Jacques Bergier, né le 8 août 1912 à Odessa (Ukraine) et mort le 23 novembre 1978 à Paris d'une hémorragie cérébrale, est un ingénieur chimiste, alchimiste, espion, journaliste et écrivain de nationalité française et polonaise. Sa mémoire eidétique lui permit de maîtriser 14 langues modernes et anciennes, dont l’araméen, et de lire jusqu’à dix livres par jour. Sur sa carte de visite, il se présentait comme « Amateur d’insolite et scribe de miracles ». Il joua le rôle de L’Incollable dans un jeu télévisé de RTL. Ami de l’astronaute Edgar Mitchel (Mission Apollon 14 sur la Lune), Hergé l’immortalisa dans le personnage de Mik Ezdanitoff dans l’album de Tintin « Vol 714 pour Sydney».
Salué dans la francophonie pour la grande diversité de ses connaissances et ses nombreux ouvrages, Jacques Bergier a largement contribué à la promotion, en France, de phénomènes ou de faits négligés par la science, notamment avec son livre Le Matin des magiciens, écrit en collaboration avec Louis Pauwels (auteur de Saint Quelqu'un).
Après ses études à l’Ecole Supérieure de Chimie de Paris, Jacques Bergier découvre en 1936, avec le physicien atomiste André Helbronner, l’utilisation de l’eau lourde (que les nazis tenteront de s'approprier à l'état naturel en Norvège pour construire la bombe atomique – d’où la célèbre « bataille de lourde » conduite par les Alliés pour en détruire l’usine) pour le freinage des électrons et réalise la première synthèse d’un élément radioactif naturel, le polonium, à partir de bismuth et d’hydrogène lourd en volatilisant un filament de tungstène. Très vite, il développe un penchant pour l’alchimie (soutenu par la rencontre qu'il aurait eue avec Fulcanelli en juin 1937), et affirme au début des années 1950 avoir obtenu par transmutation alchimique du béryllium à partir de sodium
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(Ajoutons que Bergier était aussi un grand amateur de canulars devant l'Eternel).
Dans les lettres de Newton, plusieurs passages indiquent d'ailleurs clairement qu'il s’intéressait à l'alchimie : "On peut penser que la facon dont le mercure peut être imprégné a été caché par ceux qui savent, parce que c'est une porte vers quelque chose de plus noble, qui ne peut être communiquée sans que le monde soit exposé à un immense danger." La même année, il écrit également : "Il y a d'autres secrets à coté de la transmutation des métaux et les grands maîtres sont seuls à les comprendre."
Cet aspect peu connus de Newton a été étudié dans un très sérieux ouvrage collectif paru aux Etats-Unis. (The World of Mathematics, publié par Simon and Schuster, New York 1956). L'un des auteurs, le grand physicien Andrade, qui fut le bras droit de Rutheford, écrit : "Newton n'a jamais rien publié sur l'alchimie, mais il a laissé 500 000 mots au moins de manuscrits alchimiques que personne n'a jamais pu déchiffrer." (...)
Ainsi Newton, à qui nous devons l'essentiel de la science moderne, fut probablement le dernier qui ait connu les secrets des grands maîtres.
Fulcanelli me l'affirma personnellement il y a trente ans et je dois avouer que je lui ai alors ricané au nez. Je sais aujourd'hui que j'ai eu tort. (...)
Cette haute conscience morale, cette notion de responsabilité, le livre de Titus Burkhardt va les mettre en valeur. C'est une grande leçon que nous donne toujours l'alchimie, dans la mesure où elle liait la connaissance à l'homme, à la régénération de l'opérateur. "Sapience n'entre point en âme malivole et science sans conscience n'est que ruine de l'âme", écrivait Gargantua à son fils Pantagruel. Mais bien avant Rabelais, les alchimistes avaient compris cette vérité et Nicolas Valois, au XVe siècle, écrivait déjà : "Le bon Dieu me donna ce divin secret par mes prières et bonnes intentions que j'avais d'un bien user. On perd la science en perdant la pureté du coeur".
Extrait de la Préface du livre (épuisé) de Titus Burkhardt, L'Alchimie, science et sagesse, édité par la revue Planète et qui, avec quelques remaniements, deviendra : Alchimie, Sa signification et son image du monde (publié chez Archè Milano)
M. Eugène Canseliet écrivit ces lignes en 1925. L'homme qui lui laissait le soin d'éditer ses ouvrages allait changer d'aspect et de milieu. En 1937, un après-midi de juin, Jacques Bergier crut avoir d'excellentes raisons de penser qu'il se trouvait en présence de
Fulcanelli.
C'est à la demande d'André Helbronner que mon ami rencontra le mystérieux personnage, dans le cadre prosaïque d'un laboratoire d'essai de la Société du Gaz de Paris. Voici exactement la conversation :
« M. André Helbronner, dont vous êtes, je crois, l'assistant, est à la recherche de l'énergie nucléaire. M. Helbronner a bien voulu me tenir au courant de quelques-uns des résultats obtenus, et notamment de l'apparition de la radio-activité correspondant à du polonium, lorsqu'un fil de bismuth est volatilisé par une décharge électrique dans du deutérium à haute pression. Vous êtes très près de la réussite, comme d'ailleurs quelques autres savants contemporains. Puis-je me permettre de vous mettre en garde ? Les travaux auxquels vous vous livrez, vous et vos pareils, sont terriblement dangereux. Ils ne vous mettent pas seuls en péril. Ils sont redoutables pour l'humanité tout entière. La libération de l'énergie nucléaire est plus facile que vous ne le pensez. Et la radioactivité artificielle produite peut empoisonner l'atmosphère de la planète en quelques années. En outre, des explosifs atomiques peuvent être fabriqués à partir de quelques grammes de métal, et raser des villes. Je vous le dis tout net : les alchimistes le savent depuis longtemps. »
Bergier tenta d'interrompre en s'insurgeant. Les alchimistes et la physique moderne !
Il allait se lancer dans les sarcasmes, quand son hôte l'interrompit :
« Je sais ce que vous allez me dire, mais c'est sans intérêt. Les alchimistes ne connaissaient pas la structure du noyau, ne connaissaient pas l'électricité, n'avaient aucun moyen de détection. Ils n'ont donc pu opérer aucune transmutation, ils n'ont donc jamais pu libérer l'énergie nucléaire. Je n'essaierai pas de vous prouver ce que je vais vous déclarer maintenant, mais je vous prie de le répéter à M. Helbronner : des arrangements géométriques de matériaux extrêmement purs suffisent pour déchaîner les forces atomiques, sans qu'il y ait besoin d'utiliser l'électricité ou la technique du vide. Je me bornerai ensuite à vous faire une courte lecture. »
L'homme prit sur son bureau l'ouvrage de Frédéric Soddy : L'Interprétation du Radium, l'ouvrit et lut :
« Je pense qu'il a existé dans le passé des civilisations qui ont connu l'énergie de l'atome et qu'un mauvais usage de cette énergie a totalement détruites. »
Puis il reprit :
« Je vous demande d'admettre que quelques techniques partielles ont survécu. Je vous demande aussi de réfléchir au fait que les alchimistes mêlaient à leurs recherches des préoccupations morales et religieuses, tandis que la physique moderne est née au XVIIIe siècle de l'amusement de quelques seigneurs et de
quelques riches libertins. Science sans conscience... J'ai cru bien faire en avertissant quelques chercheurs, de-ci, de-là, mais je n'ai nul espoir de voir cet avertissement porter ses fruits. Au reste, je n'ai pas besoin d'espérer. »
Bergier devait toujours garder dans l'oreille le son de cette voix précise, métallique et digne.
Il se permit de poser une question :
« Si vous êtes alchimiste vous-même, Monsieur, je ne puis croire que vous passiez votre temps à tenter de fabriquer de l'or, comme Dunikovski ou le docteur Miethe. Depuis un an, j'essaie de me documenter sur l'alchimie, et je nage parmi les charlatans ou les interprétations qui me semblent fantaisistes. Vous, Monsieur, pouvez-vous me dire en quoi consistent vos recherches ?
- Vous me demandez de résumer en quatre minutes quatre mille ans de philosophie et les efforts de toute ma vie. Vous me demandez en outre de traduire en langage clair des concepts pour lesquels n'est pas fait le langage clair. Je puis tout de même vous dire ceci : vous n'ignorez pas que, dans la science officielle en progrès, le rôle de l'observateur devient de plus en plus important. La relativité, le principe d'incertitude, vous montrent à quel point l'observateur intervient aujourd'hui dans les phénomènes. Le secret de l'alchimie, le voici : il existe un moyen de manipuler la matière et l'énergie de façon à produire ce que les scientifiques contemporains nommeraient un champ de forces. Ce champ de forces agit sur l'observateur et le met dans une situation privilégiée en face de l'univers. De ce point privilégié, il a accès à des réalités que l'espace et le temps, la matière et l'énergie, nous masquent d'habitude. C'est ce que nous appelons le Grand Œuvre.
- Mais la pierre philosophale ? La fabrication de l'or ?
- Ce ne sont que des applications, des cas particuliers. L'essentiel n'est pas la transmutation des métaux, mais celle de l'expérimentateur lui-même. C'est un secret ancien que, plusieurs hommes par siècle retrouvent.
- Et que deviennent-ils alors ?
- Je le saurai peut-être un jour. »
Mon ami ne devait jamais revoir cet homme qui a laissé une trace ineffaçable sous le nom de
Fulcanelli. Tout ce que nous savons de lui est qu'il survécut à la guerre et disparut complètement après la Libération. Toutes recherches échouèrent pour le retrouver (...)
Extrait de : Louis Pauwels, Jacques Bergier, Le Matin des Magiciens, Ed. Gallimard, Folio, 1972.
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Interview de Jacques Bergier par Jean Dumur (TSR, 1978)
Source : RTS
Patrick Rivière est historien, spécialiste des religions et philosophe-herméneute. Ecrivain, il est l'auteur de nombreux ouvrages et fondateur de l'Institut d'Etudes et de Recherches Alchimiques et Spagyriques - "Spagy-Nature".
Source du texte (site officiel) : Alchymie
Bibliographie :
- Alchimie - de l'or "fait maison", est-ce possible ? Ed. Michel Cugnet, 2010.
- Pratique de l'Oeuvre Alchimique végétale et métallique, Ed. Arcadis,
- Alchimie et archimie : l'art des Particuliers, des teintures aurique, Ed. du Cosmogone, 2004.
- L'Alchimie, science et mystique, Ed. De Vecchi, 2001. - Fulcanelli : sa véritable identité enfin révélée, la lumière sur son oeuvre, Ed. De Vecchi, 2000.
- "Qui suis-je ?" Fulcanelli, Ed. Pardès, 2004.
- "Qui suis-je ?" Comte de Saint-Germain, Ed. Pardès,
- Saint Germain et Cagliostro, Ed. De Vecchi,
- Alchimie et Spagyrie, du Grand oeuvre à la médecine de Paracelse, Ed. de Neustrie,
- La Médecine spagyrique, végétale et minérale, Ed.
- Paracelse ou la lumière de la Nature, Ed. Philos, 2008.
- Paracelse : Médecin-alchimiste, "philosophe par le feu", Ed. De Vecchi, 2008.
- La Médecine de Paracelse, Ed. Traditionnelles, 2004.
- B.A.-BA de la médecine spagyrique, Ed. Pardès, 2003.
- B.A.-BA du Graal, Ed. Pardès, 2003.
- Les secrets du Graal, Ed. De Vecchi, 1997.
- Sur les sentiers du Graal, Ed. Robert Laffont, 1992.
- Le Graal, histoire et symbole, Ed. Du Rocher, 1990.
- Les templiers et leurs mystères, Ed. De Vecchi, 2009.
- Histoire des religions, Ed. Trajectoires, 2007.
- Le livre des religions monothéistes, Ed. De Vecchi, 2005.
- Le grand livre des Civilisations antiques : A la découverte de la Mésopotamie, l'Egypte et la Grèce, Ed. De Vecchi, 2003.
- La religion des Celtes, Ed. De Vecchi,
- Histoire comparative des religions et des mythes, Ed. Ramuel,
Site officiel : Alchymie
"Le Feu du Soleil" et la radiation solaire
Voilà comment, très habilement, Eugène Canseliet nous avait menés de la violette en passant par Violet-le-Duc (dux : "je conduis") à un certain J. "Viol", scientifique de renom !
Or, un tel personnage existait bien en effet. Il s'agissait du physicien Jules Violle, né en 1841 à Langres, en Champagne, et dont la célébrité avait été acquise par ses travaux sur le rayonnement solaire et l'établissement de l'étalon de densité lumineuse qui portait précisément son nom : l'unité Violle. Ses recherches sur la "constante solaire" et l'absorption atmosphérique l’amenèrent à considérer que la température du soleil était beaucoup moins élevée qu'on l'imaginait à l'époque, arguant du fait que plus on s'élève en altitude, moins l'atmosphère est dense et plus la température diminue. Et ceci constitue précisément ce que Fulcanelli écrivait en ces termes, dans Les Demeures philosophales : Les hautes montagnes restent couronnées de neige malgré les ardeurs de l'été. Dans les régions élevées de l'atmosphère, quand l'astre passe au zénith, le couple des aérostats se couvre de givre et leurs passagers souffrent d'un froid très vif. Ainsi, l'expérience démontre que la température s'abaisse à mesure qu'augmente l'altitude. La lumière même ne nous est rendue sensible qu'autant que nous nous trouvons placés dans le champ de son rayonnement. (...)
Et pour réaliser ses études actinométriques sur les radiations solaires, Jules Violle décida tout de bon d'effectuer une expédition au sommet du Mont-Blanc. (...) Le soleil se levait quand nous atteignimes le dôme du Gouter. Nous eumes alors le bohneur de contemper un des plus beaux et des plus rares phénomènes dont on puisse être témoin dans ces hautes régions. Sur l'atmosphère, à l'opposé du soleil, se projetait l'ombre gigantesque du Mont-Blanc, assez diaphane pour laisser apercevoir derrière elle les montagnes de la Tarentaise, elle était surmontée d'une sorte de gloire à rayons violets, dont l'un, aux dimensions colossales, s'inclinait en forme de panache du côté de l'Italie. (...)
Extrait de : Fulcanelli, sa véritable identité, p.73-75
(...)
Et pour clore ce chapitre où le fantastique fait loi, sachons que dans le Feu du soleil Eugène Canseliet prétendit que lorsqu'il revit Fulcanelli à Séville celui-ci n'avait pas moins de ... cent treize ans ! Le lecteur comprendra alors, eu égard aux chapitres précédents et à la preuve découverte par Gérard Heym dans le passeport d'Eugène Canseliet, attestant que ce dernier s'était rendu en Espagne en 1954, que Fulcanelli pouvait être né qu'un 1841... comme un certain savant de notre connaissance !
Extrait de : Fulcanelli, sa véritable identité, p. 108.
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Louis-Ghislain Cattiaux (Valenciennes, 17 août 1904 - Paris, 16 juillet 1953). Peintre et poète, il abandonna presque totalement la pratique de la peinture pour se consacrer à la rédaction de son œuvre maîtresse Le Message Retrouvé ou l’horloge de la Nuit et du Jour de Dieu. Le Message Retrouvé est un livre véritablement original qui retrouve et renouvelle la tradition enseignée par les grands sages de tous les temps. Il contient un sens moral, philosophique et ascétique, mais aussi un sens cosmogonique, mystique et initiatique (hermétique).
Source (et suite) du texte : wikipedia
Autres biographies : le message retrouvé / Editions Beya
Bibliographie :
- Art et Hermétisme, Oeuvres complète comprenant : Le message retrouvé, Physique et métaphysique de l la peinture, Oeuvres poétiques, Ed. Beya,- Le message retrouvé, Ed. Beya (en poche),
- Physique et métaphysique de la peinture, Ed. Les Amis de Louis Cattiaux, 1001.
- Poèmes, Ed. La table d’émeraude, 2003
- Florilège cattésien (extrait de la correspondance de Louis Cattiaux à ses amis au sujet de l'hermétisme) dans : Croire l'incroyable, Ed. Beya, 2006
- Correspondance entre Louis Cattiaux et René Guénon, Ed. du Miroir d'Isis, 2011.
En ligne :
- Le message retrouvé
1. Sel fleuri – Sel honoré – Sel des philosophes – Sel de verre – Sel
Universel – Sel précieux de nature – Sel philosophique de couleur
argentine – Sel blanc et doux – Sel de pierre – Sel ammoniac – Sel
volatil – Sel pur et vrai – Sel convertible – Sel pur et blanc – Sel qui
s’engendre lui-même – Sel qui se convertit en grains, fleurs, fruits,
plantes, etc. – Sel qui résout, qui sépare et qui réduit toutes choses
en première matière – Sel soluble dans l’eau – Sel gras qui fertilise
la terre – Sel végétable – Sel qui croît et qui se multiplie comme une
chose végétale – Sel de la terre – Sel hermaphrodite – Sel du monde
– Sel central – Mère des sels – Masse saline – Structure cristalline –
Corps salin – Sel de Saturne – Sel mercuriel (...)
Extrait de : Litanies hermétiques
Source (et suite) du texte : Editions Beya
L'union du fixe et du volatil
J’ai connu tardivement René Guénon, par l’intermédiaire de James Chauvet qui lui ayant parlé de mon livre Le Message Retrouvé, me conseilla de le lui envoyer. René Guénon étonné d’abord, puis intéressé de trouver en Occident un rameau de la tradition primordiale qu’il croyait tout à fait disparue ici, voulut bien faire paraître un compte rendu assez élogieux dans la revue les Etudes Traditionnelles, contrairement à son habitude qui consistait à démolir ces sortes d’ouvrages. Une correspondance s’établit alors librement, basée sur une estime réciproque, et sur un jugement concordant en ce qui concerne la profanation envahissante du monde moderne, et l’obscurcissement parallèle de la révélation primordiale. (...)
Extrait de : Hommage à René Guénon
Source (et suite) du texte : Editions Beya
Vierge germinante
Louis Cattiaux, Le Message retrouvé (Chacornac, Paris) - Compte rendu de René Guénon.
Ce livre se présente à première vue sous une forme singulière et même inusitée : chacun de ses chapitres est divisé en deux colonnes parallèles, contenant deux séries d’aphorismes ou de versets détachés qui se correspondent de l’une à l’autre. Il est évident que, dans ces conditions, il est impossible d’en donner une analyse ou un résumé quelconque ; il semble d’ailleurs plutôt fait pour fournir en quelque sorte des thèmes de méditation que pour être lu d’une façon suivie d’un bout à l’autre. Il faut dire aussi que la correspondance entre les versets des deux colonnes n’apparaît pas toujours très clairement ; mais le mieux est que nous reproduisions l’explication que l’auteur lui-même a bien voulu nous donner à ce sujet : « Les deux colonnes sont apparues naturellement comme la réplique de la Terre et du Ciel et de leur nécessaire union qui fait tout le mystère de l’incarnation de la vie et de la prise de conscience de celui qui l’habite. Ainsi la colonne de droite est une équivalence, mais non une explication de la colonne de gauche, et, en examinant les sens multiples de ces doubles versets, on peut les relier par la synthèse du mystère premier de la création toujours plus ou moins présent par la vertu du sens alchimique ». La multiplicité des sens dont il s’agit n’est d’ailleurs pas intentionnelle, « mais découle par génération naturelle de la racine-mère », c’est-à-dire du sens alchimique que l’auteur considère comme le sens central et ultime de son ouvrage. Si nous avons bien compris, celui-ci aurait été écrit sous une sorte d’inspiration, et c’est pourquoi il contient plus que ce qui a été voulu expressément, bien qu’il soit assurément difficile de déterminer la part exacte de chacun des deux éléments qui y ont ainsi collaboré. En tout cas, dans ces conditions, nous ne pensons pas qu’on puisse dire qu’il se rattache proprement et effectivement à une tradition définie ; mais du moins les tendances qui s’y expriment sont-elles en somme, d’une façon générale, celles de l’hermétisme, et plus précisément de l’hermétisme chrétien. Nous disons d’une façon générale, car, si l’on entre dans le détail, on s’aperçoit que certaines choses, consciemment ou non, semblent être venues d’ailleurs : ainsi, nous avons remarqué quelques versets qui rappellent d’une façon assez frappante certaines maximes taoïstes, et ce ne sont certes pas les moins dignes d’intérêt. Quoi qu’il en soit, l’importance primordiale que l’auteur donne au sens alchimique définit bien la « perspective » de l’ensemble, et elle en marque aussi les limites, qui ne sont autres que celles du point de vue hermétique lui-même. Nous devons ajouter qu’il se trouve ça et là quelques « étrangetés » du genre de celles qu’on rencontre presque toujours dans les écrits touchant aux formes occidentales de l’ésotérisme : ainsi, les titres des colonnes de gauche sont tous formés par une série d’anagrammes à partir du premier, ce qui fait un effet assez curieux ; mais aussi, ce qui est plus fâcheux à notre avis, certains énoncés se présentent sous une forme énigmatique qui nous semble vraiment bien peu utile ; nous n’insisterons d’ailleurs pas d’avantage sur ce défaut, car nous savons que l’auteur s’en est rendu compte lui-même et qu’il l’a fait disparaître en grande partie dans les modifications et les additions qu’il a déjà préparées en vue d’une future réédition. Nous ne savons ce que des « spécialistes » de l’hermétisme, si toutefois il en est encore de réellement compétents, pourront penser de ce livre et comment ils l’apprécieront ; mais ce qui est certain, c’est qu’il est loin d’être indifférent et qu’il mérite d’être lu et étudié avec soin par tous ceux qui s’intéressent à cet aspect particulier de la tradition.»
Source du texte : Editions Beya
Willy Barral, psychanalyste - écrivain, formé par Françoise Dolto et Pierre Solié, d’inspiration jungienne, est l’une des voix les plus libres et les plus originales de la psychanalyse en France.
Il est président depuis 1985, de l’association La Harpe - Enfant de Droit, qui a organisé, en janvier 1990 à l’UNESCO, le premier colloque international en hommage à Françoise Dolto, intitulé La Révolution des petits pas, lors de la signature à l’ONU de la Convention internationale des droits de l’Enfant. Source (et suite) du texte : Willy Barral
Bibliographie :
- Le corps de l'enfant est le langage de l'histoire de ses parents, Ed. Payot, 2008.
- Père-Fils, transmettre le masculin, Ed. Hachette, 2010
- Repères pour Grandir, Ed. Couleur livres, 2004. - Françoise Dolto : c'est la parole qui fait vivre, Ed. Gallimard, 1990.
Documentaire :
Jean-Yves Bilien, Entretiens avec Willy Barra, Ed. BigBangFilms, 2010, durée 64 mn. Commande : Jean-Yves Bilien
En ligne :
Interview : Enquête de santé, no11, janvier 2012.
Interview : Nous les cobayes, 2012
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette aventure qu’est la nourriture pranique ?
J’avais envie de me sentir plus vivant tout simplement ! L’Homme ne désire-t-il pas tout naturellement se sentir vivant ? Et je peux dire aujourd’hui, après 4 mois de nourriture «énergie-lumière», que je me sens plus ouvert au monde et dans la compassion aux autres.
Racontez-nous un peu la mise en place de ce fameux «protocole des 21 jours», pour vous, en tant que «cure initiatique».
Vous évoquez ce terme de «cure initiatique» et je le trouve approprié, car il recouvre deux notions : reconnaître qu’il s’agit d’une initiation pour une meilleure santé, un peu comme en thalassothérapie, ainsi qu’une nécessité d’être guidé par un maître expérimenté qui en connaît bien le trajet : Henri Monfort.
Qu’est-ce que le Prana ?
C’est l’énergie même de la lumière qui est partout et que nous respirons tous les jours, dont nous aurions tort d’en sous-estimer l’efficacité pour la vie en général, qu’elle soit de nature minérale, végétale, animale ou humaine : pas de vie sans lumière ! La lumière est partout, même sous la terre comme au fond des océans sous d’autres formes spécifiques comme l’on sait. La nature du vivant sur terre dépend de la lumière.
J’ai donc commencé cette initiation le 1er septembre 2011 avec un chamane étonnant d’humour et de santé, Henri Monfort, qui vit à Nantes et pratique cette démarche depuis neuf ans déjà !
J’avais lu préalablement le livre de Jasmuheen, qu’elle a intitulé « Vivre de Lumière, 5 ans de nourriture immatérielle», mais surtout celui d’Henri Monfort qui m’avait particulièrement touché par son humanité éclairée : «La nourriture pranique, un autre chemin vers la spiritualité», titre accrocheur s’il en était pour «un agnostique-mystique» comme moi !
Effectivement, en tant que psychanalyste, j’avais de solides raisons pour m’éloigner de toute forme d’embrigadement et je sais flairer le «gourou» à longue distance. Les gourous c’est comme les poteaux indicateurs, ils indiquent le chemin mais ne le suivent pas, le plus souvent !
Henri Monfort est un sage qui renvoie chacun à lui-même et à sa liberté d’être, en prenant appui sur son propre libre-arbitre. Nulle voix magistrale. Cela me convenait !
Enfin, j’étais allé voir le film qui sortait en salle à Paris, intitulé « Lumière » , film documentaire scientifique réalisé par Peter Arthur Straubinger, sorte d’enquête journalistique scientifique sur le sérieux de la question : Peut-on vivre sans manger et sans boire ?
Question de pure folie, me direz-vous ! Mais conseillez à vos lecteurs de se documenter d’abord, car ils pourraient peut-être changer d’avis ensuite…
Ce film «Lumière» est accessible à tous puisqu’il est maintenant possible de se le procurer sur internet grâce à la diffusion qu’en fait «Jupiter Films». (...)
Extrait de l'Interview paru dans Enquête de santé, no11, janvier 2012 (Dossier Le Prana : savoir vivre de lumière).
Commande : Enquête de santé
René Magritte naît à Lessines, dans le Hainaut, le 21 novembre 1898. Aîné de trois enfants, sa jeunesse est marquée par de multiples déménagements, l'instabilité financière due aux mauvaises affaires de son père et la mort dramatique de sa mère en 1912 qui se suicide par noyade dans la Sambre. Dès l'âge de 12 ans, Magritte suit des cours de peinture chez un maître d'école et se passionne pour les films de Fantômas tout en lisant Edgar Allan Poe et Maurice Leblanc. Avant de s'installer en 1914 à Bruxelles pour suivre les cours de l'Académie des Beaux-Arts, il rencontre déjà, à la foire de Charleroi, celle qu'il recroisera quelques années plus tard dans la capitale et qui deviendra sa muse et son épouse : Georgette Berger, devenue Georgette Magritte en 1922.
Source (et suite) du texte : Musée Magritte
Autre biographie : wikipedia
Liste des oeuvres : wikipedia
Bibliographie :
- Manifestes et autres écrits, Les Lèvres Nues, Bruxelles, 1972.
- Quatre-Vingt-Deux Lettres de René Magritte à Mirabelle Dors et Maurice Rapin, avec des lettres de Noël Arnaud et Georgette Magritte, Paris, 1976.
- Écrits complets, Ed. Flammarion, Paris, 1979.
- Les Mots et les images, choix d’écrits, Ed. Labor, 2000.
Filmographie :
- La Fidélité des images, avec Georgette Magritte, Marcel Lecomte, Louis Scutenaire, Irène Hamoir, 1946 (27 minutes)
En ligne : Musée Magritte Wikipainting / artattler
La trahison des images (1929)
La trahison des images (1962)
La fameuse pipe, me l’a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe ? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’une représentation. Donc si j’avais écrit sous mon tableau « ceci est une pipe », j’aurais menti ! (René Magritte).
Le miroir vivant (1929)
La condition humaine (1933)
Le principe de plaisir (1937)
Le Domaine d'Arnheim (1938)
Le jardin était taillé comme une belle dame,
Etendue et sommeillant voluptueusement,
Et fermant ses paupières aux cieux ouverts.
Les champs d'azur du ciel étaient rassemblés correctement
Dans un vaste cercle orné des fleurs de la lumière.
Les iris et les rondes étincelles de rosée,
Qui pendaient à leurs feuilles azurées, apparaissaient
Comme des étoiles clignotantes qui pétillent dans le bleu du soir.
Extrait de : Edgar Allan Poe, Le Domaine Arnheim
La magie noire (1945)
C'est un acte de magie noire de transformer la chair de la femme en ciel. (René Magritte)
Le Galet (1948)
Golconde (1953)
Maisons alignées.
Appliqués à la façade, debout, dos à la pierre, à une certaine hauteur, en suspension sans appui, immobiles, des hommes en rang, corrects, habillés pour sortir, en pardessus et le chapeau sur la tête, tous strictement semblables, sauf pour la taille (il y en a trois).
Façades de maison, façades d'hommes.
Aucun n'entre, ni ne sort. Pas en situation pour entrer. Comme plaqués dessus, ils demeurent en surface. A part, les hommes! Pas d'accueil dans la maison inhumaine, mais qui affiche "hommes".
Anonymes, gardant la distance, figés, chacun en son étroit espace régulier, qui ne doit pas être réduit.
Maintien à maintenir.
Henri Michaux, extrait de "En rêvant à partir de peintures énigmatiques".
Le maître d'école (1954)
L'empire des lumières (1954)
L'empire des lumières (1961)
Cette évocation de la nuit et du jour me semble douée du pouvoir de nous surprendre et de nous enchanter. J'appelle ce pouvoir la poésie. Si je crois que cette évocation a un tel pouvoir poétique, c'est entre autres raisons, parce que j'ai toujours éprouvé le plus grand intérêt pour la nuit et pour le jour, sans jamais ressentir, cependant de préférence pour l'un ou l'autre. (René Magritte)
La signature en blanc (1965)
La grande famille (1965)
Page blanche (1967)
Moi aussi, j'aime voir des feuilles qui cachent la lune, mais si on en voyait derrière la lune, ce serait inoui, la vie aurait enfin un sens. (René Magritte)
Julius Evola, né à Rome le 19 mai 1898, est à la fois une grande figure de l’ésotérisme occidental et l’inspirateur de ce qu’on appelle « la droite traditionnelle italienne ». Sa bibliographie se partage entre des ouvrages se rapportant à l’ésotérisme en général et des essais politiques, depuis son Impérialisme païen (1928), fortement anti-chrétien, jusqu’au Fascisme vu de droite (1964), en passant par Orientations (1950) et Les hommes au milieu des ruines (1953). A ce propos, il convient de noter de suite, pour éviter d’avoir à y revenir, que Julius Evola n’a jamais adhéré au fascisme mussolinien non plus qu’au national-socialisme. Un texte parmi d’autres est très explicite : « Le malentendu du « nouveau Paganisme », de 1936 : «C’est presque en tombant dans un piège préparé d’avance que les néo-païens finissent par professer et défendre des doctrines qui se réduisent pour ainsi dire à un paganisme fictif et privé de transcendance, mais lié au sang et immergé dans un mysticisme suspect, suscité polémiquement par la dialectique de leurs adversaires. Et comme si cela ne suffisait pas encore, l’on passe sous silence, d’une manière partisane, tous les aspect supérieurs du christianisme et du catholicisme, tout comme l’on avait jadis passé sous silence les aspects supérieurs du vrai paganisme ». Parmi ses ouvrages que l’on peut dire traditionnels, en ce sens qu’ils se rattachent à la Tradition, au sens guénonien du terme, il faut citer : Le yoga tantrique (1926 et 1949), La tradition hermétique (1931), Le mystère du Graal (1937) et ce qui constitue sans doute son apport le plus original à l’ésotérisme occidental : Métaphysique du sexe, en 1958. Mais c’est au travers de deux ouvrages singuliers que la pensée de Julius prend toute sa pertinence, du fait de son « actualité », non seulement en ce qui concerne le 20ème siècle mais aussi les temps présents : Révolte contre le monde moderne (1934) – qui n’est pas sans rappeler La crise du monde moderne de René Guénon – et surtout Chevaucher le tigre en 1961 qui reste un livre fondamental pour se prémunir contre la « seconde religiosité » ou ce que le même René Guénon désignait comme la « contre-tradition ».
Source (et suite) du texte : montcelon
Autre biographie : wikipedia / 3e millenaire
Bibliographie :
- Chevaucher le tigre, Éditions La Colombe, 1964.
- Métaphysique du sexe, Payot, 1968.
- Ecrits sur la Franc-maçonnerie, Éditions Pardès, 1987.
- Eléments pour une éducation raciale, Éditions Pardès, 1984.
- Essais politiques, Éditions Pardès, 1988.
- Explorations, Éditions Pardès, 1989.
- Hiérarchie et démocratie (avec René Guénon), Les Éditions de l'Homme libre, 1999.
- Impérialisme païen, Éditions Pardès, 2004.
- La Doctrine aryenne du combat et de la victoire, Éditions Pardès, 1987.
- La Doctrine de l’éveil, Éditions Archè, 1976.
- L’Arc et la massue, Éditions Trédaniel, 1983.
- La Tradition hermétique, Éditions Traditionnelles, 1983.
- Le Chemin du cinabre, Éditions Archè, 1983.
- Le Fascisme vu de droite, Éditions Pardès, 1981.
- Le Mystère du Graal, Éditions Traditionnelles, 1974.
- Le Mythe du sang, Les Éditions de L’Homme libre, 1999.
- Le Petit livre noir, Rémi Perrin, 1999.
- Les Hommes au milieu des ruines, 1965, Éditions Pardès, 2005.
- Le Taoisme, Éditions Pardès, 1989.
- L’Europe ou le déclin de l’Occident, Rémi Perrin, 2000.
- Le Yoga tantrique, Fayard, 1971.
- Masques et visages du spiritualisme contemporain, Éditions Pardès, 1972.
- Méditations du haut des cimes, Éditions Pardès, 1986, seconde édition Éditions du Lore, 2006.
- Métaphysique de la guerre, Éditions Arché, 1980.
- Orient et Occident, Éditions Archè, 1982.
- Phénoménologie de la subversion, Les Editions de L’Homme libre, 2004.
- Révolte contre le monde moderne, L’Âge d’Homme, 1991, 2009.
- Symboles et mythes de la tradition occidentale, Éditions Archè, 1980.
- Synthèse de doctrine de la race, Les Éditions de L’Homme Libre, 2002.
- Tous les articles de Ur et Krur (1927-1928-1929), Introduction à la magie (1955), Éditions Archè, 1986.
- Trois aspects du judaïsme, Éditions de l'Homme Libre, 2006
- Virilité spirituelle, Éditions Ars magna, 2006.
Études :
Philippe Baillet, Julius Evola ou la sexualité dans tous ses « états », Hérode, 1995.
Andrea Bedetti, Dadaïsme et tradition, Evola, le philosophe au pinceau, Éditions Ars magna, 2004.
Antoine Dectot de Christen, Evola : Guides des citations, Éditions Pardès, 2008.
David Bisson, La Pensée politique de Julius Evola (1898-1974), Mémoire de maîtrise, Rennes 1, 1996.
Christian Bouchet, Les Liaisons dangereuses de Julius Evola, Éditions Ars magna, 2003.
Christophe Boutin, Politique et tradition, Julius Evola dans le siècle, Kimé, 1992.
Jean-Luc Coronel, Julius Evola, penseur politique, doctrine et influence, Mémoire, IEP Aix, 1989.
Alexandre Douguine, Julius Evola et la Russie, Éditions Ars magna, 2005.
Arnaud Guyot-Jeannin, Enquête sur la tradition aujourd’hui, Guy Trédaniel, 1996.
Arnaud Guyot-Jeannin, Evola et la Tradition, Éditions Ars magna, 2000.
Arnaud Guyot-Jeannin, Julius Evola, « Dossier H », Éditions L'Âge d'Homme, 1997. Google Livres
H. T. Hansen, Julius Evola et la « révolution conservatrice » allemande, Deux Etendards, 2002.
Collectif, Evola – Envers et contre tous !, collection Orientation dirigée par Thierry Jolif, Avatar Éditions, 2010.
Jean-Paul Lippi, Evola, collection "Qui suis-je?", Éditions Pardès, 1999.
Jean-Paul Lippi, Julius Evola, métaphysicien et penseur politique,Éditions L'Âge d'Homme, 1998.
Giovanni Monastra, « Julius Evola, des théories de la race à la recherche d'une anthropologie aristocratique », Nouvelle École n° 47, 1995.
Claudio Mutti, Julius Evola et l’islam, Éditions Ars magna, 2004
Claudio Mutti, La Grande influence de René Guénon en Roumanie, suivi de Julius Evola en Europe de l’Est, Akribeia, 2002.
Paolo Taufer, Les Jeunes et les ruines de Julius Evola, Éditions du Sel, 2005.
En ligne :
Jean Biès, Julius Evola un samourai de la pensée : 3e millenaire
Alain de Benoit, Julius Evola, réactionnaire radical et métaphysicien engagé : alain de benoit
Avant d'aller plus loin, il faut nous arrêter un moment sur la correspondance dans la nature humaine des principes envisagés jusqu'ici. Selon l'énoncé : "Tout ce qu'a le macrocosme, l'homme aussi le possède", Soufre, Mercure et Sel sont dans l'univers - le "triple monde" - et sont dans l'homme, et les "trois mondes" se manifestent dans l'homme comme Ame, Esprit et Corps. Dès à présent, il faut cependant prévenir que les termes "Ame" et "Esprit" n'ont pas ici le même sens que de nos jours. Ici, l'"Ame" - et non l'"Esprit" - compte comme l'élément vraiment surnaturel de la personalité, l'"Esprit", au contraire, est compris comme l'ensemble des énergies psycho-vitales qui constituent quelque chose d'intermédiaire entre le corporel et l'immatériel, et sont la "vie", le principe animateur de l'organisme. Ceci posé, selon l'hermétisme, l'homme porte dans l'Ame la présence de la force solaire et de l'Or, dans l'Esprit il porte celle de la force lunaire et mercurielle, dans le Corps enfin s'exprime la force du Sel, (...)
On peut aisément retrouver ces correspondances dans les textes, il suffit d'avoir en vue les équivalences symboliques déjà signalées, et quelques autres qu'on peut deviner, en faisant attention là où, à cause d'un point de vue différent, les mêmes symboles prennent une signification qui parfois peut être même le contraire de leur signification la plus fréquente. (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les symboles et la doctrine, Ame, Esprit et Corps, p. 56
La division quaternaire se déduit immédiatement de la division ternaire déjà exposée, quand, dans le terme moyen Esprit, lieu des énergies subtiles vivifiantes, on distingue deux aspects. Le premier se rapporte à un groupe de forces subissant l'ascendant du principe "Corps", liées au corps comme à leur "aimant", et se nourrissant du Corps comme la flamme se nourrit de la bûche grâce à laquelle elle se développe et qu'elle consume peu à peu. Le second aspect concerne un groupe restant de forces qui, au contraire, sont qualifiées dans le sens du principe "Ame" lequel, dans une certaine mesure, leur transmet sa qualité solaire.
Alchimiquement, l'Esprit est le Mercure ordinaire. Le signe de cette substance symbolique se dédouble (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les symboles et la doctrine, Les "Quatre dans l'homme", p. 58
Il s'agit d'émanciper la forme subtile de vie (Mercure), unissant l'Ame et le Corps, de Saturne, qui est le corps physique qui, dans l'état d'identification avec la forme, attire à lui et fixe le Mercure (...)
Hermétiquement, séparer veut dire extraire le Mercure du Corps, l'action de l'organisme animal sur la force vitale étant suspendue, les autres principes deviennent aussi libres virtuellement. C'est pourquoi on enseigne que le Mercure est la seule clef "capable d'ouvrir le Palais du Roi, qui est fermé", ou, comme l'exprime aussi Philalète, "capable de rompre les barrières de l'Or". Grâce à la séparation, le Mercure revient donc à l'état libre, à l'état de possibilité vitale indeterminée (voilà la "conversion dans la Matière") et ainsi le Soufre intérieur trouve ouvertes devant lui les voies de toute action transcendante et de toute transformation. (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les opérations hermétiques, La séparation, p. 116.
L'action du corps physique sur mercure étant suspendue, son action sur les autres principes, psychiques et mentaux, de l'homme qui on leur base en mercure, est suspendue en même temps. Alors se produit ce moment de crise que nous avons mentionné à propos du symbolisme de la graine qui "doit mourir dans la Terre, pour fructifier ensuite". (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les opérations hermétiques, La mort, l'oeuvre au noir, p. 120.
Passer par cette expérience, signifie surmonter l'état de sommeil, non seulement au sens symbolique, mais aussi au sens réel. L'état nocturne du sommeil peut être un aspect de l'ombre qui doit être subtilisée dans la matière, jusqu'à ce que survienne la Lumière intérieur, le "Soleil luisant au milieu de la nuit" dont parle Apulée. En fait, la "séparation" à laquelle tendent les Philosophes s'accomplit chaque nuit d'une façon naturelle, comme nous l'avons déjà indiqué, il s'agit de faire en sorte qu'on puisse l'accompagner activement, comme si nous en accomplissions nous-mêmes l'acte, au lieu de succomber dans les états d'une conscience réduite ou dans l'inconscience. Nous pouvons alors comprendre ces paroles du Corpus Hermeticum : "Le sommeil du corps devint la lucidité de l'Ame : mes yeux fermés voyaient la vérité" (I, 30) - et encore : "Puisses-tu sortir de toi-même sans dormir, comme ceux qui, en rêvant, dorment sans dormir" (XII, 4). (...)
Extrait de : La tradition hermétique, Les opérations hermétiques, La veille éternelle, p. 169
Ouvrage épuisé.
Ami personnel de Frithjof Schuon, Titus Burckhardt, né à Florence en 1908 et mort à Lausanne en 1984, compte parmi les grands « ésotéristes » du 20ème en Occident, parce qu’il a développé, dans le sens de sa propre vocation en Dieu, une œuvre originale, toute entière consacrée à l’art, à l’art traditionnel et sacré, naturellement, qu’il a illustré par des ouvrages auxquels il faut sans cesse se référer. Né dans une famille suisse germanique d’artistes et d’historiens de l’art, il aura beaucoup voyagé dans tous les pays du monde arabo-musulman, avec une réelle prédilection pour le Maroc, où il séjournera longuement dans les années 30. Durant ces années, il apprendra aussi l’arabe et se convertira à l’ésotérisme musulman – sous le nom de Sidi Ibrahim. Ceci, avant de rentrer à Lausanne pour y diriger une maison d’édition (Urs Graf Verlag), spécialisée dans la reproduction de manuscrits médiévaux, et pour se consacrer à des traductions, articles et ouvrages : sur l’alchimie, l’astrologie et l’art sacré.
Pourquoi l’art ? C’est, comme il le dira lui-même, que « l’étude de l’art islamique, comme celle de n’importe quel autre art sacré, peut conduire, lorsqu’elle est entreprise avec une certaine ouverture d’esprit, vers une compréhension plus ou moins profonde des vérités ou réalités spirituelle qui sont à la base de tout un monde à la fois cosmique et humain ». Mais aussi, parce que, selon le mot du prophète de l’Islam, « Dieu est beau et il aime la Beauté » : « Cette parole du Prophète, écrit-il, ouvre des perspectives illimitées, non seulement pour la vie intérieure, où la beauté aimée par Dieu est avant tout celle de l’âme, mais aussi pour l’art, dont le vrai but, compris à la lumière de cet enseignement prophétique, est de prêter un support à la contemplation de Dieu. Car la beauté est un rayonnement de l’univers, et toute œuvre belle en est un reflet. »
En 1972, il sera nommé expert auprès de l’UNESCO et sera chargé, jusqu’en 1977, d’un programme de préservation de la médina de Fès.(...)
Source (et suite) du texte : moncelon
Autre biographie : Frithjof Schuon /
Bibliographie (en français) :
- Clef spirituelle de l’astrologie musulmane (1950), Ed. Archè Milan, 1991
- Introduction aux doctrines ésotériques de l'Islam, Ed. Dervy-Livres, 2008.
- Le symbolisme du jeu d'échecs, Paris, 1954.
- Principes et méthodes de l'art sacré (1958), Ed. Dervy poche, 2011.
- L'Alchimie, science et sagesse, Ed. Arche Milan, 1991.
- Du Soufisme, Ed. Derain, 1951.
- Symboles : Recueil d’essais, Ed. Archè Milan, 1991.
- Science moderne et Sagesse traditionnelle, Ed. Archè Milan, 1991.
- L’Art de l’Islam, Ed. Sindbad, 1999.
- Aperçus sur la science sacrée, Ed. Archè Milan, 1991.
- Chartres et la Naissance de la Cathédrale, Ed. Archè Milan, 1995.
- Miroir de l'Intellect, Ed. L'Age d'homme, Delphica, 1992.
- Fès, Ville de l’Islam, Ed. Archè Milan, 2007.
Traduction : Muhyi-d-din Ibn 'Arabi, La sagesse des prophètes (Fuçuç al-hiram), Albin Michel, 1974. Abd Karim Al-Jili, De l'Homme universel, Ed. Dervy Livre, 1975.
Al'Arabi Ad-Darqawi, Lettres d'un maître soufi, Ed Archè Milan, 1978
Articles publiés dans la revue Études traditionnelles :
« La genèse du temple hindou », n° de juin/juillet 1953.
« Nature sait surmonter nature », n° 281.
« Je suis la porte », considérations sur l'iconographie des portails d'église romans, n°308.
« Commentaire succinct de la Table d'Emeraude », n° 362.
« Le masque sacré », n° 380.
Autre article :
« La Ka'ba» dans Martin Lings, La Mecque des origines à nos jours, Ed. Tasnim, 2012.
En faveur d'une origine égyptienne de l'alchimie du Proche-Orient et de l'Occident, s'inscrit le fait que toutes une série de procédés artisanaux en relation avec l'alchimie et lui fournissant nombre d'expressions symboliques, surgit comme un groupe cohérent qui se développe depuis les derniers temps de l'Egypte pour apparaître finalement dans des livres de recettes artisanales d'époque médiévale. (....)
On se demandera sans doute, comment l'alchimie, avec son fondement mythologique, a pu s'intégrer aux religions monothéistes : Judaïsme, Christianisme et Islam. C'est que la perspective cosmologique propre à l'alchimie était organiquement liée à l'ancienne métallurgie, de sorte qu'elle fut adoptée avec le métier, simplement comme une science de la nature au sens le plus large du terme, (...)
Du point de vue chrétien, l'alchimie était une sorte de miroir naturel offert aux vérités révélées : la pierre philosophale qui change les métaux viles en argent ou en or, est un symbole du Christ (...) Par son intégration à la foi chrétienne l'alchimie se trouvait spirituellement fécondée tandis qu'elle apportait à la Chrétienté une voie conduisant à la "gnose" à travers la contemplation de la nature.
L'art hermétique pénétra encore plus aisément dans l'univers spirituel de l'Islam. Celui-ci fut toujours disposé, en principe, à reconnaître tout art pré-islamique qui, sous l'aspect de "sagesse", apparaissait comme un héritage des prophètes antérieurs. Ainsi, dans le monde islamique, Hermès Trismégiste est souvent identifié à Enoch (Idris). Ce fut la doctrine de l'"unicité de l'être" - interprétation ésotérique de la profession de foi islamique - qui donna à l'Hermétisme un nouvel axe spirituel, ou en d'autres termes, qui lui rendit toute l'ampleur de son horizon spirituel. (...)
Tout d'abord, l'alchimie pénétra dans le Christianisme occidental par Byzance, ensuite et plus amplement par l'Espagne soumise à la domination arabe. Ce fut dans le monde islamique que l'alchimie atteignit son plus complet épanouissement. (...) Lorsque se produisit, avec la Renaissance, la grande irruption de la littérature grecque, une nouvelle vague de l'alchimie byzantine s'étendit sur l'Occident. Au seizième et dix-septième siècle furent imprimés de nombreux ouvrages alchimiques qui n'existaient jusqu'alors qu'en manuscrit et circulaient plus ou moins secrètement. Grâce à cela l’étude de l'Hermétisme atteignit un nouveau sommet, mais ce fut pour entrer bientôt en décadence. (p.17-19)
Pour les peuples anciens la matière était comme un aspect de Dieu. (...)
C'est seulement pour l'homme moderne que la matière est devenue une "chose" et non plus le miroir passif de l'Esprit. (p.57)
Lorsque nous parlons de l'âme en tant que materia de l'esprit, nous n'entendons pas seulement le tissu de la conscience égocentrique, mais plutôt la capacité passive et réceptive qui se situe à un niveau plus profond et se trouve précisément voilée par l'attachement habituel de l'âme à l'égard des sens. Pour que l'âme en tant qu'ego puisse être intimement mêlée au corps, elle doit subir une fragmentation et, en un certain sens, une "coagulation" qui l'empêche de refléter l'Esprit librement et sans distorsion.
Ce qui correspond à l'âme chaotique sur le plan minéral, c'est l'état du métal vil, en particulier du plomb dont l'obscurité et la pesanteur l'apparentent à la masse brute. Selon le célèbre mystique musulman Muhyi-d-din ibn'Arabi, l'or correspond à la condition saine et originelle de l'âme, qui reflète librement et sans distorsion l'Esprit divin en sa substance tandis que le plomb correspond à l'état d’infirmité, de déformation et de "mort" qui ne reflète plus l'Esprit. La véritable essence du plomb, c'est l'or. Tout métal vil représente une rupture de l'équilibre que l'or seul manifeste pleinement.
Pour libérer l'âme de son état de coagulation et de paralysie, il faut dissoudre la combinaison imparfaite et non équilibrée de sa forma avec sa materia. C'est comme si l'esprit et l'âme devaient être séparés l'un de l'autre, en vue d'un "remariage" après leur "séparation". La matière "brute" est brûlée, dissoute et purifiée pour être finalement "coagula" de nouveau sous la forme d'un cristal parfait.
La "forme" de l'âme, ainsi "née de nouveau", se distingue cependant de l'Esprit universel dans la mesure ou elle apparaît encore à l'existence limitée. Mais elle est, en même temps, transparente à la Lumière indifférenciée de l'Esprit et en vivante union avec la materia primordiale de toutes les âmes, car le fond "matériel" ou "substantiel" de l'âme est un, tout comme son fond essentiel ou actif. Toutes les âmes sont "faites" d'une même "substance", ce dont nous pouvons nous rendre compte par le fait que les "mouvements" (émotions) des âmes de toutes les créatures vivantes - malgré l'immense variété d'aspects et de degrés de conscience - procèdent de la même manière. On peut dire qu'elles sont comme les vagues d'une même mer. (p. 69-70)
Etant matière inerte le métal ne peut symboliser une faculté "cognitive" ou "volitive". Il doit donc, à cause de sa nature statique et amorphe, être l'expression d'un état de conscience similairement statique, c'es-à-dire un état de conscience interne, dépourvu de contours mentaux : c'est précisément la conscience interne du propre corps, sa "forme psychique". De ce métal, l'alchimiste doit extraire "l'âme métallique" et "l'esprit métallique". La conscience corporelle, chaotique et « opaque », enchaînée par les passions et les habitudes, constitue le métal « vil ». En elle, l’âme et l’esprit sont comme étouffés, obscurcis et mêlés à la terre. A l’opposé, la conscience corporelle « illuminée » (le métal « noble ») est en elle-même un mode spirituel d’existence. L’âme doit d’abord être extraite du métal vil, disent les alchimistes. Puis, le résidu corporel doit être purifié par le feu jusqu’à ce qu’il ne soit plus que cendres. Alors l’âme sera de nouveau unie à lui. Lorsque le corps est ainsi « dissous » dans l’âme, de sorte que l’ensemble constitue une pure materia, l’Esprit agit sur l’âme et lui confère une forme impérissable. Autrement dit, il réintègre la conscience corporelle individuelle dans sa forme purement spirituelle où elle reste immuable dans toute sa plénitude et désormais conforme à sa propre essence. Basile Valentin compare cet état au « corps glorieux » de la résurrection. (p.84)
Comme nous l'avons déjà dit, l'alchimie spirituelle, tout en utilisant un symbolisme métallurgique, n'était pas nécessairement liée à des opérations artisanales. On peut supposer toutefois qu'à l'origine, l'oeuvre extérieur et l'oeuvre intérieur allaient de pair, car dans une civilisation orientée vers la fin la plus élevée de l'homme, tout métier est au service d'une voie spirituelle. D'autre part, tout symbolisme authentique se fonde sur une expérience concrète. (p. 89)
"Partout là où il y a du métal" dit Basile Valentin, "il y a Soufre, Mercure et Sel...esprit, âme et corps". Ainsi ces trois puissances ou ces trois principes constituent la nature métallique - ou humaine. Le Sel est en un sens l'élément statique et par conséquent aussi, l'élément neutre du ternaire.
Le Souffre produit la combustion, le Vif-argent l'évaporation, le Sel est la cendre résiduelle et sert à fixer l’esprit "volatil".
La conscience du corps, libérée de toute fièvre des passions, peut servir de "fixatif" ou de support à des états purement spirituels. Ce principe ne se retrouve d'ailleurs pas dans la seule alchimie, - ou disons que toute voie contemplative comporte un principe alchimique dans la mesure même où elle met en valeur cette fonction "naturellement spirituelle" du corps qui renferme ce qu'on pourrait appeler la "sensation de l'être", et c'est cela qui explique en partie le principe opératif dont il s'agit. D'un point de vue plus essentiel, cependant, c'est la nature symbolique du corps qui est en cause : le corps et non pas le mental est l'image directe du macrocosme, il est le "plus bas" qui correspond analogiquement au "plus haut", selon les paroles de la Table d’Émeraude. Ainsi, au dépasse,ment intellectuel du mental fait pendant une intégration "existentielle" du corps dans l'esprit, intégration que rien ne saurait mieux exprimer que la transmutation du plomb en or - ou corps lumineux ou en lumière corporéifiée. (p. 146-7)
Extrait de : Alchimie
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William Blake est né à Londres en 1757. Il n’ira jamais à l’école. Dès l’enfance, c’est le dessin qui l’intéresse. A 14 ans, il entre comme apprenti chez un graveur et à 21 ans s’établit à son propre compte. Il se passionne pour Michel-Ange et pour l’art chrétien du moyen âge.
La Vie de sainte Thérèse compte parmi ses livres favoris et il est fervent des textes de Fénelon et Madame Guyon. Plus tard il se tourne vers les théories de Swedenborg, qu’il rejettera cependant violemment à la fin de sa vie.
Il se marie en 1782 et prend comme élève son jeune frère, Robert dont la mort, en 1787, sera l’une des plus dures épreuves de sa vie.
Après les Songs of Innocence (1789), trois livres suivent immédiatement The Books of Thel (1789), The Marriage of Heaven and Hell (1790-1793) et les Songs of Experience (1789-1794).
Blake illustre aussi d’autres poètes, tels que Milton, Young et Gray.
A partir de 1809, Blake vit de plus en plus seul. Il écrit et dessine énormément mais vend très peu. Son dernier grand travail de graveur porte sur la Divine comédie de Dante.
Le 12 août 1827, alors qu’il vient de terminer une nouvelle version de «l’Ancien des Jours», son œuvre préférée, Blake regarde fixement le visage de sa femme. Il dessine son portrait à la hâte et rend son dernier souffle en chantant des hymnes de louange.
Source du texte : Arfuyen
Autre biographie : wikipedia
Bibliographie (en français) :
- Le Mariage du ciel et de l'enfer, Ed. Alia, 2011.
- Chant d'Innocence, le mariage du ciel et de l'enfer, Chants d'expérience, Ed. Rivage poche, 2010.
- Chants d'Innocence et d'expérience, Ed. bilingue Quai Voltaire, 2005.
- Le mariage du Ciel et de l'Enfer, trad. Alain Suied, Ed. Arfuyen 2004.
- Les Chants de l'Innocence et de l'expérience, Ed. Arfuyen, 2002.
- Oeuvres de William Blake, 3 tomes, Ed. bilingue Aubier Montaigne, 1992.
Hecate
L’antique tradition selon laquelle le monde sera consumé par le feu au terme de six mille ans est vrai, ainsi qu’on me l’a dit en Enfer.
Car le chérubin à l’épée de flammes sera alors relevé de sa garde au pied de l’Arbre de vie, et aussitôt la création sera consumée tout entière et apparaîtra infinie et sacrée, alors qu’elle apparaît aujourd’hui finie et corrompue.
Ceci surviendra par le perfectionnement de la jouissance des sens.
Mais, en tout premier lieu, la notion que le corps de l'homme est distinct de son âme doit être détruite. Ceci, je l'obtiendrai en le gravant, selon les précédés de l'Enfer, aux acides qui, en Enfer, sont salutaires et médicinaux, dissolvant les surfaces apparentes et dévoilant l'infini qu'elles cachaient.
Si les portes de la perceptions s'ouvraient, tout apparaîtrait tel qu'il est : infini.
Car l'homme s'est enfermé lui-même et voit toutes choses à travers les étroites fissures de sa caverne.
Extrait de Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, Une apparition mémorable 5,
Et voici une autre évidence : en partant de Paracelse ou de Jacob Böhme, n'importe qui, avec quelques talents mécaniques, peut produire dix milles volumes de même qualité que ceux de Swedenborg. En partant de Dante ou de Shakespeare, il peut en produire une infinité.
Mais lorsqu'il l'aura fait, qu'il n'aille pas dire qu'il en sait plus que son maitre ! Il n'a fait que tenir une bougie allumée en plein soleil.
Extrait de Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, Une apparition mémorable 7,
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Chagrin enfantin
Ma mère gémissait ! Mon père pleurait.
Et je bondis dans ce monde dangereux :
Impuissant, nu et criard
Comme un démon caché dans un nuage.
Luttant dans les mains de mon père,
Me débattant contre mes langes,
Ligoté, épuisé, j'ai jugé préférable
De bouder sur le sein de ma mère.
Extrait de : Les Chants de l'Expérience, trad. Alain Suied, Ed. Arfuyen
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