lundi 31 janvier 2011

Siddharameshwar Maharaj


Né en août 1888 à Pathri, petit village du district de Sholapur en Inde, Sri Siddharameshwar Maharaj, maître de Nisargadatta Maharaj et de Ranjit Maharaj, mourut en novembre 1936 à Mumbai.
Doté d’une grande finesse et d’un sens pratique très aigu, Sri Siddharameshwar enseigna le chemin de l’oiseau, Vihanga marg, ou chemin de la connaissance, expliquant que l’on peut facilement atteindre la réalité finale en mettant en pratique l’enseignement du maître. C’est en entendant les générations successives que l’ignorance s’est installée et c’est en entendant les paroles du maître que celle-ci se dissipera.
Vous vous tourmentez inutilement, dit-il, de quoi souffrez-vous au juste ? Vous êtes malheureux mais vous ne savez même pas pourquoi ! Une bonne réflexion pourrait venir à bout de toutes ces souffrances. L’éveillé n’a pas de peines, il est toujours bienheureux ! L’homme limité vit dans la peur constante, il vit sous le joug des péchés et des mérites, des choses matérielles et de l’opinion des autres. Pensez, réfléchissez profondément, et débarrassez-vous de ces peurs. Elles vous paralysent ! Vous êtes comme le veau qui vient de naître, fragile et exposé à tous les dangers, à tous les prédateurs !
Pratiquée avec assiduité cette méthode permet au chercheur de vérité de se libérer du faux et d’Embrasser l’immortalité.
Source du texte : Les Deux Océans
Autre biographie : non dualité


Bibliographie (en français) :

- La clef de la réalisation de soi. Ed. Les Deux Océans, 1996.
- Embrasser l'immortalité, (Amrutlaya).  Ed. Les Deux Océans, 2007.


La méditation est un chemin long et difficile que l'on nomme “le chemin de la fourmi” (Pilpilya marg) dans la philosophie du Védanta.

Le chemin de la connaissance ou la voie directe est appelé le chemin de l'oiseau (Vihanga marg).
Une fourmi peut mourir en chemin avant d'atteindre la cime de l'arbre alors que l'oiseau vole de branche en branche avec tant d'aisance !
Cité par Daniel Maurin dans : Déjouer les pièges de l'égo, La voie de l'oiseau

Tant que les objets sont pris pour exister vraiment, le sujet reste. Car l'être est conceptuel, tout comme le sujet. Si vous appelez cette ville `Bombay ', elle apparaît comme Bombay; si vous l'appelez terre, elle apparaîtra comme terre.  Tout dépend du concept du sujet. Si vous appelez un objet une chaise, c'est une chaise; si vous l'appelez bois, c'est du bois. Si vous appelez tout Brahman, alors tout est Brahman. Si vous l'appelez le monde, c'est le monde.  Tous les objets dépendent du concept du sujet. Mais Brahman est au delà des concepts et aucun concept ne peut le concevoir (...).

Vous êtes devenus le corps physique parce que ce corps est l'objet unique corporel parmi vos concepts. Les domestiques et les préposés devraient être considérés comme Dieu. Il n'y a rien d'autre que Brahman avec ou sans qualité. Tout est Govinda (Dieu). Puisque nous classons tous les objets par catégorie, il y a le moi (jiva). Vous percevez l'épouse comme épouse, fille comme fille, cheval comme cheval ou chien comme chien. Ils sont tous Brahman seulement. Il n'y a aucun besoin de changer la forme des objets. Seulement l'attitude du sujet doit changer. Brahman est identique même lorsqu'il est dans un état avec des attributs. Vous devriez voir Brahman dans quelqu'état qu'il existe. Même les atomes et les molécules d'une chaise sont toutes le seigneur Krishna (Brahman). Une fois que cette attitude est prise, alors il est lui-même Brahman. Que l'on dorme, se réveille, ou aille se promener, on n'a en fait pas dormi, on ne s'est pas réveillé, ni allé promené. Quand tout est Brahman, qui mange et dort ? Celui qui est sans qualité et celui qui parle (c.-à-d. avec la qualité) sont Dieu (...).



Celui qui s'éveille réalisera ceci. Tout est Dieu. Si vous pratiquez ceci et le prenez à coeur, alors (la réalisation sera) tout est Brahman. On doit arroser une plante jusqu'à ce qu'elle fasse ses racines. Alors elle croîtra par elle-même. Vous devriez persister dans votre pratique jusqu'à ce que vous réalisiez ceci.

Extrait de : Embrasser l'immortalité
Source (et suite) du texte : non dualité



Valmiki


Vālmīki (Sanskrit devanāgarī : वाल्मिकी) est un poète indien qui aurait vécu 1500 ans avant notre ère (les dates sont controversées, allant de 7000 avant à 300 après), auteur du Rāmāyana, racontant l'épopée du prince Rāma parti à la recherche de Sītā. Cette œuvre monumentale composée de pas moins de vingt-quatre mille strophes de quatre vers est l'un des joyaux de la littérature indienne, avec le Mahābhārata composé quelques siècles plus tard. On lui attribue aussi l'invention du mètre épique (śloka).

Mais il est également l'auteur du Yoga-Vashista (aussi connu sous le nom de Maharamayana), comprenant trente deux mille vers. Ce livre d'une grande profondeur a longtemps été le compagnon des yogis et ermites dans leurs retraites himalayennes, ainsi que des rois et hommes d'état dans leur activité en Inde. 


Selon la légende, il serait le fils d'un Rishi (Sage) et d'une reine à qui ont l'aurait dérobé à l'âge de trois ans. Il vécut d'abord une vie de fermier, pauvre mais honnête, jusqu'au jours où, victime d'un vol, il perdit le peu qu'il possédait. Furieux, il décida de se faire brigand de grand chemin. Alors que Ratnaka (c'était son nom) revenait chez lui après avoir dépouillé et tué un riche marchand, Narad, un sage envoyé par Braham, lui posa la question du pourquoi. Il répondit : 


- Pour nourrir ma famille.
- Ta famille approuve-t-elle, est-elle d'accord de partager les conséquences de tes actes s'il doit en avoir ? 
- Sans doute, je leur demanderai. 
Mais ni sa femme ni ses enfants ne l'acceptèrent : 
- Tu es le seul responsable de tes actes, personne ne t'a demandé de tuer ou voler ! 
Dépité, Ratnaka revint vers Narad qui lui révéla le secret de sa naissance, et lui dévoila qu'il deviendra un grand Rishi. Puis il l'envoya répéter "Ram, Ram, Ram" sous un pipal. Il s'embrouilla d'abord en disant : "mara, mara, mara (tue, tue, tue)", mais par la suite il le fit tant et si bien que des fourmilières finirent par le recouvrir entièrement. Sa femme l'ayant retrouvé fit alors une offrande pour que la pluie tombe, et Ratnaka réapparu. Il reçut alors un nouveau nom : Valmiki (celui qui est né de la fourmilière).



* * *

"(...) je demandais à Bhagavan (Sri Ramana Maharshi) de me sélectionner de la lecture, il me donna une courte liste de six livres : Kaivalya NavanîtamRibbu GîtâEllâm OnruSwarûpâ Sâram et Yoga-Vâshishta."
* * *

Bibliographie (en français) :

- Le Ramayana. Ed. La Pleiade, 1999.
- Le Ramayana, trad. Serge Demetrian. Ed. Albin Michel, coll. Spiritualité vivante, 2006.
- Yoga Vasishtha, Le Monde est dans l'âme, extraits des instructions du Sage Vasishta au prince Rama son disciple suivi de Histoire de la reine Chudala. Trad. Hari Prasad Shastri et Roger Du Pasquier. Ed. Archè Milano, 1977.
Etudes : 
F. Chenet, Psychogénèse et Cosmogonie selon le Yoga-Vasishta. "Le monde est dans l'âme". Ed. De Boccard, 1998. 
En ligne : 
Ramayana, trad. Hippolyte Fauche, 1854 : Google livres
Yoga Vasishta (extraits), trad. Gaura Krishna : ramsurat



La conscience qui fait dire "c'est moi" est pareille à l'ombre de la nuit et est dissipée par l'aurore du soleil de la vraie connaissance. Ne pense ni à l'entité, ni à la non-entité de toi-même ou des autres. Protège la tranquillité de ton âme en ignorant toute pensée relative à l'existence positive ou négative, et fais disparaître le sens de la distinction entre cause et effet.
De plus, favoriser un penchant pour certaines choses qui seraient bonnes et une répugnance pour d'autres qui seraient mauvaises est une maladie de l'âme qui suscite l'anxiété.
Ne t'attache pas à ce que tu regardes comme beau et ne repousse pas ce qui te parait détestable; défais-toi de ces sentiments antagonistes et sois d'humeur égale en te concentrant sur l'Un devant qui toutes choses sont équivalentes et également bonnes.
Sache que ton âme est pareille à un fil traversant et supportant toutes les choses de l'existence comme si elles étaient les perles d'un collier.
Il y a trois causes qui contribuent à te rapprocher de l'illumination spirituelle : premièrement le fait que tu ne crois pas en l'existence de la dualité, deuxièmement l'éclat des lumières intellectuelles que tu as reçues par la grâce de Dieu et troisièmement la vaste étendue de la connaissance que tu dois à mon enseignement.
O Rama, médite chaque jour de la façon suivante :
Sous la forme d'Indra je règne sur le monde et en tant que moine je suis le supérieur du monastère placé sous mon autorité. Je suis à la fois mâle et femelle; je suis à la fois jeune homme et jeune fille; je suis très vieux pour ce qui est de mon âme et jeune pour ce qui est de mon corps, lequel renait et se renouvelle sans cesse. C'est pour son plaisir que mon Atman a déployé le monde, comme un enfant confectionne des jouets pour s'amuser.
Je suis le parfum des fleurs et le coloris de leurs pétales; je suis la forme de toutes les formes et la perception de toutes les choses perceptibles.
De chaque chose de ce monde, qu'elle soit mobile ou immobile, je suis le coeur le plus profond, et pourtant je suis toujours libre de désirs.
De même que l'élément essentiel de l'humidité est diffusé dans la nature sous les diverses formes que l'eau peut prendre, ainsi mon Esprit est répandu dans toute la végétation.
En tant que conscience je pénètre le coeur le plus intime de toutes choses et, à mon gré, j'en ressors sous forme de sensations. (...)
Extrait de : Le monde est dans l'âme.

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O grand Brahmachari, j'ai encore une question à te poser : Atman est Connaissance absolue et éternellement pure. Comment la triade connaissant-connaissance-connu surgit-elle en lui ?

Kumbha sourit et dit : O roi, tout objet mobile et immobile, extérieur et intérieur apparait seulement tant que dure le monde. Ensuite Atman seul demeure; il n'y a plus alors ni lumière ni obscurité. Atman n'est ni réel, ni irréel; il est toujours lumineux. De même que l'éclat d'un joyau apparait par ses rayons, ainsi la lumière d'Atman se manifeste par le monde; mais les formes sont illusion.
Sache bien, ô roi, que ni 'je' ni 'tu' n'existe en Atman qui est paix éternelle. Il est Connaissance absolue et Béatitude absolue.
Vis ancré en Atman qui est moindre que le plus minuscule et plus grand que le plus immense. L'espace est contenu en Lui. L'univers est en Lui comme un fétu de paille dans un vaste champs. Lorsqu'Atman s'extériorise, l'univers apparaît comme une matérialisation partielle de Sa lumière. Le vent a la qualité du mouvement mais aussi celle de l'immobilité. Lorsque le vent se meut, on le sent, mais lorsqu'il est sans mouvement, il n'est pas perçu. De même, lorsqu'Atman se manifeste, l'univers est perçu comme Sa manifestation; mais lorsqu'il retire Sa création, on ne peut plus l'expérimenter. Atman est Existence absolue, et l'univers se trouve dans l'existence. Lorsque l'univers est vu correctement, il n'est qu'Atman et béatitude, mais s'il est vue incorrectement il apparaît comme monde plein de souffrance. Celui dont l'âme a la cognition du monde souffre, mais pour celui dont l'âme a la cognition d'Atman, le monde est un jardin de félicité.
Atman siginfie le Soi, et qui voit le monde en tant que son propre Soi est libre de souffrance. O roi, le monde existe seulement dans ta pensée et dans ton sentiment, et tu ressens la joie ou la peine selon ta propre âme dont la projection est le monde. Pour qui ne nourrit aucune pensée ni aucun sentiment empoisonné, il n'y a pas de poison, tandis que pour qui a des pensées empoisonnées, même le nectar devient poison.
Le connaissant sait que le monde n'est qu'une expression de sa pensée et de son sentiment, et il ne subit pas de souffrance, mais l'ignorant ne cesse de souffrir, même dans l'aisance et le luxe.
Connais ce grand secret, ô roi : l'âme et le sentiment ne sont que des appellations pour désigner Atman. Comme l'espace est aussi appelé le vide, ainsi Atman est appelé âme, intelligence ou égo. Les bracelets, les anneaux et les colliers d'or ne sont que de l'or; de même tout est Atman.
Les perceptions et les sentiment sont les rayons d'Atman. L'âme a créé le monde dans Atman. Le commencement est Atman, le milieu est Atman et la fin est Atman. Ce qui parait différent d'Atman n'est que pure illusion.
Sache, ô roi, que le temps-espace est une illusion et sois bienheureux. Le temps-espace est perçu par les sens de l'âme, mais lorsqu'il est perçu sans ces modifications, il est Atman.
O roi, vois Brahman, vois la Perfection, et tu seras Brahman, tu seras Perfection. Comme l'espace existe dans sa propre nature - le Vide - ainsi tout existe en Brahman.
Le monde est la manifestation de principe de l'âme. Le principe de l'âme est Brahma, le Créateur. Lorsqu'il regarde à l'extérieur, Il crée le monde et le perçoit; lorsqu'il se tourne à l'intérieur, il voit Atman et se dissout dans sa cause.
O roi, vis, pense, sois, sens Atman et tu auras félicité et paix éternelles.
Extrait de : Histoire de la reine Chudala

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Ramayana (trad. Hippolyte Faucher) :
















samedi 29 janvier 2011

Cendres et neige

De magnifiques images pour entamer le week-end.

Ashes and Snow, de l'artiste canadien Gregory Colbert, est une installation d’œuvres photographiques, cinématographiques et d'un récit épistolaire qui voyage dans le Nomadic Museum, une structure temporaire construite spécialement pour l'exposition. Ce travail explore les sensibilités poétiques communes des hommes et des bêtes. Ashes and Snow a voyagé à Venise, New York, Santa Monica, Tokyo, et Mexico. En date de juillet 2009, Ashes and Snow a été vue par plus de 10 millions de personnes, devenant ainsi l'exposition d'un artiste vivant la plus visitée de l'histoire de l'art1.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Site officiel : Ashes and Snow



"Ou encore si l'on se trouve dans un véhicule en mouvement ou si l'on meut le corps très lentement, O Déesse ! (jouissant alors) d'une disposition d'esprit apaisée, l'on parviendra au flot divin."
(83) Vijnana Bhairava, trad. Lilian Silburn. Ed. De Boccard.












 

vendredi 28 janvier 2011

Nirmala Sundari Devi ou Ma Ananda Moyi ou Ma Ananda Mayi

VIDEO EN BAS DE PAGE





Nirmalâ Sundari Devî, née le 30 avril 1896 à Kheora en Inde, (aujourd'hui au Bangladesh), et décédée le 28 août 1982, plus tard nommée Mâ Ananda Moyî par Jyotish Chandra Ray (Bhaïji) ou Mâ Ananda Mayî, Sri Anandamayi Ma, est considérée comme une des plus grandes saintes que l'Inde ait connue au xxe siècle. Elle est généralement considérée par l'hindouisme comme un avatar, une incarnation divine.
Source du texte : wikipedia


Bibliographie (en français) :
- L'enseignement de Mâ Ananda Moyî, traduction de Josette Herbert, (collection "Spiritualités vivantes"), édition Albin Michel, 1988, 2004.
- Aux sources de la joie, Albin Michel, 1996 (première édition en 1943).
- Ce Corps, traduction de Jean-Yves Leloup et Jean-Claude Marol, édition Altess, 1999.
- Perles de lumière, Ed. La Table Ronde, 1995
- Présence de Mâ Anandamayi - Pages de Journal 1947-1963, Ed. Les Deux Océans, 1985
- Vie en jeu, Ed. Accarias l'Originel
Études :
Jean-Claude Marol, La Saturée de joie / Ananda Moyi, Dervy, 2001.
Dingra, Visages de Mâ Ânanda Moyî, Éditions du Cerf, 1990.


Il existe des exemples de réalisation du Soi survenue par la grâce de Dieu, alors que d'autres fois on s'aperçoit qu'Il éveille en certains une soif insatiable de Vérité. Dans le premier cas, la réalisation vient spontanément, dans le second, l'on n'y parvient qu'après de nombreuses épreuves. Mais tout ceci n'est que l'oeuvre de Sa miséricorde. 

L'homme croit être l'auteur de ses actions, alors qu'en réalité tout est dirigé par "Cela", le lien est "Cela" et "Cela" est la source d'énergie. 

Les mots, les discussions, le langage, etc. appartiennent au mental; par contre, dans l'état dont nous venons de parler, le langage n'a pas place. Ce corps-ci respecte tout ce que tout le monde dit car le point de vue de chacun dépend de l'échelle le long de laquelle il s'élève. Pour ce corps-ci, toutes idées lancées reviennent au même - à quelque niveau qu'elles se situent. Pour cette raison, que vous souteniez que le corps peut ou ne peut pas exister sans prarabdha (trace mental) ou que vous avanciez une théorie d'un point de vue quelconque, tout est exact sur le niveau correspondant. Mais au delà des mots et de toute expression, là où il y a manifestation et non manifestation, durée et non durée, espace et absence d'espace - aucune affirmation n'est valable. 


Il existe un état où disparaît toute distinction entre dualité et non dualité. Celui qui est rivé à un angle de vision particulier parlera du point de vue qui est le sien à ce moment précis. Mais là où est le Brahman - l'Unique sans second - rien d'autre ne peut exister. Vous distinguez entre dualité et non dualité parce que vous êtes identifié au corps, ce qui signifie que vous être dans un état de constante insatisfaction. 


Ce qui est, c'est Cela. Dans ce cas que peut-on exprimer par des mots ? (...)

Dès ce moment, que peut-on dire ou passer sous silence puisqu'Il est entièrement au delà des mots ? Evidemment chacun parle le langage du niveau où il se trouve; pourtant, quels que soient les mots prononcés, ce sont Ses paroles, Son chant dédié à Lui-même. Dans l'état suprême rien ne peut plus être un obstacle; s'il en subsiste c'est que l'ignorance a persisté. En réalité il n'y a que Lui - Lui seul et rien d'autre que Lui. 

Lui seul est - donc pas question d'accepter ou de refuser. (...) Et puis il ne peut pas être question de dissiper une erreur, car il n'y a que Lui, sur qui tout repose. Si Lui est le but unique, il faut extirper l'erreur que l'erreur existe. Parler comme nous le faisons ne sert qu'à aider quelqu'un à comprendre. 


Vous devez continuer à discriminer, à convaincre votre mental - au prix d'efforts soutenus - que le japa, la méditation et tous
 les autres exercices spirituels ont pour but votre Eveil. Tout au long de ce pèlerinage, il ne faut jamais faiblir; ce qui compte c'est l'effort ! Aussi devez-vous essayer d'être possédé continuellement par cette quête; elle doit faire partie de votre être. 

Que l'on choisisse le chemin de la dévotion, où le "je" se perd dans le "Toi", ou le chemin de la quête du Soi, du vrai "je", c'est Lui seul que l'on trouve aussi bien dans le "Toi" que dans le "Je". (...)

La négation aussi bien que l'affirmation sont l'une et l'autre "Toi", l'Unique. 

En fait il n'existe jamais rien d'autre que l'Instant unique. De même qu'un seul arbre contient d'innombrables arbres, d'innombrables feuilles, une quantité infinie de mouvements et d'états statiques, de même un instant contient un nombre infini d'instants et en tous se trouve l'Instant unique. Et cet instant suprême réunit mouvement et repos. 


Vous tentez d'assouvir un désir par un autre désir; les désirs ne peuvent donc pas disparaître, pas plus que la tendance à désirer. Lorsque l'homme acquiert une conscience aiguë de cette tendance en lui à désirer, alors seulement la quête spirituelle devient authentique. Vous ne devez pas oublier que lorsque la tendance à désirer se transforme en une volonté de connaitre son Moi, alors seulement peut commencer la vraie recherche. Que vous le nommiez Un, Deux, ou l'Infini, que chacun prétende ce qu'il veut, tout est juste. 

Extraits de : L'enseignement de Ma Ananda Moyi







 

jeudi 27 janvier 2011

Adi Shankara ou Shankaracharya



Ādi Śaṅkara ou Śaṅkara parfois appelé Ādi Śaṅkarācārya (788- vers 820, dates controversées) (sanscrit आदि शङ्कर, de Śaṅkara, celui qui crée la félicité, un des épithètes de Shiva), est considéré comme l'un des plus grands maîtres spirituels de l'hindouisme, philosophe, réformateur, et commentateur le plus connu des textes liés au Vedānta et des Upaniṣad principales. Ce brahmane a entrepris, sans quitter une vie d'ascète, de « réformer » l'hindouisme, c'est-à-dire de revenir à ce qui en est, selon lui, à la source de la tradition philosophique hindoue. Il est l'un des principaux fondateurs ou précurseurs de l'école de l'Advaita Vedānta.
Source du texte : wikipedia


Bibliographie (en français) :


- Comment discriminer le spectateur du spectacle, Librairie d'Amérique et d'Orient.
- Le plus beau fleuron de la discrimination, Librairie d'Amérique et d'Orient.
- L'enseignement méthodique de la Connaissance de soi, trad. René Allar, Ed. Oriental, 1958.
- Hymnes et Chants Védantiques, trad. René Allar, Ed. Oriental, 1977.
- Je suis Shiva, (trad. de trois hymnes), Ed. Nataraj.
- Dans Ramana Maharshi, Oeuvres réunies, Ed. traditionnelles, 1988, pp 213-314 : Hymne à Dakshinamurti, Hymne à la louange du guru, Hymne de Hastamaladra, Connaissance de soi, Comment discriminer (....), Le plus beau fleuron (...).
- Prolégomènes au Vedanta, trad. Louis Renou. Ed. IPEC, 1977. 
- Dans La Bhagavad-Gita, commentaire de Sankara, trad. Emile Senart et Michel Hulin. Ed. Points Sagesse. 
- Dans Prashna Upanishad, commentaire de Sankara, trad. René Allar, Ed. Le Courrier du Livre, 1984.
- Samkara, La quête de l'être, trad. Michel Angot. Ed. Point Sagesse. 
Etudes :
Michel Hulin, Shankara et la non dualité, Ed. Bayard, 2001.
Bruno Hapel, Ramana Maharshi et Shankara, Ed, Tredaniel, 1990.
Reza Shah-Kazemi, Shankara, Ibn Arabi et Maitre Eckhart. Ed. L'Harmattan, 2010.
En ligne : 
Bhaja Govindam : wikisource
Hymnes sur le site 108 Upanishads
- Lalita Pancha Ratnam, cinq joyaux pour Lalita (PDF).
- Tripura Sundari Ashtakam, huit poèmes à la beauté des trois mondes (PDF). 
- Gauri Dasakam, dix poèmes à Gauri (PDF).
Autres extraits : ramsurat


* * *
"Shankara, l'illuminateur du Soi, peut-il être différent de notre propre Soi ? Qui d'autre que lui, ce jour, établi en tant que le plus intime Soi en moi, énonce ceci en langue tamoul ?"
Ramana Maharshi, cité dans : Bruno Hapel, Ramana Maharshi et Shankara.
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Non dualité.

Je ne suis ni le corps, ni les organes des sens, ni le sens interne, ni le moi individuel, ni l'ensemble des souffles vitaux, ni l'intellect; loin de toute épouse, de tout enfant, de tout domaine, de toute richesse ou autre bien, je suis le (pur) témoin, l'Eternel, le Soi interne, Shiva !
Pour qui ignore la corde, le serpent apparait dans la corde; de même celui qui ignore sa véritable essence attribue à l'âtman la nature de jiva (aspect vital de l'existence individuelle). Mais par la parole d'un ami l'illusion est dissipée : "c'est une corde"; grâce à la parole du maitre on reconnait : "je ne suis pas le moi vivant, je suis Shiva !".
C'est par une illusion que cet univers sans vérité apparait dans le Soi qui est Vérité, Conscience et Béatitude. Tel un songe né des divagations du sommeil, il est irréel. Je suis Celui qui est vérité et plénitude, Celui qui est éternel et unique, je suis Shiva !
Je n'ai pas eu de naissance, je n'ai jamais grandi et ne connaitrai pas la mort. Ces accidents naturels appartiennent au corps uniquement. Leur activité et autres attributs essentiels dépendent de la pure conscience de l'âtman, non du moi individuel, mais de moi qui suis Shiva !
Rien d'autre que moi n'existe ici-bas. Tout objet extérieur est, en v érité, le produit de la Maya et apparait dans l'âtman comme une image dans un miroir, en moi qui suis le Soi non duel. C'est pourquoi je suis réellement Shiva.
Extrait de : Hymnes et Chants vedantiques.

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Tout d'abord, la forme est perçue, et c'est l'oeil qui perçoit. A son tour, l’oeil est perçue, le mental est maintenant le sujet percevant. Le mental et ses modifications passent enfin dans la catégorie des objets perçus; c'est le Spectateur qui, en dernier ressort, perçoit réellement, et ce Spectateur, nul ne saurait le percevoir. 
Verset 1, extrait de : Comment discerner le Spectateur du spectacle. 

L'univers n'existe pas indépendamment du Soi suprême, si nous le percevons comme distinct du Soi, nous commettons la même erreur qu'en attribuant au ciel des qualités telle que, par exemple, la couleur bleue. Un attribut surimposé perd toute signification lorsqu'on le dissocie de son substrat. 
C'est le prestige de l'ignorance qui fait paraitre le substrat comme la surimposition elle-même. 
Verset 235, Le plus beau fleuron de la discrimination. 

Tout ce qu'un homme, victime de l'illusion, perçoit à travers sa méprise, c'est Brahman et Brahman sans plus. La pièce d'argent qui brille dans un buisson, n'est, en réalité, qu'un simple débris de nacre. Ce que la plupart des hommes regardent comme l'univers grossier, c'est, en réalité, Brahman. Alors que ce qui Lui est surimposé - l'univers, par conséquent - n'est rien d'autre qu'un simple nom. 
Verset 236, extrait de : Le plus beau fleuron de la discrimination. 

Quand les fonctions du mental se sont résorbées en paramatman, en Brahman, en l'Absolu, le monde phénoménal cesse entièrement d'être perçu; ce monde n'est, par conséquent, qu'une simple expression verbale. 
Verset 398, extrait de : Le plus beau fleuron de la discrimination
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Voir aussi la page du site consacrée à Kedarnath (lieu saint du Shivaisme où repose Adi Shankara) et intitulée : Jolis Nuages




Histoire de Adi Shankara en 16 vidéos, (sous-titres anglais) :



   


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