dimanche 25 décembre 2011

Agni Parthene

Pour vous souhaiter de bonnes fêtes de la Nativité, et de fin d'année, quelques versions (grecques, slaves, arabe, anglaise et française) du fameux "Agni Parthene".
Ou si vous préférez (toujours en ligne) : le Villancicos de Tomasia La Macanita


Agni Parthene (grec moderne Αγνή Παρθένε, « O Vierge Pure ») est un hymne non liturgique composé en grec par saint Nectaire d'Egine au XIXe siècle pendant qu'il était directeur de l'École de Théologie Rizarios d'Athènes.
Saint Nectaire aimait composer des hymnes en l'honneur de la Théotokos. La tradition rapporte que cela se passait dans le monastère de saint Nectaire à Egine en Grèce : la Vierge Marie lui apparut et lui demanda de prendre note sur un papier d'une hymne particulière, que les anges pouvaient lui chanter : C'était "Agni Parthene". Le papier original peut encore être vu, sur une table dans la chambre de son monastère. La mélodie originale de cette hymne fut composée par un hymnographe athonite qui eut une vision de la Vierge lui demandant de composer cette œuvre. Un enregistrement des moines du Monastère de Simonopetra contribua à la popularité de l'œuvre. En raison de cette popularité, cette hymne fut traduite en différents langages et la mélodie adaptée, pour pouvoir être chantée dans les églises, une variation de ce chant traduit en russe existe dans le monastère russe de Valaam. Cette hymne fait partie du petit Theotokarion (Athènes, 1905), un livre d'hymnes destinées à la Mère de Dieu écrit par saint Nectaire. Elles sont chantées durant la communion, et parfois au début des Vêpres.
Source du texte : wikipedia


Vierge de Vladimir (1130)


Ô Vierge Pure, Souveraine, Immaculée et Mère de Dieu.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Ô Vierge Mère Reine, Toison couverte de rosée.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Plus élevée que les cieux, plus brillante que le soleil.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Ô joie des vierges surpassant les chœurs angéliques.

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Plus splendide que les cieux, plus pure que la lumière.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Plus sainte que les multitudes des armées célestes.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Marie toujours Vierge, la Souveraine de l'univers.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Épouse Vierge Immaculée, très sainte Reine toute pure.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Marie Épouse Souveraine, la Source de notre joie.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Ô jeune Vierge vénérable, très sainte Mère Impératrice.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Plus vénérable que les Chérubins et combien plus glorieuse
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Que les Séraphins incorporels.
Plus élevée que les Trônes.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Réjouis-Toi, chant des Chérubins. Réjouis-Toi, hymne des Anges.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Cantique des Séraphins. Réjouis-Toi, joie des Archanges.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Réjouis-Toi, Paix et Joie. Réjouis-Toi, Port du Salut.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Du Verbe sainte Chambre nuptiale, Fleur d'incorruptibilité.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Réjouis-Toi, Paradis de joie de l'éternelle vie.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Réjouis-Toi, Arbre de vie et source d'immortalité.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Je Te prie, ô Souveraine, je t'invoque maintenant.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Je Te prie, ô Reine du monde, j'implore Ta grâce.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Ô Vierge pure, vénérable, très sainte Souveraine.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Avec ferveur je Te supplie, ô Temple sanctifié.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Secours-moi, délivre-moi de celui qui me fait la guerre.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.
Et fais de moi un héritier de la vie éternelle.
Réjouis-Toi, Épouse inépousée.


Pour commencer quelques versions dans la langue d'origine, en grec :












Deux versions slaves :

 





Une version arabe :




Une anglaise :



Et une française :



Source (partielle) des vidéos : Chants orthodoxes
Autres chants sur le blog : Christos Agnesti
  







vendredi 23 décembre 2011

Nativité, textes et exégèse eckhartienne


Rublev, Nativité (début du 15e)

Pourquoi Dieu s'est-il fait homme ? Pour que Dieu naisse dans l'âme et que l'âme naisse en Dieu. C'est pour cela que toute l'Ecriture est écrite, c'est pour cela que Dieu a créé le monde et toute la nature angélique : afin que Dieu naisse dans l'âme et que l'âme naisse en Dieu.
Extrait de : Maitre Eckhart, Sermon 38.
Citation en exergue dans : La naissance de Dieu dans l'âme chez Eckhart et Nicolas de Cues, sous la direction de Marie-Anne Vannier, Ed. du Cerf, 2006.
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Voici que nous entrons dans le temps de la naissance éternelle, par laquelle Dieu le Père a engendré dans l'éternité et ne cesse d'engendrer afin que cette même naissance se produise aujourd'hui, dans le temps, dans la nature humaine.
"Que cette naissance se produise toujours, dit Saint Augustin, à quoi cela me sert-il si elle ne se produit pas en moi ?" Qu'elle se produise en moi, c'est cela qui importe.
Il convient que nous parlions maintenant de cette naissance : comment se produit-elle en nous et comment est-elle accomplie dans une âme bonne ?
Où, dans cette âme parfaite, Dieu le Père prononce-t-il sa Parole éternelle ?
Car ce que je dis ici, il faut l'entendre d'un homme parfait, qui "a marché sur les chemins de Dieu et continue d'y marcher", non pas d'un homme naturel et non exercé, qui est très éloigné et ignorant de cette naissance.

"Alors qu'un silence paisible, dit le Sage, enveloppait toute chose et que la nuit venait au milieu de sa course, du haut des cieux ta Parole toute-puissance s'est élancée du trône royal." C'est sur cette Parole que doit porter ce sermon.
Trois choses sont ici à considérer.
La première est celle-ci : où, dans l'âme, Dieu le Père prononce-t-il sa Parole ? Où cette naissance a-t-elle lieu ? Où l'âme est-elle réceptive à cette opération ?
Car il faut que ce soit dans la part la plus pure, la plus noble et la plus subtile de ce que l'âme peut offrir.
En vérité, si Dieu le Père, avec toute sa puissance, souhaitait donner à l'âme, dans sa nature, ce qu'il y a de plus noble, et si l'âme souhaitait recevoir de Lui ce qu'il y a de plus noble, c'est de cette naissance que Dieu le Père devrait attendre une telle noblesse.
L'âme dans laquelle doit se produire cette naissance doit donc se tenir toute pure et mener une vie très noble, tout une et intérieure. Elle ne doit pas s'évader par les cinq sens dans la multiplicité des créatures, mais être totalement intérieure et une. C'est dans le plus pur qu'est son lieu : elle se refuse à tout ce qui l'est moins.
La seconde partie de ce sermon est celle-ci : comment l'homme doit-il se comporter à l'égard de cette opération, cette parole intérieur ou cet engendrement ?
Vaut-il mieux pour lui qu'il coopère à cette naissance, afin de mériter et obtenir qu'elle se produise en lui et qu'il soit engendré ?
Se créer dans l'intellect et la mémoire une image et s'exercer sur elle en pensant . "Dieu est bon, sage, tout-puissant, éternel", et tout ce qu'on peut mener de Dieu, cela sert-il et facilite-t-il cet engendrement par le Père ?
Ou bien vaut-il mieux se retirer et se dépouiller de toute pensée, parole et action, de toute image et intelligence, demeurer tout entier dans une pure passivité devant Dieu, se tenir oisif et Le laisser agir ? Quel est pour cette naissance, ce qui est le plus utile à l'homme ?
Le troisième point concerne le profit qu'il y a à cette naissance : de quelle importance est-il ? (...)
Extrait de : Johannes Eckhart, Sur la naissance de Dieu dans l'âme, Sermon 101 à 104, trad. Gérard Pfister,  Ed. du Cerf, Arfuyen, 2004.
Commande : Ed. du Cerf 

La mystique eckhartienne, qui privilégie la considération de la naissance du Fils en nous, est une mystique de Noël.
Fernand Brunner, Maitre Eckhart, Ed. Ad Solem, 1999.
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Bibliographie :
- Sur la naissance de Dieu dans l'âme, Sermon 101 à 104, trad. Gérard Pfister,  Ed. Arfuyen, 2004.
- Etre Dieu en Dieu, Ed. Points Sagesse, 2008.
Etudes :
La naissance de Dieu dans l'âme chez Eckhart et Nicolas de Cues, sous la direction de Marie-Anne Vannier, Ed. du Cerf, 2006. 
Marie-Anne Vannier, Noël chez Eckhart et les mystiques rhénans, Arfuyen, 2005.
Fernand Brunner, Maitre Eckhart, Ed. Ad Solem, 1999.

Pour une bibliographie plus complète voir la page du blog : Maitre Eckhart


* * * 

Et voici les origines de Jésus Christ. Marie sa mère était fiancée à Joseph, avant qu'ils soient ensemble, elle se trouva enceinte par l'Esprit saint.
Joseph son époux, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, décida de la renvoyer en secret.
Comme il y pensait, voilà qu'un ange du Seigneur lui apparut en songe et dit : Joseph fils de David, ne crains pas de prendre Marie ta femme, car ce qu'elle a conçu est de l'Esprit saint.
Elle enfantera un fis et tu l'appelleras Jésus car il sauvera son peuple de leurs péchés.
Tout cela arriva pour remplir cette parole du Seigneur qui dit par le prophète :
Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et lui, on l'appellera Emmanuel, ce qui veut dire . Dieu avec nous.
Réveillé, Joseph fit comme l'ange du Seigneur lui avait prescrit, il prit sa femme
et il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle enfante un fils et il l'appela Jésus.
Evangile selon Matthieu, I, 18-25
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* * *
Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth,
à une vierge fiancée à un homme appelé Joseph, de la maison de David, et la vierge s'appelait Marie.
Il entra chez elle et dit : Réjouis-toi, gracieuse, le Seigneur est avec toi.
A cette parole elle se troubla, elle se demandait quelle était cette salutation.
L'ange lui dit : Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voilà que tu vas concevoir et enfanter un fils. Tu l’appelleras Jésus.
Il seras grand et on l'appellera fis du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.
Il régnera au long des âges sur la maison de Jacob et son règne n'aura pas de fin.
Marie dit à l'ange : Comment ce sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ?
L'ange répondit : L'Esprit saint surviendra sur toi, la puissance du Très-Haut te couvrira : c'est pourquoi l'enfant sera saint et on l'appellera fils de Dieu.
Et voilà qu’Élisabeth ta parente a aussi conçu un fils dans sa vieillesse, et ce mois est le sixième de celle qu'on appelait stérile,
car rien n'est impossible à Dieu.
Et Marie dit : Voici l'esclave du Seigneur. Qu'il en soit de moi comme tu dis. Et l'ange la quitta.

Ces jours-là, Marie se leva, se rendit à la montagne avec empressement, vers une ville de Juda,
et, entrée dans la maison de Zacharie, elle salua Elisabeth.
Quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressauta dans son ventre, et Elisabeth fut remplie de l'Esprit saint,
elle poussa un grand cri et dit : O bénie entre les femmes, et béni, le fruit de ton ventre !
D'ou me vient que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ?
Quand la voix de ta salutation m'est arrivée aux oreilles voilà que l'enfant dans mon ventre a sauté d'allégresse.
Magnifique celle qui a eu foi ! car ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira.
Et Marie dit : Mon âme célèbre le Seigneur
et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur
parce qu'il a regardé l'humilité de son esclave, car voilà que désormais les générations me diront magnifique. (...)


Fra Angelico, Annonciation (1425)

Il y eut ces jours-là un édit de César Auguste pour recenser le monde entier.
Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
Tout le monde allait se faire recenser, chacun dans sa ville.
Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, vers la Judée, vers une ville de David qui s'appelle Bethléem - car il était de la maison et de la lignée de David -
pour se faire recenser avec Marie sa fiancée, qui était enceinte.
C'est pendant qu'ils étaient là que vint pour elle le moment d'enfanter,
elle enfanta son fils premier-né, l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux à l'auberge.
Evangile selon Luc, II,
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* * *
Au commencement était le Verbe
   et le Verbe était vers Dieu
   et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement vers Dieu.
Tout fut par lui,
et sans lui rien ne fut
      de ce qui est advenu,
En lui était la vie,
   et la vie était la lumière des hommes.
Et la lumière dans les ténèbres brille,
   et les ténèbres ne l'ont pas saisie.
Fut un homme
   envoyé de Dieu.
Son nom : Jean.
Il vient pour un témoignage,
   pour témoigner de la lumière,
   pour que tous croient à travers lui.
Il n'était pas lui-même la lumière,
   mais... pour témoigner de la lumière.
Il était la lumière véritable
qui illumine tout homme,
  en venant dans le monde.
Dans le monde il était,
et le monde fut par lui,
   et le monde ne l'a pas connu.
Il est venu chez soi,
   et les siens ne l'ont pas accueilli.
Mais ceux qui l'ont reçu,
à tous il a donné pouvoir
   de devenir enfants de Dieu :
eux qui croient en son nom,
   qui, non du sang,
   ni d'une volonté de chair,
   ni d'une volonté d'homme,
mais de Dieu ont été engendrés.
Et le Verbe fut chair.
   Et il a planté sa tente parmi nous.
Nous avons contemplé sa gloire,
gloire qui lui vient du Père comme unique-engendré
   pleine de grâce et de vérité.
Evangile Jean I, 1-14, trad. Soeur Jeanne d'Arc, Ed. Les Belles Lettres, 1990.
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* * *
Et aussitôt la nuée se retira de la grotte et une grande lumière apparut à l'intérieur de la grotte, au point que les yeux ne pouvaient la supporter. Et peu à peu, cette lumière se retirait jusqu'à ce qu'apparût un nouveau-né, il vint prendre le sein de sa mère Marie.
Protévangile de Jacques, extraits dans : Madeleine Scopello, Les Evangiles apocryphes, Ed. Plon, 2007.
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* * *
Joseph fit arrêter la monture et invita Marie à descendre de la bête et à entrer dans une grotte où régnait une obscurité complète, car elle était totalement privée de la lumière du jour. Mais, à l'entrée de Marie, toute la grotte se mit à briller d'une grande clarté et comme si le soleil y eut été, ainsi elle commença totu entière à produire une lumière éclatante et, comme s'il eut été midi, ainsi une lumière divine éclairait cette grotte. Et cette lumière ne s'éteignit ni le jour ni la nuit, aussi longtemps que Marie y accoucha d'un fils que des anges entourèrent pendant sa naissance en disant : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".
Evangile du Pseudo Matthieu, extraits dans : Madeleine Scopello, Les Evangiles apocryphes, Ed. Plon, 2007.
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* * *
Voir aussi sur le blog : La Nativité selon le Coran

* * *
Et une petite sélection de "Ave Maria" :











La Nativité selon le Coran


Icone copte, VIIe, monastère S. Catherine du Sinai

Mentionne Marie, dans le Livre.
Elle quitta sa famille
et se retira en un lieu vers l'Orient.
Elle plaça un voile entre elle et les siens.

Nous lui avons envoyé notre Esprit :
il se présenta devant elle
sous la forme d'un homme parfait.

Elle dit :
"Je cherche une protection contre toi,
auprès du Miséricordieux,
si toutefois tu crains Dieu !"

Il dit :
"Je ne suis que l'envoyé de ton Seigneur
pour te donner un garçon pur".

Elle dit :
"Comment aurais-je un garçon ?
Aucun mortel ne m'a jamais touchée
et je ne suis pas une prostituée".

Il dit :
"C'est ainsi :
Ton Seigneur a dit :
"Cela m'est facile".

Nous ferons de lui
un Signe pour les hommes,
une miséricorde venue de nous.
Le décret est irrévocable. "

Elle devint enceinte de l'enfant
puis elle se retira avec lui dans un lieu éloigné.

Les douleurs la surprirent
auprès du tronc d'un palmier.

Elle dit :
"Malheur à moi !
Que ne suis-je déjà morte,
totalement oubliée !"

L'enfant qui se trouvait à ses pieds l'appela :
"Ne t'attriste pas !
Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds.

Secoue vers toi le tronc du palmier,
il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres.
Mange, bois et cesse de pleurer.

Lorsque tu verras quelque mortel,
dis :
"J'ai voué un jeûne au Miséricordieux,
je ne parlerai à personne aujourd'hui.

Elle se rendit auprès des siens,
en portant l'enfant.
Ils dirent .
"O Marie !
Tu as fait quelque chose de monstrueux !

O soeur d'Aron !
Ton père n'était pas un homme mauvais
et ta mère n'était pas une prostituée".

Elle fit signe au nouveau-né
et ils dirent alors :
"Comment parlerions-nous
à un petit enfant au berceau ?"

Celui-ci dit :
"Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu.
Il m'a donné le Livre,
il a fait de moi un Prophète,
il m'a béni, où que je sois.

Il m'a recommandé la prière et l'aumône
- tant que je vivrai -
et la bonté envers ma mère.
Il ne m'a fait ni violent, ni malheureux.

Que la Paix soit sur moi,
le jour où je naquis,
le jour où je mourrai,
le jour où je serai ressuscité".

Celui-ci est Jésus, fils de Marie.
Parole de Vérité dont ils doutent encore.

Il ne convient pas que Dieu se donne un fils,
mais Gloire à lui !...
Lorsqu'il a décrété une chose,
il lui dit : "Sois !"...
et elle est.

Dieu est en vérité, mon Seigneur et votre Seigneur.
Adorez-le !
Voilà la voie droite !
Extrait du Coran, Sourate XIX,  versets 16-36.

* * *

Et elle qui était restée vierge...
Nous lui avons insufflé de notre Esprit.
Nous avons fait d'elle et de son fils
un Signe pour les mondes.
Extrait du Coran, Sourate XXI, Les Prophètes, verset 90.

* * *

Les anges dirent :
"O Marie !
Dieu t'a choisie, en vérité,
il t'a purifiée,
il t'a choisie de préférence à toutes les femmes de l'univers.

O Marie !
Sois pieuse envers ton Seigneur,
prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s'inclinent".

Ceci fait partie des récits
concernant le mystère que nous te révélons.

Tu n'étais pas parmi eux
lorsqu'ils jetaient leurs roseaux
pour savoir qui d'entre eux se chargerait de Marie.

Tu n'étais pas non plus parmi eux
lorsqu'ils se disputaient.

Les anges dirent :
"O Marie !
Dieu t'annonce
la bonne nouvelle d'un Verbe émanant de lui :
Son nom est : le Messie, Jésus, fils de Marie,
illustre en ce monde et dans la vie future,
il est au nombre de ceux qui sont proche de Dieu.
Dès le berceau,
il parlera aux hommes comme un vieillard,
il sera au nombre des justes".

Elle dit :
"Mon Seigneur !
Comment aurais-je un fils ?
Nul homme ne m'a jamais touchée".

Il dit :
"Dieu créé ainsi ce qu'il veut :
lorsqu'il a décrété une chose,
il lui dit : Sois !"...
et elle est".
(...)
Extrait du Coran, Sourate III, La Famille de 'Imran, versets 42-47.

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Voir aussi sur le blog :
le Coran
  



jeudi 22 décembre 2011

Grégoire Palamas







Grégoire Palamas (1296 - 1359), saint de l'Église orthodoxe et reconnu par l'Église catholique romaine (fêté le 14 novembre), a développé dans sa pensée cet adage des Pères, selon lequel Dieu s'est fait homme, pour que l'homme devienne Dieu. Il résume une longue tradition à ce sujet, à laquelle il se veut fidèle et qui touche à la question la plus fondamentale du christianisme, celle du salut ou de la déification de l'homme.
Source (et suite) du texte : wikipedia 



Bibliographie :
-  Défense des saints hésychastes, Triade I,II et III,  introduction, texte critique, traduction et notes par J. Meyendorff, volumes 30-31, 1973.
- De la déification de l'être humain, traduit par M.-J. Monsaingeon et J. Paramelle, coll. "Sophia", L'Age d'Homme, 1990.
-  Douze homélies pour les fêtes, introduction et traduction de Jérôme Cler, coll. "L'échelle de Jacob", Paris, 1987.
- Traité apodictiques sur la procession du Saint-Esprit, traduction et notes par Emmanuel Ponsoye, Les Éditions de l'Ancre, Paris-Suresnes, 1995.
- Deux homélies sur la Transfiguration dans : Joie de la Transfiguration d'après les Pères d'Orient, coll. "Spiritualité Orientale", Abbaye de BelleFontaine, 1985.
- Philocalie des Pères Neptiques. Tome B, volume 3 : De Grégoire Palamas à Calliste et Ignace Xanthopouloi, notices et traduction par Jacques Touraille, Abbaye de Bellefontaine, 2005.

Etudes :
Lison, J., L’Esprit répandu. La pneumatologie de Grégoire Palamas, Éditions du Cerf, 1994.
Mantzaridis, G. I., La doctrine de saint Grégoire Palamas sur la déification de l’être humain, dans Saint Grégoire Palamas. De la déification de l’être humain, coll. “Sophia”, L’Age d’homme, 1990.
Meyendorff, J., Introduction à l’étude de Grégoire Palamas, coll. “Patristica sorbonensia” Éditions du Seuil, 1959.
Meyendorff, J., Saint Grégoire Palamas et la mystique orthodoxe, coll. “Points Sagesses” 168, Paris, Éditions du Seuil, 2002.
Staniloae, D., "La vie et la doctrine de Saint Grégoire Palamas", Sibiu 1938.




Rublev, Transfiguration (début 15e)

Une lumière incréée.
Puisque d'autre part le Seigneur transfiguré resplendit et qu'il montra cette gloire, cet éclat et cette lumière, et qu'il viendra à nouveau tel que les disciples le virent sur la montagne, est-ce à dire qu'il a acquis une lumière nouvelle qu'il n'avait point auparavant, et qu'il la gardera pour l'éternité ? Loin de nous ce blasphème. En effet, celui qui dit cela attribue trois natures au Christ, la divine, l'humaine et celle de cette lumière; voilà pourquoi le Christ a manifesté  non pas un autre éclat, mais celui qu'il possédait invisiblement. Il possédait, caché sous sa chair, l'éclat de la nature divine. Cette lumière est donc celle de la divinité, et elle est incréée. Lorsque le Christ fut transfiguré, disent les théologiens, "ce n'est pas en acquérant ce qu'il n'était pas, mais en se montrant à ses disciples tel qu'il était, en leur ouvrant les yeux et en se faisant voir à ces aveugles".

Sens-tu que les yeux qui voient dans l'ordre naturel sont aveugles à l'égard de cette lumière ? Cette lumière n'est donc pas sensible, et ceux qui la voyaient ne la voyaient pas simplement de leur yeux sensibles, mais d'un regard transformé par la puissance de l'Esprit divin. Ils furent donc changés, et ainsi ils virent le changement qui, par l'action de Dieu, avait affecté notre nature, du fait de son union au Verbe de Dieu, non pas tout récemment, mais dès le moment où le Verbe l'avait assumée.

C'est aussi pourquoi celle qui l'avait conçu et enfanté de manière extraordinaire, tout en restant vierge, reconnut le Dieu incarné enfanté par elle; Le reconnurent pareillement Syméon, qui le reçut dans ses mains comme un nouveau-né, et la vieille Anne qui vint à sa rencontre. C'est que la puissance divine brillait comme à travers des lames de verre, resplendissant pour  ceux donc les yeux ont été purifiés. (...)

Une lumière surnaturelle
Voici ce que dit le divin Luc : "L'aspect de son visage devint différent, et son vêtement d'un blanc fulgurant" (Luc 9,29), car il n'aperçoit aucun point de comparaison pour tout ce qui s'accomplit sur la montagne. Marc décrit bien les vêtements, mais en disant "resplendissant, aussi blancs que neige", il a montré lui aussi que les images et les exemples sont déficients par rapport à la contemplation de ces vêtements.

Si la neige est blanche, elle n'est pas par ailleurs resplendissante, car elle a toujours une surface irrégulière, composée qu'elle est de bulles légères, à cause du mélange d'air qui est au dedans. (...) Donc, comme la blancheur de la neige ne suffit pas à indiquer le charme de cette contemplation, le mot "resplendir" a été ajouté, en outre, l'évangéliste montra par là que cette lumière est extraordinaire, elle par qui ces vêtements sont devenus brillants et blancs. Cette lumière-là a recouvert les vêtements, comme il est normal, ou plutôt les a changés, ce qui n'est pas le fait d'une lumière sensible. Et ce qui est encore plus extraordinaire, c'est qu'après les avoir changés, elle les a alors gardés inchangés, comme il apparut peu après. (...)

Une lumière qui n'est pas l'essence divine
Cette lumière divine est donnée avec mesure, elle admet le plus et le moins, selon la dignité de ceux qui la reçoivent, quand elle est partagée sans être fractionnée. (...)
Quant à l'essence de Dieu, elle est absolument indivisible et insaisissable, et aucune essence n'admet le plus et le moins. Ce sont les Messaliens maudits qui eux, s'imaginent que l'essence divine se fait voir à ceux qui, parmi eux, en sont dignes. Quand à nous, nous détournant des hérétiques de jadis et de maintenant, nous croyons, comme on nous l'a enseigné, que les saints voient et reçoivent en participation le royaume, la gloire, la splendeur, la lumière ineffable et la grâce divine, mais non l'essence de Dieu.
Extraits de : Transfiguration du Seigneur, Première Homélie, dans : Joie de la Transfiguration.
Commande sur Bellefontaine (site de l'éditeur)

* * *



Le corps n'est pas mauvais en soi
C'est aux hérétiques, frère, qu'il sied de parler ainsi, aux hérétiques qui disent que le corps est une chose maligne, qu'il est une confection du Malin. Quand à nous, nous pensons que le mauvais esprit est dans les pensées corporelles, mais qu'il n'y a pas de mauvais esprit dans le corps, puisque le corps n'est pas une chose mauvaise. (...)
Extrait de : Triade, I,1,1.

"Plus que Dieu"

Comme l'âme communique la vie au corps animé, ainsi Dieu qui habite dans l'âme théophore lui communique la lumière. Cependant, l'union du Dieu tout-puissant avec ceux qui en sont dignes transcende cette lumière : Dieu, tout en demeurant tout entier en lui-même, habite tout entier en nous par sa puissance suressentielle et nous communique non pas sa nature, mais sa propre gloire et son éclat. Cette lumière est donc divine et les saint l'appellent justement "Divinité", car elle est source de déification.
Extrait de : Triade I,3,23.

Corps spirituels
Avec la victoire de l'esprit, leur corps deviendra tellement subtil qu'il n'apparaitra plus du tout comme matériel et ne s'opposera plus aux énergies intellectuelles. C'est pourquoi, ils jouiront de la lumière divine avec leurs sens corporels eux-mêmes.
Triade, I,3,36.

Connaissance des êtres et vision mystique
Au contraire, nous ne pouvons posséder Dieu en nous, fréquenter Dieu dans la pureté, nous confondre dans la lumière sans mélange, à la mesure des possibilités de la nature humaine, à moins que, purifiés par la vertu, nous sortions de nous-mêmes, ou plutôt que nous nous dépassions nous-mêmes, en abandonnant avec la sensation tout ce qui est sensible, nous élevant au dessus des pensées, des raisonnements et de la connaissance qu'ils procurent, pour nous abandonner entièrement à l'énergie immatérielle et intellectuelle de la prière, pour rencontrer l'ignorance qui surpasse toute connaissance, pour nous y remplir de la beauté resplendissante de l'Esprit, afin de contempler invisiblement les privilèges de la nature du siècle immortel. Comprends-tu dans quel abîme la philosophie tant vantée de l'intelligence se trouve abandonnée ? Ses principes, en effet, proviennent de la sensation, son but consiste en la connaissance que l'on acquiert indépendamment de la pureté et qui ne purifie pas elle-même des passions. Au contraire, le principe de la contemplation spirituelle est le Bien qui découle de la pureté de la vie, c'est aussi une connaissance vraie et authentique des êtres et de la réalité qui ne provient pas des études, mais apparaît avec la pureté et peut seule distinguer ce qui est véritablement bon et utile de ce qui ne l'est pas. La fin vers laquelle tend la contemplation spirituelle est le gage du siècle à venir, l'ignorance qui dépasse la connaissance et la connaissance qui dépasse tout concept, la participation mystérieuse au Mystère et la vision inexprimable, la contemplation et la saveur mystique et cachée de la lumière éternelle.
Extrait de : Triade I,3,42.

Nature eschatologique de la lumière
N'est-il pas évident qu'il n'y a qu'une seule et même lumière divine : celle que les apôtres virent au Thabor, celle que les âmes purifiées contemplent dès maintenant et celle qui est la réalité même des biens éternels à venir ?
Extrait de : Triade I,3,43.

La voie de l'hésychasme
Il y délie son âme, dans la mesure du possible, de tout lien matériel et attache son esprit à la prière ininterrompue à Dieu. Par elle, il se concentre tout entier en lui-même et trouve un moyen nouveau et mystérieux pour monter aux cieux : ce qu'on peut appeler l'insaisissable ténèbre du silence initiateur. Avec une joie mystérieuse, il y attache soigneusement son esprit dans un calme absolument simple, total et plein de douceur, dans un repos et un silence véritable et il vole au-dessus de toutes les créatures. Sortant ainsi tout entier de lui-même et se donnant tout entier à Dieu, il voit la gloire de Dieu et contemple la lumière divine qui ne tombe absolument pas sous les sens, en tant que sens, mais constitue la vision bien-aimée et sainte des âmes et des esprits sans tache. Sans cette lumière, aucun esprit ne peut voir en se servant de son sens intellectuel, dans l'union avec ce qui le dépasse, de même qu'aucun oeil corporel ne voit sans lumière sensible.
Extrait de : Triade I,3,46.

Le corps peut devenir Esprit
De même la joie spirituelle qui vient de l'esprit dans le corps n'est pas du tout corrompue par la communion au corps, mais transforme le corps et le rend spirituel, parce qu'alors il rejette tous les mauvais appétits de la chair, ne tire plus l'âme vers le bas, mais s'élève avec elle, de sorte que l'homme tout entier devient Esprit, suivant ce qui est écrit : Celui qui est né de l'Esprit est Esprit (Jean, III, 6,8). Et tout cela est évident par expérience.
Extrait de : Triade II,2,8. 

Lumière et ténèbre chez Denys
Il identifie donc ténèbre et lumière, vision et absence de vision, connaissance et ignorance. Comment cette lumière est-elle une ténèbre ? Par la surabondance de l'épanchement lumineux, dit-il.  C'est donc une lumière au sens propre et une ténèbre par transcendance, parce qu'elle est invisible à ceux qui essaient de l'approcher et de la voir par l'activité des sens ou de l'intelligence.
Extrait de : Triade II,3,51.

Dieu par la grâce
Comment voit-il sans voir ? Parce que, dit-il, il voit d'une façon supérieur à la vision : il connait et il voit, au sens propre de ces termes, tandis qu'il ne voit pas par transcendance, car il ne voit avec aucune de ses énergies intellectuelles et sensibles. Par le fait même qu'il ne voit pas et ne connait pas, c'est à dire par le fait même de dépasser toute activité cognitive, un tel homme se trouve au-dessus de la vision et de la connaissance et agit d'une façon qui nous dépasse, il dépasse l'humanité, il est déjà Dieu par la grâce, il est uni à Dieu et voit Dieu par Dieu.
Extrait de : Triade II,3,52.

Une réalité unique
La réalité qui transcende toute puissance intellectuelle, puisqu'il est impossible de la comprendre, est au-dessus de tous les êtres; une telle union est donc au-dessus de toute connaissance, bien qu'on l'appelle "connaissance"  par métaphore; elle n'est donc pas non plus intelligible, même si on l'appelle ainsi; car comment peut-on considérer comme intelligible ce qui est au-dessus de toute intelligence ?  De par sa transcendance, on pourrait tout aussi bien l'appeler "ignorance" et même plus proprement que "connaissance"; elle ne sera donc, ni une partie, ni un aspect de la connaissance, de même que le Suressentiel n'est pas un aspect de l'essentiel, la connaissance en générale ne pourrait donc la contenir, et cette connaissance en général, une fois divisée, ne la posséderait pas comme une de ses parties; on pourrait plutôt y voir, en effet, un aspect de l'ignorance, mais non de la connaissance; de par sa transcendance elle est aussi ignorance, c'est-à-dire qu'elle est au-dessus de l'ignorance. Cette union est donc une réalité unique. Quel que soit le nom qu'on lui donne, union, vision, sensation, connaissance, intellection, illumination, il ne s'applique pas à elle en propre, ou bien il lui appartient proprement à elle seule.
Triade II,3,33.

La lumière : organe et objet de la vision. 
La contemplation de cette lumière est une union, bien qu'elle ne dure pas chez les imparfaits. Mais l'union avec la lumière est-elle autre chose qu'une vision ? Et puisqu'elle s'accomplit avec l'arrêt de l'activité intellectuelle, comment s'accomplirait-elle, sinon par l'Esprit ?  Car c'est dans la lumière qu’apparaît la lumière et c'est dans une lumière semblable que se trouve la faculté visuelle; puisque cette faculté n'a d'autre moyen d'agir, ayant quitté tous les autres êtres, c'est qu'elle devient elle-même tout entière lumière et s'assimile à ce qu'elle voit; elle s'y unit sans mélange, étant lumière. Si elle se regarde elle-même, elle voit la lumière; si elle regarde l'objet de sa vision, c'est aussi de la lumière; et si elle regarde le moyen qu'elle emploie pour voir, c'est là encore de la lumière; c'est cela l'union : que tout cela soit un, de sorte que celui qui voit n'en puisse distinguer ni le moyen, ni le but, ni l'essence, mais qu'il ait seulement conscience d'être lumière et de voir une lumière distincte de toute créature.
Extrait de : Triade II,3,36.

Accessible à l'expérience
Lorsque tu entends parler, ô le meilleur des hommes, de l'énergie déifiante de Dieu et de la grâce théurgique de l'Esprit, ne te presse point, ne cherche pas pourquoi elle est ceci ou cela et pourquoi elle ne l'est pas; sans elle tu ne pourra être uni à Dieu conformément aux Pères qui nous en ont parlé; tiens-toi plutôt aux oeuvres qui te permettront de l'atteindre; c'est alors, en effet, que tu la connaîtras selon tes possibilités, car, selon Basile, celui-là seul connait les énergies de l'Esprit, qui a appris ce qu'elles sont par l'expérience; quant à celui qui recherche la connaissance avant les oeuvres, s'il a confiance en ceux qui on l'expérience, il obtient une certaine image de la vérité; mais s'il cherche à la concevoir par lui-même, il se trouve privé de l'image elle-même; ensuite, il se gonfle d'orgueil, comme s'il avait trouvé, et souffle sa colère contre les gens d'expérience, comme s'ils étaient dans l'erreur. Ne te presse donc par, mais suis les hommes d'expérience, par tes oeuvres, ou au moins par tes paroles, en te contentant des manifestations extérieurs de la grâce; la déification, en effet, est au-dessus de tout nom. Voila pourquoi, nous qui avons beaucoup écrit sur l'hésichia, tantôt sur l'exhortation des Pères, tantôt à la demande des frères, n'avons jamais osé écrire sur la déification. Mais puisque aujourd'hui il faut parler, nous parlerons, nous dirons des paroles pieuses, par la grâce du Seigneur, mais impossibles à démontrer, car même exprimée en paroles, la déification reste ineffable : pour parler comme les Pères, on ne peut lui donner un nom que d'après les hommes qui l'ont reçue.
Extrait de : Triade III, 1, 32.
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* * *
Le dépassement supracéleste
(...); non seulement ils acquièrent la participation et la contemplation de la gloire trinitaire, mais encore celles de la lumière de Jésus, celle qui fut aussi révélé aux disciples sur le Thabor. Jugés dignes de cette vision, ils reçoivent en effet, une initiation, car cette lumière est aussi une lumière déifiante, ils s'en rapprochent réellement et communient les premiers à ses lumières déifiantes. C'est pourquoi le vraiment bienheureux Macaire appelle cette lumière nourriture des êtres supracélestes (Hom. XII, 14 (PG, XXXIV, 565B)
Extrait de : Triade, I,3,5.

Dieu apparaît aux êtres créées. 
Celui qui a reçu cette lumière, en se concentrant sur lui-même, perçoit continuellement dans son esprit la même réalité que celle dont il s'est agi jadis, lorsque les enfants des Juifs ont donné un nom au pain qui descendait d'en haut, dans le désert, en l'appelant manne. Quelle est cette réalité ? C'est celle-là même qui pour eux porte le nom de "lumière".
Extrait de : Triade II,3,9.
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mardi 20 décembre 2011

Seraphin ou Serafim de Sarov


Saint russe de la première moitié du XIXe siècle (1759-1833), véritable icône de la spiritualité orthodoxe. Né à Koursk dans une famille de marchands, Prokhore Mochine entre à dix-neuf ans au monastère de Sarov. Il y reçoit le nom de Séraphin (« de feu »). En 1794, il se retire en ermite dans la forêt, s'enferme dans le silence, renouvelle un temps l'exploit des stylites. À partir de 1825, revenu à Sarov, il ouvre à tous la porte de sa cellule et devient le type même du starets, le saint vieillard, doué du discernement des esprits. Pour lui, le visible s'ouvre sur le Royaume ; la Mère de Dieu et les apôtres Pierre et Jean le visitent et le consacrent « homme apostolique ». En prévision d'une grande épreuve, il tente d'annoncer et de préparer chez quelques-uns — amis laïcs, moniales du couvent fondé par lui à Divéiévo — une spiritualité de transfiguration dans l'Esprit saint : transfiguration aussi du corps, de la culture, de la condition laïque. En novembre 1831, il fait à son jeune disciple Motovilov des « révélations » décisives sur la vie chrétienne comme « acquisition de l'Esprit » : non seulement l'Esprit lui parle mais il se manifeste à lui dans une plénitude lumineuse à laquelle il le fait participer. Publiées en 1901, ces révélations ont puissamment contribué au renouveau du témoignage orthodoxe à l'époque contemporaine.
Source du texte : Universalis
Autres biographies : Wikipedia / Eglise OrthodoxeOrthodoxie / Marie de Nazareth


Bibliographie :
- Entretien avec Motovilov (1831), in Irina Gorainoff, Seraphim de Sarov, sa vie (1973), DDB éd., p. 153-185.

- Entretien avec Motovilov, trad. Mme Mouraviev, Ed. Arfuyen, 2002. 
- Instructions spirituelles (1837), in Irina Gorainoff, Seraphim de Sarov, sa vie (1973), DDB éd., p. 189-214.

- Instructions spirituelles, Ed. du Désert, 2008. 
Extrait de l'Entretien avec Motovilov, trad. Vladimir Lossky, dans : Vladimir Lossky, Essai sur la théologie mystique de l'Eglise d'Orient, Ed. Cerf, 1990.
En ligne :
- Entretiens avec Motovilov, trad. Mme Mouraviev sur : Livres-mystiques


Entretien avec Molovilov (extrait) :
Je ne comprends pas, tout de même, comment on peut avoir la certitude d’être dans l’Esprit de Dieu. Comment pourrai-je reconnaître en moi-même, d’une façon sûre, sa manifestation ?
- Je vous ai déjà dit, fit le Père Séraphin, que c’est bien simple. Je vous ai longuement parlé de l’état dans lequel se trouvent ceux qui sont dans l’Esprit de Dieu ; je vous ai expliqué aussi comment il faut reconnaître sa présence en nous… Que vous faut-il donc encore, mon ami ?
- Il faut que je comprenne mieux tout ce que vous m’avez dit.
- Mon ami, nous sommes tous deux en ce moment dans l’Esprit de Dieu… Pourquoi ne voulez-vous pas me regarder ?
- Je ne peux pas vous regarder, mon Père, répondis-je, vos yeux projettent des éclairs ; votre visage est devenu plus éblouissant que le soleil et j’ai mal aux yeux en vous regardant.
- Ne craignez rien, dit-il, en ce moment, vous êtes devenu aussi clair que moi. Vous êtes aussi à présent dans la plénitude de l’Esprit de Dieu ; autrement, vous ne pourriez me voir tel que vous me voyez.
Et, penché vers moi, il me dit tout bas à l’oreille :
- Rendez donc grâce au Seigneur Dieu pour sa bonté infinie envers nous. Comme vous l’avez remarqué, je n’ai même pas fait le signe de croix ; il a suffi seulement que j’eusse prié Dieu en pensée, dans mon cœur, disant intérieurement : Seigneur, rends-le digne de voir clairement de ses yeux corporels cette descente de ton Esprit, dont Tu favorises tes serviteurs, lorsque Tu daignes leur apparaître dans la Lumière magnifique de Ta Gloire. Et, comme vous le voyez, mon ami, le Seigneur exauça immédiatement cette prière de l’humble Séraphin…Combien devons-nous être reconnaissants à Dieu pour ce don ineffable accordé à nous deux ! Mêmes les Pères du désert n’ont pas toujours eu de telles manifestations de sa bonté. C’est que la Grâce de Dieu, telle une mère pleine de tendresse envers ses enfants, daigna consoler votre cœur meurtri, par l’intercession de la Mère de Dieu Elle-même… Pourquoi donc, mon ami, ne voulez-vous pas me regarder droit en face ? Regardez franchement, sans crainte : le Seigneur est avec nous.
Encouragé par ces paroles, je regardai et fus saisi d’une frayeur pieuse. Imaginez-vous au milieu du soleil, dans l’éclat de ses rayons éblouissants de midi, la face de l’homme qui vous parle. Vous voyez le mouvement de ses lèvres, l’expression changeante de ses yeux, vous entendez sa voix, vous sentez ses mains qui vous tiennent par les épaules, mais vous ne voyez ni ces mains ni le corps de votre interlocuteur – rien que la lumière resplendissante qui se propage loin, à quelques toises à l’entour, éclairant par son éclat le pré couvert de neige et les flocons blancs qui ne cessent de tomber…
- Qu'est-ce que vous ressentez ?... me demanda le Père Séraphin.
- Un bien être infini, dis-je.
- Mais quel genre de bien-être ? En quoi précisément ?
- Je sens, répondis-je, une telle tranquillité, une telle paix dans mon âme, que je ne trouve pas de paroles pour l'exprimer.
- C'est, mon ami, la paix dont parlais le Seigneur, lorsqu'Il dit à ses disciples : je vous donne ma paix; la paix que le monde ne peut pas donner..., la paix qui surpasse toute intelligence.
Que sentez-vous encore ?
- Une joie infinie dans mon coeur.
Et le Père Séraphin continua :
- Quand l'Esprit de Dieu descend sur l'homme et l'enveloppe dans la plénitude de sa présence, alors l'âme déborde d'une joie indicible, car l'Esprit-Saint remplit de joie toute les choses auxquelles Il touche... Si les prémisses de la joie future remplissent déjà notre âme d'une telle douceur, d'une telle allégresse, que dirons-nous de la joie qui attend dans le Royaume céleste tous ceux qui pleurent ici, sur la terre ? Vous aussi, mon ami, vous avez assez pleuré au cours de votre vie terrestre, mais voyez la joie que le Seigneur vous envoie pour vous consoler dès ici-bas. A présent, il faut travailler, faire des efforts continuels, acquérir des forces de plus en plus grandes pour atteindre à la mesure parfaite de la stature du Christ...
Alors, cette joie que nous ressentons en ce moment, partielle et brève, apparaîtra dans toute sa plénitude, en comblant notre être de délices ineffables que personne ne pourra nous ravir. (...)
Extrait de : Essai sur la théologie mystique de l'Eglise d'Orient
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Source (partielle) du texte : Orthodoxa
Texte entier (autre traduction) : Livres-mystiques
Autres extraits : Pages OrthodoxesEglise-Orthodoxe /


De la prière
Ceux qui ont décidé de vraiment servir Dieu doivent s'exercer a garder constamment son souvenir dans leur coeur et à prier incessamment Jésus Christ, répétant intérieurement : Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur... En agissant ainsi, et en se préservant des distractions, tout en gardant sa conscience en paix, on peut s'approcher de Dieu et s'unir à lui. Car, dit saint Isaac le Syrien, à part la prière ininterrompue, il n'y a pas d'autre moyen de s'approcher de Dieu (Homélie 69). (...)
Lorsque l'intelligence et le coeur sont unis dans la prière et que l'âme n'est troublée par rien, alors le coeur s'emplit de chaleur spirituelle, et la lumière du Christ inonde de paix et de joie tout l'homme intérieur.

De la lumière du Christ
Afin de recevoir dans son coeur la lumière du Christ il faut, autant que possible, se détacher de tous les objets visibles. Ayant au préalable purifié l'âme par la contrition et les bonnes oeuvres, ayant, pleins de foi au Christ crucifié, fermé nos yeux de chair, plongeons notre esprit dans le coeur pour clamer le Nom de notre Seigneur Jésus Christ ; alors, dans la mesure de son assiduité et de sa ferveur envers le Bien-Aimé, l'homme trouve dans le Nom invoqué consolation et douceur, ce qui l'incite à chercher une connaissance plus haute.
Quand par de tels exercices l'esprit s'est enraciné dans le coeur, alors la lumière de Christ vient briller à l'intérieur, illuminant l'âme de sa divine clarté, comme le dit le prophète Malachie : " Mais pour vous qui craignez son Nom, le soleil de justice brillera, avec le salut dans ses rayons " (Ml 3, 20). Cette lumière est aussi la vie, d'après la parole de l'Evangile : " De tout être il était la vie, et la vie était la lumière des hommes " (Jn 1, 4).
Quand l'homme contemple au-dedans de lui cette lumière éternelle, il oublie tout ce qui est charnel, s'oublie lui-même et voudrait se cacher au plus profond de la terre afin de ne pas être privé de ce bien unique - Dieu. 

Extrait des : Instructions spirituelles
Source du texte : Pages Orthodoxes






lundi 19 décembre 2011

Yangoeunpa ou Gyalwa Yangon





Yangoeunpa (1213-1258), disciple de Goeutsangpa (1189-1258), le fondateur de la lignée Droukpa Kagyu du Haut, ce yogi étudia et pratiqua auprès de nombreux maîtres, dont Sakya Pandita et le Nyingmapa Sangye Milkyeu Dorje. Il est à l'origine d'une branche de la lignée Droukpa Kagyu qui porte son nom et se développa autour de ses deux principaux textes : Les Trois Enseignements de retraite en montagne et Les Six-Soeurs.
Source du texte : Rayons de lune.
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Bibliographie :
Extraits dans : Dakpo Tashi Namgyal, Rayons de lune, Les étapes de la méditation du Mahamudra, trad. Christian Charrier, Ed. Padmakara, coll. Tsadra, 2010  


Ne pers pas la fraicheur d'une attention jamais distraite.
Ne médite pas et ne fabrique pas l'état naturel.
Ne cherche pas à définir ce qui dépasse l'esprit.
Ne le contamine pas avec l'analyse, reste dans l'ouverture (du sans-naissance).
Unis la méditation et (la réalisation de) l'absence d'élaborations, comme une fille qui retrouve sa mère.
(...)

Ce qui est perçu par les cinq sens est le rayonnement d'une incessante continuité.
Ce qui apparaît des objets des sens, sans appropriation, est par nature dépourvu de naissance.
Même lorsque l'attachement aux apparences est présent,
Il se transmue en méditation spontanée.
Voir la vacuité dans l'apparence, sans élaborations conceptuelles,
C'est laisser le processus de manifestation suivre son cours.
Ne considérez pas l'apparence comme défectueuse, mais renoncez à votre attachement.
Vous entrerez alors dans la spacieuse méditation de l'unique saveur.
(...)

Regardez directement la conscience et voyez s'il y a dualité
Entre l'objet de méditation et l'esprit qui médite.
Libérez la conscience éveillée de son support
Et restez détaché de la conscience dénuée d'attention.
Vous entrerez alors dans une constante méditation qui se perpétuera jour et nuit.
Extrait de : Rayons de lune.
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