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vendredi 30 mars 2018

Le wahhabisme a été exporté à la demande des Occidentaux

MAJ de la page : Wahhabisme

Lire aussi sur le site Les Crises le dossier sur "L'attitude ambiguë des Etats-Unis envers l'Etat Islamique" (26 mars 2018) ainsi que "Retour sur le "bon boulot" l'Al-Nostra", 16 mars 2018

Une preuve de plus sur le rôle des occidentaux dans l'émergence du terrorisme djihadiste :

Le prince héritier saoudien révèle que le wahhabisme a été exporté à la demande des Occidentaux
Le 28 mars 2018 - RT

Mohammed ben Salmane et Donald Trump à Washington, illustration.

Dans une interview au Washington Post, le prince héritier Mohamed ben Salmane a déclaré que l'Arabie saoudite avait commencé à propager l'idéologie wahhabite à la demande de ses alliés occidentaux, pendant la guerre froide, pour contrer l'URSS.

Une déclaration du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (surnommé «MBS») publiée par le Washington Post le 22 mars et passée, semble-t-il, inaperçue dans les médias francophones, fait office d’aveu. En effet, le prince héritier saoudien a assuré que l’idéologie wahhabite avait été propagée au cours de la seconde moitié du XXe siècle par Riyad à la demande des alliés occidentaux du royaume, dans le but de contrer l’influence de l’Union soviétique dans les pays musulmans.

Le 26 novembre, l'Arabie saoudite a scellé la création d'une coalition antiterroriste composée de pays musulmans. L'Iran, la Syrie ou l'Irak n'en font pas partie L'Arabie saoudite lance une coalition antiterroriste de pays musulmans... sans la Syrie ni l'Irak
En visite diplomatique aux Etats-Unis, «MBS» s’est exprimé lors d'une rencontre avec des membres de la rédaction du Washington Post. Bien que cette réunion ait été tenue secrète dans un premier temps, l'ambassade saoudienne a par la suite autorisé le célèbre journal américain à publier des extraits spécifiques des propos tenus par le prince héritier. Ainsi, le journal relate des déclarations de Mohamed ben Salmane sur différents dossiers, dont sa relation avec Jared Kushner, le gendre de Donald Trump et conseiller de la Maison Blanche, ses réformes internes au royaume, la guerre au Yémen ou encore le conflit israélo-palestinien.

Interrogé sur la propagation du wahhabisme, idéologie islamiste rigoriste née en Arabie saoudite et parfois accusée par la presse et des responsables politiques en Occident d'être une source du terrorisme islamiste, le prince héritier a déclaré que les investissements saoudiens dans les mosquées et écoles islamiques à l'étranger trouvaient leur origine dans le contexte de la guerre froide. Le prince héritier a expliqué que, à cette époque, les alliés occidentaux de Riyad avaient demandé à l'Arabie saoudite d'utiliser ses ressources afin d'empêcher l’Union soviétique de «conquérir le monde musulman ou d’y acquérir de l’influence».

Une révélation tardive du rôle de l'Occident dans la propagation du wahhabisme

Interrogé par RT France, Pierre Conesa, historien français, auteur du livre Dr. Saoud et Mr. Djihad, qualifie cette révélation de «tardive». Pour ce spécialiste en stratégies politiques internationales, cette révélation permet au prince héritier de «se décharger d’une partie de sa responsabilité sur le financement du terrorisme».

lundi 6 février 2017

Un éléphant ça Trump énormément...



Un éléphant ça Trump énormément... 100% Econoclastes n°01 (Paris, 4 février 2017)
Avec :
Pierre Conesa, Olivier Delamarche, Pierre Sabatier, Philippe Béchade et Olivier Berruyer
Site officiel : Les Econoclastes


Quelques dessins (amusants ou/et de propagande) du talentueux Chapatte sur L'ère Trump :

Pas bienvenue en Amérique

Trump verrouille l'Amérique

Trump Tower

Theresa May rencontre Donald Trump

dimanche 5 février 2017

Aux origines du terrorisme qui frappe la France – La menace mondiale de l’idéologie wahhabite

MAJ de la page : Wahhabisme

Aux origines du terrorisme qui frappe la France – La menace mondiale de l’idéologie wahhabite
Compte rendu du colloque du 18 janvier 2017 - Cf2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement)

Pour la première fois en France, le mercredi 18 janvier dernier, le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) a organisé un colloque consacré à l’analyse et à la dénonciation de l’idéologie wahhabite, véritable moteur du terrorisme islamiste contemporain, en France et dans le monde, en présence de nombreux experts réputés, et devant un amphithéâtre comble. Les vidéos du colloque ont été réalisées par l’équipe du site STRATPOL (www.stratpol.com), dirigé par Xavier Moreau, qui fournit des analyses politico-stratégiques et économiques sur toutes les zones, pays et continents, dans le but de permettre des prospectives réalistes.
Huit points majeurs ressortent de cette réunion¹
Source (et suite) du texte : Cf2R (en PDF)



Colloque sur le wahhabisme - Playlist en 7 parties avec les interventions de :
1 : Eric Denécé
Auteur (notamment) de : La Face Cachée des Révolutions Arabes, Ed. Ellipses, 2012
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et Pierre Conesa
Auteur (notamment) de : Dr. Saoud et Mr. Djihad, La Diplomatie religieuse de l'Arabie Saoudite, Ed. Robert Laffont, 2016
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2 : Alain Corvez
3 : Abderrahmane Mekkaoui
4 : Richard Labévière
5 : Mezri Haddad
6 : Michel Raimbaud
7 : Pierre Lellouche



Partie 4 : intervention de Richard Labévière
Auteur (notamment) de : Les Dollars de la terreur : Les Etats-Unis et les islamistes, Ed. Grasset, 1999
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Partie 6 : intervention de Michel Raimbaud
Auteur (notamment) de : Tempête Sur le Grand Moyen-Orient, Ed. Ellipse, 2017
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Wesley Clark, un plan états-unien pour détruire 7 pays en 5 ans (octobre 2007) - VOSTFR



Le prince héritier saoudien a reçu la légion d'honneur pour ses efforts
dans la lutte contre le terrorisme [sic], 5 mars 2016

* * *

(Article provocateur énonçant de nombreuses vérités)

Saisir le pétrole saoudien pour résoudre les problèmes mondiaux
Par Raymond Ibrahim, le 23 janvier 2017 - Raymond Ibrahim / Le Saker (trad.)

Souhaitez-vous savoir comment les États-Unis peuvent pratiquement éliminer le terrorisme islamique mondial et la faim dans le monde d’un coup ?
En saisissant les puits de pétrole de l’Arabie saoudite.

jeudi 27 octobre 2016

France, terrorisme et diplomatie en carton



Thinkerview chez les ambassadeurs (octobre 2016)



Pierre Conesa : France, terrorisme et diplomatie en carton (Thinkerview, 7 octobre 2016 )
A propos de son dernier livre : Dr. Saoud et Mr. Djihad, Ed. Laffont, 2016

Une étude exceptionnelle sur les dessous du royaume le plus puissant et le plus secret au monde.
La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite constitue un étrange trou noir dans l'analyse du radicalisme qui affecte l'islam aujourd'hui. Pourquoi le salafisme, mouvance la plus intolérante et sectaire de l'islam, est-il devenu si conquérant ? Parce que parmi tous les radicalismes religieux qui pourrissent la planète, il est le seul à bénéficier d'un appui constant de la part d'un pays doté d'immenses moyens : le royaume saoudien.
Cette étude, dont les collaborateurs ont souhaité conserver l'anonymat, révèle comment ce royaume aux deux visages, celui conciliant de la dynastie Saoud et celui plus agressif du salafisme, propagandiste du djihad, a depuis des décennies développé une stratégie religieuse pour conquérir la communauté musulmane, mais aussi l'Occident, sans apparaître comme un ennemi grâce à un soft power original, hybride des systèmes américain et soviétique.
Aujourd'hui, ce pays longtemps protégé se retrouve menacé sur son propre territoire par le salafisme djihadiste qu'il a propagé ailleurs.
Quatrième de couverture
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* * *

« Dr. Saoud et Mr. Djihad » – 3 questions à Pierre Conesa
Par Pascal Boniface, le 13 octobre 2016 - Iris

Pierre Conesa, agrégé d’Histoire, est enseignant à Sciences Po. Il répond à mes questions à l’occasion de son ouvrage : « Dr. Saoud et Mr. Djihad : la diplomatie religieuse de l’Arabie Saoudite », paru aux éditions Robert Laffont et préfacé par Hubert Védrine.

Pourquoi décrivez-vous l’Arabie Saoudite comme une entreprise idéologique qui tient du soft power américain dans la structure, mais serait soviétique dans la méthode ?

J’ai été frappé, en étudiant la diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite, de la mise en place d’un système d’influence (un soft power) très efficace, illustré notamment par la propagation réussie du salafisme. La comparaison avec les grands systèmes de soft power connus s’est imposée rapidement : la politique publique de diffusion du wahhabisme est affichée dès la constitution du régime (certaines ambassades incluent un conseiller aux affaires religieuses en contradiction avec la convention de Vienne) ; elle est appuyée par de multiples et richissimes fondations privées, d’ONG à vocation humanitaire ou éducatives… C’est un système « multicouches » qui associe privé et public comme dans le système américain. D’un autre côté, il y a un bras armé très tôt mis en place, la Ligue Islamique mondiale (LIM), qui agit en interaction complète avec les ambassades. La politique de formation de cadres religieux dans l‘université islamique de Médine, qui n’est pas sans rappeler la célèbre Université Lumumba de Moscou, a porté ses résultats dans nombre de pays notamment d’Afrique francophone.  Enfin, la diffusion d’une idéologie totalitaire inoxydable : le salafisme. Le résultat est impressionnant : entre 25 et 30 000 diplômés en une trentaine d’années, dont bon nombre ont pris la tête de structures représentatives des musulmans dans différents pays ; et un budget de 8 milliards de dollars !

Le plus grands succès de ce soft power est probablement d’avoir su rester discret, « au-dessous des radars », au point qu’il n’existe aucune étude sur l’action de la LIM y compris au Quai d’Orsay.

dimanche 11 septembre 2016

La guerre et la paix


Les Discussions du soir par Régis Debray
La guerre et la paix avec Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, spécialiste des questions stratégiques internationales. (9 septembre 2016)
Son dernier livre : La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite, Ed. Robert Laffont, 2016
Qui est l'ennemi ? Comment et pourquoi se fabrique-t-on des ennemis ? Quels sont les mécanismes du chaos ? Quel est le rapport entre affrontement militaire et stratégie politique ? Retour sur le conflit syrien et la diplomatie religieuse en Arabie saoudite.

Une étude exceptionnelle sur les dessous du royaume le plus puissant et le plus secret au monde.
La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite constitue un étrange trou noir dans l'analyse du radicalisme qui affecte l'islam aujourd'hui. Pourquoi le salafisme, mouvance la plus intolérante et sectaire de l'islam, est-il devenu si conquérant ? Parce que parmi tous les radicalismes religieux qui pourrissent la planète, il est le seul à bénéficier d'un appui constant de la part d'un pays doté d'immenses moyens : le royaume saoudien.
Cette étude, dont les collaborateurs ont souhaité conserver l'anonymat, révèle comment ce royaume aux deux visages, celui conciliant de la dynastie Saoud et celui plus agressif du salafisme, propagandiste du djihad, a depuis des décennies développé une stratégie religieuse pour conquérir la communauté musulmane, mais aussi l'Occident, sans apparaître comme un ennemi grâce à un soft power original, hybride des systèmes américain et soviétique.
Aujourd'hui, ce pays longtemps protégé se retrouve menacé sur son propre territoire par le salafisme djihadiste qu'il a propagé ailleurs.
Quatrième de couverture
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Les Discussions du soir par Régis Debray
La guerre et nous avec François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’IRIS, spécialisé sur la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique, responsable de l'Observatoire Géostratégique de l'Information. (2 septembre 2016)
Qu’en est-il du fait guerrier aujourd’hui, et au-delà des strictes questions de défense, des rapports de force dans le monde ? Quel est le rôle des Think tanks ?


dimanche 24 juillet 2016

Cinq questions sur Nice

MAJ de la page : Attentat de Nice



Attentat de Nice. Responsables et coupables. L'analyse de F. Asselineau (UPR, 18 juillet 2016)

Lire aussi :
La Syrie impute à la France des frappes ayant tué plus de 120 civils dans le nord du pays, RTFrance, le 20 juillet 2016
SYRIE. 77 civils tués, un enfant décapité : la coalition face à ses démons, le Nouvel Obs, le 21 juillet 2016
Des rebelles syriens “modérés” ont décapité un enfant, Les Crises, le 22 juillet 2016

* * *

Cinq questions sur Nice
Par Jacques Sapir, le 22 juillet 2016 - RussEurope

L’attentat de Nice soulève une série de graves questions quant au rôle de l’Etat, mais aussi de la municipalité. Ces questions sont démultipliées par les débats qui ont entouré la reconduction de l’Etat d’urgence, qui a été prorogé pour une durée de 6 mois. Ces questions pourraient être à l’origine d’une polémique aux effets politiques redoutables dans les semaines et les mois à venir.

I. Quelles étaient les mesures de sécurité adoptées pour le feu d’artifice du 14 juillet à Nice ?

C’est le journal Libération qui a lancé le débat dans un article du 21 juillet[1]. Cet article a suscité une riposte violente du Ministre de l’intérieur, M. Bernard Cazeneuve, parlant d’un « complot » ourdi par ce journal[2]. Or, ce qui est mis en cause est cette partie du communiqué du 16 juillet [3]: «La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir.» En fait, il apparaît que seuls 2 policiers municipaux assuraient le contrôle du périmètre au point où le camion du meurtrier est entré dans la partie piétonne de la promenade des anglais. Aucune chicane en béton n’était déployée, ni à cet endroit ni 370 mètres plus loin, là où se trouvaient la patrouille de 4 hommes de la police nationale. Or, de telles chicanes avaient été utilisées auparavant, et en particulier lors de l’Euro-2016. Il est clair qu’il y a de sérieuses différences entre ce que dit le Ministère de l’Intérieur et la réalité. Pourquoi le Ministère de l’intérieur ne veut-il pas le reconnaître ?

II. Etaient-elles raisonnablement suffisantes ?

Cette question surgit au regard des mesures pratiquées pour l’Euro-2016. Il semble que l’événement sportif ait été mieux sécurisé que le 14 juillet. Pourquoi ? Les autorités disposaient elles d’information les amenant à penser que la menace avait baissée ? Sinon, comment expliquer que l’on ait baissé la garde ? On sait que les forces de sécurité étaient (et sont) dans un état d’épuisement avancé. Dans ces conditions, n’était-il pas de l’autorité du maire et du préfet d’interdire un événement que l’on ne pouvait sécuriser convenablement ? Ou bien a-t-on pensé qu’en matière de relations publiques la mort de badauds pesait moins que celles de supporters ?

dimanche 17 juillet 2016

«Les attentats sont la suite logique des bombardements»



Un camion de 18 tonnes tue au moins 84 personnes dont 10 enfants sur la Promenade des Anglais à Nice, plus de 200 blessés dont une cinquantaine gravement.
Pensées aux victimes de cet acte lâche et ignoble. 

Rappel. L'idéologie qui anime les différents groupes terroristes dont Daesh, le salafisme djihadiste, n'est pas un courant de l'Islam (ce n'est pas à proprement parler un Islam radical) mais une hérésie.
Lire à ce sujet le livre de Jean-Michel Vernochet, Les Egarés : Le Wahhabisme est-il un contre Islam ? Ed. Sigest, 2013.
Commande sur Amazon : Les Egarés : Le Wahhabisme est-il un contre Islam ?
Et sur ce blog la page : Le wahhabisme est-il musulman ?

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L'Invité des Matins d'été par Olivia Gesbert , Benoît Bouscarel
Nice : après l'horreur, premières analyses sur un terrorisme 3e génération
avec Gilles Kepel : Spécialiste de l’islam et du monde arabe contemporain, Gilles Kepel anime le séminaire « Violence et dogme » à l’École normale supérieure et enseigne à l’Institut d’études politiques de Paris.
Son dernier livre :
Terreur dans l'Hexagone : genèse du djihad français, Ed. Gallimard, 201
Commande sur Amazon : Terreur dans l'Hexagone: Genèse du djihad français

Lire aussi sur Les Crises : [Attentat à Nice] Errare humanum est, perseverare diabolicum

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«Les attentats sont la suite logique des bombardements»
Interview de Pierre Conesa, le 16 juillet 2016 - Le Temps


La France a eu tort d’intervenir en Syrie, estime affirme Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au Ministère de la défense. Elle est en train de payer au prix fort une guerre qui n’est pas la sienne

La France meurtrie, la France martyrisée… mais la France responsable ? L’attentat de Nice comme les autres opérations sanglantes menées depuis plus d’un an dans l’Hexagone par des djihadistes sont étroitement liés aux interventions militaires occidentales dans le monde arabe, estime Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au Ministère français de la défense, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris et auteur d’un livre à paraître en septembre sur la diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite.

Le Temps: Pourquoi cet acharnement de l’Etat islamique contre la France?

Pierre Conesa: La France se veut aujourd’hui le meilleur allié des Etats-Unis contre Daesh (l’Etat islamique), une ligne dure qui a été symbolisée par l’ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et qui est perpétuée aujourd’hui par le président François Hollande. Elle le manifeste en participant très activement aux bombardements de la coalition occidentale en Syrie, ce qui lui vaut d’être sinon la seule du moins la principale cible des djihadistes en Europe. Il faut ajouter à cela que l’Hexagone abrite une communauté musulmane particulièrement nombreuse à l’échelle de l’Occident, une caractéristique qui représente un facteur certain de fragilité face aux crises qui secouent le Proche-Orient.

samedi 14 novembre 2015

Attaques sur Paris

Pensées aux victimes parisiennes, à leurs proches, ...





Carmen Grilo (soeur de Joaquin), extrait du spectacle "Grilo" (Paris, 17 octobre 2015)

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Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Défense, Attaques sur Paris (le 14 novembre 2015)



Marc Trévidic, ancien juge anti terroriste, "L'Etat islamique est un ennemi déclaré trop puissant" (le 14 novembre 2015)

lundi 12 octobre 2015

Arabie Saoudite, Théâtre de Dupes



Pierre Conesa : Arabie Saoudite, Théâtre de Dupes, Stratégie planétaire (Thinkerview, 2015)

* * *

Amnesty demande l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite, suspectée de crimes de guerres au Yémen
Par Rachel Knaebel, le 12 octobre 2015"- Bastamag

Amnesty international accuse l’Arabie Saoudite et les forces de la coalition arabe qui interviennent au Yémen de bombarder délibérément les villes densément peuplées, et donc les populations civiles. Plus de 2000 civils et des centaines d’enfants auraient péri depuis le début des opérations, il y a sept mois. Le royaume saoudien utilise également des bombes à sous-munitions interdites par une convention internationale. Cela ne semble pas empêcher l’Allemagne, les Etats-Unis ou la France de continuer de lui vendre des armes, en violation des traités signés.

Depuis mars 2015, l’Arabie Saoudite mène une opération militaire au Yémen pour contrer les rebelles houthistes et soutenir le gouvernement régulier. Amnesty International avait déjà alerté avant l’été sur les nombreuses victimes civiles du conflit, touchées à la fois par des tirs de la coalition et par ceux des insurgés houthistes. Le 7 octobre, l’ONG a publié un nouveau rapport sur les victimes civiles de cette guerre oubliée du Yémen. « Depuis le 25 mars 2015, plus de 4000 personnes ont été tuées dans le conflit yéménite. La moitié d’entre eux sont des civils, dont des centaines d’enfants », rappelle Amnesty. Dans ce ce nouveau rapport, l’ONG documente plus précisément treize bombardements menés par la coalition menée par l’Arabie saoudite [1]. Ceux-ci ont eu lieu entre mai et juillet. Selon l’enquête réalisée sur place par Amnesty, ces frappes ont tué quelque 100 civils, dont plus de 50 enfants.

lundi 17 août 2015

"La désignation d’un ennemi est un choix politique, et non une donnée"



Comment l'ennemi se fabrique-t-il ? (IRIS, 2011)



Entretien avec Pierre Conesa, ancien Haut fonctionnaire, auteur de "La fabrication de l’ennemi" (TV Liberté, mars 2015)


"Si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes."

Comment les hommes en viennent-ils à se massacrer légalement ?

« Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d'ennemi ! », avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un « bon » ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l'Occident et rendu plus vaine sa puissance.
Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d'opinion ont consciencieusement « fabriqué de l'ennemi » et décrit un monde constitué de menaces, de risques et de défis.
L'ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique...
Comment advient ce moment « anormal » ou l'homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d'analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d'hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d'autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.

Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes.
Quatrième de couverture
Source du texte : Robert Laffont

La fabrication de l’ennemi : ou Comment tuer avec sa conscience pour soi, Ed. R. Laffont, 2011.
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La fabrication de l’ennemi : le cas russe 
Par Pierre Conesa, le 31 décembre 2009 - Libération

dimanche 25 janvier 2015

Politique de contre-radicalisation en France



Interview Pierre Conesa. Politique de contre-radicalisation en France (Thinkerview, 2015)

"Le terrorisme ne se combat pas par la guerre" (20.01.2015)

Comment lutter contre la radicalisation ? Deux semaines après les attentats qui ont fait 17 morts en France, la question est au centre du débat. Pour Pierre Conesa, ex-haut fonctionnaire au ministère de la Défense et auteur d'un rapport sur ce sujet, il faut d'abord s'appuyer sur "les élites musulmanes". Autre priorité : se resituer sur la scène internationale.
"Quelle politique de contre-radicalisation ?" C'est le titre du rapport rendu par Pierre Conesa fin décembre 2014 à la Fondation d'aide aux victimes du terrorisme. Après le choc provoqué par les attentats meurtiers des 7 et 9 janvier derniers à Paris, c'est la question de l'après qui se pose. Et notamment celle de la lutte contre la radicalisation.

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