous-titres fr

Il m'a dit "Je viens de recevoir ce memo du bureau du secrétaire à la défense qui dit que nous allons attaquer et détruire les gouvernements dans 7 pays, en 5 ans. On va commencer avec l'Irak, ensuite on passera à la Syrie, au Liban, la Lybie, la Somalie, le Soudan et l'Iran". (à partir de 2'20'')




Alison Weir, journaliste américaine, fondatrice et directrice exécutive de l’organisation à but non lucratif If Americans Knew, (2016)

"La guerre en Irak a été pensée par 25 néoconservateurs, juifs pour la plupart, qui poussent le président Bush a changé le cours de l'histoire." (à partir de 1'50'')
Source : Haaretz (3 avril 2003), journal israélien

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L'invité de la rédaction - Gabriel Galice (RTS, 18 novembre 2016)

Samuel Huntington écrit (dans La crise de la démocratie, premier rapport de la Trilatérale, publié en 1975), et ce n'est pas un complot caché, c'est écrit noir sur blanc : "De même qu'il faut mettre des limites à la croissance économique, il faut mettre des limites à la démocratie." (à partir de 10')


Christopher Lash, La révolte des élites et la trahison de la démocratie (1996), Ed. Flammarion, 2010 (mentionné par Gabriel Galice).

"Il fut un temps où ce qui était supposé menacer l'ordre social et les traditions civilisatrices de la culture occidentale, c'était la Révolte des masses. De nos jours, cependant, il semble bien que la principale menace provienne non des masses, mais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie." Christopher Lasch montre ici comment des élites hédonistes assoient leur pouvoir sur un culte de la marge et sur un fantasme de l'émancipation permanente. Alors qu'elles sont responsables des normes imposées à la société, leurs comportements consistent à feindre d'être hors norme. Cette dialectique mensongère de la nonne et de la marge, remarquablement démontée clans ces pages, est celle de notre temps. Voici un livre qui devrait faire réfléchir tous ceux qui s'inquiètent de l'évolution d'un espace public et médiatique où les élites émancipées se mettent le plus souvent du côté de la transgression en imaginant un ordre moral, un éternel retour de la censure qui ne sont que la contrepartie de leurs transgressions imaginaires. Le testament d'un grand intellectuel anticonformiste, politiquement très incorrect, inclassable et dérangeant.
Quatrième de couverture
Commande sur Amazon : La révolte des élites et la trahison de la démocratie


Pour comprendre le moment populiste actuel, il faut lire Christopher Lasch
Par Kévin Boucaud, le 19 février 2017 - Slate 

Montée des mouvements identitaires d’extrême droite dans les pays occidentaux, Brexit, élection de Donald Trump, défaites de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Manuel Valls lors des primaires... Les analystes politiques ont de plus en plus de mal à comprendre les votes populaires. L'œuvre de Christopher Lasch, sociologue et historien américain décédé il y a vingt-trois ans, anticipait déjà largement ce moment populiste que nous vivons actuellement.

Le 14 février 1994, Christopher Lasch décède d’une leucémie, dix jours seulement après avoir achevé son testament politique, La révolte des élites et la trahison de la démocratie (Climats, 1996), qui sera publié à titre posthume. Le sociologue américain, héritier du marxisme de l’école de Francfort (Theodor W. Adorno, Max Horkheimer, etc.) et lecteur de George Orwell, y critique durement les nouvelles élites du capitalisme, coupables selon lui d’avoir trahi l’idéal démocratique.

Lasch analyse le fossé qui se creuse alors entre le haut et le bas de l’échelle sociale aux États-Unis, phénomène qui s’est reproduit presque à l’identique dans les pays d’Europe de l’Ouest. Mais si l’œuvre de Lasch est intéressante, c’est pour son caractère visionnaire. Lire La révolte des élites et les livres qui l'ont précédé permet de comprendre la séquence politique que nous vivons, caractérisée par un rejet des élites par les classes populaires.

La démocratie mise en danger par ses élites

mercredi 8 février 2017

Décodex et propagande

La censure n'est jamais une solution "Il faut combattre les 'Fake News' avec la vérité, pas la censure" (Edwars Snowden - cf. article plus bas). Encore moins lorsque le censeur est juge et partie, "Le Monde est la propriété de trois actionnaires capitalistes qui sont tous attachés à l'idéologie néolibérale, mondialiste et atlantiste" (Guy Mettan - cf. article plus bas). Sans surprise Le Monde se donnera une bonne note, ainsi qu'à ses confrères de même obédience, et une mauvaise à tous les autres, notamment à ceux qui, un jour, ont osé critiquer, ou relever une désinformation dans, leur Monde. Ainsi les sites russes (RT, Sputnik) reçoivent un carton rouge, mais celui du Qatar (Al-Jezeera) baigne dans le vert. Seront alors amalgamés dans la couleur écarlate tous ceux qui ne pensent pas comme Le Monde avec les complotistes les plus délirants parlant de reptiliens illuminati ou de mi-homme mi-porc.
Le Décodex est bien un outil de propagande défendant des orientations idéologiques plus que contestables - notamment sur la Russie, la Syrie ou l'Arabie Saoudite, voir le récent colloque de spécialistes en géopolitiques. C'est aussi un travail d'amateur concernant le choix arbitraire des 500 sites retenus, et leurs classements à l'emporte-pièce.

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Extrait d'un article de Les Crises

Lire le dossier sur le site Les Crises [classé rouge par le Décodex - puis orange] :
Billet 1 : DEC-INDEX : Quand Le Monde ressuscite L’Index de l’Église catholique…
Billet 2 : Le Décodex du Monde : du gros travail de BuzzFeed !
Billet 3 : Naufrage sur les résultats de l’élection américaine
Billet 4 : L’indispensable fact-checking interne : l’exemple du New Yorker
Billet 5 : Edward Snowden : Il faut combattre les “Fake News” avec la Vérité, pas avec la Censure [ou en bas de page]
Un FAKE était la source du Monde pour pourrir ma réputation ! [MAJ]
Dossier Décodex (articles ci-dessus et autres MAJ)

Sur Arrêt sur image [classé vert par le Décodex] :
"Fausses infos" ? Berruyer répond au Décodex du Monde [MAJ]
Décoder le Décodex [MAJ]

Sur Investig'action [classé rouge par le Décodex] :
Décodex : le vieux Monde se meurt, par Grégoire Lalieu, le 7 février 2017

Sur Arrêt sur info [classé rouge par le Décodex]
Decodex – quand Le Monde se fait Inquisiteur, par Philippe Huysmans, le 4 février 2017
Decodex – Sous le capot, par Philippe Huysmans, le 4 février 2017
Décoder les Balkans avec le Monde.fr, par Louis Ferchaud, le 8 février 2017
Le label rouge Decodex, un certificat d’excellence ? par Slobodan Despot, 19 février 2017 [MAJ]

Sur Donde Vamos [classé rouge par le Décodex] :
Les fake news, ou le procès en sorcellerie du XXIe siècle, le 4 février 2017

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Déconnant DECODEX [MAJ]
Par Jacques Sapir, le 9 février 2017 - RussEurope [classé orange par le Décodex]

Le site Web du journal Le Monde vient de lancer, depuis quelques jours, un « outil » nommé « Decodex », qui est censé permettre à ses utilisateurs de trier le faux du vrai dans le différents sites. Nul ne conteste la nécessité de vérifier les sources. On pouvait penser que cet outil serait une tentative honnête pour aider le lecteur. Elle s’avère en réalité un outil idéologique servant à la fois à l’autopromotion de ce journal (ce que l’on peut comprendre sans nécessairement l’approuver) mais aussi, et c’est sur ce point que toute l’opération est bien plus discutable, un outil de tri idéologique. Prétendant lutter conte ce que l’on appelle les « fake news », soit la multiplication des fausses nouvelles, les journalistes du Monde n’ont rien eu de plus pressé que de réinventer l’Index du Vatican. A quand l’Imprimatur ?

Decodex se présente comme une application que chacun peut utiliser. Cette application classe les sites du vert (garantie de « bonnes » informations) au rouge (site réputé dangereux), avec la couleur orange (site peu sérieux), ou bleu (site parodique). Seulement, pour faire fonctionner un système comme Décodex, il faut au préalable établir une liste de sites d’information que l’on considère comme recommandables ou non et une liste de critères qui permettent de jauger et de juger de la crédibilité de tel ou tel. On entre là dans un domaine ou joue à plein la subjectivité idéologique des journalistes du Monde. En mettant les pastilles, qu’elles soient vertes, oranges ou rouges, Le Monde s’arroge un droit de jugement alors qu’il est lui-même, et nul ne le lui reproche par ailleurs, un journal d’opinion, un journal qui défend ses idées, mais des idées qui ne font que représenter sa subjectivité. Ce qui gène, ce qui choque avec cette création du Monde c’est que ce journal se donne ainsi le rôle de censeur du Web, de l’information en ligne. Il s’approprie un pouvoir qui pourrait, à l’extrême limite, relever d’un comité indépendant, ou du CSA, mais certainement pas d’un journal qui est un acteur de cette sphère de l’information et qui ne peut donc prétendre à l’impartialité nécessaire pour une telle fonction.

La dimension idéologique de l’opération se révèle quand on se promène un peu su Décodex. On constate que les sources de l’établissement médiatique (les journaux avec lesquels Le Monde a des collaborations ouvertes ou implicites) sont systématiquement en vert. Les autres, sont en orange et en rouge, et en particulier les sources dites alternatives. Se révèle alors la dimension « monopoliste » de l’opération. Dans un monde ou le journalisme traditionnel est contesté, car chacun peut, à sa guise, créer un site d’information, l’opération Décodex apparaît comme une volonté un peu puérile et clairement désespérée de certains journalistes pour se garantir le monopole de l’information. Il eut été plus utiles, et plus profitables à tous, que ces dits journalistes s‘interrogent sur les raisons de leurs pertes d’audience. Mais, ce type d’autocritique, il ne faut pas rêver : ils en sont clairement incapables.

jeudi 22 décembre 2016

Nouvelle théorie du complot made in CIA


Après les armes de destructions massives en Irak, ...  les hackers de Poutine faussent les élections américaines.


Wikileaks : la fuite orchestrée par un membre du parti démocrate
Le 15 décembre 2016 - Sputniknews

Alors que la Maison Blanche continue d’incriminer les pirates russes et Vladimir Poutine, un représentant de WikiLeaks et ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan, Craig Murray, confirme avoir reçu les documents compromettant Hillary Clinton de la part… d’un démocrate dégoûté par l’activité du parti ! 

Les tentatives de saboter la présidentielle aux États-Unis, le référendum sur le Brexit, ou encore le piratage de la correspondance du Parti démocrate (perpétré par Poutine lui-même!)… telle est la longue liste des « forfaits » perpétrés par les terribles Russes aux yeux de l'Occident.
N'en déplaise aux phobiques qui voient flotter partout la Main du Kremlin, un proche collaborateur de Julian Assange, Craig Murray, vient de vendre la mèche: les documents fuités du Parti démocrate provenaient de l'intérieur même de cette formation politique!

« Aucun des fuites ne provenaient de Russie. La source avait un accès légal à l'information. Les documents ont été obtenus par des fuites de l'intérieur, pas par des cyberattaques », a déclaré M. Murray dans une interview au Daily Mail

Selon lui, la source au sein du Parti démocrate lui a remis les documents en mains propres à Washington. M. Murray a récupéré le paquet lors d'une réunion clandestine dans une zone boisée près de l'Université américaine, dans le nord-ouest de la ville. La personne qu'il a rencontrée n'était pas celle qui a obtenu l'information, mais un intermédiaire, a précisé M. Murray. L'employé a ajouté que la source avait pris la décision de transférer ces informations à WikiLeaks à cause de la corruption régnant au sein de Fondation Clinton et de l'élimination de Bernie Sanders de la course présidentielle.
Plus tôt, le secrétaire américain à la Sécurité intérieure Jay Johnson a déclaré qu'aucune piste pointant une ingérence extérieure dans le processus de l'élection présidentielle américaine n'avait été décelée au cours de l'enquête. Rappelons que le gouvernement américain a, sans jamais fournir la moindre preuve, formellement accusé la Russie en octobre d'avoir conduit des attaques informatiques contre les organisations politiques américaines, notamment le Parti démocrate, avant l'élection du 8 novembre. Le président russe Vladimir Poutine a toutefois nié toute implication de la Russie, qualifiant toutes accusations de la part de Washington d'« hystérie électorale ».

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Piratages informatiques aux Etats-Unis : vers une « cyberguerre froide » ?
Interview de François-Bernard Huyghe, le 19 décembre 2016 - IRIS

Concrètement, de quoi la CIA accuse la Russie dans son rapport, publié par le Washington Post sur les piratages pendant la campagne présidentielle américaine ? Au vu des révélations, est-il possible d’affirmer que la Russie a fait gagner les élections à Donald Trump ? 

Il est tout d’abord important de préciser que les accusations contre la Russie proviennent d’une organisation elle-même à l’origine d’ingérences à l’étranger et de diffusion de fausses informations. Comme lorsqu’en 2003, la CIA affirmait la présence d’armes de destruction massive en Irak. La CIA est d’ailleurs la seule agence de sécurité qui met directement en cause la responsabilité de la Russie dans les cyberattaques. Les autres agences restent prudentes, notamment le FBI avec qui la CIA est en conflit quant à l’attribution de ces attaques. Pour le moment, le dossier est loin d’être clair.

Dans son rapport, la CIA accuse des pirates russes d’avoir mené deux opérations d’espionnage et de vol de données confidentielles. L’une visait les ordinateurs du Parti démocrate, l’autre, le directeur de campagne d’Hilary Clinton, John Podesta. Des emails confidentiels de ce dernier ont été volés. Les méthodes employées par les hackers ne semblent pas sophistiquées et du côté des Démocrates, les victimes ont fait preuve de naïveté. L’une d’entre elles aurait communiqué son mot de passe après une sollicitation. Au vu de ces éléments, rien ne prouvent l’implication d’un service d’Etat dont les méthodes sont beaucoup plus sophistiquées.

Dans un deuxième temps, les emails dérobés ont été transmis à Wikileaks, qui, dans un troisième temps, les a mis sur la place publique. La publication des échanges de mail de collaborateurs du Parti démocrate ont permis de démontrer les relations privilégiées d’Hillary Clinton avec les médias, les lobbyistes, le milieu financier, les rapports entre sa fondation et de grosses société, ainsi que les magouilles auxquelles son camp s’est adonné.

samedi 19 mars 2016

Désinformation, Media et Conflits Contemporains



Désinformation, Media et Conflits Contemporains (Club Suisse de la Presse, Genève, 2 mars 2016)
Cette table ronde, présentée et modérée par Guy Mettan, journaliste, a pour objectif de se pencher sur la désinformation dans les médias quand ils traitent des conflits contemporains. M. Gyula Csurgai, Directeur de l’Institut d’Etudes Géopolitiques de Genève, présentera les composantes et caractéristiques de la désinformation. M. Arnaud Dotézac, Directeur des rédactions de Market magazine, parlera des nouvelles formes du mensonge d'Etat et Mme Hélène Richard-Favre, écrivain, fera le point sur l'information et la propagande.
Source : Club Suisse de la Presse

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Le syndrome Tolstoïevsky
Par Slobodan Despot, le 8 septembre 2014  -  Slobodan Despot

Le problème, avec l’approche occidentale de la Russie, n’est pas tant dans le manque de volonté de comprendre que dans l’excès de volonté de ne rien savoir.

Cette nation qui a donné Pouchkine et Guerre et Paix, Nijinsky et le Lac des Cygnes, qui a l’une des plus riches traditions picturales au monde, qui a classé les éléments de la nature, qui fut la première à envoyer un homme dans l’espace (et la dernière à ce jour), qui a produit des pelletées de génies du cinéma, de la poésie, de l’architecture, de la théologie, des sciences, qui a vaincu Napoléon et Hitler, qui édite les meilleurs manuels — et de loin — de physique, de mathématiques et de chimie, qui a su trouver un modus vivendi séculaire et pacifique, sur fond de respect et de compréhension mutuelle, avec ses Tatars et ses indénombrables musulmans, khazars, bouddhistes, Tchouktches, Bouriates et Toungouzes, qui a bâti la plus longue voie de chemin de fer au monde et l’utilise encore (à la différence des USA où les rails légendaires finissent en rouille), qui a minutieusement exploré et cartographié les terres, usages, ethnies et langues de l’espace eurasien, qui construit des avions de combat redoutables et des sous-marins géants, qui a reconstitué une classe moyenne en moins de quinze ans après la tiers-mondisation gorbatcho-eltsinienne, cette immense nation, donc, qui gouverne le sixième des terres émergées, est soudain traitée, du jour au lendemain, comme un ramassis de brutes qu’il s’agit de débarrasser de leur dictateur caricatural et sanglant avant de les éduquer à servir la « vraie » civilisation !

L’Occident ressort la même guignolerie haineuse à chaque crise, depuis Ivan le Terrible à « Putler »-Poutine, en passant par le tsar Paul, la guerre de Crimée, le pauvre et tragique Nicolas II, et même l’URSS où tout succès était dit « soviétique » et tout échec dénigré comme « russe ».

Des nations serviles qui accordent aux Américains un crédit illimité de forfaiture et de brigandage « parce-qu’ils-nous-ont-libérés-en-45 » n’ont pas un mot, pas une pensée de gratitude pour la nation qui a le plus contribué à vaincre l’hydre national-socialiste… et qui en a payé le prix le plus lourd. Ses élus sont traités en importuns, son président caricaturé avec une haine obsessionnelle, la liberté de mouvement et de commerce de ses citoyens, savants, universitaires et hommes d’affaires est suspendue au bon vouloir d’obscures commissions européennes dont les peuples qu’elles prétendent représenter ne connaissent pas le nom d’un seul membre, ni pourquoi il y siège plutôt qu’un autre larbin des multinationales.

mardi 15 décembre 2015

Al Qaida, ce cher ami !

Al Qaida, ce cher ami !
Par Guy Mettan, directeur exécutif du Club suisse de la presse, le 28 octobre 2015 - Le Courrier

Or donc les Russes bombardent les terroristes islamistes syriens depuis le début du mois. Tollé immédiat dans les médias atlantistes aux ordres. De quoi se mêlent donc ces Russes qui viennent bousculer nos ennemis sans nous demander la permission! Durant les premiers jours, on a donc vu fleurir les reportages sur les prétendues victimes civiles, les supposées pannes de guidage (des missiles seraient tombés sur l’Iran) et autres bavures russes.

Manque de chance: au même moment où les avions américains de l’OTAN tiraient sur un hôpital de Médecins sans frontières en Afghanistan et y tuaient une vingtaine de patients. Puis on a essayé les éditoriaux alarmistes sur les risques d’une nouvelle guerre mondiale à cause de deux brèves incursions d’avions russes sur le territoire turc et d’un frôlement avec des F-15 de la coalition américaine, immédiatement relayés par le gouvernement ukrainien et les Pays baltes, alarmés à l’idée qu’on ne parle plus de la menace russe contre eux pendant quelques jours.

Et enfin, constatant que la partie était perdue et que chaque pseudo-révélation revenait à faire la promotion de l’efficacité de l’intervention russe sur le terrain, les médias dépités ont décidé de regarder ailleurs: il était devenu urgent de parler de la «troisième intifada» et d’oublier la Syrie. Un silence assourdissant accompagne donc l’intervention russe depuis dix jours. Les gouvernements et les médias occidentaux en sont réduits à prier pour qu’un accident spectaculaire, de type MH17, ou un revers de fortune cuisant, fassent remonter leur cote auprès d’une opinion publique de plus en plus désorientée et de plus en plus suspicieuse sur la légitimité de leur politique au Moyen-Orient.
Je veux bien que les Russes ne soient pas des enfants de chœur et que leur opération militaire ne relève pas de la charité désintéressée. Mais comment justifier l’indécent retournement auquel nous ont invité les médias anglo-saxons, aussitôt suivis par les médias européens inféodés à l’OTAN?

jeudi 29 octobre 2015

Pourquoi cet afflux de réfugiés en Europe ?

Pourquoi cet afflux de réfugiés en Europe ?
Par Ivo Rens, juriste, historien, professeur à l'université de Genève, le 27 octobre 2015 - Le Courrier

Les causes de l’arrivée massive en Europe de personnes en quête d’un refuge ont à voir avec la succession des opérations militaires menées depuis 2001 par les Etats-Unis et l’OTAN au Moyen-Orient.

Rares sont les articles, dans les médias traditionnels, qui s’interrogent sur les causes de l’afflux en Europe (1) de cohortes de réfugiés en provenance du Proche et du Moyen-Orient ainsi que d’Afrique auquel nous assistons depuis quelques années et particulièrement en 2015.

Il faut consulter les médias alternatifs sur le web pour obtenir des informations et des réflexions sérieuses sur ce phénomène démographique. Ce dernier trouve sa source dans la suite ininterrompue de guerres et d’autres opérations militaires dévastatrices menées par les Etats-Unis et les pays de l’OTAN depuis 2001 en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye et dans quelques autres contrées. Les responsables en sont donc les autorités politiques à Washington ainsi qu’à Londres, Paris, Berlin, etc. dont l’interventionnisme militaire a dopé le terrorisme se réclamant de l’islam.

Depuis la disparition en 1991 de l’URSS et du Pacte de Varsovie, de purement défensive qu’elle était depuis sa création en 1949, l’OTAN est devenue le principal vecteur de l’hégémonisme américain grâce à la vassalisation, donc à la servitude volontaire, des autres Etats membres de l’alliance, à commencer par la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne. Parmi les origines lointaines de cette dérive, figure l’échec, en 1954, de la Communauté européenne de défense (CED) qui a conduit l’Europe occidentale à s’en remettre à Washington du soin d’assurer sa sécurité extérieure et, progressivement, l’orientation de toute sa politique étrangère.
Peut-être les citoyens des différents pays européens, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont-ils trouvé jusqu’ici leur compte dans cette situation de dépendance.

Mais en accepteront-ils longtemps les conséquences humanitaires et politiques? Tant que les Etats membres de l’Union Européenne ne se seront pas émancipés de la tutelle de Washington et de son interventionnisme militaire, c’est-à-dire tant que subsisteront les causes de l’exode auquel nous assistons impuissants, les cohortes de réfugiés des Etats dévastés continueront à affluer en Europe.
Source : Le Courrier

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Al Qaida, ce cher ami !
Par Guy Mettan, journaliste suisse, le 27 octobre 2015 - Le Courrier

Or donc les Russes bombardent les terroristes islamistes syriens depuis le début du mois. Tollé immédiat dans les médias atlantistes aux ordres. De quoi se mêlent donc ces Russes qui viennent bousculer nos ennemis sans nous demander la permission!

lundi 17 août 2015

"La désignation d’un ennemi est un choix politique, et non une donnée"



Comment l'ennemi se fabrique-t-il ? (IRIS, 2011)



Entretien avec Pierre Conesa, ancien Haut fonctionnaire, auteur de "La fabrication de l’ennemi" (TV Liberté, mars 2015)


"Si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes."

Comment les hommes en viennent-ils à se massacrer légalement ?

« Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d'ennemi ! », avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un « bon » ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l'Occident et rendu plus vaine sa puissance.
Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d'opinion ont consciencieusement « fabriqué de l'ennemi » et décrit un monde constitué de menaces, de risques et de défis.
L'ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique...
Comment advient ce moment « anormal » ou l'homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d'analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d'hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d'autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.

Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes.
Quatrième de couverture
Source du texte : Robert Laffont

La fabrication de l’ennemi : ou Comment tuer avec sa conscience pour soi, Ed. R. Laffont, 2011.
Commande sur Amazon : La Fabrication de l'ennemi


La fabrication de l’ennemi : le cas russe 
Par Pierre Conesa, le 31 décembre 2009 - Libération

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