vendredi 23 juillet 2010

Stephen Jourdain


Stephen Jourdain (8 janvier 1931 - 19 février 2009), qui nous accueille chaleureusement dans sa maison auvergnate, située immédiatement en contrebas du Puy de Dôme, au cœur des volcans, n’a rien d’un ésotériste fumeux (même s’il fume énormément en avalant force tasses de café). Cet ancien agent immobilier de Montparnasse essaie simplement de décrire au plus près ce qu’il vit intimement depuis plus de quarante ans, hors de toute influence religieuse ou philosophique. Pour ce faire, il emploie un langage à la fois chrétien et païen qu’il incurve et infléchit selon son génie personnel. Ses paradoxes ne sont pas coquetteries d’auteur, ni ses obscurités vanité d’hermétiste.
A ses yeux, le sacré dans toute sa sublimité, se révèle plus « au ras des pâquerettes » que dans les édifices orgueilleux de la dévotion.
La « bonne nouvelle » qu’il délivre exige à la fois un regard d’enfant et une vigilance de tous les instants.
Il est impératif de « veiller », de laisser brûler le « je suis » fondamental sans l’abandonner jamais dans les cendres de ses attributs.
La poésie, nullement confinée dans un bel objet littéraire, sera ainsi vécue dans la rosée adamantine du premier jour de la création. Et des larmes de joie (Deus volens) ruisselleront sur vos joues.
« La poésie, affirme-t-il , est la matrice de la réalité et la réalité est la matrice de la poésie ».
Ajoutons que Stephen Jourdain n’a aucun respect pour les vérités dites « objectives » que l’on range comme des « faits » sur les étagères du savoir. A notre époque consensuelle, mercantile et technique, son cri est libérateur.
Source du texte : Stephen Jourdain


Bibliographie :

- L'irrévérence de l'éveil. Ed. Acarias, 1992.
- Cahier d'éveil, 1, 2. Ed. du Relié.
- Première personne. Ed. Les deux océans.
- L'illumination sauvage. Ed. Dervy.
- Une promptitude céleste. Ed. du Relié.
- Le grand plongeon. Ed. Le mercure dauphinois.
- Una, un amour philosophal. Ed. du Relié.
- Voyage au centre de soi. Ed. Accarias.
- Moi, l'évidence heureuse. Ed. Accarias.
- La bienheureuse solitude de l'âme. Ed. Acarias.

- Le Miracle de l'être, Ed. Charles Antoni L'Originel, 2012
Autres publications

Interviews : 3e Millénaire
Voir aussi la page : Le Cogito de Jourdain 



FANTAISIE EN JE MAJEUR
Pas besoin de peyotl ! De mon âme raisonnante
Je fais des confettis, moisissure est le nom
De ce moi pleurnichard : j'y sème l'épouvante
Et la banalité devient un long frisson.



Entretien (extrait) :

Dans quel contexte « l’éveil » s’est-il produit ? Je veux dire : qui était ce jeune garçon que vous étiez alors ? Avait-il des centres d’intérêt particuliers ?

Il en avait essentiellement un, qu’il creusait avec un zèle peu commun, excessif même : son propre centre.


Expliquez-vous…

Chaque homme, je le suppose, une fois au moins dans son existence, est tombé en arrêt, comme foudroyé, devant ce mystère des mystères : mon être intérieur s’apparaissant à lui-même. Devant le phénomène de la conscience.

Je me sais !!! Et que resterait-il de ce moi sans cette connaissance ?!!!
Une telle rencontre est plus qu’un dessillement, c’est un choc.
Eh bien, pendant toute mon enfance cette commotion a été là, à l’état diffus… Au cours des mois qui ont précédé « l’éveil », elle a acquis des traits précis.

Quels étaient-ils
?
La conscience de moi m’apparaissait clairement comme étant un infini. La saisie consciente, en s’accomplissant, ouvrait en son propre sein une profondeur dans laquelle elle se réitérait un nombre infini de fois ; chaque nouvelle saisie se trouvant comme emboîtée dans la précédente, et relançant le développement du phénomène. Je me sais engendrait je me sais me sachant qui engendrait je me sais me sachant me sachant qui engendrait… qui engendrait…
Le processus ne tendait pas vers l’infini, il l’atteignait : au cœur du potache que j’étais se dilatait un infini des plus sérieux …
Un fait m’intriguait énormément. En vérité, bien plus qu’à ma curiosité, c’est à ma vie qu’il lançait un défi …La conscience de moi était un infini, cet infini était en moi, s’accomplissait en moi – ceci indéniablement ; …et pourtant, je ne réussissais à pénétrer personnellement, humainement, que sa frange ; je me sais m’était accessible, je me sais me sachant l’était aussi, je me sais me sachant me sachant l’était encore – mais déjà la difficulté était devenue immense ; en fait, c’était là une barrière infranchissable. L’infini de la conscience de moi était en mon esprit, mais, d’une certaine façon, j’en étais séparé, exclu ; il m’était impossible de l’assumer en tant que personne humaine.
Dans les jours qui ont précédé immédiatement « l’éveil », j’ai tenté cent fois d’entrer plus avant dans cette conscience, de forcer la barrière dont je parlais. En vain…
Et puis, un soir, à l’occasion d’une empoignade intellectuelle farouche, féroce même, avec une énigme philosophique tout à fait étrangère à mon travail sur la conscience de moi, « l’éveil », soudain, a surgi.
Et ce fut comme si l’infini de la conscience de moi, pris de pitié pour ce garçon qui, avec tant de zèle, cherchait à y entrer, avait, d’un coup, décidé d’accéder à son vœu, pur de toute arrière-pensée d’appropriation ; et lui avait ouvert grandes ses portes, qui, après tout, étaient celles de sa maison …

Et c’est ainsi qu’un galopin affublé de Knickerbockers fut transmué en un infini de conscience…

Vous faites erreur : je portais déjà des pantalons longs.

Source : Stephen Jourdain




 


Manuela

Le blog prend des vacances, retour début septembre.
Pour finir en beauté, quelques "bulerias" de Manuela Carrasco (jeune). Olé !



Juan Villar y Manuela Carrasco por Bulerias

jeudi 22 juillet 2010

Douglas Harding


Douglas Harding est né en 1909 dans l'Est de l'Angleterre et décédé le 11 janvier 2007 à Nacton. Après des études d'architecte, il exerce ce métier dans lequel il connaît rapidement le succès.
Mais son véritable intérêt se trouve dans la quête de soi; il veut répondre à la question « Que suis-je?». Douglas cherche des réponses dans la science, la philosophie et la spiritualité. Il conclut alors que l’homme ne constitue pas un individu autosuffisant, isolé dans l’univers, mais qu’il est au contraire contenu dans une hiérarchie composée de couches toutes imbriquées les unes dans les autres et interdépendantes ; l’homme dépend de ses cellules, qui elles-mêmes dépendent des atomes, puis des particules ; au-dessus de lui, l’homme pour son existence dépend de la société, puis de la terre, du soleil , de la galaxie, etc...

En 1943, grâce à un dessin du philosophe et physicien Ernst Mach, il réalise sa vraie nature, en voyant qu’au-dessus de ses épaules il n’y a rien, personne, pas d’observateur mais un Espace vide et conscient. Le dessin qu'il a réalisé montre en effet que, au-dessus de nos épaules, là où nous placions en imagination une tête, nous ne voyons rien, et que l’espace qui aurait du être occupé par un propriétaire –moi, en tant qu’individu humain- est en fait absolument vide, dépourvu de la moindre chose. L’observateur du monde n’est pas une petite tête, mais au contraire une Infinie Vacuité contenant le monde tout entier.
Depuis lors, Douglas Harding a mis au point un ensemble d'exercices, publié de nombreux livres et animés des centaines d'ateliers sur la planète. 
Source du texte : Wikipedia
Site en français : Vision sans tête


Bibliographie (en français) :
- La Troisième voie, Les Editions du Relié, 2000, réed. Albin Michel, 2005
- L'immensité intérieure. Redécouvrir notre nature originelle, L'Originel / Accarias, 2002
- Les religions du monde, L'Originel / Accarias, 1999
- La Science de la 1ère Personne, Éditions Dervy, 1998
- Le petit livre de la vie et de la mort, Éditions Dervy, 1997
- Le Procès de l'Homme qui disait qu'il était Dieu, Les éditions du relié, 1996
- Renaître à l'évidence, Le Courrier du Livre, 1995
- Vivre sans stress — L'accès direct à votre paix intérieure, L'Originel / Accarias, 1994
- Vivre Sans Tête, Le Courrier Du Livre, 1978


Extrait de
Vivre sans tête :

Le plus beau jour de ma vie — ma nouvelle naissance en quelque sorte — fut le jour où je découvris que je n’avais pas de tête. Ceci n’est pas un jeu de mots, une boutade pour susciter l’intérêt coûte que coûte. Je l’entends tout à fait sérieusement : je n’ai pas de tête.

Je fis cette découverte il y a dix-huit ans, lorsque j’en avais trente-trois. Tombée soudainement du ciel, elle répondait néanmoins à une recherche obstinée pendant plusieurs mois, j’avais été absorbé par la question : qu’est-ce que je suis ? Que cette découverte se soit produite lors d’une promenade dans les Himalayas importe peu ; c’est pourtant, dit-on, un lieu propice à des états d’esprit supérieurs. Quoi qu’il en soit, ce jour très clair, très calme, et cette vue du haut de la Crête où je me trouvais, par-delà les brumes bleues des vallées, vers la plus haute chaîne de montagnes du monde, avec parmi ses cimes enneigées le Kangchenjunga et l’Everest, voilà sans doute ce qui rendit cette scène digne de la vision la plus haute.


Il m’arriva une chose incroyablement simple, pas spectaculaire le moins du monde : je m’arrêtai de penser. Un état étrange, à la fois alerte et engourdi, m’envahit. La raison, l’imagination et tout bavardage mental prirent fin.


Pour la première fois les mots me firent réellement défaut. Le passé et l’avenir s’évanouirent. J’oubliais qui j’étais, ce que j’étais, mon nom, ma nature humaine, animale, tout ce que je pouvais appeler mien. C’était comme si à cet instant je venais de naître, flambant neuf, sans pensée, pur de tout souvenir. Seul existait le Maintenant, ce moment présent et ce qu’il me révélait en toute clarté. Voir, cela suffisait. Et voir quoi ? Deux jambes de pantalon couleur kaki aboutissant à une paire de bottines brunes, des manches kaki amenant de part et d’autre à une paire de mains roses, et un plastron kaki débouchant en haut sur… absolument rien ! Certainement pas une tête.





Je découvris instantanément que ce rien, ce trou où aurait dû se trouver une tête, n’était pas une vacuité ordinaire, un simple néant. Au contraire, ce vide était très habité. C’était un vide énorme, rempli à profusion, un vide qui faisait place à tout – au gazon, aux arbres, aux lointaines collines ombragées et, bien au-delà d’elles, aux cimes enneigées semblables à une rangée de nuages anguleux parcourant le bleu du ciel. J’avais perdu une tête et gagné un monde. Tout cela me coupait littéralement le souffle. Il me semblait d’ailleurs que j’avais cessé de respirer, absorbé par Ce-qui-m’était-donné : ce paysage superbe, intensément rayonnant dans la clarté de l’air, solitaire et sans soutien, mystérieusement suspendu dans le vide, et (en cela résidait le vrai miracle, la merveille et le ravissement) totalement exempt de « moi », indépendant de tout observateur. Sa présence totale était mon absence totale, de corps et d’esprit. Plus léger que l’air, plus translucide que le verre, entièrement détaché de moi-même, je n’étais nulle part à la ronde.

Pourtant, malgré la qualité magique et surprenante de cette perception visuelle, il ne s’agissait ni d’un rêve, ni d’une révélation ésotérique. Plutôt l’inverse : un éveil soudain qui m’arrachait au sommeil de la vie ordinaire, la fin d’un rêve, une réalité qui rayonnait de sa propre lumière, et pour la première fois lavée de la pensée qui obscurcit. C’était la révélation tant attendue de l’évidence même, un moment de clairvoyance dans l’histoire confuse de ma vie. Je cessais d’ignorer une chose que (depuis ma plus tendre enfance, en tout cas) je n’avais pu voir, égaré par trop d’occupations ou de faux-fuyants. C’était une attention nue, sans jugement, à une réalité qui n’avait pas cessé de me « dévisager » mon absence totale de visage. Bref, tout cela était parfaitement simple, ordinaire et direct, au-delà du raisonnement, de la pensée, et des mots. En dehors de l’expérience elle-même ne surgissait aucune question, aucune référence, seulement la paix, la joie sereine, et la sensation d’avoir laissé tomber un insupportable fardeau.

Introduction par Wei Wu Wei (absent de l'édition française) : 3e millénaire


Source de l'image : Vision sans tête













Vidéos de Richard Lang sur l'enseignement de Douglas Harding :























Voir aussi : José Le Roy, Franck Terreaux

 

mercredi 21 juillet 2010

Tony Parsons

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Tony Parsons vit en Angleterre et anime des séminaires dans le monde entier. Son premier livre paru en France," Ce qui est ", a connu un succès mérité qui démontre qu'un public de plus en plus large est prêt à accueillir une telle démarche - hors dogme - qui nous invite à voir ce que nous sommes: pure présence, pure lumière.
Source : Accarias-L'Originel


Bibliographie en français  :
- Ce qui est, Ed. Accarias-L'Originel, 2002.
- Tout ce qui est, Accarias-L'Originel, 2004.
Site officiel : The open secret


Un jour, je traversais à pied un parc d’un faubourg de Londres. Je notais alors que j’avais l’esprit entièrement occupé par des projections à propos d’événements futurs pouvant ou non se produire. L’idée me vint de laisser tomber toutes ces projections et d’être simplement à ma marche. Je remarquais combien chaque pas était totalement unique par sa sensation et sa pression et comment, à peine en prenais-je conscience, il disparaissait l’instant d’après pour ne jamais se répéter de la même manière. Tandis que mon esprit était occupé à ces réflexions, il y eut une soudaine translation – de moi en train d’observer ma marche, à la seule présence de la marche. Ce qui arriva ensuite est simplement au-delà de toute description. Je ne peux que dire, de manière inadéquate en mots, qu’une incommensurable présence tranquille sembla descendre et envelopper toute chose. Tout et chaque chose devint intemporel et je cessai d’exister. Je disparus et il n’y eut plus personne pour faire l’expérience de quoi que ce soit. L’identité avec l’unicité de toute chose est ce qui se produisit. Je ne peux pas dire que j’étais “un avec” ceci ou cela, car j’avais disparu. Je peux seulement dire qu’une identité absolue avec l’unicité en tout et en chaque chose s’était produite et qu’un amour débordant emplissait tout. Avec cela survint une pleine compréhension de la totalité. Tout cela c’était passé hors du temps en un éclair qui parut éternel. Il s’en suivit directement une révélation contenue dans cet événement si magnifique et révolutionnaire dans sa nature, que je dus m’asseoir sur l’herbe pour en assimiler les conséquences. Ce que je vis était simple et évident d’une certaine manière, mais complètement intraduisible d’une autre. C’était comme s’il m’avait été donné une réponse qui n’avait pas de question. Il m’avait été montré un secret qui est un secret évident, ouvert ; et que tout et chaque chose, connue et inconnue, contient et reflète ce secret ouvert. La nature, les gens, la naissance et la mort, nos combats, nos peurs et nos désirs sont tous contenus en lui et reflètent un amour inconditionnel. […] Pourquoi moi et pourquoi maintenant ? Comment pouvais-je avoir mérité de recevoir un tel cadeau sans rien à donner en retour ? Je n’étais certainement pas pur dans le sens biblique, ou selon tout autre critère reconnu… enfin c’est ce que me suggérait mon esprit. Je n’avais pas vécu une vie disciplinée de méditation ou d’engagement spirituel quel qu’il soit. Cette illumination s’était produite sans aucun effort de ma part ! Il m’était simplement venu l’idée d’observer ma marche, ce qui s’était produit d’une manière facile et naturelle ; et c’est alors que ce trésor avait émergé. J’en vins aussi à reconnaître que ce don apparent avait toujours été disponible et qu’il le serait toujours. C’était la plus merveilleuse réalisation de toutes ! Qu’absolument indépendamment de l’endroit, du moment ou de l’humeur dans laquelle je pouvais me trouver, cette présence était prête à émerger et à m’embrasser. Ce trésor était à redécouvrir, mais certes pas par des pratiques et rites spirituels ardus et en apparence de grande portée. Pas du tout. Ce merveilleux trésor embrassant et recouvrant tout s’offrait dans l’essence d’un pas, dans le bruit d’un tracteur, dans mon sentiment d’ennui, dans la présence d’un chat assis, dans les sentiments de douleur et de rejet, en haut d’une montagne, ou au milieu de Balham High Street. Où que ce soit, je suis totalement environné et immergé dans la tranquillité, l’amour inconditionnel et l’unicité.
Extrait de Ce qui est, Accarias L’Originel, 2002.

Fondamentalement, la réalisation de l’illumination apporte avec elle la soudaine compréhension qu’il n’y a personne ni rien à illuminer. L’illumination est, tout simplement. Elle ne peut être possédée, pas plus qu’elle ne peut être atteinte ou gagnée comme une sorte de trophée. Tout et toute chose est unicité, et tout ce que nous faisons en essayant de la trouver se met en travers de sa survenue. Ceux qui se déclarent être illuminés, ou le laissent croire, n’ont simplement pas réalisé la nature paradoxale de l’illumination et présument posséder un état qu’ils imaginent avoir obtenu. Il est vraisemblable qu’ils ont eu une profonde expérience personnelle d’une certaine sorte, mais cela n’a absolument rien à voir avec l’illumination. En conséquence, ils restent encore enfermés dans leurs propres concepts individualistes, fondés sur leurs propres systèmes de croyances particuliers. Ces gens ont souvent besoin de prendre un rôle d’“enseignants spirituels” ou de “maîtres illuminés” et attirent inévitablement ceux qui éprouvent le besoin d’être étudiants ou disciples. Leur enseignement, encore enraciné dans le dualisme, encourage inévitablement une distance entre l’“enseignant” et ceux qui se trouvent amenés à suivre l’enseignement. (...)
Ceux qui ont complètement compris et embrassé l’illumination n’on rien à vendre. Quand ils partagent leur compréhension, ils n’ont aucun besoin de s’embellir eux-mêmes, ni ce qu’ils partagent. Pas plus qu’ils n’éprouvent d’intérêt à tenir le rôle de mères, de pères, ou d’enseignants. Ce qui est “à part” engendre l’exclusion, alors que la liberté se partage au travers de l’amitié.”
Extrait de Ce qui est, Accarias L’Originel, 2002

Autres textes sur le site de Tony Parsons : The open secret


Telephone Discussions :
Tony does not answer email questions, but invites anyone to discuss on the telephone any questions that may arise out of The Open Secret communications. There is no charge.
Please telephone +44 (0) 1747 828188
Best time Monday to Friday between 9am to 12noon (GMT)


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mardi 20 juillet 2010

Katie Byron

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Byron Kathleen Reid (6 décembre 1942) a fait une dépression sévère à la trentaine. Pendant dix ans sa dépression s’est aggravée, et Katie (c’est ainsi qu’on la nomme) a passé presque deux ans quasiment incapable de quitter son lit, obsédée par des idées suicidaires. Puis un matin, du plus profond de son désespoir, elle vécu une expérience d’éveil qui transforma sa vie.
Katie comprit que lorsqu’elle croyait qu’une chose devrait être différente de ce qu’elle est (« Mon mari devrait m’aimer d’avantage », « Mes enfants devraient m’apprécier ») elle souffrait, et que lorsqu’elle ne croyait pas ces pensées, elle était en paix. Elle réalisa que ce qui avait causé sa dépression n’était pas le monde autour d’elle, mais ce qu’elle croyait concernant le monde autour d’elle. Dans un éclair de compréhension, Katie réalisa que nos tentatives pour trouver le bonheur étaient inadaptées : au lieu d’essayer désespérément de changer le monde pour qu’il corresponde à nos pensées sur ce qu’il « devrait être », nous pouvons questionner ces pensées et, en rencontrant la réalité telle qu’elle est, éprouver une liberté et une joie inimaginables. Katie a élaboré une démarche simple et puissante de questionnement appelée Le Travail, qui permet cette transformation de façon pratique. En conséquence de cela, une femme clouée au lit, suicidaire, est devenue une femme débordante d’amour pour tout ce que la vie apporte.
Source du texte (et site officiel) : The work


Bibliographie (en français) :

- Aimer ce qui est : vers la fin de la souffrance. Ed. Ariane, 2003.
- J'ai besoin que tu m'aimes : est-ce vrai ? Ed. Guy Tredaniel, 2006.
- Investiguez vos pensées : changez le monde. Ed. Guy Tredaniel, 2009.


Un livre de sagesse pas comme les autres ! Il vous enseigne que la véritable sagesse n'est pas théorique, mais essentiellement pratique. Pour y accéder, il vous suffit toutes les fois que surgit une pensée négative et stressante, de vous poser quatre questions précises et étonnamment puissantes qui constituent le fondement de tout processus d'investigation personnelle : Est-ce vrai ? Puis-je avoir la certitude absolue que c'est vrai ? Quelle réaction suscite en moi cette pensée ? Que serais-je sans cette pensée ? En agissant de la sorte, vous comprendrez que ce ne sont pas vos pensées qui provoquent, en elles-mêmes la souffrance, mais votre attachement à celles-ci et votre croyance erronée en leur bien-fondé. Vous parviendrez, non pas à les maîtriser, mais à les aborder avec compréhension, recul et lucidité. Une fois les bonnes questions posées, vous trouverez les bonnes réponses et ainsi, la bonne attitude à adopter.



En quoi consiste ce « Travail » ?

C’est un travail d’enquête de nos pensées souffrantes, que j’ai appelé l'investigation intérieure. Sa définition la plus simple est : 4 questions et un retournement. Il se pratique de préférence par écrit, afin d’« arrêter » la pensée pour l’examiner. Lorsque vous ressentez un malaise face à une situation, vous pouvez menez ce travail d’investigation, de la manière suivante :
Prenons par exemple la pensée « Paul devrait m’écouter. »
A propos de votre pensée, demandez-vous :
- « Est-ce que c’est vrai ?» Quelle en est la réalité tangible ? Est-ce qu’il vous écoute ?
- « Pouvez-vous absolument savoir que c’est vrai ? » Pouvez-vous savoir que sa vie ou la vôtre serait meilleure si vous aviez ce que vous désirez ? Est-ce à vous de décider ce qui est bon ou juste pour un autre dans cette vie ? 
- « Comment réagissez-vous quand vous avez cette pensée ? » Comment vous conduisez-vous à son égard quand vous pensez qu’il devrait vous écouter et qu’il ne vous écoute pas? Comment vous considérez-vous vous-même?
- « Qui seriez-vous sans cette pensée ? » Imaginez-vous face à cette personne sans la pensée « Paul doit m’écouter ». Que voyez-vous ? Que ressentez-vous ?
Retournez votre phrase. Plusieurs types de retournements de la pensée sont possibles : on la retourne vers soi-même, vers l’autre, vers son contraire.
Ex. « Paul devrait m’écouter » devient « Je devrais m’écouter » (n’est-ce pas aussi vrai ou même plus vrai ?) « Je devrais écouter Paul » (Est-ce que moi j’écoute Paul ?) ou « Paul ne doit pas m’écouter » (C’est la réalité. C’est son affaire, sa liberté. Puis-je l’admettre ?).
Rester silencieux et découvrez l’inversion qui vous touche le plus.

Que peut apporter ce travail ?

J’ai remarqué que nous vivons sur base de concepts, de morales établies, de mythes et de philosophies et pas dans la réalité. Ce qui est vrai (le réel) est ce qui se passe dans l’instant, dans le moment présent.
En questionnant mes pensées par rapport à cette réalité, j’ai vu que j’essayais sans cesse de la modifier, avec pour résultat colère et tristesse. Le but était de me sentir plus heureuse et en paix. Or, j’ai constaté que lorsque j’arrêtais de vouloir la changer, j’étais dans cette paix tant recherchée.
J’ai réalisé que ma souffrance venait des pensées que j’avais sur le monde et non pas du monde lui-même et ma vie en a été radicalement changée.
J’ai aussi compris que les retournements sont en fait ce que je nomme les « messages de l’âme » et que le monde extérieur n’est que la projection de mon monde intérieur.
Les retournements sont mes ordonnances pour mon propre bonheur. Personne ne peut me rendre heureuse. « C’est mon affaire », comme on dit dans ce Travail.

A ce propos, tout le monde peut-il faire ce Travail ?

Oui. Ce Travail est une méthode simple et puissante pour mettre fin à la souffrance humaine. Même un enfant peut le faire. En fait les enfants sont très réceptifs à ce Travail car ils ne sont pas encore emprisonnés dans un carcan mental figé.
Il est destiné à tout un chacun en quête de paix.

Ce Travail n’est-il pas incompatible avec d’autres thérapies ?

En fait, il complète très bien toute thérapie et en accélère même le processus.
C’est un outil pratique et autonome de co-naissance de soi.
On m’a souvent dit que c’était le « chaînon manquant ». C’est un rayon laser qui nous mène au centre de ce que nous pensons être un problème.
Il peut devenir un véritable « Art de Vivre ».

Quel est l’impact de ce Travail dans votre vie ?

L’investigation Intérieure m’a permis d’aller en profondeur pour visiter une à une mes ombres et les transmuter à la lumière de la conscience. Ce voyage m’a fait voir l’impact que peut avoir notre mode de pensée sur notre santé (physique, émotionnelle, mentale et spirituelle). Il m’a permis de rencontrer peu à peu mes peurs et de les transformer en amour – de moi d’abord, par la capacité de m’accueillir enfin comme j’étais et non pas comme je pensais que je devais être – et des autres en acceptant davantage la réalité de chacun.
L’aboutissement de mon Travail est une proposition de stage intitulé « l’Amour ou la peur ? » qui permet de quitter le cercle vicieux de la peur dans lequel nous vivons constamment et de laisser naître le cercle vertueux de l’Amour en utilisant des clés bien concrètes, dont fait partie l’investigation.

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Autre vidéo (interview 19 juillet 2010) : Radio Ici Maintenant

lundi 19 juillet 2010

Eckhart Tolle

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Eckhart Tolle est né en Allemagne (en 1948) et y a passé les treize premières années de sa vie. Après des études universitaires à Londres, il s’orienta vers la recherche et, dans ce cadre, dirigea même un groupe à l’université de Cambridge. À l’âge de 29 ans, il connut une profonde évolution spirituelle qui le transfigura et changea radicalement le cours de son existence.
Il consacra les quelques années suivantes à comprendre, intégrer et approfondir cette transformation qui marqua chez lui le début d’un intense cheminement intérieur.
Au cours des dix dernières années, il fut conseiller et enseignant spirituel auprès d’individus et de petits groupes en Europe et en Amérique du Nord. Depuis 1996, il vit à Vancouver, (Colombie-Britannique). Grâce à ses livres, un plus grand auditoire pourra enfin profiter de ses enseignements.

Source du texte : Eckhart Tolle


Bibliographie (Ed. Ariane, Québec) :

- Le Pouvoir du moment présent (2000).
- Mettre en pratique le pouvoir du moment présent (2002)
- Quiétude (2003)
- Nouvelle Terre (2004)


Jusqu’à l’âge de treize ans, j’ai vécu dans un état presque continuel d’anxiété ponctué de périodes de dépression suicidaire. Aujourd’hui, j’ai l’impression de parler d’une vie passée ou de la vie de quelqu’un d’autre.


Une nuit, peu après mon vingt-neuvième anniversaire, je me réveillai aux petites heures avec une sensation de terreur absolue. Il m’était souvent arrivé de sortir du sommeil en ayant une telle sensation, mais cette fois-ci c’était plus intense que cela ne l’avait jamais été. Le silence nocturne, les contours estompés des meubles dans la pièce obscure, le bruit lointain d’un train, tout me semblait si étrange, si hostile et si totalement insignifiant que cela créa en moi un profond dégoût du monde. Mais ce qui me répugnait le plus dans tout cela, c’était ma propre existence. A quoi bon continuer à vivre avec un tel fardeau de misère ? Pourquoi poursuivre cette lutte ? En moi, je sentais qu’un profond désir d’annihilation, de ne plus exister, prenait largement le pas sur la pulsion instinctive de survivre.


« Je ne peux plus vivre avec moi-même. » Cette pensée me revenait sans cesse à l’esprit. Puis, soudain, je réalisai à quel point elle était bizarre. « Suis-je un ou deux ? Si je ne réussis pas à vivre avec moi-même, c’est qu’il doit y avoir deux moi : le “je” et le “moi” avec qui le “je” ne peut pas vivre ». « Peut-être qu’un seul des deux est réel, pensai-je. »


Cette prise de conscience étrange me frappa tellement que mon esprit cessa de fonctionner. J’étais totalement conscient, mais il n’y avait plus aucune pensée dans ma tête. Puis, je me sentis aspiré par ce qui me sembla être un vortex d’énergie. Au début, le mouvement était lent, puis il s’accéléra. Une peur intense me saisit et mon corps se mit à trembler. J’entendis les mots « ne résiste à rien », comme s’ils étaient prononcés dans ma poitrine. Je me sentis aspiré par le vide. J’avais l’impression que ce vide était en moi plutôt qu’à l’extérieur. Soudain, toute peur s’évanouit et je me laissai tomber dans ce vide. Je n’ai aucun souvenir de ce qui se passa par la suite.


Puis les pépiements d’un oiseau devant la fenêtre me réveillèrent. Je n’avais jamais entendu un tel son auparavant. Derrière mes paupières encore closes, ce son prit la forme d’un précieux diamant. Oui, si un diamant pouvait émettre un son, c’est ce à quoi il ressemblerait. J’ouvris les yeux. Les premières lueurs de l’aube fusaient à travers les rideaux. Sans l’intermédiaire d’aucune pensée, je sentis, je sus, que la lumière est infiniment plus que ce que nous réalisons. Cette douce luminosité filtrée par les rideaux était l’amour lui-même. Les larmes me montèrent aux yeux. Je me levai et me mis à marcher dans la pièce. Je la reconnus et, pourtant, je sus que je ne l’avais jamais vraiment vue auparavant. Tout était frais et comme neuf, un peu comme si tout venait d’être mis au monde. Je ramassai quelques objets, un crayon, une bouteille vide, et m’émerveillai devant la beauté et la vitalité de tout ce qui se trouvait autour de moi. Ce jour-là, je déambulai dans la ville, totalement fasciné par le miracle de la vie sur terre, comme si je venais de venir au monde.


(Extrait de "Le pouvoir du moment présent", Ed. Ariane, 2000).
Autres ressources sur le site officiel dont un entretien avec Andrew Cohen


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Entretiens avec Oprah Winfrey






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Nombreuses autres vidéos : Eckhart Tolle sur Youtube / sur DailyMotion




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